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FRANCE

LA SITUATION FORESTIÈRE ACTUELLE : APERÇU DU CONTEXTE ET APPRÉCIATION DES PRINCIPALES CONTRAINTES

Sommaire

1.1 - les ressources forestières

Les superficies

Hors les 250 000 ha de peupleraies qui sont comptabilisés avec les terres agricoles, la superficie boisée, au 1er janvier 1991, était de 14 100 000 ha, soit un taux d'occupation forestière de l'ordre de 26 %. La tendance demeure à l'accroissement des surfaces en raison du boisement ou de la reforestation naturelle de terres abandonnées.

L'Inventaire forestier national donne la définition suivante des espaces boisés qu'il comptabilise : "couvert minimum de 10 % ou 500 tiges d'avenir à l'ha." Les boqueteaux y sont inclus à partir de 5 ares. Ainsi, dans ce patrimoine forestier inventorié, les hautes futaies côtoient les espaces naturels ligneux improductifs. Les chiffres incluent les forêts d'altitude ou méditerranéennes peu productives, souvent inexploitées, ainsi que des espaces forestiers de montagne peu accessibles. Ces chiffres ne comprennent pas les plantations d'alignement et tous les arbres champêtres dont l'impact écologique et paysager est important. En marge de ce domaine, la superficie des landes et des friches a été estimée en 1991 à 3 120 000 ha.

Les essences

Les essences feuillues dominent largement (64 % de l'ensemble). Les chênes ( Quercus petraea, robur, pubescens, ilex, suber, pyrenaica) représentent plus de 40 % de la superficie forestière totale ; ils sont suivis par le Fagus sylvatica avec 10 %. Les autres feuillus, sont : Acer sp, Alnus sp, Betula sp, Carpinus betulus, Castanea sativa, Corylus avellana, Fraxinus excelsior, Populus tremula, Robinia pseudoacacia, Salix sp, Tilia sp.

Les essences résineuses occupent 36 % de la superficie forestière totale. Les pins ( Pinus pinaster, sylvestris, halepensis, nigra, uncinata) en représentent 22 % ; ils sont suivis par Abies sp et Picea sp avec près de 10 %. Les autres résineux sont Pseudotsuga menziesii, Larix decidua...

Les essences précédemment citées représentent plus de 95 % de la superficie boisée.

Les types de forêt

Les traitements appliqués aux forêts se répartissent comme suit :
- Futaie résineuse31 %
- Taillis-sous-futaie28 %
- Futaie feuillue18 %
- Taillis simple18 %
- Peuplements mixtes5 %
Sur le plan écogéographique, on distingue :

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1.2 - Le reboisement

Le Fonds forestier national a été créé, en 1946, pour soutenir financièrement (par des prêts et subventions d'investissement) une politique nationale de boisement et de reboisement. A ce jour, la superficie boisée avec le concours du Fonds forestier national est de l'ordre de 2 500 000 ha.

La cadence annuelle

La rythme annuel de reboisement, de l'ordre de 50 000 ha dans le passé, s'élève aujourd'hui à 25 000 ha.

Les essences utilisées

La part des feuillus s'accroît : elle est passée de 25 %, avec essentiellement les peupliers ( Populus), à plus de 50 % en 15 ans. Au sein des résineux, la part de Picea abies diminue au profit du Pseudotsuga menziesii.

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1.3 - La propriété des forêts

Les patrimoines forestiers appartiennent à trois catégories de propriétaires :

les propriétaires de droit privé posèdent69 % de la surface totale,
les collectivités publiques possèdent19 % de la surface totale
l'Etat possède12 % de la surface totale

L'Etat est propriétaire d'environ 1 500 forêts, couvrant 1 750 000 ha, inégalement réparties sur le territoire, tandis qu'environ 11 000 communes possèdent 10 000 forêts communales et 4 000 forêts sectionnales, couvrant 2 550 000 ha. Ces forêts publiques (domaniales et communales) sont soumises à une législation spéciale (régime forestier) et gérées par l'Office national des forêts.

Une enquête publiée en 1987 dénombrait une population de 3 700 000 propriétaires forestiers privés se partageant près de 10 millions d'ha. Les superficies boisées intégrées dans des exploitations agricoles en représentent près du tiers, soit de l'ordre de 3 millions d'ha.

