Procédure : 2016/2556(RSP)
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Cycle relatif au document : RC-B8-0173/2016

Textes déposés :

RC-B8-0173/2016

Débats :

PV 04/02/2016 - 7.1
CRE 04/02/2016 - 7.1

Votes :

PV 04/02/2016 - 8.1
CRE 04/02/2016 - 8.1

Textes adoptés :

P8_TA(2016)0043

PROPOSITION DE RÉSOLUTION COMMUNE
PDF 289kWORD 80k
3.2.2016
PE576.534v01-00}
PE576.543v01-00}
PE576.545v01-00}
PE576.547v01-00}
PE576.551v01-00} RC1
 
B8-0173/2016}
B8-0182/2016}
B8-0184/2016}
B8-0186/2016}
B8-0190/2016} RC1

déposée conformément à l'article 135, paragraphe 5, et à l'article 123, paragraphe 4, du règlement

en remplacement des propositions de résolution déposées par les groupes:

Verts/ALE (B8-0173/2016)

ECR (B8-0182/2016)

S&D (B8-0184/2016)

PPE (B8-0186/2016)

ALDE (B8-0190/2016)


sur la situation des droits de l’homme en Crimée, notamment des Tatars de Crimée (2016/2556(RSP))


Cristian Dan Preda, Elmar Brok, Andrej Plenković, Davor Ivo Stier, David McAllister, Patricija Šulin, Lorenzo Cesa, Andrey Kovatchev, Jarosław Wałęsa, Anna Maria Corazza Bildt, Milan Zver, Lara Comi, Tunne Kelam, Bogdan Brunon Wenta, Michaela Šojdrová, Eva Paunova, Jaromír Štětina, Giovanni La Via, Ildikó Gáll-Pelcz, Marijana Petir, Ivan Štefanec, József Nagy, Sven Schulze, Pavel Svoboda, Luděk Niedermayer, Tomáš Zdechovský, László Tőkés, Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, Eduard Kukan, Stanislav Polčák, Ivana Maletić, Csaba Sógor, Adam Szejnfeld, Dubravka Šuica, Romana Tomc, Therese Comodini Cachia, Kinga Gál, Claude Rolin, Roberta Metsola, Inese Vaidere au nom du groupe PPE
Pier Antonio Panzeri, Elena Valenciano, Josef Weidenholzer, Victor Boştinaru, Arne Lietz, Jo Leinen, Knut Fleckenstein, Ana Gomes, Richard Howitt, Zigmantas Balčytis, Hugues Bayet, Brando Benifei, José Blanco López, Vilija Blinkevičiūtė, Nicola Caputo, Andi Cristea, Isabella De Monte, Doru-Claudian Frunzulică, Eider Gardiazabal Rubial, Lidia Joanna Geringer de Oedenberg, Maria Grapini, Sylvie Guillaume, Cătălin Sorin Ivan, Jeppe Kofod, Javi López, Krystyna Łybacka, Sorin Moisă, Victor Negrescu, Emilian Pavel, Vincent Peillon, Miroslav Poche, Inmaculada Rodríguez-Piñero Fernández, Daciana Octavia Sârbu, Monika Smolková, Tibor Szanyi, Marc Tarabella, Carlos Zorrinho, Neena Gill au nom du groupe S&D
Mark Demesmaeker, Charles Tannock, Ryszard Antoni Legutko, Ryszard Czarnecki, Anna Elżbieta Fotyga, Tomasz Piotr Poręba, Geoffrey Van Orden, Zdzisław Krasnodębski, Monica Macovei, Kosma Złotowski, Jadwiga Wiśniewska, Karol Karski, Jana Žitňanská, Angel Dzhambazki, Ian Duncan, Arne Gericke au nom du groupe ECR
Petras Auštrevičius, Pavel Telička, Marietje Schaake, Marielle de Sarnez, Beatriz Becerra Basterrechea, Dita Charanzová, Martina Dlabajová, José Inácio Faria, Nathalie Griesbeck, Antanas Guoga, Marian Harkin, Ivan Jakovčić, Louis Michel, Urmas Paet, Robert Rochefort, Ivo Vajgl, Johannes Cornelis van Baalen, Hilde Vautmans, Valentinas Mazuronis au nom du groupe ALDE
Rebecca Harms, Heidi Hautala, Bodil Valero, Peter Eriksson, Tamás Meszerics, Bronis Ropė, Igor Šoltes, Davor Škrlec au nom du groupe Verts/ALE

