Procédure : 2018/0427(NLE)
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Cycle relatif au document : A9-0004/2020

Textes déposés :

A9-0004/2020

Débats :

PV 29/01/2020 - 16
CRE 29/01/2020 - 16

Votes :

PV 29/01/2020 - 17.1
CRE 29/01/2020 - 17.1
Explications de votes

Textes adoptés :

P9_TA(2020)0018

<Date>{23/01/2020}23.1.2020</Date>
<NoDocSe>A9-0004/2020</NoDocSe>
PDF 398kWORD 121k

<TitreType>RECOMMANDATION</TitreType>     <RefProcLect>***</RefProcLect>

<Titre>sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre>

<DocRef>(XT 21105/3/2018 – C9-0148/2019 – 2018/0427(NLE))</DocRef>


<Commission>{AFCO}Commission des affaires constitutionnelles</Commission>

Rapporteur: <Depute>Guy Verhofstadt</Depute>

ERRATA/ADDENDA
PROJET DE RÉSOLUTION LÉGISLATIVE DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 LETTRE de la commission des affaires étrangères
 LETTRE de la commission du commerce international
 LETTRE de la commission de l’emploi et des affaires sociales
 LETTRE de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire
 LETTRE de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs
 LETTRE de la commission des transports et du tourisme
 LETTRE de la commission de l’agriculture et du développement rural
 LETTRE de la commission des affaires juridiques
 LETTRE de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures
 LETTRE de la commission des pétitions
 PROCÉDURE DE LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

PROJET DE RÉSOLUTION LÉGISLATIVE DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique

(XT 21105/3/2018 – C9-0148/2019 – 2018/0427(NLE))

(Approbation)

Le Parlement européen,

 vu la notification du 29 mars 2017 du Royaume-Uni au Conseil européen relative à son intention de se retirer de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (ci-après dénommée «Euratom») en application de l’article 50, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne et de l’article 106 bis du traité instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique,

 vu le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (XT 21105/3/2018),

 vu le projet d’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique[1],

 vu la déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni[2],

 vu la décision (UE) 2019/476 du Conseil européen du 22 mars 2019[3], sa décision (UE) 2019/584 du 11 avril 2019[4] et sa décision (UE) 2019/1810 du 29 octobre 2019[5], prise en accord avec le Royaume-Uni, prorogeant le délai au titre de l’article 50, paragraphe 3, du traité UE, respectivement jusqu’au 12 avril 2019, au 31 octobre 2019 et au 31 janvier 2020,

 vu ses résolutions du 5 avril 2017 sur les négociations avec le Royaume-Uni après la notification de son intention de se retirer de l’Union européenne[6], du 3 octobre 2017 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni[7], du 13 décembre 2017 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni[8], du 14 mars 2018 sur le cadre des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni[9] et du 18 septembre 2019 sur l’état d’avancement du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne[10],

 vu la demande d’approbation présentée par le Conseil conformément à l’article 50, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne (C9-0148/2019),

 vu l’article 105, paragraphes 1 et 4, et l’article 88 de son règlement intérieur,

 vu les lettres de la commission des affaires étrangères, de la commission du commerce international, de la commission de l’emploi et des affaires sociales, de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, de la commission des transports et du tourisme, de la commission de l’agriculture et du développement rural, de la commission des affaires juridiques, de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la commission des pétitions,

 vu la recommandation de la commission des affaires constitutionnelles (A9-0004/2020),

1. donne son approbation à la conclusion du projet d’accord de retrait;

2. charge son Président de transmettre la position du Parlement au Conseil européen, au Conseil et à la Commission, ainsi qu’aux parlements nationaux et au gouvernement du Royaume-Uni.

 


 

EXPOSÉ DES MOTIFS

Introduction

 

Le processus de retrait

 

Le référendum organisé le 23 juin 2016 au Royaume-Uni, qui visait à déterminer si le pays devait rester dans l’Union européenne ou en sortir, s’est soldé par une majorité de 51,9 % en faveur du retrait.

 

Le 29 mars 2017, le gouvernement du Royaume-Uni a notifié son intention de se retirer de l’Union européenne, conformément à l’article 50 du traité sur l’Union européenne (traité UE).

 

Le 5 avril 2017, le Parlement européen a adopté sa résolution sur les négociations avec le Royaume-Uni après la notification de son intention de se retirer de l’Union européenne[11], dans laquelle il expose sa position concernant les orientations du Conseil européen conformément à l’article 50, paragraphe 2, du traité UE. Cette résolution constitue également la base sur laquelle il évalue le processus de négociation ainsi que tout accord conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le Parlement définit dans cette résolution sa position sur tous les enjeux fondamentaux liés au retrait du Royaume-Uni: les principes généraux présidant aux négociations, parmi lesquels la nécessité de garantir un retrait ordonné, la protection des intérêts des citoyens de l’UE-27 et la compétence de l’Union concernant les questions liées au retrait; le déroulement des négociations; le champ d’application de l’accord de retrait; les dispositions transitoires et les relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Conformément à l’article 50, paragraphe 2, du traité UE, le Conseil européen a publié le 29 avril 2017 des orientations pour les négociations[12]. Selon l’approche qui y est définie, les négociations doivent être menées par étapes, la première étape visant à apporter clarté et sécurité juridique et à fixer les dispositions selon lesquelles le Royaume-Uni quitte l’Union. Le Conseil européen a fait part de son intention de suivre de près les progrès réalisés et de déterminer le moment où des progrès suffisants auront été accomplis pour passer à la phase suivante des négociations, au cours de laquelle seront engagées des discussions préliminaires et préparatoires sur le cadre des relations futures.

 

Les négociations entre l’Union et le Royaume-Uni ont débuté le 19 juin 2017; l’Union était représentée par Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union, tandis que le Royaume-Uni était représenté par David Davis, ministre britannique chargé de la sortie de l’Union européenne.

 

Un rapport conjoint sur les progrès accomplis au cours de la première phase des négociations a été publié par les négociateurs de l’Union et du gouvernement britannique le 8 décembre 2017. Dans ce rapport, les négociateurs ont conjointement déclaré qu’un accord de principe avait été trouvé dans les trois domaines à l’examen durant la première phase des négociations: la protection des droits des citoyens de l’Union au Royaume-Uni et des citoyens britanniques dans l’Union, le cadre régissant la situation spécifique en Irlande du Nord et le règlement financier.

 

Le 15 décembre 2017, le Conseil européen a décidé que suffisamment de progrès avaient été accomplis pour passer à la deuxième phase, consacrée aux dispositions transitoires et à la conception d’ensemble partagée quant au cadre des relations futures, et a publié des orientations complémentaires. Le Conseil européen a souligné que les négociations dans la seconde phase ne pourraient avancer que si les engagements pris pendant la première phase étaient pleinement honorés et fidèlement transcrits en termes juridiques.

 

Le 23 mars 2018, le Conseil européen a défini de nouvelles orientations relatives à l’ouverture des négociations sur la conception d’ensemble partagée quant au cadre des relations futures, lesquelles orientations seront par la suite précisées dans une déclaration politique accompagnant l’accord de retrait et mentionnées dans ledit accord.

 

Après six cycles de négociations et d’autres réunions entre négociateurs ainsi que sur des points techniques, un projet d’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union a été approuvé au niveau des négociateurs le 14 novembre 2018. Le projet de déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui a été approuvé au niveau des négociateurs et a fait l’objet d’un accord de principe au niveau politique, a été transmis par le président du Conseil européen aux États membres de l’UE-27 le 22 novembre 2018. Enfin, le 25 novembre 2018, les dirigeants de l’UE-27 ont entériné l’accord de retrait et approuvé la déclaration politique.

 

À cette date, le Conseil européen a invité la Commission, le Parlement européen et le Conseil à prendre les mesures nécessaires pour que l’accord puisse entrer en vigueur le 30 mars 2019, afin de permettre un retrait ordonné.

 

Le 11 janvier 2019, le Conseil a adopté la décision (UE) 2019/274[13] relative à la signature de l’accord de retrait, ainsi qu’un projet de décision relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, qui a été annoncé en séance plénière le 30 janvier 2019.

 

L’accord de retrait approuvé au niveau des négociateurs a toutefois été rejeté par le Parlement britannique lors de trois votes successifs le 15 janvier, le 12 mars et le 29 mars 2019.

 

Les résultats des différents votes sur l’accord de retrait entre l’Union et le Royaume-Uni ont montré qu’une nette majorité s’opposait à une sortie de l’Union sans accord, mais qu’aucune majorité positive ne se dégageait en faveur de l’une des autres options, notamment de celle d’une union douanière complète entre l’ensemble du Royaume-Uni et l’Union ou de celle d’un vote public de confirmation sur l’accord de retrait, ce qui a mené à une impasse.

 

Le Royaume-Uni a présenté à l’Union européenne trois demandes successives de prorogation du délai prévu à l’article 50, paragraphe 3, du traité UE. L’Union a accordé une première prorogation jusqu’au 12 avril 2019 (décision (UE) 2019/476 du Conseil européen), une deuxième jusqu’au 31 octobre 2019 (décision (UE) 2019/584 du Conseil européen) et une dernière jusqu’au 31 janvier 2020 (décision (UE) 2019/1810 du Conseil européen).

 

Entretemps, les discussions se sont poursuivies entre les négociateurs de l’Union et du Royaume-Uni en vue de lever les objections du Royaume-Uni concernant le filet de sécurité, dans le respect des principes de négociation de l’Union. L’Union a clairement indiqué, en particulier, que l’accord de retrait ne pouvait être renégocié et qu’il était essentiel de trouver une solution opérationnelle sur le plan juridique afin d’éviter une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

 

Les discussions se sont intensifiées au cours des mois de septembre et d’octobre 2019 et, le 17 octobre 2019, un accord a finalement été conclu sur la révision du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord inclus dans le projet d’accord de retrait et sur les adaptations techniques nécessaires des articles 184 et 185 de l’accord, ainsi que sur la révision de la déclaration politique. Le même jour, le Conseil européen a approuvé l’accord de retrait modifié et le texte révisé de la déclaration politique.

 

Par la décision (UE) 2019/1750 du 21 octobre 2019[14] et la décision (UE) 2020/48 du 21 janvier 2020[15], le Conseil a modifié son projet de décision relative à la signature de l’accord de retrait. À la même date, une proposition révisée de décision sur la conclusion de l’accord de retrait a été approuvée par le Conseil[16] et transmise, accompagnée du texte actualisé de l’accord, au Parlement, qui l’a annoncée en séance plénière le 21 octobre 2019.

 

La Conférence des présidents du Parlement européen s’est réunie le même jour pour discuter des prochaines étapes de la procédure, et notamment du renvoi du texte aux commissions parlementaires compétentes.

 

La commission compétente pour l’approbation est la commission des affaires constitutionnelles (AFCO), conformément au règlement intérieur du Parlement. Dans ce contexte, la Conférence des présidents a décidé que la procédure d’approbation pourrait être conclue une fois que le processus de ratification parlementaire de l’accord de retrait par le Royaume-Uni aurait été mené à bien.

 

La Conférence des présidents a décidé que les autres commissions concernées par la procédure de retrait pourraient présenter des avis sous forme de lettres quant au projet de recommandation d’approbation rédigé par la commission AFCO. Dix commissions ont émis des avis sous forme de lettres, lesquels sont joints à la recommandation d’approbation. Il s’agit des avis de la commission des affaires étrangères (AFET), de la commission du commerce international (INTA), de la commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL), de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI), de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO), de la commission des transports et du tourisme (TRAN), de la commission de l’agriculture et du développement rural (AGRI), de la commission des affaires juridiques (JURI), de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et de la commission des pétitions (PETI).

 

Conformément à l’article 88 de son règlement intérieur, le Parlement européen approuve l’accord de retrait à la majorité simple. En vertu de l’article 105, paragraphe 4, de ce même règlement, le Parlement se prononce par un vote unique sur l’approbation, indépendamment de la recommandation de la commission compétente d’approuver ou de rejeter l’acte. Aucun amendement ne peut être déposé. Lors du vote en commission et en plénière, les députés élus dans l’État membre qui se retire sont pleinement habilités à participer au débat et à voter.

 

En vue de sa conclusion par l’Union, l’accord de retrait doit encore être adopté à la majorité qualifiée du Conseil, telle qu’elle est définie à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), calculée sur la base des 27 États membres restants, c’est-à-dire 20 États membres représentant 65 % de la population.

 

Le rôle du Parlement européen

 

Le Parlement européen n’est pas officiellement impliqué dans les négociations sur le retrait d’un État membre. Néanmoins, le Parlement est non seulement une institution dotée de compétences en matière de contrôle politique, comme le prévoit l’article 4 du traité UE, mais il est également impliqué dans la procédure de décision au titre de l’article 50 du traité UE, étant donné que son approbation constitue une condition nécessaire à la conclusion d’un accord de retrait.

 

Depuis le début du processus de retrait du Royaume-Uni, le Parlement a donc joué un rôle important et actif dans les négociations en raison de son pouvoir d’approuver l’accord de retrait, lequel pouvoir est prévu par l’article 50 du traité UE.

 

Le Parlement a débattu de la question depuis la tenue du référendum. En effet, une réunion extraordinaire de la Conférence des présidents a eu lieu immédiatement après le référendum, le 24 juin 2016, afin de préparer la réunion du Président du Parlement avec les présidents des autres institutions dans le sillage du référendum, ainsi que d’examiner les prochaines étapes du processus au Parlement.

 

Lors de cette réunion de la Conférence des présidents, il a été décidé qu’une période de session extraordinaire serait prévue le 28 juin 2016 afin de débattre du résultat du référendum au Royaume-Uni.

 

Au début de cette session, le Président a souligné le caractère exceptionnel de la séance, qui a été convoquée à la suite du référendum du 23 juin 2016 au Royaume-Uni, dont le résultat concerne l’ensemble des citoyens de l’Union.

 

Au cours de cette même session, et à la suite des déclarations du Conseil et de la Commission, le Parlement a adopté sa résolution sur la décision de quitter l’Union européenne à la suite du résultat du référendum britannique[17], par 395 voix pour, 200 voix contre et 71 abstentions.

 

Dans cette résolution, le Parlement rappelle que son approbation est requise en vertu des traités, et qu’il doit être pleinement associé à toutes les étapes des procédures concernant l’accord de retrait et toute relation future.

 

L’implication du Parlement dans le processus de retrait s’est traduite concrètement par l’établissement de contacts les plus étroits possible avec les autres institutions dès le début du processus, ainsi que par la mise en place de canaux d’informations réguliers sur les progrès réalisés tout au long des cycles de préparation et de négociation.

 

La coordination des travaux du Parlement a été centralisée au niveau de la Conférence des présidents en raison de la complexité des enjeux politiques, horizontaux, juridiques et stratégiques en cause. La Conférence des présidents a décidé d’aborder le processus par étapes. Au cours de la première phase, censée s’étendre jusqu’à la définition des orientations du Conseil européen, les travaux devraient s’effectuer au niveau de la Conférence, sous la houlette de Guy Verhofstadt (Renew Europe[18], BE), nommé coordinateur des négociations sur le retrait du Royaume-Uni lors de la Conférence des présidents du 8 septembre 2016. Durant la deuxième phase de négociation, Guy Verhofstadt coordonnerait les travaux avec le président de la commission des affaires constitutionnelles (AFCO), tandis que la troisième phase, correspondant à la procédure d’approbation, serait encadrée par la commission AFCO et d’autres commissions.

 

C’est dans ce contexte qu’a été créé le groupe de pilotage sur le Brexit, ayant lui aussi pour objectif d’assurer la participation structurée du Parlement au processus de retrait. Le groupe de pilotage sur le Brexit a été officiellement établi par la Conférence des présidents lors de sa réunion du 6 avril 2017, au cours de laquelle il a été décidé que ce groupe serait composé de Guy Verhofstadt, coordinateur du groupe, d’Elmar Brok (PPE, DE), de Roberto Gualtieri (S&D, IT), de Gabriele Zimmer (GUE/NGL, DE), de Philippe Lamberts (Verts/ALE, BE) et de Danuta Hübner (PPE, PL), en sa qualité de présidente de la commission des affaires constitutionnelles (AFCO), afin de coordonner et de préparer les délibérations, les réflexions et les résolutions du Parlement sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union, sous l’égide de la Conférence des présidents.

 

À la suite des élections européennes de 2019, la composition du groupe a été modifiée comme suit: Danuta Hübner pour le groupe PPE, Pedro Silva Pereira (PT) pour le groupe S&D, Martin Schirdewan (DE) pour le groupe GUE/NGL, et le président Antonio Tajani (PPE, IT) pour la commission AFCO.

 

Le Parlement a en outre toujours été impliqué dans les méthodes et les structures qui régissent les négociations, par le biais de canaux d’information ou par sa participation active. Conformément à la déclaration du 15 décembre 2016 publiée à l’issue de la réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement des 27 États membres, des «représentants du Parlement» ont été invités aux réunions préparatoires du Conseil européen. Le Parlement a donc réellement été associé au processus, y compris aux réunions des sherpas et du Conseil des affaires générales.

 

Au cours de plus d’une centaine de réunions, en présence, pour la plupart, du négociateur en chef de l’Union, Michel Barnier, le GPB a contribué à faire du Parlement un participant permanent de premier plan de la procédure, intervenant par l’adoption, en temps utile, de résolutions et de déclarations contenant des positions étayées sur les négociations et les principales évolutions intervenues depuis la notification par le Royaume-Uni de son intention de se retirer.

 

Reconnaissant l’importance de toutes les commissions au regard de la continuité du dialogue informel, des compétences techniques et de la coopération dans le cadre de la procédure de retrait, plusieurs réunions du GPB et séminaires techniques ont été organisés en présence des commissions directement compétentes pour les politiques sectorielles relevant du champ d’application de l’accord de retrait. Le dialogue a également été mené par l’intermédiaire de la Conférence des présidents de commission, qui ont discuté la procédure de retrait lors de plusieurs réunions. 

 

En tant que coordinateur du GPB, Guy Verhofstadt a participé à des réunions avec de nombreuses parties prenantes (institutions, représentants de la société civile, des citoyens et des entreprises, parlements nationaux, etc.), et a reçu et traité, au cours des deux années écoulées, plus de 4 500 courriels et lettres sur le Brexit.

 

Le rôle de la commission des affaires étrangères (AFCO)

 

Selon le règlement intérieur du Parlement, la commission AFCO est compétente pour la préparation de l’approbation du Parlement en vertu de l’article 50 du traité UE. En effet, l’article 88 du règlement intérieur du Parlement relatif au retrait de l’Union prévoit que «[s]i un État membre décide, conformément à l’article 50 du traité sur l’Union européenne, de se retirer de l’Union, la question est renvoyée à la commission compétente». Conformément à la section XVIII de l’annexe VI du règlement intérieur, relative aux compétences des commissions permanentes, la commission AFCO est compétente pour les questions ayant trait aux conséquences institutionnelles du retrait de l’Union, et est donc responsable de la procédure d’approbation après la conclusion des négociations.

 

La commission AFCO joue également un rôle transversal, sans préjudice des compétences d’autres commissions sur des dossiers sectoriels, au regard des domaines pour lesquels elle est compétente. Elle est chargée de publier une recommandation d’approbation ou de rejet de l’accord de retrait négocié par l’Union et l’État membre qui se retire.

 

Au cours des travaux préparatoires longs et détaillés menés par la commission AFCO, celle-ci a recueilli des données concrètes, des conseils et des analyses techniques auprès de différents secteurs et parties prenantes, dans le secteur public et privé, sur le continent comme au Royaume-Uni. La commission AFCO, comme d’autres commissions parlementaires, a organisé des débats et des auditions sur les conséquences du retrait du Royaume-Uni de l’Union sur les domaines d’action relevant de leurs compétences respectives, conformément aux orientations présentées par la Conférence des présidents.

 

Depuis le 3 septembre 2015, la commission AFCO a organisé plus de 20 manifestations spécifiques, dont des auditions, des ateliers et des présentations d’études ou de documents d’information, sur des questions allant de la renégociation de la relation constitutionnelle du Royaume-Uni avec l’Union européenne et l’accord auquel est parvenu le Conseil européen les 18 et 19 février 2016[19] à la future relation constitutionnelle du Royaume-Uni avec l’Union européenne, en passant par les droits des citoyens et les implications du Brexit pour la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Elle a également participé, ou a été directement associée, à des auditions d’autres commissions sur des questions liées au retrait ou aux relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Outre ces manifestations spécifiques, les questions relatives au retrait et, en particulier, à l’état d’avancement du processus ont été débattues lors de la quasi-totalité des réunions de commission qui ont suivi la notification de l’intention de retrait.

 

Le président de la commission AFCO et membre du GPB a participé à plus de 500 réunions bilatérales avec des parties prenantes du secteur public et privé sur des questions liées au retrait et à son incidence sur l’Union et le Royaume-Uni.

