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Procédure : 2011/2680(RSP)
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B7-0295/2011

Débats :

PV 11/05/2011 - 17
CRE 11/05/2011 - 17

Votes :

PV 12/05/2011 - 12.9
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Textes adoptés :

P7_TA(2011)0238

Débats
Mercredi 11 mai 2011 - Strasbourg Edition JO

17. Résistance aux antibiotiques (débat)
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PV
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  La Présidente. – L’ordre du jour appelle le débat sur la question orale à la Commission sur la résistance aux antibiotiques de Paolo De Castro, au nom de la commission de l’agriculture et du développement rural (O-000048/2011 - B7-0304/2011).

 
  
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  Paolo De Castro, auteur.(IT) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, nous avons aujourd’hui une très bonne occasion de résoudre le problème croissant de la résistance aux antibiotiques chez les animaux de façon responsable et déterminée. Il s’agit d’une question stratégique pour le secteur de l’agriculture et, plus particulièrement, pour l’avenir du système d’élevage d’animaux en Europe.

D’après les données recueillies, en Europe, quelque 50 % des antibiotiques prescrits sont destinés aux animaux. S’ils sont utilisés correctement, les antibiotiques constituent un instrument utile pour aider les agriculteurs à préserver la santé et la productivité de leur élevage et pour assurer le bien-être des animaux. Par conséquent, nous ne sommes pas présents ici pour diaboliser l’usage d’antibiotiques dans l’élevage d’animaux, mais nous demandons à la Commission d’apporter une réponse concrète en faveur d’une utilisation plus efficace et plus efficiente des antibiotiques dans le but de réduire la résistance des animaux.

Dans notre résolution du 5 mai 2010 sur le plan d’action pour le bien-être des animaux de l’Union européenne, ce Parlement a souligné le lien entre le bien-être des animaux, la santé animale et la santé publique et invité instamment la Commission et les États membres à faire face, de manière responsable, au problème difficile de la résistance aux antibiotiques chez les animaux. Plus particulièrement, nous avons invité la Commission à recueillir et à analyser des données sur l’utilisation de tous les médicaments pour les animaux, y compris des antibiotiques, pour veiller à ce que ces produits soient utilisés efficacement. Un an plus tard, la commission de l’agriculture et du développement rural, que j’ai l’honneur de présider, est ici pour demander à la Commission de mettre en œuvre toutes les initiatives pertinentes pour résoudre ce problème de longue date qui peut également avoir des conséquences sur la santé humaine.

Ce dont nous avons besoin, Madame la Présidente et Monsieur le Commissaire, c’est d’un engagement tangible de la Commission en faveur de l’exploitation des données recueillies pour mettre ces résultats en pratique, non seulement en encourageant les activités de recherche et de surveillance, mais également en veillant à une utilisation plus efficace de ces antibiotiques en tant qu’instrument majeur pour lutter contre les maladies chez les animaux.

À ce sujet, je voudrais préciser que certaines études démontrent que l’alimentation animale à faible valeur énergétique pourrait causer une incidence plus élevée de maladies et, par conséquent, un plus grand recours aux antibiotiques. Il serait par conséquent souhaitable de revoir l’interdiction de l’utilisation de farines animales pour les non-ruminants conformément à l’avis du comité scientifique vétérinaire européen. Ces requêtes ont été formulées dans la résolution qui a été adoptée par la commission de l’agriculture et du développement rural le 12 avril de cette année et qui sera mise aux voix demain dans cette Assemblée.

Nous avons travaillé dur ces derniers mois et c’est pourquoi je souhaiterais remercier personnellement Mme Paulsen, les rapporteurs fictifs et tous les groupes parlementaires pour leurs contributions précieuses à l’établissement d’un texte commun sur cette question. L’avenir de la compétitivité du secteur européen de l’élevage d’animaux pourrait dépendre de la façon dont ce problème est géré et sa nature transversale demande engagement et responsabilité à l’aide d’une approche coordonnée et d’une volonté politique commune.

