Procédure : 2017/2054(INL)
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A8-0007/2018

Débats :

PV 07/02/2018 - 4
CRE 07/02/2018 - 4

Votes :

PV 07/02/2018 - 7.2
CRE 07/02/2018 - 7.2

Textes adoptés :

P8_TA(2018)0029

RAPPORT     
PDF 664kWORD 75k
26 janvier 2018
PE 608.038v02-00 A8-0007/2018

sur la composition du Parlement européen

(2017/2054(INL) – 2017/0900(NLE))

Commission des affaires constitutionnelles

Rapporteurs: Danuta Maria Hübner et Pedro Silva Pereira

ERRATA/ADDENDA
PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 ANNEXE À LA PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 ANNEXE
 OPINION MINORITAIRE
 INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND I
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND II

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la composition du Parlement européen

(2017/2054(INL)2017/0900(NLE))

Le Parlement européen,

–  vu l’article 14, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne (traité UE),

–  vu l’article 10 du traité UE(1);

–  vu sa résolution du 13 mars 2013 sur la composition du Parlement européen en vue des élections de 2014(2),

–  vu sa résolution du 11 novembre 2015 sur la réforme de la loi électorale de l’Union européenne, accompagnée d’une proposition de décision du Conseil adoptant les dispositions modifiant l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct(3);

–  vu la décision 2013/312/UE du Conseil européen du 28 juin 2013 fixant la composition du Parlement européen,

–  vu l’accord du Vendredi saint du 10 avril 1998,

–  vu les articles 45, 52 et 84 de son règlement intérieur,

–  vu le rapport de la commission des affaires constitutionnelles (A8-0007/2018),

A.  considérant que la composition du Parlement européen doit respecter les critères fixés à l’article 14, paragraphe 2, premier alinéa, du traité sur l’Union européenne (traité UE), à savoir que le nombre des représentants des citoyens de l’Union ne doit pas dépasser 750, plus le président, et que la représentation est assurée de façon dégressivement proportionnelle, avec un seuil minimal de six membres par État membre et aucun État membre ne se voyant attribuer plus 96 sièges;

B.  considérant que l’article 14, paragraphe 2, du traité UE dispose que le Parlement est composé de représentants des citoyens de l’Union;

C.  considérant que le traité UE et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne soulignent l’importance de l’égalité des citoyens et de leur traitement égal par les institutions de l’Union; qu’il est essentiel de parvenir à une représentation plus égale en vue d’améliorer la légitimité du Parlement européen en tant qu’organe législatif qui représente les citoyens de l’Union de manière égale;

D.  considérant qu’il a examiné diverses propositions pour un système permanent de répartition des sièges fondé sur des formules mathématiques, qu’il avait commandées et qui lui ont été présentées;

E.  considérant que le 29 mars 2017, conformément à l’article 50, paragraphe 2, du traité UE, le gouvernement du Royaume-Uni a signifié au Conseil européen son intention de quitter l’Union européenne, et que la période de deux ans pour la négociation et la conclusion d’un accord de retrait prend fin le 29 mars 2019, à moins que le Conseil européen, avec l’accord du Royaume-Uni, ne décide à l’unanimité de prolonger cette période;

F.  considérant qu’en l’absence d’évolution de la situation juridique actuelle, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l’Union à la date des prochaines élections européennes de 2019;

G.  considérant que dans sa proposition de décision du Conseil du 11 novembre 2015 adoptant les dispositions modifiant l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct, le Parlement européen présentait sa position sur la création d’une circonscription électorale commune dans laquelle les listes seraient emmenées par le candidat ou la candidate de chaque famille politique à la présidence de la Commission.

H.  considérant que plusieurs États membres se sont récemment exprimés en faveur de la création d’une circonscription commune dès les élections européennes de 2019; que la modification de l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct constitue une condition préalable indispensable pour la création d’une circonscription commune, et que cette modification devrait être adoptée au moins un an avant la date des élections européennes, conformément au code de bonne pratique en matière électorale de la Commission de Venise;

I.  considérant que l’introduction d’une telle circonscription renforcerait la notion de citoyenneté européenne et la dimension européenne des élections au Parlement européen;

