RAPPORT sur le déploiement intégral des communications mobiles de troisième génération
(2002/2240(INI))

27 janvier 2003

Commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie
Rapporteur: Danielle Auroi

Procédure : 2002/2240(INI)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document :  
A5-0016/2003
Textes déposés :
A5-0016/2003
Débats :
Votes :
Textes adoptés :

PAGE RÉGLEMENTAIRE

Par lettre du 12 juin 2002, la Commission a transmis au Parlement une communication intitulée "Vers le déploiement intégral des communications mobiles de troisième génération" (COM(2002) 301 – C5-0525/2002), qui a été renvoyée, pour information, à la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie.

Au cours de la séance du 21 novembre 2002, le Président du Parlement a annoncé que la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie avait été autorisée à élaborer un rapport d'initiative, conformément à l'article 47, paragraphe 2, et à l'article 163 du règlement, sur ce sujet.

Au cours de sa réunion du 9 juillet 2002, la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie avait nommé Danielle Auroi rapporteur.

Au cours de ses réunions des 12 novembre 2002, 25 novembre 2002, 2 décembre 2002 et 23 janvier 2003, la commission a examiné le projet de rapport.

Au cours de la dernière de ces réunions, elle a adopté la proposition de résolution par 33 voix contre 6 et 1 abstention.

Étaient présents au moment du vote Carlos Westendorp y Cabeza (président), Yves Piétrasanta (vice-président), Claude Turmes (suppléant du rapporteur), Sir Robert Atkins, Luis Berenguer Fuster, Mogens N.J. Camre (suppléant Seán Ó Neachtain, conformément à l'article 153, paragraphe 2, du règlement), Gérard Caudron, Giles Bryan Chichester, Nicholas Clegg, Willy C.E.H. De Clercq, Concepció Ferrer, Francesco Fiori (suppléant Guido Bodrato), Norbert Glante, Cristina Gutiérrez Cortines, Michel Hansenne, Hans Karlsson, Bashir Khanbhai, Werner Langen, Caroline Lucas, Erika Mann, Hans-Peter Martin (suppléant Massimo Carraro), Marjo Matikainen-Kallström, Eryl Margaret McNally, Angelika Niebler, Reino Paasilinna, Paolo Pastorelli, Elly Plooij-van Gorsel, Samuli Pohjamo (suppléant Colette Flesch), John Purvis, Godelieve Quisthoudt-Rowohl, Bernhard Rapkay (suppléant Harlem Désir), Imelda Mary Read, Mechtild Rothe, Christian Foldberg Rovsing, Paul Rübig, Konrad K. Schwaiger, Esko Olavi Seppänen, W.G. van Velzen, Alejo Vidal-Quadras Roca et Dominique Vlasto.

Le rapport a été déposé le 27 janvier 2003.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Résolution du Parlement européen sur le déploiement intégral des communications mobiles de troisième génération (2002/2240(INI))

Le Parlement européen,

–   vu la communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social et au Comité des régions intitulée "Vers le déploiement intégral des communications mobiles de troisième génération" (COM(2002) 301[1] – C5-0525/2002),

–   vu la directive 2002/58/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 juillet 2002 concernant le traitement des données à caractère personnel et la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques (directive "vie privée et communications électroniques")[2],

–   vu les conclusions du Conseil européen de Séville des 21 et 22 juin 2002 (SN 200/1/02),

–   vu les conclusions du Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002 (SN 100/1/02),

–   vu la directive 2002/19/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 relative à l'accès aux réseaux de communications électroniques et aux ressources associées, ainsi qu'à leur interconnexion (directive "accès")[3],

–   vu la directive 2002/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 relative à l'autorisation de réseaux et de services de communications électroniques (directive "autorisation")[4],

–   vu la directive 2002/21/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 relative à un cadre réglementaire commun pour les réseaux et services de communications électroniques (directive "cadre")[5],

