Procédure : 2013/2041(INI)
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Cycle relatif au document : A7-0314/2013

Textes déposés :

A7-0314/2013

Débats :

PV 21/10/2013 - 19
CRE 21/10/2013 - 19

Votes :

PV 22/10/2013 - 8.6

Textes adoptés :

P7_TA(2013)0433

RAPPORT     
PDF 301kWORD 168k
1 octobre 2013
PE 510.619v02-00 A7-0314/2013

sur Repenser l'éducation

(2013/2041(INI))

Commission de la culture et de l'éducation

Rapporteure: Katarína Neveďalová

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 AVIS de la commission de l'emploi et des affaires sociales
 RÉSULTAT DU VOTE FINAL EN COMMISSION

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur Repenser l'éducation:

(2013/2041(INI))

Le Parlement européen,

–   vu les articles 165 et 166 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE),

–   vu la communication de la Commission du 20 novembre 2012 intitulée "Repenser l'éducation: investir dans les compétences pour de meilleurs résultats socio-économiques" (COM(2012)0669),

–   vu la communication de la Commission du 28 novembre 2012 intitulée "Examen annuel de la croissance 2013" (COM(2012) 0750),

–   vu les conclusions du Conseil du 15 février 2013 intitulées: Investir dans l'éducation et la formation: une réponse à "Repenser l'éducation: investir dans les compétences pour de meilleurs résultats socio-économiques" et à l'examen annuel de la croissance 2013,

–   vu la communication de la Commission du 23 novembre 2011 relative à une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant "Erasmus pour tous", le programme de l'Union pour l'éducation, la formation, la jeunesse et le sport (COM(2011)0788),

–   vu la communication de la Commission du 10 septembre 2012 sur un Projet de rapport conjoint 2012 du Conseil et de la Commission sur la mise en œuvre du cadre renouvelé pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse (Stratégie de l'UE en faveur de la jeunesse pour 2010-2018) (COM(2012) 0495), et le document de travail des services de la Commission correspondant (SWD(2012)0256),

–   vu les conclusions du Conseil du 26 novembre 2012 sur l'éducation et la formation dans le contexte de la stratégie Europe 2020 - la contribution de l'éducation et de la formation à la reprise économique, à la croissance et à l'emploi(1),

–   vu la communication de la Commission du 20 décembre 2011 intitulée "Éducation et formation dans une Europe intelligente, durable et inclusive" (COM(2011) 0902),

–   vu la communication de la Commission du 3 mars 2010 intitulée "Europe 2020 – Une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive" (COM(2010)2020),

–   vu les conclusions du Conseil du 11 mai 2010 sur la dimension sociale de l'éducation et de la formation(2),

–   vu la résolution du Conseil du 28 novembre 2011 sur un agenda européen renouvelé dans le domaine de l'éducation et de la formation des adultes (2011/C 372/01)(3),

–   vu les conclusions du Conseil du 12 mai 2009 concernant un cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l'éducation et de la formation ("Éducation et formation 2020")(4),

–   vu la recommandation du Conseil du 5 septembre 2012 relative à la validation de l'apprentissage non formel et informel (COM(2012) 0485 final)(5),

–   vu sa résolution du 1er décembre 2011 sur la lutte contre l'abandon scolaire(6),

–   vu sa résolution du 12 mai 2011 sur l'apprentissage au cours de la petite enfance au sein de l'Union européenne(7),

–   vu sa résolution du 12 mai 2011 sur "Jeunesse en mouvement: un cadre destiné à améliorer les systèmes d'éducation et de formation en Europe"(8),

–   vu sa résolution du 18 mai 2010 sur les compétences-clés dans un monde en mutation: mise en œuvre du programme de travail "Éducation et formation 2010"(9),

–   vu sa résolution du 18 décembre 2008 sur l'éducation et la formation tout au long de la vie au service de la connaissance, de la créativité et de l'innovation – Mise en œuvre du programme de travail "Éducation et formation 2010"(10),

–   vu l'avis du Comité des régions du 12 avril 2013 sur "Repenser l'éducation"(11),

–   vu l'article 48 de son règlement,

–   vu le rapport de la commission de la culture et de l'éducation et l'avis de la commission de l'emploi et des affaires sociales (A7-0314/2013),

A. considérant que l'un des grands objectifs de la stratégie Europe 2020 est de ramener le taux d'abandon scolaire à moins de 10 % et de faire passer à 40 % au moins l'effectif des jeunes générations obtenant un diplôme de l'enseignement supérieur ou bénéficiant d'une formation professionnelle appropriée;

B.  considérant que, selon les critères de référence du cadre stratégique pour l'éducation et la formation (EF 2020), au moins 95 % des enfants entre quatre ans et l'âge de début de la scolarité obligatoire devraient participer à un enseignement pour la petite enfance, moins de 15 % des jeunes de quinze ans devraient présenter des capacités insuffisantes en lecture, en mathématique et en sciences et, en moyenne, au moins 15 % des adultes (catégorie d'âge 25–64 ans) devraient participer à des activités d'éducation et de formation tout au long de la vie;

C. considérant que la promotion et la mise en œuvre de la mobilité est l'une des grandes priorités de l'UE et rappelant que l'objectif européen, d'ici 2020, est que 20 % des diplômés européens aient séjourné à l'étranger au cours de leur parcours universitaire; soulignant que la mobilité des étudiants, des enseignants, des salariés d'entreprise joue un rôle fondamental dans la création de l'espace européen;

D. considérant que les programmes de mobilité des jeunes 2014–2020 doivent leur offrir une véritable chance d'acquérir des connaissances et de nouvelles compétences, et contribuer ainsi à accroître le taux d'emploi des jeunes;

E.  considérant que, dans son examen annuel de la croissance 2013, la Commission demande de promouvoir la croissance et la compétitivité et de lutter contre le chômage et les conséquences sociales de la crise par des investissements sains dans l'éducation et la formation;

F.  considérant qu'en mars 2013, le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans dans l'UE s'établissait à 23,5 % alors que dans le même temps plus de deux millions de postes restaient vacants; considérant que dans plusieurs États membres, le nombre de chômeurs et la durée du chômage augmentent et l'adéquation entre l'offre et la demande se détériore;

G. considérant que la crise économique persistante et les mesures d'austérité décidées par les gouvernements de plusieurs États membres dans le but d'assainir les finances publiques exercent une pression importante sur l'existence des citoyens de l'UE en raison du chômage, de l'exclusion sociale et de la pauvreté; considérant que l'impact de la crise, en particulier sur les jeunes, peut mener dans des cas extrêmes à la malnutrition ou à des problèmes de santé mentale; considérant que, notamment dans les États membres ayant une économie plus fragile, le secteur de l'éducation a subi des coupes budgétaires qui ont aggravé les conditions d'accès à l'enseignement et la qualité de ce dernier;

H.  considérant que la crise et les politiques d'austérité ont eu des conséquences négatives directes sur la capacité des jeunes à accéder à l'éducation et à l'emploi et à s'y maintenir; considérant que les dépenses dans l'éducation constituent un investissement dans l'avenir et doivent par conséquent être préservées des mesures d'austérité;

I.   considérant que les jeunes rencontrent des difficultés croissantes lors du passage entre les études et la vie professionnelle et que l'absence d'interaction formelle entre les institutions éducatives et le marché du travail accroît le risque d'un taux de chômage élevé; considérant qu'un enseignement professionnel d'excellente qualité dépend d'une étroite collaboration entre le secteur public et le secteur privé, caractérisée par une participation élevée des partenaires sociaux;

J.   considérant qu'un enseignement et une formation accessibles, flexibles et de qualité se répercutent significativement sur le développement et l'épanouissement personnels des jeunes apprenants et favorisent la citoyenneté active et le bien-être ainsi que leur capacité à s'adapter et à s'intégrer à la société et au monde du travail; considérant que les problèmes économiques et sociaux exacerbent l'euroscepticisme des citoyens;

K. considérant que le harcèlement moral à l'école nuit au bien-être des jeunes et à leurs résultats scolaires et provoque parfois l'abandon précoce de la scolarité;

L.  considérant que les ressources didactiques en libre accès améliorent la qualité, l'accessibilité et l'équité de l'éducation, et permettent un processus d'apprentissage interactif, créatif, flexible et personnalisé en recourant aux TIC et aux nouvelles technologies; considérant que l'éducation ouverte renforce, de manière durable, l'employabilité en encourageant la formation tout au long de la vie;

M. considérant qu'en dépit des niveaux de chômage globalement élevés qui touchent les jeunes, dans certains secteurs tels que les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les soins de santé il est de plus en plus difficile de pourvoir les postes vacants avec du personnel qualifié; considérant qu'il existe dans certains États membres un écart croissant entre les qualifications des diplômés et les compétences requises par le marché du travail;

