Procédure : 2007/2665(RSP)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document : B6-0516/2007

Textes déposés :

B6-0516/2007

Débats :

PV 12/12/2007 - 12
CRE 12/12/2007 - 12

Votes :

PV 13/12/2007 - 6.9

Textes adoptés :

P6_TA(2007)0623

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
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Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B6-0512/2007
10 décembre 2007
PE398.198v01-00
 
B6‑0516/2007
déposée à la suite d'une déclaration de la Commission
conformément à l'article 103, paragraphe 2, du règlement
par Monica Frassoni, Daniel Cohn-Bendit et Kathalijne Maria Buitenweg
au nom du groupe Verts/ALE
sur la lutte contre la montée de l'extrémisme en Europe

Résolution du Parlement européen sur la lutte contre la montée de l'extrémisme en Europe 
B6‑0516/2007

Le Parlement européen,

–  vu les articles 2, 6, 7 et 29 du traité sur l'Union européenne et l'article 13 du traité CE, qui font obligation aux États membres d'observer les normes les plus rigoureuses en matière de droits de l'homme et de non-discrimination, et vu la Charte européenne des droits fondamentaux,

–  vu la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que l'ensemble des États membres de l'Union européenne et plusieurs pays tiers ont signée,

–  vu ses résolutions précédentes sur le racisme, la xénophobie et l'extrémisme, et notamment sa résolution du 15 juin 2006 sur la montée des violences racistes et homophobes en Europe(1),

–  vu l'article 103, paragraphe 2, de son règlement,

A.  considérant que le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie et l'homophobie sont motivés par des raisons irrationnelles et sont liés non seulement au refus de concevoir le caractère multiculturel de nos sociétés et de percevoir la différence comme une forme de richesse, mais aussi à la marginalisation sociale et à l'exclusion, à la pauvreté, au chômage et à l'absence d'éducation,

B.  considérant que plusieurs pays européens ont récemment été le théâtre d'événements violents et de meurtres motivés par la haine raciste, xénophobe, homophobe, antisémite et anti-Roms et que d'autres formes directes et indirectes de racisme, de xénophobie, d'homophobie, d'antisémitisme et de haine à l'égard des gitans persistent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Union européenne,

C.  considérant que sur le plan politique, il y a eu une progression des positions extrémistes, en relation avec le racisme et la xénophobie, qui a débouché sur des campagnes de haine, de peur et de xénophobie dans plusieurs États membres,

D.  considérant qu'aucun État membre n'est à l'abri des menaces intrinsèques que l'extrémisme fait peser sur la démocratie et que, de ce fait, la lutte contre la propagation de positions extrémistes est un défi européen,

E.  considérant que les groupes vulnérables, notamment les migrants, les homosexuels, les partisans de la lutte contre le racisme, ainsi que les sans-abri, sont la cible des actes de violence perpétrés par les néo-nazis et l'extrême-droite,

1.  condamne avec force toutes les agressions racistes et motivées par la haine; prie instamment les autorités nationales de faire tout leur possible pour punir les coupables; exprime sa solidarité avec toutes les victimes de telles agressions et leurs familles;

2.  souligne que la lutte contre l'extrémisme ne doit pas avoir d'effets négatifs sur l'obligation permanente de respecter les droits et les principes juridiques fondamentaux, notamment la liberté d'expression et d'association, tels qu'ils sont consacrés par l'article 6 du traité sur l'Union européenne;

3.  presse la Commission et le Conseil de rechercher des réponses politiques et juridiques appropriées, particulièrement au stade de la prévention, sans oublier les réponses à apporter en termes d'éducation des jeunes et d'information du public, de lutte contre le totalitarisme par l'enseignement et de diffusion des principes des droits de l'homme et des libertés fondamentales, afin de préserver la mémoire de l'histoire européenne; demande aux États membres d'élaborer des politiques éducatives encourageant la citoyenneté démocratique, fondées sur les droits et les devoirs des citoyens;

4.  invite les institutions européennes à charger clairement l'Agence européenne des droits fondamentaux d'enquêter sur les structures des groupes d'extrême-droite pour déterminer si ceux-ci coordonnent leurs actions dans l'ensemble de l'Union européenne ou au niveau régional;

5.  réaffirme sa conviction que les personnalités publiques devraient s'abstenir de faire des déclarations qui encouragent ou incitent à la haine ou à la stigmatisation de certains groupes en fonction de leur race, leur origine ethnique, leur religion, leur handicap, leur orientation sexuelle ou leur nationalité; estime qu'il convient de considérer comme une circonstance aggravante le fait que de tels propos haineux soient tenus par des personnalités publiques;

6.  souligne la nécessité d'une action plus large de la société civile pour venir en aide aux victimes du racisme; invite dès lors l'ensemble des États membres à fournir aux ONG suffisamment de ressources financières, humaines et matérielles pour leur permettre de remplir leurs missions;

7.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2006)0273.

Dernière mise à jour: 11 décembre 2007Avis juridique