–   vu la directive 2002/22/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 concernant le service universel et les droits des utilisateurs au regard des réseaux et services de communications électroniques (directive "service universel")[6],

–   vu la décision n° 676/2002/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 relative à un cadre réglementaire pour la politique en matière de spectre radioélectrique dans la Communauté européenne (décision "spectre radioélectrique")[7],

–   vu les conclusions du sommet de Göteborg des 15 et 16 juin 2001 (SN200/01),

–   vu la recommandation 1999/519/CE du Conseil du 12 juillet 1999 relative à la limitation de l'exposition du public aux champs électromagnétiques (de 0 Hz à 300 GHz)[8],

–   vu sa résolution du 5 mai 1994 sur la lutte contre les nuisances provoquées par les rayonnements non ionisants[9],

–   vu l'avis relatif aux effets éventuels des champs électromagnétiques, des champs de radiofréquences et des rayonnements micrométriques sur la santé humaine rendu le 30 octobre 2001 par le Comité scientifique de la toxicité, de l'écotoxicité et de l'environnement (CSTEE), rattaché à la Commission,

–   vu le rapport de la Commission, d'avril 2002, sur la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à la limitation de l'exposition du public aux champs électromagnétiques (de 0 Hz à 300 GHz)[10],

–   vu la décision n 128/1999/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 1998 relative à l'introduction coordonnée dans la Communauté d'un système de communications mobiles et sans fil (UMTS) de troisième génération[11],

–   vu l'article 47, paragraphe 2, et l'article 163 de son règlement,

–   vu le rapport de la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie (A5‑0016/2003),

A.   considérant que les ventes aux enchères des licences UMTS ont dans certains États membres placé le secteur des télécommunications face à des problèmes financiers parfois aigus, ce qui risque de retarder considérablement le déploiement des réseaux et services 3G, et que certains États membres entendent à présent prendre des mesures de soutien unilatérales, qui sont susceptibles de faire obstacle à un développement harmonisé du marché unique des télécommunications, de sorte qu'il convient d'inviter la Commission à profiter du Conseil européen du printemps 2003 pour présenter un plan d'action axé sur l'établissement de conditions de jeu égales concernant l'infrastructure, les applications et les services 3G au sein de l'Union européenne, et considérant en outre que l'attribution des licences 3G en Europe s'est soldée par des distorsions de concurrence et par la fragmentation du marché européen des communications mobiles,

B.   considérant que la réussite du déploiement du 3G ne passe pas seulement par la disponibilité de réseaux, mais aussi par l'offre de services de haute qualité concernant le contenu et que l'information émanant du secteur public constitue potentiellement un outil important en vue du développement desdits services de haute qualité,

C.   considérant que les technologies des télécommunications se développent très rapidement et sont en évolution continue et que, dans les années à venir, on s'attend à une utilisation accrue des applications multimédias, ce qui nécessite les capacités de transmission et la rapidité de traitement plus élevées du 3G,

D.   considérant que le potentiel de croissance élevé et le déploiement réussi de réseaux et de services du 3G revêtent une importance tout à fait décisive pour la réalisation d'eEurope et, partant, bénéficient à tous les citoyens,

E.   considérant les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), établies sur la base des connaissances scientifiques actuelles,

F.   considérant que l'utilisation commune de l'infrastructure de réseau favorise l'extension des réseaux 3G et prend en compte le débat sur le rayonnement électromagnétique,

G.   considérant que ce sont principalement des conditions-cadres fiables et favorables à l'investissement qui créent des incitations à investir dans les nouvelles technologies,

H.   considérant que les entreprises de télécommunications doivent consentir des efforts considérables d'innovation et d'investissement pour que les communications mobiles de troisième génération soient introduites avec succès, pour que l'infrastructure nécessaire à cette fin soit installée promptement et pour que des applications Internet ad hoc soient développées,

I.   considérant que la situation du secteur européen des télécommunications est tendue et que la plupart des entreprises européennes de ce secteur sont confrontées à une dette énorme, dont la cause est à attribuer, dans quelques États membres, à la cherté des licences UMTS,