N. considérant l'évolution rapide des besoins du marché du travail; considérant qu'il convient d'aspirer à une éducation de qualité et à l'épanouissement individuel et d'examiner très attentivement l'évolution des besoins du marché du travail, afin de moderniser et d'y adapter les programmes scolaires et les programmes de formation en vue d'établir le nécessaire socle de savoirs fondamentaux et des stratégies de formation tout au long de la vie, et de fournir les compétences correspondant aux emplois proposés, comme l'utilisation des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, sans que cela ne remette en cause la mission académique en matière de transmission des connaissances; considérant qu'une évolution des différents modèles d'enseignement doit s'accompagner d'une évolution du métier d'enseignant en termes, par exemple, de compétences et de qualifications, de statut et de carrières;

O. considérant que les connaissances, les technologies et les métiers évoluent rapidement et qu'un individu connaîtra plusieurs mutations technologiques au cours de sa vie professionnelle, il est important que chacun dispose d'un socle de savoirs fondamentaux suffisamment solide pour pouvoir s'adapter à ces évolutions;

P.  considérant que la stimulation de la croissance économique et de la productivité et la promotion d'une approche globale au niveau national a eu un effet considérable sur le marché du travail, avec une augmentation du nombre et de la qualité des emplois créés et une meilleure intégration des jeunes sur le marché du travail;

Observations d'ordre général

1.  accueille favorablement la communication de la Commission, en particulier son orientation résolue vers la lutte contre le chômage des jeunes par des investissements dans les compétences, son appel à une modernisation des systèmes d'enseignement supérieur et la promotion d'un enseignement et d'une formation professionnels (EFP) de qualité au niveau mondial, de parcours de formation souples, y compris par la promotion des ressources didactiques en libre accès, de l'apprentissage en milieu professionnel et de l'implication des partenaires sociaux dans leur conception; se réjouit également de l'adoption de mesures en vue de remédier au déficit d'enseignants et de formateurs qualifiés, telles qu'un recrutement et une rétention plus efficaces des enseignants et un meilleur soutien professionnel;

2.  est d'avis que la mission de l'éducation va bien au-delà de la réalisation des objectifs économiques des stratégies européennes et nationales; réaffirme à cet égard que la mission première de l'éducation est de préparer les personnes à la vie et d'en faire des citoyens actifs dans des sociétés de plus en plus complexes;

3.  observe que la crise économique et financière a conduit de nombreux foyers à une situation telle qu'ils ne sont plus à même de faire face aux coûts liés à l'enseignement supérieur, ce qui a entraîné une augmentation du décrochage scolaire dans l'enseignement supérieur; estime que les États membres doivent assurer le droit de chacun, indépendamment de sa situation économique, à une éducation gratuite et universelle et de qualité;

4.  rappelle que de meilleures compétences linguistiques favorisent la mobilité et améliorent l'aptitude à l'emploi, la compréhension des autres cultures et les relations interculturelles; soutient sans réserves la proposition de la Commission en faveur d'un nouvel indicateur européen des compétences linguistiques dont l'objectif pour 2020 sera la connaissance d'une langue étrangère par au moins 50 % de la population âgée de 15 ans et l'apprentissage par au moins 75 % d'une deuxième langue étrangère;

5.  reconnaît que le manque de compétences linguistiques constitue un obstacle majeur à la libre circulation des travailleurs et à la compétitivité internationale des entreprises de l'Union, en particulier dans les régions dans lesquelles des citoyens européens vivent à proximité de la frontière avec un pays voisin ayant une langue différente; rappelle qu'il est généralement admis que l'apprentissage des langues est plus efficace à un âge précoce;

6.  appelle à assurer la mobilité des apprenants en vue d′étendre leurs connaissances linguistiques et leurs aptitudes de communication, ce qui est une condition pour leur adaptation au marché commun du travail au sein de l′Union européenne;

7.  demande une approche globale de l'enseignement et de la formation dans leurs composantes académiques et professionnelles et rappelle que la mission plus large de l'éducation devrait être reconnue en matière de développement et d'épanouissement personnels; appelle à une approche globale de l'enseignement et de la formation et insiste sur le fait que l'apprentissage non formel et informel font partie intégrante de la stratégie qui doit conduire à la mise en place du système d'apprentissage tout au long de la vie dont le but ultime est l'avènement d'une société de la connaissance disposant d'un potentiel maximal d'intégration sociale et composée de personnes fortes et de citoyens actifs; rappelle que la réalisation d'une telle stratégie dépendra du niveau d'indépendance que nos jeunes peuvent acquérir;

8.  invite les États membres à appliquer des critères de référence uniformes et des modèles européens de bonnes pratiques en matière d'éducation et d'emploi;

9.  rappelle les objectifs généraux et les buts que l'Union s'est fixés dans le cadre de la stratégie Europe 2020 - à savoir réaliser une croissance intelligente, inclusive et verte, construire une Europe forte et innovante et promouvoir l'inclusion sociale et un niveau de solidarité renforcé, tout en préparant les citoyens à une vie réussie et épanouissante; rappelle l'objectif prioritaire visant à porter les investissements en recherche et innovation à 3% du PIB;

10. appelle les États membres à faire des dépenses et des investissements publics dans les domaines de l'enseignement, de la formation, de la recherche et de l'innovation une priorité; rappelle que toute coupe budgétaire dans ces domaines aura une influence négative sur l'éducation, et que l'investissement dans ces domaines est essentiel pour le redressement économique et la compétitivité de l'Union au niveau mondial ainsi que pour la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020;

11. est résolument favorable à un suivi des situations nationales et au lancement d'un débat au niveau de l'Union avec les parties prenantes concernées concernant l'efficacité des investissements et les avantages de l'éducation et de la formation; insiste sur le fait que l'éducation garantit le développement durable, qui devrait rester une préoccupation prioritaire malgré la crise actuelle;

12. prie instamment les États membres d'adopter une législation interdisant la discrimination fondée sur le genre, l'orientation sexuelle, l'identité de genre, le handicap, la religion ou les convictions et l'âge dans le domaine de l'éducation; exhorte le Conseil à adopter sans retard la directive horizontale antidiscrimination, un instrument essentiel pour garantir une égalité véritable et lutter contre les préjugés et la discrimination, y compris à l'école;

13. invite les États membres à assurer l'égalité d'accès à l'éducation et à proposer des mesures répondant aux besoins des apprenants en portant une attention particulière aux membres des groupes vulnérables, notamment ceux qui ont quitté l'école, sont sans emploi ou ne suivent pas de formation;

14. demande la mise en place de mesures concrètes visant à améliorer le lien entre l'enseignement et la formation et le milieu professionnel, dans le but d'accroître la compétitivité et d'anticiper les besoins futurs du marché du travail; rappelle l'importance des politiques territoriales qui favorisent la mise en place d'incubateurs régionaux d'innovation regroupant entreprises créatives, universités, investisseurs et institutions culturelles pour promouvoir l'éducation et la formation;

15. préconise de donner la priorité à l′éducation et à la science dans les documents stratégiques des États membres pour la période de programmation 2014-2020, afin de pourvoir les ressources nécessaires à leur développement, d′introduire de nouvelles techniques d′enseignement, y compris concernant la qualification du personnel enseignant, et d′améliorer la qualité de l′enseignement;

16. invite les États membres à rechercher des liens plus étroits entre les principaux défis de politique stratégique relevés par le semestre européen et les activités relevant de la méthode ouverte de coopération (MOC) visant à soutenir les États membres afin de garantir un enseignement et des formations de qualité et accessibles même en période de restrictions budgétaires;

La jeunesse: un investissement pour le futur

17. rappelle que les jeunes représentent un énorme potentiel et ont un rôle décisif à jouer dans la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020 en matière d'enseignement et d'emploi; rappelle aussi aux États membres le lien étroit qui existe entre l'abandon scolaire, le manque de compétences utiles sur le marché du travail, et le chômage des jeunes; rappelle ensuite que l'éducation et l'accueil du jeune enfant et le rôle essentiel joué par les parents constituent les bases de l'apprentissage et du développement des jeunes gens, mais qu'ils doivent être organisés exclusivement de manière ludique, sans recourir à des méthodes scolaires et sans imposer de pression sous la forme de résultats;

18. souligne que les jeunes constituent le segment le plus vulnérable de la société; insiste sur l'importance de reconnaître les jeunes en tant que groupe prioritaire dans la vision sociale de l'Union et d'accroître leur mobilité; invite les États membres à promouvoir en outre des politiques de lutte contre le harcèlement moral afin de réduire le décrochage scolaire et de garantir un véritable accès à l'éducation pour tous;

