| Glossaire |

PORTUGAL

LA SITUATION FORESTIÈRE ACTUELLE : APERÇU DU CONTEXTE ET APPRÉCIATION DES PRINCIPALES CONTRAINTES

Sommaire

1.1 - Les ressources forestières

La superficie

La superficie forestière totale est de 3.2 millions d'ha, soit 36 % du territoire, mais le tableau suivant montre l'importance des terres incultes ou d'agriculture marginale appelées à être progressivement abandonnées :

Superficie (1 000 ha)ForestièreAgricoleAutres (dont incultes)Total
Actuelle
Potentielle
3 200
5 280
4 181
2 337
1 512
1 276
8 893
8 893
Source :Direction générale des forêts. - Le Portugal, pays de forêts - 1992.

Les essences

Quatre essences principales couvrent 90 % de la surface boisée : pin maritime, chêne-liège, chêne vert et Eucalyptus globulus. Les résineux occupent 42 % de la surface et les feuillus 58 %. Suite à la prise en compte de formations forestières non considérées précédemment et aux derniers inventaires spécifiques réalisés pour l'eucalyptus et le pin maritime, les pouvoirs publics évaluent actuellement les surfaces boisées à 550 000 ha d'eucalyptus, 1 000 000 ha de pins maritimes, 1 280 000 ha de chênes et 420 000 ha d'autres feuillus et résineux.

Répartition des essences en surfaces
Essence1 000 ha%Essence1 000 ha%
Pin maritime
Chêne-liège
Chêne vert
Eucalyptus globulus
1 249
660
464
500
39
21
14
16
Pin pignon
Autres chênes
Châtaignier
Autres
50
86
32
159
1
3
1
5
Source :Direction générale des forêts. - Le Portugal, pays de forêts - 1992.
Evolution des peuplements de pin maritime

198219871992
Surfaces des peuplements purs et mixtes à pins
dominants * (milliers ha)
1 2531 149844
Volumes sur pied (milliers de m3)103 388101 32493 315
Accroissement courant (milliers de m3)7 1646 5575 236
*peuplements mixtes où l'espèce est dominée exclus et formations dispersées exclues (215 000 ha) surfaces brûlées ou non régénérées après coupes rases incluses (96 000 ha)
Source :Instituto Florestal. - Inventario Pinheiro Bravo 1992-1993.

L'enseignement majeur, et fort préoccupant, de l'inventaire des peuplements de pin maritime, réalisé en 1992, concerne le recul brutal de cette espèce, notamment depuis 1987. Cette importante régression de l'espèce principale apparaît imputable aux incendies, qui se succédant sur les mêmes surfaces entravent la régénération, mais aussi à des actions de modifications du couvert forestier. Les peuplements les plus jeunes étant les plus touchés, la baisse du volume sur pied est moins brutale que celle des surfaces, mais le vieillissement relatif subséquent entraîne une forte diminution de l'accroissement courant (5.6 % du capital sur pied en 1992 contre 6.9 % en 1982).

Les types de peuplements

Les types de forêt sont d'autant plus limités que les peuplements sont en grande majorité d'origine artificielle, en raison d'un déboisement intense qui avait réduit le taux de boisement à 7 % à la fin du XVIIIe siècle :

[vers le début de la page]


1.2 - Le reboisement

Le reboisement amorcé au siècle dernier s'est poursuivi tout au long du XXe siècle, notamment grâce au plan de repeuplement forestier de 1938 et à la création d'un Fonds de développement forestier en 1945. Ces efforts ont abouti au boisement de 37 000 ha de dunes et 300 000 ha de périmètres forestiers en zone de montagne. Ils se poursuivent dans le cadre d'un Programme d'Action Forestière (PAF), inclus dans le Programme spécifique Européen de la CEE pour le Développement de l'Agriculture Portugaise (PEDAP), qui a pour but de corriger les défauts structurels du secteur primaire. La cadence annuelle des reboisements effectués avec les aides du PAF est en moyenne de 15 000 ha.

