Importance relative de la récolte de bois-énergie dans différentes parties du monde
| Source : | RIEDACKER (A.). - 1987, d'après FAO, 1984 et divers autres. |
Le bois-énergie satisfait environ 14 % de la demande énergétique mondiale. S'il représente la principale source d'énergie des pays en voie de développement, il ne couvre que 2 % des besoins énergétiques des pays de l'Union européenne, avec un volume de consommation très variable selon les pays. La production et l'utilisation du bois-énergie découle dans la plupart des pays européens de la gestion de la forêt en place, mis à part quelques programmes de plantations industrielles récentes, qui représentent pour l'ensemble de l'Union européenne environ 2 000 ha (taillis à courte rotation).
Le bois utilisé à des fins énergétiques dans l'Union européenne représente 40 % du volume bois et écorce prélevé dans les forêts européennes. Les sources d'approvisionnement sont nombreuses et proviennent essentiellement de la sylviculture (houppiers provenant des résidus d'exploitation, éclaircies de petits bois) ou des industries utilisatrices du bois (déchets et produits recyclés).
| Pays | Consommation (1 000 TEP /an)
( TEP : Tonne d'Equivalent Pétrole) |
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| Belgique-Luxembourg | 79 (1) |
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| Danemark | 305 (2) |
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| Espagne | 955 (1) | 2 240 (5) |
| France | 9 200 (3) |
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| Grèce | 296 (1) |
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| Hollande | 17 (1) |
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| Irlande | 55 (1) |
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| Italie | 2 170 (2) |
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| Portugal | 525 (3) |
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| Ex-RFA | 1 683 (1) | 5 000 (4) |
| Royaume-Uni | 385 (6) |
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| Union européenne | 20 000 | |
| Sources : CORTE. CEE. - 1992., d'après : | |
| (1) FAO. - 1985 et 1987. | (2) CEETA. Biochaleur. - 1991. |
| (3) AFME. - 1990. | (4) CEE-ONU. Comité du bois. - 1989. |
| (5) ESCO. - Bois et biomasse - 1990. | (6) Atkins (W.S). - 1984. |
Sources d'approvisionnement en bois-énergie - exemple de la France et de l'ex-RFA (millions de TEP(TEP : Tonne d'Equivalent Pétrole)/an)
| Source : | Riedacker (A.) |
Cet impact se situe à deux niveaux, sur le plan planétaire (influence sur le climat) et sur le plan local (influence sur la gestion forestière).
La démographie a eu pour conséquence un développement intensif des activités industrielles et humaines, entraînant une forte consommation des énergies fossiles et une exploitation croissante des espaces naturels, notamment en zone tropicale. Cette dernière, liée aux besoins alimentaires locaux, est responsable de la disparition de 11 à 15 millions d'ha de forêt par an. Ces deux facteurs concomitants conduisent à une augmentation significative des émissions de gaz à effet de serre (CO2, CO, CH4, NOx) dont les impacts climatiques, pour l'heure mal connus, peuvent être préoccupants pour la planète.
Aussi, pour limiter les émissions de CO2 et de gaz connexes à effet de serre dans l'atmosphère, deux stratégies complémentaires sont à poursuivre : gérer le stock de carbone et développer des sources d'énergie de substitution renouvelables. La gestion du stock de carbone passe par l'économie des énergies fossiles, mais également par le maintien voire l'extension de la surface forestière. En effet, la forêt produit et stocke de manière pérenne d'importantes quantités de matière à base de carbone. Cette production, grâce à la photosynthèse, utilise l'énergie solaire et tire son carbone du dioxyde de carbone de l'air, elle contribue ainsi à absorber les émissions de ce gaz dues notamment à l'usage des carburants fossiles. D'importants programmes scientifiques sont actuellement conduits pour évaluer le bilan de la fixation du carbone dans les écosystèmes forestiers (et notamment le rapport O2 produit sur CO2 consommé).
D'autre part, le bois peut constituer une source d'énergie de substitution ayant un impact limité au niveau des émissions de gaz à effet de serre. En effet, lors de la combustion du bois, les éléments polluants émis sont de deux types : les émissions de particules et les gaz à effet de serre. Les particules émises ont des dimensions allant du micron au millimètre, leur émission peut se contrôler par combustion étagée et par l'utilisation d'épurateurs électrostatiques, de chicanes ou de filtres.
| Générateurs de chaleur | Emissions équivalents | ||
| CO (kg/Tje) | NO2 (kg/Tje) | SO2 (kg/Tje) | |
| BOIS
- Bûches - Copeaux |
12 000 à 5 500 3 000 à 1 000 |
25 à 80 80 à 120 |
10 10 |
| CHARBON | 5 500 à 4 500 (15) | 30 à 50 (72) | 440 |
| Fioul (0,3 %) | 70 à 100 (3) | 30 à 40 (77) | 140 |
| GAZ | 80 à 50 (3) | 50 à 35 (28) | 5 |
| Tje : Terajoule entrée chaudière
Les chiffres () concernent les grosses chaufferies de réseaux de chaleur |
| Source : | Institut de l'énergie de Styrie. - Autriche, 1987.
