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Mardi 7 juin 2011 - Strasbourg Edition JO

13. Heure des questions au président de la Commission
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  Le Président. – L’ordre du jour appelle l’heure des questions au président de la Commission.

 
  
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  Manfred Weber, au nom du groupe PPE.(DE) Monsieur le Président, permettez-moi de commencer par un clin d’œil et de féliciter tous les députés qui ont survécu à l’alarme incendie et pu reprendre leur place, sains et saufs, dans cet hémicycle.

En tant que représentant du groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens), je souhaite poser une question au président de la Commission, qui a vu les images reçues ces dernières semaines de la Méditerranée montrant une multitude de personnes qui ont fui la situation en Afrique et sont parvenues en Europe, tandis que d’autres ont échoué dans cette tentative. Nous avons vu ces images tragiques de cadavres échoués sur la plage.

Nous savons tous que le défi européen commun est de pouvoir répondre à ce drame et à cette misère que vivent les réfugiés. Au nom du groupe PPE, je souhaite demander au président de la Commission s’il estime que la Commission - et surtout l’agence Frontex - a les ressources suffisantes et l’Union européenne les capacités de faire face à la situation sur le terrain. Je voudrais également savoir si nous avons les bases juridiques suffisantes pour permettre à l’Europe d’agir de concert dans la région méditerranéenne.

Peut-il aussi nous informer sur la forme que prennent les discussions avec les pays d’origine (la Tunisie et l’Égypte, par exemple) ainsi que sur l’avancée des Européens dans ce domaine?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Monsieur Weber, nous déplorons tous les récents événements qui ont causé la perte de nombreuses vies. Je suis d’accord avec vous sur la nécessité d’intervenir de manière plus décisive dans ce domaine.

Il y a eu une réponse immédiate pour aider les pays d’Afrique du Nord - à savoir, plus d’un million d’euros en aide humanitaire - et cette aide va se poursuivre. À travers l’opération conjointe Hermes, l’agence Frontex chargée de la sécurité aux frontières est en train de coordonner la réponse de l’Union à la forte pression migratoire. Il demeure cependant capital que les États membres de la région méditerranéenne, en collaboration avec des pays tiers, continuent de coopérer et de coordonner leurs efforts. Il y a encore beaucoup à faire.

Ma réponse directe à votre question est donc oui, nous avons besoin de ressources supplémentaires pour l’agence Frontex. Les propositions visant à renforcer l’agence Frontex doivent être adoptées d’urgence. Il faut aussi que les États membres fassent preuve de volonté politique et surtout de solidarité en fournissant les ressources techniques et humaines requises. Comme vous le savez, l’Union européenne en tant que telle ne dispose pas de toutes ces ressources et nous avons donc besoin de la coopération des États membres à cet égard.

 
  
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  Manfred Weber, au nom du groupe PPE.(DE) Monsieur le Président, merci pour votre évaluation de la situation. Vous venez de dire que nous avons actuellement besoin de ressources supplémentaires pour l’agence Frontex. Êtes-vous également de ceux qui pensent que les États membres ont, à ce jour, montré trop de réticence à fournir les ressources pour renforcer l’agence Frontex? Nous avions déjà tous les outils nécessaires. Est-il exact que la volonté des États membres de soutenir l’agence Frontex a été très faible?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Cette question fait actuellement débat. En fait, elle sera abordée lors du Conseil européen des 23 et 24 juin prochains. Il faut que les États membres adoptent la proposition, déjà déposée, concernant le renforcement de l’agence Frontex, mais il importe également d’intensifier la réponse logistique: un plus grand nombre d’avions et de bateaux sont nécessaires et nous ne pouvons pas, actuellement, les financer avec le budget européen.

Je pense que la volonté politique est là mais qu’il faut procéder de manière coordonnée et à cet égard, la Commission a pris l’initiative: la commissaire Malmström planche sur la question avec les États membres et j’espère que le Conseil européen entérinera le résultat de notre réflexion.

Parallèlement, nous avons bien sûr aussi besoin de la coopération de pays tiers. Je me suis rendu en Tunisie pour discuter avec le Premier ministre et une coopération nous a été promise. En fait, les autorités tunisiennes coopèrent déjà et nous tentons actuellement de mettre au point des accords logistiques pragmatiques entre ces autorités et nos agences.

 
  
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  Le Président. – Tous les députés ne sont pas revenus depuis la fin de l’exercice d’évacuation.

 
  
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  Guy Verhofstadt, au nom du groupe ALDE. (EN) Effectivement, j’ai remarqué que certains de mes collègues n’étaient pas encore là.

Hier, le commissaire Rehn a annoncé diverses nouvelles importantes venant de la Commission. Premièrement, il a demandé plusieurs modifications pour un mécanisme de sauvetage et a insisté pour que ce mécanisme puisse accorder aux États des lignes de crédit modulables. Selon lui, ce mécanisme doit pouvoir recourir au marché secondaire et, plus important encore, il a dit que cela pouvait se faire au moyen d’échanges à taux réduit avec les obligations AAA de ce mécanisme. C’est important, car cela implique la possibilité d’échanger les obligations non rentables de pays en difficulté contre des obligations du mécanisme de sauvetage notées AAA.

Deuxièmement, M. Rehn a déclaré que la Commission devrait commencer à examiner la possibilité d’émettre des euro-obligations - enfin, ai-je envie de dire.

Ma première question, Monsieur Barroso, est celle-ci: pouvez-vous confirmer que la Commission partage cette position? Ma deuxième question est la suivante: vu que le temps presse, comptez-vous proposer ces modifications du mécanisme de sauvetage lors du prochain Conseil européen qui aura lieu dans deux semaines?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Je tiens à confirmer que toutes les idées exposées par le commissaire Rehn ont mon soutien et mon approbation totale. Je ne vais donc pas répéter ce qu’il a dit.

En ce qui concerne le MES, nous sommes en train de l’établir. Comme vous le savez, j’espère que les gouvernements marqueront rapidement leur accord et qu’il y aura donc, lors du prochain Conseil européen, une décision politique confirmant les décisions relatives au mécanisme européen de stabilité. Et, bien sûr, vous connaissez notre position à ce sujet.