19. demande la reconnaissance et l'implication des organisations de jeunesse et de la société civile dans l'élaboration et la mise en œuvre des stratégies de formation tout au long de la vie; souligne le rôle complémentaire des jeunes et de la société civile en tant que fournisseurs de possibilités de services éducatifs non formels et informels et en tant qu'acteurs volontaires contribuant au développement, par les jeunes et les apprenants, de compétences à la fois transversales et personnelles comme l'esprit critique, la créativité, l'esprit d'initiative, l'aptitude à traiter les informations et à résoudre des problèmes, le travail en équipe, la communication, la confiance en soi, les qualités de dirigeant et l'esprit d'entreprise;

20. appelle à reconnaître les qualifications acquises par les jeunes dans le cadre d'études suivies dans des universités autres que leurs universités-mères, à commencer par celles acquises dans le cadre du programme Erasmus;

21. demande à ce que les apprenants et les organisations auxquelles ils sont attachés soient impliqués dans les processus décisionnels relatifs à l'éducation et souligne que l'apprentissage devrait être fondé sur un dialogue structuré avec les apprenants en vue de la création de programmes et de méthodes encourageant une approche d'apprentissage tout au long de la vie;

22. presse les États membres de rendre l'EFP plus attractif et plus pertinent pour le marché du travail, et d'en faire une partie intégrante du système éducatif tout en garantissant sa qualité; demande une orientation plus nette sur l'acquisition des compétences de base par le biais de la formation formelle et informelle à un âge précoce, mais également pour les adultes, et sur les compétences transversales, notamment à travers l'introduction de la formation dans les domaines de l′entrepreneuriat et des TIC, en coopération avec les entreprises, et en favorisant la créativité pour aider les jeunes à entrer sur le marché du travail et à améliorer leur employabilité tout en leur offrant des possibilités de créer leur propre entreprise; insiste sur le fait que les États membres doivent prévoir des systèmes de soutien en cas d'échec des jeunes entreprises et éliminer la bureaucratie excessive;

23. reconnaît l'importance de développer et de mettre en œuvre des systèmes d'éducation fondés sur l'entrepreneuriat à travers l'Europe; souligne que l'accès des étudiants à l'éducation à la création d'entreprise varie et est souvent déterminé au niveau des établissements; invite par conséquent les États membres et les pouvoirs locaux et régionaux, en collaboration avec les établissements éducatifs, à inclure des éléments de formation à la création d'entreprise dans les programmes de l'enseignement de base, de la formation professionnelle et de l'enseignement supérieur; estime qu'il convient d'accorder une attention particulière à l'élimination des disparités et des différences substantielles dans le développement de l'éducation à la création d'entreprise, comme l'a révélé l'enquête de 2008 sur l'esprit d'entreprise dans l'enseignement supérieur et comme cela a été confirmé lors du symposium de haut niveau organisé à Budapest en 2011;

24. souligne qu'un niveau plus élevé de connaissances et de compétences est essentiel; insiste sur la nécessité d'accroître l'attractivité et la valeur des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques dans l'enseignement, tout comme celles des domaines où l'on s'attend à une pénurie d'emplois et qui exigeront un nombre croissant de travailleurs qualifiés dans les années à venir et sont susceptibles de fournir des emplois durables et de qualité (par exemple l'économie verte, la santé et l'éducation); reconnaît que les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques sont d'une importance extrême pour aider plus de jeunes à trouver un emploi en période de crise et appelle également à équilibrer l'acquisition des savoirs théoriques et celle des compétences pratiques pendant les études, sans pour autant négliger l'étude des sciences sociales;

25. appelle les États membres à dispenser également des formations plus efficaces axées sur les compétences transversales, les compétences linguistiques et les compétences de gestion et de direction d'entreprise, de façon à renforcer l'employabilité à travers l'ensemble de l'Europe; demande aux États membres de sensibiliser les citoyens aux droits, aux devoirs et aux obligations civiques que leur confère la citoyenneté européenne et de les informer des avantages qu'ils peuvent retirer de leur droit à la libre circulation dans l'Union européenne; souligne qu'en vue de favoriser une citoyenneté active et l'intégration sociale, une attention suffisante doit être accordée aux sciences humaines tout au long de l'éducation des jeunes;

26. souligne la nécessité de penser les programmes scolaires et de formation en termes de compétences évolutives et transférables et de pluridisciplinarité ainsi que de développer les passerelles entre formations; rappelle qu'il convient de promouvoir tout particulièrement l'enseignement des contenus et des matières pour lesquels des pénuries ont été identifiées dans les différents pays par les statistiques nationales et internationales;

27. insiste sur la nécessité de se concentrer sur le lien entre l'éducation, les attentes des jeunes et les besoins du marché du travail afin de permettre aux jeunes de passer plus facilement de l'éducation au marché du travail, ce qui permet également de garantir leur autonomie;

28. souligne l'importance du soutien proposé aux jeunes, notamment à ceux qui n'étudient pas, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation (NEET), en favorisant les stages et les apprentissages de haute qualité, les programmes éducatifs de deuxième chance, la formation en alternance et en situation de travail bien établie ainsi que des mesures spécifiques visant à faciliter leur accès à l'enseignement supérieur et leur intégration active dans l'éducation et l'emploi; estime qu'il s'agit là d'étapes précieuses pour le passage des études à la vie professionnelle et pour faire baisser les taux de chômage des jeunes;

29. demande aux États membres d'adopter des mesures visant à améliorer la participation des travailleurs et des chômeurs aux programmes d'orientation professionnelle et de reformation afin de réduire le risque de chômage, en particulier de chômage de longue durée, pour les catégories de travailleurs dont l'activité professionnelle est de moins en moins demandée;

30. invite les États membres à encourager les employeurs à proposer davantage de contrats d'apprentissage de qualité, à développer des critères de qualité clairs visant à empêcher les abus et à simplifier les procédures administratives pour les entreprises qui proposent des possibilités de travail ou de formation aux jeunes afin d'améliorer leur carrière professionnelle;

31. rappelle aux États membres le rôle joué par les programmes de l'Union pour promouvoir l'éducation, la mobilité, les compétences linguistiques, la citoyenneté active, les valeurs européennes, la conscience culturelle et d'autres compétences précieuses qui contribuent toutes à améliorer l'employabilité et à renforcer la compréhension interculturelle entre les jeunes; souligne la nécessité de continuer à soutenir ces programmes dans le cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020, en mettant l'accent sur la mobilité, la coopération et la réforme des politiques dans le domaine de l'apprentissage;

32. met en exergue la plus-value d'une expérience à l'étranger pour accompagner les jeunes en décrochage scolaire ou sans diplôme à obtenir un emploi; estime que le programme Erasmus+ constitue aussi pour ce public un cadre excellent leur permettant de suivre une partie de leur formation professionnelle à l'étranger;

33. se réjouit de l'attention renouvelée accordée à la reconnaissance automatique des diplômes universitaires comparables et à son objectif de mettre tous les étudiants sur un pied d'égalité, indépendamment de l'endroit ù ils ont obtenu leurs qualifications; appelle à cet égard les États membres à déployer davantage d'efforts dans le domaine de la reconnaissance des titres universitaires;

34. souligne qu'il peut être très difficile de s'insérer sur le marché du travail à la fin des études et après une longue période de chômage et d'inactivité contrainte, notamment dans le contexte actuel de crise économique; appelle les États membres à mettre en place les politiques d'accompagnement nécessaires pour pallier ces ruptures;

35. invite instamment les États membres à investir dans les mécanismes d'activation précoce du marché du travail et les mécanismes d'accès à l'emploi, afin de proposer des expériences professionnelles et de promouvoir l'emploi, de proposer une meilleure orientation et de créer des centres de services sur mesures en matière de carrière, et de fournir des cours de réinsertion aux jeunes ayant perdu leur emploi ou terminé leurs études dans le système d'enseignement formel, de façon à leur permettre de devenir indépendants, de mener une vie autonome et d'assurer leur développement professionnel;

36. demande aux États membres de mettre rapidement en œuvre l'initiative Garantie européenne pour la jeunesse, des formations en situation de travail, des programmes d'apprentissage et des formations en alternance qui soient facilement accessibles et axées sur la carrière, afin d'offrir des conditions de travail adéquates qui soient assorties d'une forte composante d'apprentissage et soient associées au processus de qualification, et de collaborer avec les régions pour faire en sorte que l'initiative pour l'emploi des jeunes vienne réellement compléter les actions régionales et nationales existantes en matière de lutte contre le chômage des jeunes; rappelle que ce type d'emploi temporaire doit servir de tremplin vers un emploi permanent; demande également qu'il soit fait usage des instruments financiers de la politique de cohésion, en tant que ressource subsidiaire;

