Procédure : 2020/2071(INI)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document : A9-0142/2020

Textes déposés :

A9-0142/2020

Débats :

Votes :

PV 16/09/2020 - 12
PV 17/09/2020 - 12

Textes adoptés :

P9_TA(2020)0228

<Date>{22/07/2020}22.7.2020</Date>
<NoDocSe>A9-0142/2020</NoDocSe>
PDF 408kWORD 160k

<TitreType>RAPPORT</TitreType>

<Titre>sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent</Titre>

<DocRef>(2020/2071(INI))</DocRef>


<Commission>{ENVI}Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire</Commission>

Rapporteure: <Depute>Nathalie Colin-Oesterlé</Depute>

Rapporteure pour avis (*):
Joëlle Mélin, commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie

(*) Commission associée – article 57 du règlement intérieur

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 ANNEXE: LISTE DES ENTITÉS OU PERSONNES DONT LA RAPPORTEURE A REÇU DES CONTRIBUTIONS
 AVIS DE LA COMMISSION DE L’INDUSTRIE, DE LA RECHERCHE ET DE L’ÉNERGIE
 AVIS DE LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT
 AVIS DE LA COMMISSION DU COMMERCE INTERNATIONAL
 AVIS DE LA COMMISSION DES TRANSPORTS ET DU TOURISME
 LETTRE DE LA COMMISSION DES AFFAIRES JURIDIQUES
 INFORMATIONS SUR L’ADOPTION PAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND


PR_INI

SOMMAIRE

Page

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

EXPOSÉ DES MOTIFS

ANNEXE: LISTE DES ENTITÉS OU PERSONNES DONT LA RAPPORTEURE A REÇU DES CONTRIBUTIONS

AVIS DE LA COMMISSION DE L’INDUSTRIE, DE LA RECHERCHE ET DE L’ÉNERGIE

AVIS DE LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT

AVIS DE LA COMMISSION DU COMMERCE INTERNATIONAL

AVIS DE LA COMMISSION DES TRANSPORTS ET DU TOURISME

LETTRE DE LA COMMISSION DES AFFAIRES JURIDIQUES

INFORMATIONS SUR L’ADOPTION PAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND


PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent (2020/2071(INI))

Le Parlement européen,

 vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

 vu l’article 6, paragraphe 1, du traité UE et l’article 35 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne sur le droit à la protection en matière de santé de tout citoyen européen,

 vu l’article 14 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et l’article 36 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

 vu les articles 101 et 102 du traité FUE ainsi que le protocole nº 27 sur le marché intérieur et la concurrence,

 vu les articles 107 et 108 du traité FUE sur les aides d’État,

 vu l’article 168 du traité FUE, qui dispose qu’un niveau élevé de protection de la santé humaine doit être assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union,

 vu la directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain[1], les obligations établies dans son article 81 concernant le maintien d’une fourniture suffisante et continue de médicaments, et son article 23 bis sur la notification à l’autorité compétente si un produit cesse d’être mis sur le marché, à titre temporaire ou permanent,

 vu le rapport d’évaluation de la Commission au Parlement européen et au Conseil conformément à l’article 59, paragraphe 4, de la directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain (COM(2017)0135),

 vu les conclusions du Conseil du 8 juin 2010 sur l’équité et la santé dans toutes les politiques: solidarité en matière de santé,

 vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE[2],

 vu le règlement (UE) nº 536/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relatif aux essais cliniques de médicaments à usage humain et abrogeant la directive 2001/20/CE[3],

 vu le règlement (UE) 2015/1589 du Conseil du 13 juillet 2015 portant modalités d’application de l’article 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne[4],

 vu le règlement délégué (UE) 2016/161 de la Commission du 2 octobre 2015 complétant la directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil en fixant les modalités des dispositifs de sécurité figurant sur l’emballage des médicaments à usage humain[5],

 vu le règlement (UE) 2017/745 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2017 relatif aux dispositifs médicaux, modifiant la directive 2001/83/CE, le règlement (CE) nº 178/2002 et le règlement (CE) nº 1223/2009 et abrogeant les directives du Conseil 90/385/CEE et 93/42/CEE[6],

 vu le (UE) 2020/561 du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2020 modifiant le règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux en ce qui concerne les dates d’application de certaines de ses dispositions[7],

 vu le règlement (UE) 2019/5 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 modifiant le règlement (CE) nº 726/2004 établissant des procédures communautaires pour l’autorisation et la surveillance en ce qui concerne les médicaments à usage humain et à usage vétérinaire, et instituant une Agence européenne des médicaments, le règlement (CE) nº 1901/2006 relatif aux médicaments à usage pédiatrique et la directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain[8],

 vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l’évaluation des technologies de la santé et modifiant la directive 2011/24/UE (COM(2018)0051), et la position du Parlement en première lecture du 14 février 2019 sur ladite proposition,

 vu l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) et la déclaration de Doha sur l’accord sur les ADPIC et la santé publique,

 vu la communication de la Commission du 8 avril 2020 intitulée «Orientations pour un approvisionnement optimal et rationnel en médicaments afin d’éviter toute pénurie au cours de la pandémie de COVID-19» (C(2020)2272),

 vu la communication du 27 mai 2020 de la Commission intitulée «L’heure de l’Europe: réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération» (COM(2020)0456),

 vu la communication du 27 mai 2020 de la Commission intitulée «Le budget de l’Union: moteur du plan de relance pour l’Europe» (COM(2020)0442),

 vu la communication de la Commission du 10 mars 2020 intitulée «Une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe» (COM(2020)0102),

 vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030» (COM(2020)0380),

 vu la résolution du Parlement européen du 17 avril 2020 sur une action coordonnée de l’Union pour combattre la pandémie de COVID-19 et ses conséquences[9],

 vu la résolution du Parlement européen du 18 décembre 2019 – Permettre la transformation numérique des services de santé et de soins dans le marché unique numérique: donner aux citoyens les moyens d’agir et construire une société plus saine[10],

 vu la résolution Parlement européen du 2 mars 2017 sur les options de l’Union européenne pour améliorer l’accès aux médicaments[11],

 vu les lignes directrices de la task-force sur la disponibilité des médicaments autorisés à usage humain et à usage vétérinaire réunissant l’Agence européenne des médicaments (EMA) et les directeurs des agences des médicaments (HMA), notamment celles du 1er juillet 2019 intitulées «Guidance on detection and notification of shortages of medicinal products for Marketing Authorisation Holders (MAHs) in the Union (EEA)» (EMA/674304/2018) (Guide pour la détection et la notification des pénuries de médicaments pour les titulaires d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union (EEE)) et celles du 4 juillet 2019 intitulées «Good practice guidance for communication to the public on medicines’ availability issues» (EMA/632473/2018) (Guide de bonnes pratiques pour la communication au public sur les questions de disponibilité des médicaments),

 vu les plateformes récemment créées à la lumière de l’actuelle crise de la COVID-19, telles que le système de point de contact unique pour l’industrie (I-SPOC) de l’EMA, qui rationalise le processus de notification des pénuries potentielles de médicaments afin de les prévenir et de les signaler le plus tôt possible; vu le fait que ces plateformes ont permis et facilité un dialogue sur les pénuries entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique et les régulateurs,

 vu le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) intitulé «La sélection des médicaments essentiels. Rapport d’un Comité d’experts de I’OMS [réuni à Genève du 17 au 21 octobre 1977]» (nº 615 de la série de rapports techniques de l’OMS), le rapport du secrétariat de l’OMS du 7 décembre 2001 intitulé «Stratégie pharmaceutique de l’OMS — procédure révisée pour la mise à jour de la liste modèle OMS des médicaments essentiels» (EB109/8), le rapport de l’OMS de mars 2015 intitulé «Access to New Medicines in Europe» (L’accès aux nouveaux médicaments en Europe) et le rapport de l’OMS du 9 juillet 2013 intitulé «Priority Medicines for Europe and the World» (Médicaments prioritaires pour l’Europe et le monde),

 vu l’approche «Un monde, une santé» de l’OMS,

 vu l’objectif de développement durable des Nations unies nº 3, à savoir «Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge»,

 vu le rapport d’information nº 737 du Sénat français du 27 septembre 2018 de M. Jean-Pierre Decool intitulé «Pénuries de médicaments et de vaccins: renforcer l’éthique de santé publique dans la chaîne du médicament», fait au nom de la mission d’information du Sénat français sur la pénurie de médicaments et de vaccins,

 vu les orientations de la Commission concernant les investissements directs étrangers et la libre circulation des capitaux provenant de pays tiers ainsi que la protection des actifs stratégiques européens dans le contexte de l’urgence liée à la COVID-19, dans la perspective de l’application du règlement (UE) 2019/452 (le règlement sur le filtrage des IDE), qui sera pleinement opérationnel à partir du 11 octobre 2020,

 vu les conclusions de la session du Conseil «Emploi, politique sociale, santé et consommateurs» des 9 et 10 décembre 2019,

 vu le rapport 2016 du Groupe de haut niveau sur l’accès aux médicaments du Secrétaire général des Nations unies intitulé «Promouvoir l’innovation et l’accès aux technologies de la santé»,

 vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 sur «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640),

 vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe[12],

 vu l’article 54 de son règlement intérieur,

 vu les avis de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie, de la commission du développement, de la commission du commerce international, de la commission des transports et du tourisme et de la commission des affaires juridiques,

 vu le rapport de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (A9-0142/2020),

A. considérant que le problème de longue date de la pénurie de médicaments au sein de l’Union s’est considérablement aggravé au cours des dernières années; que l’augmentation de la demande mondiale, ainsi que la pandémie de COVID-19, ont encore aggravé les pénuries de médicaments, fragilisant le système sanitaire des États membres et entraînant des risques considérables pour la santé et la prise en charge des patients, notamment la progression de la maladie ou l’aggravation des symptômes, des retards accrus ou des interruptions dans les soins ou la thérapie, des hospitalisations plus longues, une exposition accrue aux médicaments falsifiés, des erreurs de médication ou des effets indésirables survenant lorsque le médicament manquant est remplacé par un autre, une transmission évitable de maladies infectieuses, une détresse psychologique importante et une augmentation des dépenses pour le système de soins de santé; qu’il est du devoir des États membres de trouver des solutions rapides et concrètes, notamment dans le cadre d’une action et d’une coordination européennes communes;

B. considérant que les traités et la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne indiquent que chacun à la prévention en matière de santé et a le droit de bénéficier de traitements médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales; que ce droit devrait être appliqué à tous les citoyens, y compris ceux qui vivent dans les plus petits États membres et dans les régions les plus périphériques de l’Union; que la pénurie de médicaments est une menace croissante pour la santé publique, qui a de graves répercussions sur les systèmes de soins de santé et sur le droit de chaque patient dans l’Union à l’accès à un traitement médical approprié;

C. considérant que garantir l’accès des patients aux médicaments essentiels est l’un des objectifs principaux de l’Union européenne et de l’OMS, repris dans l’ODD nº 3 du programme de développement durable des Nations unies; que l’accès universel aux médicaments dépend de leur disponibilité en temps voulu et de leur caractère abordable pour tous, sans discrimination géographique;