 
  
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  László Andor, membre de la Commission. (EN) Madame la Présidente, je voudrais tout d’abord souligner que la Commission est parfaitement consciente du risque que présente la résistance aux antimicrobiens pour la santé publique, et qu’elle s’en préoccupe tout autant.

En réponse à la première question, en 2009, la Commission a demandé à l’Agence européenne des médicaments (EMA) de montrer la voie en recueillant des données comparables sur l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux. Ce projet, l’organe européen de surveillance de la consommation d’antimicrobiens en médecine vétérinaire (ESVAC), a commencé au troisième trimestre de 2009. L’EMA a travaillé en collaboration avec des États membres, des agences de l’Union européenne et différentes parties concernées pour élaborer ce système. Les résultats ressortant des données disponibles de dix États membres seront publiés dès que possible. Douze autres États membres ont commencé à collecter ces données sur la base du volontariat. L’objectif est d’élargir le système pour couvrir tous les États membres de l’Union européenne. Ce projet vise également à disposer de données plus détaillées, par exemple des données sur certaines espèces animales.

Pourquoi avons-nous besoin de ces données? Nous en avons besoin pour adopter une approche scientifique: les scientifiques ne peuvent évaluer correctement les véritables risques de résistance aux antimicrobiens attribués à l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux qu’à partir de ce type de données.

Concernant la deuxième question, je peux assurer aux députés que la Commission sait parfaitement que le contrôle de la résistance aux antimicrobiens nécessite une approche pluridisciplinaire. Par conséquent, la Commission consulte régulièrement ses propres services, les agences concernées des États membres et d’autres parties, par exemple, dans le cadre de réunions et de consultations publiques. La Commission travaille sur la résistance aux antimicrobiens en étroite collaboration avec les agences concernées, en particulier avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments, avec l’EMA et avec le laboratoire européen de référence en matière de résistance aux antimicrobiens.

En réponse à la troisième et dernière question, je voudrais annoncer que la Commission élabore une stratégie quinquennale sur la résistance aux antimicrobiens. Cette stratégie s’appuiera sur une approche globale et inclura des propositions concrètes de suites à donner pour régler le problème de la résistance aux antimicrobiens en matière de santé animale et de santé publique. Elle s’appuiera également sur les conclusions et les recommandations du Conseil sur la résistance aux antimicrobiens et sur les résultats des consultations que j’ai mentionnées.

Des travaux sont en cours sur la révision des règles de l’Union européenne sur les médicaments vétérinaires et sur les aliments médicamenteux. On envisage d’utiliser de nouveaux outils et instruments pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, par exemple en tant qu’options dans l’évaluation de l’impact.

À partir des preuves recueillies, la Commission décidera des détails de sa proposition juridique. Notre objectif est de présenter cette stratégie de la Commission le 18 novembre 2011 lors de la Journée européenne de sensibilisation à l’usage des antibiotiques.

 
  
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  Elisabeth Jeggle, au nom du groupe PPE.(DE) Madame la Présidente, Monsieur Andor, je voudrais tout d’abord remercier le président de la commission de l’agriculture et du développement rural, Monsieur De Castro, pour cette initiative et pour cette question à la Commission sur ce sujet important. Monsieur Andor, après avoir écouté votre intervention, je souhaiterais vous demander tout d’abord de passer de la théorie à la pratique car nous devons prendre des mesures concrètes.

La résistance aux antibiotiques est un sujet que nous devons prendre au sérieux et qui, jusqu’à présent, a été relégué au second plan en matière d’élevage d’animaux. Les agents antimicrobiens sont indubitablement très utiles lorsqu’ils sont utilisés correctement. Ils aident les agriculteurs à préserver la santé et la productivité de leurs animaux et à garantir un niveau élevé de bien-être animal. Pour nous assurer que les antibiotiques gardent leur efficacité pour lutter contre les maladies chez l’animal et chez l’être humain, nous devons adopter une approche coordonnée à l’échelle de l’Union européenne.

