Article
 

Les députés européens veulent du 100% bio

Agriculture - 06-03-2007 - 16:11
Partager
Une fille tient une pomme bio dans la main

Les fruits biologiques ne contiennent aucun pesticide. Cela vous tente ?

La crise de la vache folle ou les débats sur les OGM ont conduit les consommateurs européens, ces dernières années, à se préoccuper davantage de la sécurité de leurs aliments et du respect de l’environnement. Surfant sur cette tendance, l’agriculture biologique s’étend : 3,6% des terres cultivées européennes s’y consacrent et le secteur croît de 30% par an. Le Parlement européen vient de se pencher sur les garanties que le secteur du bio peut offrir au consommateur afin de garder sa confiance.

Un produit biologique, c’est avant tout un produit qui ne contient aucun pesticide issu de la chimie. L’agriculture biologique renvoie donc à une méthode de production et à des pratiques agricoles qui respectent l’environnement et la diversité biologique. Elle est basée sur le recyclage et la rotation des terres cultivées, sur l’absence d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), et sur la garantie que l’on n’administre ni hormones ni antibiotiques aux animaux.
 
Comme ils sont bio, les produits agricoles européens !
 
Depuis les premières règlementations européennes en matière d’agriculture biologique en 1992, des centaines de milliers d’exploitations se sont converties à ce mode de production. Mais la situation du bio varie d’un Etat-membre à l’autre -tout comme le soutien accordé à ce secteur dans chacun d’entre eux.
 
Pour encourager le développement de l’agriculture biologique, la Commission européenne a présenté en 2004 une communication intitulée « Plan d'action européen en matière d'alimentation et d'agriculture biologiques » : pour la première fois, elle reconnaît que ce secteur joue un rôle important dans la Politique Agricole Commune, et elle soutient son développement. Pour cela il est, selon elle, essentiel de définir clairement les principes et objectifs de l’agriculture biologique au niveau européen, de garantir la fiabilité des systèmes d’inspection des fermes biologiques, et de surmonter les dysfonctionnements du marché dus aux standards et logos privés.
 
Les députés européens étaient appelés à se prononcer sur les propositions de la Commission.
 
Pomme de discorde sur la contamination du bio par les OGM
 
« La demande des consommateurs s’accroît continuellement et rencontre aussi de plus en plus de produits importés, ce qui pose de nouveaux problèmes d’inspection, de certification et d’étiquetage », annonce le rapport adopté en commission agriculture le 27 février dernier. Rédigé par la députée verte française Marie Hélène Aubert, ce rapport se concentre notamment sur l’étiquetage des produits biologiques, qui devraient être garantis « sans OGM ».
 
Or, selon les règles actuelles, un produit agricole pourra toujours être étiqueté « biologique », même s’il contient jusqu’à 0,9% d’OGM. C’est une « marge de contamination accidentelle » autorisée. Certains pays européens demandent donc que cette marge soit réduite à 0,2% de présence d’OGM.
 
Pour Marie Hélène Aubert, ce n’est pas tant cette marge de contamination accidentelle par les OGM qui importe, que l’assurance que les Etats-membres « prennent des mesures concrètes pour empêcher cette contamination  ». En somme, mieux vaut éviter les contaminations que devoir les mentionner a posteriori.
 
Elle conclut : « Alors que la demande en production bio par les consommateurs est de plus en plus forte, nous devons donner la garantie que les produits bio qu'ils achètent sont 100% bio ».
 
Un logo européen pour le bio
 
Selon les députés de la commission agriculture, un logo européen permettrait de garantir que les produits sont bien biologiques, selon des standards communs. Comme l’explique la rapportrice Marie Hélène Aubert : "Il est nécessaire d'instaurer des règles communes d'étiquetage afin que le consommateur soit informé sur la provenance des produits et qu'il sache selon quels standards de qualité il a été mis sur le marché. L'utilisation du logo communautaire favorisera la transparence dans l'échange des produits bio, et la possibilité maintenue de conserver des logos nationaux déjà connus du consommateur améliorera la visibilité et permettra l'utilisation de cahiers des charges plus restrictifs si nécessaires".
 
Le logo européen sera appliqué aux aliments contenant 95% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique, mais l'ajout d'autres logos d'organismes de certification privés mieux connus des consommateurs resterait donc possible. Le contrôle sur les exploitations biologiques devra lui aussi être harmonisé : les organismes de contrôle nationaux devraient être "certifiés conformes" aux normes européennes. Enfin, en matière d’importations, le rapport stipule que « les opérateurs des pays tiers devraient être en mesure de fournir aux importateurs ou aux autorités nationales une attestation délivrée par un organisme de contrôle communautaire compétent. »

Bonne nouvelle pour les clients réguliers de la restauration collective -et les enfants en particulier : le règlement devrait être étendu à l'ensemble de ce secteur (cantines, traiteurs, restaurants...) et à des produits tels que la laine, les compléments alimentaires, les huiles essentielles.
 
A suivre au Parlement 
 
Le rapport sur l’agriculture biologique sera voté en session plénière au mois de mars prochain, avant que les ministres de l’agriculture des 27 pays membres ne donnent leur opinion finale en juin. A suivre sur notre bio site !
 
REF.: 20070306STO03810