D. considérant que les patients devraient avoir accès aux soins de santé et aux options de traitement de leur choix et de leur préférence;

E. considérant que l’accès à des tests diagnostics et à des vaccins abordables et adaptés est aussi essentiel que l’accès à des médicaments sûrs, efficaces et abordables;

F. considérant que les pénuries de médicaments sont d’origine multifactorielle et complexe; que certaines décisions prises par l’industrie pharmaceutique, telles que les arrêts de production et les retraits des marchés des États membres moins rentables, sont souvent la raison des pénuries de médicaments;

G. considérant qu’il est impératif de prévenir les pénuries de médicaments ainsi que d’en atténuer les effets dans le cas où elles se produisent;

H. considérant qu’une stratégie efficace devrait comprendre des mesures visant à atténuer les pénuries de médicaments, mais aussi à la prévenir, en se penchant sur les causes profondes, multiples, des pénuries;

 

I. considérant qu’il n’existe pas de définitions harmonisées entre États membres des concepts de «pénurie», de «tensions», de «ruptures d’approvisionnement», de «déstockage» et de «surstockage»; qu’il est nécessaire de distinguer «les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur» (MITM) et «les médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique» (MISS);

J. considérant que les pénuries de médicaments imposent des coûts importants aux acteurs de la santé, tant publics que privés;

K. considérant que les produits pharmaceutiques constituent l’un des piliers des soins de santé et que l’accès insuffisant aux médicaments essentiels et les prix élevés des médicaments novateurs constituent une menace sérieuse pour la santé de la population et la viabilité des systèmes de santé nationaux;

L. considérant que, dans de nombreux cas, les prix des nouveaux médicaments, notamment des traitements contre le cancer, ont augmenté au cours des dernières décennies au point d’être inabordables pour de nombreux citoyens de l’Union;

M. considérant que l’industrie des médicaments génériques et biosimilaires fournit la majorité des médicaments aux patients de l’Union (près de 70 % de produits pharmaceutiques délivrés);

N. considérant que l’entrée des génériques et des biosimilaires sur le marché constitue un mécanisme important d’accroissement de la concurrence, de réduction des prix et de garantie de la viabilité des systèmes de santé; que leur entrée sur le marché ne devrait pas être retardée;

O. considérant que les fabricants de génériques basés dans l’Union ont un rôle important à jouer face à la croissance de la demande de médicaments abordables dans les États membres;

P. considérant que les anticancéreux, les médicaments contre le diabète, les anti-infectieux et les médicaments du système nerveux représentent plus de la moitié de ces pénuries; que les spécialités injectables semblent être les plus susceptibles d’être touchées par la pénurie en raison de la complexité de leur processus de fabrication;

Q. considérant que les pénuries de médicaments pourraient compromettre le succès des initiatives de l’Union et des États membres en matière de santé, telles que le plan européen de lutte contre le cancer;

R. considérant que dans les États membres dont les marchés sont petits, les médicaments destinés à traiter les maladies rares ne sont souvent pas disponibles ou ne le sont qu’à des prix nettement plus élevés que sur les grands marchés;

S. considérant que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance d’un marché intérieur qui fonctionne bien et de chaînes d’approvisionnement solides pour les médicaments et les équipements médicaux; qu’un dialogue européen sur la manière de garantir ce bon fonctionnement est nécessaire;

T. considérant que des initiatives non coordonnées au niveau national, telles que la constitution de stocks et l’imposition de sanctions, ne constituent pas la bonne solution et pourraient entraîner un risque accru de pénuries de médicaments;

 

U. considérant la perte d’indépendance sanitaire européenne liée à la délocalisation de la production, 40 % des médicaments finis commercialisés dans l’Union proviennent de pays tiers; que, bien que l’Europe dispose d’une infrastructure industrielle forte, la chaîne d’approvisionnement reste fortement tributaire de sous-traitants extérieurs à l’Union pour la production de matières premières en raison du coût du travail et de normes environnementales souvent moins contraignantes, de sorte que 60 % à 80 % des principes chimiques actifs des médicaments sont fabriqués hors de l’Union, principalement en Chine et en Inde; que cette proportion était de 20 % il y a 30 ans; que ces deux pays produiraient 60 % du paracétamol mondial, 90 % de la pénicilline et 50 % de l’ibuprofène; qu’à ce jour, aucune étiquette ni aucun étiquetage obligatoire visible par les patients et clients n’est exigé en ce qui concerne l’origine et le pays de fabrication des médicaments et des principes actifs; que l’accès limité aux principes actifs requis pour la production de médicaments génériques est particulièrement problématique; que l’interruption de la chaîne d’approvisionnement mondiale résultant de la pandémie de COVID-19 a davantage encore mis en lumière la dépendance de l’Union vis-à-vis des pays tiers dans le secteur de la santé; que la nouvelle pandémie de COVID-19 a également révélé des pénuries de dispositifs médicaux, de produits médicaux et d’équipements de protection;

 

V. considérant que l’Union dispose toujours d’un secteur de la production pharmaceutique solide, en particulier dans le secteur de l’innovation, et qu’elle est le premier exportateur mondial de produits pharmaceutiques, qui participe au commerce mondial de produits pharmaceutiques; que la fourniture de médicaments génériques à moindre coût avec une production hors de l’Union permet de rendre les médicaments abordables, ce qui a une incidence sur les budgets de santé des États membres et sur l’accès des patients;

W. considérant qu’en conséquence de la crise sanitaire de la COVID-19, l’Union sera confrontée à une crise économique qui se répercutera sur les pénuries de médicaments et sur la compétitivité de son industrie pharmaceutique;

X. considérant qu’il est tout aussi important de protéger et d’encourager les sites de production existants au sein de l’Union et de renforcer le paysage européen de la recherche;

Y. considérant que l’augmentation de la demande, associée à la pression sur les prix, entraînent notamment la concentration de l’offre de principes actifs, une réduction du nombre de fabricants de produits chimiques et une absence de solutions autres en cas d’apparition de problèmes, comme le montre le cas de la crise actuelle de la COVID-19;

Z. considérant que les stocks de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur et de médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique sont insuffisants, que les principes actifs sont peu coûteux et de production simple et que les stocks de médicaments matures, essentiels pour la santé publique, sont particulièrement limités; que les firmes pharmaceutiques travaillent à flux tendu, ce qui peut exposer les fabricants à des chocs d’offre dès lors que surviennent des perturbations inattendues de la production et de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que des fluctuations en ce qui concerne la demande du marché;

AA. considérant qu’une fixation différentiée des prix d’un État membre à l’autre favorise les «exportations parallèles» vers les pays dans lesquels le médicament est vendu plus cher; que les exportations parallèles peuvent dans certains cas avoir pour conséquence involontaire de perturber l’approvisionnement des États membres, entraînant ainsi des déséquilibres sur le marché; que, dans sa résolution du 2 mars 2017, le Parlement a invité la Commission et le Conseil à évaluer l’incidence du commerce parallèle et des quotas d’approvisionnement;

AB. considérant que les pratiques de stockage inappropriées qui ont cours dans certains États membres en l’absence de coordination efficace à l’échelle de l’Union entraînent un déséquilibre du marché, aggravent les pénuries de médicaments et limitent l’accès des patients aux traitements dans toute l’Union;

AC. considérant que les mesures non coordonnées au niveau national se sont révélées inefficaces pour lutter contre la crise de la COVID-19, alors qu’une coordination et un dialogue paneuropéens sont nécessaires;

AD.  considérant que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière le fait que la coordination entre les institutions de l’Union, les autorités de réglementation et les experts de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique est essentielle en vue de faire face aux crises sanitaires et aux dysfonctionnements de l’approvisionnement tels que les pénuries de médicaments; qu’elle a également démontré l’importance de la coordination entre les politiques et les services de l’Union afin de réagir de manière rapide et efficace aux situations d’urgence ainsi que de prévenir les pénuries de médicaments et de les atténuer au cas où elles se produiraient;

AE. considérant qu’un nombre croissant d’États membres cherchent à mettre en place des stocks nationaux de fournitures médicales et que l’augmentation de la demande qui en résulterait dépasserait les prévisions actuelles en matière de demande, qui sont fondées sur le besoin épidémiologique; que les hausses soudaines et importantes de la demande peuvent exercer une pression considérable sur les fournisseurs et, en conséquence, donner lieu à des difficultés pour répondre à la demande dans d’autres pays;

AF. considérant que la crise financière de 2009 a forcé les pays européens à introduire des mesures intenables de limitation des coûts – telles que des clauses de récupération et des mécanismes inefficaces de passation de marchés – afin de réduire les dépenses pharmaceutiques, ce qui a conduit au retrait de produits et d’entreprises du marché;

AG. considérant que l’absence d’harmonisation des réglementations entre États membres fait obstacle à la circulation des médicaments au sein du marché unique;

AH. considérant que la crise liée à la COVID-19 a mis en lumière le risque accru que présentent les tentatives d’acquérir des capacités sanitaires en passant par des investissements directs étrangers et la nécessité de préserver et de renforcer le partage de ces capacités précieuses au sein du marché unique;

AI. considérant qu’une industrie pharmaceutique forte, innovante et compétitive en Europe est capitale pour l’Union européenne et ses États membres;

AJ. considérant que l’industrie pharmaceutique nécessite un cadre juridique adéquat pour mener des recherches, développer et produire des produits pharmaceutiques au sein de l’Union européenne;

AK. considérant que la protection par brevet crée un cadre juridique important pour l’innovation pharmaceutique, étant donné qu’elle offre aux entreprises des incitations financières leur permettant de couvrir les coûts de recherche et de développement (R&D) de nouveaux médicaments;

AL.  considérant que les États membres sont libres de déterminer d’autres motifs pour l’octroi de licences obligatoires et de déterminer ce qui constitue une urgence nationale;

AM. considérant que les mécanismes qui permettent aux acteurs de la chaîne d’approvisionnement, et en particulier aux pharmaciens, de communiquer des informations concernant le manque de médicaments sont actuellement très fragmentés au sein des États membres; que cette fragmentation peut faire obstacle à une surveillance et à une communication adéquates entre les autorités des États membres concernant les pénuries de médicaments;

AN. considérant que l’article 81 de la directive 2001/83/CE demande des mesures visant à prévenir les pénuries ou les problèmes de distribution des médicaments dans les États membres; que la Commission a publié des lignes directrices pour un approvisionnement optimal et rationnel en médicaments afin d’éviter les pénuries pendant la pandémie de COVID-19; que, dans ces lignes directrices, la Commission reconnaît qu’aucun pays n’est autosuffisant ni en matières premières, ni en principes actifs, ni en produits intermédiaires, ni en médicaments finis nécessaires au bon fonctionnement du système de santé;

AO. considérant que, selon la Commission, la réponse des États membres à la crise pandémique de la COVID-19 a nécessité un accroissement considérable de la production de principes actifs et de médicaments dans l’Union et que cette situation a exigé une réorganisation des chaînes d’approvisionnement et des lignes de production; que, dans ses déclarations faites lors de la réunion du 22 avril 2020 avec les membres de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, Stella Kyriakides, membre de la Commission, a souligné la nécessité d’accroître la production de médicaments et le niveau d’innovation au sein de l’Union; que tous les petits et moyens laboratoires pharmaceutiques constituent un atout à préserver et un réservoir de recherches et de découvertes à soutenir, car ils peuvent participer à la prévention des pénuries de médicaments;