En ce qui concerne les euro-obligations, il ne s’agit pas d’une idée nouvelle. Cela fait plusieurs années que la Commission - et notamment un de mes prédécesseurs - avance l’idée d’émettre des euro-obligations. Le fait est qu’à ce jour, les États membres ne l’ont pas acceptée. Plus précisément, dans le contexte de la crise grecque, la Commission a proposé un concept de mutualisation de la dette qui a été refusé par la majorité des États membres de la zone euro. Je pense qu’aujourd’hui les choses ont évolué; on commence à accepter l’idée d’examiner plusieurs options et la Commission en présentera naturellement plusieurs. Nous avons toujours considéré que l’idée des euro-obligations était attrayante, à condition que les États membres puissent la soutenir. Mais, pour être honnête, nous n’en sommes pas là. Nous n’en sommes pas là et je pense que l’essentiel pour l’instant est de se concentrer sur le MES.

 
  
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  Guy Verhofstadt, au nom du groupe ALDE. – (EN) Je ne pense pas qu’on en ait fini avec la crise en Grèce ni avec celle de l’euro. Ce n’est pas terminé. Nous devons donc trouver des instruments supplémentaires. Un de ces instruments est en fait ce que M. Rehn propose, à savoir, la possibilité pour certains pays d’échanger des obligations non rentables contre un plus petit paquet d’euro-obligations notées AAA. C’est la voie à suivre. Ces euro-obligations peuvent être émises par le SESF, le MES ou toute autre future nouvelle agence européenne. Cela n’a pas d’importance. Ce qui est important, c’est le mécanisme et le fait que pour la première fois, je pense, M. Rehn et la Commission admettent que c’est la voie à suivre.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Monsieur Verhofstadt, la Commission agit en tant qu’organe collégial. Il semble qu’il soit plus facile pour vous d’être d’accord avec les propos de M. Rehn plutôt qu’avec les miens, mais en fait, nous disons exactement la même chose.

Dans l’analyse annuelle de la croissance, la Commission a prôné et proposé collectivement plus d’intervention de ce genre dans les marchés et les États membres ont malheureusement refusé. Donc, je confirme que nous travaillons dans ce sens. Nous essayons de parvenir à une plus grande flexibilité d’intervention dans les marchés mais, honnêtement, je crois qu’il faut pour l’instant se concentrer sur le MES et envisager bien sûr des options pour l’avenir des euro-obligations, si les États membres sont prêts à franchir ce pas supplémentaire.

 
  
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  Jan Zahradil, au nom du groupe ECR. (CS) Monsieur le Président, comme vous le savez, mon groupe est principalement composé de députés qui ne proviennent pas de la zone euro, mais nous ne souhaitons certainement pas la ruine de l’euro, comme je l’ai répété ici plusieurs fois. Nos économies sont trop interdépendantes pour cela et je dois donc avouer que nous avons des sentiments mitigés par rapport à la situation.

Nous recevons des messages contradictoires. Le Conseil européen dit une chose, la Banque centrale européenne en dit une autre et le Fonds monétaire international une troisième. J’ai surtout le sentiment que les opinions politiques continuent de prévaloir sur les opinions économiques, comme s’il était possible de berner les marchés avec quelques promesses et d’éviter ainsi d’apporter une véritable solution au problème.

Je souhaiterais connaître la position de la Commission européenne à l’égard de la restructuration de la dette publique. Allez-vous préférer encore injecter toujours plus d’argent et accorder toujours plus de prêts illimités aux économies en grande difficulté et au bord de l’effondrement ou le bon sens va-t-il enfin l’emporter et allez-vous sérieusement examiner la possibilité de restructurer leurs dettes publiques, car je pense qu’à long terme, nous ne pourrons pas l’éviter?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Monsieur Zahradil, tout d’abord, les problèmes économiques que nous avons en Europe ne concernent malheureusement pas uniquement la zone euro. Certains États membres hors de la zone euro sont également engagés dans des programmes de soutien aux balances des paiements, par le biais de la Commission et du FMI.

En ce qui concerne la zone euro, comme vous l’avez dit, des discussions sont en cours entre les États membres, le Conseil, la Commission et la Banque centrale européenne pour trouver la réponse la plus large et la meilleure possible. Comme vous le savez, les spécialistes ne sont pas toujours d’accord sur la meilleure façon de parvenir à cette réponse. Le travail est toujours en cours.

Il faut reconnaître qu’il s’agit de questions extrêmement complexes. L’ampleur du défi est sans précédent et exige un certain travail de convergence. C’est la raison pour laquelle la Commission s’est montrée extrêmement prudente dans sa manière de communiquer sur ce sujet, certaines de ces questions étant sensibles aux évolutions du marché. Une chose est claire: comme nous l’avons dit, la restructuration ne constitue pas une alternative aux douloureux efforts d’assainissement budgétaire auxquels tous les États membres doivent consentir s’ils veulent corriger leurs déséquilibres en termes de déficit et d’endettement.

 
  
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  Daniel Cohn-Bendit, au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, Monsieur Barroso, il est vrai qu’on ne comprend pas toujours la position de l’Union européenne, mais vous venez de répondre sur ce point. Je voudrais dire trois choses.

D’abord, sur la restructuration, arrêtons. Nous savons tous qu’il y aura, à un moment donné, une restructuration de la dette, en Grèce par exemple, pour la simple raison qu’il faut donner au gouvernement grec la possibilité de reprendre confiance et qu’il faut restructurer la société grecque. Parce qu’aujourd’hui, en Grèce, personne n’a confiance en personne, ni dans le gouvernement. Et tant que le gouvernement n’arrivera pas à donner une perspective d’avenir à son peuple, autre que l’austérité, il n’arrivera pas à relancer l’économie.

Il faudrait donc replacer, au cœur des réflexions de la Commission, et des parties concernées, la nécessité de redonner confiance à la population grecque, c’est la condition sine qua non pour l’adoption d’éventuelles mesures. Or, aujourd’hui, l’austérité ne donne pas à cette société le temps de la réflexion. C’est la raison de ce refus, qui peut être très dangereux.

Une dernière question, l’évasion fiscale. L’Europe ne pourrait-elle pas aussi aider la Grèce dans ce domaine? Il y a des comptes grecs dans des banques en Autriche, au Luxembourg, à Chypre et en Suisse. Pourquoi ne pas geler ces comptes ou, au moins, remettre en question le secret bancaire pour que le gouvernement grec sache d’où vient l’évasion fiscale. On lui demande de faire cesser l’évasion fiscale et, dans le même temps, on ne l’aide pas et ce sont nos banques, des banques européennes, qui, en fait, cachent l’évasion fiscale.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − Monsieur Cohn-Bendit, il est vrai qu’il y a un problème d’évasion fiscale en Grèce même si, selon moi, ce n’est pas la cause du problème structurel grec.