37. souligne que la Garantie pour la jeunesse ne saurait se substituer aux efforts et aux réformes structurels qui permettront aux systèmes d'enseignement et au marché du travail de certains États membres de faire face aux défis qui se poseront à l'avenir;

38. invite les États membres à empêcher la baisse des ressources destinées au soutien de l'emploi et de la formation des jeunes; estime qu'il importe à cette fin d'utiliser en priorité les ressources et les instruments du système de garanties; souligne que les États membres devraient également utiliser, à titre subsidiaire, les crédits affectés à la politique de cohésion pour les orienter notamment vers le soutien de l'emploi et la formation des jeunes;

39. appelle à une approche intégrée visant à mettre en œuvre les possibilités d'accès au financement du Fonds social européen (FSE) et du Fonds de cohésion, ainsi qu'aux sources nationales de financement dans la perspective d'une croissance intelligente; souligne le rôle du FSE pour soutenir les investissements dans l'éducation et la formation, les compétences et l'apprentissage tout au long de la vie; plaide dès lors en faveur de l'affectation au FSE d'une part minimale globale s'élevant à 25 % du budget de la politique de cohésion; estime qu'il est également important que les États membres sensibilisent leurs établissements d'enseignement à d'autres possibilités de financements européens à des fins éducatives;

40. souligne le besoin de sensibiliser les enseignants aux compétences clés, telles que les techniques pour apprendre à apprendre, les compétences sociales et civiques, la prise d'initiatives, la sensibilisation culturelle et l'autoexpression; rappelle par conséquent l'importance d'investir dans la formation tout au long de la vie pour les enseignants;

41. rappelle que c'est à l'échelon infranational que l'on peut trouver les informations les plus précises et les plus à jour sur les marchés du travail régionaux, et c'est à ce même échelon que les collectivités territoriales sont à même de jouer un rôle important pour cerner l'inadéquation des compétences, pour fournir les programmes adéquats de reconversion et de formation professionnelle et pour encourager des investissements en réponse à la demande locale;

42. souligne que dans un grand nombre de micro-régions périphériques et défavorisées, les élèves connaissent des problèmes pour accéder aux établissements scolaires, ce qui contribue à une augmentation importante du décrochage scolaire; demande aux États membres, compte tenu des difficultés économiques importantes que connaît la majorité des citoyens européens, d'adopter des mesures concrètes pour éliminer les barrières de cette nature;

43. salue la mise en place de la nouvelle Alliance européenne pour l'apprentissage; appelle les États membres à intégrer l'apprentissage dans leurs réformes et activités dans le cadre des plans pour la réalisation de l'initiative Garantie pour la jeunesse, et à mobiliser des financements européens et nationaux pour atteindre cet objectif;

Un objectif majeur: les partenariats

44. souligne que des partenariats forts puisent dans les synergies entre les ressources humaines et les ressources financières et permettent le partage des coûts de la formation permanente, élément particulièrement important en période d'austérité, ce qui contribuera à arrêter la baisse des investissements publics dans l'emploi et la formation des jeunes, rappelle que les partenariats ont également une influence positive sur l'enseignement et la formation, en renforçant leur qualité et leur accessibilité sans porter atteinte à l'intégrité et à l'indépendance des établissements éducatifs;

45. demande une amélioration du dialogue social et civil en matière d'éducation et de formation au niveau national comme au niveau de l'Union, ainsi qu'un renforcement du rôle des partenaires sociaux dans l'élaboration des politiques;

46. estime que la promotion des partenariats public-privé est une mesure importante assurant une responsabilité commune pour l'éducation et l'insertion professionnelle, en vue d'une adaptation plus rapide des diplômés aux exigences de l'industrie et du marché, ainsi que pour assurer des ressources supplémentaires en vue de la rénovation technologique du processus éducatif;

47. observe que la communication de la Commission du 20 novembre 2012 intitulée "Repenser l'éducation: investir dans les compétences pour de meilleurs résultats socio-économiques" ne définit pas la moindre mesure concrète de mise en œuvre de la coopération entre le secteur éducatif et les divers partenaires sociaux et économiques; invite la Commission à solliciter activement un soutien et des initiatives ainsi que d'autres formes de coopération avec le secteur privé visant à améliorer l'éducation afin de mieux préparer les étudiants à la transition entre l'enseignement et le marché du travail;

48. appelle les États membres à améliorer la coopération et les partenariats entre les entreprises et le secteur de l'éducation à tous les niveaux, y compris aux niveaux des partenaires sociaux et des employeurs, et des étudiants et des organisations de jeunesse, notamment en ce qui concerne la définition des programmes d'études, la fourniture d'orientations et l'organisation d'enseignements, de formations et de spécialisations, avec un large éventail de programmes répondant mieux aux demandes du marché du travail et contribuant à la mise en place d'une solution durable au problème de l'inadéquation des compétences; demande en outre une amélioration du dialogue social et civil au niveau national comme au niveau de l'Union, ainsi qu'un renforcement du rôle des partenaires sociaux dans l'élaboration des politiques;

49. salue les alliances de la connaissance et les alliances sectorielles pour les compétences figurant dans la proposition de la Commission sur le nouveau programme pluriannuel en matière d'éducation, de formation, de jeunesse et de sport; estime que ces alliances constituent des moyens innovants et durables de renforcer le capital humain;

50. insiste sur la responsabilité partagée des différents acteurs dans le domaine de l'apprentissage tout au long de la vie, comme les établissements éducatifs, les pouvoirs publics, les entreprises ainsi que les personnes responsables de leur propre vie;

51. invite la Commission et les États membres à réfléchir soigneusement au concept de partage des coûts comme moyen de financer l'éducation; prévient qu'aucun mécanisme de partage des coûts ne peut être mis en œuvre aux dépens des personnes, et que l'équité et l'accès universel doivent constituer les éléments prioritaires de toute réforme des systèmes d'éducation et de formation;

52. demande un renforcement de la coopération entre les établissements et les prestataires de services d'enseignement, les entreprises, les partenaires sociaux, les organisations civiles, les autorités locales, régionales et nationales et les services pour l'emploi afin d'échanger les meilleures pratiques, de promouvoir les partenariats et de s'employer à proposer des stages et des contrats d'apprentissage de qualité comme moyen efficace de pourvoir les postes vacants et d'assurer une intégration durable des personnes qui passent des études à la vie professionnelle; souligne la nécessité de veiller à ce que ces pratiques soient compatibles avec les mesures et initiatives prises au niveau européen; encourage par ailleurs le recours aux différents programmes et fonds européens en particulier les fonds régionaux;

53. estime qu'il est vital de reconnaître l'importance de combiner les investissements publics et privés dans l'éducation et la formation; insiste également sur la nécessité de prévenir les effets secondaires indésirables éventuels comme le manque d'accès à l'éducation et à la formation des groupes défavorisés sur le plan socioéconomique;

Perspectives de la formation tout au long de la vie

54. constate les changements démographiques dans l'Union, comme le vieillissement de sa population, la faiblesse du taux de natalité ainsi que la fuite des cerveaux et du capital humain; observe par conséquent le besoin d'acquérir de nouvelles connaissances et compétences tout au long de la vie afin de faire face aux défis posés par l'économie mondiale et à l'évolution de la demande de compétences dans le monde du travail;

55. relève l'importance de reconnaître l'éducation comme un droit humain auquel chacun doit avoir accès afin d'assurer le développement personnel et sociétal et d'acquérir des compétences pour la vie; prie instamment les États membres d'améliorer l'accès ouvert à tous les documents pédagogiques et scientifiques afin de réduire les coûts de l'éducation et de la recherche, en particulier à la lumière des récentes coupes budgétaires opérées dans ces domaines à travers l'Union;

56. encourage les États membres à promouvoir la coopération et les synergies dans le domaine de la formation permanente, en particulier pour élargir l'accès aux formations et concevoir, adapter et moderniser les programmes des établissements d'enseignement, par exemple en utilisant les possibilités en pleine expansion de l'apprentissage numérique et les ressources éducatives libres, afin de répondre aux aspirations des jeunes et de relever les nouveaux défis du monde contemporain;

57. salue l'initiative "Ouvrir l'éducation" annoncée par la Commission et visant à améliorer l'efficacité, l'accessibilité et l'équité des systèmes d'éducation, de formation et d'apprentissage en renforçant l'intégration des TIC et des nouvelles technologies dans l'éducation et la formation; invite tous les États membres à encourager les initiatives visant à ouvrir l'éducation;