AP. considérant que le Parlement, dans sa résolution du 8 mars 2011[13], et le Conseil, dans ses conclusions du 13 septembre 2010, ont tous deux souligné la nécessité d’introduire une procédure commune de passation conjointe de marché relative à des contre-mesures médicales, notamment en ce qui concerne les vaccins pandémiques; que la décision no 1082/2013 du Parlement européen et du Conseil[14] encourage les États membres à tirer parti des procédures de passation conjointe de marché, à condition que ces procédures soient précédées d’un accord de passation conjointe de marché entre les États membres participants;

AQ. considérant que la Commission a annoncé son intention de publier, d’ici à la fin de l’année 2020, des recommandations pour une future stratégie pharmaceutique de l’Union;

AR. considérant que la gestion des transports et de la logistique est d’une importance cruciale pour l’approvisionnement en médicaments, produits pharmaceutiques, équipements médicaux, équipements de protection individuelle et autres fournitures médicales et matières premières, notamment compte tenu de la complexité croissante des chaînes d’approvisionnement; qu’il est important de disposer de points efficaces de passage frontalier via des «voies réservées» afin de garantir la circulation sans entraves des médicaments, de réduire les obstacles administratifs et de faciliter l’accès aux services de transport;

AS. considérant qu’il convient de garantir des normes de sécurité élevées et de veiller à ce que les travailleurs bénéficient de conditions de travail décentes; que la réglementation pharmaceutique devrait garantir la qualité, la quantité, la sécurité et l’efficacité de la fourniture de médicaments entre les États membres;

AT. considérant que les patients dépendent d’un accès équitable et efficace aux médicaments dans le cadre d’un marché unique durable, compétitif, multisources et performant, dont fait partie l’espace européen unique des transports;

AU. considérant que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière le fait que la circulation intra-UE et extra-UE des médicaments est essentielle en vue de surmonter les contraintes existantes et d’accorder la priorité à la circulation des biens essentiels;

AV. considérant qu’il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour que la pandémie de COVID-19 ne détériore pas la situation socio-économique et les conditions de vie des citoyens vulnérables;

AW. considérant que le changement climatique est l’un des facteurs à l’origine de la multiplication des épidémies ainsi que de leur expansion géographique et de l’aggravation de leur incidence, en lien avec la mondialisation, l’urbanisation et l’intensification des voyages; que la surveillance européenne a été renforcée sur les maladies vectorielles comme les virus du paludisme, de la dengue, du chikungunya, de la maladie à virus Zika et de la fièvre du Nil occidental;

AX. considérant la corrélation accrue entre la destruction de la biodiversité, le trafic d’espèces sauvages, la prolifération des habitats artificiels et la dégradation des zones naturelles à forte densité humaine, ainsi que les méthodes non durables de production alimentaire et la propagation des zoonoses, qui permettent aux agents pathogènes d’origine animale d’arriver jusqu’à l’homme et de se diffuser rapidement; considérant que la biodiversité est une source importante pour les médicaments existants et pour le développement potentiel de médicaments futurs;

1. souligne qu’il est absolument nécessaire, d’un point de vue géostratégique, que l’Union retrouve son indépendance en matière de soins de santé, qu’elle assure rapidement et efficacement son approvisionnement en médicaments, en équipements médicaux, en dispositifs médicaux, en substances actives, en outils de diagnostic et en vaccins à des prix abordables et qu’elle prévienne les pénuries dans ces domaines, en donnant la priorité à l’intérêt et à la sécurité des patients; souligne qu’il importe de veiller à ce que tous les États membres disposent d’un accès équitable à la chaîne d’approvisionnement; insiste à cette fin sur la nécessité, pour l’industrie pharmaceutique de l’Union, de disposer d’une chaîne d’approvisionnement diversifiée et d’un plan d’atténuation du risque de pénurie de médicaments, afin de gérer les vulnérabilités et les risques auxquels est exposée sa chaîne d’approvisionnement;

2. rappelle que, si les États membres sont responsables de la définition et de l’organisation de leurs politiques de santé, l’Union est responsable de la législation pharmaceutique ainsi que de diverses politiques de santé publique, et qu’il lui incombe de coordonner et de compléter les mesures nationales en vue de garantir l’accès de tous les citoyens et résidents de l’Union à des services de santé abordables et de haute qualité;

3. souligne qu’il importe de toujours placer l’intérêt et la sécurité des patients au cœur des politiques de santé, sans tolérer aucune discrimination en matière d’accès aux médicaments et aux traitements, et qu’il est nécessaire de renforcer la coopération et la coordination entre les États membres et de faciliter l’échange de bonnes pratiques; souligne le préjudice potentiel porté aux patients du fait des pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux; invite la Commission et les États membres à collaborer étroitement pour protéger la résilience et la durabilité de la chaîne d’approvisionnement sanitaire et pour garantir la disponibilité permanente des médicaments;

4. insiste sur le fait que la pénurie de médicaments est une menace sérieuse pour le droit des patients de l’Union aux soins médicaux essentiels, ce qui crée des inégalités entre les patients selon leur pays de résidence et soulève également le risque d’une perturbation du marché unique;

5. souligne qu’il est important de disposer de définitions harmonisées au niveau de l’Union pour les concepts de «pénurie», de «tensions», de «ruptures d’approvisionnement», de «déstockage» et de «surstockage»; invite la Commission à élaborer de telles définitions en étroite coopération avec les États membres et toutes les parties prenantes concernées, y compris les organisations de patients; invite en particulier la Commission à renforcer la définition du concept de «pénurie» proposée en 2019 par la task force conjointe de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et des directeurs des agences des médicaments; invite la Commission à établir une distinction entre les «médicaments d’intérêt thérapeutique majeur» (MITM), soit les médicaments pour lesquels une interruption de traitement est susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme ou réduit considérablement les chances du patient au regard du potentiel évolutif de la maladie, ou pour lesquels il n’existe aucune solution thérapeutique de remplacement qui soit appropriée et disponible en quantité suffisante, et les «médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique» (MISS), pour lesquels une interruption de traitement représente un danger immédiat pour la vie du patient;

6. estime qu’il est essentiel d’analyser les causes profondes multifactorielles des pénuries de médicaments et de s’y attaquer; salue dans ce cadre l’appel d’offres lancé par la Commission pour une étude sur les causes de la pénurie de médicaments dans l’Union et demande que cette étude soit publiée d’ici la fin de l’année; appelle toutefois à mener une autre étude sur les incidences des pénuries de médicaments sur les soins, le traitement et la santé des patients;

7. invite la Commission à proposer, dans le cadre de sa future stratégique pharmaceutique, des mesures ambitieuses et concrètes visant à pallier ces difficultés; demande à la Commission d’inclure des mesures destinées au secteur pharmaceutique dans sa proposition de législation de 2021 sur la diligence raisonnée des entreprises;

8. se félicite de la proposition de la Commission relative au nouveau programme «L’UE pour la santé» et du fait que l’un de ses objectifs annoncés soit la promotion de la disponibilité et de l’accessibilité des médicaments et des équipements médicaux; plaide en faveur d’une action commune pour la prévention des pénuries de médicaments, qui serait financée par le futur programme de santé;

9. rappelle que la pénurie de médicaments est un problème mondial; souligne que les pays en développement, dont un certain nombre de pays africains, sont les plus touchés par ces pénuries; demande instamment que la question de l’accès aux médicaments dans les pays en développement soit traitée dans un contexte plus large, dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS); invite la Commission et les États membres à renforcer leur soutien aux pays en développement, notamment au moyen de la réserve stratégique «RescEU»;

10. souligne le droit fondamental de toute personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, tel que consacré par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme; rappelle à cet égard que l’Union européenne s’est engagée à protéger avec rigueur la santé humaine dans toutes ses politiques et activités, conformément à l’article 208 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et au principe de cohérence des politiques au service du développement, dans le plein respect des engagements internationaux, notamment le programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’objectif de développement durable 3 «Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge»;

Sécuriser l’approvisionnement dans l’intérêt des patients, garantir l’accès aux soins médicaux pour tous les patients et rétablir l’indépendance de l’Union en matière de santé

11. rappelle que les pénuries de médicaments ont une incidence directe sur la santé et la sécurité des patients, ainsi que sur la continuité de leur traitement; souligne que, pour les patients, les conséquences des pénuries de médicaments incluent: une progression de la maladie ou une aggravation des symptômes en raison d’un retard du traitement, une transmission évitable de maladies infectieuses, un risque accru d’exposition à des médicaments falsifiés et une importante détresse psychologique pour les patients et leur famille; rappelle qu’aucun État membre n’est autosuffisant en ce qui concerne les matières premières, les produits intermédiaires, les principes actifs et les médicaments finis nécessaires pour garantir le bon fonctionnement du système de santé;

12. remarque que les risques sont particulièrement élevés pour les personnes vulnérables comme les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes présentant un handicap et les patients atteints de maladies chroniques ou de cancer ou se trouvant en unité de soins intensifs;

13. rappelle les pénuries d’hormones féminines de synthèse utilisées en contraception et dans les traitements hormonaux substitutifs (THS); s’inquiète de la menace que ces pénuries constituent pour la santé et les droits sexuels et génésiques des femmes et des filles; souligne l’importance de renforcer le contrôle et la gestion de la fabrication, du stockage et de la commercialisation de ces médicaments pour garantir aux femmes la continuité des chaînes d’approvisionnement, des prix équitables et leur disponibilité;

14. souligne que, dans plusieurs États membres, un prix plus élevé, un taux de remboursement plus faible ou une absence de remboursement pour le médicament de substitution proposé au patient représentent des obstacles majeurs en matière d’accès aux médicaments pour les personnes à faibles revenus ou souffrant de maladies chroniques; appelle les États membres à garantir l’accès à un médicament de substitution à un prix équivalent ou donnant lieu à un remboursement similaire dans le cas d’une pénurie d’approvisionnement;

15. demande à la Commission d’inclure dans les statistiques de l’Union sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC) des données sur les besoins non satisfaits autodéclarés en matière d’accès aux médicaments, l’accès aux médicaments n’étant actuellement pas mesuré dans les EU-SILC;

 

16. invite la Commission et les États membres à prendre rapidement les mesures nécessaires pour garantir la sécurité d’approvisionnement en produits médicaux, réduire la dépendance de l’Union à l’égard des pays tiers et soutenir la fabrication locale de produits pharmaceutiques pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, en donnant la priorité aux médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique, en étroite collaboration avec les États membres; invite la Commission et les États membres à établir, avec l’aide des parties prenantes concernées, une carte des sites de production de l’Union dans les pays tiers et une carte évolutive, qui servira de référence, des sites de production existants et potentiels dans l’Union, afin d’être en mesure de préserver, de moderniser et de renforcer leurs capacités là où c’est nécessaire, possible et viable; souligne qu’il est important que l’industrie pharmaceutique soit en mesure de répondre aux hausses soudaines de la demande dans les situations critiques;