J.   considérant que les valeurs limites de charge par champs électromagnétiques provoqués par les installations de communications mobiles se fondent dans les États membres sur une recommandation de l'OMS et que, dans l'Union européenne, ces valeurs ne sont manifestement pas atteintes,

K.   considérant que l'extension des réseaux de communications mobiles doit s'effectuer en tenant compte de considérations économiques, sanitaires et esthétiques afin de tendre vers une couverture globale, nécessaire tant en milieu rural qu'en milieu urbain,

L.   considérant que le développement de la société de l'information doit se faire dans le respect du droit à la vie privée et de la protection des données personnelles,

M.   considérant que, malgré les efforts visant à ce que les nouvelles technologies soient accessibles à tous les citoyens, des différences profondes liées à des facteurs économiques et sociaux subsistent en matière d'accès et quant à la capacité d'utilisation de ces technologies, et cela tant au niveau européen qu'à l'échelle de la planète,

N.   considérant qu'il a demandé à plusieurs reprises que des mesures soient prises aux niveaux européen et national afin d'éviter la fracture numérique et de bâtir une société de l'information pour tous, y compris les personnes handicapées et les personnes à faibles revenus, de manière à leur assurer un accès équivalent et abordable,

O.   considérant que, grâce au développement d'applications attrayantes, les communications mobiles de troisième génération peuvent potentiellement tirer parti du succès rencontré en Europe par leurs devancières de deuxième génération, mais que le déploiement du 3G prend du retard en ce moment et que le consommateur n'est pas encore convaincu des possibilités du 3G par l'offre actuelle de services,

P.   considérant qu'une concurrence équitable et un cadre réglementaire stable et prévisible, propice aux investissements et rémunérant la prise de risques et l'innovation, sont nécessaires pour encourager les investissements privés dans le développement d'infrastructures à grande échelle indispensables pour fournir des services de troisième génération aux consommateurs sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne,

Q.   considérant que les citoyens réclament un maximum de transparence au niveau de la qualité des services offerts et de leurs prix, et que la sécurité et la prévisibilité législative sont capitales pour accroître la confiance et la demande des consommateurs dans les transactions électroniques,

R.   considérant qu'il est important, pour l'évolution des communications mobiles 3G, d'étudier soigneusement tout projet de réglementation et de ne réglementer de telle ou telle façon qu'avec grande prudence,

S.   considérant l'importance majeure d'une recherche impartiale et indépendante en tant que fondement de toute législation,

1.   insiste pour qu'il soit donné d'urgence un signal clair en faveur de l'introduction des communications mobiles de troisième génération en Europe;

2.   demande instamment que les États membres se pressent de mettre en œuvre les nouvelles directives relatives aux communications électroniques et que la nouvelle législation nationale dans ce domaine soit établie autant que possible de manière harmonisée;

3.   sollicite un suivi continu des développements du secteur des télécommunications afin qu'il soit tenu compte des innovations, sans discrimination aucune;

4.   se félicite de l'initiative de la Commission dans le domaine des plates-formes ouvertes en télévision numérique et 3G;

5.   demande à la Commission de donner rapidement suite à l'initiative relative aux plates-formes ouvertes et de présenter des mesures concrètes de nature à stimuler l'utilisation de plates-formes ouvertes, de sorte que les consommateurs ne soient pas forcés de se limiter à l'offre d'un seul opérateur et que soit garantie leur liberté de choix dans le domaine des services et des applications 3G, condition indispensable au plein développement du 3G;

6.   demande à la Commission et aux inspecteurs nationaux au sein du Groupe des régulateurs européens de résoudre les "vieux" problèmes et de se pencher ensuite sur les questions nouvelles, telles que la dominance commune et la nécessité d'une coopération en vue du développement des applications et des services 3G dans la perspective du maintien du cadre compétitif dans ce secteur;