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En ce qui concerne les gaz à effet de serre, l'émission nette de CO2 par la combustion du bois semble nulle car le CO2 a été préalablement fixé par les arbres. Par contre, on constate la présence d'autres gaz néfastes (monoxyde de carbone, méthane, oxyde d'azote) dont le taux d'émission dépend fortement du principe de combustion et de la qualité des appareils.
| Type de valorisation énergique | Chauffage résidentiel performant
(gramme d'équivalent CO2/Kwh utile) | Moteur Diesel
(gramme d'équivalent CO2/Kwh fourni) |
|||
| Gaz à effet de serre | Gaz (1) | Fioul (1) | Bois (2) | Ester méthylique de
colza (3) (100 %) | Gazole (3) |
| Gaz carbonique | 224 | 295 | Recyclé | Recyclé | 256 |
| Oxyde de carbone | 0.3 | 0.4 | de 27 à 64 | 19 | 56 |
| Oxyde d'azote | 19.5 | 102 | de 48.5 à 76 | 795 | 690 |
| Méthane | 0.2 | 0.5 | de 0.9 à 1.8 | - | ? |
| Hydrocarbures (autres) | - | - | ? | 43 | 50 |
| Protoxyde d'azote | 0 | 16.2 | ? | - | 19 |
| Total | 244 | 414 | de 76.4 à 141.8 | 857 | 1 071 |
| Note : | La contribution à l'effet de serre de chaque gaz est exprimée en fonction de l'équivalence de leur effet par rapport à une même masse de carbone émise sous forme de CO2. Les coefficients d'équivalence retenus sont ceux du rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat dans l'hypothèse d'une intégration des effets sur 20 ans. |
| Source : | Association Française pour la Biomasse, d'après : | (1) AIE
(2) AFME-CIETAT (3) IFP |
Les études réalisées montrent ainsi que les chaudières performantes de type turbo (combustion inversée et tirage forcé par un ventilateur) ou insert à post combustion, émettent beaucoup moins de gaz à effet de serre que les chaudières au gaz ou au fioul (jusqu'à trois ou quatre fois moins). Par contre, les résultats sont beaucoup moins favorables pour les chaudières à tirage naturel, de conception plus ancienne mais toujours sur le marché.
En France par exemple, le recours au bois-énergie permettrait de limiter le rejet de carbone fossile et de diminuer globalement les émissions de carbone du secteur énergétique à concurrence d'au moins 0.25 million de tonnes/an.
Cet enjeu écologique de la valorisation du bois-énergie s'accompagne d'autres avantages.
Enfin, les risques majeurs de pollution, tels qu'ils existent pour les autres énergies (marée noire, irradiation), sont très limités.
L'enjeu de l'utilisation du bois-énergie se manifeste également sur un plan plus local car il permet, par l'utilisation des sous produits, une exploitation et une valorisation optimale de la forêt. C'est ainsi que la biodiversité faunistique et floristique de la plupart des zones boisées ne pourra être assurée que par une exploitation continue des écocomplexes forestiers et agricoles assurant leur renouvellement, ce qui n'est possible que si tous les produits qui en découlent trouvent leur plein emploi. La pleine valorisation de la ressource va également favoriser le maintien du paysage et contribuer aux multiples autres fonctions écologiques de la forêt :
Les impacts écologiques ne seront positifs que dans la mesure où cette valorisation du bois-énergie se fait de manière raisonnée afin de ne pas aboutir aux excès qui ont été ou sont ceux de la surexploitation. Le développement à grande échelle des Taillis à Courte Révolution (TCR) impose la vigilence, en évitant une orientation strictement productiviste qui conduirait aux mêmes problèmes que l'agriculture intensive :
| Pays | Bois de feu | Sous-produits de l'industrie | Bois recyclé | Total bois
et écorce |
||
| Première
transformation | Seconde
transformation | Pâtes à papier | ||||
| Allemagne | 3.6 | 2.0 | 5.0 | 0.4 | 0.5 | 11.5 |
| Danemark | 0.2 | 0.3 | 0.4 | - | - | 0.9 |
| Espagne | 2.0 | 1.8 | 0.2 | 0.4 | 0.1 | 4.5 |
| France | 10.0 | 1.5 | 0.8 | 0.6 | 3.0 | 15.9 |
| Irlande | 0.3 | - | - | - | - | 0.3 |
| Portugal | 5.4 | 0.7 | - | 0.3 | - | 6.4 |
| Royaume-Uni | 0.2 | 0.5 | 0.1 | - | - | 0.8 |
| Source : FAO. - 1986. |
Cet impact intègre à la fois la gestion forestière et les industries du bois, génératrices de sous-produits en quantité importante, mais aussi les prix relatifs des énergies, l'emploi et le développement local et enfin le secteur économique des vendeurs d'équipement utilisant le bois-énergie.