 

17. demande à la Commission d’aborder, dans ses prochaines stratégies pharmaceutique et industrielle, les questions liées à la disponibilité, à l’accessibilité et au caractère abordable des médicaments, à la coopération entre les autorités de régulation nationales ainsi qu’à la dépendance de l’Union à l’égard des pays tiers en matière de capacité de production, d’approvisionnement en principes actifs et de matières de départ; estime que ces stratégies doivent inclure des mesures réglementaires et encourager la production de principes actifs et de médicaments essentiels en Europe, afin de faire en sorte que les médicaments soient disponibles, abordables, durables et accessibles à tous;

18. invite la Commission à faire de la pénurie de médicaments l’un des piliers de la prochaine stratégie pharmaceutique et à créer un forum pharmaceutique, supervisé par l’EMA, réunissant les décideurs politiques, les régulateurs, les payeurs, les organisations de patients et de consommateurs, les représentants de l’industrie et les autres parties prenantes concernées de la chaîne d’approvisionnement des soins de santé en vue de prévenir les pénuries, de s’attaquer à la question de la viabilité pharmaceutique et d’assurer la compétitivité de l’industrie pharmaceutique européenne; invite en particulier la Commission à renforcer le dialogue avec les parties prenantes concernées et les acteurs internationaux afin d’évaluer les nouveaux traitements et vaccins, et avec l’EMA afin de trouver un moyen d’aligner rapidement les évaluations scientifiques entre les agences nationales, y compris en ce qui concerne la collaboration en phase de pré-évaluation avant la disponibilité de données cliniques essentielles, l’alignement de la génération de données après l’approbation et les approches flexibles de la montée en puissance de la production de traitements et de vaccins;

19. demande à la Commission de garantir, dans le cadre de sa stratégie pharmaceutique, la lutte contre les pratiques commerciales abusives dans tout le circuit du médicament susceptibles de nuire à la transparence et à l’équilibre dans les relations entre les différentes entités, publiques et privées, associées de manière directe ou indirecte au service public essentiel qu’est la garantie de l’accès aux médicaments;

20. prie instamment la Commission et les États membres, si nécessaire dans l’intérêt public, d’envisager l’instauration de mesures ainsi que d’incitations financières conformes aux règles en matière d’aides d’État et aux politiques durables en contrepartie d’engagements, afin de protéger la puissante assise industrielle pharmaceutique de l’Union et d’encourager l’industrie à implanter ses activités en Europe, de la production des principes actifs à la fabrication, l’emballage et la distribution de médicaments; prie instamment les États membres de protéger les opérations existantes, par exemple en récompensant les investissements dans la qualité des médicaments et dans la sécurité d’approvisionnement; rappelle l’intérêt stratégique de cette industrie et l’importance d’investir dans les entreprises européennes afin de diversifier les ressources et d’encourager le développement de technologies de production innovantes capables d’améliorer la réactivité de lignes de production entières; rappelle que tout financement public doit être conditionné à une transparence et à une traçabilité absolues des investissements, à des obligations d’approvisionnement sur le marché européen et à l’engagement d’aider les patients à obtenir les meilleurs résultats, notamment en leur assurant l’accessibilité et le caractère abordable des médicaments produits;

21. prie instamment la Commission et les États membres de mettre en place le cadre économique qui convient afin de protéger et de moderniser les capacités de fabrication de médicaments, de technologies et de principes actifs existantes en Europe, par exemple en récompensant les investissements dans la qualité des médicaments et dans la sécurité d’approvisionnement;

22. souligne que le secteur pharmaceutique reste un pilier important de l’industrie ainsi qu’une source importance de création d’emplois;

23. estime que le pacte vert pour l’Europe offre une occasion majeure d’encourager les producteurs pharmaceutiques à participer au plan pour une relance verte en produisant dans le respect des normes environnementales et écologiques;

24. souligne qu’un rapatriement complet des chaînes d’approvisionnement médicales pourrait ne pas être réalisable dans une économie mondialisée; invite la Commission, les États membres et les partenaires multilatéraux de l’Union, et plus particulièrement l’OMS et l’OMC, à mettre en place un cadre international visant à assurer la qualité et l’intégrité des chaînes d’approvisionnement mondiales en vue de limiter le recours à des mesures protectionnistes néfastes, tout en veillant au respect des normes les plus élevées en matière de travail et de respect de l’environnement dans la production au niveau mondial; demande, dans ce contexte, à la Commission d’inclure dans la nouvelle stratégie pharmaceutique des mesures visant à pallier toute perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales; invite la Commission à aborder les questions liées à l’approvisionnement des médicaments, notamment dans le contexte du prochain examen de la politique commerciale;

25. observe que, pour certains médicaments biologiques tels que ceux dérivés du sang et du plasma, il sera essentiel de permettre à l’Europe d’augmenter sa capacité de collecte de sang et de plasma pour réduire sa dépendance aux importations de plasma depuis des pays tiers; invite la Commission à accélérer la révision de la législation relative au sang, aux tissus et aux cellules (directives 2002/98/CE[15] et 2004/23/CE[16]) afin de réduire les risques de pénuries de ces médicaments essentiels pour sauver des vies;

26. rappelle que les articles 81 et 23 bis de la directive 2001/83/CE ont instauré des obligations générales en matière de fourniture de médicaments à respecter par les titulaires d’autorisations de mise sur le marché (AMM) et par les distributeurs, ainsi qu’une obligation de notification en cas d’interruption temporaire ou permanente de l’approvisionnement; déplore toutefois les disparités constatées par la Commission dans la transposition de ces obligations dans les législations nationales; invite la Commission et les États membres à s’assurer que les titulaires d’AMM et les grossistes respectent les exigences de la directive 2001/83/CE afin de garantir un approvisionnement adéquat et continu en médicaments; invite la Commission à clarifier davantage les obligations des titulaires d’AMM conformément à la directive 2001/83/CE et insiste sur la nécessité de s’assurer que ceux-ci signalent les pénuries de médicaments dans les délais prescrits; souligne la nécessité d’appliquer des sanctions dissuasives et proportionnées en cas de non-respect de ces obligations juridiques, conformément au cadre législatif en vigueur;

27.  demande à la Commission et aux États membres d’envisager la mise en place de plans de prévention et de gestion des pénuries harmonisés qui imposent aux industriels d’identifier les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur nécessitant l’instauration de mesures préventives et correctives pour éviter ou pallier toute rupture d’approvisionnement; considère que ces plans devraient prévoir des solutions de stockage stratégique des médicaments afin de garantir l’approvisionnement pendant une période raisonnable ainsi que des mécanismes de communication transparents et permanents, grâce auxquels les patients et les professionnels de la santé peuvent signaler et anticiper les pénuries; prie instamment la Commission d’élaborer des orientations afin de faire en sorte que les initiatives nationales de constitution de stocks soient proportionnées aux besoins et ne donnent pas lieu à des conséquences indésirables dans d’autres États membres;

28. note que la sécurité de l’approvisionnement est un élément essentiel dans la lutte contre les pénuries et doit être retenue comme critère qualitatif dans le cadre des marchés de l’officine de ville et dans celui des appels d’offres liés aux médicaments, comme le recommande l’article 67 de la directive 2014/24/UE; souligne l’importance de la diversification de l’approvisionnement et des pratiques de passation de marchés pour les produits pharmaceutiques; prie instamment la Commission, dans le cadre de la directive 2014/24/UE, de proposer rapidement aux États membres des orientations, notamment sur les modalités optimales d’application des critères d’offre économiquement la plus avantageuse, sans se limiter au seul critère du prix le plus bas; propose que les investissements réalisés pour produire des substances actives et des médicaments finis au sein de l’Union soient également retenus comme un critère, ainsi que le nombre et l’emplacement des sites de production, la fiabilité de l’approvisionnement, le réinvestissement des bénéfices dans la recherche et le développement, et l’application de normes sociales, environnementales, éthiques et de qualité;

29. observe que les appels d’offres avec un seul gagnant et/ou un seul site de production de la substance de base peuvent être facteur de fragilité en cas de rupture d’approvisionnement; invite la Commission et les États membres à envisager de mettre en place des procédures d’appels d’offres permettant de sélectionner plusieurs gagnants y compris des soumissionnaires conjoints, en concentrant la production dans l’Union et en garantissant au moins deux sources différentes pour la substance de base, afin de maintenir une concurrence sur le marché et de réduire les risques de pénurie, tout en garantissant un traitement abordable et de qualité aux patients; demande, à cette fin, à la Commission d’étudier la possibilité de créer un cadre législatif incitatif qui permettrait aux systèmes de santé de lancer des appels d’offres récompensant les entreprises pharmaceutiques qui garantissent l’approvisionnement en produits pharmaceutiques dans des circonstances difficiles;

30. invite la Commission et les États membres à étudier la possibilité de créer un ou plusieurs établissements pharmaceutiques européens à but non lucratif et d’intérêt général, capables de produire des médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique pour les soins de santé, en l’absence d’une production industrielle existante, afin de compléter et garantir la sécurité d’approvisionnement et de prévenir les éventuelles pénuries de médicaments en cas d’urgence; rappelle le rôle essentiel que peuvent jouer les nouvelles technologies, la numérisation et l’intelligence artificielle en permettant aux chercheurs de laboratoires européens de travailler en réseau et de partager leurs objectifs et leurs résultats, et ce dans le respect absolu du cadre européen de protection des données;

31. invite la Commission à évaluer soigneusement la contribution positive que l’intelligence artificielle pourrait apporter à la livraison rapide et fiable de fournitures médicales;

32. souligne l’importance que revêtent les partenariats public/privé tels que l’initiative européenne en matière de médicaments innovants (IMI), dans le cadre de programmes de recherche et d’innovation; estime que la Commission devrait également envisager la création d’un modèle européen de l’agence Biomedical Advanced Research and Development Authority américaine;

33. souligne que le besoin urgent de médicaments et de matériel médical ne doit pas compromettre la qualité, la sécurité, l’efficacité et la rentabilité des médicaments à usage humain et des produits de santé;

34. invite la Commission à prendre des mesures contre la diffusion de médicaments de contrefaçon provenant de sites web et de fournisseurs non agréés, qui suscitent actuellement l’inquiétude; estime que cette pratique peut causer des préjudices importants et entraîner de graves problèmes de santé ou aggraver l’état de santé des citoyens de l’Union; souligne que la coopération au niveau de l’Union pour faire le point de la contrefaçon de médicaments et la combattre est essentielle;

35. demande de renforcer le dialogue entre l’industrie pharmaceutique et d’autres types de production, comme l’agriculture, l’horticulture et la sylviculture, pour développer la production des principes actifs au sein de l’Union; invite à lutter contre la surspécialisation de certaines filières et à investir massivement dans la recherche, la bioéconomie et la biotechnologie afin de diversifier les ressources; considère que la relance industrielle de l’Europe doit donner la priorité à la double transition numérique et écologique de nos sociétés ainsi qu’au renforcement de la résilience face aux chocs extérieurs;