Actuellement, nous sommes en train de travailler sur la lutte contre le secret bancaire. Comme vous le savez, tous les États membres ainsi que la Suisse se sont engagés depuis mars 2009 à appliquer la norme de l’OCDE qui prévoit qu’un État ne peut refuser de fournir une information à la demande d’un autre État, au motif que cette information serait détenue par une banque ou un autre établissement financier. Ce principe a été inclus par nous, Commission, dans la directive en matière de coopération administrative dans le domaine de la fiscalité, qui est entrée en vigueur le 11 mars 2011 et qui n’entrera malheureusement en application que le 1er janvier 2013.

Dès lors, la question du secret bancaire est résolue sur le plan juridique au niveau européen et ne peut faire obstacle à un échange complet de renseignements sur demande entre administrations fiscales. Je crois que toutes les raisons sont réunies pour qu’aujourd’hui déjà, sur la base de la coopération administrative, les États membres de l’Union européenne donnent toutes les informations à la Grèce concernant une éventuelle fraude ou évasion fiscale.

 
  
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  Lothar Bisky, au nom du groupe GUE/NGL. (DE) Monsieur Barroso, ma question est brève. Le sommet du G8 et le «Forum e-G8» qui l’a précédé ont abordé le thème de l’internet et je m’en félicite. Nous nous inquiétons cependant de la raison pour laquelle les puissants se préoccupent de l’internet. Nous savons à quel point ce domaine est sensible. Avez-vous d’autres informations à nous communiquer à cet égard? Cette discussion sur l’internet a-t-elle un caractère unique ou y en aura-t-il d’autres? Ce thème reviendra-t-il à l’ordre du jour?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − Le président Sarkozy a eu, à mon avis, une excellente idée parce que l’internet est un phénomène global. Nous voulons tous un internet ouvert. Nous pensons que c’est une grande contribution pour la connaissance et pour la liberté. En même temps, il y a parfois des abus de l’internet: certaines exploitations, d’enfants par exemple, des crimes commis en profitant de certaines libertés offertes par l’internet.

Nous avons donc eu une discussion très intéressante avec quelques-uns des grands créateurs d’initiatives dans le cadre de l’internet, du leader de Google à M. Zuckerberg, leader de Facebook, et d’autres. Nous avons discuté de ce que pourrait être la régulation adéquate de l’internet, tout en préservant bien sûr toute la liberté et tout le potentiel d’innovation qu’offre l’internet. Il y a donc eu débat et confirmation, à l’issue du débat, que, ce point, l’internet, figurera à l’avenir à l’ordre du jour du G8.

 
  
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  Lothar Bisky, au nom du groupe GUE/NGL.(DE) Ma curiosité n’est pas complètement assouvie. Seriez- vous disposé à nous parler, en termes généraux, de ces futures négociations concernant l’internet étant donné qu’il s’agit d’une mesure importante et de grande portée pour l’avenir.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – Il n’y a pas vraiment eu de négociation. C’était un échange de vues très général, une sorte de brainstorming. Il y a eu auparavant une conférence qui s’appelait précisément e-G8, à laquelle ont participé de grands acteurs du secteur de l’internet et les autorités. Ce n’était pas du tout une négociation; je ne l’ai pas vu comme cela. Nous avons demandé à ces responsables de grandes entreprises de l’internet de dire comment ils voient l’avenir de ce secteur et, d’un autre côté, avec les différents membres du G8, nous avons fait part de nos préoccupations, de nos intérêts et comment nous percevons l’internet. Mais il n’y a pas vraiment eu de négociation en termes de résultats concrets.

 
  
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  Nigel Farage, au nom du groupe EFD.(EN) Monsieur Barroso, nous venons d’assister à une série d’échanges sur l’euro dignes d’une pantomime. Chaque fois que j’ai prédit qu’un pays allait avoir besoin d’être renfloué, vous êtes venu nous dire: «Non, pas du tout, tout va bien.» Et nous voici au quatrième renflouement - le deuxième en ce qui concerne la Grèce - à moins que, bien sûr, vous ne disiez aujourd’hui que ce n’est pas non plus nécessaire. Mais la question que je souhaite vous poser aujourd’hui est peut-être bien plus grave que tout ce qui s’est passé à ce jour en Grèce, en Irlande ou au Portugal. Je veux parler de la réelle crise de la dette souveraine qui pourrait nous frapper dans les prochaines semaines et qui concerne l’intégrité de la Banque centrale européenne elle-même.

Mois après mois, je vous ai mis en garde: on ne peut indéfiniment racheter d’énormes quantités de sa mauvaise dette. Monsieur Barroso, reconnaissez-vous que les finances de la Banque centrale européenne et son intégrité sont aujourd’hui dans une situation grave et périlleuse?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Non, je pense que la Banque centrale européenne est une institution très crédible, qui est gérée avec une grande sagesse et beaucoup d’intelligence. L’indépendance de la BCE est respectée par tous les États membres de la zone euro. Bien sûr, nous savons qu’il y a certaines difficultés dans la zone euro. Comme je l’ai dit précédemment, ce sont des difficultés qui - soyons honnêtes - ne concernent pas seulement la zone euro. Malheureusement, votre critique de la zone euro est toujours idéologique. Les problèmes d’endettement ne sont pas exclusifs à cette zone. Pour vous donner un exemple, la dette au sein de la zone euro est inférieure à la dette du Royaume-Uni. En fait, nous avons différents problèmes parce que c’est la première fois que nous avons ce type d’union monétaire sans avoir de cadre institutionnel plus intégré. C’est précisément la raison pour laquelle nous tentons actuellement de trouver une réponse globale et la BCE participe à nos efforts pour assurer la stabilité financière de la zone euro.

 
  
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  Nigel Farage, au nom du groupe EFD. – (EN) Histoire d’étayer mes propos, pas plus tard qu’hier, le respecté groupe de réflexion Open Europe a fourni quelques chiffres à ce sujet et a indiqué que l’exposition de la BCE à l’État grec et aux banques grecques atteignait un montant vertigineux de 190 milliards d’euros. Si jamais la valeur des actifs la BCE baissait de seulement 4,25 %, toute sa base de fonds propres serait ruinée. Acceptez-vous les conclusions du groupe de réflexion Open Europe ou vous ralliez-vous aux déclarations de M. Juncker indiquant, il y a quelques semaines, que vu la gravité de la situation de l’euro, vous n’avez pas d’autre choix que de mentir en public?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Premièrement, je ne mens pas et la Commission a toujours été très cohérente dans les informations qu’elle a communiquées sur toutes les situations. La situation est difficile. Nous l’avons dit honnêtement dès le début et nous ne prétendons pas qu’elle est rose.