J.  considérant que pour les élections européennes, outre les listes présentées par les partis politiques européens traditionnels, il convient de rendre admissibles dans la circonscription commune les listes transnationales ainsi que celles présentées par des partis politiques nationaux ou des mouvements non affiliés à un parti politique européen qui respectent un ensemble de critères prédéterminés à l’échelon européen;

K.  considérant que dans sa proposition de décision du Conseil du 11 novembre 2015 adoptant les dispositions modifiant l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct, le Parlement européen demandait l’introduction d’un seuil obligatoire pour les circonscriptions et la désignation d’États membres constituant une circonscription unique, qui auraient recours à un scrutin de liste et qui compteraient plus d’un certain nombre de sièges; estime que la nouvelle répartition des sièges doit être prise en compte lors de la définition de ce nombre minimum;

1.  constate que la répartition actuelle des sièges au Parlement, établie par la décision 2013/312/UE du Conseil européen du 28 juin 2013, ne s’applique qu’à la législature 2014-2019; insiste par conséquent sur la nécessité d’une nouvelle décision relative à la composition du Parlement européen pour la législature 2019-2024;

2.  prend acte du fait que la répartition actuelle des sièges ne respecte pas le principe de proportionnalité dégressive à plusieurs égards et qu’elle doit donc être modifiée en vue de la composition du Parlement européen après les prochaines élections européennes, en 2019;

3.  reconnaît qu’un certain nombre d’États membres estiment que le système de vote au sein du Conseil doit être pris en compte lors du choix d’un système de répartition au Parlement européen;

4.  souligne que si les formules mathématiques présentent un grand potentiel en vue d’un système permanent de répartition des sièges à l’avenir, le Parlement n’est pas en mesure, sur le plan politique, de proposer un système permanent en l’état actuel des choses;

5.  prend acte du fait qu’en l’absence d’évolution de la situation juridique actuelle, le Royaume-Uni ne figurera plus parmi les États membres à la date des prochaines élections européennes de 2019;

6.  propose qu’une nouvelle répartition des sièges au Parlement, qui respecte les critères visés à l’article 14 du traité UE, soit appliquée à compter des prochaines élections européennes, en 2019; si la situation juridique précitée relative au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne évolue, la méthode de répartition des sièges utilisée pour la législature 2014-2019 doit continuer de s’appliquer jusqu’à ce le retrait du Royaume-Uni de l’Union ait produit ses effets juridiques;

7.  souligne que les sièges libérés par le Royaume-Uni lors de son retrait de l’Union faciliteront l’adoption d’un nouveau système de répartition au Parlement, qui respectera le principe de proportionnalité dégressive; fait également observer que la nouvelle répartition proposée permettrait de réduire la taille du Parlement; constate que l’utilisation d’une partie seulement des sièges libérés par le Royaume-Uni suffirait à empêcher toute perte de siège par un État membre et à attribuer un nombre significatif de sièges à la circonscription commune;

8.  insiste sur le fait que la réduction de la taille du Parlement libérerait un nombre de sièges suffisant pour accueillir les éventuels élargissements futurs de l’Union et les députés élus sur des listes transnationales dans une circonscription commune;

9.  rappelle que selon l’accord du Vendredi saint, les habitants d’Irlande du Nord disposent du droit naturel à la nationalité britannique, à la nationalité irlandaise ou aux deux et, au titre de la nationalité irlandaise, à la citoyenneté de l’Union;

10.  rappelle que la proportionnalité dégressive définie par les traités se fonde sur le nombre de sièges par État membre et non sur la nationalité des candidats;

11.  invite le Conseil à conclure rapidement la révision de l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct;

12.  souligne que la réforme de l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct proposée par le Parlement renforcera la dimension européenne de ces élections et enverra un message positif pour l’avenir du projet européen;

13.  souligne que la réforme de l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct constituera la base juridique de la création de la circonscription commune;

14.  estime que la répartition proposée, fondée sur les principes consacrés dans les traités, constitue un socle solide pour une future méthode de répartition des sièges qui respecte les critères visés à l’article 14 du traité UE, en particulier celui de proportionnalité dégressive, en plus d’être équitable, transparente, objective, conforme aux évolutions démographiques les plus récentes et compréhensible pour les citoyens européens;

15.  soumet au Conseil européen la proposition ci-jointe de décision du Conseil européen fixant la composition du Parlement européen, en vertu du droit d’initiative qui lui est conféré à l’article 14, paragraphe 2, du traité UE; souligne la nécessité urgente d’adopter cette décision, qui requiert son approbation, de sorte que les États membres puissent adopter, en temps utile, les mesures internes nécessaires pour leur permettre d’organiser les élections européennes pour la législature 2019-2024;

16.  charge son Président de transmettre la présente résolution et la proposition de décision du Conseil européen qui y est annexée, ainsi que le rapport précité de la commission des affaires constitutionnelles, au Conseil européen, à la Commission ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1)

Cet article dispose que «les citoyens sont directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen».