Evolution des surfaces reboisées
Années198719881989199019911992Total
Surface (ha)8 04612 48417 41020 88815 32016 90691 054
Source :Direction générale des forêts. - Le Portugal, pays de forêts - 1992.

Ces opérations privilégient le pin maritime, mais surtout le chêne-liège (environ 77 %) car la majorité des interventions concerne le sud du pays où le potentiel d'utilisation agro-forestière de cette essence est apprécié. Par ailleurs, les aides prévues pour le boisement des terres agricoles (étendues au Portugal aux terres abandonnées depuis moins de vingt ans) concernaient 2 900 ha fin 1991.

Les surfaces boisées en eucalyptus par les entreprises s'ajoutent à celles indiquées ci-dessus. Les essences utilisées restent les essences traditionnelles comme le montre le tableau suivant.

Principales essences utilisées en reboisement
EssencesPin
maritime
Chêne-liègeEucalyptusChâtaignierPin pignonAutres et
mixtes
Total (ha)
(1987-1991)
Nord du
Tage
31 417
(67 %)
800
(2 %)
4 218
(9 %)
3 061
(7 %)
7
-
7 201
(15 %)
46 704
(100 %)
Vallée du
Tage et sud
3 037
(11 %)
10 929
(40 %)
5 741
(21 %)
45
-
2 028
(7 %)
5 664
(21 %)
27 444
(100 %)
Total34 454
(47 %)
11 729
(16 %)
9 959
(13 %)
3 106
(4 %)
2 035
(3 %)
12 865
(17 %)
74 148
(100 %)
Source :Direction générale des forêts. - Le Portugal, pays de forêts - 1992.

[vers le début de la page]


1.3 - La propriété des forêts

Répartition des surfaces de forêts par propriétaire
Propriétaires
EtatCollectivités
locales
Coopératives
ouvrières
Propriétaires
privés *
Total
Surface
(1 000 ha)
78
(3 %)
380
(12 %)
40
(1 %)
2 587
(84 %)
3 085
(100 %)
*dont 2 382 000 ha appartenant à des particuliers (environ 77 % de la surface totale) et près de 205 000 ha gérés par des entreprises autres que celles de transformation du liège soit en pleine propriété, soit en location
Source :Direction générale des forêts. - Rapport national au Xe Congrès forestier mondial (non publié) - 1989.

La forêt domaniale, essentiellement composée de pin maritime (53 000 ha), se trouve surtout dans la zone centrale du littoral. Les forêts communales, elles aussi constituées en majorité de pin maritime (333 000 ha), se trouvent également dans des régions dunaires ou montagneuses. Elles sont gérées par l'Etat, moyennant une rétribution de 30 à 50 % de la valeur estimative des coupes de bois sur pied.

Les coopératives ouvrières, créées après le 25 avril 1974, n'ont que l'usufruit des terrains qu'elles exploitent et leur importance diminue régulièrement.

La propriété privée est très contrastée.

Classe de propriété (ha)0.5 à 33 à 1010 à 50> 100Total
Nombre de propriétaires328 59131 9029 5511 400371 444
Source :Direction générale des forêts. - Rapport national au Xe Congrès forestier mondial (non publié) - 1989.

Qu'il s'agisse des innombrables parcelles dispersées appartenant à de petits agriculteurs et constituant la forêt paysanne du nord et du centre, ou de l'agro-foresterie pratiquée dans les grands domaines du sud, la forêt portugaise est donc intimement liée à l'agriculture.