7.   demande aux États membres de contribuer à la promotion du 3G en stimulant, aux conditions les plus favorables possibles, le recours renouvelé à l'information émanant du secteur public, qui constitue l'un des piliers de services de haute qualité concernant le contenu;

8.   demande au secteur privé travaillant dans le domaine du 3G de prendre ses responsabilités et de présenter des exemples rassurants d'activités commerciales, susceptibles de rendre confiance tant aux investisseurs qu'au grand public;

9.   se réjouit du déploiement des communications mobiles de troisième génération en temps opportun, en tenant compte de l'importance des télécommunications, et du secteur des communications mobiles en particulier, pour la compétitivité de l'économie ainsi que pour l'industrie de l'Union européenne et pour le développement de la société de l'information;

10.   invite la Commission à élaborer dans les meilleurs délais des lignes directrices en matière de partage des infrastructures de réseaux dans l'Union européenne, lesquelles faciliteront un déploiement plus rapide et mieux harmonisé des réseaux et des services relatifs aux communications mobiles de troisième génération;

11.   encourage les États membres et les opérateurs privés à éliminer les obstacles qui entravent le déploiement du 3G afin que les États membres puissent satisfaire à leurs obligations en matière de couverture du territoire;

12.   rappelle que les valeurs limites de charge par champs électromagnétiques provoqués par des installations de communications mobiles que recommande l'OMS ne sont d'ores et déjà manifestement pas atteintes dans les États membres;

13.   soutient les programmes d'études scientifiques indépendantes sur les effets possibles des ondes électromagnétiques commanditées par l'OMS;

14.   appelle la Commission, les États membres, les opérateurs et les autorités nationales impliquées dans la gestion de l'infrastructure de télécommunication à participer activement au débat public sur les champs électromagnétiques et sur les communications mobiles, notamment en fournissant des informations fiables sur les connaissances scientifiques actuelles et la technologie; se félicite, à cet égard, de l'initiative de la Commission visant à créer un système d'information européen sur les champs électromagnétiques associant l'ensemble des acteurs;

15.   demande aux États membres de veiller à ce que la localisation des installations destinées à supporter les réseaux de téléphonie mobile soit conçue de la façon la plus respectueuse de la santé et de l'environnement et soit définie selon des procédures d'urbanisme transparentes;

16.   demande aux États membres de tenir compte, au nombre des conditions de la mise en place de l'infrastructure de réseau 3G, tant de la protection de la santé et de l'environnement que de la nécessité d'une extension rapide et sans accrocs du réseau; se félicite, à cet égard, des efforts encourageants consentis par les opérateurs de réseaux de téléphonie mobile pour accroître la transparence et pour chercher le dialogue avec les autorités locales et l'opinion publique; estime, de surcroît, qu'il y a lieu de préconiser résolument des coopérations des opérateurs qui favorisent la mise en place du réseau (utilisation commune d'infrastructures de réseau);

17.   demande à la Commission d'assister les États membres pour la promotion et la coordination d'échanges de meilleures pratiques en matière d'urbanisme en vue d'une harmonisation au sein de l'Union européenne;

18.   invite la Commission et les États membres à développer un plan d'action afin de promouvoir une conception universelle dans le secteur des communications mobiles de troisième génération pour faire en sorte que les spécifications techniques qui règlent les questions d'accès des personnes handicapées soient intégrées à la conception des produits;

19.   demande que toutes les directives relevant du nouveau cadre législatif sur les communications électroniques soient transposées et entrent en vigueur dans les plus brefs délais;

20.   souligne l'importance de la protection des enfants lors de l'utilisation de l'Internet, et demande à la Commission et aux fournisseurs de services, y compris les fournisseurs de contenus, d'examiner les possibilités de protéger les enfants;

21.   appelle la Commission et les États membres à prendre des mesures cohérentes afin d'assurer la diffusion rapide des avantages du 3G, au moyen, par exemple, de l'amélioration des conditions de mise en place des réseaux;