Ces dernières semaines, nous avons mené des discussions approfondies sur ce sujet au sein de la commission de l’agriculture et du développement rural et nous l’avons traité de manière détaillée. La résolution commune a été adoptée à une grande majorité par la commission le 12 avril, à savoir 34 votes pour et 2 voix contre. L’excellente collaboration avec l’ensemble des rapporteurs fictifs des différents groupes a permis d’élaborer un texte très équilibré et réfléchi. Nous devons y adhérer et je voudrais vous inviter à le faire lors du vote en séance plénière demain. Ce rapport est équilibré car il est centré sur la question du bien-être animal, sur les problèmes de la résistance aux antibiotiques et sur la rentabilité des exploitations agricoles.

Par conséquent, je voudrais à nouveau remercier toutes les personnes concernées au sein de la commission de l’agriculture et du développement rural et Mme Paulsen pour leur coopération fructueuse. Je souhaiterais à présent voir la Commission passer à l’action.

 
  
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  Luis Manuel Capoulas Santos, au nom du groupe S&D.(PT) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, les conséquences de l’utilisation d’antibiotiques pour traiter les pathologies animales sont bien connues et de plus en plus préoccupantes. C’est un domaine qui est déjà soumis à des normes assez exigeantes et sur lequel le Parlement européen s’est déjà penché. De nombreuses initiatives positives sont également menées dans ce domaine, telles que la création d’un réseau de collecte de données sur la résistance aux antibiotiques. Néanmoins, ces initiatives restent insuffisantes.

Par conséquent, j’invite la Commission non seulement à améliorer les mécanismes de surveillance, mais également à adopter les mesures nécessaires pour élargir la collecte de données et à inclure une série de mesures incitatives encourageant les bonnes pratiques dans ce domaine dans le nouveau paquet législatif de la politique agricole commune.

Le texte de la résolution déposée par la commission de l’agriculture et du développement rural, dont les recommandations les plus importantes ont reçu un large soutien, comme ma collègue, Mme Jeggle, vient de le confirmer, mérite d’être examiné en détail par la Commission. Avant tout, ces recommandations doivent se traduire par des mesures concrètes pour mieux défendre la santé publique et l’image de la qualité des produits européens d’origine animale.

 
  
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  Marit Paulsen, au nom du groupe ALDE.(SV) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je pense que nous avons accompli un excellent travail au sein de la commission de l’agriculture et du développement rural. Il est rare qu’une assemblée de partis politiques d’orientations différentes parvienne à un tel consensus.

La résistance aux antibiotiques est en effet le plus grand risque pesant sur la santé animale et humaine auquel nous soyons confrontés. À une certaine époque, les maladies infectieuses étaient la principale cause de mortalité chez les enfants, les jeunes personnes et les jeunes animaux. Il ne faut pas oublier à cet égard que les animaux et les êtres humains sont des mammifères. Nous avons les mêmes défenses immunitaires et nous avons la même sensibilité au stress, ce qui signifie que si nous ne nous sentons pas bien, nos défenses immunitaires sont affaiblies et nous avons besoin d’antibiotiques en raison d’une plus grande vulnérabilité aux infections graves.

Nous avons abordé ce problème pour ce qui est de la médecine humaine. Nous avons pris des mesures et nous avons essayé de restreindre notre utilisation d’antibiotiques et de comprendre ce qui risquait de se passer. N’oubliez pas que si nous perdons l’arme que représente les antibiotiques, nous risquons de revenir à l’époque de nos arrière-grands-mères où les maladies infectieuses que nous considérons comme banales aujourd’hui, telles que les otites chez les jeunes enfants, deviendraient à nouveau mortelles. Ce n’est pas quelque chose de facile à assumer et nous devrions prendre cela au sérieux. Comme je l’ai dit, je me réjouis de ce débat.

Bien sûr, j’aurais souhaité que certains détails de cette résolution soient encore plus approfondis ou qu’ils soient différents, mais ce qui est important, ce ne sont pas les petits détails, mais la volonté commune de lancer ce processus. Je voudrais que la Commission prenne cela en considération, car je pense que nous obtiendrons quasiment l’unanimité demain. Je l’espère et j’espère que cela permettra d’envoyer un signal fort pour que chacun y accorde toute son attention. Je vous remercie.