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1.4 - L'approche des différentes fonctions des forêts

Hors l'espace vert urbain (fonction sociale dominante), les forêts de protection en montagne et les réserves forestières (fonction écologique dominante), la France considère que les diverses fonctions, écologique, économique et sociale, sont conciliables dans une démarche de développement intégré et soutenu.

L'exploitation de la forêt, dans le cadre d'un plan d'aménagement forestier garantissant un revenu soutenu, est ainsi nécessaire : d'une part pour assurer la pérennité de la ressource (éclaircies améliorantes, coupes régénératrices) et d'autre part pour financer la sylviculture. Par ailleurs, en l'absence de financements publics particuliers, la valeur économique de la forêt est la meilleure incitation à sa protection.

Les fonctions écologiques

La protection physique des sols (montagnes, dunes)

Des travaux très importants de protection des sols en montagne et de fixation des dunes littorales ont été réalisés en France grâce à la loi de 1860 sur le reboisement qui imposait la délimitation de périmètres à l'intérieur desquels les travaux étaient rendus obligatoires. Cette loi a été à l'origine de vastes opérations de reforestation.

Par ailleurs, la loi de 1882 régit encore la Restauration des Terrains en Montagne (RTM), aujourd'hui placée sous la responsabilité d'un service d'Etat spécialisé, qui a été créé dans une dizaine de départements montagnards et placé par commodité au sein de l'Office national des forêts.

La grande oeuvre de RTM du passé se poursuit de nos jours. Trois types d'actions sont mises en oeuvre :

En outre, le régime des forêts de protection, institué en 1922, avait pour objet d'imposer la conservation des forêts nécessaires à la protection des sols et de contrôler leur gestion. Il a été rénové en 1976 et étendu à la protection des forêts périurbaines. Cette notion de forêt de protection se définit par rapport à un risque qui est la conjonction d'un enjeu (infrastructures, habitations, sites remarquables...) et d'un aléa naturel (avalanches, chutes de pierres, glissements de terrain...).

On estime que la surface des forêts de protection (au sens juridique du terme) et des forêts jouant un rôle de protection marqué est de 1 300 000 ha dans les Alpes et de 540 000 ha dans les Pyrénées (tous types de propriétés confondus), sachant que l'ensemble des forêts de montagne représente 4 350 000 ha en France.

Quant à la fixation des dunes littorales atlantiques, elle a été entreprise dès 1780 et a abouti à la création du plus vaste massif forestier européen (il couvre aujourd'hui 1 200 000 ha). Si la totalité du cordon dunaire est actuellement stabilisée, les pressions (tourisme notamment) s'exerçant sur ces peuplements font que des travaux ponctuels de reconstitution restent encore nécessaires, mais il faut constamment intervenir pour maintenir cette stabilisation.

La protection biologique

La protection de la diversité biologique

Depuis toujours, la gestion conduite dans le cadre des plans simples de gestion en forêt privée et par l'Office national des forêts dans des aménagements est marquée autant que possible par le souci du respect des équilibres biologiques. Des instruments réglementaires et incitatifs précisent les modalités de cette protection de la diversité biologique :

Des travaux d'étude et de recherches ont été lancés sur la conservation génétique de quatre essences ( Abies alba, Fagus sylvatica, Prunus avium et Ulmus minor).

Les parcs nationaux

Sept parcs nationaux existent en France et couvrent environ 150 000 ha de forêts. Quatre d'entre eux sont situés en zone de montagne, un en zone de moyenne montagne, un sur une île et le dernier, créé en 1989, se trouve en Guadeloupe.

Les réserves d'intérêt forestier

Les surfaces des réserves naturelles comprenant des milieux forestiers rares ou menacés ont beaucoup progressé : aujourd'hui 25 réserves existent pour une superficie d'environ 43 000 ha. Par ailleurs, 56 massifs forestiers remarquables, totalisant 62 000 ha, ont été classés en forêt de protection. Enfin, dans les forêts des collectivités et de l'Etat, 122 réserves biologiques représentant une superficie de 25 000 ha (métropole et départements d'Outre-Mer confondus) ont été instituées (près de 40 % d'augmentation des surfaces en cinq ans).

Les fonctions sociales

Les forêts, lieux privilégiés de promenade et de récréation

Les forêts publiques sont non seulement ouvertes au public, mais aménagées pour le recevoir, notamment à proximité des villes et des sites touristiques. Les principes en sont définis dans les circulaires ministérielles des 20 octobre 1964 et 26 février 1979 : équipements légers d'accueil et de récréation, signalisation des curiosités naturelles, mises en défens et zones de silence, information et signalisation.