Ceci étant dit, la crédibilité de la Banque centrale européenne repose sur la détermination absolue des gouvernements de la zone euro à faire tout ce qu’il faut pour assurer la stabilité financière de la zone euro et je n’ai donc aucun doute sur la fiabilité du système, les efforts menés dans la zone euro et la crédibilité de la Banque centrale européenne. Je ne mets pas non plus en doute la capacité de la Banque centrale européenne à défendre les intérêts européens, ni l’engagement des États membres de la zone euro à fournir toutes les garanties dont la Banque centrale européenne a besoin pour jouer son rôle indépendant de banque centrale.

S’agissant de l’exposition des banques centrales, d’autres banques centrales, en Europe et ailleurs, sont dans une situation bien plus difficile et plus vulnérable que la Banque centrale européenne, qui est une instance crédible de l’Union européenne et qui est très respectée par la communauté internationale.

 
  
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  Nicole Sinclaire (NI). – (EN) L’UE s’élargit toujours plus et, avec l’arrivée de partis politiques paneuropéens, semble s’enfoncer toujours plus, avec comme résultat cette incapacité – maintes fois démontrée – à parvenir à un consensus. La position contraire de l’Allemagne vis-à-vis de la Libye ainsi que le désaccord franco-italien au sujet de la reconnaissance des visas Schengen l’ont prouvé.

Pourriez-vous m’expliquer et expliquer à mon électorat comment il est possible d’instaurer sans consensus une politique commune dans des domaines aussi importants que les relations internationales et la sécurité? À moins que nous ne renoncions au droit démocratique des États membres de projeter de manière unilatérale leurs propres aspirations?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Franchement, je ne comprends pas la préoccupation qui sous-tend votre question. Nous constituons une Union de 27 pays démocratiques et nous avons décidé qu’en matière de politique étrangère et de sécurité commune, les décisions devaient être prises à l’unanimité. Si les États membres ne sont pas unanimement d’accord, il ne nous est pas possible de leur imposer une décision. Nous respectons donc pleinement le caractère démocratique de notre Union, mais aussi de nos États membres.

Je pense qu’il va dans l’intérêt des Européens, des citoyens européens, que les États membres agissent de concert dans les affaires étrangères. De toute évidence, aujourd’hui en Europe, même les plus gros États membres n’ont ni l’influence ni le pouvoir nécessaires pour discuter sur un pied d’égalité avec les États-Unis ou la Chine ou d’autres puissances, alors que l’Union européenne peut faire la différence. J’espère par conséquent que le processus conduira à une plus grande convergence entre nos États membres, y compris dans les questions de politique étrangère.

 
  
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  Nicole Sinclaire (NI). – (EN) J’ai d’abord mentionné les partis paneuropéens. Pourriez-vous m’expliquer pourquoi les contribuables devraient financer des partis politiques à n’importe quel niveau? Peut-être pourriez-vous m’expliquer en quoi ils servent les objectifs de l’UE.

Ma deuxième question concerne Cathy Ashton. Je remarque qu’elle est très rarement présente aux réunions de la Commission. Le Royaume-Uni est il correctement représenté à la Commission?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Cela fait donc deux questions. Premièrement, les partis européens sont, comme vous le savez, reconnus comme des entités importantes par le traité, unanimement ratifié par nos États membres. Il y a donc lieu de soutenir les partis européens parce que ce sont en fait des entités européennes, reconnues comme telles par notre traité.

Deuxièmement, en ce qui concerne Cathy Ashton, elle assure la fonction de vice-présidente de la Commission mais aussi de haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle a un travail très prenant, à travers lequel elle doit représenter l’Union européenne. Donc, évidemment, ses déplacements sont plus nombreux que ceux de la plupart des membres de la Commission. Mme Ashton fait un gros effort personnel pour être présente à pratiquement toutes les réunions de la Commission, mais ne peut pas assister à toutes.

Ceci dit, je tiens à rappeler que le rôle des membres de la Commission n’est pas de représenter des pays. Ils sont nommés par les pays mais ont pour mission de représenter l’Union européenne. Lors de notre entrée en fonction, nous prêtons tous un serment disant que nous ne sommes pas là pour représenter des pays et, en fait, la crédibilité de l’institution vient précisément de là - du fait que nous nous efforçons d’être indépendants et de servir l’intérêt général européen. Je peux vous affirmer que les États membres, y compris le Royaume-Uni, sont très bien représentés au Conseil européen par leur Premier ministre et au Conseil par les différents ministres.

 
  
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  Martin Schulz, au nom du groupe S&D.(DE) Monsieur le Président, je vous prie d’excuser mon retard. C’est la raison pour laquelle j’ai attendu jusqu’à la fin.

Monsieur Barroso, la question que j’ai à vous poser concerne la situation grave dans laquelle se trouve l’Union européenne. L’année 2008 a été marquée par une crise profonde dans le secteur bancaire. En 2009, cette crise bancaire a entraîné une crise profonde dans l’économie réelle. Et, pour finir, la prise en charge des coûts des déficits bancaires par les finances publiques a provoqué, en 2010, une crise profonde dans les budgets nationaux. Cette crise s’accompagne d’une orgie de coupes budgétaires, créant des situations dramatiques dans plusieurs États membres de l’Union européenne, en partie à cause des mesures exigées par l’Union européenne. Après la crise bancaire, la crise économique et les crises budgétaires nationales, le risque existe que 2011 et 2012 soient les années d’une crise sociale en Europe.

Dès lors, Monsieur Barroso, la Commission est-elle disposée à discuter avec nous de solutions pour résoudre le problème du sous-financement des systèmes de sécurité sociale dans les États membres de l’Union européenne et notamment dans ceux qui sont le plus frappés par la crise budgétaire?

En outre, êtes-vous disposé à mener avec nous une discussion définitive sur les euro-obligations en vue d’obtenir les ressources nécessaires pour investir dans l’économie et faciliter ainsi la croissance et l’emploi dans les États membres les plus durement touchés?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − Aujourd’hui même, Monsieur Schulz, la Commission a adopté la recommandation pour chacun des vingt-sept pays et il y a aussi une communication chapeau où nous présentons précisément cette préoccupation que vous venez d’évoquer et qui est vraiment très importante pour nous. Nous savons très bien que l’austérité, qui est nécessaire aujourd’hui à cause de la nécessité de réduire le déficit et la dette, est vraiment très difficile.