 

L’implication rapide et systématique du Parlement européen et de ses organes a été déterminante, compte tenu du fait que l’accord de retrait ne peut être conclu qu’avec son aval, conformément à l’article 50 du traité UE.

 

L’article 50 du traité UE

 

L’article 50 du traité UE définit la procédure qui permet à un État membre de se retirer légalement de l’Union par la négociation et la conclusion avec cette dernière d’un accord qui en établit les modalités, en tenant compte du cadre des relations futures de cet État avec l’Union.

 

Le Parlement a rappelé avec constance que le retrait du Royaume-Uni de l’Union était une décision sans précédent et regrettable, et qu’il serait préférable que celui-ci reste dans le marché intérieur et l’union douanière, en particulier si le Royaume-Uni souhaite préserver la fluidité de ses échanges avec l’Union ainsi que d’autres avantages étroitement liés à l’appartenance à celle-ci.

 

Le Parlement a également fait observer d’emblée que l’objet de l’accord de retrait était d’assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union en réglant trois aspects fondamentaux au regard de la séparation: les droits des citoyens de l’Union résidant au Royaume-Uni et des citoyens britanniques résidant dans l’UE-27, la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord et le règlement des obligations financières du Royaume-Uni à l’égard de l’Union.

 

Pour ce qui est du cadre des futures relations, prévu par l’article 50, paragraphe 2, du traité UE, le Parlement a indiqué clairement que tout accord à cet égard serait traité comme faisant partie intégrante de l’accord global de retrait, et que son contenu devrait donc être soumis à l’examen du Parlement dans le cadre de la procédure d’approbation, bien que l’objet de l’approbation ne soit, juridiquement, que l’accord de retrait.

 

Un retrait ordonné

 

Pour le Parlement, un retrait ordonné est indispensable pour protéger les intérêts de l’Union et de ses citoyens. Cela signifie que, conformément à l’article 50 du traité UE, les négociations portent sur les modalités du retrait du Royaume-Uni, tiennent compte du cadre des relations futures du Royaume-Uni avec l’Union et visent à assurer la stabilité juridique tout en minimisant les perturbations.

 

Par le truchement de ses résolutions, le Parlement a progressivement établi son interprétation des dispositions de l’article 50 du traité UE, et notamment plusieurs exigences fondamentales au regard des négociations en ce qui concerne le champ d’application et le calendrier de celles-ci.

 

Pour le Parlement, comme il l’indique dans sa résolution du 5 avril 2017 sur les négociations avec le Royaume-Uni après la notification de son intention de se retirer de l’Union européenne, les aspects prioritaires à traiter étaient les suivants:

 

 le statut juridique des citoyens de l’UE-27 vivant ou ayant vécu au Royaume-Uni et des citoyens du Royaume-Uni vivant ou ayant vécu dans d’autres États membres, notamment pour leur assurer un traitement juste et garantir que leur statut repose sur les principes de réciprocité, d’équité, de symétrie et de non-discrimination;

 le règlement des obligations financières existant entre le Royaume-Uni et l’Union, établies sur la base des comptes annuels de l’Union tels que contrôlés par la Cour des comptes européenne, y compris l’ensemble des obligations juridiques découlant d’engagements restant à liquider ainsi que le provisionnement des éléments hors bilan, les passifs éventuels et autres coûts financiers qui résultent directement du retrait du Royaume-Uni.

 la reconnaissance de la situation singulière de l’île d’Irlande et des circonstances particulières y afférentes, afin d’atténuer les effets du retrait sur la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, de garantir la continuité et la stabilité du processus de paix et d’éviter la mise en place d’une frontière physique.

 

Au rang des autres aspects importants du point de vue du Parlement, il convient de citer la clarification du statut des engagements internationaux du Royaume-Uni pris en tant qu’État membre, les garanties de sécurité juridique pour les personnes morales, notamment les entreprises, et le rôle de la Cour de justice de l’Union européenne.

 

Dans sa résolution du 3 octobre 2017[20] sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni[21], le Parlement a précisé que des progrès substantiels étaient nécessaires sur les droits des citoyens, l’Irlande et l’Irlande du Nord et le règlement des obligations financières du Royaume-Uni avant de pouvoir entamer la deuxième phase des négociations sur un nouveau partenariat étroit entre l’Union et le Royaume-Uni. Il a en outre indiqué qu’il ne serait possible de conclure un accord sur la relation future des deux parties qu’après le retrait du Royaume-Uni.

 

Cette position a été confirmée par le Conseil européen dans ses conclusions du 15 décembre 2017. Le Conseil européen a mis l’accent sur le fait que les négociations ne pourraient passer à la deuxième phase qu’une fois que tous les engagements pris pendant la première phase auraient été pleinement honorés et fidèlement transcrits en termes juridiques.

 

Comme l’a indiqué la Commission dans sa communication au Conseil (article 50) du 8 décembre 2017 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni au titre de l’article 50 du traité sur l’Union européenne[22], la première phase des négociations a donné la priorité à trois questions considérées comme étant particulièrement importantes pour un retrait ordonné:

a) les droits des citoyens

b) le dialogue sur l’Irlande et l’Irlande du Nord et

c) le règlement financier.

 

L’accord de retrait traite de tous ces aspects, et contient une partie sur les droits des citoyens (partie deux), une sur les aspects financiers (partie cinq) ainsi qu’un protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord assorti d’annexes. Sur la question du rôle de la Cour de justice, l’accord de retrait prévoit qu’elle est compétente à différents niveaux (voir ci-dessous, dans la partie sur la gouvernance).

 

En ce qui concerne le statut des engagements pris par le Royaume-Uni au niveau international en tant qu’État membre, l’accord de retrait précise que le Royaume-Uni continuera d’être tenu par ces engagements internationaux pendant une période de transition. Cela étant, le Royaume-Uni pourra négocier, signer et ratifier des accords internationaux conclus en sa propre capacité dans les domaines de compétence exclusive de l’Union, à condition que ces accords n’entrent pas en vigueur ou ne s’appliquent pas pendant la période de transition, sauf autorisation de l’Union.

 

De même, des garanties de sécurité juridique sont dûment établies pour les personnes morales, notamment les entreprises, dans la partie trois contenant les dispositions régissant la séparation, qui doivent permettre de mener à bien sans difficultés les procédures en cours et les opérations relatives à l’accès au marché de biens, aux douanes, à la TVA et aux taxes, à la propriété intellectuelle, à la coopération policière et judiciaire en matière pénale, civile et commerciale, à la protection des données obtenues avant la fin de la période de transition, aux procédures de marché public, aux questions relatives à Euratom, aux procédures administratives et judiciaires liées à l’Union, ainsi qu’aux privilèges et immunités.

 

L’accord de retrait prévoit donc un retrait ordonné, qui a été l’objectif poursuivi par les négociateurs de l’Union et du Royaume-Uni au cours des trois dernières années.

 

La conclusion et la ratification de l’accord de retrait ont également exclu le scénario de sortie sans accord, une issue de la plus grande importance, car les répercussions d’un retrait sans accord seraient considérables pour l’Union comme pour le Royaume-Uni.

 

Droits des citoyens

 

L’article 50 du traité UE ne prévoit aucune garantie pour le statut des citoyens de l’Union. Cela étant, ces droits peuvent être protégés par l’accord de retrait conclu au titre de l’article 50 du traité UE. Dans sa résolution du 14 mars 2018 sur le cadre des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni[23], le Parlement considère que l’Union européenne et le Royaume-Uni ont une obligation impérieuse de garantir une approche globale et réciproque de la protection des droits des citoyens de l’UE qui vivent au Royaume-Uni et des droits des citoyens britanniques qui vivent dans l’UE-27.

 

Le Parlement a fait savoir d’emblée, dans sa résolution du 28 juin 2016 sur la décision de quitter l’Union européenne à la suite du résultat du référendum au Royaume-Uni[24], que la protection des citoyens de l’Union revêtait pour lui un caractère prioritaire, et il l’a rappelé dans toutes ses résolutions sur le Brexit depuis. En tant qu’institution représentant tous les citoyens de l’Union, le Parlement s’est engagé à intervenir tout au long du processus de retrait pour protéger leurs intérêts et à demander que les négociations soient menées de sorte à garantir la sécurité juridique, à minimiser les perturbations et à donner aux citoyens et aux personnes morales une vision précise de l’avenir.

 

Le Parlement a principalement mis l’accent sur la protection des citoyens dans le sens à la fois du respect de leur volonté exprimée démocratiquement lors du référendum britannique et, surtout, de l’atténuation de l’incertitude née du retrait ainsi que de la préservation de l’intégrité, dans la mesure du possible, des droits des citoyens attachés au statut dont ceux-ci jouissaient avant le retrait. Cet aspect est d’autant plus important que plus de trois millions de ressortissants de l’Union vivent au Royaume-Uni et que plus d’un million de citoyens britanniques vivent sur le territoire de l’Union.

 

La protection des droits des citoyens touchés par le retrait du Royaume-Uni de l’Union a également été une priorité pour les institutions les plus étroitement associées au processus de retrait.

 

Le Conseil européen a adopté une ligne très semblable à celle du Parlement en définissant comme l’une de ses grandes priorités dans le cadre des négociations la protection des droits des citoyens qui ont construit leur vie sur la base des droits attachés à l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union.

 

Le Conseil, pour sa part, a précisé dans son mandat de négociation que la protection du statut et des droits des citoyens de l’UE-27 et de leur famille au Royaume-Uni ainsi que des citoyens britanniques et de leur famille dans les États membres de l’UE-27 est la priorité absolue pour les négociations eu égard au nombre de personnes directement concernées et à l’ampleur des répercussions du retrait britannique pour celles-ci. L’accord devrait établir les garanties requises au regard des droits de ces citoyens, lesquelles doivent être effectives, opposables, non discriminatoires et exhaustives, et inclure le droit d’acquérir un droit de séjour permanent après cinq ans de séjour régulier ininterrompu ainsi que les droits attachés à ce dernier.

 

Dans leur rapport commun du 8 décembre 2017 sur l’état d’avancement de la première phase des négociations au titre de l’article 50 sur le retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne, les négociateurs ont exposé dans le détail le consensus dégagé concernant les droits des citoyens.

 

Le 26 juin 2017, le Royaume-Uni a publié un document intitulé «The United Kingdom’s exit from the European Union – Safeguarding the Position of EU Citizens Living in the UK and UK Nationals Living in the EU», dans lequel le gouvernement britannique indique que sa priorité est de parvenir à un accord sur la situation après le retrait des citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni et des ressortissants britanniques établis dans un pays de l’Union, précisant son intention de placer les intérêts de ces derniers au premier plan.

 

Les deux parties ont donc accordé beaucoup d’attention aux droits des citoyens dès le début des négociations. En effet, un accord a été trouvé assez rapidement sur cette question: la version initiale de l’accord de retrait, publiée le 19 mars 2018, contenait déjà une partie deux intégralement approuvée sur les droits des citoyens, y compris sur l’effet direct de ses dispositions ainsi que sur la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne au regard des dispositions applicables à ces droits.

 

Dans ses résolutions, le Parlement a établi un certain nombre d’exigences minimales concernant le contenu de l’accord de retrait au regard du chapitre sur les droits des citoyens, notamment les suivantes:

 

a) les résidents de l’Union admissibles et les enfants nés après le retrait du Royaume-Uni devraient relever du champ d’application de l’accord de retrait en qualité de membres de la famille et non en tant que détenteurs de droits indépendants. En outre, les futurs membres de la famille devraient continuer à bénéficier du droit de séjour au même titre que les membres de la famille actuels.

 

Le champ d’application personnel, tel que défini à l’article 10, paragraphe 1, points e) à f), de l’accord de retrait, s’étend aux membres directs de la famille, y compris les enfants nés des détenteurs primaires des droits, ou adoptés par ceux-ci, après la fin de la période de transition, aux conditions établies par ledit article. Le statut des membres de la famille est en outre renforcé par l’article 17, paragraphe 2, de l’accord de retrait, qui prévoit le maintien des droits des membres de la famille après qu’ils cessent d’être à charge;

 

b) la procédure administrative devrait être simple, de nature déclaratoire, et gratuite, les familles devraient pouvoir engager cette procédure au moyen d’un formulaire unique, et la charge de la preuve devrait incomber aux autorités britanniques.

 

L’accord permet à l’État membre d’accueil d’opter pour un régime déclaratif ou constitutif. Le Royaume-Uni et la moitié environ des États membres ont opté pour un régime constitutif jusqu’ici.

 

L’article 18 de l’accord de retrait définit la procédure administrative applicable, dont l’objet est de vérifier que le demandeur peut prétendre aux droits de résidence prévus par l’accord de retrait. Il établit les exigences relatives à la procédure de demande et vise, dans le même temps, à garantir que la procédure est aussi simple et favorable au demandeur que possible.

 

Les demandes présentées en même temps par les membres d’une famille, par exemple, seront examinées conjointement.

 

De plus, l’article 18, paragraphe 1, points g) et h), de l’accord de retrait dispose que les documents attestant le statut des personnes relevant dudit accord doivent être délivrés gratuitement;

 

c) toutes les prestations prévues par la législation de l’Union devraient être exportables.

 

En vertu de l’article 31 de l’accord de retrait, le règlement (CE) nº 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale[25] restera applicable aux personnes relevant du champ d’application de l’accord.

 

Les personnes couvertes conserveront leurs droits aux prestations de sécurité sociale, et si elles peuvent prétendre à une prestation donnée dans un pays, elles pourront en principe y prétendre si elles s’installent dans un autre pays;

 

d) les décisions de la Cour de Justice de l’Union européenne liées à l’interprétation des dispositions relatives aux droits des citoyens devraient être contraignantes.

 

L’accord sur les droits des citoyens peut être invoqué directement par les citoyens de l’Union devant les tribunaux britanniques et vice-versa.

 

En outre, les tribunaux britanniques doivent, conformément à l’article 4, paragraphe 4, de l’accord de retrait, interpréter de manière cohérente la jurisprudence de la CJUE prononcée jusqu’à la fin de la période de transition et tenir dûment compte de la jurisprudence prononcée après cette date (article 4, paragraphe 5, de l’accord de retrait). Les tribunaux britanniques peuvent également demander des décisions préjudicielles à la CJUE concernant l’interprétation de la partie de l’accord de retrait relative aux citoyens pendant huit ans à compter de la fin de période de transition. Les effets juridiques au Royaume-Uni de telles décisions préjudicielles seront les mêmes que les effets juridiques des décisions préjudicielles rendues en vertu de l’article 267 du traité FUE (article 158, paragraphe 2, de l’accord de retrait).

 

e) garantir le rôle de la future autorité nationale indépendante chargée de traiter les plaintes de citoyens.

 

Conformément à l’article 159 de l’accord de retrait, la mise en œuvre et l’application de la partie de l’accord de retrait relative aux droits des citoyens dans l’UE sont contrôlées par la Commission et, au Royaume-Uni, par une autorité disposant de pouvoirs équivalents à ceux de la Commission. Une telle autorité devrait être un organisme réellement indépendant. En tous les cas, au titre de l’article 159, paragraphe 2, de l’accord de retrait, la Commission et l’Autorité de contrôle indépendante sont tenues d’informer le comité spécialisé des droits des citoyens (article 165, paragraphe 1, de l’accord de retrait) sur la mise en œuvre de la partie de l’accord de retrait relative aux droits des citoyens, respectivement dans l’UE et au Royaume-Uni.

 

Cependant, la constitution, la composition et les fonctions de l’autorité indépendante ne sont pas définies dans l’accord de retrait mais dans le projet de loi britannique sur l’Union européenne (accord de retrait). Dans sa résolution du 15 janvier 2020 sur la mise en œuvre et le suivi des dispositions relatives aux droits des citoyens figurant dans l’accord de retrait[26], le Parlement a exprimé ses préoccupations quant aux dispositions de ce projet de loi à propos de l’autorité, en particulier en ce qui concerne sa véritable indépendance.

 

L’accord de retrait représente un compromis entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, y compris en ce qui concerne les droits des citoyens. Ses dispositions concernant les droits des citoyens ne pouvaient viser à accorder l’intégralité du statut conféré aux citoyens de l’Union européenne au titre du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement l’Union européenne, qui reposent sur l’appartenance à l’Union. Le principal objectif de l’accord est de préserver et de garantir la plupart de ces droits et, en particulier, ceux qui permettent à la plupart des citoyens concernés de maintenir les choix de vie effectués sur la base de la libre circulation jusqu’à la fin de la période de transition.

 

Le 12 novembre 2019, le groupe de pilotage sur le Brexit a publié une déclaration concernant la mise en œuvre au Royaume-Uni et dans l’UE-27 des dispositions de l’accord de retrait relatives aux droits des citoyens, dans laquelle il estimait qu’il y avait certaines zones d’inquiétude à propos du dispositif d’obtention du statut de résident permanent pour les citoyens européens au Royaume-Uni. Le Parlement a confirmé ces inquiétudes dans sa résolution du 15 janvier 2020 susmentionnée, concernant la mise en œuvre de la deuxième partie de l’accord de retrait, et en particulier les questions suivantes:

 

 l’importante proportion de citoyens européens ayant demandé un statut de résident permanent au Royaume-Uni qui se sont uniquement vu attribuer un statut de résident provisoire;

 l’indépendance de l’Autorité de contrôle indépendante visée à l’article 159 de l’accord de retrait;

 les conséquences possibles pour les citoyens de l’UE qui ne respecteraient pas le délai de dépôt des demandes du dispositif d’obtention du statut de résident permanent, fixé au 30 juin 2021;

 la non-production d’un document physique à l’issue de la procédure de demande, qui accroît les risques d’incertitude en ce qui concerne la preuve du statut, et de discrimination contre les citoyens de l’UE 27;

 les mesures en place pour s’occuper de la situation des citoyens vulnérables dans le contexte de la procédure de demande;

 l’applicabilité du dispositif d’obtention du statut de résident permanent au Royaume-Uni en ce qui concerne les citoyens de l’UE-27 en Irlande du Nord qui n’ont pas demandé la citoyenneté britannique au titre de l’accord du Vendredi saint.

 

Le Parlement européen continuera à suivre de très près la mise en œuvre de l’accord de retrait dans son ensemble, et du chapitre sur les droits des citoyens en particulier.

 

Irlande et Irlande du Nord

 

Garantir l’accord du Vendredi saint

 

L’Union européenne et ses institutions, le Parlement européen en particulier, s’inquiètent surtout des conséquences du retrait du Royaume-Uni pour l’Irlande du Nord et ses relations futures avec l’Irlande. En effet, le fait que l’un des cogarants de l’accord du Vendredi saint sorte de l’Union européenne pourrait entraîner des divergences économiques et juridiques aboutissant à des difficultés dans la mise en œuvre de cet accord, qui est un cadre essentiel pour la paix, la coopération et la compréhension sur l’île d’Irlande.

 

Le Brexit pourrait avoir des effets perturbateurs, essentiellement sur trois aspects: la stabilité du processus de paix, la nature de la frontière et la coopération transfrontière ainsi que l’égalité et les droits[27].

 

Le Parlement a dit clairement qu’il est crucial de maintenir la paix et de préserver l’accord du Vendredi saint dans tous ses éléments, et de faire tout ce qui est possible pour éviter un durcissement de la frontière. Il a donc constamment répété, dans ses résolutions et dans ses déclarations au travers du groupe de pilotage sur le Brexit, que l’accord de retrait devrait comprendre un filet de sécurité viable, juridiquement opérationnel et applicable en toutes circonstances pour la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, afin de faire face au contexte unique de l’île d’Irlande.

 

Le Parlement a également insisté sur l’importance de l’engagement pris par le Royaume-Uni de veiller à ce qu’il n’y ait aucune restriction des droits, des garanties et de l’égalité des chances énoncés dans l’accord du Vendredi Saint, tout en exigeant la transposition de tous les éléments de la zone de voyage commune et la libre circulation des citoyens de l’Union européenne, tels qu’inscrits dans le droit de l’Union et dans l’accord du Vendredi Saint[28].

 

De son côté, le Conseil européen, dans ses orientations du 29 avril 2017, a demandé des «solutions souples et imaginatives», tenant compte «de la situation particulière de l’île d’Irlande, notamment pour éviter la mise en place d’une frontière physique, tout en respectant l’intégrité de l’ordre juridique de l’Union».

 

L’accord du Vendredi saint est entré en vigueur en 1998, en créant les «conditions qui ont mis un terme à près de trois décennies de conflit en Irlande du Nord»; «il a ouvert la voie à une période prolongée de paix relative qui a vu l’élection d’une assemblée d’Irlande du Nord, la mise en place d’un exécutif fondé sur le partage du pouvoir, une amélioration sensible des relations politiques entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, la promotion des droits de l’homme et de l’égalité, une augmentation spectaculaire de la coopération transfrontière et des exemples significatifs d’intégration économique accrue et d’interdépendance sur l’île d’Irlande»[29].