La présence de promeneurs est tolérée en forêt privée. L'article 130-5 du Code de l'urbanisme recommande la passation de contrat d'ouverture au public entre les propriétaires forestiers et les collectivités. Les collectivités territoriales et l'Etat concourent au financement de ces équipements.

Les espaces verts

La politique des espaces verts en milieu urbanisé se réalise dans le cadre des Plans d'Occupation des Sols (POS), à l'initiative des collectivités territoriales (communes), par la réserve "d'espaces boisés classés" et la création d'espaces verts.

Les paysages

Une loi votée le 8 janvier 1993 donne à l'Etat la possibilité, sur des territoires remarquables pour leur intérêt paysager, de prendre des directives de protection de mise en valeur opposables aux documents d'urbanisme. Les décrets d'application sont en cours d'élaboration.

Les fonctions économiques

La production de bois

Entre deux passages de l'Inventaire forestier national (environ dix ans), la progression des volumes sur pied et des accroissements annuels a été plus forte que l'extension des superficies boisées : augmentation de 22 % pour les volumes sur pied, de 40 % pour les accroissements et de 1 % environ pour les surfaces boisées.

Le volume sur pied est de 1.8 milliard de m3, dont 61 % de feuillus et 39 % de résineux. Les principales essences constitutives de ces volumes sont dans l'ordre : Quercus robur, Fagus sylvatica, Quercus petraea, Pinus pinaster, Abies alba et Picea abies.

L'accroissement annuel est d'environ 65 000 000 m3. Les futaies feuillues représentent 30 % de cet accroissement et les futaies résineuses 50 %, le reste étant fourni par les taillis et taillis sous-futaie. Les principales essences constitutives de cet accroissement annuel sont dans l'ordre : Pinus pinaster, Picea abies et Abies alba, Pinus sylvestris, Fagus sylvatica, Quercus robur.

Les autres produits

Le gemmage a été abandonné, faute de rentabilité. Quant à la production de liège, elle est d'environ 3 000 tonnes, localisée dans quatre départements : Corse du sud, Haute-Corse, Var, Pyrénées-Orientales. La cueillette de champignons, de fruits, le ramassage de certains menus produits peuvent représenter une valeur non négligeable. En fait, excepté certains secteurs très localisés, les autres produits représentent plutôt un agrément social qu'un produit économique.

Par contre, dans certaines régions (Alsace, Sologne, grands massifs domaniaux), la location du droit de chasse fournit un revenu appréciable, parfois supérieur à celui de l'exploitation de bois. Ainsi, dans les seules forêts domaniales, le revenu de la chasse s'est élevé à 171 millions de francs en 1992. La chasse concerne plus de 1.5 million de pratiquants en France. Les tableaux de chasse se sont élevés à 14 900 cerfs, 199 300 chevreuils et 152 400 sangliers pour la saison 1991-1992 (4 150 pour le cerf, 21 400 pour le chevreuil et 14 700 pour le sanglier dans les seules forêts domaniales).

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1.5 - Les industries de transformation du bois

L'exploitation forestière

Dans la plupart des départements français, les propriétaires (publics ou privés) vendent leurs bois sur pied à un exploitant forestier ; toutefois, dans les deux départements d'Alsace et en Moselle, les bois sont exploités par les sylviculteurs et vendus après façonnage ou débardage. L'exploitation forestière est assurée par 7 000 entreprises, dont les deux tiers sont intégrées à une scierie ; elle emploie environ 20 000 salariés. L'exploitant forestier prospecte une ressource hétérogène et dispersée, il réalise le tri et le conditionnement des produits ; surtout, il constitue un intermédiaire indispensable entre une offre en provenance de propriétés hétérogènes et dispersées et des besoins industriels concentrés et spécifiques.

En règle générale, les coupes de bois dans les forêts communales ou domaniales sont vendues après appel à la concurrence, lors d'adjudications publiques ou d'appels d'offres. Les bois des forêts privées qui étaient vendus principalement de gré à gré se commercialisent de plus en plus au travers des groupements de coopératives de propriétaires qui rassemblent les offres et procèdent aux ventes par appel à la concurrence.