En même temps, nous croyons que chaque euro qui est maintenant dépensé en intérêts de la dette est un euro en moins pour les hôpitaux, pour les services publics de santé, pour l’enseignement public, pour la sécurité sociale. Donc, c’est cela la véritable austérité. C’est pourquoi nous devons faire un effort de consultation budgétaire très sérieux pour rétablir la confiance et, en même temps, réaliser les réformes structurelles pour assurer la compétitivité mais en protégeant les plus vulnérables.

Je crois que vous allez aimer notre document que nous avons adopté aujourd’hui. Il se préoccupe de tout ce qui touche au marché du travail: comment attirer plus de gens sur le marché du travail, comment avoir cette dimension sociale dans l’ensemble de nos politiques?

Maintenant, il s’agit de voir dans chaque pays quelle est la marge dont on dispose pour garantir ces objectifs. Mais je crois que les objectifs, nous les partageons.

 
  
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  Marco Scurria (PPE).(IT) Monsieur le Président, pour être franc, je ne souhaitais pas participer à la discussion sur le G8, mais poser au président Barroso une question concernant la culture.

De nombreux programmes sont en place pour encourager les jeunes - et d’autres - à se rencontrer pour que l’Union européenne devienne concrète. Pour de nombreux jeunes et de nombreux professionnels, des programmes tels que Comenius, «Éducation et formation tout au long de la vie», «Jeunesse en action», etc. ont représenté le véritable rapprochement des peuples de l’Union européenne, inspirant de véritables sentiments européens.

(Le Président interrompt l’orateur pour expliquer que le débat porte sur un autre thème, mais l’invite ensuite à poursuivre…)

Je voudrais donc savoir ce qu’il va advenir de ces programmes, du moins à la connaissance de la Commission, vu qu’ils arrivent bientôt à échéance et que nous devrions déjà avoir discuté de la question au sein de la commission de la culture et de l’éducation. Comment la Commission envisage-t-elle de développer le prochain programme, à partir de 2014? Je pense que c’est un sujet qui intéresse particulièrement tous ceux qui participent activement aux affaires de l’Union européenne, ainsi que de nombreux jeunes dans nos pays.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − La Commission manifeste un grand intérêt pour tout ce qui relève de la promotion de cette dimension culturelle en Europe et de tous les échanges. J’y suis moi-même très attaché et j’ai déjà d’ailleurs rencontré quelques-uns des acteurs principaux dans ce domaine.

Nous allons présenter des propositions à la fin de ce mois pour les perspectives financières pour tous les secteurs, y compris la culture. Nous allons bien sûr faire des propositions importantes dans ce domaine. Nous pensons rationaliser les instruments tout en garantissant l’ambition des programmes comme ceux que vous avez mentionnés, qui sont des programmes emblématiques et de la plus grande importance pour une Europe des citoyens et une Europe qui reconnaît la valeur de la culture.

 
  
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  Sarah Ludford (ALDE). – (EN) Je vais m’en tenir au thème du débat. Hier, la Commission a approuvé un solide paquet de rapports et de mesures pour lutter contre la corruption, qui coûte 120 milliards d’euros par an à l’UE, soit à peu près l’équivalent du budget total de l’UE. Cependant, huit États membres ont une note inférieure à cinq sur dix dans l’indice établi par Transparency International et la Commission indique que la mise en œuvre des instruments anticorruption n’est pas satisfaisante.

N’aurait-il donc pas été avisé d’aborder le thème de la corruption au sommet du G8? À ma connaissance, l’unique référence à la corruption, et elle était indirecte, concernait les pays en développement. Rien n’a été dit sur la nécessité pour les pays riches de manifester leur volonté politique de s’attaquer au problème en balayant devant leur porte et en montrant l’exemple dans ce domaine. Le G8 n’a-t-il pas raté une occasion de parler de corruption et de pots-de-vin, d’autant plus que l’un de ses membres, la Russie, se classe 154e sur 178 et que plusieurs de nos États membres obtiennent une mauvaise note dans l’indice de Transparency International?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Le problème de la corruption a été traité lorsque nous avons eu cette réunion élargie avec des dirigeants africains, mais je puis vous dire que la lutte contre la corruption sera l’une des priorités de la réunion du G20 au mois de novembre. Ceci dit, je pense que la discussion a été utile car lorsqu’il y a corruption, quelqu’un est corrompu mais il y a aussi quelqu’un qui corrompt. Donc, d’une certaine manière, les membres du G8 étaient également visés lorsque nous avons discuté de l’Afrique.

À propos, je leur ai donné de très bonnes nouvelles car j’ai annoncé que la Commission allait présenter des initiatives par rapport à la transparence dans le domaine des matières premières. Ce sont de bonnes ou de mauvaises nouvelles, selon l’angle sous lequel on se place: moins de transparence facilite pour certains régimes l’utilisation non transparente des revenus tirés de leurs ressources nationales et de leurs matières premières, parfois avec la complicité - il faut le dire - de pays dits développés. Tel fut l’angle de discussion lors du dernier sommet du G8.

 
  
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  Peter van Dalen (ECR).(NL) Monsieur Barroso, vous venez de parler de la Banque centrale européenne (BCE), que vous qualifiez d’indépendante. Le fait est que la BCE n’est pas indépendante dans la crise grecque: elle a choisi son camp. La BCE, en tant que banque commerciale, a racheté des dizaines de milliards d’obligations faibles et bloque à présent la nécessaire restructuration des dettes grecques.

Ma question est tout à fait concrète: que faites-vous pour empêcher la BCE, avec ses deux casquettes, de faire obstacle aux mesures difficiles mais nécessaires pour restructurer l’économie grecque?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) La Banque centrale européenne (BCE) est sans conteste indépendante. Non seulement son indépendance est reconnue par le traité - il s’agit donc d’une indépendance juridique fondée sur le traité -, mais je peux aussi vous dire que mes sept années d’expérience dans ma fonction m’ont amené à traiter fréquemment avec la BCE et à constater à maintes occasions que la BCE n’a pas besoin de notre soutien pour affirmer son indépendance. Je tiens à vous rassurer sur ce point.