[vers le début de la page]


1.4 - L'approche des différentes fonctions des forêts

Les fonctions écologiques

La protection des sols

Grâce aux importants travaux réalisés depuis le début du siècle pour fixer les sables du littoral, reboiser les bassins versants et stabiliser les cours d'eau, ces questions de protection des sols ne se posent plus avec la même acuité. Les problèmes de correction torrentielle peuvent en effet être considérés comme maîtrisés. Si les pouvoirs publics se préoccupent de l'érosion laminaire qui affecte encore d'importantes étendues au nord du Tage et de l'épuisement des réserves en eau dans les zones semi-arides du sud et de la majorité du centre du pays, la prise en compte de ces phénomènes ne fait actuellement l'objet d'aucun plan ou mesure spécifique.

La biodiversité

La biodiversité des milieux naturels portugais est importante (472 espèces vertébrées et environ 3 000 plantes vasculaires et 4 000 non vasculaires), en raison de la situation géographique privilégiée du pays et de la diversité de ses conditions édaphiques. Son originalité est accentuée par la spécificité des îles atlantiques (les Açores et Madère) et par l'acclimatation, plus ou moins réussie, d'espèces exotiques dont l'histoire a favorisé l'introduction.

Cette richesse se traduit notamment par la présence de nombreuses espèces à la limite méridionale ou septentrionale de leur aire naturelle. Certaines d'entre elles, souvent présentes en petit nombre et dans des zones restreintes, se trouvent donc naturellement dans une situation précaire de sorte que les pouvoirs publics ont recensé, en 1985, 255 plantes nécessitant une protection urgente, parmi lesquelles 102 sont endémiques et 55 % sont des espèces rares selon l'UICN.

Pour des raisons historiques (défrichements du XVIIIe siècle, aggravés par les incendies), il ne subsiste que de rares peuplements, reliques témoignant de la grande diversité de la couverture forestière primitive. Les forêts actuelles essentiellement reconstituées par l'homme privilégient les quatre principales essences forestières déjà citées.

Enfin, la diversité de la faune portugaise est importante, mais sa densité est faible et, selon les termes du rapport présenté dans le cadre du Xe Congrès forestier mondial, la protection des espèces animales est dans l'ensemble partielle et insuffisante pour les espèces dont les populations sont en déclin.

Les réserves biologiques

Elles sont encore peu nombreuses et pour la plupart de création récente puisque les cinq types de zones protégées ne regroupent que 26 sites couvrant 509 119 ha, soit 5.7 % du territoire national, et ne comportent qu'un seul parc national. Par ailleurs, 287 sites ont été identifiés dans le cadre du programme communautaire CORINE (projet BIOTOPOS). L'établissement de ces réserves biologiques sur des propriétés privées pose le problème, encore non résolu, de la juste indemnisation des propriétaires qui les supportent.

Les fonctions sociales

Majoritairement implantée dans les régions littorales, la population est naturellement tournée vers la large façade maritime du pays et les populations essentiellement rurales de l'intérieur n'expriment pas de besoins particuliers en matière d'équipement d'accueil des forêts. Les fonctions sociales des forêts et la gestion des paysages ne sont donc prises en compte que depuis peu et ne constituent pas des préoccupations prioritaires, même si la naissance d'un tourisme rural et la prise de conscience des enjeux économiques dans un pays très touristique favorisent le développement des aménagements pour l'accueil du public et les activités récréatives en forêt.

Les fonctions économiques

La production de bois

Seul pays de l'Union européenne à bénéficier d'une filière bois globalement excédentaire, le Portugal doit ce résultat à l'existence d'une industrie de transformation développée, qui s'appuie sur la production soutenue d'une forêt artificielle, en majorité composée de deux essences à croissance rapide particulièrement productives. Fruit des importants efforts de reboisement réalisés dans un objectif associant protection et production, la production de bois reste une priorité, même s'il convient de corriger les inconvénients inhérents à certains modèles de sylviculture intensive, car elle est indispensable au fonctionnement et au développement d'une industrie qui contribue fortement à l'essor de l'économie portugaise.