Les volumes de produits exploités

En 1991, les statistiques ont inventorié 36 500 000 m3 de bois exploités et commercialisés :

La main-d'oeuvre

Des efforts importants ont été faits pour assurer la formation des bûcherons, développer la mécanisation de l'exploitation forestière et améliorer les conditions de travail. De 1950 à 1990, la productivité globale de l'exploitation forestière a ainsi énormément progressé : en 1990, on récolte 3.5 fois plus de bois qu'en 1950, en 2 fois moins de temps de travail.

Néanmoins, le recrutement de bûcherons reste difficile et la main-d'oeuvre encore insuffisamment qualifiée. En équivalent temps plein, les effectifs globaux étaient évalués, pour 1989, à 21 500 (16 400 bûcherons et 5 100 débardeurs).

Les industries de première transformation

Les sciages

La production française de sciages atteint aujourd'hui 10 700 000 m3, dont :

Au sein de l'Union européenne, la France est le premier producteur de sciages feuillus et le deuxième producteur de sciages résineux (derrière l'Allemagne). Mais globalement cette production ne satisfait pas tous les besoins et des importations sont nécessaires : résineux du nord, feuillus tropicaux...

La production est assurée par 4 000 entreprises de sciage, mais 10 % de scieries assurent plus de la moitié de cette production. De plus en plus, les scieries se concentrent et leur nombre a diminué de 40 % en 15 ans. Leur taille reste, en moyenne, inférieure à celle de leurs concurrentes européennes, notamment en raison du nombre des scieries feuillues, de capacités plus faibles.

Dans les deux dernières décennies, un effort important d'investissement a permis d'accroître les capacités de sciages, de réaliser des équipements de productivité, d'amélioration des qualités (optimisation des sciages), de conditionnement (séchage, rabotage), d'intégration en aval (palettes, parquets, lambris), de transformation (aboutage...). Mais ce secteur est plus intégré en amont (exploitation forestière) qu'en aval (seconde transformation) : ainsi seulement 46 % des scieries de plus de 2 000 m3 de production ont une activité intégrée de transformation.

Des progrès restent à faire pour la commercialisation, notamment dans la production de sciages mieux classés et normalisés, capables de concurrencer les bois d'importation. La constitution de groupements de scieurs, ainsi que les conseils et les contrôles du Centre Technique du Bois et de l'Ameublement (CTBA) y contribuent.

La scierie occupe une position stratégique dans la filière bois entre l'amont forestier et l'aval industriel. Elle est le point de rencontre entre les deux sous-filières "bois d'oeuvre" et "bois d'industrie" puisqu'elle produit non seulement des sciages, mais aussi des sous-produits qui constituent un approvisionnement important et apprécié des industries de la trituration.

Les placages

Le tranchage ou le déroulage de grumes de qualité exceptionnelle, d'essences diverses (locales ou tropicales), offrent des décors d'une grande richesse, utilisés dans l'ameublement, les revêtements muraux... Néanmoins, leur production a régressé de moitié en 20 ans. Aujourd'hui, 20 entreprises tranchent et déroulent 100 millions de feuilles de placage.

Le merrain (bois de tonnellerie)

Avec 40 000 m3/an, le merrain tient la première place en Europe.

Les pâtes à papier

La production est de 2 500 000 tonnes de pâtes (chiffres 1992). L'industrie papetière consomme 8 600 000 tonnes de bois, dont 50 % de Pinus sp, 15 % d' Abies alba et Picea abies et 30 % de feuillus.

Au cours des cinq dernières années, le paysage papetier a été bouleversé en France : création d'un nouveau site de production (Golbey dans les Vosges) et accroissement des capacités sur les anciens sites. En cinq ans, le potentiel de production s'est accru de 40 % grâce au concours d'investisseurs étrangers (Finlande, Norvège), attirés par les disponibilités forestières de la France en forte croissance et sa position au coeur du marché européen.

Le coût du bois rendu usine conditionne la rentabilité de ces installations lourdes ; les usines françaises sont dans une situation intermédiaire entre les prix élevés de Scandinavie et les prix anormalement bas du Brésil et d'Amérique du Nord. Il est essentiel de pouvoir offrir aux propriétaires forestiers une rémunération satisfaisante de leurs produits afin de garantir l'approvisionnement de ces industries lourdes.

