Index 
 Précédent 
 Suivant 
 Texte intégral 
Procédure : 2011/2599(RSP)
Cycle de vie en séance
Cycles relatifs aux documents :

Textes déposés :

B7-0231/2011

Débats :

PV 06/04/2011 - 14
CRE 06/04/2011 - 14

Votes :

PV 07/04/2011 - 6.4
CRE 07/04/2011 - 6.4

Textes adoptés :

P7_TA(2011)0149

Débats
Mercredi 6 avril 2011 - Strasbourg Edition JO

14. Quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés
Vidéo des interventions
PV
MPphoto
 

  Le Président. – L’ordre du jour appelle le débat sur les déclarations du Conseil et de la Commission concernant la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés.

 
  
MPphoto
 

  Zsolt Németh, président en exercice du Conseil.(EN) Monsieur le Président, l’Union européenne s’est pleinement investie dans l’aboutissement de la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés qui se tiendra à Istanbul du 9 au 13 mai 2011. L’UE estime que cette conférence offre une occasion exceptionnelle de promouvoir l’assistance aux pays les moins avancés (PMA).

Le Conseil a adopté tout récemment des conclusions qui serviront de lignes directrices aux négociateurs de l’UE au cours des travaux préparatoires et pendant la conférence. Il est nécessaire d’accorder la priorité aux PMA dans le cadre de l’effort communautaire pour réaliser les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). C’est pourquoi nous conservons notre soutien indéfectible au développement durable et profitant à tous des PMA qui représentent le segment le plus pauvre et le plus faible de la communauté internationale. Ces pays se caractérisent en outre par leur grande vulnérabilité aux chocs économiques externes, aux catastrophes naturelles et artificielles, et aux maladies transmissibles.

Nous aspirons à un aboutissement polarisé sur des matières et des mesures susceptibles d’apporter une valeur ajoutée aux besoins spécifiques des PMA, qui s’inspire des leçons du plan d’action de Bruxelles de 2001, qui reste compatible avec les OMD et qui définisse des objectifs et des cibles bien précis pour les PMA. Dans un monde en évolution permanente, il est essentiel que nous nous engagions à long terme envers les PMA, par un nouveau partenariat qui englobe des mesures appropriées.

L’Union européenne estime en particulier que la conférence d’Istanbul devrait se fixer trois objectifs: premièrement, combattre la vulnérabilité et la fragilité des PMA et accroître leur résilience; deuxièmement, créer une conjoncture favorable au développement durable des PMA; troisièmement, promouvoir dans ces pays la croissance économique durable et profitant à tous. Ces objectifs seront le fil conducteur des discussions de l’Union européenne avec les PMA tout au long des travaux préparatoires et pendant la tenue de la conférence.

L’Union européenne a toujours guidé les efforts de la communauté internationale pour soutenir les PMA et elle représente leur principal donateur. L’UE constitue le partenaire de développement qui a le mieux réussi à respecter ses engagements, principalement en ce qui concerne l’accès au marché, les règles d’origine et l’allègement de la dette. L’UE a réalisé des progrès considérables en matière d’aide publique au développement (APD) et en ce qui concerne la cohérence des politiques au service du développement.

Au cours des dix dernières années, plusieurs PMA ont enregistré une croissance économique satisfaisante et leur développement a progressé mais nous devons toutefois reconnaître que, dans l’ensemble, les progrès sont inégaux. Il reste fort à faire, principalement en Afrique sub-saharienne et dans les pays en guerre ou ceux dont la situation est instable. C’est pourquoi, dans le cadre de l’engagement communautaire en matière d’APD, l’UE a récemment renouvelé sa promesse de consacrer collectivement de 0,15 à 0,20 % de son PNB aux PMA.

Ces derniers sont les principaux responsables de leur propre développement et l’aide de la communauté des pays donateurs devrait s’appuyer sur les initiatives et l’entière participation des pays bénéficiaires. En outre, l’UE souligne l’interdépendance entre la progression générale des PMA et la consolidation de la bonne gouvernance, de la démocratie, des droits de l’homme et de l’égalité des sexes.