Résolution du Parlement européen sur la situation des droits de l’homme en Crimée, notamment des Tatars de Crimée (2016/2556(RSP))  

Le Parlement européen,

–  vu ses résolutions antérieures sur le partenariat oriental, l’Ukraine et la Fédération de Russie,

–  vu les rapports de la mission d’évaluation des droits de l’homme en Crimée menée par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l'OSCE et le haut-commissaire de l’OSCE pour les minorités nationales (HCMN),

–  vu les décisions du Conseil européen des 21 mars, 27 juin et 16 juillet 2014 instituant des sanctions à l’encontre de la Fédération de Russie à la suite de l’annexion illégale de la Crimée,

–  vu le "rapport sur la situation des droits de l’homme en Ukraine – 16 août au 15 novembre 2015" du Bureau du Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme,

–  vu la résolution 68/262 de l'Assemblée générale des Nations Unies du 27 mars 2014 intitulée "Intégrité territoriale de l'Ukraine",

–  vu le rapport de l’organisation Freedom House sur la liberté dans le monde en 2016, qui évalue la situation des libertés politiques et civiques dans la Crimée illégalement annexée et la qualifie de "non libre",

–  vu l'article 135, paragraphe 5, et l'article 123, paragraphe 4, de son règlement,

A.  considérant que la Fédération de Russie a illégalement annexé la Crimée et Sébastopol et a, par conséquent, violé le droit international, notamment la charte des Nations unies, l’acte final d’Helsinki, le mémorandum de Budapest de 1994 et le traité d’amitié, de coopération et de partenariat de 1997 entre la Fédération de Russie et l’Ukraine;

B.  considérant que, lors de l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie en mars 2014, les Ukrainiens, notamment les Tatars de Crimée, et l’armée ukrainienne ont fait preuve d'un grand courage et d'une grande loyauté vis-à-vis de l’Ukraine et se sont opposés de manière pacifique à l’acte de guerre que constituait l’annexion; que plusieurs organisations internationales et groupes de défense des droits de l’homme dénoncent le fait que la protection des droits de l’homme en Crimée a été fortement mise à mal depuis l’occupation et l’annexion illégale de la péninsule par la Fédération de Russie au début de l’année 2014;

C.  considérant que des abus ciblés ont été enregistrés contre la communauté tatare, dont la majorité s’est opposée à l'annexion russe et a boycotté le prétendu référendum du 16 mars 2014, et que ces abus ont été permis notamment par la législation vague et excessivement large de la Russie contre "l'extrémisme", qui vise à intimider ou réduire au silence les opposants; que ces abus comprennent des enlèvements, des disparitions forcées, des actes de violence et de torture, ainsi que des exécutions extrajudiciaires, sur lesquels les autorités de fait n’ont pas enquêté et qu'elles n'ont pas poursuivis;

D.  considérant que les dirigeants tatars de Crimée, tels que Moustafa Djemilev, membre de la Verkhovna Rada d’Ukraine, et Refat Tchoubarov, président du Mejlis, ont été interdits d’entrée en Crimée; qu'ils sont actuellement autorisés à y entrer, mais sous la menace d’une arrestation; qu’un tribunal russe a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre Moustafa Djemilev, qui a passé précédemment 15 ans dans les prisons soviétiques en raison de son action visant à permettre à son peuple de retourner dans son pays natal en Crimée;

E.  considérant que toutes les communautés religieuses, y compris les églises chrétiennes indépendantes de Moscou, ont vu leurs activités soumises à des restrictions; que ces difficultés sont dues à la sévère limitation de la liberté d’association, aux expropriations, à la non-délivrance de documents et aux perquisitions régulièrement menées dans les locaux subsistants de ces organisations religieuses;

F.  considérant que les personnes qui ont refusé de prendre la citoyenneté russe à la suite sont victimes de discriminations et de graves difficultés dans tous les domaines de la vie politique, sociale et économique;

G.  considérant que la Russie a restreint l’accès à la Crimée pour l'OSCE, les Nations unies et le Conseil de l’Europe, ainsi que pour les ONG de défense des droits de l’homme et les journalistes indépendants; que ces restrictions rendent extrêmement difficiles la surveillance des droits de l’homme en Crimée et la communication d'informations à ce sujet;

