déposée à la suite d'une déclaration du Conseil et de la Commission
conformément à l'article 110, paragraphe 2, du règlement
sur l'avenir du partenariat stratégique Afrique-Union européenne au lendemain du troisième sommet Afrique-Union européenne
Charles Goerens, Marielle De Sarnez, Louis Michel, Ivo Vajgl, Fiona Hall
au nom du groupe ALDE
Résolution du Parlement européen sur l'avenir du partenariat stratégique AfriqueUnion européenne au lendemain du troisième sommet Afrique-Union européenne
B7‑0698/2010/rev
Le Parlement européen,
– vu la déclaration conjointe Afrique-Union européenne de Tripoli du 30 novembre 2010,
– vu les préférences commerciales dont bénéficie l'Afrique au moyen de la loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et du partenariat commercial Chine-Afrique,
– vu l'article 110, paragraphe 2, de son règlement,
A. considérant que la déclaration de Tripoli incarne la volonté des différents dirigeants de consolider le partenariat stratégique instauré il y a trois ans entre les deux continents pour répondre ensemble aux défis communs et promouvoir la croissance dans l'intérêt de tous, en Afrique comme en Europe,
B. considérant que les dirigeants africains et européens ont inscrit cette déclaration politique dans un plan d'action de trois ans (2010-2013) afin de donner une teneur concrète aux priorités définies, telles que la paix et la sécurité, la démocratie et les droits de l'homme, le commerce et les infrastructures, l'énergie, l'immigration et l'emploi,
C. considérant que l'éradication de la pauvreté reste au cœur de la déclaration conjointe AfriqueUnion européenne axée sur les causes structurelles de la pauvreté, au vu des crises récentes comme le changement climatique et la flambée des prix des denrées alimentaires et du pétrole, ainsi que la crise financière,
D. considérant que le secteur privé, tout comme la société civile, essentiellement en Afrique, pourraient être mis en mesure d'apporter une contribution bien plus importante à la stratégie que ce qui a été le cas jusqu'à présent,
E. considérant que la sécurité alimentaire est à la base de tout développement et que, cependant, plus d'un quart des Africains sont sous-alimentés,
F. considérant que, tout en facilitant les échanges commerciaux, la création de capacités productives, le développement des capacités en matière d'offre, la valeur ajoutée et la diversification des exportations, ainsi que les infrastructures reliant les pays voisins conduiront au renforcement de la compétitivité de l'Afrique au niveau régional et international,
G. considérant que le développement des échanges commerciaux et la stimulation des entreprises offrent un moyen durable de sortir du cercle vicieux de la pauvreté,
H. considérant que la corruption et la mauvaise gouvernance compromettent gravement les avancées réalisées en matière de développement,
I. considérant que la fuite illicite des capitaux et l'évasion fiscale font perdre chaque année des milliards de dollars aux nations africaines,
J. considérant que la part de l'Afrique dans le commerce mondial est passée d'environ 6 % il y a 25 ans, à 3 %,
K. considérant que le manque d'investissements étrangers en Afrique reste un réel problème,
L. considérant que la contribution du commerce intérieur africain aux résultats commerciaux globaux de l'Afrique est la plus faible, comparée aux autres régions,
M. considérant que, dans le domaine du commerce, demeurent encore des divergences sur les accords de partenariat économique (APE), que tout doit être mis en œuvre pour conclure ces accords, en gardant à l'esprit le faible niveau de capacités de production des pays africains et que des avancées en matière de développement devraient être au cœur des futurs résultats du cycle de Doha,
N. considérant que la déclaration de Tripoli a réaffirmé l'engagement de l'Union européenne de renforcer son aide en vue d'atteindre l'objectif collectif de 0,7 % du produit national brut d'ici 2015,
O. considérant qu'au début du sommet Union européenne-Afrique, le président libyen Mouammar Kadhafi a appelé à renforcer l'aide de l'Union européenne aux pays africains afin de lutter contre la migration illégale vers l'Europe,
P. considérant que l'Union européenne demeure le premier bailleur d'aide mondiale officielle au développement et le plus grand donateur à l'Afrique,
1. salue la mise en place effective de cette ambitieuse stratégie de continent à continent au cours des trois dernières années et appelle à mettre en œuvre rapidement la déclaration de Tripoli car il est désormais temps que la stratégie produise des résultats concrets et procure une réelle valeur ajoutée;
2. salue la direction de l'Union africaine et ses initiatives en vue de renforcer l'intégration et d'améliorer le développement durable au sein du continent africain; reconnaît aussi l'importance de la dimension de l'intégration régionale pour la croissance et le développement, et souligne en particulier l'engagement contenu dans la déclaration de Tripoli de rendre l'architecture africaine de paix et de sécurité pleinement opérationnelle, en étroite coopération avec les organisations régionales;