58. constate avec inquiétude la grande disparité des ressources et connaissances disponibles en matière de TIC dans les écoles et les établissements d'enseignement supérieur entre les différents États membres, et même au sein des États membres; insiste sur la nécessité d'intégrer systématiquement les infrastructures et connaissances dans le domaine des TIC dans tous les secteurs de l'éducation et de la formation afin de préparer au mieux les étudiants à l'ère numérique;

59. rappelle l'importance d'une formation de qualité des enseignants et des formateurs nécessairement complétée par leur mobilité et par leur formation continue tout au long de leur carrière; souligne que le recrutement et la formation, y compris la formation continue, des enseignants sont des éléments essentiels pour garantir la qualité du système d'enseignement;

60. souligne la nécessité de méthodes et de contenus pédagogiques innovants qui mettent l'accent sur l'enseignement de la didactique ("apprendre à apprendre"), tout en tenant compte des apprenants issus de groupes sociaux vulnérables ou présentant des besoins éducatifs spécifiques; observe en particulier l'évolution rapide des TIC, des médias numériques et de l'éducation à la création d'entreprise; insiste sur l'importance des autres éducateurs (par exemple les animateurs de jeunesse, les éducateurs d'adultes et les parents) et de leur coopération fructueuse face à l'évolution de la nature de l'éducation;

61. exhorte les États membres à investir dans l'apprentissage tout au long de la vie des enseignants, afin de contribuer à leur développement professionnel et personnel, ainsi qu'à améliorer le statut et les conditions de travail des enseignants; souligne en outre les avantages potentiels d'une expérience à l'étranger en Europe pour les enseignants;

62. appelle à valoriser la profession d'enseignant et à lui accorder la reconnaissance nécessaire afin d'améliorer la qualité de l'enseignement dispensé aux élèves;

63. souligne l′importance de la mise en place de critères uniformes et objectifs d′évaluation concernant l′efficacité du travail des enseignants et son influence sur les résultats éducatifs et le développement personnel des élèves;

64. insiste sur l'importance de parcours d'apprentissage individualisés afin d'aider les personnes à actualiser et à améliorer leurs compétences productives, sociales et économiques tout au long de leur vie; considère que l'accompagnement personnel, le tutorat et le parrainage permettent de transmettre des connaissances et un savoir-faire à ses bénéficiaires, d'identifier leurs points forts et de leur enseigner les compétences requises par la profession concernée;

65. considère la nécessité d'élargir l'accès à l'apprentissage comme une priorité essentielle de l'Union, en mettant nettement l'accent sur les personnes ne possédant pas un niveau suffisant de compétences de base; invite les États membres à introduire des mesures spécifiques, sous la forme d'un soutien financier aux personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés, afin d'offrir à chacun la possibilité d'atteindre le niveau d'éducation le plus élevé et de garantir la satisfaction des besoins des apprenants et leur bien-être;

66. demande aux États membres de veiller à ce que le système éducatif réponde aux besoins de tout étudiant éventuel tout au long de ses études, du commencement de ses études jusqu'à l'obtention de son diplôme, de façon à approfondir et préserver un système éducatif inclusif et intégré et à proposer des solutions de soutien sur mesure ainsi que des parcours individualisés, notamment aux membres de groupes sociaux vulnérables et qui risquent de ne pas participer ou d'être exclus, tels que les Roms et les autres minorités, les immigrés et les personnes handicapées physiques et/ou mentales et les personnes présentant des besoins spécifiques en matière d'éducation;

67. insiste sur la nécessité d'intégrer les politiques visant à généraliser l'égalité des sexes, notamment dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques, où les femmes sont fortement sous-représentées, de façon à résoudre les problèmes de la ségrégation par métier et de la discrimination salariale, et d'éliminer la discrimination fondée sur le genre et l'orientation sexuelle dans l'éducation, et demande des politiques propres à attirer les groupes vulnérables et défavorisés, y compris les personnes âgées, et à garantir leur inclusion sociale et scolaire; encourage dans ce cadre les États membres à introduire des mesures spécifiques sous la forme de parcours d'accompagnement, d'un soutien financier ou d'une formation continue;

68. demande aux États membres de proposer un large éventail de structures de soutien, comme des bourses, des subventions et des prêts étudiant à des conditions favorables, des systèmes de tutorat, de parrainage et de constitution de réseaux au bénéfice des élèves défavorisés tout au long de leurs études, de façon à prévenir leur sortie précoce de l'enseignement secondaire ou universitaire, et d'aider ces élèves, au niveau de l'enseignement supérieur, à accéder au programme Erasmus - les taux actuels de participation des étudiants issus de familles à bas revenus étant inférieurs à la moyenne - et de promouvoir leur accès à des stages de qualité dans les entreprises, les administrations publiques ou les médias, afin de leur permettre d'accumuler une expérience professionnelle et de se construire un réseau de soutien approprié pour une vie professionnelle future pleine de succès, ainsi que d'intégrer également leurs points de vue particuliers dans la culture institutionnelle;

69. demande une approche ciblée sur la préparation professionnelle des élèves à besoins spécifiques et des enfants et adultes handicapés, dans le but d′élargir l'accès à l'éducation et d′assurer le soutien aux familles et la réalisation du potentiel de leurs capacités;

70. considère que tous les États membres devraient déployer des efforts importants pour réduire les taux de décrochage scolaire de manière à atteindre les objectifs fixés dans la stratégie Europe 2020 visant à parvenir en-deca des 10 %, en lançant des programmes de grande qualité en matière d'éducation, de développement et d'accueil de la petite enfance qui soient adaptés à ce groupe d'âge, couvrent toute la période de la petite enfance - à savoir de la naissance à l'âge de six ans - et en garantissant l'égalité d'accès à ces programmes à tous les enfants;

71. rappelle que le fait de proposer un large éventail d'activités extrascolaires et d'associer les parents au processus éducatif est essentiel si l'on entend remédier aux inégalités dues aux désavantages de la petite enfance, éviter que les élèves défavorisés ne soient placés dans des écoles spécialisées séparées et endiguer la reproduction de la pauvreté et de l'exclusion de génération en génération, un suivi à cet égard pouvant être exercé en associant les acteurs concernés, tels que les ONG locales établies;

72. se déclare, tout comme la Commission, préoccupé des niveaux de participation à des activités de formation des adultes, qui sont particulièrement faibles dans la plupart des États membres, avec un taux moyen de 8,9 % dans l'Union; souligne par conséquent la nécessité de se préoccuper particulièrement des adultes peu qualifiés et du rôle joué par l'éducation et la formation des adultes pour accéder à ces groupes, et de mettre l'accent sur l'apprentissage intergénérationnel; appelle les possibilités offertes par l'apprentissage numérique et les ressources éducatives libres quant à l'accès à l'enseignement et à la formation; rappelle l'importance de promouvoir la formation aux nouvelles technologies et l'accès aux TIC et leur utilisation par tous les groupes d'âge de la population;

73. appelle les États membres, dans un souci de solidarité sociale et pour répondre aux défis démographiques, à encourager les activités bénévoles à tout âge, et les invite instamment à promouvoir les formations requises par les secteurs des soins et de l'assistance;

74. met en avant les possibilités offertes par les cours de masse en ligne accessibles à tous (MOOCS - Massive Open Online Courses) en termes d'accès à un enseignement de meilleure qualité pour tous; estime que ces formations permettent des modes d'apprentissage plus souples et créatifs, favorisent l'égalité de tous les apprenants et permettent de réduire les coûts de l'éducation pour les apprenants comme pour les universités;

75. reconnaît que l'élimination des préjugés qui empêchent les étudiants de choisir des voies qui ne sont pas nécessairement perçues comme conduisant à des carrières et des postes très reconnus par la société est un élément essentiel pour combattre le chômage et que cela permet de renforcer l'attrait de la formation professionnelle ainsi que de l'éducation informelle; souligne cependant qu'en période de chômage élevé des jeunes, il convient d'informer activement ces derniers des perspectives d'emploi réelles sur la base des études qu'ils choisissent; prie les États membres, à cet égard, de promouvoir des programmes d'orientation professionnelle et d'accompagnement dans le choix de la carrière professionnelle des apprenants;

76. estime que la mise en œuvre des systèmes d'orientation professionnelle et de développement de carrière est une mesure importante visant à accompagner les jeunes dans le choix d'école et de profession, et qui contribue à augmenter l'intérêt pour la formation et la préparation professionnelles;

77. soutient fermement la création d'un espace européen des compétences et des certifications visant à la transparence et à la reconnaissance des qualifications acquises via l'EFP et l'enseignement supérieur; propose, le cas échéant, d'étendre cette reconnaissance aux qualifications acquises en dehors du système formel d'éducation et de formation, qui peuvent être considérées comme un instrument d'émancipation, de participation démocratique et d'inclusion sociale et comme un moyen d'impliquer les personnes concernées et de les rapprocher du marché du travail;