(2)

Textes adoptés de cette date, P7_TA(2013)0082.

(3)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0395


ANNEXE À LA PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

Proposition de

décision du Conseil européen

fixant la composition du Parlement européen

LE CONSEIL EUROPÉEN,

vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 14, paragraphe 2,

vu l’initiative du Parlement européen,

vu l’approbation du Parlement européen,

considérant ce qui suit:

(1) L’article 14, paragraphe 2, premier alinéa, du traité sur l’Union européenne (traité UE) fixe les critères pour la composition du Parlement, à savoir que les représentants des citoyens de l’Union ne peuvent pas être plus de sept cent cinquante, plus le président, que la représentation doit être assurée de façon dégressivement proportionnelle, avec un seuil minimum de six membres par État membre, et qu’aucun État membre ne peut se voir attribuer plus de quatre-vingt-seize sièges.

(2)  L’article 10 du traité UE dispose, entre autres, que le fonctionnement de l’Union est fondé sur la démocratie représentative, les citoyens étant directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen, et les États membres étant représentés au Conseil par leurs gouvernements, eux-mêmes étant démocratiquement responsables, soit devant leurs parlements nationaux, soit devant leurs citoyens. L’article 14, paragraphe 2, du traité UE concernant la composition du Parlement européen est dès lors applicable dans le cadre des dispositions institutionnelles plus larges figurant dans les traités, lesquelles comprennent également des dispositions relatives à la prise de décision au sein du Conseil.

(3)  La base juridique permettant la création d’une circonscription européenne commune pour l’ensemble du territoire de l’Union doit être incluse dans la décision du Conseil adoptant les dispositions modifiant l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct, qui établit, conformément à l’article 223, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les conditions nécessaires en vue de la création de cette circonscription;

A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:

Article premier

En application de l’article 14, paragraphe 2, du traité UE, les principes suivants s’appliquent:

– la répartition des sièges au Parlement européen utilise pleinement les nombres minimaux et maximaux par États membres fixés par le traité UE afin de refléter aussi étroitement que possible les tailles des différentes populations,

–  la proportionnalité dégressive est définie comme suit: le rapport entre la population et le nombre de sièges de chaque État membre avant l’arrondi à des nombres entiers varie en fonction de leur population de telle sorte que chaque député au Parlement européen d’un État membre plus peuplé représente davantage de citoyens que chaque député d’un État membre moins peuplé et, à l’inverse, que plus un État membre est peuplé, plus il a droit à un nombre de sièges élevé,

  la répartition des sièges reflète l’évolution démographique des États membres.

Article 2

  La population totale des États membres est calculée par la Commission (Eurostat) sur la base des données les plus récentes fournies par les États membres, conformément à une méthode établie au moyen du règlement (UE) nº 1260/2013 du Parlement européen et du Conseil(1).

Article 3

1. Le nombre des représentants au Parlement européen élus dans chaque État membre est fixé comme suit pour la législature 2019-2024:

Belgique

21

Bulgarie

17

République tchèque

21

Danemark

14

Allemagne

96

Estonie

7

Irlande

13

Grèce

21

Espagne

59

France

79

Croatie

12

Italie

76

Chypre

6

Lettonie

8

Lituanie

11

Luxembourg

6

Hongrie

21

Malte

6

Pays-Bas

29

Autriche

19

Pologne

52

Portugal

21

Roumanie

33

Slovénie

8

Slovaquie

14

Finlande

14

Suède

21

2. Toutefois, dans le cas où le Royaume-Uni serait toujours un État membre de l’Union au début de la législature 2019-2024, le nombre de représentants au Parlement européen élus dans chaque État membre qui prendront leurs fonctions doit être celui prévu à l’article 3 de la décision 2013/312/UE(2) du Conseil jusqu’à ce que le retrait du Royaume-Uni de l’Union produise ses effets juridiques.