Les autres produits dérivés du bois et les activités complémentaires de la sylviculture

Ils ont un poids économique important dans tout le pays, mais plus particulièrement dans les zones d'agro- foresterie du sud, où la production de bois des chênes méditerranéens n'excède pas 0.5 m3/ha/an. Les plus importants de ces produits et activités complémentaires sont les suivants.

Les fonctions économiques ont largement été privilégiées jusqu'à présent et elles le resteront certainement dans les années à venir, comme en témoignent les objectifs de production et de rentabilité économique qui sous-tendent les politiques mises en oeuvre dans pratiquement tous les domaines. Bien que la prise de conscience de certaines des autorités et de l'opinion publique ait permis des mesures significatives, la prise en compte des fonctions sociales et écologiques reste à confirmer et surtout à traduire dans les résultats.

Les relations étroites existant entre les secteurs de la sylviculture, de l'agriculture et de l'élevage ne se limitent pas aux régions d'agro-foresterie du sud et du nord-est car les travaux forestiers, les produits dérivés du bois et les activités complémentaires constituent aussi des sources d'emploi et de revenu relativement importantes dans les régions de petite propriété agricole du nord et du centre. Les agriculteurs réalisent en effet la quasi-totalité des prestations de service en forêt, et notamment des travaux, en raison de l'absence d'entreprises privées spécialisées (les premières n'ont été créées que récemment, grâce au développement des reboisements effectués dans le cadre du PAF).

Les coopératives ouvrières issues de la réforme agraire sont des collectivités de travailleurs exploitant les terrains dont elles ont l'usufruit, mais il n'existe pas de coopératives de travaux ou de commercialisation assurant des prestations de services pour le compte de groupements de propriétaires.

[vers le début de la page]


1.5 - Les industries de transformation du bois

L'exploitation forestière

Les propriétaires forestiers, aussi peu informés des méthodes d'estimation de la valeur des produits que des techniques sylvicoles, s'en remettent généralement aux exploitants forestiers locaux qui leur achètent les bois en bloc et sur pied, moyennant un prix global offert à partir d'une estimation à vue des volumes, des qualités et des difficultés d'exploitation. Ces petits, mais nombreux, exploitants forestiers peuvent réaliser eux-mêmes, seuls ou avec quelques salariés, les travaux d'abattage et de débardage, mais ils les sous-traitent généralement à des bûcherons et débardeurs individuels payés à la tâche et exerçant leur activité, soit à temps plein, soit en complément d'une autre activité agricole, dans des conditions souvent précaires.

Le tri des produits est pratiquement inexistant : les grumes (pin maritime essentiellement) sont vendues aux scieries à la tonne, non écorcées, et les bois de trituration sont vendus au stère, écorcés, sur la base d'un prix de référence négocié entre les représentants des propriétaires et les industriels. Les industries de trituration passent des contrats d'approvisionnement avec les exploitants forestiers ou exploitent directement leurs propres massifs et ceux qu'elles louent (location simple moyennant un loyer, ou location incluant la gestion moyennant 25 % de la valeur de la récolte).

Jusqu'à l'obligation récente de déclarer les coupes effectuées, l'absence de réglementation des exploitations ne permettait pas d'appréhender correctement la récolte annuelle et sa répartition par essence, mais son évolution est néanmoins estimée comme suit.

AnnéesBois d'oeuvreBois d'industrieBois de feuTotal
1985
1989
1992
3 620 (41 %)
4 200 (41 %)
4 200 (36 %)
4 830 (54 %)
5 503 (54 %)
7 100 (60 %)
450 (5 %)
500 (5 %)
500 (4 %)
8 900 (100 %)
10 203 (100 %)
11 800 (100 %)
Unité :milliers de m3
Sources :Direction générale des forêts. - Rapport national au Xe Congrès forestier mondial (non publié) - 1989. Direction générale des forêts. - Rapport du Portugal à la 50e session du Comité du bois (non publié) - 1992.

En 1989, cette production se répartissait comme suit.