78. souligne l'importance d'une mise en œuvre rapide et d'un compte rendu de mise en œuvre des initiatives visant à améliorer la reconnaissance transfrontalière des qualifications au sein de l'Union, et en particulier du cadre européen des certifications, du système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS) et du système européen de transfert de crédits pour l'enseignement et la formation professionnels (ECVET);

79. invite les États membres à élaborer un cadre comparatif pour les diplômes universitaires et à fournir un point de référence concernant l'éducation et les compétences acquises dans le cadre des différents systèmes éducatifs;

80. prie instamment les États membres de procéder, sur une base régulière, à un suivi et à des évaluations, en associant les acteurs concernés, afin de déterminer si leur système et leurs programmes éducatifs sont parvenus à toucher les membres des catégories sociales vulnérables, s'ils ont réussi à préserver l'égalité d'accès à une éducation de qualité et inclusive à tous les niveaux, et si l'acquisition de compétences par le biais des cursus proposés a véritablement favorisé la capacité d'insertion professionnelle, l'intégration sociale et la citoyenneté active des personnes formées; appelle également les États membres à prendre dès que possible des mesures pour répondre aux recommandations relatives à l'éducation émises dans le cadre du semestre européen et aux autres recommandations de la Commission;

81. invite la Commission à vérifier si les États membres ont pris les mesures nécessaires pour réformer leur système éducatif de manière à réaliser les objectifs susmentionnés;

*         *         *

82 charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu'aux gouvernements et parlements des États membres.

(1)

JO L 70 du 8.2.2012, p. 9.

(2)

JO L 135 du 26.05.10, p. 2.

(3)

JO L 372 du 20.12.11, p. 1.

(4)

JO C 119 du 28.5.2012, p. 2.

(5)

JO L 398 du 20.12.12, p. 1.

(6)

JO C 77 E du 16.03.12, p. 27.

(7)

JO C 377 E du 07.12.12, p. 89.

(8)

JO C 377 E du 07.12.12, p. 77.

(9)

JO C 161 E du 31.05.11, p. 8.

(10)

JO C 45 E du 23.2.2010, p. 33.

(11)

JO C 139 du 17.05.13, p. 51.


EXPOSÉ DES MOTIFS

Contexte

Le 20 novembre 2012 la Commission a présenté sa communication intitulée "Repenser l'éducation: investir dans les compétences pour de meilleurs résultats socio-économiques". Ce document propose des actions concrètes au niveau de l'Union et recommande des mesures nationales, principalement dans les trois domaines suivants:

1.  formation aux compétences pertinentes pour l'emploi,

2.  nouvelles façons d'enseigner et d'apprendre,

3.  nouvelles approches de financement et de partenariat.

La communication propose de développer les compétences adaptées à l'emploi, d'améliorer les compétences fondamentales en lecture, en écriture et en calcul, et de renforcer les compétences transversales et entrepreneuriales. Elle insiste aussi sur le besoin de construire des partenariats créant des stratégies appropriées à l'acquisition des compétences et encourage les discussions sur le financement de l'enseignement.

L'efficacité de l'enseignement et de l'apprentissage en Europe pourrait être renforcée par une meilleure reconnaissance des compétences et des qualifications, ce qui augmenterait la mobilité et contribuerait à la réduction du chômage. Il faut encourager l'utilisation des ressources éducatives libres et des nouvelles technologies afin d'élargir l'accès aux supports d'apprentissage et d'augmenter la participation des étudiants. Les enseignants doivent bénéficier de formations appropriées pour mettre à jour leurs propres compétences.

Les sujets abordés dans la communication sont développés dans six autres documents de travail de ses services. La communication s'accompagne également du rapport de suivi 2012 de l'éducation et de la formation, qui apporte des informations substantielles sur ce thème.

Remarques de la rapporteure

Dans la situation actuelle de crise économique en Europe et dans le monde entier, le chômage et ses répercussions sur la possibilité pour les citoyens de subvenir à leurs besoins représentent l'un des problèmes principaux que nous ayons à affronter. Notre premier objectif doit être la lutte contre le chômage, dans le cadre de laquelle l'éducation et la formation ont un rôle décisif à jouer. À long terme, l'éducation et le développement des compétences constituent les clés de l'innovation et de la croissance économique. Ceci étant, une formation de qualité apportant les compétences utiles sur le marché du travail doit aller de pair avec le développement des compétences personnelles et des comportements sociétaux.

À ce jour les établissements d'enseignement connaissent des difficultés: presque tous les pays de l'OCDE ont augmenté significativement leurs dépenses dans le secteur de l'éducation entre 1980 et 2005, mais ils sont peu nombreux à avoir obtenu des améliorations significatives. Il faut recourir à des modifications systémiques améliorant la qualité de nos établissements d'enseignement sans alourdir les charges. L'apprentissage non formel et informel, ainsi que le travail au sein des organisations de jeunesse, devraient être mieux reconnus et être associés à l'éducation formelle. Les partenariats universités-entreprises et l'apprentissage en milieu professionnel, de même que des stratégies de formation tout au long de la vie mieux conçues, peuvent constituer de nouveaux moteurs de réforme du système éducatif et de formation.

La rapporteure souligne qu'il est urgent de définir les compétences adaptées au monde d'aujourd'hui, non seulement pour les étudiants et les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, mais aussi pour les autres personnes ayant besoin de se réorienter afin améliorer leur situation personnelle sur le marché de l'emploi, leur intégration sociale, leur vie de famille, une citoyenneté active et l'estime de soi, entre autres. Les nouvelles connaissances et compétences transversales acquises doivent aboutir à une sécurisation sur le plan des besoins financiers mais aussi sociaux et personnels des gens.

En mars 2013, le taux de chômage dans l'UE a atteint 23,5 % pour les jeunes de 25 ans et moins. Dans le même temps, plus de deux millions d'emplois ne sont pas occupés. La rapporteure souligne que ce problème est une conséquence directe de la situation actuelle: les besoins du marché du travail sont souvent en décalage avec les possibilités offertes par les établissements d'enseignement. Certains postes nécessitent aujourd'hui des compétences acquises par un nombre insuffisant de jeunes. En outre, nous avons besoin de toute urgence de personnes formées dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques.

Pour résoudre le problème de la non-adéquation des compétences, nous devons nous concentrer sur le décalage critique entre la perception que les étudiants ont des métiers de rêve et les besoins du marché du travail en employés compétents et bien formés. Nous sommes également confrontés au problème de la perception stéréotypée des filières féminines et masculines. Nous aiderons cependant à faire changer ces perceptions en montrant la valeur ajoutée de l'enseignement et de la formation professionnels et en nous écartant de l'éducation purement formelle. De plus, une plus grande diversité des genres sur le lieu de travail et dans les équipes de travail conduit en général à une amélioration de la productivité et des résultats.

La rapporteure aimerait se référer aux statistiques du EU Skills Panorama(1) afin de mettre en évidence les tendances suivantes en Europe:

1.  augmentation du nombre de postes très qualifiés (comme les conseillers juridiques, fonctionnaires et dirigeants expérimentés);

2.  diminution de la proportion d'emplois manuels qualifiés (comme les artisans),

3.  un employé sur trois est sur- ou sous-qualifié (ce qui montre l'ampleur de l'inadéquation des compétences);

4.  le recrutement dans le secteur privé répond mieux et plus vite au cycle d'activité des entreprises comparativement au secteur public;

5.  les principaux goulets occupationnels se rencontrent, par exemple, dans le secteur de la santé (en particulier les médecins, pharmaciens et infirmiers), dans celui des TIC (en particulier les consultants en informatique et les programmeurs), dans le secteur de l'ingénierie (en particulier les techniciens spécialisés) et dans le secteur financier (professionnels de l'entreprise comme les comptables).

Nous devons donner à la formation non formelle et informelle, au travail des organisations de jeunesse, aux stages de qualité, à l'apprentissage et au volontariat le statut d'outils de création du premier lien entre le monde des études et celui du travail, et reconnaître qu'il y a là autant d'occasions de communiquer aux jeunes l'esprit d'entreprise et d'innovation. Par ailleurs, l'expérience professionnelle acquise pendant les études aide les jeunes à acquérir les compétences nécessaires au passage vers l'emploi. Des compétences personnelles comme la pensée critique, le travail en équipe, la résolution des problèmes, la communication, la confiance en soi, la prise d'initiative et les qualités de dirigeant sont également utiles pour être mieux préparé à la vie professionnelle mais aussi privée.

La rapporteure aimerait aussi presser les États membres d'affecter les fonds nécessaires à la promotion de la formation en milieu professionnel et en alternance, des systèmes précieux pour la transition entre le monde des études et celui du travail. Il est important d'investir à la fois dans la qualité et dans les normes, qui doivent être renforcées.