36. souligne l’importance d’une recherche et d’une innovation médicales de qualité, y compris dans le segment hors brevet, appelle de ses vœux la mise en place d’un véritable réseau européen pour soutenir la recherche thérapeutique et médicale et souligne que le coût de la relocalisation ne doit pas se traduire par une dégradation de la recherche médicale; souligne qu’un système de recherche et développement stable peut avoir des effets positifs sur les capacités de production et la stabilité de l’offre;

37. reconnaît que l’industrie pharmaceutique fondée sur la recherche est un secteur essentiel qui contribue à garantir la qualité de la fabrication et de l’approvisionnement des médicaments, à garantir que l’innovation future s’attaque aux besoins non couverts et non satisfaits et à soutenir la résilience, la réactivité et la disponibilité des systèmes de santé pour faire face aux défis futurs, notamment aux pandémies;

38. demande à la Commission de créer un environnement dans lequel l’industrie pharmaceutique, axée sur la recherche, est incitée à développer des solutions aux besoins médicaux non satisfaits, comme la lutte contre la résistance aux antimicrobiens; invite la Commission à maintenir un système européen de propriété intellectuelle solide dans le cadre de la prochaine stratégie pharmaceutique, afin d’encourager la recherche, le développement et la fabrication en Europe, de faire en sorte que l’Europe reste un innovateur de classe mondiale et, à terme, de protéger et renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe dans le domaine de la santé publique;

39. invite instamment la Commission à proposer des mesures visant à encourager une plus grande intégration des PME de l’Union dans la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique, en raison de leur rôle clé dans la recherche et l’innovation et de leur capacité intrinsèque à réorienter rapidement leur production, de façon à mieux faire face aux chocs imprévus;

40. invite la Commission et les États membres à créer un environnement garantissant que l’Europe reste un lieu attrayant pour les investissements en R&D, afin de préserver une industrie pharmaceutique active et compétitive fondée sur la recherche, étayée par des investissements accrus dans les capacités et les infrastructures de recherche et développement, notamment universités, en tenant compte du fait que l’Union reste de loin la première région du monde pour la fabrication de principes actifs pour les médicaments brevetés; invite la Commission à fournir des ressources financières adéquates, dans le cadre d’Horizon Europe et d’autres programmes européens, pour renforcer les activités de recherche et d’investissement (R&I) de l’Union qui soutiennent l’industrie manufacturière dans des secteurs industriels clés, dont le secteur pharmaceutique, tout en assurant l’équilibre géographique et la participation des États membres peu performants en matière de R&I à des projets et programmes de collaboration de l’Union dans le respect du principe d’excellence;

41. met en avant le fait que le programme Horizon 2020 a déjà financé de nombreuses activités de recherche et d’innovation dans le domaine de la santé; souligne que le financement de la recherche sur le coronavirus ne devrait pas affecter les autres priorités de santé du programme Horizon 2020; demande qu’un financement plus important soit fourni par Horizon Europe pour créer et soutenir des écosystèmes de recherche et d’innovation à orientation médicale, y compris les partenariats public-privé et le soutien à la recherche publique dans des secteurs innovants et à forte valeur ajoutée; souligne qu’un écosystème de recherche médicale de premier plan nécessite des compétences, des réseaux et des connexions universitaires, une infrastructure de données sur la santé, un cadre réglementaire opérationnel et des politiques de propriété intellectuelle qui favorisent l’innovation; appelle à une révision des incitations mises en place pour encourager la recherche sur les «médicaments orphelins» afin de déterminer s’ils sont efficaces, et appelle à mettre en place de nouvelles incitations si ce n’est pas le cas; souligne qu’Horizon Europe et d’autres programmes de l’Union doivent soutenir les maladies rares et que la recherche, les bonnes pratiques, les essais cliniques et les médicaments relatifs aux maladies rares doivent être rendus accessibles aux citoyens de tous les États membres; rappelle l’importance que peut avoir l’octroi de licences non exclusives pour atténuer les pénuries et stabiliser les prix des médicaments, en particulier en cas d’urgence sanitaire;

42. invite la Commission à examiner l’incidence de la pandémie de coronavirus sur le secteur et sur les PME, et à présenter une stratégie industrielle européenne renouvelée axée sur la double transition numérique et écologique de nos sociétés et sur le renforcement de la résilience face aux chocs extérieurs; demande instamment à la Commission de permettre aux États membres de déployer tous les efforts nécessaires pour que les PME pharmaceutiques poursuivent ou reprennent leurs activités de recherche et contribuent à assurer la diversité de notre production et le maintien des emplois qui l’accompagnent, tout en soulignant l’importance d’une fabrication durable, éthique et de qualité pour l’emploi, la croissance et la compétitivité;

43. souligne que les associations de patients devraient être plus impliquées dans l’élaboration de stratégies de recherche pour les essais cliniques publics et privés, afin de garantir que ceux-ci répondent aux besoins non satisfaits des patients européens;

44. invite la Commission à promouvoir la transparence des investissements publics pour les coûts de R&D des médicaments afin que ces investissements soient reflétés dans la disponibilité et la fixation des prix pour le grand public; rappelle sa position concernant la directive 89/105/CE[17] et demande à la Commission de prendre les mesures appropriées dans la prochaine stratégie pharmaceutique à cet égard, et notamment d’envisager une révision de la directive;

45. invite la Commission et les États membres à évaluer les investissements directs étrangers dans les sites de production pharmaceutique, qui font partie des infrastructures sanitaires essentielles de l’Europe;

46. rappelle que le respect des règles applicables à l’autorisation des essais cliniques de médicaments, ainsi que le contrôle du respect des bonnes pratiques cliniques dans leur réalisation, doivent continuer à être réglementés et supervisés selon les normes les plus élevées de protection de la santé publique, afin de garantir l’accès des professionnels de la santé et des citoyens à des médicaments et produits de santé de qualité, efficaces et sûrs;

47. appelle de ses vœux le renforcement du marché des médicaments européens afin d’accélérer l’accès des patients aux médicaments, de rendre les soins plus abordables, d’augmenter au maximum les économies dans les budgets nationaux de la santé et d’éviter toute charge administrative pour les entreprises pharmaceutiques;

48. indique que les médicaments génériques et biosimilaires permettent d’accroître la concurrence, de faire baisser les prix et d’entraîner des économies pour les systèmes de santé, contribuant ainsi à améliorer l’accès des patients aux médicaments;

49. souligne que la valeur ajoutée et l’impact économique des médicaments biosimilaires sur la viabilité des systèmes de santé devraient être analysés, que leur mise sur le marché ne devrait pas être retardée et que, le cas échéant, des mesures visant à soutenir leur entrée sur le marché devraient être étudiées;

50. déplore les litiges dont l’objectif est de retarder l’entrée des génériques; invite la Commission à faire respecter la fin de la période d’exclusivité commerciale des innovateurs;

51. est préoccupé par les éventuelles incidences négatives du retrait du Royaume-Uni de l’Union sur l’approvisionnement en médicaments, en particulier pour l’Irlande; demande que soient intégrées, dans le futur accord sur les relations avec le Royaume-Uni, des dispositions ciblées, telles que des accords de reconnaissance mutuelle, permettant aux deux parties de réagir face aux menaces sanitaires émergentes et garantissant un accès continu et rapide à des médicaments et des dispositifs médicaux sûrs pour les patients, et plaide pour l’élaboration de plans d’urgence en l’absence d’un accord;

Renforcer l’action européenne pour mieux coordonner et compléter les politiques de santé des États membres

52. recommande que la Commission, les États membres et l’industrie, sous l’égide de l’EMA, œuvrent main dans la main au renforcement de la transparence de la chaîne de production et de distribution des médicaments et à la création d’une unité européenne pour la prévention et la gestion des pénuries;

53. invite les États membres, en étroite collaboration avec la Commission et les autres parties prenantes concernées, à explorer simultanément d’autres approches pour garantir des stocks adéquats, telles que l’application effective des exigences réglementaires existantes à tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement au niveau national, ainsi que des mesures visant à accroître la transparence au sein de la chaîne d’approvisionnement;

54. invite la Commission à mettre au point des stratégies de santé au niveau européen avec un panier commun de médicaments contre le cancer, les maladies infectieuses, les maladies rares et dans d’autres domaines particulièrement touchés par les pénuries pour veiller à ce que les patients aient accès à un traitement, en tenant compte des différences d’approches cliniques entre les États membres; demande à la Commission d’examiner également la possibilité de fixer des critères harmonisés pour la fixation des prix afin de rendre ces médicaments abordables tout en s’efforçant de pallier les pénuries récurrentes, en tenant compte de la parité du pouvoir d’achat dans tous les États membres;

55. demande à la Commission de placer la question des pénuries de médicaments anticancéreux au centre du volet consacré au traitement du prochain plan européen de lutte contre le cancer;

 

56. demande la création d’une réglementation spécifique pour certains médicaments arrivés à maturité, qui s’accompagnerait de mesures d’incitation en faveur des producteurs pour les pousser à continuer leur commercialisation sur le marché européen et pour garantir la diversification de la production européenne;

 

57. demande à la Commission de créer une réserve européenne d’urgence des médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique (MISS) présentant un risque élevé de pénurie, sur le modèle du mécanisme rescEU, pour atténuer les pénuries récurrentes et créer une pharmacie européenne d’urgence; insiste sur le fait que cette réserve doit être proportionnée par rapport à son objectif et doit être utilisée de manière transparente, responsable et équitable pour tous les États membres; souligne que ce mécanisme devrait être géré attentivement en tenant tout particulièrement compte de la durée de conservation des médicaments et en prenant soin d’éviter le gaspillage;

58. préconise de charger une autorité régulatrice européenne d’établir, avec la Commission, un mécanisme de répartition équitable des médicaments de cette réserve européenne d’urgence entre les États membres touchés par des perturbations ou des pénuries d’approvisionnement; demande que cette autorité régulatrice européenne programme des réexamens indépendants et transparents pour veiller à ce que tous les États membres soient traités sur un pied d’égalité;

59. invite la Commission et les États membres à mettre au point des stratégies innovantes et coordonnées et à renforcer les échanges de bonnes pratiques en matière de gestion des stocks; estime que l’EMA est l’organisme le mieux à même d’être désigné comme autorité régulatrice chargée de prévenir les pénuries de médicaments au niveau de l’Union européenne pendant les crises mais aussi en temps normal, et que son mandat mais aussi ses ressources devraient être renforcés; demande dès lors à la Commission de modifier la législation actuelle afin de renforcer les capacités de l’EMA; souligne qu’à long terme, l’EMA devrait être en mesure de délivrer des autorisations de mise sur le marché soumises au respect d’exigences en matière d’accessibilité et d’approvisionnement de la part des fabricants, sans que ces exigences n’entraînent de pénurie de médicaments; espère que le renforcement des ressources de l’EMA lui permettra de maintenir le système actuel d’inspection des sites de production situés dans des pays tiers grâce à la coordination des inspecteurs nationaux;

60. demande la révision du règlement (CE) nº 141/2000 concernant les médicaments orphelins[18] afin d’inverser la charge de la preuve pour la clause d’exclusivité commerciale de dix ans de manière à ce que le titulaire de l’autorisation de mise sur le marché doive démontrer que le produit n’est pas suffisamment rentable pour couvrir les coûts de R&D;

