QUESTION ORALE pour l'heure des questions de la période de session de mai 2007 posée conformément à l'article 109 du règlement par Rodi Kratsa-Tsagaropoulou au Conseil
Objet: Crise politique en Turquie et perspectives d'adhésion
La Turquie est confrontée ces derniers jours, à l'occasion de la désignation du Président de la République, à une profonde crise politique, qui suscite de sérieux doutes quant au fonctionnement des institutions démocratiques. La Cour constitutionnelle du pays a annulé le premier tour des élections, décision vivement contestée par le gouvernement. Le Premier ministre a indiqué que le système parlementaire était bloqué et a demandé l'organisation d'élections anticipées, tandis que l'état-major général a averti qu'il interviendrait pour empêcher l'élection de l'islamiste Abdullah Gül à la fonction présidentielle.
Comment le Conseil juge-t-il cette situation dans un pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne? Souscrit-il à l'avis du commissaire en charge de l'élargissement, M. Olli Rehn, qui a déclaré que les forces armées devaient respecter l'autonomie des procédures démocratiques, que l'Union européenne était fondée sur les principes de liberté, de démocratie, d'État de droit et de prédominance des forces politiques sur les forces militaires, et souligné que l'adhésion d'un pays à l'UE exigeait le respect de ces principes, qui constituent un point central des critères de Copenhague? Quels effets le Conseil estime-t-il que de telles interventions de l'armée pourraient avoir sur le processus d'adhésion de la Turquie? A-t-il des contacts directs avec les dirigeants turcs, et quelle est la réaction de ces derniers?