Enfin, dans le même temps, nous avons la profonde conviction que tous les pays partagent la responsabilité d’aider les pays en voie de développement à sortir de la pauvreté et à réaliser les progrès nécessaires à la concrétisation des OMD. L’évolution positive des PMA va de pair avec la qualité et la cohérence des politiques au service du développement de leurs partenaires. Aussi ne faut-il ménager aucun effort pour augmenter l’efficacité et la rentabilité des systèmes d’aide et pour respecter les engagements contractés. À diverses reprises, l’UE a exhorté les autres donateurs à assumer ces responsabilités. Les économies émergentes devraient elles aussi contribuer à aider les PMA.

 
  
MPphoto
 

  Štefan Füle, membre de la Commission.(EN) Monsieur le Président, la Commission s’est impliquée dans l’aboutissement de la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés qui se tiendra à Istanbul et sera l’occasion de donner une nouvelle impulsion politique à la croissance profitant à tous, au développement durable et à la réduction de la pauvreté dans les pays les moins avancés. Notre conviction et notre engagement se reflètent dans les conclusions du Conseil adoptées la semaine dernière, le 31 mars, sur les lignes directrices pour la participation de l’Union européenne à la quatrième Conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés. En outre, je constate avec plaisir que le Parlement sera bien représenté par l’importante délégation qui participera à cette conférence

Un grand nombre de pays les moins avancés ont réalisé des progrès considérables en matière de développement, mais cette évolution est inéquitable et il reste fort à faire. Trop peu de ces pays parviennent à quitter ce statut et la plupart d’entre eux sont loin d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Tous, donateurs et pays les moins avancés, nous devons tirer des leçons importantes de la réussite de certains pays de ce groupe et de l’application du plan d’action de Bruxelles.

Le succès de la conférence dépend essentiellement du partenariat mondial et de la responsabilité mutuelle. Le développement représente un défi conjoint. Les pays en voie de développement sont les principaux responsables de leur propre développement par l’élaboration et la mise en œuvre des politiques idoines et l’instauration de la bonne gouvernance.

L’UE a toujours été le partenaire de développement des pays les moins développés qui a le mieux réussi à respecter ses engagements, principalement en ce qui concerne l’accès au marché, les règles d’origine et l’allègement de la dette. L’UE est le principal donateur des pays les moins avancés et, au cours des dix dernières années, elle a considérablement intensifié son aide publique au développement en faveur de ces pays en triplant cette dernière.

À Istanbul, l’Union européenne entend exhorter les autres donateurs et ses partenaires de développement à s’aligner sur ses engagements et ses ambitions. Les pays développés se doivent d’aider les pays en voie de développement à sortir de la pauvreté. Dans le cadre du partenariat mondial, les économies émergentes doivent aussi jouer leur rôle.

Le développement durable et la croissance à long terme équitable et profitant à tous sont essentiels pour chacun de ces pays. À cet égard, le rôle du secteur privé n’est pas à négliger et peut avoir des répercussions considérables sur la vie des citoyens grâce à la richesse et aux emplois qu’il génère.

Le commerce, moteur de croissance et générateur d’emplois, offre des potentialités énormes. L’Union européenne tient toutefois à souligner l’interdépendance entre le progrès des pays les moins avancés et l’évolution des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et de la sécurité dans ces mêmes pays.

Le progrès des pays les moins avancés est inextricablement lié à l’équité et à la cohérence des politiques au service du développement des partenaires. C’est pourquoi il ne faut ménager aucun effort pour augmenter l’efficacité et la rentabilité des instruments d’aide et la cohérence de ces politiques.

La Présidence a déjà défini trois priorités; permettez-moi dès lors d’ajouter simplement que la conférence devrait se pencher aussi sur le problème de l’échelonnement. L’Union européenne entend préconiser un mécanisme plus systématique d’octroi de concessions temporaires et demander un classement des pays. La Commission est persuadée que cette nouvelle impulsion permettra une augmentation considérable du nombre de pays qui parviendront à quitter la catégorie des pays les moins avancés au cours des dix prochaines années.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. STAVROS LAMBRINIDIS
Vice-président

 
  
MPphoto
 

  Eleni Theocharous, au nom du groupe PPE.(EL) Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Monsieur le Commissaire, comme vous l’avez opportunément souligné, Monsieur Németh, les conclusions du Conseil et les engagements de l’Union européenne doivent s’accompagner de mesures effectives destinées à soutenir l’effort communautaire. Il va de soi qu’à Istanbul, la délégation du Parlement européen à la conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés sera forte d’une résolution exprimant des positions satisfaisantes. Le statut de cette délégation pose toutefois un problème, parce qu’en tant qu’observateurs, ses membres ne pourront pas se prononcer directement et, d’après moi, une intervention ferme de la Commission et du Président Barroso pourrait remédier à cette situation. Il est impossible d’assurer la croissance et la sécurité au sein de l’Union européenne et de contrôler les flux migratoires alors qu’un milliard de citoyens environ vivent dans la misère et la pauvreté.

