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Procédure : 2010/2162(INI)
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A7-0031/2011

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PV 08/03/2011 - 7
CRE 08/03/2011 - 7

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P7_TA(2011)0086

Débats
Mardi 8 mars 2011 - Strasbourg Edition JO

7. Pauvreté féminine - Égalité entre les femmes et les hommes - 2010 (débat)
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  La Présidente. – L’ordre du jour appelle le sujet d’actualité du jour, la discussion commune sur les rapports suivants sur les femmes dans l’Union européenne:

- le rapport de Mariya Nedelcheva, au nom de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne - 2010 (2010/2138(INI)) (A7-0029/2011); et

- le rapport de Rovana Plumb, au nom de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, sur le visage de la pauvreté féminine dans l’Union européenne (2010/2162(INI)) (A7-0031/2011).

 
  
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  Mariya Nedelcheva , rapporteure. − Madame la Présidente, Madame la vice-présidente de la Commission européenne, chers collègues, je suis née en 1979 lorsque pour la première fois les citoyens européens élisaient directement leurs représentants. Je suis fière que cette même année, pour la première fois, une femme – Simone Veil – qui a vaillamment défendu les droits des femmes, accédait à la présidence du Parlement européen.

Aujourd’hui, je fais partie des 35 % de femmes représentées ici dans cet hémicycle. Ce chiffre n’a jamais été aussi élevé au Parlement européen. À qui le devons-nous? À toutes ces femmes qui ont eu l’intelligence, la force et le courage de se réunir pour revendiquer le droit de vote, le droit au travail et à l’éducation. À des femmes qui ont tout simplement voulu défendre le respect de leur dignité et de leurs droits. Voilà donc maintenant cent ans que nous nous battons pour lutter contre des discriminations injustes et infondées. Certes, des avancées considérables ont été faites, mais combattre les inégalités entre les femmes et les hommes est un travail de tous les jours et il nous reste encore beaucoup à faire.

L’Union européenne a toujours été à l’avant-garde en matière d’égalité hommes/femmes. Je crois que notre assemblée parlementaire doit veiller à toujours rester à la pointe de cette dynamique même sur les sujets les plus sensibles.

La crise économique que nous traversons nous a mis face à nos propres contradictions. Comme je le souligne dans mon rapport, les femmes ont été plus durement et plus durablement touchées par la crise que les hommes. Mais comme je le souligne aussi, arrêtons de nous apitoyer sur notre triste sort, bougeons-nous, faisons des propositions! Saisissons l’occasion pour revoir nos cadres de pensée et allons de l’avant.

Aujourd’hui, il est important d’insister sur le rôle de l’école pour combattre les stéréotypes de genre. Assurer aussi de plus larges possibilités en matière d’enseignement, de formation professionnelle et d’emploi, sera la base d’un meilleur accès des femmes à des niveaux plus élevés de responsabilité. Il est temps aussi d’en finir avec l’écart salarial qui persiste entre les hommes et les femmes et je crois également qu’il nous faut maintenant passer à la vitesse supérieure lorsque l’on regarde la composition des conseils d’administration des grandes entreprises. Seuls 3 % des membres des conseils d’administration des grandes entreprises cotées en bourse sont des femmes. Je ne trouve pas cela normal. Nous devons appuyer franchement sur l’accélérateur. Et si malgré tous nos efforts, les grandes entreprises persistent à freiner, alors il nous faudra malheureusement agiter le spectre des quotas et des objectifs contraignants. Ce n’est pas de gaieté de cœur que je vous parle de quotas car à la base, je ne suis pas pour. Mais si la carotte ne marche pas, alors, faute de mieux, c’est le bâton qu’il faudra agiter. Car c’est indéniable, la présence des femmes sur le marché du travail constitue un élément bénéfique en termes de croissance économique.

Aujourd’hui, la relance européenne aura plus de chances de réussir si les politiques d’égalité entre les femmes et les hommes y sont intégrées. Des propositions concrètes pour mieux concilier la vie professionnelle, la vie de famille et la vie privée doivent être faites pour prouver que nos souhaits ne sont pas des rêves; car c’est ce qu’on attend de nous: d’être animés par des valeurs et des idéaux mais, aussi, savoir faire preuve de pragmatisme et surtout d’efficacité.

Enfin, Madame la Présidente, je voudrais aborder un dernier point: j’ai été heureuse d’apprendre que la Commission européenne allait faire au printemps une proposition pour combattre les violences faites aux femmes. Les différentes formes de violences faites aux femmes sont un fléau qu’il nous faut combattre de toutes forces. Je voudrais remercier Madame la Commissaire d’être aussi proactive dans ce domaine.

Madame la Présidente, je ne suis pas quelqu’un de pessimiste, j’aimerais donc terminer sur une note d’encouragement, si vous me le permettez. Je crois qu’en ce jour où nous célébrons le centième anniversaire de la Journée internationale de la femme, il nous faut saluer le courage, la force et la détermination avec laquelle les femmes de Tunisie, de Libye, d’Iran, d’Égypte et tant d’autres se battent pour la défense des droits de l’homme.

Ce vent de liberté qui souffle en Afrique du Nord devrait balayer les résidus de l’autoritarisme, de la pauvreté et du mal-être social, de sorte que les femmes de ces pays s’émancipent socialement, politiquement et économiquement dans le respect de leur culture et de leurs traditions. C’est notre rôle aussi au Parlement européen de les saluer, de les encourager et de les soutenir dans leur lutte acharnée pour la démocratie et les droits de l’Homme. Mais attention, de l’Homme avec un grand «H»!

 
  
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  Rovana Plumb, rapporteure.(EN) Madame la Présidente, permettez-moi tout d’abord de souhaiter à toute les femmes un joyeux anniversaire en cette date importante du 8 mars, qui marque le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, 100 ans de lutte pour les droits de la femme.

Je voudrais remercier tous mes collègues, les rapporteurs fictifs et les membres du secrétariat pour leurs contributions à ce rapport.

Mon rapport traite d’un sujet qui est à la fois général et éminemment concret pour ses conséquences: la pauvreté féminine. 85 millions d’Européens vivent en deçà du seuil de pauvreté et 17 % des femmes de l’UE sont considérées comme vivant dans la pauvreté. Tels sont les faits. La crise économique, financière et sociale nous touche tous, mais elle affecte particulièrement les femmes, tant sur le marché du travail que dans leur vie privée, puisqu’elles sont davantage exposées à la précarité de l’emploi et au licenciement et moins couvertes par les systèmes de protection sociale.

Tel est l’état actuel des choses. Que pouvons-nous faire? Les femmes attendent que nous fassions des propositions concrètes, que nous prenions des mesures concrètes. C’est le 8 mars et je vais tenter de résumer mon rapport en huit points.

D’abord et avant tout, nous invitons les États membres à tenir compte de l’égalité entre les femmes et les hommes dans leurs plans de relance pour sortir de la récession par la promotion et l’encouragement de l’emploi des femmes, en adoptant des mesures spécifiques, et à adapter les budgets pour assurer l’égalité d’accès aux dépenses publiques, à la fois pour renforcer la capacité productive et pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux des femmes.

Deuxièmement, nous invitons la Commission et les États membres à arrêter les mesures qui s’imposent pour remédier aux inégalités entre les hommes et les femmes en matière d’emploi dans le cadre de la stratégie Europe 2020. Je préconise vivement de fixer comme objectif la réduction de 1 % par an de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes afin de parvenir à une baisse de 10 % d’ici à 2020. Je souligne de plus la nécessité d’actions positives visant à accroître la participation des femmes aux organisations politiques, économiques et patronales qui prennent les décisions.

Le troisième point concerne la conciliation de la vie privée et professionnelle. J’invite le Conseil et les États membres à renouveler et à remplir leurs engagements quant aux objectifs de Barcelone en vue de mettre en place des structures de garde d’enfants accessibles, d’un coût abordable et d’une qualité élevée, et à élaborer de nouveaux objectifs pour la prise en charge des personnes dépendantes.

Quatrièmement, nous invitons la Commission et les États membres à définir des politiques de santé visant à contrer et à prévenir des pratiques dangereuses pour la santé des femmes, qui sont également une cause d’exclusion sociale et de pauvreté.

Cinquièmement, nous invitons les États membres à adopter les mesures nécessaires pour offrir de meilleures possibilités d’éducation aux femmes tout en luttant contre les stéréotypes et en éliminant les modèles de rôle traditionnels dans les programmes scolaires.

Notre sixième constatation est qu’il existe un lien direct entre la situation sociale des familles et la croissance des enfants. Nous demandons par conséquent à la Commission et au Conseil d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie en vue de réduire de moitié la pauvreté des enfants d’ici à 2012.

Septièmement, nous ne devrions pas ignorer la violence à l’égard des femmes. Elle se répercute de plus en plus sur le risque de marginalisation, de pauvreté et d’exclusion sociale. J’appelle la Commission à instituer une Année européenne pour combattre la violence à l’égard des femmes.

Huitièmement, soulignons le rôle fondamental des Fonds structurels, notamment du Fonds social européen, pour aider les États membres à combattre la pauvreté et l’exclusion sociale. Je pense que nous pouvons le faire. Nous en avons le pouvoir. Nous avons la force et l’intelligence nécessaires pour nous attaquer à cet important problème au niveau européen et dans tous les États membres.

 
  
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  Viviane Reding, vice-présidente de la Commission.(EN) Madame la Présidente, c’est une bonne chose que, pour le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, cette Assemblée soit présidée par une femme. Je pense que c’est très symbolique et il est aussi très symbolique que nous puissions, en ce jour, débattre de ces questions d’actualité très importantes grâce à la rapporteure, Mme Nedelcheva dont le rapport montre un grand soutien pour le travail de la Commission en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et se concentre sur des questions importantes que la Commission a mises en évidence et continuera à mettre en évidence.

Cent ans de lutte et nous n’en voyons pas encore la fin. Je le regrette parce que j’espère toujours que nous pourrons supprimer la Journée annuelle de la lutte des femmes, mais, tant que nous n’y serons pas arrivés, nous ne pourrons pas le faire, et nous n’y sommes pas encore arrivés. Le rapport du Parlement montre très clairement où se trouvent les déséquilibres. Ils se trouvent dans la pauvreté: nous avons entendu le second rapport à ce sujet également. En matière de pauvreté, les femmes sont en tête et il n’y a donc pas de déséquilibre dans ce sens, mais que faisons-nous, et mon collègue M. Andor va y répondre, pour tirer les femmes du piège de la pauvreté?

Le deuxième élément concerne les femmes dans le monde du travail. Il reste des problèmes d’équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. Il y a le problème de l’écart de rémunération: les femmes gagnent encore 17 % de moins en moyenne que les hommes – et vous avez peut-être vu que le 5 mars, nous avons eu la Journée européenne de l’égalité salariale, avec des chiffres qui nous ont permis de voir à quel point les femmes doivent travailler plus pour atteindre le même niveau de salaire. Le fait est que nous n’étions, en effet, pas payées jusqu’au 5 mars. Nous devions travailler jusque-là sans être payées. Ce n’est qu’à partir du 5 mars que nous commencions à être payées. J’espère qu’un jour l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes sera le 1er janvier, ce qui signifierait qu’il y aurait égalité salariale à ce moment-là.

L’engagement politique de la Commission européenne est contenu dans notre nouvelle stratégie. Les thèmes qui figurent dans notre stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes sont les mêmes que ceux que la rapporteure a mentionnés: l’indépendance économique des femmes, l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, la violence à l’égard des femmes et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les actions extérieures.

Pour commencer avec les actions extérieures, vous nous avez peut-être vues, Mme Ashton et moi-même, le 8 mars, nous adresser aux femmes en dehors de l’Europe et saluer le courage de toutes ces femmes qui se battent pour survivre et qui se battent pour la démocratie. Nous devons montrer clairement que nous sommes à leurs côtés. Quand on parle de tous ces bouleversements, quand on parle des guerres et quand on parle des génocides, qui continuent malheureusement à se produire, vous savez tous que les femmes sont en première ligne. Les femmes et les enfants sont les plus vulnérables dans nos sociétés, mais aussi dans les sociétés en dehors de l’UE, et c’est pourquoi la Commission s’attelle à rationaliser ses différentes initiatives politiques en matière de violence à l’égard des femmes et à créer des synergies entre les domaines qui ont des objectifs semblables.

C’est donc là que nous en sommes dans l’élaboration d’une réaction politique cohérente face à cet énorme problème: mon lien, ce sont des actions concrètes dans des domaines dans lesquels il existe des bases juridiques claires afin d’être efficace et, à cet égard, je vais présenter, en mai prochain, un paquet sur les droits des victimes dans lequel la législation en vue d’aider les femmes et les enfants figurera, bien sûr, en très bonne place.

Je devrais peut-être conclure par un thème qui a été au centre des préoccupations ces derniers jours. Vous savez que, le 1er mars, j’ai convié les PDG de grandes sociétés européennes cotées en bourse pour leur dire que nous n’étions plus d’accord avec le quota de 90 % d’hommes dans les conseils d’administration – parce que c’est la réalité. Il n’y a qu’une femme pour dix hommes dans les conseils d’administration, ce qui signifie un quota de facto de 90 % d’hommes. Nous pensons donc qu’il faut y remédier, principalement parce que toutes les preuves économiques et scientifiques concernant le fonctionnement de l’économie montrent très clairement que les entreprises qui ont une structure décisionnelle équilibrée ont un meilleur retour sur investissement et font plus de bénéfices que les entreprises dont les structures décisionnelles sont exclusivement masculines.