 
  
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  Richard Ashworth, au nom du groupe ECR. (EN) Madame la Présidente, je voudrais remercier le président de la commission de l’agriculture et du développement rural d’avoir abordé ce sujet.

Je partage ses inquiétudes à propos de la résistance aux antibiotiques détectée lors d’infections bactériennes du bétail. Je suis d’accord avec lui lorsqu’il dit que nous devrions nous alarmer des signes de transmission chez l’être humain. En effet, l’efficacité de nombreux antibiotiques qui auparavant étaient fiables a considérablement diminué, ce qui met en danger la santé humaine. Par conséquent, je soutiens l’objectif de ce débat. Je pense également que la première étape majeure doit être de renforcer la collaboration avec les différentes agences et avec l’industrie pharmaceutique pour surveiller et évaluer ce problème.

Toutefois, je dois dire qu’il ne s’agit pas d’un problème provoqué exclusivement par l’agriculture intensive, contrairement à ce que pense l’opinion publique. Le recours hasardeux aux antibiotiques dans l’agriculture est ou a été répandu dans toutes les exploitations agricoles, peu importe leur taille. En effet, j’irais même plus loin en affirmant qu’aujourd’hui les gros producteurs sont en général verticalement intégrés et ont établi des conditions contractuelles avec le secteur de la transformation. L’utilisation prophylactique d’antibiotiques est, dans la plupart des cas, interdite ou soumise à des dispositifs de garantie de la qualité.

Néanmoins, il est clair qu’il faut mettre en place des contrôles et je suis impatient de pouvoir connaître les détails de la stratégie du Commissaire le moment venu. Je voudrais faire trois remarques. Tout d’abord, les mesures prises doivent s’appuyer sur des éléments scientifiques solides, ensuite, elles doivent être proportionnées et enfin, elles ne doivent pas augmenter la charge réglementaire et par conséquent les coûts pour les industries agricoles et vétérinaires.

 
  
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  Martin Häusling, au nom du groupe Verts/ALE.(DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, il s’agit d’une question très grave. Elle est très importante non seulement pour l’avenir du secteur de l’élevage, mais avant tout pour la santé humaine. Nous ne devons pas l’oublier. En fin de compte, ce n’est pas un problème pour la commission de l’agriculture et du développement rural. Toutefois, cela a été encore démontré, nous n’avons pas assez de données. Seuls dix États membres ont fourni des informations et ce n’est pas suffisant. Nous devons traiter cette question plus rapidement et nous devons appliquer des contrôles rigoureux.

Nous n’apportons pas assez d’attention à l’un des facteurs associés à ce contexte: l’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée dans de grands bâtiments et dans certaines régions. Nous devons étudier ce problème et nous pouvons trouver des solutions. En restructurant notre politique agricole, nous pouvons nous assurer que le bien-être animal est le principal objectif, que les animaux vivent dans des conditions adaptées à leurs espèces et que les animaux sont vigoureux et robustes en suivant le principe selon lequel mieux vaut prévenir que guérir.

Ce dont nous avons également besoin, et il s’agit là du rôle de la Commission, c’est d’un plan à long terme pour réduire l’utilisation d’antibiotiques dans l’agriculture. Les principales victimes de la résistance aux antibiotiques, ce sont les travailleurs agricoles, en d’autres termes, les agriculteurs et leurs employés. Ces personnes ont déjà de graves problèmes dans ce domaine. Une autre source d’inquiétude est la transmission directe de la résistance aux antibiotiques par les produits alimentaires. Nous devons examiner cela très attentivement dans l’intérêt de la santé de la population européenne. Il est urgent d’intervenir dans ce domaine.