S’agissant de la question de la restructuration, diverses options sont en cours d’analyse, comme vous le savez. Nous examinons l’ensemble du débat, mais la position de la Commission a déjà été clairement formulée: nous pensons que la restructuration ne constitue pas une alternative aux efforts que les États membres doivent mener en termes d’assainissement budgétaire et de réforme structurelle. Cela a toujours été et restera notre position.

 
  
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  Ilda Figueiredo (GUE/NGL).(PT) Monsieur le Président, Monsieur Barroso, sur le thème du G8 également, je souhaiterais savoir si la question de la régulation des marchés financiers a une fois de plus été reportée, notamment en ce qui concerne l’application d’une taxe sur les mouvements de capitaux, les gains en capital, l’abolition des paradis fiscaux, la fin des produits dérivés et la suppression des agences de notation, compte tenu de leur manque total de crédibilité et de transparence actuellement. Enfin, je souhaiterais avoir votre opinion sur un problème lié à ce qui se passe en Grèce, au Portugal et en Irlande, où l’on impose un processus qui vise principalement à forcer la mise en place d’instruments et de procédés qui exacerbent l’exploitation et le déclin économique des travailleurs et des pays, et qui, à court ou moyen terme, engendreront plus de pauvreté, de chômage et d’inégalité.

Ne pensez-vous pas que cela soit contraire à tous les principes qui ont été énoncés, y compris dans le traité lui-même?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission.(EN) Premièrement, Madame Figueiredo, en ce qui concerne les questions de régulation financière mondiale, comme vous le savez, depuis la création du G20 comme principal forum économique mondial en matière de gouvernance mondiale des questions financières, c’est le G20 qui est prioritaire par rapport à ces questions.

Quelques-unes de ces questions ont été abordées, dans une certaine mesure. Au G8, j’ai personnellement - je peux vous le dire - lancé le débat sur un projet de taxation des transactions financières, lorsque nous avons discuté du problème de l’aide au développement, et je me suis clairement exprimé pour cette taxation. Nous travaillons sur ce projet à la Commission et nous proposerons bientôt quelques idées.

Pour répondre à votre question plus générale, la situation de la zone euro a également été abordée. À cet égard, nous avons des points de vue totalement différents. Nous croyons que sans assainissement budgétaire et sans réformes structurelles, il n’y a aucune chance de promouvoir notre objectif: une économie sociale de marché.

 
  
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  Jacek Saryusz-Wolski, (PPE). – (EN) Monsieur Barroso, au sommet du G8, les participants ont discuté de leurs engagements envers la politique de voisinage en Méditerranée. Vous avez vous-même, au nom de l’Union européenne, engagé 1,24 milliard d’euros en précisant que c’était pour le voisinage, ce qui aurait pu être compris comme étant un montant uniquement destiné au voisinage sud de l’UE.

Les versions intermédiaires du document de la Commission nous apprennent que dans la phase initiale, sur ce montant global, 150 millions d’euros étaient prévus pour le voisinage oriental de l’UE et que tout le reste allait au voisinage sud. C’est contraire au principe de symétrie et d’attention égale accordée aux deux voisinages. Avez-vous une explication à cela? Sur l’unique montant financier que vous avez mentionné, qu’avez-vous concrètement alloué à la politique de voisinage dans le sud méditerranéen?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Monsieur Saryusz-Wolski, cher ami, permettez-moi de vous dire franchement que je comprends vos préoccupations vis-à-vis du voisinage oriental, mais je pense que l’essentiel est de ne pas placer l’Est et le Sud en concurrence: nous avons besoin de l’un et de l’autre. L’important aujourd’hui est d’aider ceux qui veulent que nous les aidions et de le faire de manière efficace.

En fait, l’approche que nous avons proposée dans la révision de la politique de voisinage est claire. Nous n’allouons pas les ressources selon un clivage Est-Sud, mais sur la base d’une conditionnalité, en fonction des progrès de réforme accomplis par chaque partenaire ou, si vous préférez, selon le principe du «plus pour plus». Ceux qui en font plus, ceux qui démontrent qu’ils méritent plus, reçoivent plus. Autrement dit, l’enveloppe n’est pas préparée à l’avance, avec tant pour le pays A, et tant pour le pays B: il incombe au pays de montrer qu’il mérite d’être soutenu.

Je pense que c’est la bonne approche et dans ce cas, nous respecterons naturellement nos engagements, envers nos partenaires d’Europe orientale - c’est extrêmement important - mais aussi envers nos voisins méditerranéens.

 
  
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  Marielle De Sarnez (ALDE). - Monsieur le Président, ma question a en fait un lien avec la question précédente et votre réponse.

Vous venez de parler de l’aide que vous aviez accordée, notamment aux démocraties arabes émergentes, lors du G8 de Deauville: quarante milliards de dollars, pour la plupart sous forme de prêts du FMI, de la BERD, de la BEI, et quinze milliards d’euros environ, somme provenant de l’Union européenne et des États membres.

Vous venez de parler de conditionnalité. Ma question porte sur ce sujet. Cette aide est effectivement conditionnée à un certain nombre de critères: élections libres et régulières, liberté d’association, de la presse, liberté d’expression, lutte contre la corruption, indépendance de la justice, réforme de l’armée et de la police – critères que vous connaissez très bien.

J’aimerais savoir qui appréciera au fond le respect de ces critères, notamment en ce qui concerne toutes ces démocraties arabes émergentes? Notre Parlement sera-t-il pleinement associé à l’évaluation du respect de la conditionnalité mise en place ou s’agira-t-il d’un pouvoir discrétionnaire du Conseil?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − Notre idée – et j’espère que vous serez d’accord – c’est que ce doit être la Commission qui pilote l’exercice. Effectivement, je suis très fier que ce soit la Commission, avec la haute représentante, qui ait tout de suite présenté le blueprint de notre réponse, le partenariat pour la démocratie en Afrique du nord, en Méditerranée du sud, et aussi le partenariat pour la prospérité partagée. Aujourd’hui, le Conseil reconnaît quand même qu’il serait bon que la Commission pilote l’exercice. Et la Commission, bien sûr, doit rendre compte devant le Parlement. Donc, je ne peux que saluer tout l’intérêt, tous les efforts du Parlement pour être étroitement associé.

D’ailleurs, ce qui est en train de se passer dans certains pays arabes est vraiment stratégique, non seulement pour ces pays, mais pour la démocratie dans le monde, pour l’évolution du monde musulman, et pour nous, en Europe. Donc, tout ce qu’on peut faire pour mobiliser non seulement les institutions européennes mais nos sociétés en faveur de ce défi de la transition démocratique chez nos voisins est très important et je ne peux que saluer l’intérêt du Parlement européen.

