Procédure : 2006/2041(INI)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document : A6-0267/2006

Textes déposés :

A6-0267/2006

Débats :

PV 25/09/2006 - 18
CRE 25/09/2006 - 18

Votes :

PV 26/09/2006 - 5.5
CRE 26/09/2006 - 5.5
Explications de votes

Textes adoptés :

P6_TA(2006)0361

RAPPORT     
PDF 146kDOC 77k
1 septembre 2006
PE 374.479v02-00 A6-0267/2006

sur les initiatives destinées à compléter les programmes scolaires nationaux grâce à des mesures adéquates de soutien à l'intégration de la dimension européenne

(2006/2041(INI))

Commission de la culture et de l'éducation

Rapporteur: Christopher Beazley

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 PROCÉDURE

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur les initiatives destinées à compléter les programmes scolaires nationaux grâce à des mesures adéquates de soutien à l'intégration de la dimension européenne

(2006/2041(INI))

Le Parlement européen,

-    vu l'article 149 du traité CE,

-    vu la résolution sur la dimension européenne dans l'éducation que le Conseil et les ministres de l'éducation réunis au sein du Conseil ont adoptée le 24 mai 1988,

-    vu le livre vert sur la dimension européenne de l'éducation (COM(1993)0457),

-    vu la communication de la Commission sur "un nouveau cadre stratégique pour le multilinguisme" (COM(2005)0596),

-    vu le rapport intérimaire conjoint du Conseil et de la Commission sur la mise en œuvre du programme détaillé relatif au suivi des objectifs des systèmes d'enseignement et de formation en Europe "Éducation et formation 2010", L'urgence des réformes pour réussir la stratégie de Lisbonne (EDUC 43, Doc. 6905/04),

-    vu l'article 45 du règlement,

-    vu le rapport de la commission de la culture et de l'éducation (A6-0267/2006),

A. considérant que la dimension européenne a acquis, au cours des dernières décennies, une importance croissante dans le domaine de l'éducation, notamment dans les programmes scolaires nationaux,

B.  considérant que le Parlement européen s'est déjà engagé en ce sens, notamment avec l'audition sur "la dimension européenne dans l'enseignement de l'histoire" du 7 avril 2004,

C. considérant que les autorités nationales de certains États membres comme l'Autriche, l'Allemagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Slovénie et l'Espagne, ont déjà lancé des initiatives relatives à la question de la place de l'Europe dans l'éducation, tout comme l'ont également fait, dans de nombreux cas, des organisations non gouvernementales,

D. considérant que l'aspect linguistique apparaît fondamental pour renforcer la dimension européenne, la maîtrise des langues étrangères faisant partie des compétences de base que devrait posséder tout citoyen européen vivant, étudiant, travaillant et, plus généralement, circulant dans l'Union européenne,

E.  considérant que, en ce qui concerne l'intégration d'une dimension européenne dans l'éducation, des disparités existent entre les États membres et au sein de ces derniers,

F.  considérant que doit être prise en considération l'importance des programmes COMENIUS et LINGUA à cet égard,

G. considérant que les informations sur l'Europe qui sont fournies aux élèves, aux enseignants et aux étudiants varient sensiblement d'un pays à l'autre et qu'il convient de s'employer à convenir d'une interprétation commune de l'histoire ainsi que d'une définition des valeurs européennes,

H. considérant que les principaux obstacles sont le nombre, encore par trop restreint d'initiatives et de programmes à caractère transfrontalier, l'absence de coordination entre les initiatives, le manque de visibilité et d'accessibilité, ainsi que le recours à des outils insuffisants ou inadaptés pour mener ces tâches,

I.   considérant que les enseignants sont actuellement confrontés à de nombreux obstacles et difficultés pour intégrer la dimension européenne dans leurs cours, notamment à une insuffisance de matériel informatique et éducatif à jour et de qualité sur le thème de l'Union européenne qui soit disponible dans toutes les langues de l'Union, et que l'Union européenne devrait leur apporter son soutien dans ce contexte;

1.  estime que tous les systèmes d'éducation devraient faire en sorte que les élèves possèdent à la fin de leurs études secondaires les connaissances et les compétences nécessaires, telles que définies par les autorités éducatives respectives, pour les préparer à leur rôle de futurs citoyens et de membres de l'Union européenne;

2.  souligne qu'il importe de définir plus clairement et uniformément, dans l'ensemble des États membres, la signification, le contenu et la portée du concept de dimension européenne;