Il est important de préciser que 50 % des antibiotiques prescrits sont destinés à l’élevage, ce qui est un pourcentage beaucoup trop élevé. Par conséquent, nous devons nous assurer que ce chiffre diminue dans l’intérêt à long terme de l’agriculture et de la santé publique.

 
  
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  Rareş-Lucian Niculescu (PPE).(RO) Madame la Présidente, la Journée mondiale de la santé qui a eu lieu le 7 avril portait cette année sur la résistance aux antibiotiques, qui est considérée comme un risque mondial pour la santé publique. Tous les ans, 25 000 personnes décèdent en Europe de causes associées à la résistance aux antimicrobiens. Les animaux et les denrées alimentaires d’origine animale pourraient jouer un rôle dans le développement de la résistance aux antimicrobiens chez l’être humain. C’est pour cette raison que la résolution dont nous débattons aujourd’hui est un document important.

Le terme central dans toutes les discussions portant sur ce sujet est le terme «prudence». Ce ne sont pas les antibiotiques qui sont mauvais, mais leur utilisation irresponsable et disproportionnée qui est dangereuse. Les antibiotiques ne doivent pas être diabolisés mais utilisés avec prudence chez l’animal et chez l’être humain. Les mesures proposées par cette résolution visant à fournir davantage d’informations aux vétérinaires et aux agriculteurs doivent être mises en vigueur avec la plus grande détermination. En ce qui concerne l’interdiction de l’utilisation d’antibiotiques en tant que compléments dans l’alimentation animale, cela doit être impérativement soumis à un accord international.

D’après une étude récente menée aux États-Unis, près de la moitié des échantillons de viande testés dans des magasins contenait des staphylocoques dorés, dont la moitié a résisté à au moins trois familles d’antibiotiques. Cela prouve l’utilisation répandue des antibiotiques dans l’élevage et je dois dire que les agriculteurs européens en ont assez d’être les seuls à adopter et à respecter des règles au risque de voir leurs revenus baisser.

 
  
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  Ulrike Rodust (S&D).(DE) Madame la Présidente, Monsieur Andor, Mesdames et Messieurs, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre la propagation de la résistance aux antibiotiques. Nous sommes tout à fait d’accord sur ce point. Cela signifie qu’il faut utiliser de manière responsable les antibiotiques dans la médecine humaine et dans l’élevage. L’Union européenne doit prendre des mesures énergiques. Nous ne devons pas laisser 25 000 personnes mourir chaque année, dans la seule Union européenne, d’infections causées par des bactéries résistantes. Les antibiotiques ne doivent pas être utilisés de manière systématique ou préventive. Nous devons nous assurer que les antibiotiques sont utilisés de manière responsable dans tous les États membres.

Il est crucial de tout mettre en œuvre pour préserver la santé des élevages des premières années jusqu’à l’âge adulte. Veiller à la bonne santé des animaux est le meilleur moyen d’éviter les infections et l’utilisation d’antibiotiques. À ce titre, la façon dont les animaux sont nourris est décisive, mais l’élevage l’est également.

Nous devrions laisser la porte ouverte à l’utilisation d’autres méthodes telles que l’homéopathie et la phytothérapie dans le secteur de l’élevage. Nous devons mener davantage de recherches et obtenir davantage d’informations en Europe sur ces approches.

 
  
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  Gerben-Jan Gerbrandy (ALDE).(NL) Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, mon pays d’origine, les Pays-Bas, est champion du monde. Pas au football, malheureusement, nous avons failli l’être l’année dernière, mais dans l’utilisation d’antibiotiques dans l’exploitation de bovins. Aucun autre pays au monde n’utilise autant d’antibiotiques que les Pays-Bas dans l’exploitation de bovins. Les conséquences sont très graves et elles ne sont pas limitées aux Pays-Bas. 25 000 personnes décèdent chaque année d’infections bactériennes en Europe, comme l’ont dit d’autres collègues. Elles sont transmises à l’homme par la viande. 90 % de la viande de poulet aux Pays-Bas contient des bactéries résistantes produisant de la bêta-lactamase à spectre étendu. Le mois dernier, des bactéries résistantes ont été découvertes dans des légumes après un contact avec de la terre et du fumier. Madame la Présidente, il faut que cela change réellement. Un pays comme le Danemark a démontré que les choses pouvaient changer et que vous pouviez, à l’aide de mesures strictes et sensées, avoir des élevages de bovins robustes et en bonne santé tout en utilisant beaucoup moins d’antibiotiques.