Il semble qu’il faille réorienter les efforts de développement des pays les moins avancés parce que, bien que ces derniers soient aussi condamnables, les instruments utilisés pour briser le cycle vicieux de la pauvreté s’avèrent inefficaces.

Je voudrais souligner que les richesses des pays en voie développement sont exploitées par des étrangers et que le déficit démographique, la corruption et l’insécurité sont les principales caractéristiques de ces pays. Aussi ces derniers manquent-ils des infrastructures de base dans le domaine de l’éducation, de la santé, des transports, des communications, de la production primaire et agricole, dans le secteur bancaire et dans l’administration publique. Je pense qu’il faudrait adopter à Istanbul des instruments qui permettent une meilleure approche du problème de la pauvreté.

 
  
MPphoto
 

  Thijs Berman, au nom du groupe S&D.(NL) Monsieur le Président, une croissance économique de 7 %, une augmentation considérable du nombre d’enfants scolarisés dans l’enseignement primaire, davantage de pays dont les citoyens appellent à la démocratie: voilà des progrès considérables réalisés dans les pays les moins avancés d’Afrique au cours des dix dernières années. Ces derniers ont œuvré pour une meilleure gouvernance et ils ont mobilisé leurs propres ressources financières. Les pays riches ont apporté leur contribution particulière par un allègement de la dette et la fourniture de vaccins. Toutefois, tous les objectifs ne sont pas encore atteints parce que la croissance économique rapide des pays les moins riches ne va pas de pair avec une réduction proportionnelle de la pauvreté.

Depuis plusieurs décennies, la liste des pays les plus pauvres est restée pratiquement inchangée. Le nombre des personnes dont le revenu quotidien est inférieur à un dollar a diminué, mais le nombre de celles qui vivent avec moins de deux dollars par jour n’évolue pas. Les pays riches ont maintenu au pouvoir des régimes corrompus plutôt que d’envisager un partage équitable des ressources. C’est pourquoi il est absurde et cynique de prétendre que le développement ne fonctionne pas. Nous ne lui en avons même pas donné l’occasion.

La conférence des Nations unies à Istanbul devra tirer les conclusions en conséquence. Il convient de se pencher de plus près sur une redistribution équitable des richesses au sein même des pays les plus pauvres. Cette attitude assurerait la stabilité et une répartition raisonnable. Elle mettrait fin aux tensions et favoriserait la paix. En outre, la justice sociale contribuerait bien plus au développement économique que l’iniquité inhérente aux dictatures gérées par une oligarchie. Les pays démocratiques parviennent plus rapidement à une redistribution équitable que les régimes dictatoriaux. La bonne gouvernance nous aiderait à réaliser plus facilement les objectifs du millénaire du développement.

Nous devons en outre nous intéresser davantage à la santé publique. Tomber malade provoque un désastre financier pour une famille d’un pays pauvre. La maladie est un luxe que personne ne peut se permettre. Aussi devons-nous essayer de contribuer au financement des soins de santé grâce à l’assurance maladie de sorte que non seulement les vaccins soient disponibles, mais qu’il existe aussi de bons hôpitaux et des cliniques dignes de ce nom.

 
  
MPphoto
 

  Charles Goerens, au nom du groupe ALDE. – Monsieur le Président, de 1980 à 2011, le produit intérieur brut mondial a augmenté de 19 000 milliards de dollars. Cet accroissement devrait dégager suffisamment de moyens pour éradiquer l’extrême pauvreté. Voilà pour ce qui est de l’arithmétique.

En ce qui concerne la politique, l’amélioration du sort des plus pauvres n’est pas aussi évidente. Il faut donc faire les choix qui s’imposent. Premièrement, il faut cibler les pays les plus pauvres dans nos programmes de coopération.

Deuxièmement, et c’est le corollaire du premier point, il faut se retirer progressivement des pays émergents. La Chine, premier créancier des États-Unis, a suffisamment de moyens à sa disposition pour faire face à la pauvreté régnant à l’intérieur de ses frontières.