3.  demande instamment au Conseil et aux ministres de l'éducation d'actualiser la résolution susnommée du 24 mai 1988 sur la dimension européenne dans l'éducation, en prenant notamment en compte les élargissements de l'Union européenne effectués depuis cette date;

4.  demande instamment au Conseil de reconnaître le double aspect de la dimension européenne - d'une part, l'accès aux informations concernant l'Union européenne: institutions, méthodes, pratiques, initiatives et, d'autre part, la connaissance de l'histoire commune et du patrimoine culturel européen, le développement de compétences linguistiques, et la compréhension des évènements européens actuels, autant d'éléments qui pourraient étoffer les programmes scolaires nationaux;

5.  souligne l'importance qu'il y a d'exploiter le potentiel éducatif qu'offrent les multimédias et l'Internet pour en faire un moyen pédagogique innovant d'intégrer la dimension européenne dans les programmes scolaires; à cette fin, recommande notamment la mise en place d'un site Internet multilingue qui indiquerait les meilleures pratiques, offrirait un soutien éducatif et servirait de plateforme pour l'échange d'expériences;

6.  insiste sur la nécessité d'améliorer de façon continue l'enseignement des langues, notamment dans le volet COMENIUS du programme d'apprentissage tout au long de la vie; reconnaît, en outre, les difficultés particulières rencontrées dans certains États membres, en particulier par les locuteurs de langue anglaise, à maintenir un intérêt et une motivation suffisants pour acquérir la maîtrise d'autres langues européennes afin d'étayer le niveau de compréhension mutuelle et d'empathie à travers l'Europe; dans ce contexte, l'apprentissage des langues des pays voisins revêt une importance particulière;

7.  invite instamment les États membres à promouvoir la diffusion du multilinguisme grâce à une politique d'enseignement d'un éventail de langues plus large que celles qui sont actuellement enseignées, et à instaurer l'enseignement d'au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge dans le cadre de leurs programmes scolaires;

8.  propose d'analyser les points sur lesquels l'Agenda de Lisbonne n'a pas donné les résultats escomptés en la matière, et de dresser la liste des mesures jugées essentielles que les gouvernements des États membres doivent mettre en œuvre pour atteindre l'objectif convenu en matière de progrès économiques;

9.  recommande l'échange des meilleures pratiques entre tous les États membres s'agissant de l'enseignement des langues et de l'intégration d'une dimension européenne dans l'éducation afin de garantir que les initiatives existantes, y compris celles mises en place avant 2004, soient diffusées à l'ensemble des États membres;

10. propose que soit mis en place entre les dix nouveaux États membres et les quinze anciens États membres, en tant qu'élément important assurant la réussite du dernier élargissement, un système adapté d'échanges d'informations, de projets, tout comme d'étudiants et de professeurs;

11. demande au Conseil d'examiner dans quelle mesure des ressources pédagogiques utiles et appropriées telles que "European Schoolnet", la coopération et l'innovation dans le domaine de la formation et des outils tels que "l'Europe à l'École" nécessitent des ressources supplémentaires, et dans quelle mesure les professeurs disposent de suffisamment d'éléments pour accéder aux informations pertinentes permettant de renforcer la dimension européenne dans l'éducation;

12. suggère le développement de cours destinés aux enseignants et leur apportant la compréhension nécessaire des questions européennes, afin que la dimension européenne puisse venir enrichir leur enseignement des thèmes nationaux et locaux;

13. souligne que la dimension européenne vient compléter la dimension nationale, mais qu'elle ne saurait la remplacer ou s'y substituer;

14. souligne la nécessité de mettre à jour les documents existants, en particulier Eurydice, la bibliographie thématique non-exhaustive publiée en 1996;

15. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu'aux États membres.


EXPOSÉ DES MOTIFS

Pour distinguer certaines de leurs politiques et initiatives dans le domaine de l'éducation, l'Union européenne et le Conseil de l'Europe recourent de plus en plus fréquemment à la dimension européenne de l'éducation, qui vise principalement à renforcer chez les jeunes la conscience des enjeux européens et à les sensibiliser à la valeur de la civilisation européenne.

La dimension européenne de l'éducation bénéficie aujourd'hui d'un large soutien et dispose ainsi de ressources riches et variées. Ceci apparaît clairement pour les matières comme l'histoire, la géographie, les sciences humaines, l'économie et les langues étrangères.

Plusieurs résolutions sont en cours d'adoption, ou ont déjà été adoptées, à travers l'Europe dans le cadre d'initiatives locales, nationales et internationales afin d'approfondir le concept de la dimension européenne de l'éducation.