22.   insiste sur le fait que le déploiement du 3G doit se faire de façon équitable et non discriminatoire, et souligne l'importance du respect des règles de concurrence afin que les entreprises impliquées opèrent sur le marché sur un plan égalitaire, quelle que soit leur taille;

23.   souligne que, en principe, seule la libre concurrence garantit des prix abordables pour le consommateur;

24.   accueille favorablement les orientations de la Commission en matière d'utilisation commune des infrastructures et demande à la Commission de veiller à ce que cet usage commun résulte d'un accord librement conclu qui ne porte pas atteinte à une saine concurrence;

25.   appelle les opérateurs impliqués dans le déploiement du 3G à s'engager dans une politique transparente d'offre de services afin de garantir au consommateur le maximum d'information, créant ainsi un climat de confiance qui ne pourra que favoriser la demande;

26.   rappelle qu'une attention particulière doit être donnée à la sécurité des paiements par voie de téléphone mobile et demande qu'une réflexion approfondie soit menée à ce sujet débouchant sur des réponses politiques et techniques adéquates, tel le "Mobile Payments Initiative system", faute de quoi, les risques de fraude dissuaderont les paiements électroniques au moyen du 3G et le marché en sortira affaibli;

27.   souligne qu'il faut notamment éviter qu'un quelconque commerce des fréquences se solde par des distorsions de concurrence sur le marché européen des télécommunications;

28.   encourage les États membres à promouvoir le soutien à des initiatives dans le domaine des communications à large bande au moyen d'allégements fiscaux et de mesures d'incitation de la demande d'applications large bande, comme les services de santé en ligne;

29.   invite la Commission et les États membres à étudier très attentivement toute intervention réglementaire dans le domaine de la téléphonie mobile, de troisième génération en particulier, ce afin d'éviter l'apparition d'entraves à l'investissement;

30.   charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

  • [1] Non encore publiée au JO.
  • [2] JO L 201 du 31.7.2002, p. 37.
  • [3] JO L 108 du 24.4.2002, p. 7.
  • [4] JO L 108 du 24.4.2002, p. 21.
  • [5] JO L 108 du 24.4.2002, p. 33.
  • [6] JO L 108 du 24.4.2002, p. 51.
  • [7] JO L 108 du 24.4.2002, p. 1.
  • [8] JO L 199 du 30.7.1999, p. 59.
  • [9] JO C 205 du 25.7.1994, p. 439.
  • [10] http://europa.eu.int/comm/health/ph/programmes/pollution/implementrep en.pdf.
  • [11] JO L 17 du 22.1.1999, pp. 1 à 7.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Historique

Au mois de mars 2001 la Commission a présenté une communication sur l'introduction des communications mobiles de troisième génération dans l'Union. Cette communication proposait des lignes d'action afin de faciliter le passage du système 2G au système 3G et touchait aux domaines suivants: l'amélioration du cadre réglementaire, la prise en compte des questions techniques en suspens, le soutien au développement d'applications sans fil et de contenus innovants, ainsi que le maintien de l'effort de R&D dans le secteur au niveau communautaire.

Au mois de mars 2002, le Conseil européen de Barcelone déclarait dans ses conclusions: "La convergence technologique offre à l'ensemble des entreprises et des citoyens de nouvelles possibilités d'accès à la société de l'information. La télévision numérique et les communications mobiles de troisième génération joueront un rôle clé dans l'accès généralisé aux services interactifs."

En juin 2002 la Commission a donc présenté au Conseil européen de Séville la communication en objet. Le Conseil a pris note des obstacles auxquels se heurte encore le déploiement des réseaux et des services de communications mobiles de troisième génération.

Contenu de la communication

La Commission analyse les problèmes et les enjeux du déploiement des 3G.

La communication souligne que le secteur Télécom souffre du ralentissement général au niveau économique et qu'il subit une grande pression de la part des marchés financiers dans lesquels il a investi massivement, elle indique toutefois que la technologie 3G semble être stable.