Une fois que le retrait du Royaume-Uni de l’Union a produit ses effets juridiques, le nombre des représentants au Parlement européen élus dans chaque État membre devient celui indiqué au paragraphe 1 du présent article.

Les représentants au Parlement européen qui occuperont les sièges supplémentaires qui résulteront de la différence entre le nombre de sièges attribués à cet État membre au sens du premier et du deuxième alinéa du présent article devront prendre leurs fonctions en même temps.

Article 4

Une circonscription commune qui comprend tout le territoire de l’Union est créée à la suite de l’entrée en vigueur de la base juridique appropriée pour les listes transnationales. Les conditions de la création de cette circonscription commune sont incluses dans la décision du Conseil adoptant les dispositions modifiant l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct.

Toutefois, dans le cas où le Royaume-Uni serait toujours un État membre de l’Union au début de la législature 2019-2024, et si le Parlement européen compte des représentants élus sur des listes transnationales, ceux-ci ne pourront prendre leurs fonctions qu’après que le retrait du Royaume-Uni de l’Union aura produit ses effets juridiques.

Le nombre de représentants élus dans la circonscription commune est défini en fonction du nombre d’États membres.

Article 5

Suffisamment longtemps avant le début de la législature 2024-2029 et conformément à l’article 14, paragraphe 2, du traité UE, le Parlement européen présente au Conseil européen une proposition relative à une mise à jour de la répartition des sièges.

Article 6

La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Fait à …, le ...

Pour le Conseil européen

Le président

.

(1)

Règlement (UE) nº 1260/2013 du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 relatif aux statistiques démographiques européennes (JO L 330 du 10.12.2013, p. 39).

(2)

Décision 2013/312/UE du Conseil européen du 28 juin 2013 fixant la composition du Parlement européen (JO L 181 du 29.6.2013, p. 57).


EXPOSÉ DES MOTIFS

La répartition des sièges au Parlement est une question sensible, car elle influe directement sur la représentation des citoyens au sein de la seule institution de l’Union élue au suffrage direct. Il est donc extrêmement important, à cet égard, de s’assurer que la composition du Parlement européen est fondée sur des principes justes, transparents, objectifs, durables et équitables.

La répartition des sièges est effectuée en vertu des dispositions générales de l’article 14 du traité sur l’Union européenne (traité UE). Celles-ci fixent la taille du Parlement ainsi que le nombre maximum et minimum de sièges attribués à chaque État membre, et disposent qu’il convient de répartir ces sièges selon le principe de la proportionnalité dégressive. Ce principe est actuellement défini par la décision 2013/312/UE du Conseil européen.

La répartition actuelle des sièges du Parlement ne respecte que partiellement le principe de proportionnalité dégressive tel que le définit le droit dérivé. Elle a été choisie en tant que solution pragmatique et vise également à compenser – en partie – les déséquilibres résultant du compromis politique adopté. En 2013, cette solution pragmatique a été fondée sur le principe selon lequel, en vertu du compromis susmentionné, personne ne pouvait gagner ou perdre plus d’un siège. Du fait de ce compromis, dans certains cas, les députés au Parlement européen issus d’États membres moins peuplés représentaient chacun davantage de citoyens que leurs collègues originaires d’États membres plus peuplés en comparaison(1), ce qui va à l’encontre du principe de proportionnalité dégressive tel qu’il est défini aujourd’hui.

Le Parlement européen accorde depuis toujours une grande importance à la nécessité de réfléchir à l’instauration d’un système permanent pour la répartition des sièges en combinaison avec une révision du système de vote au Conseil, afin de garantir l’équilibre entre les institutions(2). Cette problématique est évoquée dans la décision du Conseil européen du 28 juin 2013 sur la composition du Parlement européen (2013/312/UE). Il convient toutefois de relever qu’une révision des règles de vote au Conseil nécessiterait de modifier les traités.

Au fil du temps, le Parlement a pris conscience du fait qu’il importait de disposer d’un système permanent pour une répartition équitable, objective et transparente(3) de ses sièges avant chaque nouvelle élection européenne, conformément aux dispositions des traités. Il s’est ainsi employé à trouver une méthode adaptée, commandant plusieurs études destinées à examiner différents modèles mathématiques de répartition des sièges. Toutefois, aucun système permanent n’a encore été mis en place.