 

Bien que les deux parties aux négociations sur le retrait aient constamment souligné leur engagement à maintenir l’accord du Vendredi saint dans tous ses éléments, la question de l’Irlande/Irlande du Nord s’est révélée être la plus sensible sur le plan politique et, de fait, la plus complexe des trois grandes priorités d’un retrait ordonné.

 

La solution initiale du filet de sécurité

 

Dans leur rapport commun du 8 décembre 2017 sur les progrès enregistrés pendant la première phase des négociations, l’Union européenne et le Royaume-Uni affirmaient que les acquis, les avantages et les engagements du processus de paix resteraient d’une importance capitale pour la paix, la stabilité et la réconciliation, et convenaient que l’accord du Vendredi saint devait être protégé dans tous ses éléments. Il s’agissait d’engagements communs pris par les deux parties.

 

Cependant, la conception d’une solution pour les questions en jeu s’est révélée extrêmement complexe en raison d’un contexte hautement politisé et du fait également de difficultés pratiques. Une difficulté majeure a été de trouver des méthodes opérationnelles[30] n’entraînant pas de durcissement de la frontière tout en respectant les lignes rouges fixées par le Royaume-Uni – à savoir qu’il ne ferait plus partie du marché unique et de l’union douanière – d’un côté, et les principes directeurs de l’Union européenne lors des négociations, d’autre part. Il s’agissait essentiellement, comme le définissaient les orientations du Conseil européen du 29 avril 2017, d’«éviter une frontière physique, tout en respectant l’intégrité de l’ordre juridique de l’Union».

 

Dans le rapport conjoint susmentionné du 8 décembre 2017, les deux parties ont convenu que s’il était impossible de satisfaire à la volonté du Royaume-Uni d’atteindre ses objectifs pour l’Irlande/Irlande du Nord dans le cadre des futures relations globales UE-Royaume-Uni, ce dernier proposerait, comme deuxième option, des solutions spécifiques permettant de prendre en compte la situation particulière de l’île d’Irlande.

 

En l’absence de solution convenue, la troisième option consisterait à ce que le Royaume-Uni continue de s’aligner intégralement sur les règles du marché intérieur et de l’union douanière, qui soutiennent la coopération Nord-Sud, l’économie de l’ensemble de l’île et la protection de l’accord du Vendredi Saint. Quelle que soit la solution retenue, le Royaume-Uni continuerait d’assurer aux entreprises d’Irlande du Nord le même accès sans entrave à l’ensemble du marché intérieur britannique.

 

Le projet d’accord de retrait publié le 19 mars 2018 a été rédigé en fonction du troisième scénario du rapport conjoint – la solution dite «de filet de sécurité» – qui vise à protéger la coopération Nord-Sud et à éviter une frontière physique. Le texte prévoit la protection de la zone de voyage commune, dont le maintien a fait l’objet d’un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

 

Afin d’éviter les contrôles aux frontières, la solution proposée prévoit un alignement complet sur le droit de l’Union relatif aux marchandises et aux mesures vétérinaires et phytosanitaires ainsi que l’application du code des douanes de l’Union à l’Irlande du Nord.

Il était toujours prévu de discuter des trois options présentées au paragraphe 49 du rapport conjoint. Une bonne partie du texte du protocole inséré à l’époque n’a toutefois pas fait l’objet d’un accord.

La solution de filet de sécurité proposée par le gouvernement britannique

 

Il n’a pas été facile de trouver une solution «flexible et créative» sur mesure, aussi bien pour des raisons politiques tenant aux limites fixées par le gouvernement britannique que pour des raisons juridiques dues à l’architecture constitutionnelle de l’Union européenne et du Royaume-Uni.

 

Étant donné la volonté du gouvernement britannique de quitter le marché unique et l’union douanière et de ne plus relever de la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne, le problème était particulièrement complexe sur le plan politique[31]. En termes juridiques, l’intégrité de l’ordre juridique de l’Union européenne et, pour le Royaume-Uni, l’intégrité du pays comme territoire douanier unique constituaient les limites à ne pas franchir. En effet, dans le rapport conjoint du 8 décembre 2017, les parties se sont engagées à mettre en place des mécanismes permettant de s’assurer que la mise en œuvre et le contrôle de tout arrangement spécifique préservent l’intégrité du marché intérieur de l’Union et de l’union douanière. Le Royaume-Uni a également rappelé qu’il s’était engagé à préserver l’intégrité de son marché intérieur et le fait que l’Irlande en fasse partie intégrante lorsqu’il quittera le marché intérieur de l’Union et l’union douanière.

 

Les travaux se sont déroulés sur la base d’un état des lieux de la coopération transfrontalière Nord-Sud[32] et sur la définition du champ d’application des dispositions nécessaires pour que le texte portant sur la question de l’Irlande/Irlande du Nord soit juridiquement fonctionnel. Dans leur déclaration commune du 19 juin 2018, les parties ont reconnu que le filet de sécurité sur l’Irlande/Irlande du Nord devait comporter des dispositions sur les douanes et l’alignement réglementaire, conformément au paragraphe 49 du rapport conjoint de décembre 2017.

 

Le filet de sécurité a été défini sur la base des propositions du gouvernement britannique, qui souhaitait des «solutions sur mesure» à la «situation particulière de l’Irlande du Nord», «partie intégrante de l’économie britannique (...) pleinement intégrée à celle de l’Irlande, notamment dans des domaines tels que le secteur agroalimentaire», tout en reconnaissant qu’il était «difficile d’imaginer comment l’Irlande du Nord pourrait rester dans l’Union sous une forme ou sous une autre tandis que le reste du pays la quitterait»[33].

 

Le texte finalement convenu au niveau des négociateurs le 14 novembre 2018 à l’issue des négociations visait à répondre au problème complexe que la situation particulière de l’Irlande et de l’Irlande du Nord posait à l’Union européenne et au Royaume-Uni.

 

Le texte prévoit une solution de filet de sécurité fondée sur la proposition britannique de territoire douanier unique entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans son ensemble. Cette solution n’entrerait en vigueur que si aucun accord ultérieur sur les futures relations n’était conclu par l’Union européenne et le Royaume-Uni avant le 1er juillet 2020.

 

Le projet d’accord de retrait de novembre 2018 exposait donc l’intention commune des parties de négocier un futur accord qui remplacerait le protocole en les obligeant à s’efforcer de conclure un tel accord et à le ratifier.

 

Le filet de sécurité a été inclus dans le projet d’accord de retrait à titre de police d’assurance, laquelle ne s’appliquerait que si aucun accord futur ne venait à être conclu à la fin de la période de transition.

 

L’intention des parties, clairement énoncée et suffisamment couverte dans le texte juridique, était donc, d’une part, qu’il ne serait pas nécessaire de recourir au filet de sécurité et, d’autre part, de s’engager à entamer rapidement les travaux sur l’accord régissant les relations futures.

 

Confrontée à la controverse du filet de sécurité après la conclusion des négociations, l’Union européenne a tout fait pour clarifier, à l’intention de ses homologues britanniques, l’importance des dispositions du protocole jusqu’à la veille du premier vote significatif à la Chambre des communes britannique tout en rejetant la possibilité de rouvrir les négociations, comme l’a clairement fait savoir le Conseil européen (article 50) lors de sa réunion extraordinaire du 13 décembre 2018.

 

En effet, dans une lettre adressée par le Président du Conseil européen et le Président de la Commission européenne à la première ministre Theresa May le 14 janvier 2019, des clarifications ont été apportées à propos du filet de sécurité afin de rassurer le Royaume-Uni sur le fait que l’Union européenne ne souhaitait pas que le filet de sécurité entre en vigueur et que l’Union était déterminée à remplacer le filet de sécurité au plus vite par un accord ultérieur.

 

Toutefois, cette version de l’accord de retrait a été rejetée par le Parlement britannique lors de trois votes successifs le 15 janvier, le 12 mars et le 29 mars 2019.

 

Changement d’approche du gouvernement du Royaume-Uni

 

Après la démission de la première ministre Theresa May et la constitution d’un nouveau gouvernement du Royaume-Uni, le nouveau premier ministre, Boris Johnson, a affirmé, dans sa déclaration sur les priorités du gouvernement du 25 juillet 2019, que le Royaume-Uni ne pouvait accepter l’accord négocié avec Mme May. Le nouveau premier ministre a en effet jugé qu’il convenait de supprimer le filet de sécurité et de régler la question de la frontière irlandaise dans le cadre d’un nouvel accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

 

Dans ses conclusions du 10 avril 2019, le Conseil européen a rappelé que l’accord de retrait ne saurait être rouvert, et que tout engagement, toute déclaration ou tout autre acte unilatéral devrait être compatible avec la lettre et l’esprit de l’accord de retrait et ne devait pas faire obstacle à sa mise en œuvre. Dans ce contexte, Michel Barnier, négociateur en chef, a confirmé que l’Union européenne restait disposée à analyser les propositions juridiquement opérationnelles émanant du Royaume-Uni et compatibles avec l’accord de retrait. Les discussions entre l’Union et le Royaume-Uni se sont donc poursuivies afin de trouver un nouveau terrain d’entente, pour que l’accord de retrait contienne une solution juridiquement opérationnelle applicable aux réalités uniques qui sont celles de l’île d’Irlande.

 

Au début du mois d’octobre 2019, le gouvernement du Royaume-Uni a présenté de nouvelles propositions de protocole révisé sur l’Irlande/l’Irlande du Nord, qui prévoient notamment: 1) une zone de réglementation unique pour les marchandises sur l’île d’Irlande, 2) l’Union européenne et le Royaume-Uni formeront deux territoires douaniers distincts, et tous les contrôles douaniers seront effectués à distance de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, et 3) l’Assemblée et l’organe exécutif d’Irlande du Nord auront le pouvoir d’approuver ou non l’entrée en vigueur de la zone de réglementation unique, puis d’approuver son maintien tous les quatre ans.

 

Les objectifs principaux du gouvernement britannique ont été de veiller à ce que l’ensemble du Royaume-Uni se trouve sur un seul et même territoire douanier, de recouvrer le contrôle sur sa politique commerciale extérieure et de moins s’attacher à assurer la continuité de la fluidité des échanges entre l’Union européenne et le Royaume-Uni en général.

 

Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne, a estimé que les propositions du Royaume-Uni soulevaient d’importants problèmes, puisqu’elles mettraient gravement en péril le marché unique de l’Union et l’intégrité de l’union douanière en ne prévoyant pas de contrôles douaniers et réglementaires opérationnels et crédibles à la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, qui deviendraient concrètement deux territoires distincts.

 

En ce qui concerne le consentement démocratique, s’il accepte d’examiner l’idée de donner aux institutions de l’Irlande du Nord un rôle plus important dans l’application du protocole, le négociateur en chef de l’Union a estimé que la proposition formulée faisait dépendre l’application du protocole d’une décision unilatérale desdites institutions.

 

C’est pourquoi ces propositions n’ont pu être acceptées puisqu’elles reviendraient à remplacer une solution juridique pratique et opérationnelle par une solution purement hypothétique et provisoire.

 

Le Parlement a réagi à travers son groupe de pilotage sur le Brexit aux propositions du Royaume-Uni dans une déclaration du 3 octobre 2019 en indiquant que les propositions du Royaume-Uni ne constituaient pas la base d’un accord auquel le Parlement pouvait donner son approbation. Les préoccupations du groupe de pilotage portaient principalement sur le fait que les propositions du Royaume-Uni relatives aux douanes et aux aspects réglementaires prévoyaient explicitement des infrastructures, des contrôles et des vérifications, ce qui pourrait potentiellement nuire à l’économie de l’île dans son ensemble. En ce qui concerne l’exigence de consentement de la part de l’Assemblée d’Irlande du Nord, cette exigence rendrait l’accord incertain et subordonné à des décisions provisoires et unilatérales, en lieu et place de la sûreté qu’offre le filet de sécurité. Le Parlement est cependant resté ouvert à toutes les propositions, du moment qu’elles étaient crédibles, juridiquement opérationnelles et avaient le même effet que les compromis trouvés dans l’accord de retrait.

 

Texte final arrêté

 

Les discussions intensives se sont poursuivies le lendemain jusqu’à ce que, le 17 octobre 2019, la Commission européenne annonce avoir recommandé au Conseil européen (article 50) d’approuver l’accord intervenu au niveau des négociateurs sur le texte révisé de l’accord de retrait, y compris le protocole révisé sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, et d’approuver une déclaration politique révisée sur le cadre des futures relations entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Le négociateur en chef a déclaré que les négociateurs étaient parvenus à trouver des solutions respectant pleinement l’intégrité du marché unique et qu’ils avaient conçu une nouvelle solution juridiquement opérationnelle pour éviter une frontière physique, et protéger la paix et la stabilité sur l’île d’Irlande. Il a indiqué qu’il s’agissait d’une solution qui était bonne pour l’Union européenne, pour le Royaume-Uni et pour la population et les entreprises en Irlande du Nord.

 

Le changement le plus important est la suppression de la solution du filet de sécurité et de l’union douanière unique UE–Royaume-Uni dans le protocole révisé. Dans ce dernier, l’Irlande du Nord fait pleinement partie du territoire douanier du Royaume-Uni, tout en appliquant la législation douanière de l’Union européenne (article 5, paragraphe 3, du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord). Aucun droit de douane n’est dû pour une marchandise introduite en Irlande du Nord à partir d’une autre partie du Royaume-Uni à moins que cette marchandise ne risque d’être ensuite introduite dans l’Union, auquel cas elle est soumise aux droits de douane de l’Union européenne et aux règles de l’Union relatives à la TVA. Cela permettrait de garantir qu’aucun contrôle ou vérification ne soit nécessaire, mais des procédures administratives seraient en revanche requises pour s’assurer que les marchandises introduites dans l’Union européenne sont conformes à la législation applicable.

 

La fin du territoire douanier unique entre l’Union et le Royaume-Uni entraîne la suppression des règles assurant des conditions d’égalité. L’Irlande du Nord continuera néanmoins à respecter un ensemble de règles liées au marché intérieur, y compris la législation sur les marchandises, les règles sanitaires relatives aux contrôles vétérinaires, celles sur la production et la commercialisation des produits agricoles, la TVA et les droits d’accise sur les marchandises, et les règles en matière d’aides d’État, tout ceci pour éviter une frontière physique. Les aides de l’Union européenne en matière d’aides d’État s’appliqueront également au Royaume-Uni, en ce qui concerne les mesures affectant les échanges entre l’Irlande du Nord et l’Union européenne.

 

Les contrôles et vérifications nécessaires sur les marchandises seront mis en place à la frontière entre l’Irlande du Nord et le reste du monde ou sur les échanges en provenance du Royaume-Uni vers l’Irlande du Nord (commerce «est-ouest»). Ces processus seront en grande partie électroniques et tout contrôle des marchandises portera principalement sur l’alignement réglementaire plutôt que sur l’aspect douanier[34].

 

Le Royaume-Uni sera chargé de la mise en œuvre des dispositions du droit de l’Union rendues applicables en vertu du protocole, mais les représentants de l’Union européenne auront le droit de superviser les activités britanniques dans ce contexte. La CJUE restera compétente en ce qui concerne la mise en œuvre des dispositions du protocole liées aux douanes et à l’alignement réglementaire[35].

 

Les solutions établies dans le nouveau protocole visent à éviter les contrôles à la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, en veillant à ce qu’il n’y ait pas de frontière physique entre ces deux pays tout en protégeant l’intégrité du marché unique et l’union douanière de l’UE. Elles prévoient un statut permanent plutôt qu’une simple «police d’assurance» dépendant de la conclusion d’un accord sur les relations futures.

 

L’une des principales nouveautés du protocole révisé a trait au fait qu’il dépend désormais du «consentement» des membres de l’Assemblée d’Irlande du Nord, qui décideront ou non de maintenir l’application de la législation pertinente de l’UE en Irlande du Nord. Or, les conditions de ce consentement diffèrent considérablement de celles proposées initialement par le Royaume-Uni, qui garantissaient prévisibilité et stabilité pour au moins quelques années.

 

Le protocole entrera en vigueur dès la fin de la période de transition, conformément à l’article 185, cinquième alinéa, de l’accord de retrait. Néanmoins, en vertu de l’article 18 du protocole, en liaison avec la déclaration unilatérale du Royaume-Uni relative à l’application des dispositions sur le «consentement démocratique en Irlande du Nord» figurant dans le protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord[36], quatre ans après la fin de la période de transition, l’Assemblée d’Irlande du Nord décidera ou non de continuer d’appliquer les articles 5 à 10 du protocole (dispositions réglementaires, douanières et relatives au marché). Si le consentement est donné à l’issue de cette période initiale, il devra être renouvelé quatre années plus tard s’il a été à l’origine approuvé par la majorité des membres de l’Assemblée d’Irlande du Nord, ou huit années s’il a été approuvé avec un soutien intercommunautaire, au sens de l’article 18, paragraphe 6, point a), du protocole. Si la poursuite de l’application de ces dispositions est rejetée, elles cesseront de s’appliquer deux ans après le vote.

 

Bien que le protocole ne soit plus subordonné à un accord futur, son article 13, paragraphe 8, dispose clairement qu’il peut être remplacé, en tout ou partie, par un tel accord.

 

Le protocole fournit une solution permanente et juridiquement opérationnelle qui évite une frontière physique et protège l’économie de l’ensemble de l’île ainsi que l’accord du Vendredi Saint dans toutes ses dimensions, tout en préservant l’intégrité du marché unique.

 

En outre, il prévoit le maintien de la zone de voyage commune, dans le respect plein et entier des droits des citoyens irlandais en Irlande du Nord découlant du droit de l’Union européenne.

 

Règlement des obligations financières du Royaume-Uni

 

Le règlement des obligations financières des deux parties découlant du retrait du Royaume-Uni a suscité de grandes controverses dès le début du processus en raison de l’ampleur du montant à régler cité dans la presse (60 milliards d’euros), et il a été considéré par certains comme «peut-être le seul obstacle de taille à un Brexit sans heurt»[37].

 

Pour l’Union européenne, plus que de parvenir à un chiffre, l’objectif était de définir une méthode pour s’assurer que l’Union et le Royaume-Uni respectent l’ensemble des obligations découlant de la période complète d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union, en vertu du principe selon lequel ce à quoi les 28 États membres se sont engagés doit être honoré par les 28 États membres. Cette méthode a été approuvée dès le début des négociations.

 

En effet, Theresa May, qui était alors première ministre du Royaume-Uni, a indiqué très clairement, dans son allocution du 22 septembre 2017 à Florence, que le Royaume-Uni honorerait les engagements pris alors qu’il était membre de l’Union européenne.

 

Du côté de l’Union européenne, le Conseil européen a déterminé, dans ses orientations du 29 avril 2017, qu’un retrait ordonné nécessiterait un règlement financier unique garantissant que l’Union et le Royaume-Uni respectent leurs obligations découlant de toute la période pendant le Royaume-Uni aura été membre de l’Union, et couvrant la totalité des engagements ainsi que le passif.

 

Pour le Parlement, il était clair que le Royaume-Uni devrait honorer toutes ses obligations juridiques, financières et budgétaires, y compris les engagements au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, arrivant à échéance jusqu’à la date de son retrait et après celui-ci. L’accord de retrait devrait régler la question de ces obligations, y compris celles incombant à l’Union européenne, au moyen d’un règlement financier unique sur la base des comptes annuels de l’Union européenne tels que contrôlés par la Cour des comptes européenne, qui inclue tous les passifs légaux découlant de ses engagements restant à liquider et qui prévoie les éléments hors bilan, les passifs éventuels et autres coûts financiers qui résultent directement de son retrait.

 

Le mandat de négociation adopté par le Conseil le 22 mai 2017 a défini les principes qui doivent sous-tendre la méthode du règlement financier qui doit être établie lors de la première phase des négociations. Sur la base de ce mandat, la Commission a rédigé, le 24 mai 2017, un document de travail sur les principes du règlement financier, qui s’appuie essentiellement sur le principe selon lequel le Royaume-Uni doit honorer sa part du financement de l’ensemble des obligations auxquelles il s’est engagé alors qu’il était membre de l’Union.

 

Dans leur rapport conjoint du 8 décembre 2017, les négociateurs ont déclaré avoir arrêté la méthode du règlement financier, et qu’elle consistait en un ensemble de principes pour le calcul de la valeur du règlement financier et pour les modalités de paiement, en modalités pour que le Royaume-Uni continue à participer aux programmes du CFP 2014-2020 jusqu’à leur achèvement, et en arrangements financiers concernant les organes et fonds de l’Union liés aux politiques de l’Union européenne (la Banque européenne d’investissement, la Banque centrale européenne, les fonds fiduciaires de l’Union européenne, la Facilité en faveur des réfugiés en Turquie, les agences du Conseil et le Fonds européen de développement).

