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Discours du President du Parlement Européenne Antonio Tajani à la Conférence-débat « Le partenariat privilégié Tunisie-UE au service de l’investissement, de la croissance et de l’emploi »

Discours
Tunis
31-10-2017
 

(La version prononce fait foi)

 

Je suis très heureux d’être parmi vous pour cet événement important.

C’est un lieu bien choisi et je tiens d’abord à remercier UTICA de nous accueillir et de la féliciter pour son rôle dans le Quartet du dialogue national qui a reçu le Prix Nobel de la Paix de 2015.

C’est symbolique que ma première visite en dehors de l’Europe en tant que Président du Parlement européen se fasse sur la rive sud de la Méditerranée, et dans un pays ami avec qui nous partageons tant d’histoire, d’intérêts et des valeurs, mais aussi des défis importants.

Ce n’est pas ma première visite ici. Je suis venu en Tunisie en 2012 quand j’étais Commissaire européen responsable de l’industrie et l’entrepreneuriat.

C’était dans le cadre d’une mission de croissance, avec des représentants de 37 compagnies européennes, pour promouvoir les relations économiques et commerciales entre la Tunisie et l’Union européenne.

Je crois très fort en la diplomatie économique et je continue à m’en servir pour promouvoir la croissance et les emplois.

Le thème pour cette conférence - le développement économique par l’investissement et la création d’emplois - est un thème avec une finalité bien au-delà de l’économie.

Je suis particulièrement heureux de voir parmi nous aujourd’hui des jeunes et des femmes entrepreneurs. La création d’emplois, et notamment pour les jeunes, et la croissance économique sont fondamentaux pour donner à la population de l’espoir en un avenir meilleur.

Le chômage des jeunes est au-dessus de 30 %, même pour les diplômés universitaires, et 40 % pour les moins de 24 ans. Sans des prospects d’avenir et d’emplois, les jeunes perdent confiance en la société et en les institutions démocratiques.

Au pire, des jeunes sans espoir risquent de tourner le dos à la société, de chercher du travail dans les secteurs informels ou criminels, de quitter leur pays pour chercher un meilleur avenir ailleurs, ou même d’être attirés par des groupes radicaux.

C’est pourquoi il faut à tout prix combattre de telles désillusions et gagner la bataille pour l’emploi.

La croissance économique est étroitement liée aux défis sécuritaires et sociaux, de migration et de radicalisation et terrorisme. Dont l’intérêt fondamental de cette conférence et du thème qu’elle aborde.

La relance de l’économie tunisienne et la réduction des inégalités régionales et socio-économiques sont des défis majeurs auxquels il faut s’attaquer avec tous les moyens disponibles, publics comme privés.

Ce n’est pas dans le secteur public que les jeunes vont trouver du travail, c’est dans le privé. Mais pour la création de ces emplois, le public doit préparer le terrain.

Cela nécessitera des réformes et des choix difficiles, maix qui sont aussi impératifs pour attirer l’investissement privé et étranger :

  • la réduction des emplois dans le secteur public,
  • la promotion de la bonne gouvernance et le développement social,
  • la réduction de l’économie informelle par la création d’emplois formels,
  • la mise en œuvre de mesures pour s’adresser aux obstacles administratifs, juridiques et financiers qui réduisent la compétitivité.
  • l’introduction de mesures supplémentaires de soutien au financement des PME auprès des banques. Ceci est l’un des plus grands obstacles pour la création et le développement des entreprises.

Mais je tiens aussi à vous dire très clairement : pour faire face à ces défis, vous n’êtes pas seuls, nous sommes à vos côtés. L’amitié et les relations entre la Tunisie et l’Europe est de longue date et ne cesse de se renforcer.

Le partenariat stratégique entre l’Union européenne et la Tunisie est bien établi.

Vous pouvez compter sur notre soutien continu pour la promotion du développement démocratique, social, économique et technologique du pays, notamment à travers notre soutien au plan stratégique de développement 2016-2020.

La contribution financière de l’Union européenne à la Tunisie a plus que doublée depuis 2011. Le support total de l’UE et de la Banque européenne d’investissement était d’environ 3.5 milliards d’euro entre 2011-2016.

Ce support continue à s’accroitre pour soutenir et accompagner le processus de développement du pays.