Les femmes sont donc synonymes d’affaires et il est dans l’intérêt du développement économique que les femmes prennent plus de responsabilités. Ici, j’ai mis publiquement les entreprises cotées en bourse d’Europe au défi de signer une déclaration d’engagement intitulée «Davantage de femmes dans les conseils d’administration, une promesse pour l’Europe» d’ici mars 2012: il s’agit de s’engager à remplacer les membres masculins sortants des conseils d’administration par des femmes qualifiées – et il y en a tellement qu’elles ne devraient pas être difficiles à trouver. Nous allons voir, observer, analyser et compter ce qui se passe entre aujourd’hui et le 8 mars de l’année prochaine et, si rien ne change, alors je suis prête à entreprendre une action au niveau de l’UE pour rétablir l’équilibre hommes-femmes dans les conseils d’administration des entreprises.

(Applaudissements)

 
  
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  La Présidente. – Je vous remercie, Madame la Vice-présidente. Ce que vous avez dit était hautement symbolique et riche en contenu. À présent, pour des raisons d’équilibre dans la représentation, je vais donner la parole au commissaire Andor.

 
  
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  László Andor, membre de la Commission.(EN) Madame la Présidente, il s’agit en effet d’un anniversaire remarquable et c’est une grande responsabilité de participer à cette discussion.

Je voudrais tout d’abord remercier respectivement les rapporteures de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres et de la commission associée de l’emploi et des affaires sociales pour leur rapport. Ce rapport tombe à point nommé parce que le sujet qu’il aborde se trouve au centre des préoccupations depuis longtemps, mais il s’est fait plus pressant en raison de l’impact de la crise économique et financière sur les groupes vulnérables de la société.

Permettez-moi de souligner quelques-uns des principaux éléments de mes politiques de l’emploi et des affaires sociales qui permettront, selon moi, d’améliorer les possibilités et les conditions de travail des femmes. Il y a, en effet, des mesures urgentes que les États membres doivent prendre dans ces domaines. Par exemple, ils doivent réduire la segmentation du marché du travail en rétablissant l’équilibre dans la législation en matière de protection de l’emploi entre les travailleurs sous contrats permanents et ceux sous contrats précaires à durée limitée, ce qui est si souvent le cas des femmes.

Ils doivent aussi parvenir à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale et éliminer d’autres entraves à la participation à la main-d’œuvre du second pourvoyeur de revenu qui, une fois encore, est très souvent une femme.

Il est important d’accroître le taux d’emploi au sein de l’UE et le principal défi dans ce domaine réside dans la participation de tous les travailleurs, hommes et femmes, au marché du travail. Je crois que le Fonds social européen devra être mieux utilisé et de manière plus vigoureuse à l’avenir pour soutenir des politiques axées sur la demande, afin d’ouvrir de nouvelles possibilités pour les femmes, en particulier celles qui reviennent sur le marché de l’emploi après avoir donné naissance à leurs enfants.

C’est une source de grande inquiétude pour la Commission que plus de 80 millions de personnes soient menacées de pauvreté dans l’Union européenne d’aujourd’hui. C’est aux États membres que revient la principale responsabilité de lutter contre la pauvreté, mais l’Union a un rôle à jouer. C’est ce que près de trois quarts (74 %) de nos concitoyens croient, selon les enquêtes Eurobaromètre.

L’initiative phare qu’est la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale propose des mesures pratiques en vue d’atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté numérique. La plateforme se concentre sur l’importance persistante de l’inclusion active des personnes les plus éloignées du marché du travail. Comme je l’ai déjà signalé, les femmes représentent une part importante de cette catégorie. En 2012, la Commission présentera une communication qui évaluera en profondeur la mise en œuvre des stratégies d’inclusion active au niveau national.

J’ai dit que plus de 80 millions de personnes étaient menacées de pauvreté dans l’Union européenne d’aujourd’hui. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que plus de 20 millions d’enfants en font partie et que ce chiffre ne s’améliore pas avec le temps. Contribuer à sortir ces enfants de la pauvreté signifie contribuer à sortir leurs parents de la pauvreté eux aussi, en particulier les parents célibataires, qui sont pour la plupart des femmes. Cela demande une approche pluridimensionnelle, qui couvre les politiques de l’emploi en vue d’aider les parents à trouver du travail, la conception de systèmes d’avantages fiscaux, et la prestation de services essentiels, comme le logement, des structures de garde d’enfants et une éducation de qualité, et la protection des droits de l’enfant. Comme le prévoit la plateforme, la Commission a l’intention de présenter une recommandation sur la pauvreté infantile en 2012. Elle décrira des principes communs et des outils de suivi efficaces pour combattre et prévenir la pauvreté dans les premiers moments de la vie.

Il est également crucial de mettre à disposition les fonds nécessaires pour relever ces défis. Près d’un tiers de la dotation du Fonds social européen de 21,7 milliards d’euros pour la période de programmation actuelle est destiné à des mesures qui visent à améliorer l’accès à l’emploi. En outre, près de 3 milliards d’euros (2,77 pour être précis) de cette dotation sont destinés à soutenir le travail indépendant et les jeunes entreprises, et les bénéficiaires sont très souvent des femmes.

De plus, l’instrument européen de microfinancement Progress a récemment été mis en place afin de soutenir la création d’emplois et le travail indépendant. Cet instrument offre des prêts aux personnes qui ont perdu leur emploi et qui veulent lancer ou développer leur petite entreprise. Il accorde une attention particulière aux femmes et aux jeunes. Un budget de 100 millions d’euros a été mis à disposition sur quatre ans, mais celui-ci pourra atteindre plus de 500 millions d’euros dans le cadre de l’initiative conjointe avec les institutions financières internationales.

Ces dix dernières années, la coopération européenne au titre de la méthode ouverte de coopération dans le domaine l’inclusion sociale et de la protection sociale a contribué à sensibiliser les personnes concernées et à promouvoir la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale a défini un cadre en vue de réduire la pauvreté dans tous les domaines politiques. Faisons tout notre possible pour qu’elle atteigne son objectif.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE MME ROBERTA ANGELILLI
Vice-présidente

 
  
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  Nadja Hirsch, rapporteure pour avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales.(DE) Madame la Présidente, en tant que rapporteure pour avis sur le rapport sur l’égalité, je me suis concentrée sur le marché du travail. Malheureusement, l’écart de rémunération est encore de 17 % et les femmes ne sont toujours pas représentées dans les conseils d’administration et de surveillance. Il est urgent d’agir dans ce domaine.

Nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller le potentiel des femmes dans la société, quel que soit leur âge. Nous avons un bon niveau d’éducation et l’État investit dans ces jeunes femmes et mères. Nous devons vraiment faire des progrès à cet égard et exiger que les entreprises mettent enfin leurs belles paroles en pratique. À cet égard, je salue le fait que les entreprises fassent réellement un pas en direction d’un quota volontaire.

Cependant, d’un autre côté, un rapport sur l’égalité, quel qu’il soit, ne devrait pas oublier que les hommes sont aussi défavorisés à certains égards. Les garçons n’ont notamment pas toujours la possibilité de se développer à l’école. Des carences existent dans le domaine des travaux ménagers et de l’éducation des enfants, et les hommes pourraient eux aussi devenir plus actifs dans ces domaines. C’est une tâche à laquelle nous devrions tous nous atteler chacun de notre côté. Chacun de nous, homme ou femme, devrait avoir la possibilité de trouver sa voie et de vivre sa vie comme il l’entend.

 
  
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  Gabriele Zimmer, rapporteure pour avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales.(DE) Madame la Présidente, il y a cent ans, les femmes exigeaient le droit de vote et de se présenter aux élections et aujourd’hui, nous faisons toujours campagne pour l’égalité dans de nombreux domaines, notamment en matière de possibilités de carrière, mais aussi de rémunération et de droits sociaux, en particulier de prestations de vieillesse. En témoigne, entre autres, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes.

Malgré leur participation croissante au marché du travail, les statistiques dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne montrent que les femmes sont davantage exposées au risque de pauvreté que les hommes. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles la pauvreté est un problème féminin. Je ne peux m’arrêter que sur certaines d’entre elles par manque de temps. L’augmentation du nombre d’emplois précaires place les femmes dans une situation défavorable à plusieurs égards. Plus de 30 % des femmes sont employées à temps partiel, contre 7,4 % des hommes seulement. Des études montrent que même dans ces emplois à temps partiel, les femmes sont encore rémunérées considérablement moins que les hommes pour le même temps de travail et le même travail. Cela réduit les possibilités de s’intégrer au marché du travail et de faire carrière. Les droits à pension sont réduits, de sorte que la pauvreté est préprogrammée, en particulier pour celles qui choisissent de mener une vie indépendante et de rester célibataire. Nous pensons cependant qu’une vie sans pauvreté est possible, par des moyens politiques, en élaborant des systèmes de sécurité sociale dans lesquels des pensions et des salaires minimaux au dessus du seuil de pauvreté sont garantis et le temps de travail est, de manière générale, réduit.

Nous ne voulons pas attendre encore cent ans pour découvrir que les femmes sont, cela va de soi, en droit d’organiser leurs vies indépendamment des décisions des hommes, tout en ayant des enfants à charge.

 
  
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  Barbara Matera, au nom du groupe PPE.(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, alors que nous célébrons le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, nous votons sur deux rapports qui traitent de domaines dans lesquels les femmes sont marginalisées et exclues de la société.

Les femmes sont traditionnellement davantage exposées au risque de pauvreté, en particulier les mères célibataires et les femmes de plus de 65 ans. Un des cinq objectifs proposés par la Commission européenne dans la stratégie Europe 2020 est la lutte contre la pauvreté, ce qui rend le rapport de Mme Plumb extrêmement pertinent, en particulier du point de vue des politiques d’égalité des genres à la lumière de la crise économique et financière.

La vulnérabilité des femmes prises individuellement les expose au risque de pauvreté, d’exclusion sociale et donc d’isolement. Il est par conséquent du devoir de l’institution que nous représentons de mettre en place des stratégies et des programmes concrets. Je félicite aussi Mme Nedelcheva pour son excellent rapport qui encourage l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’Union européenne. La représentation des femmes dans le secteur public, comme dans le secteur privé, est très faible par rapport aux hommes. Dans le secteur financier, les chiffres sont encore moins positifs: les femmes ne représentent que 10 % des membres des conseils d’administration des principales sociétés européennes cotées en bourse et 3 % des présidents de ces conseils.

Je soutiens donc l’introduction de quotas en vue d’accroître la participation des femmes dans les secteurs public et privé et, en particulier, dans l’éducation. Cela doit être soutenu car c’est crucial afin d’empêcher les enseignants de diriger leurs étudiants vers des secteurs professionnels sur la base de stéréotypes sexistes.

Je conclurai en rappelant les mots de l’une des premières femmes américaines à occuper le poste de maire: «Quoi que fassent les femmes, elles doivent le faire deux fois mieux que les hommes pour qu’on les juge à moitié aussi compétentes». En conclusion, permettez-moi de dire qu’heureusement pour nous les femmes, ce n’est pas difficile.

 
  
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  Vilija Blinkevičiūtė, au nom du groupe S&D. (LT) Madame la Présidente, aujourd’hui, au Parlement, alors que nous célébrons le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, nous nous intéressons tout particulièrement aux questions de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre la pauvreté féminine. Il y a plus de cent ans, les femmes se sont battues pour avoir le droit de travailler et elles doivent maintenant se battre pour obtenir un salaire égal pour un travail égal. Nous avançons, mais les progrès dans le domaine de l’égalité entre les hommes et les femmes sont lents. La discrimination est toujours bien présente sur le lieu de travail, il y a une profonde ségrégation du marché du travail en fonction du genre, l’écart de rémunération persiste, il y a encore trop peu de femmes à des postes à responsabilité et en politique et le soutien à la maternité et aux mères célibataires reste insuffisant. Dans le rapport du Parlement européen sur l’égalité entre les hommes et les femmes, nous avons établi qu’il était crucial de renforcer le principe d’égalité des genres au sein de la famille et de la société, de mettre un terme à la violence à l’égard des femmes et à la traite des femmes, de garantir le congé de maternité, de créer les conditions nécessaires pour bénéficier des services de garderies et centres de jour, de réduire la pauvreté féminine et d’évaluer la contribution apportée par les femmes au développement de la famille, de la société et de l’économie. Pour atteindre ces objectifs, le Parlement européen, la Commission européenne et les États membres doivent coopérer et, en ce jour historique, je voudrais saluer toutes les femmes et les appeler à poursuivre la lutte pour leurs droits et pour l’égalité des chances.

 
  
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  Antonyia Parvanova, au nom du groupe ALDE.(EN) Madame la Présidente, permettez-moi tout d’abord de féliciter tous mes collègues pour le travail fructueux accompli au fil des ans et résumé dans mon rapport sur l’inégalité entre les hommes et les femmes, et sur la question cruciale de la pauvreté abordée dans le rapport de Mme Plumb.

Alors que nous célébrons le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, il est crucial que cette Assemblée prenne la mesure de la longue route qu’il nous reste à parcourir pour garantir l’égalité entre les hommes et les femmes dans toute l’Union et l’intégrer dans tous les secteurs et dans tous les domaines.

Commençons par le secteur de l’emploi et l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Combien de temps allons-nous rester assis à contempler des statistiques qui montrent les inégalités, avec des femmes rémunérées jusqu’à 34 % de moins que les hommes dans certains États membres de l’UE? Nous devons faire campagne pour des mesures, législatives si nécessaire, afin d’obtenir des résultats concrets en pratique et pas juste sur le papier.

La place des femmes sur le marché du travail européen, et les nombreux obstacles auxquels elles doivent faire face sous la forme de discrimination, contribuent à l’essor du phénomène de la pauvreté féminine. Trop de femmes demeurent en position d’insécurité et de dépendance économiques relatives. Elles ont tendance à être concentrées dans des emplois à temps partiel et temporaires qui sont moins bien payés ou à des postes inférieurs.