61. invite la Commission à étudier et à créer un fonds pour les médicaments orphelins qui serait financé par les États membres afin d’acquérir collectivement, pour le compte des États membres, les médicaments orphelins pour toute l’Union;

62. appelle de ses vœux de nouvelles procédures conjointes de passation de marchés au niveau européen pour lutter contre les pénuries, en particulier en période de crises sanitaires, comme celle qui a été lancée après le début de l’épidémie de COVID-19, avec des procédures simplifiées et transparentes pour davantage de réactivité; réclame en particulier la mise en place de passations de marchés communes pour les médicaments contre les maladies rares afin de faire en sorte que ces médicaments soient disponibles dans tous les États membres; demande à la Commission de réaliser une évaluation d’urgence et, éventuellement, une révision, au moyen d’un règlement, de la décision nº 1082/2013/UE relative aux menaces transfrontières graves sur la santé, qui établit le mécanisme de passation conjointe de marché, dans le respect des traités;

63. invite la Commission et les États membres à réétudier l’idée de la transparence des tarifs nets et du remboursement de différents traitements afin de mettre les États membres sur un pied d’égalité dans leurs négociations avec les entreprises pharmaceutiques concernant des traitements ne faisant pas l’objet de passations conjointes de marchés;

 

64. invite la Commission à œuvrer davantage à soutenir la protection des infrastructures sanitaires critiques dans les États membres et à commencer à appliquer le programme européen de protection des infrastructures critiques au secteur des infrastructures sanitaires;

 

65. réclame l’application rapide et complète du règlement (UE) nº 536/2014 relatif aux essais cliniques de médicaments à usage humain; estime que ce règlement faciliterait le lancement de vastes essais cliniques menés de manière harmonisée et coordonnée au niveau de l’Union;

66. invite la Commission et l’EMA à collaborer avec l’industrie afin de faire en sorte que les médicaments mis à disposition dans un État membre soient disponibles dans tous les États membres, et en particulier dans les petits États membres;

67. invite la Commission à évaluer les incidences du commerce parallèle sur la pénurie de médicaments dans les États membres et à remédier aux problèmes de façon adaptée en prenant les mesures nécessaires pour garantir que les médicaments parviennent dans les meilleurs délais à tous les patients de l’Union; souligne à cet égard la nécessité de tenir compte des expériences des patients, des groupements de consommateurs et des professionnels de santé;

68. souligne l’importance de la responsabilisation du patient et d’une approche centrée sur le patient; prie instamment la Commission et les États membres d’améliorer la représentation des patients et leur contribution au processus décisionnel concernant le traitement d’éventuels problèmes d’approvisionnement affectant leurs médicaments;

69. invite les États membres à adopter une position commune et à lancer des négociations sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l’évaluation des technologies de la santé et modifiant la directive 2011/24/UE;

Renforcer la coopération entre les États membres

70. invite la Commission à mettre en place une plateforme numérique innovante, facile à utiliser, transparente et centralisée, pour signaler et notifier les informations harmonisées fournies par les agences nationales et l’ensemble des acteurs, y compris les producteurs, les grossistes et les pharmaciens, en matière de stocks disponibles et de pénuries de médicaments et de matériel médical, et pour éviter les doubles emplois; se félicite des travaux du groupe de travail conjoint EMA-HMA sur la disponibilité des médicaments et de la mise en place par l’EMA des systèmes de point de contact unique (SPOC) et de point de contact unique pour l’industrie (i-SPOC); demande une évaluation et une amélioration des systèmes d’information existants afin d’établir une cartographie claire des difficultés, des pénuries et des besoins dans chaque État membre afin d’éviter les pratiques de «surstockage»; dans ce contexte, encourage la Commission à utiliser et à mettre en œuvre les outils numériques et télématiques au niveau paneuropéen et d’envisager de modifier le règlement sur les modifications[19] ainsi que les lignes directrices sur la classification des modifications; invite la Commission et les États membres à mettre en place un système d’alerte précoce tant au niveau national qu’européen afin de renforcer l’obligation de signaler aux entreprises pharmaceutiques toute interruption ou tension en matière d’approvisionnement en médicaments;

71. estime essentiel d’améliorer la communication précoce à destination des professionnels de santé comme des patients sur la disponibilité des médicaments grâce à des outils numériques innovants permettant d’avoir en temps réel des informations à jour sur la disponibilité, la localisation, la quantité et le prix d’un médicament donné, dans le respect de la législation relative à la protection des données; souligne que les professionnels de santé doivent pouvoir accéder à des informations à jour pour répondre de façon adéquate aux pénuries émergentes et existantes; note que la connaissance rapide d’un problème d’approvisionnement et la détection précoce d’autres options thérapeutiques potentielles peuvent renforcer la sécurité du patient; recommande par conséquent d’inclure des informations à l’attention des professionnels de santé sur les solutions alternatives disponibles;

72. estime que les États membres devraient partager avec l’ensemble des acteurs concernés des informations telles que les prévisions épidémiologiques pour les aider à mieux planifier leurs activités face à la hausse de la demande et à mieux répondre aux besoins en situation de pénurie;

73. rappelle que la désinformation peut conduire à une utilisation inappropriée de médicaments et à la constitution de stocks non nécessaires;

 

74. note à cet égard que certaines personnes stockent des médicaments par crainte d’être à court; demande aux gouvernements de dissiper ces craintes en éduquant et en rassurant les populations, afin de mettre un terme aux excès de consommation;

75. demande que la notice d’information sous forme papier soit complétée par une notice électronique d’information sur le produit accessible dans toutes les langues de l’Union et dans tous les États membres où le médicament est vendu afin de faciliter la circulation et la vente de médicaments au sein du marché unique et donc d’atténuer les pénuries; invite dès lors la Commission à envisager d’autoriser les fabricants, sur une base volontaire et sans que cela n’entraîne de charge supplémentaire pour eux, à mettre en place un système d’étiquetage – visible et identifiable par les patients et clients – concernant l’origine et le lieu de production des médicaments et des principes actifs;

76. souligne qu’il importe de garantir le bon fonctionnement du marché unique afin d’éliminer les obstacles à l’accès aux médicaments, aux dispositifs médicaux et aux équipements de protection pour tous les citoyens, en particulier ceux qui vivent dans des États membres qui, en raison de leur petite taille ou de leur éloignement, dépendent fortement des importations et n’ont pas facilement accès à la chaîne d’approvisionnement;

77. recommande l’élaboration d’un catalogue des pénuries dans tous les États membres, qui permettrait à l’EMA de mettre facilement à jour son catalogue public des pénuries évaluées par son comité des médicaments à usage humain (CHMP) et/ou son comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC);

 

78. souligne qu’il importe que la Commission européenne prenne toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la spéculation, la fraude et les prix abusifs dans le commerce de substances médicales essentielles;

 

79. condamne l’exploitation des pénuries à des fins criminelles; rappelle que la contrefaçon et la falsification de médicaments ou de produits médicaux aggravent les tensions d’approvisionnement; réclame le renforcement des mesures pour lutter contre ces pratiques en contrôlant les plateformes en ligne proposant des médicaments, en renforçant la coopération entre les agences européennes et nationales pertinentes et en veillant au respect des droits des victimes;

Prévenir les pénuries et y réagir en cas de crises sanitaires

80. constate avec inquiétude les pénuries de certains médicaments survenues au cours de la crise de la COVID-19, y compris des médicaments utilisés en soins intensifs; insiste sur l’importance de maintenir la production, la fourniture, la distribution et le développement de médicaments de qualité, ainsi que l’égalité de l’accès à ceux-ci, sous la coordination de l’EMA; observe avec inquiétude les interdictions d’exportation de certains médicaments imposées dans le monde et se félicite de l’engagement pris par la Commission en vue de garantir l’approvisionnement en médicaments; souligne que l’emploi expérimental de médicaments pour traiter la COVID-19 ne doit pas conduire à des pénuries pour les patients atteints d’autres pathologies et qui ont besoin de tels médicaments;

81. invite la Commission, en étroite collaboration avec les États membres, à adopter un plan européen de préparation aux pandémies, afin de garantir une réaction coordonnée et efficace dans ces situations; salue à cet égard la mise en place par la Commission d’un centre de coordination des équipements médicaux pour la COVID-19; réclame une nouvelle fois, comme dans sa résolution du 17 avril 2020, la mise en place d’un mécanisme européen de réaction en matière sanitaire afin de faire face à tous types de crises sanitaires;

82. souligne qu’un plan européen de préparation aux pandémies devrait comprendre la coordination des informations concernant la distribution et la consommation de médicaments dans les États membres, ainsi que la définition adéquate de flexibilités réglementaires pour pallier les tensions d’approvisionnement; estime que ce plan devrait également prévoir le recours extensif à des mécanismes de coopération en cas de crise à l’échelle de l’Union qui ciblent les menaces sanitaires transfrontières graves, tels que rescEU et l’accord de passation conjointe de marché, afin de soutenir efficacement la capacité de réaction des États membres;

83. souligne que la mise en œuvre d’un système d’échanges multilatéral réglementé, ouvert, libre, équitable, transparent et réalisable est fondamentale pour garantir la disponibilité des médicaments dans le monde entier et limiter notre vulnérabilité lors d’urgences futures;

84. salue l’introduction de règles plus souples depuis la survenue de la crise de la COVID-19 dans le but d’atténuer les pénuries et de faciliter la circulation des médicaments entre les États membres, y compris l’acceptation de formats d’emballage différents, une procédure de réutilisation permettant aux détenteurs d’autorisations de mise sur le marché d’obtenir une approbation dans un autre État membre, la prolongation de la validité des certificats de bonnes pratiques de fabrication, des périodes d’expiration plus longues, l’utilisation de médicaments vétérinaires, etc.; invite la Commission à surveiller strictement l’utilisation de ces solutions et à garantir que la sécurité des patients n’est pas compromise, tout en pérennisant ces solutions en cas de difficultés ou de pénuries; se félicite aussi, à cet égard, de la prolongation temporaire de la date d’application du règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux; réclame notamment, à cet égard, une approche spéciale pour les médicaments orphelins;

85. note que la protection par brevet est une incitation essentielle pour les entreprises à investir dans l’innovation et à fabriquer de nouveaux médicaments; relève par ailleurs que l’effet d’exclusion qu’ont les brevets peut conduire à une limitation de l’offre sur le marché et à un accès réduit aux médicaments et aux produits pharmaceutiques; souligne qu’il faut trouver un équilibre entre l’encouragement de l’innovation via l’effet d’exclusion du brevet, la garantie de l’accès aux médicaments et la protection de la santé publique; rappelle qu’une entreprise qui commercialise un médicament peut bénéficier d’une exclusivité des données pendant huit ans à compter de la première autorisation de mise sur le marché, conformément à l’article 14, paragraphe 11, du règlement (CE) nº 726/2004; invite la Commission à proposer une révision de ce règlement afin de permettre d’autoriser temporairement l’octroi de licences obligatoires en cas de crises sanitaires pour permettre la production de génériques des médicaments sauvant des vies; rappelle qu’il s’agit de l’une des flexibilités de santé publique dans le domaine de la protection des brevets figurant déjà dans l’accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), comme l’a réaffirmé la déclaration de Doha de 2001; invite la Commission à faire en sorte que la mise en œuvre des accords de libre-échange de l’Union n’entrave pas la possibilité d’invoquer les flexibilités prévues par l’accord sur les ADPIC, et à fournir des orientations aux États membres afin d’encourager la délivrance de licences volontaires plutôt que la délivrance immédiate de licences obligatoires;

86. rappelle que le règlement (CE) nº 816/2006[20] harmonise la procédure d’octroi de licences obligatoires pour des brevets et certificats complémentaires de protection concernant la fabrication et la vente de produits pharmaceutiques dès lors que ces produits sont destinés à l’exportation vers des pays importateurs admissibles ayant besoin de tels produits pour faire face à des problèmes de santé publique; invite la Commission à envisager, dans le cadre de sa prochaine stratégie pharmaceutique pour l’Europe, la possibilité d’harmoniser les règles relatives à l’octroi de licences obligatoires pour les médicaments, tels que les vaccins, ce qui permettrait aux États membres de réagir plus rapidement et plus efficacement à une future crise de santé publique en Europe;

87.  souligne que les systèmes d’octroi de licences obligatoires doivent s’inscrire dans le cadre d’une action plus large de l’Union en matière d’accès aux médicaments; invite la Commission à proposer un plan d’action européen à cet égard.