Les panneaux

La fabrication de panneaux (panneaux de particules et panneaux de fibres) transforme 3 900 000 m3 de bois, dont la moitié sont des déchets de scierie. Le secteur des panneaux dérivés du bois regroupe 114 entreprises de 20 salariés et plus.

Le secteur de la seconde transformation

Depuis vingt ans, l'industrie française du bois concentre sa production et améliore sa productivité, le nombre des entreprises et de leurs salariés ayant été divisé par deux. Néanmoins, sur le marché mondial, comparées aux industries américaines ou scandinaves, les industries françaises restent encore de taille insuffisante.

Les papiers et cartons

Près de 146 usines de papiers et cartons emploient 24 000 salariés et produisent 7 300 000 tonnes de pâte à papier, couvrant 80 % de la consommation. Dans cette fabrication de papier, l'emploi de vieux papiers récupérés a décuplé en 10 ans. Aujourd'hui, cette production utilise globalement 55 % de bois et 45 % de vieux papiers, le taux d'utilisation des fibres recyclées étant de 80 % dans les cartons.

Le Français consomme 150 kg/an de papiers et cartons, occupant ainsi le 19e rang mondial des consommateurs (deux fois moins que l'Américain), mais la consommation progresse fortement dans tous les secteurs.

Le secteur impression-écriture connaît une croissance soutenue de 5 %/an (publicité, vente par correspondance). La progression est forte et régulière pour l'ensemble des papiers couchés et non couchés. Si les papetiers français ont une position dominante en Europe sur les marchés des papiers spéciaux, la situation est plus nuancée dans la gamme des papiers à usage domestique. Mais la production reste encore largement inférieure à une consommation en croissance : produits à base d'ouate de cellulose, de pâte absorbante, de papiers sanitaires...

Enfin, une production de 3 200 000 tonnes fait du carton le premier matériau d'emballage en France. Celle-ci est première en Europe pour la production de carton ondulé, tandis que la production de carton plat ne couvre que la moitié des besoins.

Le bois dans la construction

Le secteur du bâtiment utilise 60 % des bois consommés, sous forme de sciages (2/3) et de panneaux (1/3). Un secteur de petits artisans dispersés domine la mise en oeuvre des charpentes traditionnelles débitées dans les scieries. Les charpentes industrialisées sont produites, en grandes séries, dans des entreprises très mécanisées utilisant des bois souvent importés. Enfin les charpentes lamellées collées se développent en raison des architectures esthétiques et des longues portées qu'elles permettent.

La production de menuiseries s'est beaucoup industrialisée. La part du bois (développement des essences indigènes, baisse des bois tropicaux) est tombée de 70 à 40 % dans la fabrication des fenêtres, au profit du plastique et de l'aluminium.

Encore largement minoritaire dans les revêtements de sol, l'utilisation du parquet progresse, notamment les parquets dit "flottants" dont la pose est facile et rapide, au détriment des parquets traditionnels cloués et des parquets mosaïques collés. La consommation de lambris a été multipliée par cinq en vingt ans, faisant essentiellement appel à des bois résineux, notamment Pinus pinaster.

La maison à ossature bois

Les Français aspirent de plus en plus à la maison individuelle, mais ils demeurent attachés à la pierre. Contrairement aux pays anglo-saxons (Etat-Unis, Royaume-Uni, Scandinavie) où 90 % des maisons individuelles sont à ossature bois, le chiffre français reste de l'ordre de 12 %. Un effort important de promotion reste à faire auprès des usagers, des collectivités et des prescripteurs pour faire progresser le bois, compte-tenu des atouts indéniables qu'il présente : isolation thermique, rapidité de construction, diversification de l'architecture, confort...

L'ameublement

La production de meubles rustiques et de style est stable, le moderne et le contemporain progressent. Les achats de bois entrant dans ces productions ne représentent que 15 à 20 % de la valeur totale de la production ; le bois est concurrencé par l'acier, le verre et le cuir. Encore très marquée par ses origines artisanales, l'industrie du meuble reste atomisée entre de nombreuses entreprises dispersées sur le territoire. La France importe le quart de sa consommation d'ameublement.

Les productions diverses

Le bois est présent partout et fait l'objet de très nombreux usages : emballages, tonnellerie, productions artistiques (lutherie, bois sculptés...).


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Parlement européen
Révisé le 1er septembre 1996
URL: http://www.europarl.ep.ec/dg7/forest/fr/france-1.htm