déposée avec demande d'inscription à l'ordre du jour du débat sur des cas de violation des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit
conformément à l'article 115 du règlement
par Frédérique Ries et Marios Matsakis
au nom du groupe ALDE
sur la violence contre les journalistes au Bangladesh
NB : Cette proposition de résolution n'est disponible que dans sa langue originale
Résolution du Parlement européen sur la violence contre les journalistes au Bangladesh
B6‑0599/2006
Le Parlement européen,
-
vu ses résolutions précédentes sur le Bangladesh,
-
vu les Rapports de "Reporters sans Frontières" sur la liberté de presse au Bangladesh,
-
vu l'Accord de Coopération entre la Communauté européenne et la République du Bangladesh en matière de partenariat et de développement,
-
vu l'article 115, paragraphe 5 de son règlement,
A.
considérant qu'en 2006 trois journalistes ont été tués et au moins 95 autres ont été agressés,
B.
considérant le cas particulièrement choquant du directeur de l'hebdomadaire bangladeshi "Weekly Blitz", Salah Uddin Shoaib Choudhury, un journaliste prônant le dialogue entre les religions et la reconnaissance de l'Etat d'Israël; arrêté le 29 novembre 2003, il risque la condamnation à mort lors du procès pour sédition qui s'ouvre le lundi 13 novembre 2006,
C.
considérant par ailleurs que deux bombes ont explosé le 5 juillet 2006 aux abords du siège de cet hebdomadaire; la police n'ayant pas installé de mesures de sécurité malgré les menaces perpétrées à l'encontre du journal et de son directeur,
D.
considérant que 55 correspondants de presse ont été les cibles d'intimidations pour des articles jugés "non islamiques" par des groupes armés et que, au cours de l'année, plus de 70 journalistes ont été contraints de fuir leur ville sous la menace,
E.
considérant que la violence contre la presse est particulièrement forte dans la région de Khulna (sud-ouest du pays) où des groupes armés d'inspiration maoïstes s'en prennent aux "ennemis de classe"; deux journalistes y ayant été assassinés en 2005,
F.
considérant que la violence contre les journalistes, notamment en province, hypothèque la possibilité pour la presse de parler librement des sujets cruciaux, en particulier la collusion entre les politiques et le crime organisé,
G.
considérant que l'association "Reporters sans Frontières" a recensé au moins quinze tentatives d'assassinat,
H.
considérant que les quatre chaînes de télévision privées du pays ont des difficultés à faire valoir un autre point de vue que celui du gouvernement si elles veulent garder leur licence,
I.
considérant que des attaques contre des journalistes sont rarement condamnés par les autorités et les fonctionnaires du parti au pouvoir, ce qui encourage un climat d'impunité qui engendre, à son tour, davantage de violence,
J.
considérant que le pouvoir a empêché par la force la tenue d'un séminaire sur la liberté de la presse, qui aurait dû avoir lieu le 13 avril 2006 à Debidwar,
1.
Demande la révision du procès et l'acquittement de Salah Uddin Shoaib Choudhury, dont l'inculpation défie toutes les normes de droit international et les conventions condamnant les violations de la liberté de la presse;
2.
Demande aux autorités de mettre fin au climat d'impunité et d'engager des poursuites à l'encontre des auteurs d'agression et de harcèlement envers les journalistes au Bangladesh;
3.
Condamne l'inaction des autorités et l'absence de protection de la part des autorités dans l'un des pays les plus dangereux du continent pour les journalistes et demande l'arrestation immédiate des responsables de ces délits et crimes, ainsi que la protection des journaux et de leur personnel;
4.
Demande au gouvernement intérimaire de garantir un équilibre des médias publics pendant la campagne électorale;
5.
Demande au Conseil et à la Commission de suivre avec beaucoup d'attention la situation des droits de l'homme et la situation politique au Bangladesh et d'exercer la pression requise sur les autorités de ce pays;
6.
Charge son Président de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil et au gouvernement du Bangladesh.