Troisième point: il nous faut des partenariats forts avec les pays les moins avancés. C’est à eux de faire l’essentiel. Nous ne pouvons que les accompagner avec notre savoir-faire, avec notre expertise, avec notre volonté politique. Ce n’est rien que cela, mais c’est tout cela.

Et, dernier point: comme nous sommes le premier donateur, nous avons aussi vocation, en tant qu’Union européenne, à assurer un rôle de leadership à ladite conférence.

 
  
MPphoto
 

  Nirj Deva, au nom du groupe ECR.(EN) Monsieur le Président, je voudrais remercier Mme Theocharous d’avoir posé la question du statut du Parlement européen dans les conférences internationales: nous représentons l’une des trois institutions sœurs de l’UE et il nous faut une solution rapide à ce problème afin d’éviter tout malentendu. Nous sommes le principal donateur des pays les moins avancés dans le monde; nous avons triplé notre aide au cours des dernières années mais la pauvreté n’a pas diminué, elle a augmenté.

Il y a une dizaine d’années, Pascal Lamy et la commission du développement ont lancé l’initiative «Tout sauf les armes». Progressivement, le Parlement a transformé cette dernière en «Tout sauf les exploitations agricoles». À l’heure actuelle les pays les moins avancés dans le monde ne disposent pas de moyens industriels mais ils ont des capacités agricoles. Si nous tenons vraiment à éradiquer la pauvreté et à aider ces personnes, nous devons développer leur potentiel commercial. Ce n’est pas l’aide mais le commerce qui réduira la pauvreté. Mais pour ce faire et pour intensifier les relations commerciales, nous devons aider ces pays à exporter ce qu’ils sont en mesure d’exporter, c’est-à-dire les produits agricoles. Pourtant nous ne le faisons pas.

Nous avons mis en place des normes contraignantes, fondamentales pour la santé des consommateurs européens, certes, mais nous ne contribuons pas ce faisant à développer les capacités de ces pays les moins avancés. Ainsi, sur cinquante et un pays, seuls trois sont parvenus à sortir de ce statut. Nous devons poursuivre nos efforts dans ce sens, sous peine de nous couvrir de ridicule et de ridiculiser aussi ces pays.

 
  
MPphoto
 

  Gabriele Zimmer, au nom du groupe GUE/NGL.(DE) Monsieur le Président, je voudrais demander aux représentants du Conseil et de la Commission pourquoi ils pensent devoir, à ce sujet, commencer à tergiverser. Je ne pense pas que nous aidions qui que ce soit en dissimulant que, d’ici la conférence d’Istanbul, les États membres et l’Union européenne doivent se résoudre à respecter pleinement toutes leurs obligations et que nous ne pouvons pas tolérer que ces derniers esquivent de plus en plus leurs responsabilités.

Il est inacceptable que, dans les pays les moins avancés (PMA), autrement dit dans les pays les plus pauvres du monde, un milliard de personnes souffrent encore de malnutrition. Il est tout aussi intolérable que la majeure partie de notre aide au développement ne soit pas consacrée au soutien et au développement de l’agriculture. Le pourcentage alloué à ce secteur a diminué rapidement au cours des dernières années, alors que la famine frappe un milliard d’êtres humains. Je commence à me rendre compte petit à petit qu’il est cynique de prétendre que nous espérons voir les PMA mieux résister aux crises.

Je vous exhorte à prendre des mesures spécifiques pour remédier à ces problèmes, et à prendre des engagements concrets pour procurer aux PMA une aide véritable.

 
  
MPphoto
 

  Philip Claeys (NI).(NL) Monsieur le Président, le prochain sommet des Nations unies sur les pays les moins avancés constitue une bonne occasion de se demander si l’aide au développement est fondée, ou si, en réalité, elle est absurde. La référence au volume d’aide, selon l’expression habituelle – c’est-à-dire le raisonnement selon lequel le développement économique est directement proportionnel à l’aide octroyée – n’a plus aucun sens.

Je voudrais profiter de mon temps de parole pour citer l’économiste kenyan James Shikwati qui a fait la déclaration suivante au journal Der Spiegel online le 7 avril 2005. Je cite: «L’aide au développement sert à maintenir en place des bureaucraties démesurées, elle encourage la corruption et la complaisance, et enseigne aux Africains la mendicité plutôt que l’esprit d’indépendance», fin de citation.