La pauvreté entraîne la traite des femmes, la violence et, de manière plus générale, l’exploitation en tout genre. Nous savons aussi qu’à cause de la pauvreté, les femmes victimes de violences domestiques préfèrent ne pas agir pour leur propre protection en raison d’un manque de sécurité financière.

Madame Reding, en ce jour symbolique, nous nous réjouissons de la stratégie européenne de lutte contre la violence à l’égard des femmes que vous nous avez déjà promise.

 
  
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  Marije Cornelissen, au nom du groupe Verts/ALE.(NL) Madame la Présidente, le 8 mars 2011, le centième anniversaire de la Journée internationale de la femme. Cela mérite que nous célébrions tout ce que nous avons obtenu, comme le droit de vote pour les femmes, le droit à l’égalité et les droits en matière de procréation, du moins dans les pays les plus civilisés. Cependant, c’est aussi un jour pour se sentir triste face à toutes les choses qui ne sont pas encore telles qu’elles devraient être. Dans l’UE, les femmes sont encore sérieusement sous-représentées dans les postes à responsabilité, l’éducation des enfants leur incombe presque entièrement et l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes persiste, notamment en dehors de l’UE, où certains pays n’ont même pas commencé à accorder le droit de vote aux femmes.

Le centième anniversaire de la Journée internationale de la femme appelle aussi une comparaison historique. Le premier pas réellement important des femmes sur le marché du travail a été fait lors des deux guerres mondiales, en particulier la Seconde guerre mondiale. Il y avait tout simplement trop peu d’hommes pour travailler dans les usines et les bureaux. Les employeurs n’avaient plus le choix et les femmes ont massivement fait leur entrée sur le marché du travail. C’est ce qui nous attend à nouveau. Cette fois, pas à cause d’une guerre, heureusement, mais à cause du vieillissement de la population. Dans cinq à dix ans, il y aura à nouveau tout simplement trop peu d’hommes pour pourvoir les emplois vacants à différents niveaux. Les employeurs doivent attirer et retenir les femmes. Le vieillissement de la population pourrait constituer une chance pour l’égalité des genres.

C’est à nous, responsables politiques européens, et à nos collègues au sein des parlements nationaux, d’encourager cette évolution en offrant un congé de maternité de qualité aux mères et un congé de paternité aux pères, en offrant des structures de garde d’enfants en suffisance à un prix abordable, en offrant le droit d’avoir des horaires flexibles et de travailler à temps partiel avec de bons droits sociaux, en établissant des quotas pour la participation des femmes aux instances dirigeantes des entreprises et à la vie politique ou en lançant des menaces crédibles à cet effet. Ensemble, nous pouvons faire en sorte qu’il ne faille pas cent ans de plus pour que les hommes et les femmes bénéficient de droits égaux et de chances égales dans tous les domaines.

 
  
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  Andrea Češková, au nom du groupe ECR. (CS) Madame la Présidente, je suis la rapporteure fictive pour le rapport sur le visage de la pauvreté féminine en Europe et je me concentrerai donc sur ce rapport. Le rapport rassemble une série de thèmes qui décrivent très bien la position de la femme dans l’UE. Je suis ravie que le rapport présente de nombreux points qui montrent la nécessité de recourir à des formes d’emploi flexibles, et j’entends par là des emplois à durée déterminée et des emplois à temps partiel, parce qu’à mon avis, les mères célibataires en particulier, et les familles en général avec de jeunes enfants à élever, doivent utiliser toutes les possibilités offertes sur le marché du travail afin de pouvoir combiner vie professionnelle et vie familiale. En même temps, bien sûr, je salue et soutiens totalement le fait que l’attention soit ici une fois encore attirée sur l’écart de rémunération toujours aussi important entre les femmes et les hommes. Je voudrais juste dire brièvement que le rapport inclut aussi certains points que nous allons avoir du mal à soutenir. Il s’agit, par exemple, de l’invitation à créer une charte européenne des droits de la femme et de la référence au rapport sur le congé de maternité qui, comme nous le savons, n’a pas été accepté par les États membres. Dans cet esprit, nous avons soutenu certaines des propositions de modification. Je voudrais remercier la rapporteure car il s’agit d’un rapport de très bonne qualité et vraiment complet.

 
  
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  Eva-Britt Svensson, au nom du groupe GUE/NGL.(SV) Madame la Présidente, cent ans de lutte pour l’égalité! Je pense qu’il est important aujourd’hui d’aussi penser aux pionniers qui ont commencé la lutte pour l’égalité il y a cent ans et qui ont ouvert la voie aux progrès qui ont malgré tout été accomplis. Je voudrais remercier tous mes collègues, toutes les ONG, tous ceux qui poursuivent la lutte pour l’égalité. Nous devons débattre de la situation des femmes dans l’UE, mais je pense qu’il est important pour nous aujourd’hui de montrer notre solidarité avec les femmes qui, à l’heure où je vous parle, dans les rues et sur les places, font preuve d’un immense courage en prenant part à la lutte pour la démocratie et la justice dans d’autres pays. Je pense que nous devrions aussi nous souvenir de ces femmes aujourd’hui.

Les rapports dont nous débattons ici illustrent bien l’inégalité sur le marché du travail, où les femmes ont des emplois précaires et souffrent d’une discrimination salariale de 17 % en moyenne. Seules 6 femmes sur 10 en Europe participent au marché du travail, et quand elles ont un emploi, il s’agit souvent d’un emploi précaire à temps partiel qui ne leur permet pas de vivre décemment. Il n’y a rien d’étrange à cela parce qu’il existe des forces puissantes qui s’opposent à l’expansion des structures de garde d’enfants et à d’autres conditions indispensables pour que les femmes puissent travailler.

L’égalité des chances sur le marché du travail implique que nous devons avoir la directive sur le congé de maternité qui, je l’espère, prévoira aussi un congé de paternité. J’espère que nous pourrons bientôt discuter de l’assurance parentale grâce à laquelle les hommes et les femmes assument une responsabilité égale dans les besoins familiaux et dans l’éducation des enfants. Si les femmes de l’UE travaillaient autant que les hommes, la prospérité augmenterait de plus d’un quart. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous passer des femmes sur le marché du travail.

Des quotas sont préconisés. Je crois que les quotas constituent un instrument nécessaire dans une société dans laquelle seulement 3 % des grandes entreprises sont dirigées par des femmes. Je peux comparer l’utilisation des quotas aux antibiotiques. Je ne suis pas favorable à l’utilisation excessive des antibiotiques, mais quand quelqu’un est malade, je suis très contente qu’ils existent. Le fait que seulement 3 % de femmes occupent des postes à responsabilité dans les grandes entreprises est assurément le signe d’une société mal en point. Les quotas représentent donc un instrument nécessaire pour redresser ce qui va mal dans notre société.

 
  
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  Godfrey Bloom, au nom du groupe EFD.(EN) Madame la Présidente, nous assistons ici à beaucoup d’autofélicitations en cette Journée internationale de la femme. Vous avez, à mon avis, fait n’importe quoi. Vous parlez de congé de maternité. Tout ce qui se passe avec le congé de maternité draconien, permettez-moi de vous le dire, Madame, c’est que, dans mon pays, de moins en moins de jeunes femmes trouvent un emploi parce qu’il faudrait être complètement fou pour engager une jeune femme si on a une petite entreprise. Vous ne leur avez donc pas rendu service.

Vous avez à présent l’égalité des chances en matière d’assurance automobile grâce à un autre arrêt de la Cour européenne, ce qui signifie que même si les jeunes femmes trouvaient un emploi, elles ne pourraient pas se permettre de s’y rendre en voiture parce qu’elles viennent juste de voir leur assurance automobile doubler. Et vous parlez à présent de quotas. Qu’est ce que c’est que cette folie? Des femmes qui ont travaillé toute leur vie pour parvenir à un poste à responsabilité au sein d’une entreprise, des femmes professionnelles, sont traitées avec condescendance à cause des quotas. À présent, les femmes qui ont réussi siègeront dans des conseils d’administration au sein desquels on les regardera en disant «Êtes-vous une femme alibi ou êtes-vous arrivée jusqu’ici parce que vous connaissez votre boulot?» Tout cela est complètement fou et c’est une tragédie qu’aucun d’entre vous n’ait eu un véritable emploi au cours de sa vie, autrement vous le comprendriez.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Eva-Britt Svensson (GUE/NGL).(SV) Madame la Présidente, Monsieur Bloom, souhaiter l’assurance parentale et croire que c’est une bonne chose ne font pas de quelqu’un un fou furieux. Il suffit de regarder les États membres qui ont un système d’assurance parentale bien développé. Ces pays, les pays nordiques, la Suède, par exemple, ont aussi le taux d’emploi des femmes le plus élevé. Cela prouve qu’une bonne assurance parentale signifie que nous aurons aussi des taux d’emploi plus élevés pour les femmes, et les hommes aussi, bien sûr. L’assurance parentale est une bonne chose pour l’égalité sur le marché du travail. Les femmes peuvent aussi contribuer à la prospérité dans l’UE.

(Applaudissements)

 
  
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  Godfrey Bloom (EFD).(EN) Madame la Présidente, ce n’est tout simplement pas vrai et cela n’est pas corroboré par les statistiques dans mon pays. Parlez à n’importe quel homme d’affaires dans mon pays. Je n’ai que faire du pays de Mme la députée ou des pays des autres, ce qui m’intéresse, c’est mon pays et mon économie, et je peux vous dire que tous les hommes et femmes d’affaires diront qu’ils n’engageront pas de jeunes femmes à cause des lois draconiennes en matière de maternité. Je voudrais, je voudrais tellement que vous veniez dans le monde réel, levez la main ceux d’entre vous qui ont eu un vrai travail!

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Siiri Oviir (ALDE).(ET) Monsieur Bloom, vous savez bien sûr qu’en Europe, les femmes ont un niveau d’éducation supérieur à celui des hommes, y compris dans votre pays. Alors pourquoi pensez-vous que, si des quotas sont imposés aux entreprises, ce tiers ne comprendra que les femmes illettrées qui existent peut-être aussi dans notre société?

 
  
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  Godfrey Bloom (EFD).(EN) Madame la Présidente, en réponse à Mme Oviir, je lui conseillerais simplement de laisser les entreprises exercer leurs activités. Moins on réglemente, moins on taxe, moins on interfère, plus vite notre économie reprendra. C’est de cela qu’il s’agit, et c’est quelque chose que Mme la députée ne comprend pas.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Edite Estrela (S&D).(PT) Madame la Présidente, Monsieur Bloom, savez-vous quel est le problème du Royaume-Uni? C’est d’avoir 52 semaines de congé de maternité mal payé. Seules les six premières semaines sont payées à 60 %, tandis que 33 semaines sont payées seulement un tarif symbolique et que 13 semaines ne sont pas payées du tout. Ce n’est que pour les familles riches, dans lesquelles les femmes peuvent rester à la maison et voir le budget familial diminuer. Le voilà le problème du Royaume-Uni, et non pas nos propositions concernant le congé de maternité.

 
  
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  Godfrey Bloom (EFD).(EN) Madame la Présidente, en réponse à Mme Estrela, je peux lui garantir que le problème de mon pays, c’est d’avoir abandonné son autonomie et d’être devenu membre de l’Union européenne: le voilà le problème de mon pays.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Anneli Jäätteenmäki (ALDE).(FI) Madame la Présidente, en fait, je voudrais remercier M. Bloom pour ses opinions parce qu’elles sont assez répandues. Si ce n’était pas le cas, nous aurions accompli beaucoup de progrès. Seulement, il y a beaucoup de gens qui se taisent. J’aurais voulu vous demander, Monsieur Bloom, si vous pensez que les enfants sont uniquement les enfants des femmes et que les pères n’ont aucune responsabilité et n’ont pas besoin d’un congé de paternité ou de s’occuper de leur famille autrement qu’en allant travailler.

(Applaudissements)

 
  
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  Godfrey Bloom (EFD).(EN) Madame la Présidente, en réponse à Mme Jäätteenmäki, je dirais que je crois que les enfants sont la responsabilité de leurs parents et de personne d’autre. Je n’accepte pas que quelqu’un assume la responsabilité des enfants de ses voisins. C’est aux parents d’assumer la responsabilité de leurs enfants et c’est ainsi que les choses devraient être. Plus nous avons d’autoresponsabilité en Europe et, en fait, dans le monde, mieux ce sera, selon moi.

 
  
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  Angelika Werthmann (NI).(DE) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, c’est un des signes de la pauvreté absolue de notre société que nous devions encore discuter de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes. Les femmes sont défavorisées, non seulement dans le monde du travail, mais aussi dans la société dans son ensemble. La liste semble sans fin et c’est pourquoi je me limiterai à quelques mots clés: niveaux des salaires, conditions de travail et de nomination, contrats de travail précaires, droits à la pension, garde d’enfants, sécurité sociale et diverses formes de violence à l’égard des femmes.

Il y a beaucoup de femmes qui sont plus qualifiées que les hommes et nous sommes pourtant en train de discuter de salaire égal à travail égal. Incroyable! Tout aussi incroyable est le fait que les femmes sont davantage exposées au risque de pauvreté que les hommes. Les femmes âgées et les parents célibataires sont particulièrement exposés. Permettez-moi de vous rappeler que 2010 était l’Année de la lutte contre la pauvreté. La pauvreté est un problème féminin. Elle entraîne de graves conséquences pour la société parce que la pauvreté mène à la maladie et peut, en conséquence, mener au chômage.