88. souligne que la protection et le respect des brevets devraient tenir dûment compte des intérêts de la société, à savoir la protection des droits de l’homme et des priorités de santé publique; rappelle, dans le même esprit, que la protection des brevets ne devrait pas interférer avec le droit à la santé, ni contribuer à creuser l’écart entre les citoyens aisés et les citoyens pauvres s’agissant de l’accès aux médicaments; estime que, en traitant cette question, l’Union devrait veiller à l’harmonisation et à la cohérence entre les différentes mesures à la disposition des États membres;

89. souligne qu’un vaste réseau d’ALE équitables et judicieusement mis en œuvre, prévoyant des droits de propriété intellectuelle équilibrés et des dispositions en matière de coopération réglementaire, combiné à un système commercial multilatéral pleinement opérationnel avec l’OMC et un organe d’appel opérationnel en son centre, est le meilleur moyen de garantir la disponibilité de différentes sources de production de médicaments essentiels et la convergence des normes réglementaires dans le monde, et d’assurer ainsi un cadre mondial solide pour l’innovation qui vienne compléter la production européenne; souligne l’importance de disposer d’options pour assurer la disponibilité des produits pharmaceutiques nécessaires, y compris en se préparant à autoriser l’importation de médicaments produits à l’étranger en vertu de licences obligatoires; rappelle que des différences dans les cadres réglementaires et normes des produits médicinaux peuvent constituer un obstacle inutile aux échanges; souligne l’importance des normes de qualité et de sécurité européennes; encourage l’adoption de normes internationales et presse la Commission de veiller à ce que tous les produits médicinaux finaux ou intermédiaires destinés au marché européen respectent les normes de qualité et de sécurité applicables et ne soient pas contrefaits; indique qu’un autre moyen de garantir l’autonomie stratégique de l’Union en matière de santé est d’intégrer la production pharmaceutique de certains produits dans le programme PIIEC (projets importants d’intérêt européen commun);

90. encourage vivement tous les pays à adhérer à l’accord de l’OMC sur l’élimination des droits de douane pour les produits pharmaceutiques; demande résolument d’étendre sa portée à tous les produits pharmaceutiques et médicaux, tout en respectant la marge de manœuvre des pays tiers et en garantissant l’accès de leurs citoyens aux médicaments; insiste pour qu’aucune mesure de rétorsion ne frappe les produits médicaux et les médicaments, y compris sous leur forme intermédiaire, en cas de différends commerciaux, et pour qu’ils soient facilement accessibles; plaident en outre instamment pour l’élimination immédiate, unilatérale et temporaire des droits de douane sur les produits médicaux et pharmaceutiques afin de faciliter l’importation de ces marchandises; souligne que le développement de produits médicaux doit se faire conformément aux normes internationales des droits de l’homme, dans le respect de l’accord de Paris, et que le droit du travail doit respecter les conventions fondamentales de l’OIT; prend acte des travaux de la Commission relatifs à la législation sur le devoir de diligence;

91. invite la Commission et les États membres à veiller à la mise en œuvre rapide et exhaustive – et, si nécessaire, à la révision – du règlement sur le filtrage des IDE, dans lequel les soins de santé pourraient être inclus en tant que secteur stratégique;

92. rappelle que la crise de la COVID-19 a mis à l’épreuve la résilience des systèmes de santé publique; est d’avis que la mise en place de tests de résistance en vue d’évaluer la résilience des systèmes de santé publique dans les situations d’urgence pourrait contribuer à déterminer les facteurs de risque structurels à l’origine de pénuries et constituerait un outil efficace contre les pénuries, y compris en cas de pandémie; demande à la Commission et au Conseil d’élaborer, sur la base des résultats obtenus à la suite de ces tests, des recommandations à l’intention des États membres dans le but de renforcer leurs systèmes de santé et de couvrir tout besoin essentiel en cas d’urgence sanitaire;

93. estime que les systèmes de santé de l’Union ont besoin de plus de normes communes et d’une meilleure interopérabilité pour éviter les pénuries de médicaments et offrir à tous les membres de la société des soins de santé de qualité invite dès lors la Commission à proposer une directive établissant des normes minimales pour des systèmes de santé de qualité sur la base des résultats des tests de résistance;

 

94. considère qu’en cas de crise sanitaire, la fermeture des frontières et les contrôles douaniers ne sauraient entraver la circulation transfrontière au sein de l’Union de médicaments présentant un intérêt majeur; invite la Commission et les États membres à instaurer des procédures sûres et rapides de contrôle des produits aux frontières pendant une crise sanitaire, dans le respect de la législation européenne;

 

95. note que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance de la coopération et de la solidarité entre les États membres et de la livraison en temps utile de médicaments dans des situations d’urgence et des circonstances exceptionnelles, qui pourraient se reproduire à l’avenir; souligne, en outre, qu’une nouvelle politique en matière d’industrie et de transport et des investissements en matière de recherche et développement sont essentiels pour garantir que l’industrie pharmaceutique puisse répondre aux besoins de demain;

 

96.  souligne la nécessité d’un réseau de transport et de logistique plus efficace et plus durable et d’une réduction des distances de transport, ce qui permettrait de réduire les émissions, d’atténuer les effets sur l’environnement et sur le climat, d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur et de réduire les obstacles administratifs;

97. invite les États membres à mettre en œuvre les «voies réservées» proposés par la Commission dans ses «Lignes directrices relatives aux mesures de gestion des frontières visant à protéger la santé publique et à garantir la disponibilité des biens et des services essentiels» afin de permettre le transport fluide non seulement de médicaments mais aussi de matières premières, de produits intermédiaires et de matériaux connexes, y compris des emballages; souligne la nécessité de maintenir des frontières ouvertes grâce à des voies réservées qui pourront être utilisées pour répondre aux futurs événements imprévus;

98.  juge nécessaire de supprimer les goulets d’étranglement et de s’attaquer aux obstacles existants à un espace européen unique de transport pleinement intégré et efficace pour tous les modes de transport; souligne la nécessité de renforcer l’intermodalité, tout en favorisant le passage au rail, de financer les principaux hubs et d’assurer la livraison ininterrompue de divers types de marchandises, y compris les marchandises dangereuses essentielles à la production de l’industrie chimique et pharmaceutique; invite les États membres à veiller à ce que les infrastructures médicales et le personnel médical soient renforcés en prévision de l’augmentation des volumes de trafic résultant de la levée des restrictions;

 

99. souligne l’importance des systèmes informatiques, qui facilitent la traçabilité, la supervision et la livraison en temps voulu des médicaments ainsi que l’échange d’informations entre les différents intervenants de la chaîne logistique du transport, y compris les autorités douanières;

 

100 invite la Commission à élaborer, en coordination avec les États membres, des mécanismes qui assurent un transport rapide et sûr et une meilleure surveillance du transport et du stockage des médicaments, à savoir la mise en place d’un plan d’urgence qui garantisse le transport sans entrave des médicaments en cas de perturbation du secteur des transports, et des plans de distribution non conventionnels, par exemple des livraisons de médicaments sensibles au facteur temps grâce à un trafic mixte régulier;

101. note qu’il est essentiel de soumettre tant les infrastructures de transport que les travailleurs dans le domaine du transport à des règles de sécurité strictes et non-discriminatoires afin de rendre possible le traitement d’importants volumes dans les chaînes d’approvisionnement sans perturbations tout en permettant aux autorités compétentes de prendre des mesures proportionnées et adaptées afin de limiter le risque sanitaire; souligne l’importance de préserver de bonnes conditions de travail pour les conducteurs;

 

102. demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce que les professionnels de santé soient autorisés à franchir les frontières intérieures s’ils exercent dans un pays voisin;

 

103. note l’importance d’une gestion attentive de la capacité des entrepôts à température ambiante et de la chaîne du froid dans les infrastructures de transport entrant et sortant;

104. souligne qu’il importe d’éliminer les obstacles entravant l’accès aux médicaments, aux dispositifs médicaux et aux équipements de protection pour tous les citoyens, en particulier ceux qui vivent dans des États membres qui, en raison de leur petite taille ou de leur éloignement, dépendent fortement des importations et n’ont pas facilement accès à la chaîne d’approvisionnement;

105. estime qu’il est très important de tenir compte des exigences spécifiques d’approvisionnement en matière de transport aux niveaux local et régional, en particulier dans les zones périphériques, rurales, montagneuses, peu peuplées et insulaires et dans les régions ultrapériphériques, qui sont plus difficiles d’accès et où les coûts de livraison sont plus élevés; estime que les plans stratégiques visant à améliorer les infrastructures dans les États membres devraient comprendre des actions concrètes pour ces régions; fait observer qu’il est important de veiller à ce que la transition numérique atteigne ces régions et qu’il est nécessaire d’accélérer l’adoption de nouvelles solutions adaptées à leurs besoins, en améliorant la connectivité, l’accessibilité et les tarifs; souligne que l’accès aux médicaments dans ces régions ne saurait en aucun cas être entravé;

106. invite la Commission à apporter un soutien organisationnel et financier aux États membres et aux entreprises de transport dans les situations d’urgence telles que les pandémies, notamment dans le cadre des programmes de travail adoptés au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027, à donner la priorité à tous les transports de marchandises essentielles, telles que les médicaments, les principes actifs et les produits médicaux et à veiller à ce qu’un espace soit toujours réservé à ce type de fret.