En outre, l’aide au développement fragilise les marchés locaux et provoque l’amollissement de l’esprit d’entreprise, celui-là même dont nous avons grand besoin. Outre son incohérence apparente, l’aide au développement est l’une des causes des problèmes de l’Afrique. Si les occidentaux mettaient un terme à leurs paiements, le commun des Africains ne s’en rendrait même pas compte. Seuls les fonctionnaires gouvernementaux en pâtiraient. Forts de ce constat, plutôt que de continuer à donner de l’argent, nous devons réduire la corruption, encourager l’esprit d’entreprise et favoriser l’autosuffisance.

(L’orateur accepte une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
MPphoto
 

  Thijs Berman (S&D).(NL) Monsieur Claeys, diriez-vous, comme moi, que les investissements étrangers des pays riches d’Europe occidentale et des États-Unis ont contribué à maintenir des dictateurs au pouvoir et, dès lors, à compromettre l’aide au développement parce que cette dernière va indûment grossir les poches de certains, et parce que nous n’avons jamais essayé de mettre un terme à ces pratiques afin de préserver une prétendue stabilité qui, à vrai dire, n’existe pas, comme nous l’avons récemment constaté en Afrique du Nord et au Proche-Orient? La défense de la démocratie consiste à protéger les démocrates des pays en voie de développement et à renverser les dictateurs tout en poursuivant l’aide au développement.

 
  
MPphoto
 

  Philip Claeys (NI).(NL) Monsieur Berman, oui, je partage partiellement votre avis. En effet, nous sommes coupables d’avoir contribué à maintenir plusieurs dictateurs au pouvoir. Je pense, par exemple, à la politique européenne envers Cuba où, nous l’avons constaté, Fidel Castro était considéré comme un partenaire commercial potentiel. Ce genre de pratiques devrait désormais appartenir au passé et nous devrions nous borner à négocier avec des responsables élus démocratiquement et capables d’instaurer la démocratie dans leurs pays respectifs.

 
  
MPphoto
 

  Filip Kaczmarek (PPE).(PL) Monsieur le Président, l’expression «pays les moins avancés» est née il y a quarante ans pour aider les pays industrialisés et d’autres donateurs à identifier les communautés prioritaires en matière d’aide à l’échelle mondiale. La définition des «pays les moins avancés» des Nations unies ne se fonde pas exclusivement sur le critère du revenu par habitant, mais elle prend aussi en considération le capital humain et les problèmes de développement économique. La distribution géographique de ces pays est très caractéristique parce que la grande majorité d’entre eux se situent en Afrique. Aussi l’Union européenne a-t-elle raison de se concentrer principalement sur ce continent.

Le problème majeur réside dans le fait que le nombre de pays considérés comme PMA augmente, alors que trois pays seulement sont parvenus à sortir de ce statut grâce à leur niveau de développement désormais suffisant. C’est pourquoi la conférence de l’ONU devrait se pencher de plus près sur la manière de mettre en œuvre une stratégie efficace, mesurable et facilement contrôlable qui permette aux pays de quitter ce statut de PMA. Je me félicite que le Conseil et la Commission européenne aient formulé des propositions dans ce sens. L’une d’entre elles consiste à promouvoir la croissance profitant à tous. Je sais que cette expression interpelle plusieurs collègues parce qu’ils doutent que la croissance profite réellement à tous. Par ailleurs, sans la croissance, il nous sera impossible de développer le potentiel économique des pays en voie de développement.

 
  
MPphoto
 

  Kriton Arsenis (S&D).(EL) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, il nous faut un objectif concret que la conférence d’Istanbul pourrait adopter et qui consisterait à réduire de moitié par rapport à aujourd’hui le nombre des pays les moins avancés. Cela semble évident mais, au cours des trente dernières années, trois pays seulement ont pu sortir de cette catégorie.