 
  
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  Nikolaos Salavrakos (EFD).(EL) Monsieur le Président, sur le thème du sommet du G8, selon certaines informations financières, en 2009, le PIB mondial s’élevait à 58 trillions de dollars et la masse monétaire à 615 trillions de dollars. Parallèlement, sur le sujet de la «politique monétaire» qui vous concerne, il est confirmé que les États-Unis sont en train d’émettre de nouveaux billets, de nouveaux dollars, ce que l’Union ne fait pas.

Les économistes sont en désaccord sur de nombreuses choses. Pourtant, l’histoire nous a appris deux choses: premièrement, on ne peut éviter une faillite en octroyant des prêts coûteux et, deuxièmement, une austérité extrême ne parvient jamais à réduire le déficit d’une macro-économie en récession qui est incapable de déprécier sa monnaie. Les euro-obligations s’imposent de toute urgence, Monsieur le Président. Les considérez-vous comme un moyen de contrebalancer l’augmentation en spirale de la quantité de monnaie émise par les États-Unis?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission.(EN) Cette question aurait dû être formulée dans la première partie de notre débat, mais je peux répondre à M. le député en disant qu’au fil des ans la Commission a adopté une position très ouverte et, en fait, très favorable à l’idée des euro-obligations. Un de mes prédécesseurs a été le premier à lancer l’idée des euro-obligations.

Le fait est qu’il n’y avait pas d’accord entre les États membres à ce sujet. Ce qui a maintenant été convenu entre les États membres, c’est la création d’un mécanisme européen de stabilité. Lorsqu’il sera créé, il deviendra l’institution financière internationale numéro un, c’est-à-dire, la plus importante au monde en termes de puissance financière. Je pense que c’est sur cela que nous devons concentrer nos efforts.

Parallèlement, nous sommes ouverts à une discussion avec les États membres - et avec le Parlement, bien sûr - sur plusieurs options concernant la possibilité d’émettre des euro-obligations, pour autant que les États membres veuillent envisager cette possibilité. Il s’agit, évidemment, d’une décision très importante et décisive.

 
  
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  Andrew Henry William Brons (NI). – (EN) Le récent sommet du G8 a voulu que l’on sache que quarante milliards de dollars étaient octroyés à l’Égypte et à la Tunisie pour que ces pays renversent les dictatures et optent pour la démocratie. Cependant, la déclaration du G8 indique qu’un soutien sera apporté aux pays de la région faisant le choix de la démocratie mais aussi de l’économie de marché. Le G8 souhaite que ces pays «bénéficient des fruits de la mondialisation» et s’engagent dans «l’intégration des investissements», ce qui veut dire permettre aux pays du G8 de gagner de l’argent plus facilement dans ces pays puis de retirer à nouveau cet argent.

Je n’ai aucune objection à ce qu’on attende des bénéficiaires d’une aide la mise en place et le maintien d’institutions et de procédures démocratiques. C’est relativement normal. Par contre, n’est-il pas sinistre de dicter à ces bénéficiaires les politiques économiques qu’ils doivent choisir et celles qu’ils doivent écarter? Les donateurs n’ont aucun droit de dicter à ces nouvelles démocraties les choix démocratiques à faire.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Je partage la perspective adoptée par le G8. Je pense qu’il va dans notre intérêt commun d’avoir des sociétés ouvertes, mais aussi des économies ouvertes. Ces pays sont nos voisins et je pense que c’est à travers les échanges commerciaux que nous pourrons les aider au mieux.

Si ces pays restent fermés, nous ne pourrons jamais apporter la quantité d’argent dont ils ont besoin. Vous le savez sans doute, entre les pays du Maghreb, par exemple, les échanges commerciaux sont négligeables. Ils nous demandent d’ouvrir nos marchés mais n’ont pas d’échanges commerciaux entre eux. Je crois qu’il est important de leur dire que nous sommes prêts à les soutenir mais qu’il faut aussi qu’ils ouvrent leurs marchés et s’intègrent dans l’économie mondiale.

Nous l’avons déjà constaté: l’évolution d’un pays est très clairement liée à sa capacité à s’intégrer dans une économie mondiale. Il suffit de regarder l’Asie, où certains pays ne sont pas encore des démocraties. C’est en s’ouvrant qu’ils ont pu participer à l’économie mondiale et en faire profiter leur population.

 
  
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  Gabriele Albertini (PPE).(IT) Monsieur le Président, Monsieur le Président Barroso, la déclaration finale du sommet du G8 concernant le Moyen-Orient indique, je cite: «Les négociations sont le seul moyen d’avancer sur la voie d’un règlement global et durable du conflit. Nous appelons Israël et l’Autorité palestinienne à se conformer aux accords de coopération existants et à s’abstenir de toute mesure unilatérale qui pourraient empêcher des progrès ou de nouvelles réformes».

L’Union européenne, qui est un interlocuteur important au G8, soutient-elle cette déclaration? Si oui, l’avez-vous fait savoir à l’Autorité palestinienne, qui se prépare à une action unilatérale lors de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) En ce qui concerne le processus de paix au Moyen-Orient, sur les 30 dernières années, je ne me souviens pas d’une seule réunion internationale où ce sujet n’a pas été évoqué. Nous avons réitéré notre appel pressant à une reprise du processus de paix et exhorté les deux parties à relancer des discussions de fond afin de mener à bien le processus de paix au Moyen-Orient.

Nous avons tous salué la dimension innovante et prospective de la nouvelle vision américaine concernant la conclusion d’un accord-cadre. Toutefois, les détails de cette nouvelle vision ont suscité des réactions différentes. Pour être honnête avec vous, les partenaires du G8 ont des approches différentes de la coopération avec le Hamas et l’OLP et de la question des frontières de 1967.

Des inquiétudes ont également été exprimées concernant les risques associés à une potentielle tentative palestinienne de demander unilatéralement la reconnaissance lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Je peux vous dire que nous en discutons également avec les États membres et j’espère que l’Europe aura une position commune sur la question.

 
  
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  Malika Benarab-Attou (Verts/ALE). - Monsieur le Président, Monsieur Barroso, les pays du G8 ont décidé de l’octroi d’une somme de quarante milliards de dollars pour la Tunisie et l’Égypte, comme il a déjà été dit. Cependant, l’Union européenne doit plaider pour plus de transparence, de visibilité et de traçabilité, en somme pour une meilleure gouvernance de ces aides.