L'aspect linguistique notamment semble fondamental pour consolider ce concept, comme l'illustre la communication de la Commission sur "un nouveau cadre stratégique pour le multilinguisme" (COM(2005)0596). La maîtrise des langues étrangères devrait à cet égard constituer l'exemple le plus visible et le plus développé de la dimension européenne dans l'éducation.

Le défi est donc de produire des initiatives en mesure d'exploiter et d'organiser ces informations de façon à les rendre disponibles pour chaque enfant, dans chaque école à travers l'Europe.

Cadre réglementaire

L'article 149 du traité CE détermine la base des initiatives visant à appuyer et compléter l'action des États membres dans le domaine de l'éducation. Cet article stipule expressément que, parmi les diverses initiatives adoptées, la Communauté européenne doit à l'avenir, tout en respectant l'autorité des États membres, contribuer au développement de "la dimension européenne dans l'éducation, notamment par l'apprentissage et la diffusion des langues dans les États membres".

Depuis Maastricht, d'autres actions sont venues renforcer le rôle de la dimension européenne, comme le projet COMENIUS qui vise à améliorer la qualité de l'enseignement et à favoriser la dimension européenne de l'éducation, notamment en encourageant la coopération transnationale entre les écoles, ou LINGUA.

La dimension européenne dans l'éducation, aujourd'hui

Initiatives des États membres

Les informations disponibles dans chaque État membre varient tant du point de vue du contenu que de celui de la qualité. Alors que certains pays ont fourni de nombreuses illustrations et explications, d'autres ont à peine abordé le sujet de la dimension européenne de l'éducation dans leur système d'enseignement. La bibliographie thématique non-exhaustive publiée en 1996 par une équipe du réseau Eurydice offre un premier aperçu des initiatives pédagogiques lancées partout en Europe pour promouvoir une approche plus européenne au sein des écoles.

Depuis plusieurs décennies, et notamment depuis la création de la Communauté européenne, l'Europe a pris une place de plus en plus importante dans les programmes scolaires. Dans certains pays comme l'Autriche, l'Espagne, le Portugal ou la Slovénie, la dimension européenne figure en bonne place dans le système éducatif, sous forme parfois de matière obligatoire.

En Belgique et aux Pays-Bas, les services administratifs chargés de l'éducation vont jusqu'à élaborer des documents spéciaux l'intention des enseignants, des étudiants ou du grand public afin de favoriser la sensibilisation à l'internationalisation croissante de l'enseignement et aux divers bénéfices qu'offrent l'apprentissage des langues étrangères et les échanges scolaires. Parallèlement, ces publications proposent également aux citoyens des informations concernant certaines décisions prises au niveau européen et leurs implications dans des matières enseignées à l'école.

Au Portugal, dans un contexte encore plus formel, les actions visant à encourager la dimension européenne de l'éducation ont été regroupées dans un "programme pour la dimension européenne de l'éducation" général, lancé en 1989 par les unités nationales de soutien.

Initiatives-clés européennes

Au niveau européen, des initiatives à grande échelle ont également contribué à révéler l'importance de la dimension européenne de l'éducation au sein des États membres. Les principales initiatives à cet égard sont "European Schoolnet" qui comprend un portail européen d'éducation multilingue pour l'enseignement, la formation, la coopération et l'innovation et des outils tels que le portail "eSchoolnet" ou "European treasury browser", et "l'Europe à l'École", une initiative interculturelle et transnationale visant à sensibiliser aux questions liées à l'Europe au sein des équipes éducatives, des élèves et des étudiants.

La dimension européenne dans les programmes scolaires nationaux

Il apparaît clairement que la référence à la dimension européenne dans les programmes scolaires nationaux en Europe dépend des structures individuelles. Trois matières principales semblent toutefois jouir d'un statut particulier en l'occurrence: la géographie, l'histoire et les langues étrangères. De nombreuses autres disciplines, comme l'éducation civique et la citoyenneté, la musique ou les arts plastiques, réservent également une place à la dimension européenne.

Outils pédagogiques

Les contenus éducatifs et les méthodes d'enseignement varient d'un État membre à l'autre. Certains professeurs utilisent les outils mis à leur disposition, alors que d'autres sélectionnent leurs propres ressources. Les journaux spécialisés et les magazines disponibles sur abonnement ou distribués par les autorités font partie des outils les plus utilisés. Depuis quelques années, les sites internet conviviaux et simples d'accès jouent un rôle similaire, et de plus en plus important. Dans certains États membres, comme la Belgique, les administrations nationales informent au mieux leurs enseignants par le biais d'un "vademecum", lorsque paraissent des publications européennes ou des journaux traitant d'aspects susceptibles de favoriser l'intégration de la dimension européenne dans les enseignements ou les programmes scolaires.