Pour réaliser cet objectif, nous devons honorer nos engagements et allouer de 0,15 à 0,20 % de notre produit intérieur brut (PIB) à l’aide pour le développement de ces pays. Il est tout aussi important de préserver la cohérence des politiques au service du développement. Nous ne pouvons pas, d’un côté, donner de l’argent à ces pays alors que, de l’autre, nous les volons systématiquement en vertu d’accords commerciaux iniques conclus entre l’UE et ces mêmes pays. Il nous appartient de solder notre dette monétaire, ce qui implique que nous investissions dans ces pays afin de les aider à combattre le changement climatique et à s’y adapter, et afin de rembourser l’arriéré résultant de notre politique agricole commune inéquitable. Pour ce faire, nous devons promouvoir la souveraineté alimentaire de ces pays par notre soutien aux politiques agricoles traditionnelles, par la promotion des ressources, des récoltes et des marchés locaux, et par la prévention des attaques spéculatives et la protection contre les saisies des terres arables et les monopoles céréaliers. Nous sommes tous menacés, et plus particulièrement ces pays en position de faiblesse.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
MPphoto
 

  Nirj Deva (ECR).(EN) Monsieur le Président, je me demande si mon vénérable collègue concèdera, comme moi, que nous volons les pays en voie de développement – il a, en effet, utilisé un terme très fort, le verbe «voler». Citons à titre d’exemple les deux millions d’euros que nous payons aux pêcheries d’une petite île située au large des côtes atlantiques en contrepartie de sept mille tonnes de thon que nous revendons en Europe pour deux cents trente-cinq millions d’euros. Nous transformons donc deux millions d’euros en deux cents trente-cinq millions d’euros. C’est à cela que sert notre politique de la pêche.

 
  
MPphoto
 

  Kriton Arsenis (S&D).(EL) Monsieur le Président, M. Deva a parfaitement raison. Les accords de pêche entre l’Union européenne et les pays tiers ont besoin, dans une large mesure, d’une révision exhaustive. Il faut des accords, mais l’Union européenne doit aussi veiller à garantir le plus possible la viabilité de ses accords de pêche avec les pays concernés. Par ailleurs, nous devons nous assurer que le prix payé en échange des produits de la pêche est suffisant et contrôler que cet argent est consacré à l’aide au développement afin d’aider ces pays à se fortifier et, avec le temps, à sortir de la catégorie des pays les moins avancés.

 
  
MPphoto
 

  Marek Henryk Migalski (ECR).(PL) Monsieur le Président, M. Németh a tort de se montrer optimiste et de penser que ces pays sortiront de leur statut de pays les moins avancés. Par contre, M. Deva, M. Kaczmarek et M. Arsenis ont tout à fait raison de souligner qu’au cours des dix dernières années, trois pays seulement – le Botswana, le Cap Vert et les Maldives – ont pu quitter ce groupe. Cela signifie en fait que la politique est la cause principale de la pauvreté, parce qu’il existe des pays très riches, comme la Suisse et le Japon, qui ne disposent d’aucune ressource naturelle, et qu’il y a d’autre part des pays pauvres malgré la richesse de leurs ressources naturelles. Ce constat démontre que la politique est responsable de la pauvreté et pas l’inverse. C’est pourquoi, parallèlement à l’aide consacrée aux PMA et aux relations commerciales avec ces derniers, le rôle de l’Union européenne devrait consister à fournir l’assistance politique nécessaire à la stabilité et à la démocratie dans ces pays. C’est notre devoir.

 
  
MPphoto
 

  Elena Băsescu (PPE).(RO) Monsieur le Président, la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés constitue une bonne occasion de nous pencher à nouveau sur la politique internationale de l’aide pour le commerce. Dans le contexte des changements économiques mondiaux consécutifs à la crise financière, ce groupe de pays est confronté à des difficultés financières. L’augmentation constante des prix des denrées alimentaires de base constitue un problème grave que nous ne pouvons pas ignorer.

L’objectif principal de l’aide pour le commerce est de relancer la compétitivité de quarante-huit États aux niveaux national et international. À cet égard, je voudrais souligner qu’il est essentiel d’éradiquer la pauvreté et d’utiliser à bon escient l’aide financière octroyée dans le cadre de la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Il est souhaitable, selon moi, d’impliquer les pays en voie de développement dans ce processus au regard de leur expérience dans le domaine de la réforme des règles commerciales.

 
  
MPphoto
 

  Mariya Nedelcheva (PPE). - Monsieur le Président, les progrès des pays les moins avancés sont le reflet de nos propres politiques de développement et de celles de la communauté internationale. L’augmentation du nombre de pays classés comme moins avancés donne une indication claire que le temps est venu de revoir nos politiques, nos instruments et nos moyens. Les plus pauvres sont facilement en proie aux guerres, aux crises et à la pauvreté généralisée, d’où l’importance de poursuivre les efforts pour la paix et la stabilité, la démocratie et les droits de l’homme.