Au total, les bois d'oeuvre et d'industrie comportaient donc 5.7 millions de m3 de résineux et 4 millions de m3 de feuillus, chaque catégorie étant respectivement composée en quasi-totalité de pin maritime et d'eucalyptus.

Jusqu'en 1992, la production de pin maritime était estimée à 7.3 millions de m3/an, mais la mise en marché n'excédait pas 6 millions de m3. L'augmentation de production observée de 1989 à 1992 ne concerne que les bois de trituration, et même si la production de bois d'oeuvre est restée globalement stable, celle de grumes de pin maritime a tendance à diminuer régulièrement (elle n'était que de 3.2 millions de m3 en 1991) en raison de l'abaissement des âges, et donc des diamètres d'exploitation. Les causes de cette évolution tiennent à la crainte des incendies qui poussent les propriétaires à couper prématurément et à la structure morcelée de la propriété qui, à défaut d'aménagement, répond à la pression de la demande par une sélection négative consistant à récolter les meilleurs sujets.

Plus inquiétants encore sont les résultats du dernier inventaire qui montrent une importante régression du pin maritime (Voir § 1.1) et font craindre que les récoltes des dernières années n'aient excédé la possibilité, entamant ainsi un capital sur pied déjà fortement grevé par la répétition des incendies.

La première transformation du bois

Sur les 826 scieries (plus de 20 salariés) employant 16 400 personnes et produisant 1 114 000 m3 de sciages en 1975, on n'en dénombrait plus, en 1987, que 573 employant près de 13 000 salariés et produisant 1 454 000 m3, soit 78 % d'une capacité de production estimée à 1 864 000 m3. De fait, ces statistiques ne semblent pas cerner l'ensemble d'une activité souvent artisanale, que le ministère de l'Industrie évalue à près de 1 200 établissements et 18 000 postes de travail, alors que l'Institut forestier avance des chiffres sensiblement inférieurs : 875 unités pour 14 500 employés. Plus de 60 % des établissements ont moins de 20 employés et si environ 30 % des entreprises transforment moins de 1 000 m3/an, seulement 15 % en transforment plus de 5 000.

Le faible diamètre des bois sciés (en moyenne inférieur à 25 cm) explique le très modeste rendement observé pour l'obtention de sciages de pin maritime, principalement destinés à la confection de palettes, à la caisserie et dans une moindre mesure à la construction et à la fabrication de parquets, deux secteurs qui consomment par ailleurs l'essentiel des sciages d'eucalyptus. La production des scieries a approché les 2 millions de m3 (dont 1.7 million de m3 de sciages résineux) en 1989, mais ce secteur a connu depuis une baisse d'activité assez sensible.

Répartition de la matière première consommée et de la production de sciages par essence (1986)
EssencesGrumes consommées
(1 000 m3
sous écorce)
Production obtenue
(1 000 m3
sciés)
Rendement
(%)
Pin maritime3 539 (87 %)1 164 (81 %)33
Eucalyptus315 (8 %)117 (8 %)37
Autres feuillus indigènes92 (2 %)64 (4 %)70
Feuillus importés (y compris tropicaux)112 (3 %)94 (7 %)84
Total4 058 (100 %)1 439 (100 %)35
Source :Direction générale des forêts. - La filière forestière au Portugal - 1990.

L'industrie des pâtes et papiers

L'outil de production de pâtes cellulosiques n'a guère varié de 1975 à 1992 : 8 établissements, au lieu de 6 et 3 325 emplois au lieu de 4 130, toutes les unités comptant plus de 100 salariés. La production, passée de 541 000 tonnes à 1 592 000 tonnes pendant la même période, est essentiellement composée de pâte blanchie d'eucalyptus (80 %) très appréciée en exportation et le complément est constitué de pâte résineuse.