La Commission a déclaré précédemment et à nouveau ce soir qu’elle proposerait d’autres mesures de plus grande ampleur en novembre. Elles seront ensuite complétées en 2012. Je prie instamment la Commission d’accorder à ce sujet une grande priorité et de ne pas laisser les États membres s’en occuper puisqu’ils sont trop lents à mettre en place les bonnes mesures.

 
  
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  Mairead McGuinness (PPE).(EN) Madame la Présidente, il est évident que l’inquiétude autour de la résistance aux antibiotiques fait consensus entre les partis. Néanmoins, d’après les informations fournies par la Commission selon lesquelles dix États membres ont recueilli des données qui n’ont pas encore été mises à notre disposition, nous parlons d’inquiétudes sur lesquelles nous n’avons pas de faits détaillés. Nous avons besoin de ces données.

Je voudrais qu’un classement de l’utilisation de médicaments par tête de cheptel dans les États membres soit élaboré pour que nous puissions réellement examiner les pays qui ont adopté les meilleures pratiques et qu’ils servent de référentiel par rapport aux autres pays. Je ne souhaite pas montrer du doigt ces pays, mais plutôt permettre aux États membres qui utiliseraient les antibiotiques de façon excessive d’améliorer leurs pratiques d’élevage.

Il est également juste de dire que les agriculteurs n’utilisent pas les antibiotiques n’importe comment. Ils les utilisent lorsque leurs animaux sont malades. Les antibiotiques sont chers et par conséquent les agriculteurs n’en donnent pas à leurs animaux comme ils leur donnent de l’eau.

Ce débat doit être un peu équilibré. Attendons les données. Nous espérons que la stratégie prévue en novembre nous aidera à résoudre ce problème croissant pour l’Union européenne, ses animaux et sa population.

 
  
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  Peter Jahr (PPE).(DE) Madame la Présidente, je remercie vivement l’auteur de cette question, le président de notre commission, d’avoir inscrit ce sujet à l’ordre du jour. L’utilisation des antibiotiques chez les animaux comporte des avantages et des inconvénients intimement liés. Les médicaments qui aident les animaux à rester en bonne santé représentent un risque majeur pour l’être humain s’ils ne sont pas utilisés convenablement. Par conséquent, nous devons adopter une approche coordonnée, intégrée et surtout scientifique, car nous allons devoir continuer à utiliser des antibiotiques pour traiter nos animaux à l’avenir. Dans le même temps, nous devons également réduire les risques pour l’être humain.

Ce rapport remplit précisément ces exigences. J’espère que la Commission examinera les suggestions, les souhaits et les exigences du Parlement. Comme les précédents orateurs l’ont dit, nous avons surtout besoin d’une analyse de la situation actuelle par tous les États membres dans l’intérêt des animaux, de l’agriculture européenne et, en particulier, des citoyens de l’Union européenne.

 
  
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  Miroslav Mikolášik (PPE). (SK) Madame la Présidente, je voudrais souligner un point commun entre la médecine vétérinaire et la médecine humaine. Tous les autres congrès européens de microbiologistes, lorsqu’ils ont évoqué la question de la résistance aux antibiotiques chez l’être humain, ont mentionné le staphylocoque doré résistant à la méticilline, comme il est convenu de l’appeler. Il s’agit d’une plaie contre laquelle nos médecins n’ont plus d’antibiotiques efficaces: nous ne savons pas comment le soigner. Jusqu’à 25 000 personnes en décèdent chaque année.