Trois choses doivent encore être prises en compte. D’abord, il faudra revoir les facteurs internes tels la corruption, le manque de garde-fous démocratiques ou les lacunes en matière de droits de propriété, responsables du maintien de ces pays dans une situation de sous-développement.

Ensuite, au plan économique, il faut enrichir notre approche en apportant un soutien plus fort aux agriculteurs, aux PME et à la bonne utilisation des ressources de l’État afin de mettre sur pied de nouveaux instruments.

Enfin, nous devons rendre nos instruments d’aide mieux ciblés et veiller à leur cohérence avec les OMD. C’est en synchronisant les politiques de développement global avec les vrais besoins des pays et le rôle accru du secteur privé et de la société civile que nous allons mieux répondre aux défis de la prochaine décennie.

 
  
MPphoto
 

  Ricardo Cortés Lastra (S&D).(ES) Monsieur le Président, il y a dix ans, les pays donateurs ont adopté à Bruxelles le plan d’action pour les pays les moins avancés (PMA). Nous nous sommes fixés des objectifs afin d’éradiquer l’extrême pauvreté de ces pays.

Il est évident pour chacun d’entre nous que les PMA sont les principales victimes des répercussions de la crise mondiale, qu’elles soient économiques, financières ou environnementales ou qu’elles résultent de l’augmentation des prix des denrées alimentaires.

Et pourtant, dix ans plus tard, nous n’avons pas réalisé les objectifs fixés, et deux pays seulement sur les quarante-huit qui constituent le groupe des PMA, ont pu quitter ce statut.

Nous sommes à un tournant de l’histoire. Au cours de la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés à Istanbul, il sera procédé à une évaluation des travaux réalisés à ce jour et un nouveau plan d’action sera mis en place.

Nous devrions revoir notre engagement envers les PMA et démontrer qu’en dix ans, nous avons tiré les enseignements de la période précédente et que nous sommes en mesure de mettre en œuvre les moyens qualitatifs et effectifs grâce auxquels nous pourrons réaliser nos objectifs, non pas d’ici 2021, mais bien d’ici 2015, en nous conformant aux objectifs du millénaire pour le développement.

 
  
MPphoto
 

  Catherine Stihler (S&D).(EN) Monsieur le Président, les trois principaux sujets – la vulnérabilité des PMA, le développement durable et la promotion de la croissance économique – sont tous dignes d’intérêt. Je voudrais toutefois savoir si la sécurité alimentaire figurera aussi à l’ordre du jour.

Il a été fait mention de l’Afrique sub-saharienne; à l’heure actuelle, 80 % des exploitations agricoles sont gérées par des femmes. Si nous parvenons à contribuer au développement de méthodes agricoles perfectionnées en misant sur les personnes les plus vulnérables de la planète et en favorisant leur autosuffisance alimentaire, nous serons en mesure de promouvoir sérieusement la santé et le bien-être des plus démunis de ce monde.

Je souhaite beaucoup de succès à la délégation du Parlement qui se rendra à la conférence et j’attends avec impatience le compte rendu de tous les participants.

 
  
MPphoto
 

  Norica Nicolai (ALDE).(RO) Monsieur le Président, j’ai l’intime conviction que ce Parlement assume ses responsabilités en ce qui concerne les résultats engrangés par l’Union européenne dans le cadre de la stratégie globale de lutte contre la pauvreté et de promotion de la solidarité. Par ailleurs, je suis sincèrement persuadée que ce Parlement est responsable de l’utilisation de l’argent des contribuables européens. Je voudrais pouvoir cautionner l’idée que cette conférence donnera à tous, dont nous-mêmes, l’occasion d’évaluer le modèle de solidarité que nous avons mis en œuvre. Mon attitude se justifie par le fait que, si nous nous penchons sur les pays que nous qualifions de moins avancés, nous constaterons que les pays pauvres ne sortent pas de leur misère, alors que les pays riches préservent un certain niveau de vie.

Nous devons réévaluer le modèle sur lequel nous nous basons pour déterminer nos dons et notre aide parce que ce soutien risque d’être préjudiciable aux pays bénéficiaires.