H.  considérant que l’ensemble de la population des Tatars de Crimée, un peuple autochtone de Crimée, a été déplacée vers d’autres parties de l’URSS en 1944, sans droit au retour jusqu’en 1989; que, le 12 novembre 2015, la Verkhovna Rada ukrainienne a adopté une résolution reconnaissant la déportation des Tatars de Crimée en 1944 comme un génocide et instituant le 18 mai comme Journée du souvenir;

1.  réaffirme son ferme attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et à son choix libre et souverain de suivre une voie européenne; rappelle sa ferme condamnation de l'annexion illégale de la péninsule de Crimée par la Russie et l’engagement pris par l’Union européenne, ses États membres et la communauté internationale d'appliquer sans réserve la politique de non-reconnaissance de l’annexion illégale de la Crimée; souligne également que le rétablissement du contrôle ukrainien sur la péninsule est l’une des conditions préalables en vue de rétablir des relations de coopération avec la Fédération de Russie, et notamment de la suspension des sanctions à cet égard;

2.  condamne fermement les violations des droits de l’homme d'une gravité sans précédent perpétrées notamment sous le prétexte de la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme à l’encontre des résidents de Crimée, et plus particulièrement des Tatars de Crimée, qui n'acceptent pas le régime des autorités locales illégitimes;

3.  condamne les graves entraves à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, notamment lors des manifestations commémoratives traditionnelles comme l’anniversaire de la déportation des Tatars de Crimée par le régime totalitaire de l’Union soviétique de Staline et à l'occasion des manifestations culturelles des Tatars de Crimée; souligne que, conformément au droit international, les Tatars, en tant que peuple autochtone de Crimée, ont le droit de maintenir et de renforcer leurs institutions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles distinctes; réclame le respect du Mejlis en tant que représentation légitime de la communauté tatare de Crimée, et demande d’éviter tout harcèlement et toute persécution systématique de ses membres; fait part de sa préoccupation quant aux violations de leurs droits de propriété et de leurs libertés, aux intimidations, aux mises en détention et au non-respect de leurs droits civiques, politiques et culturels; relève avec une égale préoccupation les exigences restrictives de réenregistrement pour les médias, ainsi que pour les organisations de la société civile;

4.  demande instamment aux autorités russes et aux autorités locales de fait d'enquêter de manière impartiale et transparente sur tous les cas de disparitions, de tortures et de violations des droits de l’homme perpétrés par la police et les forces paramilitaires dans la péninsule de Crimée depuis février 2014;

5.  rappelle que la Fédération de Russie, en tant que force d’occupation, a la responsabilité de veiller à la sécurité de l’ensemble de la population et au respect des droits humains, culturels et religieux, les droits des Tatars autochtones et de toutes les autres minorités de Crimée, et de faire respecter l’ordre juridique en Crimée;   

6.  rappelle que les institutions et les experts indépendants de l’OSCE, des Nations unies et du Conseil de l’Europe se sont vu entièrement ou partiellement refuser l’accès à la péninsule de Crimée, et ont donc été dans l'impossibilité d'observer la situation des droits de l’homme conformément à leur mandat en Crimée;

7.  invite les autorités de la Fédération de Russie et les autorités de fait de Crimée, qui sont tenues de respecter le droit humanitaire international et le droit international en matière de droits de l’homme, à accorder un accès sans restriction en Crimée aux institutions internationales et aux experts indépendants de l’OSCE, des Nations unies et du Conseil de l’Europe, ainsi qu'à toutes les ONG de défense des droits de l’homme et à tous les médias qui souhaitent se rendre sur place, évaluer et informer sur la situation en Crimée; invite le Conseil et le SEAE à faire pression sur la Russie à cet égard; se félicite de la décision du Secrétaire général du Conseil de l’Europe d'envoyer son représentant spécial pour les droits de l’homme en Crimée, étant donné qu’il s’agissait de la première visite à la suite de l’annexion russe et qu'elle devrait permettre une évaluation actualisée de la situation sur le terrain; attend avec intérêt ses conclusions;

8.  se félicite de l’initiative ukrainienne visant à mettre en place un mécanisme international de négociation sur le rétablissement de la souveraineté de l’Ukraine, sous le format "Genève plus", qui devrait inclure la participation directe de l’Union européenne; demande à la Russie d’entamer des négociations avec l’Ukraine et les autres parties sur la fin de l'occupation de la Crimée, la levée des embargos sur le commerce et l’énergie, et la suppression de l’état d’urgence en Crimée;