La production de bois de qualité nécessite de pratiquer des coupes d'éclaircie qui donnent, en tout ou partie, des produits difficilement utilisables par les industries de transformation du bois, qu'il s'agisse de la transformation du bois d'oeuvre ou du bois d'industrie (papier, carton, panneaux de particules). Aussi faute de l'existence d'un débouché satisfaisant pour ces petits bois, les éclaircies et les dépressages ne sont pas toujours réalisés en temps voulu, pénalisant sur le long terme l'évolution des peuplements forestiers existants. L'utilisation du bois-énergie permet également d'apporter des ressources financières supplémentaires à la gestion forestière, élément d'importance lorsqu'il s'agit par exemple du débroussaillage des forêts méditerranéennes dans le cadre de la lutte contre les incendies.
Qu'il s'agisse de la première transformation du bois (50 % des déchets) ou de la deuxième transformation du bois (15 % des déchets), les industries du bois génèrent également une quantité importante de déchets. Une partie de ces déchets, les dosses, les délignures et la sciure sèche blanche est rentabilisée par les industries de trituration (panneaux et papier), qui elles-mêmes recyclent leurs déchets, afin de produire l'énergie dont elles ont besoin. Une autre partie des déchets de l'industrie du bois est auto-consommée par les entreprises elles-mêmes dans des unités de séchage, d'étuvage, de chauffage, voire de cogénération d'électricité. Une petite part, notamment les rognures, la sciure et les écorces sont valorisées à l'extérieur de l'entreprise pour l'approvisionnement des chaufferies ou d'unités de carbonisation.
Mais il subsiste une quantité non négligeable de déchets qui ne sont pas valorisés et qui présentent un handicap à double titre pour l'entreprise : ils n'apportent pas de valeur ajoutée supplémentaire aux activités, et par ailleurs ils coûtent pour être détruits compte-tenu du transport pour les évacuer et des taxes de mise en décharge qui se généralisent. Une bonne valorisation de produits connexes de l'industrie du bois peut représenter jusqu'à 10 % du chiffre d'affaire de l'entreprise et dans une conjoncture économique difficile, il apparaît nécessaire de rechercher la valeur ajoutée maximum.
La comparaison avec les autres énergies favorise le bois, mais cette première approche doit être nuancée par le fait que ce prix est dépendant de nombreux facteurs :
La rentabilité du chauffage au bois doit donc se calculer au cas par cas et tenir compte des éventuel problèmes logistiques : transport et stockage d'un volume important de bois, alimentation de la chaudière, décendrage.
Ce sont des aspects socio-économiques déterminants de la filière bois-énergie, notamment pour le secteur de la forêt. Plusieurs études confirment que le développement du marché du bois-énergie peut créer de façon significative des emplois nets. Une simulation estimait que l'utilisation de 3 millions de TEP( TEP : Tonne d'Equivalent Pétrole) supplémentaires sous forme de bois-énergie pouvait créer de 20 000 à 30 000 emplois nouveaux. De plus, à production énergétique égale, le bois procure quatre fois plus d'emplois directs que le gaz ou le fioul, auxquels il faut ajouter des emplois indirects liés à la conduite des chaufferies.
Une partie de ce potentiel de main-d'oeuvre pourrait permettre la diversification des activités des agriculteurs aujourd'hui confrontés à l'évolution technique et économique de l'agriculture. En effet, les agriculteurs seraient susceptibles de devenir producteurs :
La production de bois-énergie peut apparaître comme une des solutions pour s'adapter à la politique agricole. Des pays comme l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne, s'intéressent à de grands boisements de terres agricoles à vocation énergie comme cela se pratique déjà en Suède par exemple.
Ce secteur est actuellement mal connu pour le bois-énergie. Dans le cas de la France, en dehors des cheminées et des activités de maintenance, le chiffre d'affaire généré par ce type d'équipement a été évalué à plus de 2.1 milliards de francs (1987). Bien que l'ensemble de ces impacts écologiques et économiques militent pour le développement de la filière bois-énergie en Europe, l'évolution de ce marché est restée faible durant ces vingt dernières années, sauf dans quelques pays tels que l'Autriche et la Suède qui ont anticipé dans ce secteur. Ce marché commence à être étudié par les autres pays de l'Union européenne, mais l'importance de ce secteur, souvent animé par des petites et moyennes entreprises, se confirme déjà.
Parlement européen
Révisé le 1er septembre 1996
URL: http://www.europarl.ep.ec/dg7/forest/fr/s5-17-1.htm