Savez-vous comment c’est apparu? Simplement en raison d’une utilisation irresponsable d’antibiotiques par la médecine vétérinaire. Les animaux sont littéralement gavés de tonnes d’antibiotiques. Dans le cas des animaux traités de façon préventive, ces antibiotiques sont ajoutés à leur nourriture, ce qui affaiblit l’être humain et diminue sa capacité à combattre les infections nosocomiales lorsqu’il se trouve dans un établissement hospitalier.

J’invite donc avec insistance la Commission à accélérer le regroupement des résultats des recherches dans tous les États membres, mais également à soutenir les nouvelles recherches sur des antibiotiques efficaces pour l’être humain qui permettraient de sauver des vies.

 
  
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  Jaroslav Paška (EFD). (SK) Madame la Présidente, l’introduction des produits de l’industrie chimique et pharmaceutique dans la chaîne alimentaire est une conséquence inévitable de l’intensification de la production agricole. L’organisme humain devient ainsi la victime naturelle des efforts des producteurs d’aliments visant à produire le plus d’aliments possibles de la manière la plus efficace possible et au coût le plus bas possible.

Par conséquent, nous devons commencer à surveiller de près l’utilisation des produits chimiques et pharmaceutiques modernes dans l’agriculture pour préserver la santé de nos concitoyens et nous devons également analyser de manière ciblée, systématique et continue les conséquences de l’utilisation de ces substances. Seul un contrôle continu de grande qualité des produits alimentaires nous permettra d’anticiper les risques ou les menaces que représentent ces nouvelles technologies pour la population actuelle.

Certes, aujourd’hui nous parlons bien plus des antibiotiques et de l’augmentation de la résistance à ces derniers, mais nous devons prendre bonne note de la question et l’évaluer de manière plus globale. J’espère également qu’une stratégie cohérente sera adoptée par la Commission concernant les préoccupations sur la sécurité alimentaire.

 
  
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  László Andor, membre de la Commission. (EN) Madame la Présidente, la stratégie de la Commission sur la résistance aux antimicrobiens que nous prévoyons de présenter en novembre permettra d’apporter de nouvelles idées sur la manière dont la Commission, en collaboration avec les États membres et les parties concernées, pourrait faire face à la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs impliqués. Certaines mesures pourraient nécessiter des modifications de la législation et pour d’autres, cela ne sera pas nécessaire. Il faut impérativement utiliser les instruments adaptés à la tâche en question.

Je suis totalement d’accord avec vous pour dire qu’il ne s’agit pas seulement, ni même principalement, d’une question d’élevage. C’est pourquoi notre objectif est de réduire le développement de la résistance aux antimicrobiens attribuée à l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux.

Il existe différents instruments à cet égard: l’éducation, les campagnes de sensibilisation, etc. De la même façon, nous pensons qu’il faut recueillir des données pour mieux comprendre ce problème. Les États membres manifestent de l’intérêt en faveur de la collecte de données, ce qui est encourageant.

Je l’affirme, nous avons bien un plan d’action. Les travaux préparatoires sont en cours, y compris l’évaluation de l’impact, la révision des règles sur les produits médicaux vétérinaires et d’autres travaux. Comme je l’ai dit, les propositions législatives suivront en 2012.


La Commission se réjouit grandement de la contribution précieuse du Parlement et souhaite poursuivre cette collaboration avec le Parlement, les États membres et les parties concernées de tous les secteurs dont le but commun est la préservation de la santé des citoyens de toute l’Union européenne.

 
  
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  La Présidente. – Pour conclure ce débat, j’ai reçu une proposition de résolution(1).

Le débat est clos.

Le vote aura lieu jeudi 12 mai à 12 heures.

