Discours du Président Schulz à la VIIIème session plénière de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée
Monsieur le Président de la Chambre des Représentants,
Monsieur le Vice-président Antonio Leone, représentant le Président Fini de la Chambre des Députés de la République italienne,
Monsieur Mohammed Aldweib, représentant du Président Majalli de la Chambre des Représentants du Royaume Hachémite de Jordanie,
Monsieur le Conseiller de sa Majesté et Président de la Fondation Anna Lindh, André Azoulay,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Permettez-moi tout d'abord, chers collègues, chers amis, de remercier chaleureusement le Président Ghellab et à la délégation marocaine pour leur hospitalité amicale et la générosité de leur accueil.
On se sent comme à la maison chez vous !
Laissez-moi vous dire aussi ma joie de me retrouver aujourd'hui dans cette enceinte prestigieuse où a commencé à s'écrire l'histoire de notre assemblée parlementaire voilà bientôt neuf ans.
Parmi nous se trouve un de ses Membres fondateurs, Monsieur Abdelwahad Radi. Qu'il me soit ici permis de lui rendre un hommage appuyé pour son engagement de méditerranéen et d'homme de dialogue.
Enfin, c'est un immense plaisir que de souhaiter la bienvenue à tous nos collègues parlementaires nouvellement élus, et en particulier ceux qui nous viennent de pays en transition démocratique.
Chers collègues,
Notre assemblée est née d'une volonté partagée de mettre en place un cadre structuré de dialogue politique ouvert et régulier pour nous permettre d'aborder ensemble les nombreux défis globaux concentrés en Méditerranée.
Je pense à la paix, au dialogue des cultures, au développement durable, à la préservation de l'environnement, à l'accès à l'eau potable, à l'urbanisation, mais aussi, au développement des énergies renouvelables, aux échanges humains, à l'innovation technologique.
La Méditerranée: les esprits chagrins ne veulent y voir qu'une frontière d'insécurité. Nous y voyons, nous parlementaires des deux rives, un formidable laboratoire de la mondialisation où se joue, si nous le voulons, l'avenir prospère d'une communauté de destin de 800 millions de personnes !
Nous sommes dans un monde qui se recompose en grands ensembles géoéconomiques intégrés, créateurs d'échanges et de croissance. Or les conditions d'un développement durable et solidaire en Méditerranée sont connus, sont énoncés, sont étudiés, et pourtant nos gouvernements restent les otages d'une vision à courte vue et de logiques de développement nationales.
Je n'éluderai ni la crise économique mondiale, ni les tensions régionales qui rythment, hélas, notre environnement quotidien.
Je reste néanmoins convaincu qu'en faisant preuve de vision et de volonté politique, nous pouvons ensemble avancer concrètement dans bien des domaines de coopération.
C'était là d'ailleurs l'ambition qui avait guidé le lancement de l'Union pour la Méditerranée.
Hélas, force est de constater que 4 ans plus tard.
Ainsi notre Assemblée parlementaire est aujourd'hui la seule institution politique à poursuivre ses travaux, en parvenant à surmonter les crises et les tensions.
L'AP-UpM, malgré ses imperfections fonctionnelles et ses moyens limités, s'affirme comme une enceinte de dialogue politique et une force de proposition.
Doit-on pour autant se contenter d'exister à la marge d'une UpM qui bat de l'aile ? Nous en serions bien mal inspirés !
Mes chers collègues,
Nous avons tous suivi avec admiration, puis inquiétude, et aujourd'hui hélas consternation, les fortunes diverses des soulèvements populaires qu'ont connu nos voisins.
Nous avons entendu à chaque fois une jeunesse formée et engagée nous dire au péril de sa vie, son rejet de l'arbitraire. Nous dire que les droits économiques et sociaux sont indissociables des droits politiques et civiques.
Oui, la jeunesse, qu'elle grandisse au sud ou au nord de la Méditerranée, aspire à vivre dignement et à participer activement aux décisions qui touchent son avenir.
Nous avons également partagé l'espoir de ceux qui ont exercé pour la première fois leur droit de vote. Je n'oublierai pas ses visages rayonnants en Tunisie, en Egypte et au Yémen.
Mais les attentes sociales restent importantes et la tâche des nouvelles élites politiques plus difficile encore.