Une des questions cruciales du développement de la téléphonie mobile est l'interopérabilité des terminaux. Dans ce domaine la Commission rappelle qu'en 2002 on a fait des progrès dans le développement de terminaux 3G: les premiers modèles pour la commercialisation en Europe sont prêts. De plus les réseaux 2G existant ont été modernisés à la norme GPRS en préparant ainsi le 2,5G. Elle note toutefois que subsistent quelques problèmes techniques, tels que coupures d'appels, problèmes logiciels de terminaux, capacité de batterie insuffisante.

En ce qui est de la situation du marché des services 3G aucun service 3G est disponible actuellement en Europe. Seul le Japon a commercialisé les services 3G au niveau mondial. La Commission pense que les perspectives de demande des services sont bonnes et cela pour deux raisons. D'une part l'augmentation spectaculaire du trafic de SMS et par conséquent la perspective d'une demande de services plus perfectionnée qui pourra être satisfaite par la 3G. D'autre part, la présence en Europe de plus de 50 opérateurs GSM capable d'offrir des services GPRS au mois de janvier 2002.

En ce qui est des questions réglementaires, la Commission signale que la procédure d'octroi des licences 3G a été entamée dans tous les pays de l'UE et que les licences ont été octroyées dans tous les pays, sauf France et Irlande (total 61 licences au mois de septembre 2002). Un tel nombre de licences est suffisant pour permettre le développement d'un environnement concurrentiel.

La communication fait une analyse des défis et des réponses en vue du déploiement intégral des communications mobiles 3G. Suite aux consultations avec tous les acteurs intéressés par le déploiement des communications mobiles 3G, la Commission a identifié un consensus sur les points suivants:

  • la phase de déploiement des services 3G n'exige pas une intervention au niveau législatif: il est crucial de laisser jouer les forces du marché
  • les communications 3G devront dans le long terme devenir l'une des plates-formes de services d'une société de l'information universelle
  • les pouvoir publiques doivent s'engager dans le processus de déploiement en donnant leur soutient permanent.

Trois facteurs sont identifiés afin d'aider le secteur: tout d'abord un environnement réglementaire stable, harmonisé et transparent et tenant compte des intérêts des consommateurs. En deuxième lieu le rôle proactif de soutien et de stimulation que l'Union est appelée à jouer. Finalement des initiatives de longue haleine, compte tenu de ce qui s'est produit jusqu'à présent dans le secteur des communications 3G, et dans la perspective de l'élargissement.

La Commission souligne la nécessité de renforcer la coordination des choix de politiques dans l'ensemble de l'UE. Il s'agit là d'une condition à respecter afin de garantir la gestion des services et technologies futurs fondés sur l'utilisation du spectre radioélectrique. Actuellement 15 régimes différents existent dans l'UE pour l'assignation des fréquences aux opérateurs.

En ce qui est du cadre réglementaire la Commission prévoit qu'aucune modification ne sera nécessaire en ce qui est des octrois de licences. Toute adaptation en matière d'obligations de déploiement devra être réalisée dans des conditions transparentes et objectives, suite à consultation publique et en coopération avec les administrations nationales. La durée des licences ne fera pas l'objet de modification à court terme. Pour ce qui est des droits de redevance des licences et des autres paiements associés la Commission est de l'idée que toute modification serait contre‑productive. Une clarification de la réglementation est considérée nécessaire surtout en ce qui est du partage des infrastructures de réseau (non prévu par licence d'origine) et pour des raisons de protection de l'environnement.

La Commission fait le point sur les mesures spécifiques pour soutenir le déploiement des 3G. Un obstacle majeur l'entrave à présent: l'hétérogénéité des conditions d'octroi des autorisations (réglementations différentes au niveau national et local en matière de niveau maximum d'émission et en matière de respect de l'environnement). Afin de faciliter le déploiement, la Commission encourage à présent la colocalisation et le partage d'installations et l'échange de pratiques, afin de satisfaire les demande de protection de la santé et de l'environnement, tout en promouvant la Société de l'information.

