Madagascar: vers une sortie des crises politiques à répétition?

19-10-2018

Depuis l’indépendance de Madagascar, malgré l’absence de conflit majeur et sa richesse en ressources tant humaines que naturelles, sa population continue de s’appauvrir. Cette 'énigme malgache' s’accompagne d’un paradoxe: chaque fois qu’une reprise économique s’amorce, une crise politique vient l’interrompre. La clef de l’énigme réside dans les jeux de pouvoir entres les réseaux des élites, qui se créent au gré des circonstances autour des leaders aspirant au poste du chef d’État. La culture politique, tout en gardant une apparence démocratique, soutient implicitement les institutions informelles fondées sur la personnalisation du pouvoir, au détriment des institutions formelles, dont l’équilibre est censé stabiliser le système politique. Les institutions étatiques sont constamment (re)façonnées au profit des réseaux au pouvoir pour ne pas menacer la mainmise de l’exécutif. La déception de la population, dont le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer depuis des décennies, se confirme dans les enquêtes d'opinion et dans la baisse constante de la participation électorale. En effet, il existe un clivage profond entre les élites, prises dans l’auto-préservation, et la population, désabusée et tiraillée entre les aspirations démocratiques et une soumission fataliste, dérivée des valeurs ancestrales. L’aide internationale, bien que vitale pour la population, vivant en majorité dans une grande pauvreté, est insuffisante pour un développement durable du pays. Au-delà du renforcement des institutions démocratiques et du développement de corps intermédiaires qui pourraient mieux répondre aux aspirations populaires, un sursaut plus profond est nécessaire pour bâtir une démocratie au-delà de la façade. Son fondement: un nouveau contrat social entre la population et les élites du pays, basé sur une reformulation commune de la culture politique malgache, entre tradition et modernité.

Depuis l’indépendance de Madagascar, malgré l’absence de conflit majeur et sa richesse en ressources tant humaines que naturelles, sa population continue de s’appauvrir. Cette 'énigme malgache' s’accompagne d’un paradoxe: chaque fois qu’une reprise économique s’amorce, une crise politique vient l’interrompre. La clef de l’énigme réside dans les jeux de pouvoir entres les réseaux des élites, qui se créent au gré des circonstances autour des leaders aspirant au poste du chef d’État. La culture politique, tout en gardant une apparence démocratique, soutient implicitement les institutions informelles fondées sur la personnalisation du pouvoir, au détriment des institutions formelles, dont l’équilibre est censé stabiliser le système politique. Les institutions étatiques sont constamment (re)façonnées au profit des réseaux au pouvoir pour ne pas menacer la mainmise de l’exécutif. La déception de la population, dont le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer depuis des décennies, se confirme dans les enquêtes d'opinion et dans la baisse constante de la participation électorale. En effet, il existe un clivage profond entre les élites, prises dans l’auto-préservation, et la population, désabusée et tiraillée entre les aspirations démocratiques et une soumission fataliste, dérivée des valeurs ancestrales. L’aide internationale, bien que vitale pour la population, vivant en majorité dans une grande pauvreté, est insuffisante pour un développement durable du pays. Au-delà du renforcement des institutions démocratiques et du développement de corps intermédiaires qui pourraient mieux répondre aux aspirations populaires, un sursaut plus profond est nécessaire pour bâtir une démocratie au-delà de la façade. Son fondement: un nouveau contrat social entre la population et les élites du pays, basé sur une reformulation commune de la culture politique malgache, entre tradition et modernité.