 
  
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  Edit Bauer (PPE).(HU) Madame la Présidente, aujourd’hui, il y a eu deux débats au Parlement dont les sujets étaient basés sur les rapports de mes collègues, pour lesquels je les félicite, et dans lesquels il est vraiment difficile de dire quoi que ce soit de neuf, puisque la situation est quasi inchangée et, dans un certain sens, s’est même dégradée ces dernières années. Dans le débat sur les salaires des hommes et des femmes, par exemple, nous avons dit année après année qu’il restait une différence de taille, même si le principe «à travail égal, salaire égal» était déjà inscrit dans le traité de Rome en 1957. En outre, depuis 1975, nous disposons aussi d’une législation secondaire dans ce domaine, même s’il est vrai que si nous devions dresser la liste des lois qui sont en vigueur mais ne fonctionnent pas, celle-ci aurait de bonnes chances d’arriver en tête. En effet, comme cela a déjà été dit ici, les dernières données statistiques indiquent que la différence est actuellement de 17,5 %, mais certains d’entre nous se souviennent encore qu’il y a quelques années, ce pourcentage n’était que de 15 %, alors que la variabilité est extrêmement élevée. Et ce n’est pas le problème des petites et moyennes entreprises, et ce n’est pas seulement un problème pour les femmes, c’est aussi un problème de justice sociale. Nous ne le dirons jamais assez, la différence salariale, comme cela a déjà été souligné aujourd’hui plus ou moins dans le même sens, est la punition des femmes pour la maternité, que les jeunes femmes reçoivent quand elles reviennent sur le marché du travail. Et c’est là que réside le véritable problème majeur: les petites entreprises ne résoudront jamais les problèmes de la société. Ce que le Parlement a demandé à cet égard, à savoir de garantir une répartition transparente des salaires entre les femmes et les hommes et de faire en sorte que ceux qui enfreignent continuellement ce principe au moins ne reçoivent pas d’aide des fonds européens, n’est à mon avis pas énorme. Nous progressons, c’est vrai: l’introduction de la «Journée de l’égalité salariale» représente une forme de progrès, mais la grande victoire aurait été que cette journée ait lieu le 1er ou le 2 janvier plutôt que le 5 mars.

 
  
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  Edite Estrela (S&D).(PT) Madame la Présidente, les femmes sont majoritaires dans les universités et sont plus qualifiées, mais quand il s’agit de postes à responsabilité, leur ascension est bloquée par un plafond de verre. C’est pourquoi nous avons besoin de quotas. C’est dommage que M. Bloom soit déjà parti. En politique et en économie, il est à noter qu’il n’y a qu’une femme directrice de banque centrale. Les femmes ne sont pas responsables de la crise financière, mais elles auraient pu aider à l’empêcher.

Pourquoi, lorsque nous parlons de quotas, quelqu’un mentionne-t-il toujours le mérite? Est-ce uniquement le mérite des femmes qui est remis en question? Les hommes n’ont-il pas de mérite? Les quotas constituent une mesure nécessaire et temporaire en vue de favoriser la représentation équilibrée des hommes et des femmes dans la prise de décision et je voudrais par conséquent féliciter la Commission pour les efforts qu’elle a consentis afin de garantir que cette prise de décision soit partagée dans les instances économiques également.

 
  
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  Siiri Oviir (ALDE).(ET) Madame la Présidente, bonne Journée internationale de la femme à tous! Quand il est question d’égalité des genres, il ne s’agit pas seulement de différences et de justice sociale. L’égalité entre les hommes et les femmes est une condition indispensable à une croissance économique durable, à l’emploi, à la compétitivité et à la cohésion sociale. Investir dans l’égalité des genres sera payant en termes de taux d’emploi des femmes, de contribution des femmes au PIB, de recettes fiscales et de taux de fécondité durable. Notre conception de l’égalité des genres est, pour beaucoup, encore moyenâgeuse aujourd’hui; c’est du moins ce que nous avons entendu dans certaines interventions.

Il y a un grand méchant loup dans ce domaine, et ce sont les quotas. Les gens oublient, ou ne veulent peut-être pas voir, qu’un quota n’est pas imposé aux postes à responsabilité et qu’un quota ne placera pas des femmes incompétentes à des postes de direction. En Europe, les femmes ont un niveau d’éducation supérieur, elles sont capables de prendre des responsabilités et elles sont capables de bien travailler et d’être payées équitablement pour leur travail. Les pays qui appliquent des quotas, qui les utilisaient déjà il y a 20 ans, je pense ici aux pays d’Europe du Nord, ont montré que nos objectifs pouvaient être atteints grâce à cette mesure et qu’aujourd’hui, les gens avaient reconsidéré leur position et que les quotas n’étaient plus aussi nécessaires que dans le passé. C’est considéré comme la norme que les femmes participent dans tous les domaines de la société. Je voudrais, bien sûr, dire tant de chose au sujet de la pauvreté et des mères célibataires, mais malheureusement, le temps qui m’est imparti ne me le permet pas. Merci à tous ceux qui sont intervenus aujourd’hui. Un jour, nous gagnerons malgré tout!

 
  
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  Franziska Katharina Brantner (Verts/ALE).(DE) Madame la Présidente, le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme nous donne une bonne raison de faire la fête, de dire merci et de continuer à nous battre.

Nous débattons d’un rapport sur les femmes et la pauvreté. L’une des principales causes de ce problème réside dans l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes. Comme nous l’avons déjà entendu, l’égalité salariale est inscrite dans les traités de Rome depuis 1957. L’écart de rémunération reste néanmoins de 17,5 % en Europe et atteint 23 % en Allemagne. En 2008, cette Assemblée a adopté un rapport sur l’inégalité salariale grâce à l’excellent travail de Mme Bauer. Ce rapport appelait la Commission à lancer des initiatives législatives afin de lutter contre l’inégalité salariale. Rien n’a été entrepris depuis lors. En outre, Mme la commissaire Reding, tout ce que vous avez fait, c’est de déclarer le 5 mars Journée européenne de l’égalité salariale, une annonce que vous avez faite le vendredi 4 mars. Heureusement que vous vous en êtes souvenue avant que le jour soit passé.

Nous n’avons plus le temps pour les communiqués de presse inutiles. Nous ne voulons pas entendre vos belles paroles. Nous voulons que vous agissiez enfin afin que le 100e anniversaire des traités de Rome ne soit pas un autre jour où l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes sera supérieur à 0 %. Nous voulons l’égalité salariale maintenant.

Je voudrais à présent aborder la question des quotas de femmes et m’adresser à mon collègue anglais: je voudrais savoir s’il croit que 3 % des femmes seulement en Angleterre et en Europe «savent comment faire leur boulot» Cela explique peut-être pourquoi il y a si peu de femmes dans les conseils de surveillance? Je ne pense pas que ce soit le cas. Nous avons besoin d’un quota.

Madame Reding, vous avez dit que les entreprises devaient s’engager à nommer des femmes d’ici l’année prochaine. Voulez-vous que nous ayons ces engagements d’ici l’année prochaine ou voulez-vous que des femmes aient été nommées d’ici l’année prochaine? J’entends que vous voulez le second objectif que j’ai mentionné.

 
  
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  Tadeusz Cymański (ECR). (PL) Madame la Présidente, le problème de la pauvreté féminine, qui est de la plus haute importance, est abordé dans la résolution qui nous occupe. Il faut se rappeler que ce sont les femmes qui portent la plus lourde charge à la suite de la crise financière. Ce sont principalement les femmes qui ont ressenti les conséquences de cette crise sous la forme de taux d’emploi réduits, de baisse des salaires et de mesures de restructuration. En outre, ce sont les femmes qui assument les responsabilités parentales et de l’éducation des enfants tout en participant à un marché du travail très difficile et en mutation constante.

La situation des femmes dans les États membres de l’UE est très diverse et il est donc extrêmement important de faire preuve de solidarité et de compréhension vis-à-vis des femmes qui vivent dans des régions où le problème de la pauvreté est particulièrement grave. La question de l’inégalité salariale devrait nous inciter à nous arrêter pour réfléchir car il existe aussi des différences salariales dans les entreprises qui sont dirigées et détenues par des femmes. C’est préoccupant et cela nécessite que nous nous demandions si les causes ne sont pas plus profondes et si les règles et règlements administratifs, le droit dur, sont suffisants dans ce cas, ou s’il faut modifier les mentalités et les cultures en général. Rien ne peut remplacer le respect et la culture sociale, et une réglementation ne suffira pas non plus.

 
  
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  Ilda Figueiredo (GUE/NGL).(PT) Madame la Présidente, il est particulièrement significatif que cette année, en cette Journée internationale de la femme, nous débattions de ces rapports qui cherchent à attirer l’attention sur les inégalités et la discrimination qui persistent. Dans certains pays, la société fait même marche arrière.

Quand nous mettons en évidence une date historique liée à la lutte des femmes pour la reconnaissance et l’exercice de leurs droits, nous mettons en évidence l’augmentation du chômage et des emplois instables, ainsi que les bas salaires et la discrimination salariale et pour cause de maternité qui touche les travailleuses et prend des formes particulièrement choquantes et inacceptables chez les jeunes générations.

Les cas de perte de revenu sont en hausse et les femmes sont de plus en plus pauvres. Les cas de femmes invalides, immigrantes et retraitées avec de petites pensions et de travailleuses mal payées sont particulièrement graves.

Les problèmes rencontrés par les femmes dans le monde rural et dans l’agriculture familiale vont croissant, comme ceux des femmes à la tête de micro- et petites entreprises. L’impact des mesures d’austérité dans certains pays, tels que le Portugal, la Grèce et l’Irlande, a des répercussions sur la vie des femmes en tant que travailleuses, citoyennes et mères.

C’est le cas de la réduction délibérée des salaires, du gel des admissions aux cours universitaires et du blocage des négociations collectives, ainsi que des réductions du budget des soins de santé, de l’éducation, de la sécurité sociale et de diverses formes d’aide sociale.

Il est donc essentiel d’empêcher que, sous prétexte de la crise, des mesures qui menacent le droit des femmes à l’égalité et à la cohésion économique et sociale nécessaire soient prises. Les belles paroles et les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas. Il est temps de rompre avec les politiques néolibérales du pacte de stabilité et de croissance, avec les libéralisations et les privatisations et avec la libre concurrence, qui sont toujours au service des groupements d’intérêts économiques et financiers. Il est temps de faire des femmes et de leurs droits, de l’égalité et de la cohésion économique et sociale une priorité, afin que nous puissions vivre dans une société meilleure, afin que nous puissions vraiment respecter les droits de l’homme et consolider les avancées que les femmes ont contribué à obtenir pour notre civilisation.

 
  
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  Teresa Jiménez-Becerril Barrio (PPE).(ES) Madame la Présidente, aujourd’hui est un jour très significatif pour parler d’égalité entre les hommes et les femmes, car nous célébrons la Journée internationale de la femme, en souvenir de ceux qui se sont battus pour les droits professionnels et économiques des femmes et pour leur droit de vote il y a 100 ans.

Nous avons fait des progrès considérables au cours de ces 100 ans, mais il reste beaucoup à faire. La véritable égalité est encore un rêve et la discrimination à l’égard des femmes est une réalité.

Je crois que chacun d’entre nous, homme ou femme, peut en faire beaucoup plus pour parvenir à une vraie émancipation de la femme. Il y a beaucoup de femmes dans le monde dont le droit de vivre est menacé, dont la dignité est bafouée et dont la liberté est niée.

Permettez-moi, en cette Journée internationale de la femme, d’exprimer mon soutien et mon espoir à toutes les femmes qui luttent pour leurs droits démocratiques dans la révolution en Afrique du Nord. Les femmes ne peuvent pas ne valoir que la moitié des hommes dans les pays arabes ou ailleurs dans le monde. Nous valons la même chose et nous méritons la même chose. Je continuerai à me battre pour obtenir cette égalité et, d’ici là, la Journée internationale de la femme continuera d’exister.

Même si beaucoup ne veulent pas le voir, la réalité est qu’il y a des femmes qui gagnent la moitié de ce que les hommes gagnent et que la violence domestique touche principalement les femmes et les enfants. Je dois répéter que ces faits doivent continuer à être dénoncés au Parlement, et je promets de continuer le combat, bien sûr.

 
  
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  Marc Tarabella (S&D). – Madame la Présidente, je salue tout d’abord le travail de mes collègues Mariya Nedelcheva et Rovana Plumb.

En cette journée symbolique célébrant les 100 ans de la Journée internationale des femmes, je pourrais presque refaire exactement le même discours que l’an dernier tant les combats restent d’actualité.

Certes, les femmes résistent mieux à la crise du point de vue des pertes d’emploi. Quant à la lutte contre la violence envers les femmes, nous attendons de la Commission qu’elle fasse part de ses intentions, qu’elle accède à notre demande de créer une année européenne sur ce thème et qu’elle propose une stratégie. Cela ne saurait tarder, me dit–on, et je m’en réjouis.

L’égalité de rémunération n’est hélas pas encore une réalité malgré les nombreux efforts de certains États membres et de la Commission européenne, en particulier. Le congé de paternité a été malheureusement refusé par les États membres malgré une belle mobilisation de ce Parlement et le droit à l’avortement n’est toujours pas reconnu dans quatre États membres de l’Union et remis en cause dans d’autres.

Je salue la nouvelle loi belge sur les quotas de présence des femmes dans les entreprises et les conseils d’administration, ainsi que la très grande proactivité de Mme Reding et de notre Président Buzek en la matière jusque dans la presse d’outre–Atlantique.

Enfin, saluons tout de même qu’en 100 ans, nous avons parcouru 50 % du chemin pour une égalité des sexes grâce à des textes de loi européens et nationaux. Gardons le cap pour qu’il ne faille pas 100 ans de plus pour parvenir à une réelle égalité des sexes.

 
  
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  Emma McClarkin (ECR).(EN) Madame la Présidente, comme de nombreux députés l’on souligné, les progrès en matière de droits de la femme ont été constants pendant de nombreuses années. Au cours des 30 ans qui se sont écoulés entre les premières élections au Parlement européen et 2009, année de mon élection, la représentation des femmes a plus que doublé. Nous voyons à présent des femmes à des postes majeurs en politique, dans les affaires, dans l’industrie et dans les médias. Plus important encore peut-être, en tant que société, nous en sommes venus à apprécier la nécessité du rôle des femmes et à reconnaître leur contribution, en gagnant l’égalité en cours de route.