Les compétences en langues ont une importance particulière, parce qu'elles favorisent la mobilité des travailleurs et des étudiants et augmentent leurs chances de trouver un emploi et leur confiance en soi sur leur lieu de travail. Des compétences linguistiques adéquates permettent aux citoyens européens de profiter pleinement des possibilités offertes à l'étranger. L'adoption d'indicateurs de référence constitue une étape indispensable vers le renforcement des compétences linguistiques en Europe. Elle constituera un facteur positif d'amélioration des résultats des étudiants et de réalisation de l'objectif de Barcelone "langue maternelle + deux langues étrangères".

La rapporteure aimerait mettre particulièrement l'accent sur les objectifs suivants:

· il faut résoudre le problème du chômage des jeunes en se rappelant le chiffre de 23,5 % de jeunes européens au chômage cité plus haut;

· il faut actualiser les systèmes d'enseignement obsolètes, responsables de l'inadéquation entre les possibilités de formations proposées par les établissements d'enseignement et les besoins actuels du marché du travail, et concevoir de nouveaux systèmes visant à éviter que cette situation ne se reproduise en utilisant de nouvelles méthodes d'enseignement intégrant les partenaires sociaux, régionaux et commerciaux dans le processus éducatif et en recourant aux voies de la formation permanente,

· il faut élargir les objectifs des politiques en matière d'éducation et de formation afin que celles-ci jouent un rôle précis dans la promotion de la citoyenneté active, du développement et du bien-être personnels, et favorisent un dialogue social structuré.

De plus en plus de jeunes ne font pas d'études, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation. L'Union ne peut pas se permettre de laisser une génération se perdre. La rapporteure est du même avis que la Communication: le principal outil pour éviter cette dérive est un système de formation efficace, accessible et de qualité en adéquation avec les besoins du marché du travail. Elle souhaite toutefois insister sur le fait que les besoins du marché du travail ne constituent pas le seul élément dont il faille tenir compte. Il faut également se préoccuper de l'intégration sociale et de la citoyenneté active.

La rapporteure souligne la nécessité d'axer les actions sur des programmes de formation des adultes et de formation permanente propres à aider ces derniers à acquérir une requalification qui leur permettra d'occuper d'autres postes pendant le reste de leur vie professionnelle. En outre, les groupes vulnérables comme les personnes socialement défavorisées, les personnes handicapées, les minorités, les personnes âgées et les femmes doivent bénéficier d'un meilleur accès à l'éducation et à la formation afin d'augmenter leurs chances de vivre une vie décente.

La rapporteure souligne que l'amélioration des systèmes éducatifs en Europe nécessitera une coopération étroite: il est indispensable de renforcer le dialogue social entre les établissements d'enseignement et les entreprises, les partenaires sociaux, les services sociaux (agences pour l'emploi), les autorités régionales, et les ONG, afin d'échanger les bonnes pratiques et de promouvoir les partenariats en tant que moyens de transition entre le monde des études et le monde de l'entreprise et du travail.

Parallèlement à la modernisation des politiques d'éducation et de formation, il convient de renforcer l'engagement de la société civile et la responsabilité sociale dans le monde de l'entreprise. Les entreprises partenaires peuvent par ailleurs jouer un rôle important dans l'acquisition de nouvelles compétences par les étudiants, leur servir d'exemples ou de modèles, et les professionnels peuvent par exemple participer à des activités en classe.

La rapporteure souligne que l'idée directrice du rapport, outre l'identification des principales compétences à acquérir et des principaux défis à relever pour les apprenants et les personnes arrivant sur le marché du travail, consiste également à trouver les solutions visant à préserver les conditions de leur indépendance personnelle et économique. Tout être humain a droit à l'éducation. Si nous voulons que cela soit une réalité, nous devons investir dans une éducation de qualité et durable. De plus, nous devons nous servir de tous les outils complémentaires qui permettront de développer les conditions propices au développement et au bien-être personnel. Cela doit être pleinement reconnu au niveau de l'Union et au niveau national.

(1)

           www.euskillspanorama.ec.europa.eu


AVIS de la commission de l'emploi et des affaires sociales (27.6.2013)

à l'intention de la commission de la culture et de l'éducation

Repenser l'éducation

(2013/2041(INI))

Rapporteure pour avis: Kinga Göncz

SUGGESTIONS

La commission de l'emploi et des affaires sociales invite la commission de la culture et de l'éducation, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu'elle adoptera les suggestions suivantes:

1.  appelle les États membres, afin d'atteindre les buts et les objectifs généraux que l'Union européenne s'est fixés dans le cadre de la stratégie Europe 2020 - à savoir réaliser une croissance intelligente, inclusive et verte, construire une Europe forte et innovante et promouvoir l'inclusion sociale et un niveau de solidarité renforcé tout en préparant les citoyens à une vie réussie et épanouissante - à investir davantage dans une éducation et une formation de qualité, et donc dans le capital humain, préparant les étudiants à s'adapter aux besoins, en constante évolution, du marché du travail et favorisant leur intégration sociale et professionnelle;

2.  souligne qu'un niveau plus élevé de connaissances et de compétences est nécessaire; appelle ainsi les États membres à dispenser des formations plus efficaces, axées sur la citoyenneté active, qui développent la créativité et permettent d'acquérir des compétences transversales (aidant les étudiants à résoudre des problèmes, à être flexibles et capables de s'adapter à des situations imprévisibles et à travailler en équipe et dans des contextes interculturels), des compétences pratiques en termes de gestion et de direction d'entreprise et dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques - également à destination des femmes dès le plus jeune âge, de façon à résoudre les problèmes de la ségrégation par métier et de la discrimination salariale - et de favoriser une connaissance poussée des nouvelles technologies de l'information et une maîtrise efficace des langues étrangères, et ce dès le plus jeune âge pour tous; demande également aux États membres, en vue de renforcer l'employabilité à travers l'ensemble de l'Europe, de sensibiliser les citoyens aux droits, aux devoirs et aux obligations civiques que leur confère la citoyenneté européenne et de les informer des avantages qu'ils peuvent retirer de leur droit à la libre circulation dans l'Union européenne;

3.  demande aux États membres de veiller à ce que le système éducatif réponde aux besoins de tout étudiant éventuel tout au long de ses études, du commencement de ses études jusqu'à l'obtention de son diplôme, de façon à approfondir et préserver un système éducatif inclusif et intégré, par une approche favorisant l'apprentissage tout au long de la vie, en mettant particulièrement l'accent sur l'égalité d'accès et en proposant des solutions de soutien sur mesure ainsi que des parcours individualisés pour les différents besoins des étudiants, notamment ceux qui sont membres de groupes sociaux vulnérables et qui risquent de ne pas participer ou d'être exclus, tels que les Roms et les autres minorités, les immigrés et les personnes handicapées physiques et/ou mentales et les personnes présentant des besoins spécifiques en matière d'éducation;

4.  souligne que dans un grand nombre de micro-régions périphériques et défavorisées, les élèves connaissent des problèmes pour accéder aux établissements scolaires, ce qui augmente le décrochage scolaire; demande donc aux États membres, compte tenu des difficultés économiques importantes que connaît la majorité des citoyens européens, d'adopter des mesures concrètes pour éliminer les barrières de cette nature;

5.  considère que tous les États membres devraient déployer des efforts importants pour réduire les taux de décrochage scolaire de manière à atteindre les objectifs fixés dans la stratégie Europe 2020 visant à parvenir en-deca des 10 %, en lançant des programmes de grande qualité en matière d'éducation, de développement et d'accueil de la petite enfance qui soient adaptés à ce groupe d'âge, couvrent toute la période de la petite enfance - à savoir de la naissance à l'âge de 6 ans - et en garantissant l'égalité d'accès à ces programmes à tous les enfants; rappelle en outre que, en proposant un large éventail d'activités extrascolaires et en associant les parents au processus éducatif, toutes ces mesures sont essentielles si l'on entend remédier aux inégalités dues aux désavantages de la petite enfance, éviter que les élèves défavorisés ne soient placés dans des écoles spécialisées séparées et endiguer la reproduction de la pauvreté et de l'exclusion de génération en génération, un suivi à cet égard pouvant être exercé en associant les acteurs concernés, tels que les ONG locales établies;

6.  est d'avis que tous les élèves doivent recevoir une aide en vue de mettre au point des programmes de formation individuels; prie donc instamment les États membres de promouvoir des programmes d'orientation professionnelle et d'accompagnement dans le choix de la carrière professionnelle des élèves et des étudiants;