9.  déplore les obstacles mis au retour des dirigeants tatars en Crimée et les poursuites menées à leur égard, ainsi que l'exercice d'une pression croissante et inacceptable sur d’autres membres du Mejlis; déplore également la fermeture abusive du média ATR, qui a une large audience au sein de la communauté tatare de Crimée; invite la Commission européenne à apporter l’assistance financière nécessaire requise pour assurer le fonctionnement de ce média et d'autres médias en exil en Ukraine; considère la fermeture d’écoles et de classes de Tatars de Crimée ainsi que les restrictions imposées à l’utilisation de la langue comme une grave limitation des droits fondamentaux des membres de la Communauté, tout comme le fait que la langue ukrainienne ait été retirée de la sphère publique;

10.  plaide pour la préservation de l’environnement multiculturel de la Crimée et pour le respect intégral des langues et des cultures distinctes ukrainiennes, tatares et d'autres minorités;

11.  déplore les interventions des autorités de fait visant à entraver le fonctionnement du Mejlis des Tatars de Crimée, le plus haut organe exécutif et représentatif des Tatars de Crimée, par la fermeture de son siège et la saisie de certaines de ses propriétés et par d’autres actes d’intimidation;

12.  condamne la répression répétée contre les médias et les journalistes indépendants et les militants de la société civile en Crimée; déplore la délivrance forcée de passeports russes aux citoyens ukrainiens en Crimée par la Fédération de Russie; condamne également la pratique des autorités de fait imposant la citoyenneté russe aux résidents de Crimée;

13.  réitère son soutien à la décision de l’Union européenne d’interdire les importations en provenance de Crimée, si elles ne sont pas accompagnées d’un certificat d’origine délivré par les autorités ukrainiennes, et d'imposer des mesures restrictives à l’exportation de certains biens et technologies, aux investissements, au commerce et aux services en Crimée; invite le Conseil à maintenir ces sanctions jusqu’à l’achèvement de la réintégration pleine et entière de la Crimée dans l’ordre juridique de l’Ukraine;

14.  invite la Fédération de Russie à faire la lumière sur tous les cas de torture de prisonniers arrêtés illégalement en Crimée, à libérer les prisonniers comme Oleg Sentsov et Alexandr Koltchenko, ainsi qu'Akhtem Chiigoz, vice-président du Mejlis, Moustafa Degermedji et Ali Asanov, qui ont été arrêtés en Crimée pour leur protestation pacifique contre l’occupation, et à garantir leur retour en toute sécurité en Ukraine; presse la Fédération de Russie de mettre un terme aux poursuites pour motifs politiques menées contre des dissidents et des militants civiques; condamne leur transfert ultérieur en Russie et l’attribution forcée de la citoyenneté russe;

15.  condamne la militarisation de la péninsule de Crimée et ses conséquences négatives importantes pour la vie économique et sociale, ainsi que les menaces de la Russie de déployer des armes nucléaires en Crimée, qui mettent gravement en danger la sécurité régionale, européenne et mondiale; réitère son appel au retrait de toutes les forces russes en provenance de Crimée et de l’est de l’Ukraine;

16.  souligne que la coopération économique, ainsi que la fourniture de biens et de services entre l’Ukraine et la péninsule de Crimée temporairement occupée doit s'effectuer dans le cadre juridique de l’Ukraine et être respectée par toutes les parties, en évitant ainsi des conséquences négatives pour la population vivant en Crimée; invite les autorités, en cas de non-respect de cette démarché, à enquêter et à mettre un terme aux infractions;

17.  fait part de sa vive inquiétude en ce qui concerne la situation des personnes LGBTI en Crimée, qui s’est nettement aggravée à la suite de l’annexion russe, et en ce qui concerne les menaces et la répression pratiquées par les autorités de fait et les groupes paramilitaires;

18.  charge son Président de transmettre la présente résolution à la VP/HR, au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au président, au gouvernement et au Parlement ukrainiens, au Conseil de l’Europe, à l’OSCE, ainsi qu’au président, au gouvernement et au Parlement de la Fédération de Russie, et au Mejlis des Tatars de Crimée.

Dernière mise à jour: 3 février 2016Avis juridique