Position du rapporteur

La Commission a rédigé ce document afin d'identifier les obstacles au déploiement du 3G. En effet, depuis que les ventes aux enchères ou "Beauty Contests" ont fait la une de la presse économique, le 3G s'est fait plus discret. Votre rapporteur partage l'analyse de la Commission sur les obstacles qui ralentissent, voire entravent, le déploiement de la téléphonie de troisième génération.

Elle demande la prise en compte de toutes les innovations à venir en ces domaines.

La question fondamentale est celle du marché du 3G: existe-t-il vraiment? Quelle est la demande du consommateur européen pour des services offerts par cette technologie? La Commission devrait faire une étude approfondie du contexte économique.

Il semblerait que certains gouvernements souhaitent qu'un soutien étatique aide les opérateurs à passer un cap économique douloureux. Votre rapporteur n'y est pas vraiment opposée, à condition que des obligations de service universel soient remplies. Il s'agirait d'une aide publique à un secteur privé.

Il s'agit d'une technologie coûteuse, et malheureusement c'est tout le secteur de la nouvelle économie qui n'est pas en bonne santé. Le 3G ne va-t-il pas être rapidement dépassée? D'autres technologies, telles WiFi, Bluetooth ou UWB Ultra Wide Band se développent en ce moment, et elles ont droit à un accès égalitaire au marché.

La demande pour des services 3G dépendra en grande partie du prix que les opérateurs pourront offrir aux consommateurs. Pour garantir un prix accessible, il faut lutter contre la tendance naturelle du secteur à la cartellisation. De plus, il faudra garantir une vraie concurrence et la transparence des tarifs. La question se pose sur comment comparer la structure des prix: en comparant les contenus, ou les kilobits, ou encore la durée de connexion? Les contenus des paquets devront être le plus détaillés possible.

Un point essentiel est la protection des utilisateurs faibles tels les enfants, soit via cryptographie parentale, soit en proposant des paquets spécifiques.

Enfin la question de la protection des données notamment de localisation, est particulièrement importante dans le 3G. Comment assurer cette protection dans des pays qui ne possèdent pas de règles de protection des données (le roaming pour le GSM fonctionne dans 127 pays, dont certains sont très peu respectueux des libertés fondamentales)?

La Sécurité des paiements est importante et votre rapporteur se félicite que la Commission l'ait inclus dans la communication. Comme pour l'Internet, le consommateur n'utilisera son téléphone mobile pour payer que s'il est en confiance.

Il ne faut pas négliger l'importance du principe de précaution face à de possibles problèmes de santé: quelles sont les conséquences des ondes électromagnétiques sur le corps humain? La recherche scientifique en la matière continue. Dans certains pays de l'Union tels la France et l'Espagne, le débat fait rage. Pour ne citer qu'un exemple, dans le village de Saint-Cyr-l'École en France une petite fille de moins de 6 ans est décédée d'un cancer du tronc cérébral en juillet dernier. Or 2 autres enfants étaient déjà décédés de ce même cancer rarissime en 1996 et 1998. Les spécialistes s'interrogent. La consultation d'organisations médicales et d'organisations citoyennes, telles que Priartem (Collectif d'associations locales de lutte contre les antennes) en France ou Teslabel en Belgique, est indispensable.

Enfin, l'implantation d'antennes-relais 3G devra se passer dans le respect de l'environnement et de l'urbanisme. Les États membres veilleront à ce que les autorisations d'urbanisme fassent l'objet d'une procédure claire avec une enquête publique. En effet, il faudra 4 à 16 fois plus d'antennes pour la troisième génération que pour le 2G.

C'est pourquoi, pour des raisons économiques, environnementales et sanitaires, votre rapporteur soutient l'idée de partage des antennes ou colocalisation qui est aussi recommandée par la Commission.