7.  demande aux États membres de proposer un large éventail de structures de soutien, comme des bourses, des subventions et des prêts étudiant à des conditions favorables, des systèmes de tutorat, de parrainage et de constitution de réseaux au bénéfice des élèves défavorisés tout au long de leurs études, de façon à prévenir leur sortie précoce de l'enseignement secondaire ou universitaire, et d'aider ces élèves, au niveau de l'enseignement supérieur, à accéder au programme Erasmus - les taux actuels de participation des étudiants issus de familles à bas revenus étant inférieurs à la moyenne - et de promouvoir leur accès à des stages de qualité dans les entreprises, les administrations publiques ou les médias, afin de leur permettre d'accumuler une expérience professionnelle et de se construire un réseau de soutien approprié pour une vie professionnelle future pleine de succès, ainsi que d'intégrer également leurs points de vue particuliers dans la culture institutionnelle;

8.  se déclare, tout comme la Commission, préoccupé des niveaux de participation à des activités de formation des adultes, qui sont particulièrement faibles dans la plupart des États membres, avec un taux moyen de 8,9 % dans l'Union; recommande d'étendre les programmes en matière de formation accessible et de qualité pour les adultes, notamment sur le lieu de travail;

9.  invite instamment les États membres à bien cibler et à améliorer radicalement les passerelles entre les différentes filières d'éducation et de formation et à faciliter la transition entre études, formation professionnelle et emploi, les États membres ayant été invités, dans le cadre du semestre européen, à supprimer les barrières existant dans ce domaine;

10. appelle les États membres, compte-tenu de la situation d'urgence sociale dans l'Union et alors que la crise affecte particulièrement les jeunes(1), à promouvoir les échanges de bonnes pratiques pour réduire le taux de chômage des jeunes et répondre aux besoins des jeunes qui se trouvent en période de transition, notamment en matière de sécurité sociale, à proposer une garantie pour la jeunesse, à fournir des stages de qualité et rémunérés (qui ne se substituent pas à des emplois permanents), des formations en situation de travail, des programmes d'apprentissage et des formations en alternance qui soient facilement accessibles et axés sur la carrière et soient assortis de conditions de travail adéquates, d'une forte composante d'apprentissage et d'un processus de qualification, tous ces éléments étant essentiels pour la transition de l'éducation vers l'emploi; recommande également que les États membres ne disposant pas de programmes de formation en alternance procèdent à leur introduction;

11. prie instamment les États membres de soutenir l'acquisition et la reconnaissance des compétences acquises de manière non formelle et informelle, pour lesquelles ils attribuent également des "crédits"; demande à la Commission de prévoir un système européen de validation accessible et de qualité pour ces compétences;

12. demande aux États membres, de façon à trouver une solution durable au problème de l'inadéquation entre les compétences acquises et la demande sur le marché du travail, et à prévenir ainsi le chômage, d'encourager un dialogue et une coopération continus, ainsi que des partenariats entre les institutions éducatives, les entreprises, les partenaires sociaux et les employeurs, les étudiants et les organisations de jeunes concernant les domaines les plus importants, avec par exemple la mise en place de politiques en matière d'éducation et de formation, la définition de programmes d'étude, la fourniture d'orientations et l'organisation d'enseignements, de formations et de spécialisations axés sur la pratique;

13. exhorte en outre les États membres à résoudre les problèmes de pénurie de compétences, notamment dans les secteurs dotés d'un potentiel de croissance, tels que l'économie verte, les TIC, les services de santé et de soins et les services aux entreprises, qui nécessiteront de plus en plus de travailleurs qualifiés dans les années à venir et qui sont susceptibles d'assurer des emplois de qualité et durables;

14. appelle les États membres, dans un souci de solidarité sociale et pour répondre aux défis démographiques, à encourager les activités bénévoles à tout âge, et les invite instamment à promouvoir les formations requises par les secteurs des soins et de l'assistance;

15. demande aux États membres d'adopter des mesures visant à améliorer la participation des travailleurs et des chômeurs aux programmes d'orientation professionnelle et de reformation afin de réduire le risque de chômage, en particulier de chômage de longue durée, pour les catégories de travailleurs dont l'activité professionnelle est de moins en moins demandée;

16. souligne l'importance d'une formation de haut niveau pour les enseignants et la nécessité de préparer les enseignants à privilégier l'acquisition d'aptitudes et de compétences, à proposer des méthodes d'enseignement innovantes et spécialement conçues pour les apprenants issus de catégories sociales vulnérables et les élèves ayant des besoins éducatifs spécifiques, à se familiariser avec des cultures différentes, à adapter leurs cours aux différents modes de communication et d'apprentissage connus des étudiants et à se préoccuper davantage des acquis de l'apprentissage que des règles éducatives établies, dans l'objectif de garantir la réussite de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes; exhorte en outre les États membres à investir dans l'apprentissage tout au long de la vie des enseignants, afin de contribuer à leur développement professionnel et personnel, ainsi qu'à améliorer la situation financière et les conditions de travail des enseignants;

17. prie instamment les États membres de procéder, sur une base régulière, à un suivi et à des évaluations, en associant les acteurs concernés, afin de déterminer si leur système et leurs programmes éducatifs sont parvenus à toucher les membres des catégories sociales vulnérables, s'ils ont réussi à préserver l'égalité d'accès à une éducation de qualité et inclusive à tous les niveaux, et si l'acquisition de compétences par le biais des cursus proposés a véritablement favorisé la capacité d'insertion professionnelle, l'intégration sociale et la citoyenneté active des personnes formées; appelle également les États membres à prendre dès que possible des mesures pour répondre aux recommandations relatives à l'éducation émises dans le cadre du semestre européen et aux autres recommandations de la Commission;

18. souligne le rôle du Fonds social européen pour soutenir les investissements dans l'éducation et la formation, les compétences et l'apprentissage tout au long de la vie; se prononce dès lors résolument en faveur de l'affectation au FSE d'une part minimale globale s'élevant à 25 % du budget de la politique de cohésion; estime qu'il est également important que les États membres sensibilisent leurs établissements d'enseignement à d'autres possibilités de financements européens à des fins éducatives;

19. invite la Commission à vérifier si les États membres ont pris les mesures nécessaires pour réformer leur système éducatif de manière à réaliser les objectifs susmentionnés.

RÉSULTAT DU VOTE FINAL EN COMMISSION

Date de l’adoption

20.6.2013

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

38

2

2

Membres présents au moment du vote final

Regina Bastos, Edit Bauer, Heinz K. Becker, Jean-Luc Bennahmias, Phil Bennion, Philippe Boulland, Milan Cabrnoch, David Casa, Alejandro Cercas, Ole Christensen, Derek Roland Clark, Marije Cornelissen, Emer Costello, Frédéric Daerden, Karima Delli, Sari Essayah, Richard Falbr, Thomas Händel, Marian Harkin, Nadja Hirsch, Stephen Hughes, Danuta Jazłowiecka, Martin Kastler, Jean Lambert, Verónica Lope Fontagné, Olle Ludvigsson, Thomas Mann, Csaba Őry, Sylvana Rapti, Licia Ronzulli, Joanna Katarzyna Skrzydlewska, Jutta Steinruck, Traian Ungureanu, Inês Cristina Zuber

Suppléant(s) présent(s) au moment du vote final

Georges Bach, Jürgen Creutzmann, Kinga Göncz, Jelko Kacin, Jan Kozłowski, Svetoslav Hristov Malinov, Evelyn Regner, Birgit Sippel

(1)

  Le taux de chômage des jeunes dans l'Union s'élève à 23,6 % en janvier 2013 et 8 millions de personnes âgées de 18 à 25 ans ne font pas d'études, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation.


RÉSULTAT DU VOTE FINAL EN COMMISSION

Date de l’adoption

17.9.2013

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

21

5

2

Membres présents au moment du vote final

Zoltán Bagó, Malika Benarab-Attou, Piotr Borys, Jean-Marie Cavada, Silvia Costa, Santiago Fisas Ayxela, Mary Honeyball, Petra Kammerevert, Emma McClarkin, Emilio Menéndez del Valle, Martina Michels, Marek Henryk Migalski, Katarína Neveďalová, Doris Pack, Chrysoula Paliadeli, Monika Panayotova, Gianni Pittella, Marie-Thérèse Sanchez-Schmid, Marietje Schaake, Marco Scurria, Hannu Takkula, László Tőkés, Helga Trüpel, Gianni Vattimo, Marie-Christine Vergiat, Sabine Verheyen

Suppléant(s) présent(s) au moment du vote final

Ivo Belet, Hans-Peter Martin, Claudiu Ciprian Tănăsescu

Suppléant(s) (art. 187, par. 2) présent(s) au moment du vote final

Preslav Borissov

Dernière mise à jour: 10 octobre 2013Avis juridique