 

L’accord de retrait initial du 28 mars 2018 a traduit ces arrangements en termes juridiques, y compris au regard de certaines modalités pratiques et des délais de paiement. Dans sa résolution du 14 mars 2018[38], le Parlement a déclaré que le texte reflétait en grande partie la position du Parlement et n’a pas ajouté d’autres observations ou demandes concernant le règlement financier. Le projet révisé d’accord de retrait ne comportait donc pas de modifications de cette partie du texte.

 

La cinquième partie de l’accord de retrait traite des dispositions financières, qui couvrent en particulier ce qui suit:

 la participation du Royaume-Uni aux budgets 2019 et 2020 de l’Union, la mise en œuvre des programmes et activités de l’Union relevant du CFP 2014-2020, et le droit de l’Union applicable à l’issue de la période de transition;

 les engagements restant à liquider à la date du 31 décembre 2020;

 les amendes collectées par l’Union et les remboursements connexes dus au Royaume-Uni;

 la contribution du Royaume-Uni au financement des engagements vis-à-vis de l’Union européenne cumulés jusqu’au 31 décembre 2020, y compris les passifs financiers éventuels liés aux opérations financières décidées ou approuvées avant l’entrée en vigueur de l’accord de retrait, et les affaires judiciaires concernant les intérêts financiers de l’Union européenne en lien avec le budget;

 les engagements de l’Union européenne à l’égard du Royaume-Uni en général, y compris en ce qui concerne la Communauté européenne du charbon et de l’acier et le Fonds européen d’investissement;

 l’échéancier des paiements après 2020;

 le remboursement du capital libéré versé par le Royaume-Uni à la Banque centrale européenne;

 les engagements du Royaume-Uni en ce qui concerne la Banque européenne d’investissement (BEI) et le remboursement du capital souscrit libéré du Royaume-Uni à la BEI;

 les engagements du Royaume-Uni en ce qui concerne le Fonds européen de développement (FED) et la poursuite de la participation du Royaume-Uni à ce fonds jusqu’à la clôture du 11e FED;

 les engagements du Royaume-Uni à l’égard du fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique;

 la participation du Royaume-Uni aux organismes compétents liés à la facilité en faveur des réfugiés en Turquie;

 les engagements du Royaume-Uni en ce qui concerne le financement de l’Agence européenne de défense, de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, du Centre satellitaire de l’Union européenne et des opérations de politique de sécurité et de défense commune.

 

Période de transition

 

Parmi les questions de fond qui ont suscité un intense débat politique et juridique, on retrouve la possibilité de prévoir des modalités transitoires.

 

L’article 50 du traité UE ne contient aucune référence explicite à la possibilité de convenir d’une période de transition, ce qui a donné lieu à des interrogations sur le fait que cette disposition puisse constituer ou non une base juridique pour des modalités transitoires ou bien s’il convenait plutôt de fonder ces éventuelles modalités sur des bases juridiques sectorielles distinctes.

 

Le Parlement européen et le Conseil européen ont tous deux arrêté une position sur ce sujet dès le début du processus. Le Conseil européen a jugé qu’il était nécessaire de négocier une période de transition couvrant l’ensemble de l’acquis, bien que le Royaume-Uni, en tant que pays tiers, ne participerait plus aux institutions européennes, ni ne désignerait ou ne nommerait plus de membres auxdites institutions, ni ne participerait plus au processus décisionnel des organes et organismes de l’Union européenne.

 

Dans sa résolution du 3 octobre 2017[39], le Parlement a estimé qu’une période de transition était nécessaire pour éviter toute rupture brutale à la date de retrait et garantir la sécurité et la continuité juridiques. Cela nécessiterait le maintien des instruments et structures réglementaires, budgétaires, judiciaires, de surveillance et d’exécution de l’Union européenne, ce qui revient au maintien de l’ensemble de l’acquis communautaire et du respect intégral des quatre libertés (libre circulation des citoyens, des capitaux, des biens et des services), sous la compétence pleine et entière de la CJUE.

 

Les deux institutions ont clairement fait savoir que les modalités transitoires devraient être strictement limitées, aussi bien du point de vue du temps que de la portée, être étroitement circonscrites et prévoir la transition vers les relations futures. Ces exigences feraient de toute période de transition au sens de l’article 50 du traité UE un aspect du processus de retrait[40].

 

Un certain degré de conditionnalité a été introduit en faisant de la période de transition une condition sine qua non pour la conclusion d’un accord de retrait à part entière, couvrant tous les aspects liés au retrait. En l’absence d’accord, il ne saurait y avoir de période de transition. Une telle transition, qui fasse la jonction entre la période précédant la fin de l’appartenance à l’Union et un futur accord sur les relations futures liant les deux entités, est essentielle en vue d’un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne.

 

Une période de transition figure dans le projet d’accord de retrait, dans sa quatrième partie, qui prévoit une période de transition ou de mise en œuvre commençant à la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait et se terminant le 31 décembre 2020 (article 126 de l’accord de retrait). Au cours de cette période, le Royaume-Uni aura cessé de participer aux institutions, organes et organismes de l’Union puisqu’il ne sera plus un État membre, mais la majeure partie du droit de l’Union demeurera applicable au Royaume-Uni et, en règle générale (les exceptions sont énumérées à l’article 127 de l’accord de retrait), avec les mêmes effets que dans les États membres, afin d’éviter une interruption pendant la négociation de l’accord sur les relations futures. Cette période peut être prolongée d’un à deux ans au maximum, par décision du comité mixte intervenant avant le 1er juillet 2020 (article 132 de l’accord de retrait).

 

Dans sa résolution du 14 mars 2018[41], le Parlement a soutenu la quatrième partie du projet d’accord de retrait sur les dispositions transitoires.

 

Il convient cependant de prendre conscience que la période de transition fournit certes un certain «répit», mais ne prémunit pas contre «une deuxième rupture brutale étant donné que ses dispositions couvrent uniquement les modalités de retrait» et qu’il «sera extrêmement difficile de trouver un accord à long terme» étant donné qu’il «faut beaucoup de temps pour négocier des accords commerciaux complexes, globaux et ambitieux et que le futur accord entre l’UE et le Royaume-Uni pourrait bien être le plus compliqué que l’Union ait eu à négocier de toute son existence»[42].

 

Ce défi n’a fait que croître avec les prolongations successives arrêtées au titre de l’article 50, paragraphe 3, du traité UE, puisque la date de fin de la période de transition est restée la même dans le projet révisé d’accord de retrait. À moins qu’une décision de prolongation soit prise avant le 1er juillet 2020, la période de transition ne durera que 11 mois.

 

Gouvernance

 

Cadre institutionnel de l’accord de retrait

 

Le cadre institutionnel de l’accord de retrait, d’une part, et, d’autre part, le cadre dans lequel s’inscriront les relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sont des sujets fondamentaux pour le Parlement. Dans sa résolution du 18 septembre 2019[43], le Parlement estime que la valeur de l’accord de retrait réside, entre autres choses, dans le fait que, dans toute la mesure du possible, il «contient des dispositions en matière de gouvernance qui préservent le rôle de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) dans l’interprétation de l’accord de retrait».

 

Le Parlement n’a cessé de rappeler l’importance du rôle de la CJUE en tant qu’autorité compétente pour l’interprétation et la mise en œuvre de l’accord de retrait, mais aussi de souligner qu’il importe de veiller à la mise en place un cadre de gouvernance doté d’un mécanisme de règlement des différends solide et indépendant dans le cadre de l’accord sur les relations futures. Le rôle de la CJUE est un marqueur essentiel de l’autonomie et de l’intégrité de l’ordre juridique de l’Union.

 

L’accord de retrait propose, en fonction de ses différentes parties et des phases considérées, un système de gouvernance différencié, étant donné que pendant la période de transition, l’application du droit de l’Union demeure inchangée. Il confère un rôle central à la CJUE à plusieurs égards.

 

Période de transition

 

Pendant la période de transition, la CJUE restera compétente pour toutes les procédures enregistrées avant la fin de la période de transition et jusqu’à ce qu’une décision finale contraignante soit rendue (article 131 de l’accord de retrait). La CJUE demeurera également compétente pour les affaires en instance jusqu’à la fin de la période de transition (article 86 de l’accord de retrait), ainsi que pour les nouvelles procédures d’infraction engagées dans les quatre ans suivant la fin de la période de transition en cas de violation du droit de l’Union ou de non-respect des décisions administratives de l’Union avant la fin de la période de transition ou, dans certains cas, même après la fin de la période de transition (article 87 de l’accord de retrait).

 

Droits des citoyens

 

En ce qui concerne la deuxième partie de l’accord de retrait, relative aux droits des citoyens, la CJUE restera compétente pour les demandes de décision préjudicielle émanant de juridictions britanniques pendant huit ans après la fin de la période de transition (si la période de transition est prolongée, cette période sera également prolongée du nombre de mois correspondant).

 

Règlement des différends

 

En ce qui concerne le mécanisme général de règlement des différends prévu par l’accord de retrait, les différends éventuels seront réglés par le comité mixte ou un tribunal arbitral. Toutefois, si le différend porte sur l’interprétation d’un concept ou d’une disposition du droit de l’Union, le tribunal arbitral est tenu, en vertu de l’article 174, de saisir la CJUE pour qu’elle statue sur la question.

 

Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord

 

Dans le contexte du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, l’article 12, paragraphe 4, prévoit que la Cour est compétente, s’agissant de l’exercice des pouvoirs des institutions, organes et organismes de l’Union, en ce qui concerne la mise en œuvre de plusieurs articles du protocole, ainsi que la possibilité de décisions préjudicielles au titre de l’article 267 du traité FUE.

 

Relations futures

 

En ce qui concerne les relations futures, le Parlement a fourni, dans sa résolution du 14 mars 2018[44], d’importantes précisions au sujet de la gouvernance, en indiquant que tout futur accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni en tant que pays tiers devrait prévoir la création d’un système de gouvernance cohérent et solide servant de cadre général, qui couvre la supervision/gestion conjointe en continu de l’accord et des mécanismes de règlement des différends et d’exécution pour l’interprétation et l’application des dispositions de l’accord.

 

Toutefois, les contours des relations futures sont désormais moins clairs. La déclaration politique révisée du 17 octobre 2019 a supprimé les passages prévoyant de fonder les modalités du règlement des différends et du contrôle de l’application sur celles prévues dans l’accord de retrait (ancien paragraphe 132). La nouvelle déclaration politique omet également la référence à la CJUE en ce qui concerne les mécanismes d’application, tout en maintenant son rôle en matière d’interprétation des dispositions et des concepts du droit de l’Union. Toutefois, elle note explicitement que la Cour ne devrait pas être saisie si un différend ne soulève pas une telle question de droit de l’Union. D’une manière générale, la nouvelle optique de la déclaration politique, tendant à des relations plus souples et moins étroites, se reflète dans le cadre institutionnel envisagé.

 

Rôle du Parlement dans le suivi de la mise en œuvre de l’accord de retrait

 

Au-delà des structures établies dans l’accord de retrait, le Parlement a cherché à jouer un rôle plus important dans le suivi de sa mise en œuvre. En effet, le Parlement a fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs considérables conférés au comité mixte institué par l’article 164 de l’accord de retrait, et concernant le fait que l’accord de retrait ne constitue pas le type habituel d’accord international avec un pays tiers, mais un traité entre l’Union et un État membre qui s’en retire.

 

Il était nécessaire de garantir une responsabilité et un contrôle parlementaire adéquats en ce qui concerne la prise de décisions au sein du comité mixte.

 

Sur la base d’un mandat de la Conférence des présidents, le groupe de pilotage sur le Brexit et son président ont pris contact avec le Conseil en vue d’établir une coopération étroite s’agissant du fonctionnement du comité mixte institué par l’accord de retrait. Les discussions ont essentiellement porté sur la participation du Parlement européen aux principales décisions du comité mixte, y compris en ce qui concerne la prolongation de la période de transition et les contributions financières du Royaume-Uni dans cette hypothèse, et sur le démantèlement de l’autorité de suivi indépendante du Royaume-Uni.

 

Lors de la période de session du 10 avril 2019, une déclaration de Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, faite au cours de la dernière session de la 8e législature, a confirmé le rôle du Parlement européen à cet égard. Le président de la Commission a assuré que celle-ci continuerait à travailler en étroite collaboration avec le Parlement concernant la mise en œuvre de l’accord de retrait, et que, pour chaque décision prise au sein du comité mixte, la Commission associerait étroitement le Parlement et tiendrait le plus grand compte de son point de vue.

 

Le comité mixte est composé de représentants de l’Union et de représentants du Royaume-Uni, et est chargé de la mise en œuvre et de l’application de l’accord de retrait. Les décisions du comité mixte sont contraignantes pour l’Union européenne et pour le Royaume-Uni, et ont les mêmes effets juridiques que l’accord de retrait; le comité mixte dispose de pouvoirs étendus en ce qui concerne le fonctionnement de l’accord de retrait. Il a notamment le pouvoir de décider d’une prolongation de la période de transition et de ses incidences, en particulier sur le montant de la contribution du Royaume-Uni au budget de l’Union.

 

Dans le protocole révisé sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, le comité mixte dispose également de compétences importantes en ce qui concerne les régimes douaniers, notamment celle de déterminer les critères en vertu desquels les marchandises introduites en Irlande du Nord et ne provenant pas de l’Union risquent ou non d’être ensuite transférées dans l’Union (article 5, paragraphe 2, du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord). Le comité mixte a également le pouvoir de déterminer le niveau de soutien annuel global maximal du Royaume-Uni à la production et au commerce de produits agricoles en Irlande du Nord, à concurrence duquel les dispositions du droit de l’Union relatives aux aides d’État ne sont pas applicables (article 10, paragraphe 2, et annexe 6 du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord). Ces questions revêtent une importance particulière, dans la mesure où elles concernent des domaines qui présentent un risque potentiel pour le marché unique de l’Union.

 

Dans sa version révisée du 18 octobre 2019, la décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de retrait prévoit, à l’article 2, paragraphe 4, que pendant les cinq premières années suivant l’entrée en vigueur de l’accord, la Commission rendra compte chaque année au Parlement européen et au Conseil de la mise en œuvre et de l’application de l’accord, en particulier de la deuxième partie de celui-ci.

 

L’article 2, paragraphe 3, du projet de décision du Conseil prévoit que le Parlement sera en mesure d’exercer pleinement ses prérogatives institutionnelles tout au long des travaux du comité mixte.

 

En vertu de l’article 3, paragraphe 5, et de l’article 4, paragraphe 8, de la même décision, le Parlement a également le droit d’être informé des décisions du Conseil autorisant le Royaume-Uni à exprimer son consentement à être lié par un accord international au cours de la période de transition, ou autorisant l’Irlande, Chypre ou l’Espagne à négocier des accords bilatéraux avec le Royaume-Uni dans des domaines relevant de la compétence exclusive de l’Union, en lien avec les protocoles pertinents de l’accord de retrait.

 

Cadre des relations futures

 

La nature et les modalités du cadre dans lequel s’inscriront les relations futures comptent également au nombre des points ayant donné lieu à un certain nombre de controverses au cours des négociations, étant donné que les dispositions de l’article 50 du traité UE ne prévoient rien à cet égard.

 

Pendant la plus grande partie du processus de retrait, les relations futures avec l’Union ont sans doute représenté l’un des enjeux centraux pour le Royaume-Uni, du moins sous le mandat de Theresa May.

 

À ce moment-là, les relations futures auxquelles aspirait le Royaume-Uni, même s’il rejetait toute participation au marché intérieur et à l’union douanière, étaient très ambitieuses en matière d’accès aux programmes, aux organes, aux bases de données et même aux réunions de l’Union. En outre, le Royaume-Uni s’efforçait de négocier les relations futures parallèlement aux accords de retrait.

 

D’emblée, dans sa résolution du 5 avril 2017[45], le Parlement a précisé que, même s’il aspirait lui aussi à des relations futures aussi étroites que possible, celles-ci devaient être équilibrées en matière de droits et d’obligations, et se fonder sur le principe qu’un État qui se retire de l’Union ne saurait bénéficier des mêmes avantages qu’un État membre.

 

Dans sa résolution du 13 décembre 2017 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni[46], le Parlement a en outre noté qu’une conception d’ensemble du cadre des relations futures devait être convenue entre l’Union et le Royaume-Uni, sous la forme d’une déclaration politique annexée à l’accord de retrait et respectant un certain nombre de principes énumérés dans la même résolution.

 

Le Conseil européen a adopté la même approche dans ses orientations du 15 décembre 2017, en considérant, sur la question des relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni, qu’il importait de définir une conception d’ensemble devant être précisée dans une déclaration politique accompagnant l’accord de retrait et mentionnée dans ledit accord.

 

Les contours possibles d’une relation future étaient loin d’être clairs pour tous les citoyens du Royaume-Uni. Diverses propositions ont été émises par différents secteurs et parties prenantes, allant d’un accord de libre-échange basique à un modèle dit «Norvège plus», voire à une adhésion à l’EEE, bien que le gouvernement britannique eût clairement indiqué dès l’origine qu’il ne souhaitait pas participer au marché intérieur, à l’EEE ou à l’union douanière. En tout état de cause, il existait au Royaume-Uni une conscience très nette du fait qu’un accord clair sur les relations futures était indispensable pour définir la «zone d’atterrissage» du processus de retrait.

 

Le Parlement a proposé que la relation future se fonde sur l’article 217 du traité FUE et qu’elle soit complète, aussi étroite que possible, mais qu’elle respecte un équilibre satisfaisant entre droits et obligations, et qu’elle protège l’intégrité du marché intérieur et les quatre libertés, tout en excluant une démarche secteur par secteur. Le Conseil européen a prévenu que, bien que l’objectif soit un partenariat approfondi, les relations futures ne sauraient procurer les mêmes avantages que l’adhésion à l’Union, comme le Parlement l’avait également précisé. En ce qui concerne un accord de libre-échange, le Conseil européen a en outre souligné la nécessité de trouver un équilibre et de faire preuve d’ambition dans les domaines couverts, sans porter atteinte à l’intégrité et au bon fonctionnement de l’Union.

 

Les principes ainsi dégagés par l’Union écartaient tout type de «choix à la carte» dans le cadre des relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Dans sa résolution du 14 mars 2018[47], le Parlement a réaffirmé qu’un accord d’association convenu conformément à l’article 8 du traité UE et à l’article 217 du traité FUE pourrait fournir un cadre approprié pour les futures relations, et garantir un cadre de gouvernance cohérent, qui devrait inclure un mécanisme de règlement des différends solide, et éviter ainsi une prolifération d’accords bilatéraux et les carences qui caractérisent la relation de l’Union européenne avec la Suisse.

 

Le Parlement a proposé que ces futures relations s’appuient sur les quatre piliers suivants:

– les relations commerciales et économiques;

– la politique étrangère, la coopération en matière de sécurité et la coopération au développement;

– la sécurité intérieure;

– la coopération thématique.

 

Les négociations ont finalement abouti à un accord sur une déclaration politique, qui a été critiquée par certains pour son caractère vague et non contraignant[48].

 

La déclaration politique est en effet un document non contraignant, qui accompagne l’accord de retrait mais n’en fait pas partie intégrante. La première version du texte a été publiée avec le projet d’accord de retrait au Journal officiel du 19 février 2019[49]. Le point 3 de la déclaration indiquait que son objet était d’établir les paramètres d’un partenariat ambitieux, large, approfondi et souple en matière de coopération commerciale et économique, de services répressifs et de justice pénale, de politique étrangère, de sécurité et de défense, ainsi que dans des domaines de coopération plus larges.

 

Dans le contexte de la reprise des pourparlers sur le texte du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, et en lien étroit avec les modifications apportées à ce protocole, le gouvernement du Royaume-Uni a changé d’approche par rapport au gouvernement précédent en ce qui concerne les relations futures. Ce changement a été exprimé par le Premier ministre Boris Johnson dans sa lettre du 2 octobre adressée à Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne. Dans cette lettre, le Premier ministre britannique précise que «le filet de sécurité faisait office de passerelle vers une proposition de relations futures avec l’Union dans le cadre desquelles le Royaume-Uni serait étroitement associé aux régimes douaniers de l’Union et s’alignerait sur le droit de l’Union dans de nombreux domaines. Or, ce modèle de relations futures ne correspond pas à l’objectif du gouvernement britannique actuel. Le gouvernement souhaite que les relations futures soient fondées sur un accord de libre-échange par lequel le Royaume-Uni assume le contrôle de ses affaires réglementaires et de sa politique commerciale».