3. salue l'engagement systématique et fructueux du secteur privé, des parlements nationaux africains et de la société civile dans la stratégie; souligne que la politique favorable aux entreprises attire les investissements privés, à condition que la corruption soit bannie, que l'État de droit soit respecté et que la transparence soit assurée;
4. demande instamment aux dirigeants africains et européens d'honorer l'engagement de Tripoli et de faire de la stratégie un outil pour dynamiser le marché au sein du continent africain, au moyen de programmes de soutien renforcés pour les communautés économiques régionales et pour l'amélioration des infrastructures sur le continent africain; attend de l'Union européenne qu'elle honore ses engagements en matière d'aide au commerce; souligne que tous les aspects des relations commerciales entre l'Afrique et l'Union européenne doivent tenir compte de la capacité économique et de négociation limitée de l'Afrique;
5. invite instamment les dirigeants africains et européens à garantir, par cette stratégie, un meilleur accès au crédit et aux services financiers en Afrique;
6. exhorte les dirigeants africains et européens à se servir conjointement de la stratégie pour s'engager dans la lutte contre la fuite illicite des capitaux et l'évasion fiscale, promouvoir la transparence totale et la rédaction de rapports pays par pays, et renforcer la pression internationale sur toutes les juridictions qui pourraient autoriser la fraude ou l'évasion fiscale dans les pays en développement;
7. demande instamment aux dirigeants africains et européens de garantir, par le biais de la stratégie, l'accès des petites entreprises au microcrédit, ainsi que la transparence des services financiers en Afrique et de se pencher sur l'aspect fiscal du développement, en mettant en place des régimes fiscaux efficaces et viables en Afrique, afin d'assurer l'existence de sources durables de financement du développement;
8. salue l'engagement commun de l'Afrique et de l'Union européenne en faveur des principes fondamentaux, parmi lesquels le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'État de droit, ainsi que la condamnation de toutes les formes de terrorisme;
9. se félicite des positions ambitieuses communes sur la scène internationale, par exemple au regard du changement climatique, de la lutte contre le terrorisme, de la migration, des accords commerciaux internationaux, de la représentation de l'Union européenne et de l'Afrique au sein des institutions internationales et de l'utilisation du partenariat stratégique pour encourager le consensus sur des questions d'intérêt mutuel;
10. rappelle l'importance de garantir la sécurité alimentaire en Afrique et souligne la nécessité de renforcer les secteurs de l'agriculture et de la pêche en Afrique, et ce, de manière durable, notamment en ce qui concerne les petits exploitants agricoles;
11. est d'avis que l'énergie renouvelable est indispensable au développement économique et social de l'Afrique, et souligne l'appel du président Barroso à mener une révolution verte dans le secteur de l'énergie en Afrique;
12. souligne qu'une attention particulière doit être accordée à la réduction de la dépendance de l'Afrique vis-à-vis des énergies fossiles et à la diminution de sa vulnérabilité à l'augmentation des prix;
13. souligne l'importance de la cohérence politique pour le développement comme principe directeur de la stratégie conjointe Afrique-Union européenne, notamment entre les politiques sur le commerce, le développement, l'agriculture, la pêche et l'utilisation durable des ressources naturelles;
14. souligne l'appel de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, aux dirigeants africains à soutenir la Cour pénale internationale et à souscrire totalement au principe de la lutte contre l'impunité;
15. souligne que la politique de prévention des conflits est une condition préalable majeure à l'instauration d'une paix durable et salue l'engagement de l'Union africaine et de l'Union européenne de se pencher sur les causes structurelles des conflits, notamment pour faire face aux problèmes survenus à la suite du référendum au Sud-Soudan;
16. charge son président de transmettre la présente résolution à la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité/vice-présidente de la Commission, au Conseil, à la Commission, aux gouvernements des États membres et des pays candidats, aux institutions de l'Union africaine, y compris au parlement panafricain, au secrétaire général des Nations unies et au secrétaire général de la SADC, ainsi qu'aux gouvernements des États représentés au sommet Union européenne-Afrique.