Des dossiers spéciaux contenant des manuels, des brochures, des vidéos ou des CD-ROM sont également élaborés par les autorités et diffusés auprès des enseignants et de leurs étudiants. Á Malte par exemple, un dossier de ce type, nommé "In search of Europe", est utilisé dans le cadre des études européennes.

De telles initiatives existent, mais leur impact et leur efficacité dépendent des écoles, des budgets et des nouvelles technologies de l'information disponibles.

Le rôle de l'Union européenne est donc important à cet égard.

Limites et obstacles

Le concept de dimension européenne de l'éducation reste assez vague, et doit être clarifié afin de pouvoir être mis en œuvre de façon concrète et efficace dans les outils pédagogiques des États membres. Alors que de nombreux enseignements sont censés évoquer la dimension européenne, ils n'ont pas toujours le résultat escompté.

La dimension européenne soulève des interrogations majeures pour les systèmes d'élaboration des programmes scolaires en Europe: comment le programme scolaire national peut-il promouvoir à la fois la conscience des enjeux européens et nationaux? Comment l'Union européenne peut-elle, tout en respectant la compétence des États membres en matière d'éducation, compléter le programme scolaire national, notamment en perfectionnant les outils pédagogiques mis à la disposition des enseignants afin de renforcer le concept de dimension européenne? Certains obstacles et difficultés auxquels sont actuellement confrontés les enseignants sont particuliers à un pays, alors que d'autres sont dus au manque de coordination. Dans un grand nombre de pays, les enseignants ne possèdent pas toujours les connaissances nécessaires et ne disposent pas de ressources financières suffisantes.

Les principaux obstacles sont le manque de coordination entre les initiatives, le manque de visibilité et d'accessibilité, ainsi que le recours à des outils insuffisants ou inadaptés,

Suggestions et mesures recommandées

- Faciliter l'approche de la dimension européenne de l'éducation, aider les enseignants à intégrer de façon efficace la dimension européenne dans leurs cours.

- Optimiser l'impact des initiatives européennes en développant la visibilité, la complémentarité et la coordination des initiatives afin de mettre en évidence les éventuelles carences, d'y remédier et d'améliorer les ressources éducatives traditionnelles qui ont déjà permis de renforcer la dimension européenne dans les programmes scolaires nationaux.

- Permettre l'accès universel aux informations concernant la dimension européenne en garantissant un accès optimal pour tous, et notamment pour les enseignants, à toute information susceptible des les concerner et d'encourager l'échange des meilleures pratiques entre tous les États membres. Il est particulièrement important que les programmes éducatifs nationaux des États membres intègrent les questions liées à l'Europe centrale et orientale, afin de compenser le manque d'information dont a souffert l'Europe divisée de l'après-guerre, durant des décennies.


PROCÉDURE

Titre

initiatives destinées à compléter les programmes scolaires nationaux grâce à des mesures de soutien???? adéquates incluant la dimension européenne

Numéro de procédure

2006/2041(INI)

Commission compétente au fond

CULT
16.2.2006

Rapporteur(s)
  Date de la nomination

Christopher Beazley
3.10.2005

 

Examen en commission

20.6.2006

12.7.2006

 

 

 

Date de l'adoption

28.8.2006

Résultat du vote final

+:

–:

0:

24

1

0

Membres présents au moment du vote final

Maria Badia I Cutchet, Christopher Beazley, Ivo Belet, Guy Bono, Marie-Hélène Descamps, Věra Flasarová, Hanna Foltyn-Kubicka, Milan Gaľa, Claire Gibault, Lissy Gröner, Luis Herrero-Tejedor, Ruth Hieronymi, Manolis Mavrommatis, Ljudmila Novak, Nikolaos Sifunakis, Helga Trüpel, Henri Weber, Thomas Wise

Suppléant(s) présent(s) au moment du vote final

Rolf Berend, Emine Bozkurt, Ignasi Guardans Cambó, Gyula Hegyi, Erna Hennicot-Schoepges, Bogusław Sonik, Grażyna Staniszewska

Date du dépôt

1.9.2006

Dernière mise à jour: 13 septembre 2006Avis juridique