Cependant, nous devons savoir jusqu’à quel point nous poussons les appels à plus d’égalité et dans quels domaines. Nous devrions nous concentrer sur ce qui ne va toujours pas aujourd’hui. Au Royaume-Uni, les femmes représentent encore moins de 20 % des députés, près de la moitié des entreprises du FTSE 250 ne comptent aucune femme du tout au sein de leur conseil d’administration et seul un cinquième de l’ensemble des diplômés en ingénierie, sciences et informatique sont des femmes. Étant donné la diversité de nos sociétés, il est clair que c’est quelque chose que les États membres doivent régler, sans quotas ni objectifs fixés de manière arbitraire au niveau de l’UE.

Cependant, au-delà de la représentation, il y a des milliers de femmes dans l’UE et, en fait, dans le monde, qui subissent violence, exploitation et exclusion. Leurs voix ne sont pas entendues. Ce sont ces femmes qui souffrent de discrimination, sont délibérément découragées de réussir ou sont victimes de répression, qui méritent sans aucun doute notre attention absolue.

 
  
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  Astrid Lulling (PPE).(DE) Madame la Présidente, je voudrais tout d’abord saluer le petit nombre d’hommes qui se sont joints au petit nombre de femmes lors de cette plénière. Je suis naturellement en faveur de l’égalité de traitement et de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Je milite avec succès pour cela au niveau national et européen depuis plus de 50 ans.

Malheureusement, le rapport sur l’égalité des femmes et des hommes dans l’UE 2010 contient une fois encore des exigences exagérées qui sont, au bout du compte, contreproductives pour les femmes. Je n’ai pas le temps de toutes les expliquer ici. Ce n’est cependant pas de la faute de la rapporteure si le grand nombre d’amendements ont rendu le rapport assez difficile à digérer.

En ce qui concerne la question controversée de savoir si l’UE devrait imposer un quota de femmes dans les sociétés cotées en bourse, je dois vous mettre en garde de ne pas faire l’éloge de la Norvège comme un brillant exemple de ce genre de mesures. Vous vous demandez peut-être pourquoi. Depuis l’introduction du quota de femmes entre 2003 et 2009, le nombre de sociétés cotées en bourse est passé de 554 à 362. Une société sur trois a donné l’introduction du quota de femmes comme raison de son retrait du marché boursier. En Norvège, 70 femmes, connues sous le nom de «jupes dorées», occupent quelques 300 sièges de conseil d’administration. C’est pervers mais très intéressant. En ce qui me concerne, je pourrais être attirée par la carrière de «jupe dorée» car je n’ai été membre d’aucun conseil d’administration jusqu’ici. La Commission doit réfléchir soigneusement et évaluer les conséquences avant de réagir de manière trop hâtive à ce problème.

Je regrette aussi que ce rapport recommande en même temps d’octroyer aux femmes un accès aisé à la contraception et à l’avortement. Autrement dit, l’avortement est mis sur le même pied que la contraception comme simple moyen de contrôle des naissances. C’est une insulte pour les femmes. Je ne peux pas être d’accord avec cela, outre le fait que l’UE n’a aucune compétence dans ce domaine, subsidiarité oblige! Je regrette que certaines députées mélangent systématiquement ces deux choses. Ce n’est pas nécessaire.

(L’oratrice accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Licia Ronzulli (PPE).(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, je voudrais poser une question très simple à Mme Lulling: ne croit-elle pas que la marche vers l’égalité entre les hommes et les femmes est, en 2011 encore, ralentie précisément à cause de positions telles que les siennes, qui sont donc les positions d’une femme, et qu’elle souhaite tant partager avec nous aujourd’hui encore?

 
  
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  Astrid Lulling (PPE). – Madame la Présidente, je ne sais pas, je n’ai rien dit avant 2011, pourquoi la situation s’est dégradée? Elle ne se dégradera pas si nous restons réalistes, elle se dégradera si nous sommes utopiques et irréalistes.

(Applaudissements)

(L’oratrice accepte également de répondre a une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Marc Tarabella (S&D). – Madame la Présidente, Madame Lulling, si apparemment je pourrais être très fier que vous ayez remercié les quelques hommes présents dans ce débat, puisque je suis un des rares hommes membres de la commission des droits de la femme, je pourrais cependant être vexé si vous me mettez dans le même sac que M. Bloom. Je voudrais savoir si vous faites une distinction entre M. Bloom et moi ou bien si je dois regretter que vous nous associiez tous les deux dans le même combat parce qu’on a évidemment des positions radicalement opposées.

 
  
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  Astrid Lulling (PPE). – Madame la Présidente, Monsieur Tarabella, je n’ai pas parlé de M. Bloom! Vous avez rendu un énorme service à M. Bloom parce que vous lui avez posé des questions et il pouvait, ici, se faire une renommée. Je vous remercie aussi, d’ailleurs, de me les poser, comme ça j’ai le temps de parole que j’aime avoir.

Mais je dois vous dire, Monsieur Tarabella, que vous êtes un membre éminent de la commission des droits de la femme, je peux toujours compter sur vous pour faire entendre raison et je regrette que sur certains passages de ces rapports, vous et moi n’ayons pas été entendus.

 
  
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  Zita Gurmai (S&D).(EN) Madame la Présidente, en ce jour anniversaire de la Journée internationale de la femme, alors que nous débattons du rapport Plumb sur le visage de la pauvreté féminine et du rapport Nedelcheva sur l’inégalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne, et alors que les institutions se concentrent sur les quotas de femmes au sein des conseils d’administration, le groupe des femmes du PS consacre sa campagne 2011 à la question des systèmes de pension et de la pauvreté féminine. Toutes les sociétés européennes sont confrontées au vieillissement de la population et les systèmes de pension sont réformés dans toute l’Europe. C’est pourquoi l’UE doit envoyer le signal que les vies des femmes ordinaires se trouvent au cœur de nos préoccupations.

Sur la question fondamentale des pensions, la Commission européenne devrait mener la charge en comblant les écarts structurels entre les femmes et les hommes. Les femmes ne devraient pas être défavorisées pour des raisons qui sont au-delà de leur pouvoir: l’écart de rémunération, comme ma collègue l’a dit, la prise en charge de la famille et les emplois indécents. Notre première tâche consiste à sensibiliser les femmes. Nous devons souligner que, lors des discussions en cours sur les pensions, le facteur féminin a très rarement été soulevé. Nous voulons que les responsables politiques soient conscients des effets de cela et fassent en sorte que des données précises sur les femmes et les pensions soient disponibles.

La Commission doit mener des recherches sur l’effet lié au genre dans les réformes des pensions en Europe et je suis sûre que Mme Reding le fera. Nous devons examiner les meilleures pratiques au niveau national et nous pencher sur une approche européenne. Il est réellement temps de réfléchir à ce que nous avons obtenu au cours des 100 dernières années. Il nous faut un avenir serein pour nos enfants.

Il est aussi important que nous nous rappelions de ce que Clara Zetkin a fait il y a cent ans, parce que combler l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes était son idée. Il sera aussi vraiment important que nous apportions des changements au style de Ginger Rogers et Fred Astaire, en nous souvenant que Ginger Rogers devait tout faire «à reculons et sur des talons hauts».

 
  
  

PRÉSIDENCE DE MME DAGMAR ROTH-BEHRENDT
Vice-présidente

 
  
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  Lena Kolarska-Bobińska (PPE).(PL) Madame la Présidente, les rapports sur les inégalités entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne contiennent de nombreuses propositions quant à ce qui devrait être fait et aux mesures qui devraient être prises pour réduire ces inégalités. Je voudrais adresser mes sincères remerciements à la commissaire Reding pour les mesures qu’elle est en train de prendre au niveau européen en vue d’atténuer les différences entre les femmes et les hommes. Cependant, la majorité de ces mesures devraient être prises au niveau national ou des États membres. C’est à ce niveau que l’on rencontre souvent une opposition féroce de la part des responsables politiques, des institutions et de l’opinion publique. Les organisations de femmes demandent donc souvent de l’aide à la Commission. Pourtant, les actions qui partent de la base sont d’une importance capitale, comme dans le cas de la Pologne, où il a été possible de vaincre l’opposition grâce à un mouvement social féminin appelé Congrès des femmes. Nous avons recueilli plus de 100 000 signatures en faveur d’une initiative sociale et juridique et, à la suite d’un vaste débat qui a mobilisé l’opinion publique, le parlement polonais a voté la parité de 35 % pour les femmes sur toutes les listes électorales, y compris celles des élections européennes. Je suis très fière que la Pologne ait rejoint les pays où la parité représente une obligation légale et qu’elle soit le premier des nouveaux États membres à introduire ce changement significatif. Nous allons à présent suivre attentivement l’influence de cette mesure sur la participation politique des femmes. Je voudrais dire clairement que nous devrions nous fixer tout de suite de nouveaux objectifs, et ces objectifs devraient être l’égalité salariale pour divers groupes de femmes et la parité au sein d’autres organes décisionnels. Je vous remercie beaucoup.

 
  
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  Silvia Costa (S&D).(IT) Madame la Présidente, Madame Reding, Monsieur Andor, Mesdames et Messieurs, je remercie les rapporteures et je dédie aussi ce 8 mars aux femmes d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, comme ces femmes qui sont en ce moment en train de manifester au Caire et en Iran et de lutter pour la démocratie et la liberté dans leurs pays. À cet égard, j’espère que des mesures fermes vont être prises, notamment dans les actions extérieures de l’Union européenne, pour établir des liens avec ces femmes.

Même en Europe, on assiste à un grand réveil de la participation des femmes, à commencer par des revendications de respect de la dignité des femmes dans les médias et dans le comportement des hommes dans les institutions, comme l’ont dit un million d’Italiennes et de nombreux Italiens concernés sur les places publiques le 13 février.

Concernant les rapports qui nous occupent, je voudrais signaler qu’il existe un lien étroit entre l’insécurité croissante au travail et dans les vies des jeunes femmes, bien qu’elles aient un niveau d’éducation supérieur et soient plus qualifiées, la protection insuffisante des travailleuses atypiques, que sont la plupart des jeunes femmes, dans leur rôle de mère et de parent, les faiblesses des politiques actuelles en vue de parvenir à un équilibre et les taux d’emploi plus faibles des femmes, les cas plus fréquents de pauvreté parmi les femmes et les enfants, et le niveau inférieur de leurs pensions et, en conséquence, leur exclusion des instances décisionnelles.

Si je suis d’accord avec l’initiative de Mme Reding concernant les conseils d’administration, je suis moins favorable à l’initiative sur l’assurance qui risque de pénaliser les femmes en particulier. Sans cela, il n’y aura pas d’Europe 2020.

 
  
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  Elisabeth Morin-Chartier (PPE). – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, chers amis, tout d’abord, je voudrais vous dire que, pour moi, le combat de l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas un combat de gauche ou de droite, ce n’est pas un combat d’hommes ou de femmes, c’est un combat de société.

Quelle société, aujourd’hui, pourrait investir dans la formation des jeunes filles, comme nous le faisons, en se privant ensuite de 50 % de l’intelligence dans la vie professionnelle? Cela ne doit pas être la société dans laquelle nous vivons. Je vous demande une mobilisation générale, aussi bien à la Commission, au Conseil qu’au Parlement, pour que nous laissions une société plus égalitaire, plus juste et qui sache mieux mettre en valeur la formation des jeunes filles et leur intelligence.

Le deuxième point porte sur l’égalité aux postes à responsabilités, Madame la Commissaire. Vous savez, je suis Française et j’étais contre les quotas. Mais au bout de 10 ans, je me rends compte que sans quota, nous n’y arriverons pas. Sans quota, nous n’aurons jamais autant de femmes que d’hommes

(Applaudissements)

aux postes à responsabilités. La semaine dernière, j’ai entendu le Président du Parlement aller également dans ce sens.

Je crois qu’aujourd’hui, nous avons vraiment besoin de passer par ce chemin. Vous savez, j’étais contre les quotas parce que je trouve quelque part un peu infâmant d’avoir besoin de protéger des femmes qui, par leurs compétences, doivent pouvoir y arriver. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de passer par là.

Enfin, troisième point: nous avons aussi besoin de lutter pour l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes. Merci d’y contribuer.

(Applaudissements)

 
  
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  Antigoni Papadopoulou (S&D).(EL) Madame la Présidente, nous honorons aujourd’hui le combat des femmes à travers les temps et leurs conquêtes. Nous enregistrons les déficits démocratiques persistants qui sont actuellement exacerbés par la crise économique: pauvreté, traite, violence, chômage, exploitation sexuelle, écart de rémunération, dénigrement dans les médias, perpétuation des rôles stéréotypés et sous-représentation dans les centres de pouvoir, des substantifs qui, en grec, sont tous féminins, sont les plus dévastateurs chez les mères célibataires, les femmes âgées, les immigrantes et les femmes invalides.

Il nous faut une action coordonnée au niveau européen et national: des politiques de l’emploi et de protection sociale plus efficaces pour lutter contre la pauvreté, davantage de mesures en vue de concilier vie familiale et professionnelle pour aider les femmes actives, et des mesures proactives et des quotas pour une représentation équilibrée dans les centres de pouvoir. Éducation et sensibilisation sont nécessaires pour éradiquer la violence et les stéréotypes. La route est longue, mais nous devons la parcourir, parce que les femmes méritent d’avoir de meilleures chances sans préjugés.

 
  
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  Joanna Senyszyn (S&D).(PL) Madame la Présidente, les femmes sont victimes de discrimination dans tous les domaines de la vie; elles sont battues et violées. La moitié des femmes européennes ont connu la violence et plus d’un million d’entre elles en sont victimes quotidiennement. Le travail sur la directive relative à la violence à l’égard des femmes se poursuit, mais, dans le même temps, il y a des pays dans l’Union européenne, notamment la Pologne, qui se permettent de recourir à la violence légalisée à l’égard des femmes dans le domaine de la santé sexuelle et génésique.