Dans ce contexte régional d'espoirs et d'incertitudes, notre Assemblée parlementaire doit s'engager auprès de nos nouveaux collègues, s'ils le souhaitent, pour les accompagner dans cette étape cruciale de réformes constitutionnelles et de transition démocratique.
Nous devons également ensemble dynamiser notre projet méditerranéen et enfin œuvrer à la poursuite du dialogue entre Palestiniens et Israéliens.
Chers collègues,
Je vous dévoile là les priorités qui seront les miennes, au cours de ma présidence de notre Assemblée ou cas vous m'accorde votre confiance à la fin de la journée
1 - Je pense tout d'abord, que notre Assemblée doit se mobiliser pour renforcer le rôle des nouveaux élus et des nouveaux parlements. Je suis convaincu qu'elle offre un cadre approprié pour faciliter les échanges et les rencontres entres parlementaires européens et nouveaux élus du Sud de la Méditerranée.
Au sein de ses commissions et de ses groupes de travail, notre Assemblée est là pour favoriser les contacts et le partage d'expériences de ses membres ayant vécu il n'y a pas si longtemps encore des transitions démocratiques au sud ou à l'est du continent européen.
2 - Par ailleurs, j'en viens à ma deuxième priorité, l'AP-UpM doit veiller davantage et plus visiblement à ce que les besoins de nos concitoyens se voient reflétés dans les activités de l'Union pour la Méditerranée ou encore dans la Politique européenne de voisinage.
Nous devons être en phase avec les intérêts des populations et, ensemble, nous pouvons améliorer notre contrôle de l'action des gouvernements tout en stimulant notre force de proposition et d'initiative.
Cette ambition doit se concrétiser dans les travaux de toutes les commissions de notre Assemblée pendant l'exercice de mon mandat. Ce qui implique des relations de travail étroites avec le Secrétariat général de l'UpM et ses secrétaires généraux adjoints, les sociétés civiles et les autorités régionales et locales.
Le Secrétariat général doit devenir opérationnel dans les meilleurs délais. Je rencontrerai en aparté l'Ambassadeur Sijilmassi qui nous fait l'honneur de sa présence, cet après-midi, pour lui renouveler notre ferme volonté de travailler ensemble, de manière suivi et structurée, pour avancer dans la mise en œuvre des grands projets et, en priorité ceux qui génèrent de la croissance et créent des emplois.
Il me paraît essentiel que notre Assemblée exerce des responsabilités plus importantes en assumant un rôle de consultation et de contrôle démocratique en matière d'exécution budgétaire de ces projets.
Je rappellerai, mes chers collègues, que dans le cadre de nos mandats parlementaires respectifs, à niveau européen ou national, nous aurons tous à nous prononcer, à un moment ou à un autre, sur les contributions financières émanant des gouvernements ou des fonds communautaires destinées à l'UpM.
Je pense que notre implication politique à tous les niveaux est essentielle pour garantir que le partenariat euro-méditerranéen reste sur les rails et éviter ainsi la démobilisation notamment des bailleurs de fonds.
Je m'y consacrerai en ma double qualité de Président du Parlement européen, autorité budgétaire de l'Union européenne, et de futur Président de notre Assemblée.
3 - Enfin, il faut l'avouer, le printemps arabe a quelque peu relégué le processus de paix au Proche-Orient au second plan. Or, une solution reste primordiale pour instaurer un climat de confiance et de coopération efficace autour de la Méditerranée.
Aussi, tout en évitant que le conflit ne monopolise nos travaux, nous devons maintenir cette question à l'agenda. Son maintien est d'autant plus crucial que l'histoire de cette région tourmentée continue à s'écrire tous les jours devant nos yeux.
Notre Assemblée a le devoir de préserver les conditions de dialogue et d'ouverture pour permettre à nos collègues israéliens et palestiniens de contribuer de façon constructive à nos travaux. Le Président de la Commission Energie, nous a montré que ça marche. J'en prends l'engagement devant vous.
Mesdames et Messieurs
Je pense qu'investir du temps ici c'est investir dans un avenir profitable pour les deux rives. C'est une chance historique. C'est pourquoi je vous demande de m'accorder votre confiance et votre soutien.
Je reste à l'écoute de vos propositions et me réjouis de suivre les travaux de notre 8ème session parlementaire ici à Rabat.
Merci pour votre attention.
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