Je me félicite de la participation de la Tunisie dans des programmes européens :

  • Erasmus + pour les échanges universitaires et d’autres actions pour soutenir l’enseignement et la formation. Dans les deux prochaines années, ce programme permettra à quelques 1500 étudiants et enseignants d’étudier, se former ou enseigner en Europe et en Tunisie.
  • Horizon 2020 pour la recherche et l’innovation.
  • Europe créative pour les secteurs audiovisuel, culturel et créatif.
  • Le réseau Entreprise Europe, le plus grand réseau européen dédié à l'innovation et à l'internationalisation des entreprises.
  • À l’avenir, je voudrais voir le programme Erasmus pour jeunes entrepreneurs élargi à la Tunisie et à l’Afrique.

Par ailleurs, le Parlement européen s’est activement engagé dans un dialogue structuré avec l’Assemblée des Représentants du Peuple.

Début mai, nous avons organisé une semaine tunisienne pour souligner l’importance de notre partenariat, et j’étais heureux d’y accueillir le President de l’Assemblée M. Ennaceur et un nombre de députés tunisiens.

Un autre pas important vers le renforcement de notre partenariat a été franchi en octobre 2015 avec l’ouverture des négociations sur un Accord de libre-échange complet et approfondi.

Cet accord est une opportunité importante pour renforcer nos liens économiques, pour accélérer les reformes économique et pour soutenir la diversification et la modernisation de l’économie tunisienne.

Il permettrait ainsi aux produits et services tunisiens d’accéder plus facilement à un marché européen de 500 millions de consommateurs, le plus grand marché du monde.

Il favoriserait aussi les conditions d’investissement et le climat des affaires par un cadre réglementaire plus prévisible et plus proche de celui de l’UE.

Enfin, il mènerait à l’adaptation progressive de l’économie tunisienne aux normes européennes, ce qui contribuerait à hausser la qualité des produits et services tunisiens, profitant aussi aux consommateurs tunisiens et favorisant l’accès aux d’autres marchés internationaux.

Les entreprises bénéficieront de l’accord par la reconnaissance mutuelle des produits ainsi que par la réduction de barrières techniques et administratives et des duplications des normes.

Il s’agit par ailleurs d’un accord asymétrique et progressif a l’avantage de la Tunisie avec une ouverture commerciale et un rapprochement règlementaire adaptés aux priorités choisies par la Tunisie en tenant compte les spécificités de son économie.

Bien évidemment, tous ces programmes, reformes et accords publics doivent servir à vous : aux industries et aux entrepreneurs.

C’est vous qui êtes la colonne vertébrale de la croissance et l’emploi.

Je voudrais voir plus d’investissement européen en Tunisie, plus de joint-ventures, et que cette coopération se développe dans tous les secteurs de l’économie : l’énergie, l’infrastructure, le tourisme, l’économie verte, les nouvelles technologies, et je pourrais continuer.

Dans trois semaines, j’organise dans le Parlement européen un évènement très important pour promouvoir la coopération entre l’Europe et l’Afrique.

Il y a quelques semaines, l’Union européenne a mis en place le Fonds européen pour le développement durable.

Ce fond doit soutenir les investissements dans les pays d’Afrique et du voisinage européen, initialement par un budget d’environ 3.4 milliards d’euros.

C’est un début mais loin de suffisant.

Dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union, je voudrais voir un véritable Plan Marshall pour l’Afrique.

Il faudrait des investissements d’au moins 40 milliards d’euros, ce qui créerait un effet levier de 400 milliards d’euros.

Je voudrais aussi voir se développer l’intégration économique régionale. C’est par cela qu’a commencé l’intégration européenne, et cela a mené à une Europe plus stable, plus prospère et plus en sécurité que jamais auparavant.

C’est ce que je souhaite pour la Tunisie, pour la région méditerranéenne, et pour l’Afrique. C’est pour cela que je suis ici, pour vous encourager, pour donner de la confiance aux entrepreneurs.

Je continuerai à travailler dans ce sens, et c’est un message que j’apporterai au sommet entre l’Union européenne et l’Union africaine à la fin novembre.

Merci.

Pour plus d'informations :

europarl.president.press@europarl.europa.eu