Retour au portail Europarl

Choisissez la langue de votre document :

Questions parlementaires
7 décembre 2010
E-010052/2010
Question avec demande de réponse écrite
à la Commission
Article 117 du règlement
Satu Hassi (Verts/ALE) et Heidi Hautala (Verts/ALE)

 Objet: Castration des porcelets dans l'Union européenne
 Réponse(s) 

Selon les estimations, près de 80 % des porcelets mâles sont castrés chaque année dans l'Union européenne, ce qui représente environ 100 millions de bêtes. La castration n'est pas nécessaire sur le plan vétérinaire, elle vise à éviter que la viande de porc ne dégage une «odeur de verrat».

La directive 2001/93/CE de la Commission interdit toutes les procédures destinées à intervenir à d'autres fins que thérapeutiques ou de diagnostic ou pour l'identification des porcs conformément à la législation applicable, et provoquant des dommages ou la perte d'une partie sensible du corps ou une altération de la structure osseuse, à l'exception de la castration des porcs mâles par d'autres moyens que le déchirement des tissus.

L'EFSA, Autorité européenne de sécurité des aliments, a constaté dans son avis publié en 2004 que la castration chirurgicale des porcelets était impossible sans déchirement de tissus tels que le ligament scrotal (gubernaculum testis). Selon l'EFSA, la directive 2001/93/CE se trouve fréquemment enfreinte à cet égard.

L'EFSA constate que la castration est toujours douloureuse pour les porcs et observe que la limite d'âge des porcs à castrer, fixée à sept jours par la directive 2001/93/CE, ne signifie pas que les porcs nouveau-nés soient moins sensibles à la douleur que les bêtes plus âgées. Par ailleurs, le ministère finlandais de l'agriculture et de la sylviculture a constaté dans un mémoire en date du 5 novembre 2010 que «l'opération est douloureuse pour le porc, que le sectionnement du canal déférent soit effectué au moyen de pinces, d'un couteau ou à la main. La castration prend du temps, affecte le bien-être des porcs et est, de l'avis de nombreux producteurs, désagréable. La castration effectuée sans anesthésie locale ou générale engendre douleur et stress chez les porcs, lesquels continuent à ressentir la douleur après l'intervention lorsqu'aucun analgésique ne leur est administré.».

La castration des porcs par des moyens douloureux n'est pas indispensable. Les porcelets ne sont pas castrés en Grande-Bretagne ni en Irlande, par exemple. En Norvège, la castration ne peut être effectuée que par un vétérinaire, sous anesthésie locale, et en Australie, la majorité des porcelets reçoivent une injection empêchant le développement des testicules. En Finlande par contre, près de 40 % des porcs sont castrés par déchirement des tissus sans analgésique ni anesthésie locale.

Quelles mesures la Commission entend-elle prendre afin d'éviter que les porcs ne subissent, dans l'Union européenne, des souffrances inutiles en raison de la castration?

Langue originale de la question: FIJO C 265 E du 09/09/2011
Dernière mise à jour: 9 décembre 2010Avis juridique