 

La déclaration politique révisée du 17 octobre 2019, publiée au Journal officiel le 12 novembre 2019[50], tout en laissant inchangés les objectifs en ce qui concerne les domaines à couvrir (point 3 de la déclaration politique), définit désormais explicitement le modèle des relations futures, «avec en son centre un accord de libre-échange complet et équilibré», fondé sur l’absence de tarifs et de quotas. D’autres modifications importantes du texte sont dues à la suppression du filet de sécurité de l’accord de retrait ainsi que, par conséquent, de la référence au territoire douanier unique entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Les modifications apportées au texte reflètent le changement fondamental d’optique et d’ambition: les références à l’alignement des règles ont été retirées des parties du texte ayant trait aux aspects réglementaires, aux douanes, aux vérifications et aux contrôles; la mention du rôle de la CJUE a été supprimée dans le contexte des mécanismes de conflit et d’exécution, à l’exception des questions relatives à l’interprétation du droit de l’Union. En ce qui concerne les conditions de concurrence équitables, le texte fait désormais référence à de «fermes engagements à assurer des conditions équitables [lesquels devraient] être à la mesure de la portée et de l’ampleur des relations futures ainsi que des liens économiques des parties».

 

Des conditions de concurrence équitables sont un enjeu fondamental pour l’Union en général et pour le Parlement en particulier. Dans ce contexte, il est utile de rappeler les orientations du Conseil européen (article 50) du 23 mars 2018, qui ont confirmé que le Conseil européen était prêt à parvenir à un «accord de libre-échange (ALE) équilibré, ambitieux et de portée large, sous réserve de garanties suffisantes quant à des conditions équitables» et que «les relations futures ne se dérouleront de façon mutuellement satisfaisante que si elles prévoient des garanties solides qui assurent des conditions équitables».

 

De même, le Parlement a clairement indiqué, dans sa résolution du 18 septembre 2019[51], que les futures négociations sur les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni nécessiteront des garanties solides et la mise en place de conditions de concurrence équitables afin de préserver le marché intérieur de l’Union et d’éviter de placer les entreprises de l’Union dans une situation concurrentielle potentiellement désavantageuse, et que tout accord de libre-échange qui ne respecterait pas ces niveaux de protection ne serait pas ratifié par le Parlement européen.

 

 

 

Position du rapporteur

 

Le retrait du Royaume-Uni est un épisode regrettable pour l’Union européenne et pour notre processus d’intégration, mais nous ne pouvons que respecter la décision souveraine du peuple britannique et prévoir un accord de retrait qui organise la séparation en causant le moins de dommages possible aux deux parties.

 

L’accord de retrait est conforme aux principes généraux fixés par les institutions, et en particulier par le Parlement, pour la conduite des négociations et la conclusion de l’accord. Il contribue à l’objectif fondamental consistant à assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni et à ouvrir la voie aux négociations en vue d’une future relation juste et équilibrée entre l’Union et le Royaume-Uni.

 

Compte tenu de ce qui précède, votre rapporteur propose que la commission AFCO émette une recommandation favorable sur la conclusion de l’accord de retrait.

 

 


 

 

LETTRE de la commission des affaires étrangères

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

Objet: <Titre>Avis sur la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la procédure en objet, c’est à regret que la commission des affaires étrangères a soumis à votre commission l’avis qu’elle a été invitée à remettre. Compte tenu de l’urgence de la question, les coordinateurs de la commission AFET ont décidé, le 4 décembre 2019, de transmettre cet avis sous forme de lettre et d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans le rapport qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

David McAllister

 

SUGGESTIONS

 vu l’article 50, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne,

 vu sa résolution du 5 avril 2017 sur les négociations avec le Royaume-Uni après la notification de son intention de se retirer de l’Union européenne, et celles du 3 octobre 2017, du 13 décembre 2017 et du 18 septembre 2019 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni,

 vu les conclusions du Conseil européen (article 50) à l’issue des réunions du 21 mars 2019 (PE 639.609/CPG), du 10 avril 2019 (PE 639.538/CPG) et du 17 octobre 2019 (EUCO XT 20018/19),

 vu le texte révisé de la déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, tel qu’il a été approuvé au niveau des négociateurs le 17 octobre 2019 et publié au Journal officiel de l’Union européenne (JO C 384I du 12.11.2019), destiné à remplacer le texte publié au JO C 66I du 19.2.2019,

 

 vu la communication de la Commission du 4 septembre 2019 sur la finalisation des préparatifs en vue du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne le 1er novembre 2019 (PE 639.554/CPG),

 vu l’article 56 du règlement intérieur du Parlement européen,

A. considérant que l’article 184 de l’accord de retrait appelle l’Union européenne et le Royaume-Uni à mettre tout en œuvre afin de prendre les mesures nécessaires pour négocier rapidement les accords régissant leurs relations futures;

 

B. considérant que, d’après le règlement intérieur du Parlement européen, la commission des affaires étrangères «est compétente pour la promotion, la mise en œuvre et le contrôle de la politique étrangère de l’Union en ce qui concerne [entre autres] le renforcement des relations politiques avec les pays tiers au travers de programmes globaux de coopération et d’assistance ou d’accords internationaux, tels que les accords d’association et de partenariat»;

 

C. considérant que, comme indiqué dans sa résolution du 18 septembre 2019, le Parlement européen note que la déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni est conforme à sa résolution du 14 mars 2018 sur le cadre des futures relations entre l’Union et le Royaume-Uni, laquelle invite à la conclusion d’un accord d’association, ainsi qu’à la contribution spécifique de ses commissions parlementaires, et reflète les choix opérés par le Royaume-Uni quant à l’importance et à l’ampleur de ses relations futures avec l’Union;

 

D. considérant que l’article 129 de l’accord de retrait comporte «des dispositions spécifiques relatives à l’action extérieure de l’Union» aux termes desquelles, en particulier, pendant la période de transition, le Royaume-Uni est lié par les obligations découlant des accords internationaux conclus par l’Union; que cette obligation offre également clarté et prévisibilité aux parties intéressées, y compris aux partenaires internationaux; que, pendant la période de transition, le Royaume-Uni ne peut être lié par de nouveaux accords en sa propre capacité dans les domaines de compétence exclusive de l’Union, à moins que l’Union ne l’y autorise; que, pendant la période de transition, le Royaume-Uni met également en œuvre les mesures restrictives de l’Union en vigueur ou décidées pendant la période de transition, soutient les déclarations et positions de l’Union dans les pays tiers et les organisations internationales et participe, au cas par cas, aux opérations militaires et aux missions civiles de l’Union établies dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), mais sans aucune capacité de direction au titre d’un accord-cadre de participation; qu’un tel accord serait sans préjudice de l’autonomie décisionnelle de l’Union ou de la souveraineté du Royaume-Uni, le Royaume-Uni conservant le droit de déterminer la manière dont il répondra à toute invitation à participer à des opérations ou à des missions ou à toute possibilité d’y prendre part;

E. considérant que l’article 127, paragraphe 2, de l’accord de retrait comporte une disposition prévoyant des accords précoces sur les relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC); que cette disposition constitue un élément essentiel et positif puisqu’il s’agit d’un domaine dans lequel les intérêts de l’Union et du Royaume-Uni, dans la plupart des cas, convergent et que ces accords précoces offriraient un cadre stable à la coopération du Royaume-Uni avec l’Union européenne dans le domaine de l’action extérieure; que ces accords devraient néanmoins faire l’objet d’un contrôle parlementaire approprié, comme le prévoit l’article 218 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, y compris par une information immédiate et complète du Parlement européen, à tous les stades de leur négociation et de leur conclusion;

F. considérant que l’article 156 de l’accord de retrait garantit que jusqu’au 31 décembre 2020, le Royaume-Uni contribue au financement de l’Agence européenne de défense, de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne et du Centre satellitaire de l’Union européenne, ainsi qu’aux coûts des opérations de la politique de sécurité et de défense commune;

1. la commission des affaires étrangères invite la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à recommander au Parlement de donner son approbation à la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique.

 

 


 

 

LETTRE de la commission du commerce international

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la procédure en objet, la commission du commerce international a décidé de soumettre un avis à votre commission. Au cours de sa réunion du 21 janvier 2020, elle a opté pour transmettre cet avis sous forme de lettre.

Lors de cette même réunion, elle a examiné la question et décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Bernd Lange

 

SUGGESTIONS

A. considérant que le processus de négociation des modalités du retrait du Royaume-Uni a été long et ardu;

 

B. considérant que la ratification de l’accord par les deux parties et son entrée en vigueur dans les délais seraient le meilleur scénario envisageable aux fins de la continuité des relations commerciales et économiques entre l’Union européenne et le Royaume-Uni;

 

C. considérant que, ces dernières années, il a été amplement démontré, par différentes entités publiques et privées, qu’une sortie du Royaume-Uni de l’Union sans accord de retrait négocié aurait de graves conséquences, non seulement au regard de la perturbation des relations économiques et commerciales, mais aussi dans d’autres secteurs;

 

D. considérant que, selon la commission du commerce international, si l’accord en question constitue nettement une avancée vers un retrait ordonné du Royaume-Uni, les deux parties devraient toutefois concentrer bien plus d’efforts sur les négociations concernant leurs futures relations économiques et commerciales afin d’obtenir le meilleur dénouement possible à long terme;

 

E. considérant que, selon le protocole modifié sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, le Royaume-Uni, tout en étant un pays tiers, sera chargé de mettre en partie en œuvre le code des douanes de l’Union, et que la question d’une mise en œuvre et d’une application adéquates pourrait donc se poser;

 

F. considérant que le terme de marchandise «risquant d’être ensuite introduite dans l’Union» employé à l’article 5 du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord n’est pas clair et dépend de décisions ultérieures du comité mixte qui échappent à tout contrôle formel du Parlement européen et qui ne seront prises que d’ici la fin de la période de transition;

 

1. la commission du commerce international invite la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à recommander au Parlement de donner son approbation à la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique;

 

2. la commission du commerce international invite la Commission européenne à procéder à des vérifications et à des contrôles efficaces de la mise en œuvre du code des douanes de l’Union par les autorités britanniques; en outre, la commission du commerce international demande à être tenue entièrement informée de l’application de l’article 5 du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, ainsi que de toutes les propositions ultérieures de décision du comité mixte faites au titre de cette disposition.

 


 

 

LETTRE de la commission de l’emploi et des affaires sociales

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

 

 

Objet: <Titre>Accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre><DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

 

 

Monsieur le Président,

 

Dans le cadre de la procédure en objet, la commission de l’emploi et des affaires sociales a décidé de soumettre un avis à votre commission. Au cours de sa réunion du 3 septembre 2019, elle a décidé de transmettre cet avis sous forme de lettre.

La commission de l’emploi et des affaires sociales a examiné la question au cours de sa réunion du 22 janvier 2020. Lors de ladite réunion, elle a décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans la recommandation qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Lucia Ďuriš Nicholsonová

SUGGESTIONS

A. considérant que le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (Royaume-Uni) de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (ci-après, «retrait») aura des répercussions sur des millions de citoyens – tant des citoyens britanniques qui résident, voyagent ou travaillent dans l’Union que des citoyens de l’Union qui résident, voyagent ou travaillent au Royaume-Uni, ainsi que sur d’autres personnes; qu’il est nécessaire d’offrir une protection réciproque aux citoyens de l’Union et aux ressortissants du Royaume-Uni, ainsi qu’aux membres de leur famille respective, lorsqu’ils ont exercé leurs droits de libre circulation avant une date fixée dans l’accord du 19 octobre 2019 sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (ci-après, «accord»); que les droits de tous les citoyens, y compris ceux découlant de périodes d’affiliation à un régime de sécurité sociale, doivent être pleinement protégés;

B. considérant qu’il est crucial que l’acquis de l’Union soit protégé dans son intégralité, en particulier dans le domaine de l’emploi et des affaires sociales, dans le contexte des dispositions transitoires ainsi que de tout accord futur entre l’Union et le Royaume-Uni;

C. considérant qu’il importe au plus haut point de garantir la libre circulation des travailleurs, y compris des travailleurs mobiles, transfrontaliers, frontaliers et détachés; qu’à cet égard, la situation des travailleurs relevant de ces catégories et travaillant dans les pays voisins du Royaume-Uni est particulière;

D. considérant que la commission EMPL a plus particulièrement examiné les articles 24 à 39 de l’accord ainsi que son annexe 1, tout comme le texte de la déclaration politique du 17 octobre 2019 fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni (ci-après, «déclaration politique»), notamment ses paragraphes 17 et 77;

1. se félicite de ce que l’accord vise à faire en sorte que le retrait se déroule en bon ordre et de la manière la moins déstabilisatrice possible;

2. salue le fait que les droits des travailleurs salariés et indépendants se trouvent garantis au chapitre 2 de l’accord (articles 24, 25 et 26);

3. accueille favorablement les dispositions détaillées concernant la reconnaissance des qualifications professionnelles prévues au chapitre 3 de l’accord (articles 27, 28 et 29);

4. accueille favorablement les dispositions détaillées concernant la coordination des régimes de sécurité sociale prévues au titre III de l’accord (articles 30 à 36), qui protègent les droits découlant de périodes d’affiliation à un régime de sécurité sociale;

5. salue le fait que l’article 135 de l’accord stipule que le Royaume-Uni doit contribuer aux budgets de l’Union pour les années 2019 et 2020 et participer à leur mise en œuvre; souligne que ce principe revêt une grande importance pour les programmes actuels du FSE, du FEAD, de l’EaSI et du FEM ainsi que pour les structures vouées à les remplacer;

6. se félicite de ce qu’au titre de l’article 137 de l’accord, les programmes et activités de l’Union engagés au titre du cadre financier pluriannuel pour les années 2014-2020 ou des perspectives financières précédentes soient mis en œuvre en 2019 et 2020 en ce qui concerne le Royaume-Uni sur la base du droit de l’Union;

7. salue l’intention du Royaume-Uni de participer aux programmes de l’Union et de les cofinancer, dans les conditions fixées par les instruments de l’Union correspondants, dans des domaines tels que la science et l’innovation, la jeunesse, la culture et l’éducation, dans le cadre des relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni, comme affirmé dans la déclaration politique; est préoccupé par le récent vote du parlement britannique et les récentes remarques du ministre britannique de l’éducation, qui remettent en question la participation future du Royaume-Uni au programme Erasmus; souligne que les candidats, tant européens que britanniques, devront être informés avec suffisamment d’avance des conditions et du calendrier de ces programmes après la période de transition;

8. salue également le fait qu’au titre de l’article 140 de l’accord, le Royaume-Uni soit redevable envers l’Union de sa part des engagements budgétaires dans le budget de l’Union et les budgets des agences décentralisées de l’Union restant à liquider au 31 décembre 2020, ainsi que de sa part des engagements pris en 2021 sur le report des crédits d’engagement du budget pour 2020;

9. prend acte de la suppression de la troisième partie de l’annexe 4 de l’accord, qui traitait des normes sociales et du travail liées au mécanisme de «filet de sécurité»; accueille avec intérêt la nouvelle solution trouvée pour la question de l’Irlande et de l’Irlande du Nord, qui prévoit que le territoire d’Irlande du Nord fasse partie, de jure, du territoire douanier du Royaume-Uni, mais demeure, de facto, dans la zone douanière de l’Union, où s’appliquent la réglementation douanière et les droits de douane de l’Union;

10. déplore néanmoins l’absence de toute référence aux normes sociales et du travail dans l’accord, ainsi que la suppression de la clause 34 et de l’annexe 4 du projet de loi britannique révisé sur l’accord de retrait, qui fournissaient des garanties procédurales supplémentaires en matière de droits des travailleurs, garanties qui sont actuellement inscrites dans le droit de l’Union, au cours de la période de transition ou de mise en œuvre; est également préoccupé par le fait qu’outre la suppression de toute mention explicite des droits des travailleurs, il existe désormais un risque bien réel que les droits existants découlant du droit de l’Union au Royaume-Uni ne soient plus protégés d’une modification, d’une abrogation ni d’une révocation en droit national à la fin de la période de transition ou de mise en œuvre; relève toutefois que le gouvernement britannique a affirmé son intention de légiférer séparément pour protéger et renforcer les droits de travailleurs au moyen d’un nouveau projet de loi sur l’emploi; souligne que le niveau de protection actuellement prévu par les lois, les réglementations et les pratiques ne saurait être réduit à un niveau inférieur à celui établi par les normes communes applicables dans l’Union et au Royaume-Uni à la fin de la période de transition dans le domaine de la protection sociale et du travail et en ce qui concerne les droits fondamentaux au travail, la santé et la sécurité au travail, les conditions de travail équitables et les normes en matière d’emploi, les droits d’information et de consultation au niveau de l’entreprise, et les restructurations; est préoccupé, à cet égard, par l’absence presque totale d’efforts de la part du Royaume-Uni pour mettre en œuvre la législation récente de l’Union dans le domaine de l’emploi et des affaires sociales, notamment la directive révisée concernant le détachement de travailleurs, la directive sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle pour les parents et les aidants proches ou encore la directive relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne;

11. déplore notamment que la plupart des dispositions relatives à des conditions de concurrence équitables contenues dans l’ancienne annexe 4 au protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord ne s’appliqueront pas à l’Irlande du Nord au titre de l’accord, ce qui est lourd de risques potentiels pour le marché intérieur de l’Union et pour l’économie de l’île dans son ensemble;

12.  déplore en outre l’ajout d’une nouvelle sous-section 1 à la clause 26 du projet de loi britannique révisé sur l’accord de retrait, qui permet au gouvernement britannique de définir des circonstances dans lesquelles certaines juridictions de première instance pourraient s’écarter des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne après la période de transition, ce qui aurait pour effet que les juridictions de première instance ne seraient plus tenues par la jurisprudence constante de la Cour relative aux droits des travailleurs découlant du droit de l’Union;

13. se félicite de ce que l’Union et le Royaume-Uni soient déterminés à conclure à l’avenir un traité de libre-échange au titre de l’article 184 de l’accord;

14. salue l’instauration d’un dialogue entre le Parlement européen et le Parlement du Royaume-Uni, afin de permettre aux deux assemblées d’échanger leurs points de vue et leur expertise sur les questions ayant trait aux relations futures; est d’avis que, conformément à la déclaration politique, il y a lieu d’encourager également un dialogue de la société civile, qui comprenne notamment la participation d’organisations de jeunes et d’associations d’employés représentant des citoyens de l’Union qui travaillent au Royaume-Uni et des citoyens britanniques qui travaillent dans l’Union;

15. souligne que tout accord sur les relations futures doit garantir le plein respect par le Royaume-Uni des normes de l’Union dans le domaine social et en matière de travail afin de préserver des conditions équitables pour une concurrence ouverte et loyale, comme le préconise le point XIV, paragraphe 77, de la déclaration politique;

16. se réjouit dès lors que le paragraphe 77 de la déclaration politique reprenne les principaux éléments de l’annexe 4 de l’ancienne version de l’accord, mais rappelle avec inquiétude que l’annexe 4, en tant qu’annexe à un protocole de l’ancien accord, revêtait un caractère juridiquement contraignant, tandis que la déclaration politique demeure une simple déclaration d’intention;

17. souligne et rappelle, à cet égard, que les trois principes qui régiront un futur traité de libre-échange entre l’Union et le Royaume-Uni, à savoir l’absence de quotas, l’absence de droits de douane et l’absence de dumping, également en ce qui concerne les normes dans le domaine social et en matière d’emploi, doivent être indissociables; invite instamment le négociateur de l’Union à se montrer particulièrement vigilant à cet égard tout au long et à chaque étape des négociations sur les relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni;

18. déplore vivement l’ajout, par le gouvernement britannique, de la nouvelle clause 33 dans le projet de loi britannique révisé sur l’accord de retrait, qui interdit expressément toute prorogation de la période de transition au-delà de 2020; met vivement en garde contre l’absence d’accord – qui aurait des répercussions catastrophiques pour les particuliers et les entreprises, tant dans l’Union qu’au Royaume-Uni – à laquelle risque de conduire cette disposition, le délai qu’elle prévoit pour négocier un accord complet sur les relations entre l’Union et le Royaume-Uni étant trop court; invite instamment le gouvernement et le parlement britanniques à revoir leur position; souligne que tout accord sur les relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni doit comprendre des dispositions relatives à des conditions de concurrence équitables en matière de normes d’emploi et de travail; invite instamment le gouvernement britannique à mettre en œuvre un nouveau projet de loi sur l’emploi avant la fin de la période de transition afin d’éviter toute période lacunaire au cours de laquelle les droits des travailleurs ne seraient protégés ni par la législation de l’Union en vigueur, ni par ce nouveau texte de loi britannique en matière d’emploi; souligne que les normes sociales et du travail contenues dans le projet de loi britannique sur l’emploi ne devraient pas être statiques, mais devraient suivre directement toute amélioration de ces normes au sein de l’Union, afin de garantir des conditions de concurrence équitables entre l’Union et le Royaume-Uni.

La commission EMPL invite dès lors la commission AFCO, compétente au fond, à tenir compte de la position exposée ci-dessus et à recommander au Parlement d’approuver le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique.

 


 

 

LETTRE de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire

 

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la procédure en objet, la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a été chargée de soumettre un avis à votre commission. Au cours de sa réunion du 6 novembre 2019, elle a décidé de transmettre cet avis sous forme de lettre.

La commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a examiné la question lors de sa réunion du 21 janvier 2020. Lors de ladite réunion, elle a décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Pascal Canfin

 

SUGGESTIONS

1. considère que le Brexit est une question dont les incidences sur l’Union européenne et le Royaume-Uni seront profondes et durables. La santé publique, la sécurité alimentaire et les questions environnementales ont été au centre des négociations et du débat public sur le retrait du Royaume-Uni. Compte tenu de ces préoccupations, la commission ENVI a suivi de près les négociations;

 

2. se félicite du fait que l’accord de retrait modifié a pour objectif sous-jacent de continuer à contribuer à la préservation de la paix sur l’île d’Irlande et à maintenir et à garantir l’accord du Vendredi saint, notamment en évitant une frontière physique et en protégeant l’économie de l’ensemble de l’île. L’accord veille également à ce que l’île d’Irlande soit considérée comme une seule entité d’un point de vue environnemental et à ce que les normes environnementales soient respectées des deux côtés de la frontière invisible, ce qui est, selon la commission ENVI, particulièrement nécessaire étant donné que les domaines de la coopération Nord-Sud définis dans l’accord du Vendredi saint comprennent l’environnement et la santé;

 

3. salue l’unité dont l’Union européenne a fait preuve tout au long des négociations ainsi que ses efforts pour éviter les conséquences préjudiciables d’un retrait sans accord; se félicite qu’un accord ait été trouvé, mais constate que l’accord actuel ne donne aucune garantie quant aux dispositions régissant la future relation entre le Royaume-Uni – à l’exception de l’Irlande du Nord – et l’Union à 27 à la fin de la période de transition, le 31 décembre 2020. Il existe une marge de manœuvre pour prolonger la période de transition, mais le gouvernement britannique doit le solliciter au plus tard en juin 2020;

 

4. relève qu’avec la suppression du filet de sécurité concernant l’ensemble du Royaume-Uni, d’importantes dispositions contraignantes relatives à l’environnement ont elles aussi disparu; remarque en particulier que les clauses de non-régression en matière de protection de l’environnement ne sont plus d’actualité. Des principes environnementaux de l’Union établis de longue date, tels que le principe de précaution ou le principe du pollueur-payeur, ne figurent plus dans le protocole révisé;

 

5. Pour ce qui est du filet de sécurité pour l’ensemble du Royaume-Uni, l’Union et le Royaume-Uni étaient aussi chargés de prendre les mesures nécessaires pour respecter leurs engagements respectifs au titre des accords internationaux afin de lutter contre le changement climatique, y compris ceux qui mettent en œuvre la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, comme l’accord de Paris de 2015. Le protocole révisé ne fait plus référence à l’accord de Paris, bien que celui-ci soit mentionné dans la déclaration politique;

 

6. En outre, selon le protocole initial, le Royaume-Uni devait mettre en place un système de tarification du carbone ayant au moins la même efficacité et la même portée que celles du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. Il était aussi tenu, aux termes d’une disposition du protocole initial, d’instaurer un système transparent afin qu’un organisme indépendant et disposant de ressources suffisantes assure efficacement, au plan interne, le suivi, la communication d’informations et la surveillance concernant les obligations incombant au Royaume-Uni. Ces dispositions ont elles aussi été supprimées;

 

7. constate également que la première version du protocole prévoyait qu’un comité mixte composé de représentants de l’Union et du Royaume-Uni, et chargé de la mise en œuvre de l’accord, soit habilité à adopter des décisions fixant les engagements minimaux pour la réduction des émissions nationales de certains polluants atmosphériques, la teneur maximale en soufre des combustibles marins et les meilleures techniques disponibles, y compris les valeurs limites d’émission, en ce qui concerne les émissions industrielles. En cas de litige portant sur l’interprétation et l’application des dispositions relatives à l’environnement, le comité mixte aurait pu être saisi de la question. Ces dispositions ne sont plus d’actualité;

 

8. relève de plus que, dans la déclaration politique révisée, la partie sur les conditions de concurrence équitables qui visait à éviter la concurrence déloyale contient désormais une formulation plus ferme quant au respect des normes communes élevées applicables dans l’Union et au Royaume-Uni à la fin de la période de transition et, partant, au maintien, entre autres, de normes environnementales élevées. L’Union européenne et le Royaume-Uni devront veiller au maintien de ces normes élevées à l’avenir, compte tenu de la nature non contraignante de la déclaration politique et de la possibilité que le Royaume-Uni choisira peut-être de conclure de futurs accords commerciaux avec des pays tiers dont les normes sont moins élevées; note que la ratification de tout accord de libre-échange avec le Royaume-Uni à l’avenir ne pourra se faire sans de solides dispositions relatives aux conditions de concurrence équitables, qui seront attentivement examinées par la commission ENVI;

 

9. préconise la coopération la plus étroite possible entre l’Union et le Royaume-Uni en matière de politique climatique, ce qui suppose dans l’idéal la participation du Royaume-Uni à tous les instruments d’action dans ce domaine également à l’avenir;

 

10. appelle notamment de ses vœux des actions ciblées pour garantir un accès rapide et ininterrompu des patients à des médicaments et des dispositifs médicaux sûrs, y compris un approvisionnement sûr et constant en radio-isotopes. Afin de garantir la sécurité des patients, l’Union et le Royaume-Uni devraient s’efforcer de parvenir à la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles pour permettre la mobilité des professionnels de santé.

 

La commission ENVI estime qu’il est extrêmement important que son point de vue et ses préoccupations soient dûment notés et pris en considération, et demande par conséquent à la commission des affaires constitutionnelles (AFCO), compétente au fond, de tenir compte de la position exposée ci-dessus.

La commission ENVI invite la commission AFCO, compétente au fond, à recommander au Parlement d’approuver le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique.

 

 


 

 

LETTRE de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

PHS 08B043

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la procédure en objet, la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs a demandé à soumettre à votre commission un avis sous forme de lettre.

 

 

La commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs a examiné la question au cours de sa réunion du 4 décembre 2019. Lors de ladite réunion[52], elle a décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Petra De Sutter
Présidente

 

SUGGESTIONS

Marché intérieur

1. rappelle que la libre circulation des marchandises au sein du marché unique est garantie par l’union douanière et les règles relatives à l’harmonisation et à la reconnaissance mutuelle de produits, ainsi que par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. La surveillance du marché et des normes de produit rigoureuses constituent donc un volet essentiel et irremplaçable de toute future relation avec le Royaume-Uni pour garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises de l’Union et une protection adéquate des consommateurs de l’Union;

2. insiste sur le fait que les procédures opérationnelles devant être adoptées pendant le régime transitoire doivent viser à conserver les règles du marché intérieur des biens de l’Union et l’union douanière. Il est donc extrêmement important de garantir la conformité des biens avec les règles du marché unique;

3. souligne avec satisfaction que, d’une manière générale, l’accord maintient les principes fondamentaux de libre circulation des services, de liberté d’établissement et de reconnaissance des qualifications professionnelles, principes qui restent en vigueur pendant la période de transition, afin d’éviter de perturber le fonctionnement du marché unique;

4. rappelle en particulier, à cet égard, que conformément à l’article 25 de l’accord, sous réserve de certaines restrictions, les travailleurs indépendants bénéficient des droits garantis par le traité en matière de liberté d’établissement et de libre prestation de services. Le droit d’exercer une profession est garanti à l’article 27 de l’accord, étant donné que ses effets seront maintenus par la reconnaissance des qualifications professionnelles avant la fin de la période de transition, qui suit les dispositions correspondantes de la directive sur les qualifications professionnelles ou de la directive relative à l’établissement des avocats. Afin de faciliter la mise en œuvre concrète de ces dispositions, une coopération administrative en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles est prévue à l’article 29 de l’accord;

5. se félicite du fait que l’accord clarifie les règles applicables en ce qui concerne les procédures de passation des marchés publics lancées avant la fin de la période de transition et inachevées à l’échéance de ladite période, y compris pour ce qui est des moyens de recours;

Politique des consommateurs

6. souligne que les droits des consommateurs découlant du droit de l’Union et d’autres réglementations pertinentes de l’Union sont pleinement applicables pendant la période de transition et précise que, s’il est vrai que la situation ne devrait pas changer pour les consommateurs et les commerçants, qui devraient conserver les mêmes droits et obligations pendant la période de transition, il est toutefois important que les consommateurs soient convenablement informés et sachent s’ils effectuent un achat au Royaume-Uni ou auprès d’un commerçant britannique;

 

Douanes

7. considère que, du fait de la sortie du Royaume-Uni de l’union douanière, des tensions dans les échanges commerciaux et dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises sont possibles; estime qu’il convient d’éviter de graves perturbations du flux de marchandises; considère que l’exercice de préparation qui a été réalisé par les États membres de l’Union à 27 avec le soutien de la Commission européenne devrait faire l’objet d’une évaluation approfondie et être renforcé, et que des ressources devraient être allouées selon les besoins, afin que l’exercice de préparation devienne une priorité dans le processus du Brexit;

8. se félicite du progrès que représentent les dispositions visant à faciliter la circulation via le Royaume-Uni de marchandises en transit entre deux points de l’union douanière;

Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord

9. relève que d’importantes incertitudes subsistent en ce qui concerne les modalités concrètes qui serviront de base pour le fonctionnement de l’accord visant à maintenir l’Irlande du Nord dans le cadre de l’union douanière (ainsi que dans celui délimité par les règles du marché unique) pour les marchandises et les produits agricoles. La plupart de ces modalités devront être définies par un comité mixte. Tous les efforts possibles doivent être déployés pour s’assurer que les procédures et contrôles mis en place par le comité mixte permettent de repérer effectivement, parmi les marchandises acheminées de la Grande-Bretagne à l’Irlande du Nord, celles considérées comme «risquant d’être ensuite introduite[s] dans l’Union». Il est important de repérer correctement les marchandises appartenant à cette catégorie, car elles feront l’objet de droits de douane appliqués par l’Union, d’accises ou de TVA, et devront être conformes aux règles du marché unique;

10. soutient que si le Royaume-Uni est chargé de la perception de ressources propres du budget de l’Union qui devront être reversées à l’Union, il serait naturel, pour protéger les intérêts financiers de l’Union, de mettre en place un mécanisme approprié de surveillance de la bonne mise en œuvre de la procédure de détection des marchandises «risquant d’être ensuite introduite[s] dans l’Union». Les dispositions doivent garantir que les contrôles effectués sur les produits agricoles et alimentaires (comme les contrôles phytosanitaires) ne sont pas moins rigoureux que ceux effectués à n’importe quel point d’entrée dans un État membre de l’Union. De même, le respect des règles et réglementations du marché unique ne doit donner lieu à aucune faille. Les opérateurs commerciaux ne doivent en aucun cas avoir la possibilité de tirer profit d’un transfert de leurs activités vers des lieux où les obligations réglementaires ordinaires pourraient être contournées;

11. souligne qu’il convient de s’assurer que le Parlement européen exercera un contrôle approprié de la cohérence et de la conformité des dispositions élaborées par le comité mixte, ainsi que de l’efficacité des solutions mises en œuvre.

La commission du marché intérieur et des consommateurs invite donc la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à recommander au Parlement de donner son approbation au projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2018/0427(NLE)).


 

 

 

LETTRE de la commission des transports et du tourisme

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES


Objet: <Titre>Accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2018/0427(NLE))</Titre>

 

Monsieur le Président,

 

Conformément à la recommandation de la Conférence des présidents du 7 février 2019, la commission des transports et du tourisme a décidé de demander l’application de l’article 56, paragraphe 1, afin de soumettre un avis à la commission des affaires constitutionnelles sous la forme de la présente lettre. 

 

La commission des transports et du tourisme formule les remarques suivantes:

1. rappelle l’importance du secteur des transports pour la croissance et l’emploi; souligne que le comité mixte, institué par l’accord de retrait, doit se pencher sur l’exigence inconditionnelle de réciprocité dans l’accès mutuel aux marchés des transports, en particulier dans les secteurs de l’aviation, du transport ferroviaire, routier et maritime, dans le plein respect des droits des passagers de l’Union, de la libre circulation des personnes, des biens et des services;

2. souligne la nécessité de conclure des accords afin de garantir la continuité des services de transport entre l’Union et le Royaume-Uni;

3. insiste sur la nécessité d’assurer un financement continu des projets d’infrastructures arrêtés d’un commun accord, en particulier dans le cadre du réseau transeuropéen de transport, du mécanisme pour l’interconnexion en Europe et de l’espace aérien européen unique, ainsi que des initiatives technologiques conjointes telles que Clean Sky I et II; estime en outre qu’il est essentiel que le Royaume-Uni honore pleinement ses obligations et ses engagements financiers, même si ceux-ci devaient s’étendre au-delà de la durée de son appartenance à l’Union européenne;

Compte tenu des observations qui précèdent, la commission des transports et du tourisme recommande que la commission des affaires constitutionnelles approuve la ratification de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

((s.)) [Karima Delli]

 

 

 

 

Copie:  D. Sassoli, Président

A. Tajani, président de la CPC

Coordination législative

 

 


 

 

LETTRE de la commission de l’agriculture et du développement rural

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la proposition de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(COM(2019/0194); COM(2018/0841); COM(2018/0834); COM(2018/0833) – C9-0148/2019 – 2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

La commission de l’agriculture et du développement rural a examiné la question au cours de sa réunion du 22 janvier 2020. Lors de ladite réunion[53], elle a décidé à l'unanimité d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans la recommandation qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

(signature) Norbert Lins

SUGGESTIONS

La commission AGRI tient à souligner les points essentiels ci-après concernant l’incidence du Brexit sur l’agriculture européenne et les solutions proposées dans l’accord de retrait et la déclaration politique.

 

1. En ce qui concerne la politique agricole en tant que telle, le retrait du Royaume-Uni ne semble pas poser de problèmes insurmontables puisque l’application des mécanismes et des paiements de la PAC au Royaume-Uni peut être interrompue assez facilement. Le fait que la fin de la période de transition prévue par l’accord de retrait coïnciderait avec la fin de l’actuel CFP (2014-2020) faciliterait les choses à cet égard.

 

2. Nous tenons toutefois à souligner que toute prolongation de la période de transition devrait s’accompagner de dispositions adéquates en matière de financement et d’une clôture des comptes en bonne et due forme à la fin de cette période, comme le prévoit l’article 132 de l’accord, nonobstant le fait que le Royaume-Uni soit considéré comme un pays tiers dans le cadre du CFP à partir de 2021.

 

3. Le maintien de la protection au Royaume-Uni des nombreuses (plus de 3 000) indications géographiques (IG) qui s’appliquent aux produits agricoles, aux denrées alimentaires ou aux boissons originaires de l’Union européenne a été une source de préoccupation majeure pour la commission AGRI lors des négociations sur cet accord. À cet égard, la commission se félicite que le texte actuel assure la protection des IG de l’Union en Irlande du Nord ainsi que la protection des IG de l’Union approuvées d’ici la fin de la période de transition dans les autres parties du Royaume-Uni.

 

4. Nous tenons à souligner qu’il importe de préserver cette protection dans les dispositions régissant les relations futures. En outre, ces dispositions devraient non seulement couvrir toutes les IG existantes de l’Union, mais aussi, selon nous, inclure des mécanismes de coopération bilatérale en vue de la reconnaissance mutuelle, par le Royaume-Uni et l’UE-27, des nouvelles IG approuvées après la période de transition, mais aussi, le cas échéant, dans l’hypothèse où le protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord cesserait de s’appliquer au titre de son article 18.

 

5. Nous avons pleinement conscience que la question de l’Irlande et de l’Irlande du Nord a des implications qui vont bien au-delà du secteur agricole. Toutefois, compte tenu de l’importance des barrières tarifaires et non tarifaires dans l’agriculture, du caractère fortement intégré et interdépendant des marchés agricoles irlandais et nord-irlandais et de la circulation transfrontalière constante d’animaux vivants, de produits finis et de produits nécessitant une transformation ultérieure, résoudre efficacement cette question revêt une importance particulière pour ce secteur. À cet égard, la commission AGRI se félicite du maintien du statu quo, de la frontière actuelle invisible et de la coopération Nord-Sud sur l’île d’Irlande, qui figurent dans l’accord du Vendredi saint, à condition que soit respecté le consentement démocratique visé à l’article 18 du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord.

 

 

6. Dans le même temps, nous tenons à souligner la nécessité absolue d’assurer la bonne mise en œuvre du protocole, afin non seulement de maintenir le statu quo évoqué ci-dessus, mais aussi d’éviter de créer des failles dans la protection tarifaire et non tarifaire de l’Union. Les travaux du comité mixte en vue de finaliser les dispositions prévues par le protocole seront d’une importance cruciale. Ces deux objectifs devraient également être pris en compte et appliqués dans le cadre de tous accords sur les relations futures au cas où le protocole cesserait de s’appliquer en vertu de l’article 18.

 

7. Les principales questions agricoles soulevées par le Brexit concernent les échanges commerciaux. Les produits agricoles et agroalimentaires sont ceux qui présentent les niveaux les plus élevés de protection tarifaire et non tarifaire dans l’Union, comme c’est le cas dans la plupart des pays du monde, et comme ce sera probablement le cas au Royaume-Uni. C’est donc ce secteur qui risque de pâtir le plus du retrait du Royaume-Uni de l’union douanière et du marché unique à la fin de la période de transition, d’autant plus que les volumes d’échanges concernés sont importants: sur la base des flux commerciaux actuels, le Royaume-Uni pourrait, après le Brexit, devenir le principal partenaire commercial de l’industrie agroalimentaire de l’UE-27, tant pour les exportations que pour les importations.

 

8. Nous tenons donc à souligner que si l’accord entre en vigueur, il sera capital de tirer parti de la période de transition pour négocier un ensemble complet de dispositions qui créeront une zone de libre-échange, comme le prévoit la déclaration politique. À défaut, le secteur agricole serait confronté à un véritable risque de rupture brutale en matière de commerce bilatéral; le Royaume-Uni et les pays de l’UE-27 seraient alors soumis aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, sans aucun accès préférentiel au marché de l’autre, et pourraient même, le cas échéant, voir leurs cadres réglementaires respectifs commencer à diverger. Nous souhaitons vivement insister sur le fait que, du point de vue de la commission AGRI, il convient de tout mettre en œuvre pour éviter un tel scénario. En supposant que cela se révèle impossible, la commission AGRI demande instamment à la Commission de fournir des ressources suffisantes pour atténuer les effets sur les agriculteurs et l’industrie agroalimentaire d’une rupture brutale à l’issue de la période de transition, comme cela a été prévu en cas de non-ratification de l’accord de retrait.

 

9. La nouvelle politique agricole nationale que le Royaume-Uni mettra en place après son retrait de l’Union et les nouveaux accords commerciaux qu’il conclura avec d’autres pays tiers auront également des conséquences considérables sur le secteur. Celles-ci sortent toutefois du cadre de cet avis relatif à l’accord de retrait.

 

10. Par conséquent, la commission AGRI soutient fermement l’accord de retrait tel qu’il a été approuvé par les négociateurs de l’Union européenne et du Royaume-Uni et soumis au Parlement pour approbation, et espère que son entrée en vigueur et sa mise en œuvre adéquate ouvriront la voie à des accords sur les relations futures qui préserveront, dans toute la mesure du possible, les intérêts agricoles de l’Union.

 

 

 


 

 

LETTRE de la commission des affaires juridiques

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis en matière juridique sur l’accord de retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

 

Lors de la réunion du 6 novembre 2019, les coordinateurs de la commission des affaires juridiques ont décidé de rendre un avis sous forme de lettre, conformément à l’article 56, paragraphe 1, du règlement intérieur, sur l’accord de retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique[54] (ci-après «l’accord de retrait») en se penchant principalement sur les compétences de notre commission. J’ai été désignée rapporteure pour avis le 6 novembre 2019, par décision de la Conférence des présidents du 24 octobre 2019, en ma qualité de présidente de la commission; l’avis en question prend la forme d’une lettre.

 

Recommandation

 

Lors de sa réunion du 16 janvier 2020, la commission des affaires juridiques a ainsi décidé, par 17 voix pour, 1 voix contre et 2 abstentions[55], de recommander à la commission des affaires constitutionnelles de ne pas approuver l’accord de retrait tant que la loi d’application de l’accord de retrait du Royaume-Uni visant à donner effet à l’accord de retrait n’aura pas été définitivement adoptée et signée par toutes les instances pertinentes du Royaume-Uni et que ses effets juridiques en vue d’une future mise en œuvre de l’accord de retrait n’auront pas été évalués.

 

Cette recommandation est formulée après un examen minutieux, par la commission des affaires juridiques, des dispositions de l’accord de retrait, en particulier ses articles 4 et 5, sa deuxième partie relative aux droits des citoyens, les dispositions de la troisième partie, titre IV sur la propriété intellectuelle, titre VI sur la coopération judiciaire en cours en matière civile et commerciale et leur relation étroite aux cas qui se présentent avant la fin de la période de transition; titre X sur les procédures judiciaires et administratives de l’Union; titre XII sur les privilèges et immunités, en particulier les dispositions relatives à l’immunité des membres du Parlement européen; et titre XIII sur les autres questions relatives au fonctionnement des institutions, organes et organismes de l’Union, la quatrième partie, sur la transition, et la sixième partie, relative aux dispositions institutionnelles et finales, en particulier son titre I sur une interprétation et une application uniformes.