Il convient de mettre l’accent sur quatre points essentiels: premièrement, garantir le caractère démocratique et la transparence absolue dans la coopération au développement. Deuxièmement, s’assurer dudit respect des droits de l’homme, mais aussi accroître le rôle et les capacités des organisations de la société civile et organiser une réforme du système de gouvernance de l’aide avec une implication plus forte du Parlement européen.

Monsieur Barroso, l’UE doit se porter garante de la bonne réception par les populations cibles de ces aides. Quelles sont les mesures concrètes envisagées par l’Union européenne dans ce sens?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. − Madame la députée, vous avez dit exactement ce que je pense. Je suis on ne peut plus d’accord avec vous. Nous allons maintenant le faire à l’aide de plusieurs instruments pour vérifier effectivement que les engagements pris par les pays partenaires sont tenus et appliqués avec détermination. Je peux vous dire que non seulement les services de la Commission, mais aussi la haute représentante, qui va d’ailleurs nommer un représentant spécial pour cette région, vont assurer le suivi de tous ces programmes. Nous pensons effectivement que c’est dans ce genre de dialogue que nous pouvons aider ces pays, notamment en renforçant la participation de la société civile.

J’étais récemment en Tunisie, où j’ai rencontré non seulement le gouvernement et le président de la République, mais également les représentants de la société civile, des organisations de femmes, des syndicats. J’ai vu à quel point ils considèrent important notre engagement, non seulement par le biais des gouvernements mais aussi par le biais de la société civile. Encore une fois, comme je l’ai dit à Mme de Sarnez, l’engagement du Parlement européen serait très important à cet égard aussi, dans le cadre de relations avec les parlements et les partis politiques naissants dans ces jeunes ou nouvelles démocraties.

 
  
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  Georgios Koumoutsakos (PPE).(EL) Monsieur le Président, au récent sommet du G8, vous avez discuté de l’économie mondiale et vous avez convenu de rester concentrés sur les objectifs de viabilité des finances publiques et de reprise économique ainsi que sur les actions visant à réduire le chômage, tous ces objectifs étant poursuivis dans l’intérêt de la société et des citoyens.

Cependant, si nous prenons l’exemple de la Grèce, des dizaines et des centaines de milliers de citoyens ont envahi la place et les rues autour du parlement hellénique de façon relativement spontanée, sans avoir reçu de directive à ce sujet, pour réclamer avec colère un niveau de vie décent et des perspectives d’avenir. Vous conviendrez, Monsieur le Président, qu’aucune politique ne peut être efficace si elle n’est pas soutenue ou, à tout le moins, tolérée par la société. En Grèce, la politique est fondamentalement prise dans un dilemme entre une austérité épuisante ou la faillite.

Ces événements vous inquiètent-ils? Ils posent un problème politique majeur. Quel message avez-vous à adresser à ces gens qui réclament, dans la dignité et de manière pacifique, des perspectives et un meilleur avenir pour eux, leur famille et leurs enfants?

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) Avant toute chose, je tiens à exprimer ma solidarité avec le peuple grec. Les temps sont très difficiles pour la Grèce, j’en suis conscient. Mais je pense aussi que la responsabilité des dirigeants politiques, au niveau européen ou national, qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition, est d’indiquer ce que les pays doivent faire. La Grèce ne sortira pas de cette crise sans un assainissement budgétaire et une réforme structurelle.

Certaines mesures douloureuses sont inévitables en Grèce et celui qui prétend le contraire ment au peuple grec. J’appelle les dirigeants grecs à expliquer à la population, en des termes honnêtes, les choix difficiles que le pays doit faire. Nous le soutiendrons tous.

Au Conseil européen, j’ai personnellement proposé une diminution des taux d’intérêt sur les prêts octroyés à la Grèce. Mais, en même temps, soyons honnêtes: la Grèce doit elle aussi accomplir une partie de l’effort, parce qu’un pays ne peut vivre éternellement avec des niveaux aussi élevés d’endettement.

Tel est le message honnête que nous devons adresser au gouvernement et à l’opposition en Grèce et que nous devons accepter en Europe si nous voulons réellement venir en aide à ce pays.

 
  
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  John Bufton (EFD). – (EN) Monsieur le Président, je suis heureux que vous ayez soulevé la question des problèmes de la zone euro au sommet du G8. Il s’agit d’une crise et nous le savons tous. Comme l’a dit l’orateur précédent, plusieurs États membres sont inquiets. Nous avons eu récemment des problèmes à Madrid, où les citoyens ont manifesté dans les rues. Il y a eu des manifestations à Lisbonne, un peu partout, et nous avons vu également ce qui s’est passé en Grèce.

Ne serait-il pas temps, Monsieur Barroso, de parler vrai - vous avez parlé de mensonges tout à l’heure - et de dire qu’il y a une option, à savoir, permettre à ces pays de sortir de la zone euro? C’est la seule façon de s’en sortir.

 
  
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  José Manuel Barroso, président de la Commission. – (EN) J’ai un grand respect pour tous nos États démocratiques et donc, il ne m’appartient pas de leur dire ce qu’ils devraient faire dans cette matière. Mais nous savons que la Grèce n’a pas l’intention de sortir de la zone euro. Je suis en contact permanent avec les autorités grecques et avec le principal parti d’opposition et je sais qu’ils ne souhaitent pas sortir de la zone euro.

Peut-être que certains d’entre vous voudraient que ce pays sorte de la zone euro, ou peut-être que votre pays n’est pas dans la zone euro, et nous respectons cela, mais la Grèce est très engagée dans le projet européen. La Grèce connaît des difficultés et nous essayons de la soutenir mais, je vous en prie, n’attaquez pas l’euro pour des raisons idéologiques.

Le fait est que certains pays hors de la zone euro ont des problèmes au moins comparables. L’Islande ne fait pas partie de la zone euro et a fait faillite. Soyons francs: l’Islande était un des pays les plus riches par habitant avant la crise financière.

Dans l’Union européenne, certains pays sont confrontés au même type de difficultés en raison de niveaux de dépenses très élevés. Autrement dit, l’euro n’est pas le problème. Le problème vient d’un niveau d’endettement très élevé ou de niveaux de déficit économique très élevés.

 
  
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  Le Président. – L’heure des questions au président de la Commission est close.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE MME ISABELLE DURANT
Vice-présidente

 
Dernière mise à jour: 27 octobre 2011Avis juridique