La matière première consommée, exclusivement d'origine nationale, dépasse les 5 millions de m3 sous écorce, dont 76 % d'eucalyptus, 17 % de pin et 7 % de produits connexes. Trois usines de pâte fabriquent aussi du papier et, parmi les 4 groupes de dimension internationale, PORTUCEL assure plus du tiers de la production portugaise.

Par ailleurs, le secteur des papiers et cartons est passé de 89 établissements (employant 7 200 personnes et produisant 332 000 tonnes en 1975) à 90 usines représentant actuellement 5 525 emplois et une production qui a atteint 958 000 tonnes en 1992, se répartissant en : 37 % de papiers et cartons pour usages graphiques, 7 % de papiers pour usages sanitaires et domestiques, 56 % de papiers et cartons d'emballage. L'intégration de la fabrication du papier dans les usines de pâte constitue l'évolution la plus marquante du secteur, avec notamment la nouvelle unité de SOPORCEL qui produit, depuis octobre 1991, 250 000 tonnes/an de papiers d'impression et d'écriture.

L'industrie des panneaux

Les feuilles de placages et de panneaux contreplaqués

Neuf établissements emploient près de 1 100 personnes et ont une production stable d'environ 23 000 m3/an, destinée au marché intérieur. La moitié des entreprises ont de 20 à 100 employés et l'autre moitié plus de 100. Les bois importés qui ont représenté (en valeur) jusqu'à 85 % des approvisionnements (en 1981) ont tendance à être remplacés par le pin maritime et l'eucalyptus, qui assurent aujourd'hui 42 % de la matière première utilisée. La capacité de production (environ 30 000 m3) n'est pas entièrement exploitée depuis la fin des années 1970.

Les panneaux de particules

Les panneaux de particules sont produits par 8 établissements employant 1 700 personnes. Depuis 1975 (6 usines et 1 270 salariés produisant 133 000 m3), ce secteur s'est régulièrement développé jusqu'en 1989 pour parvenir à une production de 810 000 m3, mais les difficultés croissantes d'écoulement de la production sur des marchés extérieurs très concurrentiels ont entraîné la fermeture provisoire d'une usine et la réduction de la production à 637 000 m3 en 1992, alors que la capacité de production avait été portée à près de 900 000 m3. Presque toutes les usines emploient plus de 100 salariés, sont bien équipées et utilisent essentiellement des produits connexes de scieries (très abondants en raison des faibles diamètres sciés) puisque les rondins de pin, qui constituaient deux tiers de l'approvisionnement en 1975, n'en représentent plus que 20 % environ.

Les panneaux de fibres durs

Ils sont produits par deux unités appartenant à la même entreprise et employant environ 600 personnes. La production comprise entre 62 000 et 77 000 m3, de 1975 à 1986, avait approché 100 000 m3 en 1990, mais elle est retombée à 55 000 m3 en 1992. Hormis 10 % de produits connexes, la matière première est composée de résidus d'exploitation forestière de pin et d'eucalyptus de faible diamètre.

Les panneaux de fibres de moyenne densité (MDF)

Ils sont produits par 3 unités, mises en service en 1988 et 1990, qui bénéficient d'une technologie avancée et qui ont une capacité totale de production de 280 000 m3/an. Ces usines, qui ont produit 235 000 m3 en 1992 consomment actuellement 60 à 70 % de résidus d'exploitation forestière de pin maritime, mais sont appelées à utiliser essentiellement des produits connexes.

Le travail mécanique du bois

Les statistiques industrielles décrivaient comme suit les industries de seconde transformation en 1986.

La seconde transformation est donc essentiellement le fait d'un grand nombre de petites et moyennes entreprises souvent familiales, notamment dans la menuiserie-ébénisterie et la production artisanale de meubles et objets en bois. Le secteur de l'emballage est peu développé, alors qu'il constitue le premier débouché des sciages portugais.


| vers le bas de la page |


| Glossaire || Aide |

Parlement européen
Révisé le 1er septembre 1996
URL: http://www.europarl.ep.ec/dg7/forest/fr/port-1.htm