Le manque d’éducation sexuelle adéquate et d’accès aisé aux contraceptifs signifie que les femmes qui tombent enceintes, y compris celles qui sont trop jeunes pour cela, sont forcées par la loi à donner naissance à l’enfant. Une femme enceinte est traitée comme un incubateur, privée du droit de décider de son sort et du droit à la santé et à la vie privée auquel tout homme a droit. L’interdiction de l’avortement ne réduit pas le nombre d’interventions de ce genre qui sont pratiquées. La loi contre l’avortement doit être condamnée car il s’agit d’une forme de violence étatique à l’égard des femmes et de discrimination à l’encontre des femmes. Si c’était les hommes qui donnaient naissance aux enfants, l’avortement serait un sacrement.

 
  
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  Iratxe García Pérez (S&D).(ES) Madame la Présidente, je voudrais exprimer ma reconnaissance et ma gratitude à toutes les femmes, dont beaucoup sont bien connues et ont fait coulé beaucoup d’encre, mais dont beaucoup sont aussi des anonymes, qui ont œuvré et se sont battues ces 100 dernières années pour atteindre le niveau d’égalité que nous connaissons aujourd’hui.

Il reste toutefois beaucoup à faire, et ces rapports nous confrontent à des questions telles que la conciliation de la vie familiale et professionnelle, les difficultés d’accéder au marché du travail ou la lutte contre la violence fondée sur le genre, qui est l’un des principaux fléaux qui existent en Europe et dans le monde. L’égalité entre les hommes et les femmes n’est toujours pas une réalité. Par conséquent, nous devons à présent entamer une nouvelle phase qui verra les promesses devenir réalité.

Depuis les institutions européennes et depuis le reste de la société européenne, nous devons avoir pour objectif de progresser vers une véritable égalité entre les hommes et les femmes. Cette égalité pourrait nous permettre de parvenir à une société plus juste et plus équitable et, sur cette route, les hommes sont essentiels. Il reste beaucoup à faire et nous mènerons tout cela à bien ensemble.

 
  
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  Joanna Katarzyna Skrzydlewska (PPE).(PL) Madame la Présidente, c’est aujourd’hui l’occasion de nous souvenir du droit des personnes à l’égalité de traitement, quel que soit leur sexe. Malgré les nombreuses mesures prises pour garantir l’égalité des droits, la question de la différence salariale entre les femmes et les hommes n’est toujours pas résolue. Les femmes se trouvent toujours dans une situation plus difficile; les employeurs évaluent souvent leur compétence pour un emploi non pas sur la base de leurs qualifications, mais sur la base du fait qu’elles auront des enfants ou pas ou, si elles en ont déjà, de qui s’occupera d’eux quand ils seront malades. Personne ne pose ce genre de questions aux hommes ou aux pères lors de leur recrutement. Je voudrais par conséquent souligner la nécessité de changer le système et de prendre des mesures afin de modifier la manière dont la société perçoit ce problème, et de faire en sorte que les femmes elles-mêmes soient libérées de la conviction intérieure qu’elles sont seules responsables de l’éducation des enfants, ce qui permettra de venir à bout de ces inégalités. Connaissant le charisme et la détermination de la commissaire Reding, je pense que nous y parviendrons très certainement. Je vous remercie.

 
  
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  Mitro Repo (S&D).(FI) Madame la Présidente, en cette Journée internationale de la femme, il convient d’examiner comment l’égalité est effectivement mise en œuvre en Europe. Nous partageons une nouvelle préoccupation: la féminisation de la pauvreté. Bien que les femmes travaillent plus que les hommes, ceux-ci gagnent plus et perçoivent toujours de plus grosses pensions. Il n’est pas juste que les hommes deviennent plus riches et les femmes plus pauvres. C’est très vrai des femmes âgées en particulier et c’est pourquoi nous devons les aider de toutes les manières possibles.

Vieillir, en particulier pour les femmes, ne devrait pas être un fardeau. Cela ne devrait pas être considéré comme un handicap, mais comme un enrichissement pour la société et l’Europe, comme une ressource. L’avenir du monde et de l’Europe dépendra essentiellement des femmes et en particulier des mères. C’est évidemment une bonne chose que les fils et les époux des mères, M. Bloom et moi-même, aient quelque chose d’important à faire autre que la guerre. Mes félicitations.

(Applaudissements)

 
  
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  Ivo Vajgl (ALDE).(SL) Madame la Présidente, l’orchestre philharmonique de Vienne, probablement le meilleur orchestre de musique classique du monde, n’a autorisé les femmes à l’intégrer et à se produire avec lui qu’il y a quelques années. Imaginez donc à quoi ressemblerait notre orchestre, ce Parlement, et comment il sonnerait si nous n’avions pas nos députées pour l’animer avec leur débat de caractère et éclairé.

Il est évident qu’une journée comme aujourd’hui, une journée pour nous souvenir de l’inégalité des femmes, est plus que nécessaire. Le jour de la paye, le jour où les postes sont attribués au travail et tous les jours où il faut s’occuper des enfants et de la famille, les femmes ne sont pas traitées de manière équitable. Notre responsabilité au Parlement européen et la responsabilité de nos collègues au sein des parlements nationaux consistent à légiférer correctement pour conduire à cette égalité. Je pense cependant que nous favoriserons aussi cette égalité en prenant soin des femmes et en faisant preuve d’attention à leur égard au quotidien.

 
  
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  Anna Záborská (PPE). (SK) Madame la Présidente, il est important que nous discutions de la pauvreté féminine aujourd’hui. En même temps, il est dommage qu’en tentant de trouver une solution, nous soyons tenus par un mode de pensée unilatéral.

Résoudre le problème de la pauvreté féminine nécessite davantage qu’une intervention forcée dans l’environnement familial. La dernière étude de l’OCDE montre qu’une telle intervention n’a qu’un succès limité. Les femmes consacrent davantage de temps que les hommes aux travaux ménagers et à l’éducation des enfants. C’est le cas même quand l’homme est en congé parental. Elles ne le font pas parce qu’elles doivent le faire mais parce qu’elles veulent le faire. Elles préfèrent opter pour un emploi à temps partiel.

Selon les chiffres de l’OCDE, 30 à 50 % de toute l’activité économique des femmes n’apparaît pas dans les mesures courantes de la richesse, telles que le PIB par habitant, par exemple. Résoudre le problème de la pauvreté féminine nécessite donc aussi de reconnaître le travail que les femmes accomplissent dans le cadre de la solidarité intergénérationnelle. En reconnaissant ce travail, nous ferons un pas essentiel vers la résolution du problème de pauvreté.

 
  
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  Sylvana Rapti (S&D).(EL) Madame la Présidente, j’ai quelque chose de différent à dire: aujourd’hui n’est pas un jour de fête en ce qui me concerne: c’est un jour en souvenir des femmes qui sont mortes lors de l’insurrection en Amérique il y a non pas 100 mais bien 157 ans. Nous ne devrions pas non plus l’oublier. Si nous voulons progresser, nous avons besoin de trois choses fondamentales:

- la première, ce sont des structures d’aide pour les femmes qui travaillent: des garderies et des crèches;

- la deuxième, Monsieur le Commissaire Andor, c’est une aide financière pour les femmes, et

- la troisième, c’est un changement d’attitude dans les écoles et, à cet égard, Madame la Commissaire Reding, je propose d’instaurer des quotas, pas seulement dans les conseils d’administration, ce qui revient à tenter de bâtir la maison en commençant par le toit, mais aussi pour le personnel des garderies et les enseignants, afin que nous puissions vivre l’égalité des sexes.

Pour conclure, je vous invite, Madame la Présidente, en tant que Présidente, à contourner les règles et à donner la parole aux dix oratrices restantes pour cette cérémonie spéciale en l’honneur de la Journée de la femme.

 
  
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  Ulrike Lunacek (Verts/ALE).(DE) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, Mesdames et Messieurs présents ici dans l’hémicycle et dans les tribunes, la campagne pour les droits de la femme sur le lieu de travail, au sein de la famille, dans la démocratie, pour l’indépendance économique des femmes et contre la violence masculine, la pauvreté féminine et la discrimination à l’encontre des mères célibataires, des lesbiennes et des migrantes est une campagne qui dure depuis trop longtemps déjà. Nous célébrons aujourd’hui le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme. Heureusement, à l’avenir, nous allons aussi pouvoir célébrer ce que nous avons obtenu, tout en ne perdant pas de vue ce qu’il reste à faire.

Mme Morin-Chartier a déjà dit qu’elle ne croyait pas aux quotas il y a dix ans, mais qu’elle avait changé d’avis: les quotas sont essentiels. Je vous en remercie. Les femmes ont besoin des quotas si elles veulent avancer. Nous avons des quotas d’homme dans tous les conseils de surveillance, dans toutes les autorités officielles, en politique et dans les affaires. Les réseaux masculins fonctionnent sans aucune difficulté. Les hommes n’occupent pas nécessairement des postes influents grâce à leurs performances – c’est le cas de certains mais cela n’est pas vrai pour tous – mais simplement parce qu’ils appartiennent à ces réseaux masculins. C’est pourquoi nous avons besoin de quotas et d’égalité salariale.

 
  
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  Nikolaos Salavrakos (EFD).(EL) Madame la Présidente, je pense qu’aujourd’hui est un jour très important: nous célébrons la Journée de la femme, la journée des femmes que nous aimons, des femmes que nous respectons, des femmes qui sont nos mères, nos épouses, nos sœurs et nos filles, des femmes actives et des ménagères. Je voudrais remercier toute la gente féminine et souligner que je soutiens personnellement le combat des femmes pour l’égalité dans la société et au travail, pour l’égalité salariale et pour les quotas dans les centres de pouvoir, et que je déplore toutes les formes de violence à l’égard des femmes et d’exploitation des femmes.

Je ne dirai rien de plus, tout a été dit. Je vous remercie Mesdames, chacune d’entre vous, présentes et absentes aujourd’hui.

 
  
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  Licia Ronzulli (PPE).(IT) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, aujourd’hui, je voudrais faire une dédicace spéciale à toutes les femmes qui se battent chaque jour pour le respect de leurs droits dans la société moderne, à toutes les femmes qui choisissent d’avoir un enfant en sachant qu’il sera difficile de concilier leur vie professionnelle et leur nouveau rôle de mère, à toutes les femmes qui, conscientes de leurs talents et de leurs compétences, décident de forcer leur propre voie malgré les nombreux obstacles.

C’est précisément pour cette raison que je soutiens l’introduction, au moins initialement, de quotas de femmes obligatoires afin de briser une culture qui ne sert que les hommes. Je suis convaincue que cela offrirait à beaucoup de jeunes femmes l’occasion qu’elles attendent depuis longtemps et qu’armées de leurs compétences professionnelles et de leurs diplômes, elles ne la laisseront certainement pas s’échapper.

J’ai un bébé qui n’a que quelques mois et j’ai un rêve: j’espère que ma fille, Vittoria, ne devra pas se battre comme nous le faisons pour briser ces plafonds de verre et que le talent féminin ne devra plus être considéré comme une obligation mais plutôt comme une véritable valeur ajoutée.

 
  
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  Andrew Henry William Brons (NI).(EN) Madame la Présidente, ce sont les trotskistes qui ont fait de la lutte des classes marxiste une lutte de groupe aux nombreuses revendications. La société devait être segmentée en groupes, qui savaient ou ne savaient peut-être pas qu’ils avaient un grief avant que de jeunes militants dévoués le leur expliquent. Les groupes pouvaient être définis par l’ethnicité, la religion, le sexe, la sexualité, l’âge ou le handicap. Ils devaient tous être encouragés à s’engager dans une action collective contre leurs oppresseurs.

Les trotskistes ont vieilli, à défaut d’avoir grandi. Dans certains cas, ils occupent des postes de pouvoir et d’influence. Leurs idées se sont répandues beaucoup plus vite et plus loin qu’eux. Le mot «discrimination», quand il est suivi des mots «à l’encontre de», est devenu l’ennemi ultime. Souvent, il n’y a pas d’auteur identifiable. Le discriminateur est le reste de la société. Nous sommes tous coupables. Les gens, quel que soit leur désavantage réel, doivent se rendre compte quand ils sont manipulés et doivent s’affranchir de cette manipulation.

 
  
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  Karin Kadenbach (S&D).(DE) Madame la Présidente, Madame Reding, Monsieur Andor, le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme devrait aussi constituer une occasion de réfléchir et de faire le bilan. Je voudrais aujourd’hui remercier les pionnières qui nous ont ouvert la voie et qui ont permis à tant de femmes de jouer à présent un rôle dans la vie politique et dans les affaires.

Cette Journée devrait cependant aussi être une mise en garde afin que nous ne compromettions pas ce qui a été obtenu jusqu’ici. De nombreux aspects des programmes des divers États membres, qui doivent à présent être mis en œuvre sous couvert de consolidation budgétaire, sont spécifiquement contre les femmes, contre les chances d’éducation des femmes, contre les chances pour les femmes de gagner un salaire équitable, contre les chances pour les femmes de jouer un rôle dans le développement politique. J’en appelle en particulier aux hommes, et je peux voir qu’il y en a plusieurs parmi nous aujourd’hui, afin qu’ils travaillent en partenariat avec nous afin de faire en sorte que nos ambitieux objectifs puissent être atteints, pour qu’à l’avenir, la Journée internationale de la femme soit réellement un jour de fête.