Dans sa résolution du 13 mars 2013 sur la composition du Parlement européen en vue des élections de 2014(4), le Parlement s’est donné pour mission de proposer un système de répartition de ses sièges. Son idée a été reprise par le Conseil européen à l’article 4 de sa décision de juin 2013 fixant la composition du Parlement européen(5) (qui a été approuvée par le Parlement). Cette décision engageait le Parlement à présenter une proposition de définition d’un «système qui, à l’avenir, avant chaque nouvelle élection au Parlement européen, permettra de répartir les sièges entre les États membres» au plus tard à la fin 2016. Pour des motifs politiques impérieux liés au référendum britannique du 23 juin 2016, le Parlement n’a pu préparer sa proposition de système permanent avant la fin 2016 comme l’exigeait la décision du Conseil.

Les rapporteurs ont examiné diverses propositions pour un système permanent de répartition des sièges au Parlement fondé sur des formules mathématiques(6). La méthode FPS (fixe, proportionnelle à la population et racine carrée de la population) figurait parmi les propositions les plus satisfaisantes au regard de l’ensemble des critères. Elle donne des résultats intéressants qui méritent un examen approfondi et doivent être pris en compte en vue de la future répartition des sièges, à partir des élections de 2024.

Si cette formule, entre autres, respecte les conditions formelles nécessaires pour assurer la composition du Parlement européen dans le plein respect de l’article 14, paragraphe 2, du traité UE, elle ne fournit aucune solution qui soit aussi acceptable du point de vue politique à la fois dans le contexte actuel et à long terme. Pour l’heure, la situation politique actuelle complique considérablement le choix d’un système permanent de répartition des sièges au Parlement. En outre, l’incertitude politique est accentuée par l’incertitude juridique provoquée par le déclenchement de l’article 50 par le Royaume-Uni, en particulier car la procédure de finalisation de la décision du Conseil européen qui figure en annexe à la présente résolution doit être achevée d’ici à l’été 2018 du fait de contraintes juridiques dans certains États membres. Étant donné que le retrait du Royaume-Uni de l’Union n’aura pas été réalisé d’ici là, il est impossible, tant sur le plan juridique que politique, de proposer dès maintenant un système permanent de répartition des sièges au Parlement.

En outre, puisque le Parlement a déjà mis l’accent sur l’importance du lien entre un système permanent de répartition de ses sièges et le réexamen du système de vote au Conseil, qui nécessite une révision des traités, vos rapporteurs estiment qu’il convient de reporter le choix d’un système dans l’attente d’un contexte politique propice à une discussion sur l’équilibre interinstitutionnel dans son ensemble.

Proposition des rapporteurs: une solution fondée sur les principes

Vos rapporteurs présentent un projet de décision du Conseil européen relative à la composition du Parlement qui prévoit une répartition claire et objective des sièges entre les États membres en fonction de principes clairs. Compte tenu de la nécessité des États membres de disposer d’une certitude juridique au sujet du nombre de représentants qu’ils éliront pour la législature 2019-2024 suffisamment longtemps avant les élections, vos rapporteurs proposent de conserver la répartition des sièges actuelle tant que le Royaume-Uni reste un État membre de l’Union. La nouvelle répartition entrerait en vigueur après l’officialisation du retrait du Royaume-Uni sur le plan formel et légal.

Cette nouvelle répartition repose sur trois principes:

1.  Le respect du principe de proportionnalité dégressive conformément à l’article 14 du traité UE;

2.  Le maintien du nombre de sièges de chaque État membre;

3.  Une redistribution minimale des sièges libérés par le retrait du Royaume-Uni de l’Union.

La solution proposée constitue une option viable eu égard au contexte politique actuel et respecte pleinement les trois critères principes précités ainsi que l’ensemble des critères visés à l’article 14 du traité UE. La proposition des rapporteurs n’utilise qu’une petite partie des sièges qui seront libérés lors de l’officialisation du retrait du Royaume-Uni de l’Union sur le plan formel et légal, et ramènerait ainsi la taille du Parlement à 705 députés. Cela signifierait que 46 sièges seraient laissés libres en vue d’accueillir les éventuels élargissements futurs ou être utilisés en partie pour une circonscription commune.

