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Kowal: "dans 10-15 ans, il sera naturel de parler de l'adhésion de l'Ukraine"

Relations extérieures - 13-11-2013 - 09:36
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Pawel Kowal: "le partenariat oriental est devenu un instrument politique sérieux"

Photographie de Paweł Kowal, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes européens et Président de la Délégation à la commission de coopération parlementaire UE-Ukraine

Le sommet de Vilnius du partenariat oriental pourrait marquer une étape importante pour les relations entre l'Union européenne et l'Ukraine, les deux parties espérant signer l'accord d'association. Paweł Kowal (CRE, PL), chef de la délégation à la commission de coopération parlementaire UE-Ukraine, a accepté de répondre à nos questions. Cet entretien a eu lieu avant la décision du gouvernement ukrainien de reporter l'accord d'association.

Qu'apportent les deux parties au sommet? Quelles sont les attentes avant la rencontre à Vilnius?

Nous nous rendons à Vilnius avec un nouveau budget pour le partenariat oriental et des propositions législatives concrètes à signer avec l'Ukraine qui seront paraphées par la Géorgie et la Moldavie. Nous proposons également l'exemption de visa pour la Moldavie. À leur tour, ils nous présenteront les réformes qu'ils ont réalisées. Le partenariat oriental, malgré de nombreuses critiques pour un manque d'intensité, porte ses fruits et est devenu un instrument politique sérieux.

Est-ce que quelque chose risque de compromettre la signature de l'accord? Si tel est le cas, est-ce qu'une autre solution est prévue? Quels sont les risques d'un tel retournement de situation?

L'accord a été négocié, paraphé, traduit et révisé légalement. Il est complètement prêt à être signé. Nous avons maintenant besoin de l'accord politique du Conseil. Que les États membres signent ou non l'accord dépend de comment le cas Tymochenko sera résolu.

Nous pourrions reporter l'accord, mais est-ce qu'il y aura toujours une volonté politique de le signer dans un futur proche ? Nous risquons une attente d'au moins deux ans et demi.


Dans quelle mesure cet accord pourrait influencer les relations entre l'Union européenne et l'Ukraine et entre l'Ukraine et la Russie?

Les Ukrainiens seront capables de se sentir chez eux, même s'ils ne font pas partie de l'Union européenne. Dans 10-15 ans, il sera naturel de parler de l'adhésion de l'Ukraine. Nous devons également envoyer un message clair aux citoyens des pays concernés par le partenariat oriental, et cela pourrait se faire, mis à part à travers des accords d'association, par l'introduction de l'exemption de visa.

Cet accord ne changera pas grand-chose aux relations entre l'Ukraine et la Russie. Il ouvrira de nouveaux canaux commerciaux pour les Russes qui y gèrent leurs affaires, ce qui leur permettra de se sentir les bienvenus dans la maison commune qu'est l'Union européenne. Pragmatiquement, la Russie proposera de nouvelles et de favorables relations économiques à l'Ukraine après la signature de l'accord. Il y a trop de liens étroits pour que quelqu'un les détruise.

 
REF.: 20131111STO24346