 
  
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  Viviane Reding, vice-présidente de la Commission. − Madame la Présidente, merci à vous parlementaires, parce que j’ai très bien reçu le message. Je peux le résumer en une phrase: vous aussi, très majoritairement, n’acceptez plus les 90 % de quota masculin dans les instances dirigeantes de nos entreprises et vous pensez que cela doit changer.

(Applaudissements)

Travaillons ensemble pour que cela change.

(EN) Quand, après avoir entendu votre rapporteure et toutes les interventions, j’analyse ce qui a été dit, je pense que nous sommes d’accord sur le fait que les femmes s’en sortent raisonnablement bien en politique. Il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais nous sommes sur la bonne voie.

Malheureusement, nous ne nous en sortons pas raisonnablement bien dans l’économie. Nous sommes absentes de la prise de décision et j’ai bien compris que vous vouliez que cela change. Nous sommes présentes dans les emplois à faibles revenus, alors que 60 % des diplômés de l’université sont des femmes. Elles se perdent sur la route qui mène là où nous avons besoin d’elles en temps de crise pour améliorer les choses sur le plan économique.

Nous n’avons pas le choix. Comment allons-nous atteindre les 75 % d’employabilité si ce n’est en utilisant le potentiel inexploité de ces femmes bien formées? Nous devons vraiment changer la manière dont nous abordons l’emploi, en donnant une chance aux femmes et en faisant appel aux talents que nous avons formés et éduqués, et qui sont disponibles pour l’emploi.

J’ai pris note des interventions au sujet des victimes. Il est vrai que toutes les victimes ne sont pas de femmes ou des enfants. Elles peuvent aussi être des hommes, mais les victimes sont principalement des femmes, notamment des petites filles. C’est pourquoi dans le paquet de mesures sur les victimes que je présenterai en mai, ce fait sera pris en considération.

Peu après ce débat, nous allons célébrer le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme. Nous ne devrions pas oublier que nous célébrons aussi le 100e anniversaire du prix Nobel de Marie Curie. Je voudrais dire à toutes les femmes présentes dans cet hémicycle que nous devrions être fières d’être des femmes.

(Applaudissements)

 
  
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  László Andor, membre de la Commission.(EN) Madame la Présidente, je crois que cent ans de lutte et cent ans de progrès forcent le respect, mais nous devons aussi reconnaître que l’Europe contemporaine est encore loin de l’égalité totale entre les hommes et les femmes. Beaucoup de ces inégalités sont reproduites à travers les déséquilibres sur le marché du travail et les préjugés à l’égard des femmes dans de nombreux secteurs et dans de nombreuses institutions sur le marché du travail.

C’est pourquoi je crois que les politiques européennes et les instruments financiers européens doivent être utilisés pour améliorer la situation dans ce domaine, et pour améliorer les possibilités d’emploi et les conditions de travail des femmes, afin d’avancer. De nombreuses actions concrètes sont possibles. Par exemple, concernant les fonds européens, à chaque fois que cela est possible et raisonnable, il serait très important d’imposer la conditionnalité de l’égalité des chances, et c’est ce que nous voulons faire.

Cependant, la création d’emplois directe est aussi importante. L’une des directions fondamentales à suivre dans la création d’emplois dans les décennies à venir sera celle de ce que l’on appelle les «emplois blancs», les emplois dans les soins de santé et les soins de longue durée. À cet égard, nous devons nous concentrer sur la création de possibilités parce qu’une grande part de ce travail est, en tout cas, accompli par des femmes, mais sans rémunération convenable et sans avoir la possibilité d’accumuler des droits, notamment des droits à pension pour leurs vieux jours.

Sur la question des pensions, dans le Livre blanc sur les pensions qui sera publié au cours du troisième trimestre de cette année, nous serons plus attentifs à la dimension du genre. Il y a un groupe de commissaires qui travaillent sur ce Livre blanc sur les pensions et, avec la participation et la contribution de la vice-présidente Reding, nous parviendrons à aborder la dimension du genre dans le domaine des pensions avec plus de force que dans le livre vert précédent.

Je suis d’accord avec Mme Zimmer. C’est aussi une question de réglementation du temps de travail. C’est absolument fondamental. Il nous faut une règlementation européenne du temps de travail qui permette de mieux concilier les besoins professionnels et les responsabilités familiales. Un meilleur équilibre entre le travail et la vie est absolument essentiel. Cela fait partie de notre agenda du travail décent. Je suis d’accord avec ceux qui ont souligné qu’il ne s’agissait pas seulement d’un problème européen: il s’agit d’une responsabilité internationale que nous devons assumer.

Pour mettre en évidence un autre lien, celle entre le marché du travail et l’éducation, nous devons aller en profondeur afin d’améliorer la qualité de l’éducation, de sensibiliser, d’informer sur les droits, y compris les droits de la femme en particulier et, c’est très important, des droits des minorités européennes, qu’il s’agisse d’immigrants ou d’autres minorités ethniques.

Enfin, sur la question des quotas au sein des conseils d’entreprise, j’ai eu l’occasion, la semaine dernière, d’aborder ce sujet avec le nouveau président de la Confédération de l’industrie britannique – je suis sûr que M. Bloom sera intéressé d’entendre cela. Il y a de nombreux aspects à cette question. Outre la lutte contre les stéréotypes et les aspects organisationnels et culturels, notre discussion a aussi mis en évidence la nécessité d’organiser la vie familiale différemment, en raison du temps qu’exigent les postes au plus haut niveau. C’est pourquoi nous devons agir sur plusieurs fronts. Nous ne devons pas étendre cette discussion seulement à la vie professionnelle et à la vie publique. Je crois que si nous poursuivons la discussion, et les efforts de la Commission, avec la responsabilité nécessaire, nous pouvons faire des progrès à l’avenir.

 
  
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  Mariya Nedelcheva, rapporteure. − Madame la Présidente, Madame Reding, Monsieur le Commissaire, je voudrais remercier tous mes collègues de leur contribution et de leurs interventions.

Le débat d’aujourd’hui démontre encore une fois combien le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes nous tient à cœur. Nous tous, nous partageons des valeurs et des principes communs: ceux du respect de la dignité humaine, ceux de la lutte contre les inégalités et les discriminations.

J’ai beaucoup de respect quant à la connotation personnelle, et souvent même nationale, que chacun de nous apporte à ces valeurs et à ces principes. C’est en cela que réside la richesse de la vision européenne sur ces questions. Toutefois, ces connotations différentes ne doivent pas nous faire perdre de vue nos objectifs communs. Il nous faudrait continuer à œuvrer à l’amélioration des conditions des femmes tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel et celui de la vie familiale. Il faudrait continuer à promouvoir leur accès au marché du travail, et surtout à des postes à responsabilités, ainsi qu’à responsabiliser davantage les autorités nationales, les institutions, les organes politiques et les entreprises. Cela relève de notre responsabilité à tous de démontrer que ces objectifs sont réalisables. Oui, cela a été dit à plusieurs reprises aujourd’hui: combattre les inégalités entre les femmes et les hommes est une lutte de tous les jours. À la volonté politique forte il faut allier des actions concrètes. Je salue toutes les actions annoncées par la Commission et je remercie par avance tous mes collègues pour le soutien que nous allons leur apporter.

Concernant un autre point: au cours des débats, je me suis vue reprochée la longueur du texte qui, paraît-il, s’allonge d’année en année. Est-ce parce que les recommandations précédentes n’ont pas été appliquées pleinement? Oui! Faisons en sorte que chacun les respecte. Je crois aussi que c’est dû à la complexité de la question et à ses évolutions dynamiques. J’insiste: à nous de suivre leur rythme, de ne pas rester prisonniers d’idées dépassées, pour pouvoir ensuite les orienter.

Enfin, je crois que l’égalité entre les femmes et les hommes reste une affaire de tous. Je crois surtout à la volonté libre de chacun d’entre nous d’en prendre conscience et d’œuvrer à sa réalisation. L’année 2011 est l’année européenne du volontariat, faisons en sorte qu’avancer réellement en matière d’égalité hommes-femmes soit notre plus grande initiative commune de l’année.

 
  
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  Rovana Plumb, rapporteure.(EN) Madame la Présidente, je voudrais remercier Mme Reding et M. Andor pour leurs engagements forts sur ces questions importantes. Je voudrais aussi remercier tous mes collègues pour leurs messages forts lors de cet important débat aujourd’hui.

Tout d’abord, je voudrais dire que l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas qu’une question de justice sociale; c’est aussi une question de progrès et nous devons bâtir ensemble une société juste pour chacun d’entre nous. Ensuite, je voudrais dire que je soutiens fortement les quotas. Oui, nous avons besoin de femmes à des postes haut placés mais n’oublions pas la pauvreté. Nous devons combattre et nous devons prévenir et réduire la pauvreté et nous avons besoin de mesures concrètes. Prévenir et réduire la pauvreté constitue un élément important de la solidarité sociale et je crois fermement en la solidarité féminine. Nous avons besoin d’aide pour tous les citoyens, nous avons besoin d’aide de la part de toute la société et je voudrais remercier les ONG, les partenaires sociaux et tous les hommes et les femmes de la société qui luttent année après année, jour après jour, pour obtenir l’égalité des genres.

Nous devons faire de cette égalité des genres une réalité. Nous pouvons accélérer aujourd’hui; ensemble, faisons en sorte que les choses bougent. Et une fois encore, je souhaite à toutes les femmes des jours heureux.

 
  
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  La Présidente. – La discussion commune est close.

Le vote sur les deux rapports aura lieu aujourd’hui, le 8 mars, à 12 heures.

Celui-ci sera suivi de célébrations en l’honneur du 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme. Toutes les femmes de l’Assemblée, du Parlement, de la Commission et du Conseil sont cordialement invitées à se rendre à une séance photo commune après la cérémonie. J’espère que cette annonce sera entendue par toutes les dames et tous les messieurs dans leurs bureaux et qu’ils assisteront directement à la plénière.

Déclarations écrites (article 149)

 
  
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  Luís Paulo Alves (S&D), par écrit.(PT) À la suite de la célébration du 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, il ne serait pas exagérer de souligner le rôle enrichissant que les femmes jouent dans le développement de la famille, de la société et de l’économie, même s’il est souvent sous-estimé et sous-payé, ce qui accroît considérablement le risque de pauvreté.

L’un des principaux problèmes réside dans l’accès limité au travail, dans les conditions de travail, ou même dans l’accès à des postes qui correspondent à leurs qualifications. En outre, la crise économique que traversent actuellement les États membres de l’UE a aggravé la situation des femmes en matière d’emploi en raison des emplois instables qu’elles occupent souvent. La promotion de l’égalité implique aussi de lutter contre la violence à l’égard des femmes, qu’elle soit physique, psychologique ou sexuelle, qui doit être combattue et condamnée. En conséquence, des programmes spécifiques doivent être adoptés afin de favoriser l’inclusion active ou la réintégration des femmes sur le marché du travail, tout en créant des possibilités adaptées en matière de formation permanente afin de les doter de compétences et de qualifications, ainsi que de renforcer leur confiance et de développer les compétences nécessaires à la lumière de la stratégie Europe 2020.

 
  
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  Elena Oana Antonescu (PPE), par écrit.(RO) Alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme, je soutiens les principes énoncés dans le rapport 2010 sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Je crois cependant qu’au cours la période à venir, nous devons passer des beaux principes à des mesures concrètes en vue de réduire les actuelles inégalités entre les hommes et les femmes. La Roumanie, le pays dont je suis originaire, se trouve au milieu du classement du Global Gender Gap Index 2010, à la 64e place pour être précise, pour ce qui est de la discrimination entre les femmes et les hommes. En général, les Roumaines ont un meilleur niveau d’éducation que les Roumains, et l’on constate une augmentation constante de la proportion de femmes dans le nombre total de diplômés. Actuellement, 60 % des diplômés sont des femmes et 40 % seulement sont des hommes. Cependant, les revenus des femmes restent inférieurs à ceux des hommes. Les risques liés au genre qui affectent les chances des femmes sur le marché du travail sont encore très puissants, allant du risque plus élevé de pauvreté au blocage de l’accès à des postes clés. Dans l’espoir que le marché du travail traitera les femmes de manière plus juste, je voudrais que nous contribuions nous aussi à changer cette situation. Ce rapport constitue un pas important dans cette direction.

 
  
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  Zuzana Brzobohatá (S&D), par écrit. (CS) La question de l’égalité des genres mérite une attention appropriée, en particulier à l’heure du 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme. Je considère personnellement que beaucoup des aspects abordés dans le rapport qui a été présenté sont exceptionnellement importants. Un des aspects que je voudrais souligner est celui de l’écart des pensions entre les hommes et les femmes. Cet écart est dû au fait que les femmes qui travaillent interrompent leurs carrières plus souvent que les hommes, pour s’occuper des enfants et des membres de la famille qui sont malades ou âgés, et, à cause de leurs engagements familiaux, sont plus disposées à accepter un emploi à temps partiel ou des contrats de travail non permanents. C’est ce facteur qui est à l’origine de l’écart des pensions. Je considère comme tout aussi importante l’invitation à accorder une attention particulière aux groupes de femmes vulnérables, comme les femmes handicapées ou âgées, les immigrantes, les lesbiennes, les bisexuelles et les transsexuelles, ou les membres de minorités et les femmes qui ont peu ou pas de qualifications, qui s’occupent de personnes dépendantes. Enfin, mais ce n’est pas le moins important, j’estime qu’il est important de garantir l’accès aux services d’aide qui visent à prévenir la violence fondée sur le genre et à protéger les femmes contre une telle violence, quel que soit leur statut légal, leur race, leur âge, leur orientation sexuelle, leur origine ethnique ou leur religion, ce que le rapport demande aussi à la Commission et aux États membre de faire.