Cette nouvelle répartition fondée sur les principes précités permet, en outre, de corriger les manquements au principe de proportionnalité dégressive sans engendrer la moindre perte de sièges pour les États membres tout en réduisant la taille du Parlement.

L’annexe I présente l’incidence de la proposition des rapporteurs sur la répartition des sièges entre États membres. En particulier, elle démontre que la solution proposée respecte le principe de proportionnalité dégressive grâce au respect des deux critères suivants:

(1)  Aucun petit État membre ne peut disposer de davantage de sièges qu’un État membre plus peuplé;

(2)  Le rapport population/nombre de sièges s’accroît en fonction de la taille de la population avant arrondi à des nombres entiers.

En ce qui concerne la question de la circonscription commune, vos rapporteurs soulignent qu’il convient de la traiter dans le cadre de la réforme de la loi électorale européenne. La résolution du Parlement européen du 11 novembre 2015 sur la réforme de la loi électorale de l’Union européenne mentionne la possibilité de créer une circonscription électorale commune dans laquelle les listes sont emmenées par le candidat ou la candidate de chaque famille politique à la présidence de la Commission. C’est pourquoi il convient d’envisager la création d’une circonscription commune et l’attribution d’une partie des sièges au Parlement européen en ce sens lors des futures élections, une fois que la base juridique aura été adoptée.

(1)

Les députés français, britanniques et espagnols représentaient ainsi plus d’électeurs que les députés allemands, les députés néerlandais représentaient davantage de citoyens que les députés roumains, les députés suédois et autrichiens représentaient plus d’électeurs que les députés hongrois, les députés danois représentaient davantage de citoyens que les députés bulgares, et les députés irlandais, plus d’électeurs que les députés slovaques.

(2)

Cette question a été soulevée dans les résolutions du Parlement P6_TA(2007)0429 et P7_TA-PROV(2014)0082

(3)

Note sur la répartition des sièges au Parlement européen entre les États membres de l’Union européenne:

http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/note/join/2011/432760/IPOL-AFCO_NT(2011)432760_FR.pdf et analyse de fond sur la réforme du Parlement européen: composition, procédure et légitimité: http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2015/510002/IPOL_IDA(2015)510002_EN.pdf

(4)

P6_TA (2013) 0082

(5)

Décision du Conseil européen du 28 juin 2013 fixant la composition du Parlement européen.

(6)

Analyse approfondie de la composition du Parlement européen, Département thématique C, PE583.117 et des propositions relatives à la méthode FPS présentées par Victoriano Ramirez Gonzalez et la «solution pour une composition à 700 sans perte de siège» proposé par MM. Grimmett, Pukelsheim, Ramirez Gonzalez, Slomczynski Zyczkowski


ANNEXE

Solution fondée sur des principes pour la répartition des sièges au Parlement pour la législature 2019 - 2024:

 

Nombre d’habitants en 2017(1)

Répartition actuelle des sièges

Population par député

Nouvelle répartition

Population par député

Allemagne

82 064 489

96

854 838

96

854 838

France

66 661 621

74

900 833

79

854 636

Royaume-Uni

65 341 183

73

895 085

 

 

Italie

61 302 519

73

839 761

76

806 612

Espagne

46 438 422

54

859 971

59

800 662

Pologne

37 967 209

51

744 455

52

744 455

Roumanie

19 759 968

32

617 499

33

617 499

Pays-Bas

17 235 349

26

662 898

29

615 548

Belgique

11 289 853

21

537 612

21

537 612

Grèce

10 793 526

21

513 977

21

513 977

République tchèque

10 445 783

21

497 418

21

497 418

Portugal

10 341 330

21

492 444

21

492 444

Hongrie

9 830 485

21

468 118

21

468 118

Suède

9 998 000

20

499 900

21

476 095

Autriche

8 711 500

18

483 972

19

458 500

Bulgarie

7 153 784

17

420 811

17

420 811

Danemark

5 700 917

13

438 532

14

407 208

Finlande

5 465 408

13

420 416

14

390 386

Slovaquie

5 407 910

13

415 993

14

386 279

Irlande

4 664 156

11

424 014

13

358 781

Croatie

4 190 669

11

380 970

12

349 222

Lituanie

2 888 558

11

262 596

11

262 596

Slovénie

2064 188

8

258 024

8

258 024

Lettonie

1 968 957

8

246 120

8

246 120

Estonie

1 315 944

6

219 324

7

187 992

Chypre

848 319

6

141 387

6

141 387

Luxembourg

576 249

6

96 042

6

96 042

Malte

434 403

6

72 401

6

72 401

TOTAL

510 860 699

751

 

705

 

(1)

Conformément à la décision (UE, Euratom) 2016/2353 du Conseil.