 

Au nom de la commission des affaires juridiques, je souhaiterais attirer l’attention de la commission des affaires constitutionnelles sur les éléments suivants qui doivent être considérés comme essentiels en vue de l’approbation:

 

1. Le retrait d’un État membre de l’Union européenne, s’il reste un droit souverain de l’État membre en question, devrait être organisé de façon aussi ordonnée que possible afin de ne pas affecter négativement l’Union européenne, ses citoyens et le processus d’intégration européenne, d’une part, et limiter, autant que possible, les conséquences néfastes immédiates sur l’État membre se retirant de l’Union et sur ses citoyens, d’autre part.

 

2. En l’absence d’accord de retrait, le Royaume-Uni sortira automatiquement de l’Union européenne le 31 janvier 2020, et ce de manière désordonnée.

 

3. Dans sa notification du 29 mars 2017, le Royaume-Uni a déclaré son intention de ne plus relever de la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Dans sa résolution du 3 octobre 2017 sur l’état d’avancement des négociations avec le Royaume-Uni, le Parlement a souligné, en ce qui concerne en particulier les droits des citoyens, qu’il convient de veiller à ce qu’il soit donné un effet direct aux droits des citoyens de l’UE-27 résidant au Royaume-Uni lors de la transposition de l’accord de retrait en droit britannique d’une manière qui rende impossible toute modification unilatérale de l’accord de retrait, permette aux citoyens de l’Union de se prévaloir des droits qui en émanent directement devant les juridictions ou l’administration du Royaume-Uni, et lui accorde la primauté sur le droit du Royaume-Uni, et a souligné que, pour garantir la cohérence et l’intégrité de l’ordre juridique de l’Union, la CJUE doit demeurer la seule autorité compétente pour interpréter et faire respecter le droit de l’Union et l’accord de retrait. Dans ce contexte, il convient de relever que le Royaume-Uni a arrêté, dans les conditions de l’accord de retrait, certaines dispositions particulières en ce qui concerne la compétence de la CJUE et l’interprétation ainsi que l’application du droit de l’Union. Il s’agit là d’un élément essentiel de l’accord de retrait et, en cas d’écart unilatéral par rapport à ses dispositions à cet égard, en particulier via l’adoption de dispositions d’exécution telles que la loi d’application de l’accord de retrait à cet effet, le Parlement européen ne saurait donner son approbation. Il en découle ainsi que l’approbation du Parlement ne peut être donnée qu’à la condition que la solution minutieusement équilibrée convenue dans l’accord de retrait en ce qui concerne la compétence de la CJUE et son rôle dans l’interprétation et l’application du droit de l’Union et de l’accord de retrait soit respectée pleinement et de bonne foi par les parties.

 

4. Il est primordial de préserver pleinement les droits des citoyens de l’UE-27 résidant au Royaume-Uni et des ressortissants du Royaume-Uni résidant dans l’Union européenne jusqu’à la fin de la période de transition et, après cette période, de les préserver autant que possible, en particulier en ce qui concerne les familles et les citoyens vulnérables, notamment eu égard aux droits acquis. Depuis le début des négociations, ce but a constitué, et devrait demeurer, la principale ligne directrice des négociations du Parlement, ainsi qu’une condition indispensable pour que ce dernier donne son approbation.

 

5. Le retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne est primordial pour l’Irlande du Nord et ses futures relations avec l’Irlande afin de préserver la paix et donc l’accord du Vendredi Saint dans son intégralité. À cet égard, il convient de noter que l’application des dispositions modifiées du protocole révisé sur l’Irlande et l’Irlande du Nord risque de poser problème et devra être minutieusement préparée et surveillée. L’un des éléments qui devront être attentivement étudiés et examinés concerne la compétence pour les sociétés établies et menant des activités en Irlande du Nord.

 

6. La loi d’application de l’accord de retrait du Royaume-Uni visant à donner effet à l’accord de retrait est un acte de l’ordre juridique national du Royaume-Uni et ses effets juridiques pour la mise en œuvre de l’accord de retrait sont essentiels pour que le Parlement donne son approbation. Ces effets devraient être analysés avec soin avant de prendre une décision quant à l’approbation et, si l’approbation est donnée, ils devront ensuite faire l’objet d’un suivi étroit, tant de la part du Royaume-Uni que de l’Union européenne.

 

7. L’autorité de surveillance indépendante que le Royaume-Uni est en train de créer sera compétente pour recevoir les plaintes des citoyens de l’UE-27 relatives à d’éventuels cas de non-respect de leurs droits consacrés en vertu de l’accord de retrait. Elle sera habilitée à lancer des enquêtes et à mener des poursuites judiciaires. Compte tenu du futur rôle clé de cet organe pour assurer le respect de l’accord de retrait, et donc du droit de l’Union européenne, il est primordial que cette autorité ait la capacité d’agir rapidement et en toute indépendance face aux plaintes des citoyens de l’Union.

 

8. L’accord de retrait prévoit une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020, qui peut être prolongée d’une à deux années supplémentaires. D’après l’accord de retrait, pendant la période de transition, les institutions, organes et organismes de l’Union disposent des pouvoirs qui leur sont conférés par le droit de l’Union à l’égard du Royaume-Uni et des personnes physiques et morales résidant ou établies au Royaume-Uni. En particulier, la CJUE est compétente dans les conditions prévues par les traités. Il convient de noter que la possibilité de prolonger la période de transition devrait être dûment examinée comme moyen de faciliter encore le retrait ordonné du Royaume-Uni en permettant d’achever les négociations sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

 

Je suis convaincue que ce qui précède apportera une contribution utile au rapport rédigé par la commission des affaires constitutionnelles.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Lucy Nethsingha


 

 

LETTRE de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique</Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le Président,

J’ai le plaisir de vous informer qu’à la suite de la décision de la Conférence des présidents des commissions du 12 février 2019, approuvée par la Conférence des présidents le 14 février 2019, la commission LIBE a décidé le 26 février 2019 de solliciter l’autorisation de présenter un avis sous forme de lettre à la commission AFCO dans le cadre de la procédure en objet, conformément à l’article 56, paragraphe 1, du règlement intérieur.

Notre commission a adopté cet avis au cours de sa réunion du 13 janvier 2020. Lors de ladite réunion, elle a décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à incorporer dans le projet de recommandation qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

 

Par conséquent, j’ai l’honneur de vous transmettre, par la présente, l’avis de la commission LIBE, qui est composé de deux parties, à savoir la partie A (observations générales) et la partie B (observations thématiques par domaine de compétence de la commission LIBE). L’avis porte sur les questions qui relèvent de la compétence de la commission LIBE et qui sont essentielles à un processus de retrait ordonné et correctement préparé, à savoir la situation et les droits des citoyens de l’Union et du Royaume-Uni, la protection des données à caractère personnel, l’asile, la migration et la gestion des frontières, ainsi que la sécurité, la coopération des services répressifs et la coopération judiciaire en matière pénale. À cette fin, il se borne à formuler des observations sur le texte du projet d’accord de retrait, notamment dans la perspective de la coopération future entre l’Union et le Royaume-Uni.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Juan Fernando López Aguilar

 

SUGGESTIONS

A. Observations générales

La commission LIBE souligne la nécessité de veiller à ce que l’incidence du retrait du Royaume-Uni de l’Union soit aussi limitée que possible. Cela est particulièrement important pour les questions relevant de la compétence de la commission LIBE susmentionnées, étant donné qu’elles concernent des aspects fondamentaux de la vie des citoyens.

La commission LIBE estime que l’accord de retrait vise à fournir un cadre pour un retrait ordonné qui atténue dans la mesure du possible les effets négatifs du départ du Royaume-Uni.

Enfin, notre commission est d’avis que toute coopération internationale future entre l’Union européenne et le Royaume-Uni devrait continuer à illustrer le respect commun du droit international, des droits de l’homme et de l’état de droit.

B. Observations thématiques

1.  Droits des citoyens

Selon la résolution du Parlement européen du 14 mars 2018[56], il convient de veiller à ce que «le Brexit ne lèse pas les droits des citoyens de l’Union qui résident légalement au Royaume-Uni ni ceux des citoyens britanniques qui résident légalement dans l’UE-27», et notre commission se félicite que l’accord de retrait contribue largement à concrétiser cette exigence essentielle du Parlement. Il est également positif que les obligations incombant au Royaume-Uni et à l’Union à cet égard reposent sur la réciprocité.

Il est donc crucial pour la commission LIBE que, dans le cadre de l’accord de retrait, les droits des citoyens, y compris leur interprétation judiciaire, soient maintenus pendant la période de transition, ce qui donnera également aux citoyens des deux parties l’espace et le temps nécessaires pour planifier leur vie. La «protection tout au long de la vie» est également garantie par l’article 39 de l’accord, et l’extension de la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne après le retrait et le caractère contraignant de la jurisprudence rendue avant la fin de la période de transition sont également des éléments positifs à cet égard. Notre commission se félicite en outre de la couverture globale des membres de la famille actuels et des futurs enfants par l’accord de retrait et des garanties connexes relatives au regroupement familial, de la protection contre l’éloignement, des garanties quant aux exigences relatives à la preuve du droit de séjour et aux droits procéduraux pertinents, ainsi que de l’assurance donnée par le gouvernement britannique dans ce contexte que, pendant la période transitoire, et contrairement à sa pratique récente, il n’appliquera pas l’exigence relative à l’assurance maladie complète aux citoyens de l’Union qui demandent un statut de résident provisoire ou un statut de résident permanent.

 

L’accord de retrait présente également certaines réserves, étant donné que, par exemple, certaines catégories de citoyens actuellement couvertes par le droit de l’Union, tel qu’interprété par la Cour de justice, ne relèveront pas de ses dispositions (par exemple, les ressortissants britanniques qui retournent au Royaume-Uni avec des membres de leur famille ressortissants de pays tiers, les personnes handicapées et leurs aidants, les ressortissants de pays tiers vivant au Royaume-Uni qui ont des liens juridiques étroits avec les États membres, tels que les ressortissants de pays tiers nés dans l’Union, les réfugiés reconnus et les apatrides). Toutefois, dans l’ensemble, les dispositions de l’accord de retrait établissent un système qui offrira au moins un certain degré de prévisibilité et de sécurité juridiques et protégera dans une large mesure les droits des citoyens de l’Union et du Royaume-Uni ayant fait usage de leurs droits découlant de la libre circulation et de la citoyenneté de l’Union.

La commission LIBE est préoccupée par le fait que les citoyens d’Irlande du Nord bénéficieront de droits différents en fonction de leur nationalité; prie instamment les autorités britanniques de veiller à ce que les droits des citoyens d’Irlande du Nord ne soient pas altérés et de respecter pleinement l’accord du Vendredi Saint dans son intégralité.

Dans l’état actuel des choses, à la fin de la période de transition, les ressortissants britanniques n’auront plus le droit de voyager librement de l’État membre où ils résident habituellement vers un autre État membre. Ils n’auront d’autre choix, pour continuer à bénéficier de la liberté de circulation, que de demander la citoyenneté d’un État membre en vertu du droit national applicable ou le statut de résident de longue durée en vertu du droit de l’Union. La commission LIBE estime que le futur accord international devrait prévoir le maintien intégral des droits garantis aux citoyens de l’Union et du Royaume-Uni par l’accord de retrait, même après la fin de la période transitoire. En outre, il est important pour la commission LIBE qu’une meilleure mise en pratique des droits des citoyens – y compris du droit à la libre circulation des citoyens britanniques dans l’Union sur la base d’une approche réciproque – constitue la pierre angulaire et fasse partie intégrante d’un futur accord international entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Il est aussi essentiel que chacun des 27 États membres de l’Union clarifie le cadre qu’il entend appliquer aux citoyens britanniques souhaitant obtenir le statut de résident. Afin de faciliter le processus, les mesures prévues devraient être simples à mettre en œuvre, transparentes et gratuites.

La commission LIBE est également préoccupée par le dispositif actuel d’obtention du statut de résident permanent mis en place par les autorités britanniques, qui permet aux citoyens de l’Union et aux membres de leur famille de demander un permis de séjour provisoire ou permanent au Royaume-Uni. Il faut en tout cas, dès que possible, et au plus tard à la fin de la période de transition:

i)   veiller à ce que les problèmes découlant de la nature électronique de la demande (difficultés d’accès à la demande pour certaines catégories de citoyens de l’Union, attribution automatique incorrecte du statut de résident provisoire au lieu du statut de résident permanent, impossibilité de soumettre une version papier de divers documents) et d’autres difficultés d’accès à la demande soient résolus par les autorités britanniques au moyen de mesures concrètes;

ii)  garantir la pleine indépendance de l’autorité de contrôle indépendante qui surveille et contrôle le fonctionnement du système et traiter rapidement les plaintes des citoyens de l’Union et des membres de leur famille;

iii)  et veiller à ce que des mesures soient prises pour atteindre les citoyens vulnérables et s’occuper de leur cas avant et après la date limite, ainsi que pour atténuer les conséquences pour les citoyens de l’Union qui, sans que ce soit leur faute, ne présentent pas de demande au titre du dispositif d’obtention du statut de résident permanent avant la date limite; la criminalisation, la discrimination, la détention et l’expulsion de citoyens qui auraient normalement droit au séjour doivent être évitées.

2.  Protection des données

En ce qui concerne la protection des données, la commission LIBE partage l’objectif de l’accord de retrait, qui est d’assurer la continuité de la protection accordée aux personnes dans l’Union dont les données à caractère personnel seront traitées au Royaume-Uni après la date de retrait. Les articles 70 à 71 de l’accord fournissent un cadre permettant d’atteindre cet objectif pendant et après la période de transition. Il est donc essentiel que la Commission évalue sans délai l’adéquation du cadre juridique britannique de protection des données.

Si les dispositions de l’accord stipulent clairement que la protection des citoyens de l’Union après le Brexit doit être garantie, cet objectif doit être pleinement respecté dans les modalités pratiques qui seront mises en œuvre. La commission LIBE souligne la nécessité de procéder à une analyse minutieuse et approfondie du cadre juridique britannique de protection des données afin de démontrer que toutes les conditions requises par la législation de l’Union en matière de protection des données, en particulier les règlements (UE) 2016/679 et 2018/1725 et la directive (UE) 2016/680, ainsi que la jurisprudence de la CJCE, sont remplies et ainsi garantir un niveau de protection globalement équivalent à celui de l’Union européenne. La commission LIBE reconnaît que le Royaume-Uni a transposé en droit national le paquet de mesures sur la protection des données de l’Union européenne. Ce constat servira de base à l’évaluation de l’adéquation du cadre juridique. La commission LIBE estime qu’une attention particulière devrait être accordée au cadre juridique existant au Royaume-Uni dans les domaines de la sécurité nationale, du traitement des données à caractère personnel par les services répressifs ou des questions liées aux migrations. Elle rappelle que les programmes de surveillance de masse, tels que Tempora, peuvent ne pas toujours respecter les règles de l’Union en matière de protection des données et encourage vivement l’examen de la jurisprudence pertinente, telle que l’affaire Schrems[57].

Si le cadre juridique britannique de protection des données ne permet pas de prendre une décision d’adéquation, l’Union européenne devrait insister sur la nécessité de respecter les règles de protection des données pour les transferts internationaux afin de garantir la continuité requise de la protection assurée par le droit de l’Union en matière de protection des données.

La commission LIBE invite également les autorités chargées de la protection des données dans les États membres à suivre de manière proactive l’ensemble du processus de retrait afin de contribuer à un retrait réussi et ordonné sans compromettre les droits des personnes concernées.

3.  Sécurité et coopération des services répressifs et judiciaires en matière pénale

Dans le domaine de la coopération judiciaire en matière pénale, l’accord de retrait prévoit des dispositions claires et détaillées pour toutes les procédures pénales en cours. Une période transitoire pendant laquelle le droit de l’Union, clairement indiqué, continuera à s’appliquer permettra de mener à bien ces procédures conformément au principe de sécurité juridique, qui est un principe fondamental du droit pénal et de la procédure pénale.

En ce qui concerne l’application de la loi et la sécurité intérieure, conformément à l’accord de retrait, le Royaume-Uni cessera, après sa sortie de l’Union, d’avoir accès à tout système d’information de l’Union, dont le plus important est le système d’information Schengen, qui contient des informations sur les pays tiers et les ressortissants de l’Union. L’accord de retrait énonce les règles relatives aux mesures à prendre qui, pendant la période de transition, permettront au Royaume-Uni de continuer à échanger des informations par l’intermédiaire desdits systèmes jusqu’à la fin de la période de transition. L’accord prévoit, pour plusieurs systèmes importants, tels que le SIS et le SIENA, la possibilité, sous certaines conditions, d’échanger des informations opérationnelles pendant une durée limitée après la fin de la période transitoire, afin de garantir que la valeur opérationnelle des informations contenues dans les systèmes à la fin de la période transitoire ne sera pas perdue. Ces dispositions de l’accord devraient limiter les répercussions d’une déconnexion soudaine des systèmes d’information de l’Union. Il convient de noter que pour certains des systèmes de l’Union tels que le PNR, cela laissera le temps nécessaire pour négocier les futurs accords sur l’échange de données PNR entre le Royaume-Uni et l’UE, lesquels accords devraient également être examinés par la Cour de justice de l’Union européenne.

Le Parlement rappelle que la déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni mentionne un partenariat étendu, complet et équilibré en matière de sécurité qui prévoira des arrangements réciproques en vue d’échanges rapides, effectifs et efficaces des données des dossiers passagers (données PNR) et des résultats du traitement de ces données conservés dans les systèmes nationaux respectifs de traitement des données PNR, ainsi que des données ADN, des données dactyloscopiques et des données relatives à l’immatriculation des véhicules (Prüm), ainsi qu’une coopération opérationnelle par l’intermédiaire d’Europol et d’Eurojust. Il faut toutefois rappeler que, bien que le Royaume-Uni n’ait plus été tenu de participer aux instruments de l’Union dans le domaine de la coopération policière et judiciaire en matière pénale en vertu d’un mécanisme d’exemption prévu par le traité de Lisbonne, il a néanmoins choisi d’adopter des mesures législatives au cas par cas et, malgré le vote de 2016 en faveur de son départ de l’Union, il semble que le Royaume-Uni entende toujours participer à certains volets de la coopération policière et judiciaire en matière pénale après son départ de l’Union. La participation du Royaume-Uni à la coopération policière et judiciaire en matière pénale doit s’inscrire dans un dispositif clair et permanent, plutôt que dans des décisions ad hoc. Cette coopération ne peut se faire que moyennant le respect effectif des droits fondamentaux des personnes – notamment le fait de continuer à adhérer à la CEDH et à la faire appliquer – la protection effective des données à caractère personnel et des garanties juridiques concrètes. La commission LIBE considère que cette coopération doit être entièrement subordonnée au respect de ces principes. Le Parlement rappelle que les autorités britanniques ont dupliqué des données à caractère personnel traitées dans le système d’information Schengen, en violation grave du droit de l’Union en matière de protection des données, et que cette violation n’a pas été réparée jusqu’à présent. Par conséquent, conformément aux conditions préalables susmentionnées, le Parlement invite le Conseil et la Commission à résoudre les problèmes de cette violation grave et d’autres violations de la même importance avant toute négociation des modalités de coopération, après une évaluation rapide et détaillée de la situation et la remise du rapport y afférent au Parlement.

4.  Asile, migration et gestion des frontières

De manière générale, la future coopération dans le domaine de l’asile, de la migration et de la gestion des frontières n’est guère mentionnée dans l’accord de retrait.

Dans ce contexte, il serait nécessaire de préciser dans quelle mesure le Royaume-Uni souhaiterait continuer à coopérer avec l’Union en ce qui concerne le régime d’asile européen commun, notamment le système Dublin, étant donné que le Royaume-Uni est actuellement partie à plusieurs instruments. De même, dans le domaine des migrations, notamment de la coopération internationale, il serait nécessaire d’apporter d’utiles précisions sur la future coopération entre l’Union et le Royaume-Uni. Si la participation aux programmes de l’Union se poursuit, il conviendra également d’inclure dans le futur accord des dispositions sur le Fonds «Asile, migration et intégration», étant donné que le Royaume-Uni est actuellement le pays qui reçoit les crédits les plus élevés (pour les mesures de retour).