 
  
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  Maria Da Graça Carvalho (PPE), par écrit.(PT) L’égalité des genres constitue un principe fondamental de notre époque, mais l’inégalité entre les hommes et les femmes persiste néanmoins. Le pourcentage de femmes parmi les scientifiques et les ingénieurs a considérablement augmenté. Dans l’UE, les femmes représentent 59 % des diplômés et 41 % des titulaires de doctorat. Il y a cependant des chiffres paradoxaux qui méritent d’être pris en considération.

Les femmes sont sous-représentées dans les postes à responsabilité dans le domaine scientifique. Seuls 19 % des professeurs d’université sont des femmes dans l’UE. Ces chiffres nous portent à croire qu’il y a des problèmes quant à l’accès des femmes aux hautes sphères universitaires. Il est essentiel de trouver des solutions qui permettent de concilier une carrière scientifique réussie et une vie de famille stable. Je fais, par exemple, référence à l’utilisation des nouvelles technologies qui permettront aux femmes scientifiques d’effectuer leur travail depuis leur domicile. Ainsi seulement parviendrons-nous à remédier au déséquilibre entre les hommes et les femmes dans les sciences et dans la recherche, qui continue à être un obstacle à l’objectif européen d’accroître la compétitivité et de développer au maximum le potentiel d’innovation.

 
  
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  Monika Flašíková Beňová (S&D), par écrit. (SK) La crise économique et financière actuelle a un effet très négatif sur les conditions de vie des hommes et des femmes de l’UE. Elle menace sérieusement la partie féminine de la population, en particulier dans le domaine de l’égalité des genres, des conditions de travail et de l’accès à l’emploi. Dans le domaine des conditions de travail ou des niveaux de revenus, les femmes ont été sérieusement touchées, et à moins que des mesures adéquates soient prises immédiatement, la situation risque d’encore se détériorer.

Il est aussi important de tenir compte de la position des femmes dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Au niveau mondial, en comparaison avec la population masculine, jusqu’à 17 % de femmes de plus vivent dans la pauvreté, selon les statistiques. La contribution des femmes au développement de la famille et de la société est aussi sous-estimée. Les inégalités entre les hommes et les femmes, en particulier en matière d’accès à l’éducation ou de partage des responsabilités familiales, sont des facteurs qui exacerbent la pauvreté féminine. De graves conséquences découlent aussi de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, ou de ce que l’on appelle le plafond de verre, qui empêche les femmes d’obtenir des postes de direction ou à responsabilité.

La promotion de l’égalité des genres représente un moyen de lutter contre la violence à l’égard des femmes. Il est absolument impératif de lutter contre les différentes formes de violence, quel que soit le degré de gravité de la violence physique, mentale ou sexuelle. À l’égard de ce facteur également, il est souhaitable que les gouvernements des États membres de l’UE et les institutions européennes soutiennent des mécanismes visant à parvenir à l’égalité des genres dans les divers aspects de la vie sociale, économique et politique.

 
  
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  Ville Itälä (PPE), par écrit.(FI) Il est, bien sûr, indiqué que nous discutions de l’égalité des genres en cette Journée internationale de la femme, mais cela ne suffit pas. L’importance de la question doit aussi être soulignée tous les autres jours dans les décisions que nous prenons. Un élément essentiel de l’égalité, par ailleurs, est le droit inviolable de chacun à disposer de son propre corps. Cela englobe la contraception, l’avortement et une santé sexuelle de qualité. Toutes ces questions ont été et continueront évidemment pendant longtemps à être visibles dans le vote du Parlement. Malheureusement, bien trop souvent, les querelles reflètent encore des attitudes favorables à l’assujettissement de la femme.

 
  
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  Filip Kaczmarek (PPE), par écrit.(PL) L’égalité constitue une des valeurs fondamentales de l’Europe, et c’est indéniablement une valeur positive. Le seul problème, c’est que l’égalité est interprétée de très nombreuses manières différentes, dont certaines sont des interprétations extrêmes qui ne tiennent pas compte des différences réelles qui existent entre les gens. Les différentes interprétations possibles ont entraîné l’émergence d’idéologies associées à l’égalité et directement liées à ce terme. Il y a eu des exemples dans le passé où des crimes ont été perpétrés, y compris des génocides même, au nom de l’égalité comprise dans un sens spécifique et doctrinal. Il y a moins de risque de dogmatisme quand il s’agit d’égalité entre les femmes et les hommes, mais des positions trop radicales sont encore adoptées. L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être limitée à des déclarations politiques et à des réglementations juridiques. L’application de normes basées sur le principe d’égalité est très importante, et des changements de mentalité sont nécessaires pour que cela soit possible. Nous devons encourager et soutenir les mesures d’éducation et d’information et promouvoir les bonnes pratiques. Nous devons veiller à ce que la conscience de l’égalité soit la règle, plutôt que l’exception à la règle. La véritable égalité doit se trouver à l’intérieur des gens, dans leurs attitudes et dans leur comportement quotidien, spontané. L’égalité n’est pas non plus une valeur isolée. Nous ne devrions accepter aucune affirmation d’égalité formulée de manière telle qu’elle exclut d’autres valeurs essentielles telles que la liberté, la dignité et la justice.

 
  
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  Jan Kozłowski (PPE), par écrit. (PL) Je voudrais commencer par féliciter les rapporteures pour leurs rapports qui soulèvent l’importante question de l’égalité des droits. Comme un des rapports le révèle, plus de 20 millions d’Européens, pour la plupart des femmes, ont un accès limité au marché du travail parce qu’ils s’occupent d’adultes dépendants. Nous savons aussi à quel point les difficultés auxquelles sont confrontés les parents qui veulent combiner éducation des enfants et carrière professionnelle sont grandes. Je crois qu’il est de la plus haute importance de prendre des mesures concrètes en vue de concilier vie professionnelle et vie familiale pour le développement à la fois économique et social en Europe. Nous devons prendre des mesures en vue de promouvoir la création de systèmes de soutien locaux pour les familles qui s’occupent d’enfants et d’adultes dépendants, et réviser la législation et utiliser davantage les nouvelles technologies afin d’éliminer les obstacles aux formes d’emploi flexibles. Je crois que l’Union européenne doit faire tout son possible pour garantir que l’immense potentiel de ces citoyennes compétentes et bien éduquées soit totalement libéré.

 
  
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  Petru Constantin Luhan (PPE), par écrit.(RO) Je voudrais saluer la foule de questions soulevées par ce rapport, qui nous a permis, quelle que soit la commission à laquelle nous appartenons, de trouver une série de corrélations qui doivent se concrétiser afin d’apporter une plus grande contribution à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020. Comme vous l’avez vu, des appels sont lancés afin que des mesures soient prises au niveau national et européen pour promouvoir l’esprit d’entreprise auprès des femmes en créant des formations, des structures de conseil professionnel et juridique et en facilitant l’accès aux financements publics et privés. Je salue, en particulier, la nécessité de développer l’esprit d’entreprise au niveau local et régional comme principale source de création d’emplois et de développement économique. Le potentiel qu’offrent les femmes en matière de gestion d’entreprise est très peu utilisé. C’est pourquoi je pense que tant le Fonds social européen que le Fonds européen de développement régional doivent soutenir des actions qui permettront à l’esprit d’entreprise de se développer chez les femmes. Il y a certainement des différences culturelles, matérielles ou économiques qui nous empêchent de le faire. Cependant, ce sont des facteurs que nous devons garder à l’esprit et pour lesquels nous devons produire le cadre nécessaire pour les surmonter.

 
  
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  Jiří Maštálka (GUE/NGL), par écrit. (CS) Cent ans après les premières manifestations publiques de femmes dans la lutte pour leurs droits, celle-ci n’a toujours pas produit le résultat voulu. Au contraire, la crise actuelle fait reculer la roue de l’histoire de quelques mètres en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Les femmes du monde entier descendent à nouveau dans la rue, comme il y a 100 ans. Elles se tiennent en tête des manifestations en Grèce, en Espagne, en République tchèque et en Belgique, ainsi que dans les pays d’Afrique du Nord. Jusqu’il y a peu, l’UE se targuait d’avoir amélioré la situation des femmes sur le marché du travail et de leur avoir garanti éducation, conditions de vie décentes, accès aux soins de santé et une plus grande représentation dans les organes constitutionnels, mais la crise économique de plus en plus profonde semble avoir expédié cela en marge de l’intérêt de l’Union. Les mesures de lutte contre la crise sont principalement axées sur la population masculine. Les besoins des femmes sont perçus comme des problèmes de deuxième ordre. Les cent dernières années ont montré ce que les femmes avaient donné au monde et au progrès, et combien d’entre elles avaient donné leur vie dans la lutte pour la paix, et combien de nouvelles vies elles avaient mises au monde. Ce n’est pas rien. Cependant, le monde a encore une dette envers les femmes. Il ne s’agit pas de leur faire une faveur, mais de proclamer clairement leur statut égal dans la société. Après tout, ces femmes ne se battent pas pour elles-mêmes mais pour un monde meilleur et plus humain.

 
  
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  Véronique Mathieu (PPE), par écrit. – Madame la Présidente, je tiens en premier lieu à saluer l’engagement courageux et le travail considérable de ma collègue Mariya Nedelcheva, rapporteure sur ce dossier. Le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes est une lutte de tous les jours dans l’ensemble de nos États. Ma génération fait partie des premières à avoir vu accéder des femmes à des postes à haute responsabilité, notamment des mandats électifs. Je me réjouis donc de voir que les femmes d’aujourd’hui sont présentes dans un grand nombre de domaines qui leur étaient fermés il y a peu de temps encore. Toutefois, les inégalités perdurent, et de grands combats restent à mener, au premier rang desquels un écart salarial persistant et la place des femmes dans la direction des grandes entreprises. Enfin, je souhaiterais insister sur l’importance de garantir à toute femme un accès à des soins de santé génésique de qualité. Depuis le début de ma carrière politique, je me bats pour que les femmes aient accès à l’IVG dans un encadrement médical sûr. Les moyens contraceptifs doivent par ailleurs leur être accessibles aisément. C’est pour cela que je défends leur gratuité, notamment en ce qui concerne ceux à destination des mineurs.

 
  
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  Franz Obermayr (NI), par écrit. – (DE) Tenter de vendre les quotas de femmes comme un jalon est simplement du populisme. Ce dont les femmes ont vraiment besoin, c’est d’une véritable liberté de choix dans la vie: elles doivent avoir la certitude qu’aucune de leurs décisions ne recevra une valeur moindre. Une étape importante dans cette direction serait d’introduire le partage fiscal familial dans tous les États membres afin que la création d’une famille ne devienne pas un piège de pauvreté. Le soutien aux quotas de femmes au sein des conseils de surveillance ne vient que de femmes qui gagnent déjà très bien leur vie, quand elles la gagnent. Depuis que la Norvège a introduit des quotas de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse, ces postes sont simplement cumulés par un petit nombre de femmes, qui occupent plusieurs sièges au sein de différents conseils d’administration. Ces femmes sont souvent qualifiées avec mépris de «jupes dorées» dans le monde des affaires, ce qui n’est pas exactement propice à l’atmosphère de travail. Nous devons commencer dans les domaines où les femmes sont vraiment désavantagées: nous devons examiner la position des proches soignants non payés, l’emploi à temps partiel et la situation critique des nombreuses femmes qui travaillent dur pour répondre aux exigences familiales et professionnelles.

 
  
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  Olga Sehnalová (S&D), par écrit. (CS) La solidarité sociale et le modèle social européen sont des valeurs qui distinguent l’Europe des sociétés d’autres régions du monde. On ne sait pas dans quelle mesure ces valeurs sont durables dans le contexte de l’appel à la compétitivité mondiale sur la base des coûts réduits de la main-d’œuvre, de l’assouplissement du droit du travail, de la réduction de la protection sociale pour les travailleurs et de l’affaiblissement du rôle de l’État. Nous ne renforcerons probablement pas fondamentalement la compétitivité mondiale de cette manière, et il est beaucoup plus probable que nous allons compromettre de manière irréversible la cohésion sociale et favoriser les divisions au sein de la société. Ne vous trompez pas. Les femmes sont fondamentalement en danger à cause de ces mesures. Les différences salariales ont un effet important, tout comme les réductions budgétaires dans le secteur public. Dans cette perspective, les réformes des pensions et de la santé au niveau national doivent être équitables pour les deux sexes. Ce n’est pas un hasard si le problème de la pauvreté touche plus souvent les femmes âgées en Europe. La lutte contre l’inégalité n’est pas une réalité virtuelle. Elle concerne des personnes réelles.

 
  
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  Jutta Steinruck (S&D), par écrit.(DE) Alors que nous discutons aujourd’hui du rapport de Mme Nedelcheva, en ce 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme, il est grand temps pour nous d’enfin transformer nos paroles en actes. Le désavantage dont souffrent les femmes en Europe ne peut être combattu efficacement que si nous introduisons des règles contraignantes à la place des engagements volontaires. Parmi celles-ci, des quotas de femmes obligatoires dans les conseils d’entreprise, ainsi qu’à d’autres niveaux, la lutte systématique contre les conditions d’emploi précaires, qui touchent les femmes beaucoup plus que les hommes, l’amélioration des perspectives de carrière pour les femmes au cours de leurs études en élargissant systématiquement l’éventail de carrières qui s’offrent à elles, une interdiction de défavoriser financièrement les femmes en matière de fiscalité et de revenus, des plans d’égalité obligatoires dans les entreprises et dans l’industrie afin de promouvoir les femmes, et des contrôles et des rapports réguliers sur les éventuels progrès réalisés en Europe.

Je conclurai en disant ceci: après 100 ans de Journée internationale de la femme, nous, les femmes, ne nous satisferons plus de simples vœux pieux. Nous voulons des réglementations contraignantes et nous voulons que l’on reconnaisse enfin que le travail des femmes contribue de manière décisive à notre prospérité.

 
  
  

(La séance est suspendue quelques instants)

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. JERZY BUZEK
Président

 
Dernière mise à jour: 19 juillet 2011Avis juridique