OPINION MINORITAIRE (23.1.2018)

exprimée, conformément à l’article 52 bis, paragraphe 4, du règlement intérieur

Kazimierz Ujazdowski au nom du groupe ECR

Nous nous opposons à la décision relative à la redistribution des sièges après le Brexit. Le Parlement laisse ainsi échapper une occasion idéale de réduire le nombre de ses députés à 678. Un Parlement européen comptant moins de membres serait plus efficace, et les citoyens européens accueilleraient très favorablement la réduction de son budget. En outre, contrairement aux précédentes résolutions du Parlement, les auteurs du rapport n’ont pas présenté les critères objectifs sur lesquels se fonde la nouvelle répartition, ce qui confère à cette distribution un caractère arbitraire.

Le groupe ECR s’oppose également à la création d’une future liste transnationale. La présence au Parlement de députés élus sur une liste transnationale, qui s’affranchirait des limites électorales traditionnelles, aurait pour seul effet d’éloigner encore davantage les citoyens des institutions européennes. Il est naïf de penser que cette circonscription renforcera la responsabilisation et la participation aux élections européennes alors qu’elle provoquera exactement l’inverse.


INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Date de l’adoption

23.1.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

20

4

1

Membres présents au moment du vote final

Michał Boni, Mercedes Bresso, Elmar Brok, Fabio Massimo Castaldo, Pascal Durand, Esteban González Pons, Danuta Maria Hübner, Diane James, Ramón Jáuregui Atondo, Alain Lamassoure, Jo Leinen, Morten Messerschmidt, Maite Pagazaurtundúa Ruiz, Markus Pieper, Paulo Rangel, Helmut Scholz, György Schöpflin, Pedro Silva Pereira, Barbara Spinelli, Claudia Țapardel, Josep-Maria Terricabras, Kazimierz Michał Ujazdowski, Guy Verhofstadt

Suppléants présents au moment du vote final

Max Andersson, Pervenche Berès, Roberto Gualtieri, Sylvia-Yvonne Kaufmann, Jérôme Lavrilleux, Georg Mayer, Rainer Wieland


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND I

sur le projet de proposition de décision du Conseil européen fixant la composition du Parlement européen

21

+

ALDE

Maite Pagazaurtundúa Ruiz, Guy Verhofstadt

EFDD

Fabio Massimo Castaldo

GUE/NGL

Helmut Scholz, Barbara Spinelli

PPE

Michał Boni, Elmar Brok, Esteban González Pons, Danuta Maria Hübner, Alain Lamassoure, Markus Pieper, Paulo Rangel, György Schöpflin

S&D

Pervenche Berès, Mercedes Bresso, Ramón Jáuregui Atondo, Jo Leinen, Claudia Țapardel, Pedro Silva Pereira

Verts/ALE

Pascal Durand, Josep-Maria Terricabras

4

-

ECR

Morten Messerschmidt, Kazimierz Michał Ujazdowski

ENF

Georg Mayer

NI

Diane James

0

0

 

 

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND II

sur le projet de proposition de résolution du Parlement européen

20

+

ALDE

Maite Pagazaurtundúa Ruiz, Guy Verhofstadt

EFDD

Fabio Massimo Castaldo

GUE/NGL

Helmut Scholz, Barbara Spinelli

PPE

Michał Boni, Elmar Brok, Esteban González Pons, Danuta Maria Hübner, Alain Lamassoure, Paulo Rangel, György Schöpflin

S&D

Pervenche Berès, Mercedes Bresso, Ramón Jáuregui Atondo, Jo Leinen, Claudia Țapardel, Pedro Silva Pereira

Verts/ALE

Pascal Durand, Josep-Maria Terricabras

4

-

ECR

Morten Messerschmidt, Kazimierz Michał Ujazdowski

ENF

Georg Mayer

NI

Diane James

1

0

PPE

Markus Pieper

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

Dernière mise à jour: 7 février 2018Avis juridique