 
  
MPphoto
 

  João Ferreira (GUE/NGL).(PT) Monsieur le Président, tout au long de ce débat, nous nous sommes penchés sur les pays les plus pauvres et les plus démunis dans le monde. Cela concerne environ une cinquantaine de pays dont les citoyens subissent les répercussions de notre incapacité constante à mettre en œuvre les recommandations successives des conférences des Nations unies. Ce n’est pas la fatalité, ce ne sont pas non plus des obstacles ni des contraintes naturels inéluctables qui appauvrissent ces pays; au contraire, plusieurs d’entre eux disposent de ressources naturelles inestimables.

Bien plutôt, ce sont l’injustice et le manque d’humanité d’un système qui constitue le principal modèle d’organisation économique et sociale dans le monde et qui s’appuie sur des relations asymétriques, qui créent et reproduisent les inégalités. Cela résulte du libre-échange, du dérèglement financier, de la fuite illégale mais tolérée des capitaux vers des paradis fiscaux, et de la guerre et des conflits alimentés par les litiges concernant les ressources naturelles. C’est dans la transformation radicale des bases de ce système, dans une politique de coopération et d’aide au développement authentique fondée sur la solidarité que résident les chances d’émancipation de ces peuples et les possibilités de développement de leurs pays.

 
  
MPphoto
 

  Štefan Füle, membre de la Commission.(EN) Monsieur le Président, ce débat prouve, je pense, que nous poursuivons tous les mêmes objectifs. Cela se reflète aussi dans la proposition de résolution commune déposée par les groupes politiques. Je voudrais souligner en particulier les principaux objectifs communs suivants: tout d’abord, nous voudrions que la conférence soit orientée vers les résultats et que l’Union européenne remplisse ses engagements.

Le but est de soutenir les pays les moins avancés et de les aider à quitter ce statut. Nous avons contracté des engagements en ce qui concerne l’accès au marché et l’allègement de la dette; nous nous sommes engagés en outre à consacrer aux pays les moins avancés une partie de l’aide publique au développement. Il va de soi que la cohérence des politiques au service du développement devrait s’appliquer à tous les domaines de la politique qui contribuent à la lutte des pays les moins avancés contre la pauvreté et que, comme l’a souligné Mme Stihler à juste titre, il convient d’accorder la priorité à la sécurité alimentaire, à l’agriculture et à l’infrastructure. En effet, comme l’a mentionné M. Deva, le commerce joue un rôle majeur.

Nous concédons tous que les pays les moins avancés sont les principaux responsables de leur propre développement et que, par conséquent, une fiscalité plus efficace et une bonne gestion des matières fiscales sont indispensables à la mise en valeur des richesses nationales de ces pays.

Enfin, même si, concrètement, les pays les moins avancés ne sont pas responsables du changement climatique, ils en seront les principales victimes et nous avons l’obligation de les aider à s’y adapter.

En conclusion, cette Assemblée a toujours indéfectiblement soutenu la cause des pays les moins avancés, et je suis persuadé qu’elle continuera sur cette voie.

 
  
MPphoto
 

  Zsolt Németh, président en exercice du Conseil(EN) Monsieur le Président, en ce qui concerne le montant global de l’APD, je voudrais souligner que, depuis 2002, lorsque le Conseil s’est engagé, lors de la conférence de Monterrey, il a réitéré la nécessité de mobiliser toutes les autres sources disponibles de financement du développement – les ressources domestiques primaires complétées par des instruments de financement innovants – ainsi que l’appui des pays développés, du secteur privé et des économies émergentes.

Dans ses dernières conclusions d’avril 2011, le Conseil souligne que l’UE étudie avec le plus grand sérieux les propositions de mécanismes de financement novateurs ayant un réel potentiel en termes de génération de recettes, en vue d’assurer un financement prévisible du développement durable, en particulier au profit des pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Je partage l’avis du commissaire Füle sur l’opportunité de maintenir nos engagements au sein de l’Union européenne; je le soutiens de même lorsqu’il souligne qu’il est important de développer les potentialités commerciales entre les PMA et l’Union européenne.

 
  
MPphoto
 

  Le Président. – J’ai reçu, conformément à l’article 110, paragraphe 2, du règlement, six propositions de résolution(1).

Le débat est clos.

Le vote aura lieu mardi 7 avril 2011 à 12 heures.

 
  

(1)Voir procès-verbal.

Dernière mise à jour: 8 septembre 2011Avis juridique