Déclarations écrites (article 149)

 
  
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  Luís Paulo Alves (S&D), par écrit.(PT) La résistance aux antibiotiques chez les animaux d’élevage et les animaux domestiques est devenue un problème ces dernières années. Pour faire face à ce problème croissant, je préconise des recherches et des contrôles plus approfondis sur ses effets sur la chaîne alimentaire. Lorsqu’ils sont utilisés correctement, les antibiotiques sont efficaces et je demande à la Commission de mettre en œuvre des mesures concrètes pour renforcer leur efficacité afin de réduire la résistance aux antibiotiques des animaux, car il s’agit d’un problème qui touche l’ensemble de la chaîne alimentaire. Cela a plus particulièrement des conséquences sur les niveaux de résistance aux antibiotiques et sur la santé humaine. Pour atteindre cet objectif, le budget de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) et celui de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) doivent inclure les fonds nécessaires pour intensifier les travaux sur le terrain et assurer un suivi efficace de ce problème. Pour conclure, en raison de l’importance de ce problème, j’invite la Commission à élaborer un plan pour y faire face à l’échelle de l’Union européenne en prenant en considération toute l’ampleur du problème de la lutte contre la résistance aux antibiotiques, en particulier, le lien entre santé animale et utilisation d’antibiotiques, et le lien entre santé animale et santé humaine.

 
  
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  Ismail Ertug (S&D), par écrit.(DE) Nous ingérons des antibiotiques dans notre alimentation, ce qui entraîne un accroissement de la résistance. Il s’agit d’un progrès médical qui est peu à peu anéanti et nous en sommes informés depuis longtemps. M. De Castro a mentionné les mesures qui ont déjà été prises. J’apporte mon soutien aux propositions faites dans la résolution et je voudrais m’attarder sur deux aspects de ce sujet.

Il ne suffit pas de réglementer. Dans le cas du scandale de la dioxine, nous avons pu constater à quel point cela constitue un rempart peu efficace lorsque certaines «brebis galeuses» se comportent de manière particulièrement irresponsable. Bien sûr, il faut des réglementations et nous devons mettre en place des systèmes de surveillance, mais ce n’est pas suffisant.

À moyen et à long terme, la solution est de rendre en grande partie superflue l’utilisation d’antibiotiques. Nous pouvons y arriver en investissant tout d’abord dans la recherche et le développement de réseaux d’experts, puis, en transmettant ces connaissances aux agriculteurs et aux vétérinaires et finalement, en fournissant ces informations aux consommateurs.

Nous devons utiliser de façon intelligente les forces du marché, car ce sont les consommateurs qui décident à long terme de la manière dont leur nourriture est produite.

 
  
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  Pavel Poc (S&D), par écrit.(CS) D’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, 400 000 patients en Europe sont infectés par des souches de bactéries multirésistantes. Par conséquent, je salue la résolution de la commission de l’agriculture et du développement rural dans laquelle je soutiens plus particulièrement la demande en faveur d’une collecte et d’une analyse appropriées de données comparables sur la vente de préparations à usage vétérinaire qui sont destinées aux animaux. La collecte de ces données devrait être obligatoire dans tous les États membres de l’Union européenne. Si l’Union européenne adopte des mesures strictes sur l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux d’élevage, nous pouvons également nous attendre à des modifications de la législation dans les pays tiers, surtout en raison des pertes financières que provoquerait une restriction des exportations de viande vers l’Europe. À titre d’exemple, 74 % de l’ensemble des antibiotiques utilisés aux États-Unis sont destinés à l’élevage afin de prévenir les maladies ou de stimuler la croissance des animaux en bonne santé. La moitié des produits à base de viande inspectés dans des magasins aux États-Unis contient des bactéries dangereuses (SARM). Ce problème est connu dans ce pays depuis 2008 et aucune solution de fond n’a jusqu’à présent été trouvée. Les souches non pathogènes de bactéries multirésistantes représentent également un risque en cas de transfert transgénique et, d’après les dernières recherches, en cas de résistance commune. L’émergence de nouvelles souches de bactéries multirésistantes pourrait priver les futures générations de l’utilisation efficace d’antibiotiques. Un tel scénario pourrait avoir des répercussions catastrophiques sur la santé humaine. La résistance aux antibiotiques constitue un problème extrêmement grave qui doit être résolu immédiatement et efficacement.

 
  

(1) Voir procès-verbal.

Dernière mise à jour: 14 septembre 2011Avis juridique