En matière de gestion des frontières, le Royaume-Uni n’est actuellement pas autorisé à devenir membre à part entière de Frontex au motif qu’il n’a pas adhéré aux parties y afférentes de l’acquis de Schengen. Toutefois, le pays collabore avec Frontex de diverses manières, notamment sous la forme d’un soutien opérationnel dans les domaines du retour et de la gestion des frontières et en qualité d’observateur au sein du conseil d’administration. Il serait important de clarifier à l’avenir les relations de Frontex avec le Royaume-Uni en tant que pays tiers. Cette même conclusion vaut pour la définition des futures relations entre l’Union et le Royaume-Uni en ce qui concerne l’échange d’informations et l’utilisation de systèmes d’information à grande échelle pour la gestion des frontières, notamment pour clarifier les nouvelles modalités de gouvernance et de sécurité juridique.

La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures invite donc la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à recommander au Parlement de donner son approbation au projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2018/0427(NLE)).

 


 

LETTRE de la commission des pétitions

M. Antonio Tajani

Président

Commission des affaires constitutionnelles

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique </Titre> <DocRef>(2018/0427(NLE))</DocRef>

Monsieur le président,

Je me permets de vous écrire à propos de l’approbation par votre commission de la décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (2018/0427(NLE)). Lors de sa réunion du 21 janvier 2020, la commission des pétitions a adopté un avis sous forme de lettre, que j’ai l’honneur de vous soumettre par la présente.

À cette occasion[58], la commission des pétitions a décidé d’inviter la commission des affaires constitutionnelles, compétente au fond, à recommander au Parlement de donner son approbation à la décision du Conseil.

L’article 227 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne confère à tous les citoyens de l’Union ainsi qu’à toutes les personnes morales ou physiques établies sur le territoire de l’Union le droit de présenter une pétition au Parlement européen. En conséquence, après le Brexit, les citoyens britanniques qui résident au Royaume-Uni ne jouiront plus du droit de participer à une initiative citoyenne européenne après le 31 janvier, et ils perdront le droit d'adresser une pétition au parlement européen et de saisir le Médiateur européen après la période de transition (31 décembre). Les citoyens de l’Union établis au Royaume-Uni conserveront tous ces droits, tandis que les citoyens britanniques résidant dans l’Union perdront, quant à eux, le droit de participer à l’initiative citoyenne européenne, mais pourront continuer à exercer leur droit de pétition.

La commission des pétitions attache une grande importance aux 210 pétitions émanant de citoyens qui expriment leurs vives préoccupations quant aux effets du Brexit sur leurs droits, notamment, le droit de saisir le Médiateur et celui de participer à l’initiative citoyenne européenne. Elle a en outre reçu un grand nombre de pétitions concernant le droit au regroupement familial, les soins de santé, le droit de vote et la résidence. Elle tient donc à souligner l’importance de protéger les droits des citoyens garantis par l’accord de retrait.

La commission des pétitions rappelle que la protection des citoyens a toujours figuré au premier rang de ses priorités. Elle relève que l’accord énonce les dispositions visant à préserver le statut et les droits, tels qu’ils découlent du droit de l’Union, des citoyens de l’Union et du Royaume-Uni et de leur famille concernés par le retrait du Royaume-Uni. Elle observe que les droits des citoyens de l’Union et des membres de leur famille qui exerçaient leur droit à la libre circulation au Royaume-Uni conformément au droit de l’Union avant la fin de la période de transition et continueront d’y résider par la suite, ainsi que les citoyens britanniques exerçant ce même droit dans l’un des 27 États membres de l’Union, sont protégés par l’accord de retrait.

La commission des pétitions rappelle que le droit de vote aux élections constitue un droit fondamental commun aux traditions constitutionnelles de tous les États membres, et reconnu dans les traités de l’Union européenne au titre du droit à la participation politique. La participation à la vie démocratique et la jouissance des droits électoraux des citoyens de l’Union vivant dans un État membre autre que le leur sont des questions fréquemment soulevées par les pétitionnaires.

La commission des pétitions déplore dès lors que de nombreux citoyens britanniques aient été privés du droit de vote après avoir vécu plus de quinze ans dans un autre État membre. Le Royaume-Uni a privé ses ressortissants de ce droit, partant du principe que les personnes expatriées ne sont pas concernées par les décisions politiques prises dans leur pays d’origine. Le Royaume-Uni retire également à leurs ressortissants le droit de vote aux élections européennes s’ils vivent de manière permanente dans un autre pays, même lorsqu’il s’agit d’un État membre.

La commission déplore que de nombreux citoyens britanniques et tous les citoyens de l’UE-27 n’aient pas été autorisés à voter lors du référendum sur le Brexit, alors que le résultat du vote était crucial pour eux. Le droit de vote aux élections et aux référendums est un droit fondamental qu’il y a lieu de protéger en toutes circonstances. Il ne saurait être retiré aux citoyens qui décident de s’installer et de circuler librement dans un autre État membre.

Enfin et surtout, la commission des pétitions souligne que l’État d’accueil doit veiller à ce que toute procédure administrative relative aux demandes de statut de résident soit bien organisée, transparente et simple et d’éviter toute charge administrative inutile. La commission estime que le système proposé par le ministère de l’intérieur britannique, à savoir la «procédure d’enregistrement», destiné aux ressortissants de l’UE-27 souhaitant présenter une demande de statut de résident, n’est pas aussi transparent et simple qu’il devrait l’être et confronte les citoyens de l’UE-27 à des charges administratives inutiles et injustes, sans parler du risque que courent les citoyens pouvant prétendre, à juste titre, au droit de séjour, de se voir priver de la jouissance de ce droit.

La commission des pétitions exprime son inquiétude quant à la mise en œuvre actuelle du dispositif d’obtention du statut de résident, principalement le recours arbitraire au «pré-statut» pour éviter d’accorder le «statut» de résident permanent, et les conséquences auxquelles sont exposées les personnes qui omettent d’introduire une demande avant la date limite. Cette inquiétude provient du langage qu’utilise le ministère de l’intérieur britannique en ce qui concerne d’éventuelles expulsions de citoyens de l’Union ainsi que de l’absence de mesures en faveur des citoyens vulnérables.

Eu égard aux considérations qui précèdent, la commission des pétitions engage les autorités britanniques à prendre les mesures qui s’imposent pour veiller à ce que les droits de citoyens de l’Union qui vivent au Royaume-Uni soient dûment protégés et garantis.

La commission des pétitions invite la commission des affaires constitutionnelles à recommander au Parlement de donner son approbation à la décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique.

 

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

 

 

 

Dolors Montserrat

Présidente

Commission des pétitions

 


 

PROCÉDURE DE LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Titre

Conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique

Références

21105/3/2018 – C9-0148/2019 – 21105/1/2018 – C8-0031/2019 – 2018/0427(NLE)

Date de consultation / demande d’approbation

11.1.2019

 

 

 

Commission compétente au fond

 Date de l’annonce en séance

AFCO

30.1.2019

 

 

 

Commissions saisies pour avis

 Date de l’annonce en séance

AFET

14.2.2019

INTA

14.2.2019

EMPL

11.3.2019

ENVI

14.2.2019

 

IMCO

14.11.2019

TRAN

11.3.2019

AGRI

14.11.2019

JURI

14.2.2019

 

LIBE

11.3.2019

PETI

14.11.2019

 

 

Rapporteurs

 Date de la nomination

Guy Verhofstadt

23.1.2020

 

 

 

Examen en commission

23.1.2020

 

 

 

Date de l’adoption

23.1.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

23

3

0

Membres présents au moment du vote final

Martina Anderson, Gerolf Annemans, Catherine Bearder, Geert Bourgeois, Richard Corbett, Pascal Durand, Daniel Freund, Esteban González Pons, Laura Huhtasaari, Rupert Lowe, Aileen McLeod, Giuliano Pisapia, Domènec Ruiz Devesa, Pedro Silva Pereira, Antonio Tajani, László Trócsányi, Guy Verhofstadt, Loránt Vincze, Rainer Wieland

Suppléants présents au moment du vote final

Gwendoline Delbos-Corfield, Danuta Maria Hübner, Miapetra Kumpula-Natri, Jaak Madison, Mairead McGuinness, Maite Pagazaurtundúa

Suppléants (art. 209, par. 7) présents au moment du vote final

Robert Rowland

Date du dépôt

23.1.2020

 

 


 

 

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

23

+

ECR

Geert Bourgeois

GUE/NGL

Martina Anderson

ID

Gerolf Annemans, Laura Huhtasaari, Jaak Madison

NI

Rupert Lowe, Robert Rowland

PPE

Esteban González Pons, Danuta Maria Hübner, Mairead McGuinness, Antonio Tajani, László Trócsányi, Loránt Vincze, Rainer Wieland

RENEW

Pascal Durand, Maite Pagazaurtundúa, Guy Verhofstadt

S&D

Miapetra Kumpula-Natri, Giuliano Pisapia, Domènec Ruiz Devesa, Pedro Silva Pereira

VERTS/ALE

Gwendoline Delbos-Corfield, Daniel Freund

 

3

-

RENEW

Catherine Bearder

S&D

Richard Corbett

VERTS/ALE

Aileen McLeod

 

0

0

 

 

 

 

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 

[1]  JO C 384 I du 12.11.2019, p. 1.

[2]  JO C 384 I du 12.11.2019, p. 178.

[5]  JO L 278 I du 30.10.2019, p. 1.

[6]  JO C 298 du 23.8.2018, p. 24.

[7]  JO C 346 du 27.9.2018, p. 2.

[8]  JO C 369 du 11.10.2018, p. 32.

[9]  JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[11] JO C 298 du 23.8.2018, p. 24.

[12] Orientations du Conseil européen à la suite de la notification faite par le Royaume-Uni au titre de l’article 50 du traité UE (EUCO XT 20004/17).

[13] Décision (UE) 2019/274 du Conseil du 11 janvier 2019 relative à la signature, au nom de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (JO L 47 I du 19.2.2019, p. 1). Le texte de l’accord de retrait joint à la décision (UE) 2019/274 a été publié au JO C 66 I du 19.2.2019, p. 1.

[14] Décision (UE) 2019/1750 du Conseil du 21 octobre 2019 portant modification de la décision (UE) 2019/274 relative à la signature, au nom de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande‐Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (JO L 274 I du 28.10.2019, p. 1). Le texte de l’accord de retrait joint à la décision (UE) 2019/1750 a été publié au JO C 384 I du 12.11.2019, p. 1.

[15] Décision (UE) 2020/48 du Conseil du 21 janvier 2020 portant modification de la décision (UE) 2019/274 relative à la signature, au nom de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (JO L 16 I du 21.1.2020, p. 1).

[16] Projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, document XT 21105/3/18 REV 3 du Conseil.

[17] JO C 91 du 9.3.2018, p. 40.

[18] «Groupe ALDE» durant la législature précédente, aujourd’hui «groupe Renew Europe».

[19] Un nouvel arrangement pour le Royaume-Uni dans l’Union européenne, JO C 69 I du 23.2.2016, p. 1.

 

[20] JO C 346 du 27.9.2018, p. 2.

[21] JO C 346, 27.9.2018, p. 2.

[23] JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[24] JO C 91 du 9.3.2018, p. 40.

[25] JO L 166 du 30.4.2004, p. 1.

[26] Textes adoptés de cette date P9_TA(2020)0006; résolution du Parlement européen du 15 janvier 2020 sur la mise en œuvre et le suivi des dispositions relatives aux droits des citoyens figurant dans l’accord de retrait (2020/2505(RSP)).

[27] «UK Withdrawal (‘Brexit’) and the Good Friday Agreement», Parlement européen, Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, Direction générale des politiques internes de l’Union, novembre 2017. Disponible à l’adresse suivante: https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/596826/IPOL_STU(2017)596826_EN.pdf

[28] Résolution du Parlement européen du 14 mars 2018 sur le cadre des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[29] «UK Withdrawal (‘Brexit’) and the Good Friday Agreement», Parlement européen, Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, Direction générale des politiques internes de l’Union, novembre 2017. Disponible à l’adresse suivante: https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/596826/IPOL_STU(2017)596826_EN.pdf

[30] C’est ainsi que plusieurs propositions ont été faites dans les publications sur le sujet, y compris une proposition «Frontière intelligente 2.0 », qui «propose la mise en œuvre d’une nouvelle solution à la frontière apportant des deux côtés de celle-ci un maximum de prévisibilité, de rapidité et de sécurité, et avec une charge et un coût minimums pour les professionnels et les voyageurs», en utilisant «une combinaison de normes internationales, de meilleures pratiques mondiales et de technologie de pointe». Smart Border 2.0: Avoiding a hard border on the island of Ireland for Customs control and the free movement of persons, Parlement européen, Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, Direction générale des politiques internes de l’Union, novembre 2017. Disponible à l’adresse https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/596828/IPOL_STU(2017)596828_EN.pdf

[31] «Smart Border 2.0: Avoiding a hard border on the island of Ireland for Customs control and the free movement of persons», Parlement européen, Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, Direction générale des politiques internes de l’Union, novembre 2017. Disponible à l’adresse https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/596828/IPOL_STU(2017)596828_EN.pdf

[32] Le but de cet état des lieux était «d’évaluer l’ampleur et la profondeur de cette coopération ainsi que le rôle joué par l’appartenance à l’Union européenne dans son fonctionnement et son développement. La coopération Nord-Sud est spécifique à l’île d’Irlande et relève de la compétence du gouvernement irlandais et de l’organe exécutif d’Irlande du Nord. La coopération est prévue par le deuxième volet de l’accord de Belfast/du Vendredi Saint». Voir: Mapping of North-South cooperation & Implementation Bodies – Report and key findings of the exercise, Commission européenne, task-force pour la préparation et la conduite des négociations avec le Royaume-Uni en vertu de l’article 50 du TUE, 21 juin 2019.

[33] Discours de James Brokenshire, ministre pour l’Irlande du Nord, à l’European Policy Centre le 6 novembre 2017.

[34] «Explainer for the New Ireland/Northern Ireland Protocol and the Political Declaration on the Future Relationship», service du gouvernement britannique sur la sortie de l’Union européenne, 18 octobre 2019. Disponible à l’adresse suivante: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/840653/EXPLAINER_FOR_THE_NEW_IRELAND_NORTHERN_IRELAND_PROTOCOL_AND_THE_POLITICAL_DECLARATION_ON_THE_FUTURE_RELATIONSHIP.pdf

[35] Pour de plus amples informations sur les dispositions du protocole révisé, cf. «Brexit: Quel est le contenu de l’accord conclu avec le Royaume-Uni aujourd’hui?», Commission européenne, Questions et réponses, du 17 octobre 2019. Disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/QANDA_19_6122

[37] «Cette facture comprend des engagements financiers qui s’étendent sur des décennies à venir, soit plus longtemps que les quelque 40 ans d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Les pensions à payer, les plans de dépenses en faveur des infrastructures, le démantèlement de sites nucléaires, et même les éléments tels que les satellites et le bâtiment Berlaymont – ils doivent tous être partagés dans cadre d’un règlement si l’on veut éviter un Brexit dur, désordonné, déplaisant», in The €60 billion Brexit bill: How to disentangle Britain from the EU budget («La facture de 60 milliards d’euros du Brexit: comment libérer la Grande-Bretagne du budget de l’UE»), Alex Barker, note d’orientation du Centre for European Reform, 6 février 2017. Disponible à l’adresse suivante: https://www.cer.eu/publications/archive/policy-brief/2017/%e2%82%ac60-billion-brexit-bill-how-disentangle-britain-eu-budget

 

[38] JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[39] JO C 346 du 27.9.2018, p. 2.

[40] Tobias Lock et Fabian Zuleeg, «Extending the transition period» («Prolongation de la période de transition»), document de réflexion d’EPC, 28 septembre 2018, p. 6.

[41] JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[42] Tobias Lock et Fabian Zuleeg, «Extending the transition period», document de réflexion d’EPC, 28 septembre 2018, p. 3.

[43] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0016.

[44] JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[45] JO C 298 du 23.8.2018, p. 24.

[46] JO C 369 du 11.10.2018, p. 32.

[47] JO C 162 du 10.5.2019, p. 40.

[48] Voir, dans ce contexte, le billet publié le 8 décembre 2018 sur le blog «EU Law Analysis» par Steve Peers, qui relève que le caractère «pas du tout contraignant et très imprécis de la déclaration politique a suscité des critiques». Dans un billet ultérieur, mis en ligne le 12 mars 2019, Steve Peers répète que «la déclaration politique, outre son statut non contraignant, reste vague ou s’abstient de tout engagement à l’égard d’un certain nombre d’aspects essentiels des relations futures. Elle pourrait être révisée [...] afin de fournir des engagements plus fermes et plus précis». Ces deux billets peuvent être consultés sur http://eulawanalysis.blogspot.com.

[49] JO C 66 I du 19.2.2019, p. 185.

[50] JO C 384 I du 12.11.2019, p. 178.

[51] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0016.

[52] Étaient présents au moment du vote final: Pierre Karleskind (président f.f.), Róża Thun und Hohenstein (vice-présidente), Maria Manuel Leitão Marques (vice-présidente), Petra De Sutter (rapporteure pour avis), Adam Bielan, Carlo Fidanza, Alex Agius Saliba, Clara Aguilera, Andrus Ansip, Pablo Arias Echeverría, Pascal Arimont, Anna-Michelle Asimakopoulou, Alessandra Basso, Brando Benifei, Adam Bielan, Hynek Blaško, Biljana Borzan, Vlad-Marius Botoş, Markus Buchheit, Dita Charanzová, David Cormand, Dinesh Dhamija, Carlo Fidanza, Evelyne Gebhardt, Alexandra Geese, Svenja Hahn, Virginie Joron, Eugen Jurzyca, Arba Kokalari, Marcel Kolaja, John Longworth, Morten Løkkegaard, Adriana Maldonado López, Leszek Miller, Dan-Ştefan Motreanu, Anne-Sophie Pelletier, Jiří Pospíšil, Christel Schaldemose, Tomislav Sokol, Edina Tóth, Kim Van Sparrentak, Marion Walsmann et Ivan Štefanec.

[53] Étaient présents au moment du vote final: Norbert Lins (Président), Mairead McGuinness (rapporteure pour avis), Álvaro Amaro, Franc Bogovič, Daniel Buda, Herbert Dorfmann, Balázs Hidvéghi, Peter Jahr, Marlene Mortler, Anne Sander, Simone Schmiedbauer, Juan Ignacio Zoido Álvarez, Clara Aguilera, Eric Andrieu, Attila Ara-Kovács, Carmen Avram, Adrian-Dragoş Benea, Isabel Carvalhais, Paolo De Castro, Juozas Olekas, Massimiliano Smeriglio, Atidzhe Alieva-Veli, Asger Christensen, Jérémy Decerle, Martin Hlaváček, Elsi Katainen, Ulrike Müller, Sheila Ritchie, Mara Bizzotto, Angelo Ciocca, Ivan David, Gilles Lebreton, Maxette Pirbakas, Benoît Biteau, Martin Häusling, Pär Holmgren, Bronis Ropė, Sarah Wiener, Mazaly Aguilar, Krzysztof Jurgiel, Zbigniew Kuźmiuk, Bert-Jan Ruissen, Veronika Vrecionová, Luke Ming Flanagan, Petros Kokkalis, Dino Giarrusso, Ivan Vilibor Sinčić

[54] JO CI 384/1 du 12.11.2019, p. 1.

[55] Étaient présents au moment du vote final: Lucy Nethsingha (présidente), Ibán García Del Blanco, Sergey Lagodinsky, Marion Walsmann (vice-présidents), Patrick Breyer, Geoffroy Didier, Angel Dzhambazki, Heidi Hautala, Jackie Jones, Mislav Kolakušić; Gilles Lebreton, Karen Melchior, Lefteris Nikolaou-Alavanos, Sabrina Pignedoli, Jiří Pospíšil, Emil Radev, Franco Roberti, Liesje Schreinemacher, Stéphane Séjourné, Axel Voss, Lara Wolters, Tiemo Wölken, Juan Ignacio Zoido Álvarez (au nom d’Esteban González Pons au titre de l’article 209, paragraphe 7, du règlement intérieur).

[56] Résolution du Parlement européen du 14 mars 2018 sur le cadre des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni (2018/2573(RSP))

[57] Arrêt de la Cour de justice du 6 octobre 2015 dans l’affaire C-362/14, Maximillian Schrems contre Data Protection Commissioner

[58]Étaient présents au moment du vote final: Dolors Montserrat (présidente), Tatjana Ždanoka (vice-présidente), Yana Toom (vice-présidente), Asim Ademov, Alex Agius Saliba, Isabel Benjumea Benjumea, Martin Buschmann, Angel Dzhambazki, Peter Jahr, Manolis Kefalogiannis, Ádám Kósa, Adriana Maldonado López, Ulrike Müller, Lefteris Nikolaou-Alavanos, Demetris Papadakis, Sira Rego, Diana Riba i Giner, Alfred Sant, Nico Semsrott, Andrey Slabakov, Ramona Strugariu, Loránt Vincze, Rainer Wieland, Kosma Złotowski.

Dernière mise à jour: 28 janvier 2020Avis juridique - Politique de confidentialité