 

107. demande la mise en œuvre de solutions rapides et innovantes pour atténuer la pénurie de médicaments en temps utile et pour permettre le transport en toute sécurité des médicaments sensibles à la température, en assurant la traçabilité des produits grâce à une surveillance à distance constante; invite la Commission à étendre les compétences du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans le domaine de la santé publique et à promouvoir l’échange des bonnes pratiques;

108.  invite l’ECDC à publier les données de modélisation relatives à la progression probable de la pandémie de COVID-19 dans chaque État membre, ainsi que des données relatives aux besoins des patients et aux capacités des hôpitaux dans les États membres, afin de mieux anticiper la demande et de fournir des médicaments selon les besoins; estime que l’EMA devrait coopérer avec l’ECDC dans l’optique de mieux prévenir les pénuries de médicaments et de médicaments d’usage courant face à d’éventuelles épidémies et pandémies futures;

109. invite la Commission, l’EMA et les autorités de régulation nationales à tirer profit de tous les efforts pragmatiques consentis au cours de la crise de la COVID-19 et à continuer d’accorder une flexibilité réglementaire aux titulaires d’autorisations de mise sur le marché, en couvrant par exemple les procédures prévues pour les changements de fournisseurs de principes actifs, la désignation de nouveaux sites de production et le traitement accéléré des permis d’importation, permettant de mieux atténuer une pénurie de médicaments;

110. précise que les quotas d’approvisionnement appliqués par les titulaires d’autorisations de mise sur le marché pour la distribution de produits de soins de santé sont fixés en fonction de plusieurs paramètres, notamment des estimations des besoins nationaux des patients; invite la Commission à réfléchir, avec les parties prenantes de l’industrie pharmaceutique, aux volumes des stocks de médicaments disponibles; rappelle à cet égard que les quotas de volumes de stocks mis en place par les distributeurs sont souvent serrés et entraînent des ralentissements et des pénuries, et qu’un manque de transparence des stocks a été constaté dans certaines parties de la chaîne de distribution;

111. souligne que les politiques de fixation des prix des produits pharmaceutiques uniquement basée sur les dépenses ne permettent pas d’ajuster les prix en fonction de l’évolution du coût des marchandises, de la fabrication, des procédures réglementaires et de la distribution, et qu’elles ont un effet négatif sur la fiabilité de l’approvisionnement; note avec inquiétude que l’augmentation de la demande de produits pendant les pénuries de médicaments pourrait accroître le risque de pratiques de fixation des prix déloyales dans les régions touchées par la pénurie, ainsi que dans les cas où des produits pharmaceutiques de substitution pourraient remplacer ceux touchés par la pénurie;

112. attire l’attention sur les exemples de pénurie du fait du temps nécessaire pour satisfaire aux exigences réglementaires, y compris les délais réglementaires et les exigences nationales, mais souligne dans le même temps que répondre au besoin de médicaments et d’équipements médicaux ne doit pas se faire au détriment de la qualité, de la sécurité, de l’efficacité et de la rentabilité des médicaments à usage humain et des produits de santé, y compris des dispositifs médicaux; rappelle que le respect des règles applicables à l’autorisation des essais cliniques de médicaments, ainsi que le contrôle du respect des bonnes pratiques cliniques dans leur réalisation, doivent continuer à être réglementés et supervisés selon les normes les plus élevées de protection de la santé publique; rappelle également que la priorité doit être accordée à l’optimisation des processus réglementaires dans le respect de normes scientifiques rigoureuses, afin de simplifier les tâches administratives liées au maintien des médicaments sur le marché en modifiant le règlement «Modifications», de renforcer l’accès à l’information pour les patients et les professionnels de la santé et de faciliter la circulation des médicaments entre les États membres en cas de pénurie; encourage la Commission à utiliser au mieux les technologies de l’information pour les processus réglementaires, y compris les outils numériques et télématiques, afin d’améliorer l’efficacité de la réglementation dans l’ensemble de l’Union, tout en respectant les normes en matière de respect de la vie privée énoncées dans le règlement (UE) 2016/679 (règlement général sur la protection des données/RGPD)[21];

113. invite instamment à la Commission, eu égard à la stratégie européenne pour les données et la transformation numérique des soins de santé et compte tenu du vaste potentiel des données sur la santé pour améliorer la qualité des soins de santé et les résultats pour les patients, d’encourager la mise en œuvre de technologies interopérables dans les secteurs de la santé des États membres, ce qui facilitera la fourniture de solutions de santé innovantes aux patients; encourage la création d’un espace européen des données relatives à la santé pleinement coopératif et opérationnel, doté d’un cadre de gouvernance qui favorise la création d’un écosystème novateur axé sur les données, fondé sur un échange sécurisé et contrôlé d’informations et de données critiques entre les États membres; demande à la Commission de promouvoir des normes, des outils et des infrastructures de nouvelle génération pour stocker et traiter des données adaptées à la recherche et au développement de produits et de services innovants; souligne que les données personnelles sur la santé ne peuvent être collectées et traitées que conformément aux bases juridiques prévues à l’article 6, paragraphe 1, du RGPD et aux conditions prévues à l’article 9 de ce même règlement; considère que, dans ce contexte, le traitement ultérieur des données personnelles sur la santé devrait être interdit; rappelle aux responsables du traitement des données le principe de transparence en matière de protection des données et les obligations qui en découlent à l’égard des patients et des autres personnes concernées;

114. souligne qu’il est important de garantir un accès universel aux vaccins et aux traitements médicaux, en particulier dans les situations d’urgence et pour les nouvelles maladies pour lesquelles il n’existe pas de traitement, comme c’est le cas de la COVID-19; appelle instamment de ses vœux une étroite collaboration entre l’OMS et l’OMC pour assurer l’approvisionnement en vaccins une fois qu’un vaccin aura été trouvé; demande en parallèle à la Commission de renforcer ses mécanismes pour l’acquisition commune de médicaments afin de garantir l’accès universel à un traitement pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence;

115. insiste pour que, dans la perspective du développement et de l’autorisation d’un vaccin ou d’un traitement sûr et efficace contre la COVID-19, toutes les dispositions soient prises pour permettre une production et une distribution rapides en Europe et dans le monde, et garantir un accès juste et égal au vaccin ou au traitement;

 

116. constate que l’épidémie de COVID-19 a exacerbé le problème récurrent de pénurie de médicaments et d’équipements de protection dans l’Union, et souligne que l’accès aux médicaments et aux équipements de protection est une question d’importance mondiale, qui a également de graves conséquences dans les pays en développement où les maladies liées à la pauvreté se propagent et où les médicaments sont rares; souligne la nécessité pour l’Union d’assurer la cohérence de ses politiques, notamment dans les domaines du développement, du commerce, de la santé, de la recherche et de l’innovation, afin de contribuer à garantir la disponibilité continue des médicaments essentiels dans les pays les plus pauvres et, en particulier, dans les pays les moins avancés (PMA);

 

117. relève que les difficultés d’accès aux médicaments ont fortement pénalisé les catégories les plus vulnérables et les plus marginalisées de la population, notamment les femmes et les enfants, les personnes séropositives ou atteintes d’autres maladies chroniques, les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées ainsi que les personnes âgées et les personnes handicapées;

118. demande à la Commission de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale pour veiller à ce que les pays en développement aient un accès et un approvisionnement garantis en médicaments essentiels, en particulier dans les situations d’urgence;

 

119. souligne que l’épidémie de COVID-19 démontre la nécessité de raccourcir le plus possible les chaînes d’approvisionnement actuelles, notamment pour ne pas dépendre de chaînes d’approvisionnement mondiales longues et fragiles pour les équipements médicaux et les produits pharmaceutiques; invite instamment l’Union à aider les pays en développement à se doter localement des moyens de fabrication, de production et de distribution en leur apportant une assistance technique, des connaissances et des informations de base, en favorisant le transfert de technologies et en renforçant la cohérence des cadres réglementaires, des systèmes de surveillance et de la formation des professionnels de la santé; souligne qu’il faut mettre sur pied des systèmes de santé plus performants et assurer le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement; souligne que les pays en développement, en particulier les PMA, sont très dépendants des chaînes d’approvisionnement internationales, d’où le risque de graves pénuries quand la demande mondiale augmente et l’offre est limitée;

120. préconise une solution collective à l’échelle mondiale et se félicite des résultats de l’appel de fonds mondial pour la lutte contre le coronavirus du 4 mai 2020, qui a débouché sur des promesses de dons de 7,4 milliards d’euros de la part de bailleurs de fonds du monde entier pour accélérer les travaux de diagnostic, de traitement et de mise au point de vaccins; souligne que les dispositifs médicaux utilisés contre la COVID-19 doivent être peu coûteux, sans risque, efficaces, faciles à utiliser et accessibles à tous et partout, et être considérés comme des «biens publics mondiaux»; considère donc que leur disponibilité à moindre coût devrait faire partie intégrante de l’ensemble du processus de R&D et de fabrication; à cette fin, estime que le financement public doit être soumis à des conditions strictes, notamment en matière de gestion collective, de transparence, de partage des technologies, du savoir-faire technique et des résultats cliniques, etc.; souligne que ces conditions doivent être rendues publiques, car un financement public ne peut se résumer à un chèque en blanc;

121. souligne que le partage des échantillons d’agents pathogènes et des informations sur leurs séquences est essentiel pour la mise au point à brève échéance de diagnostics, de thérapies et de vaccins; rappelle les obligations internationales contraignantes de partage juste et équitable des avantages découlant de la Convention sur la diversité biologique et du protocole de Nagoya sur les ressources génétiques;

°

° °

122. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux parlements des États membres.


EXPOSÉ DES MOTIFS

La question éminemment sensible de la pénurie de médicaments n’est pas récente. La crise sanitaire de la COVID-19, avec l’augmentation exponentielle de la demande mondiale, n’a fait que mettre en évidence ce phénomène récurrent de pénuries de médicaments et de produits médicaux en Europe, situation bien connue des professionnels de santé et de certains patients particulièrement vulnérables.

Les pénuries touchent particulièrement les produits chimiques peu coûteux et faciles à produire, et les médicaments «matures», à mesure que les stocks s’épuisent. Ces pénuries ont été multipliées par 20 entre 2000 et 2018 et par 12 depuis 2008, faisant courir des risques considérables aux patients et fragilisant les systèmes de santé des États membres.

Ces pénuries concernent particulièrement les anticancéreux, les antibiotiques, les vaccins, les anesthésiants, les traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques et des maladies du système nerveux. Les médicaments pour le traitement du cancer (chimiothérapie), des infections (vaccins) et des troubles neurologiques (épilepsie, maladie de Parkinson) représentent effectivement à eux seuls plus de la moitié des pénuries.

La crise sanitaire de la COVID-19 a également mis en lumière une dépendance accrue de l’Union vis-à-vis des pays tiers, principalement la Chine et l’Inde.

En effet, si les causes de ces pénuries sont multiples (difficultés de fabrication ou problèmes affectant la qualité des médicaments, demande inattendue comme des épidémies virales soudaines ou des catastrophes naturelles, problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, etc.), la délocalisation de la production des substances actives mais également de produits finis a considérablement affaibli la souveraineté des États membres. Selon l’Agence européenne du médicament, 40 % des médicaments finis commercialisés dans l’Union proviennent de pays tiers, et 80 % des principes actifs sont fabriqués en Chine et en Inde; en realité, le seul moyen de minimiser les coûts consiste à recourir massivement aux sous-traitants en Asie où le coût du travail et les normes environnementales sont moindres.

La compression des prix et la flambée de la demande ont entraîné une concentration de l’offre si bien que dans le cas de nombreuses molécules que l’on ne peut obtenir aujourd’hui qu’auprès de deux ou trois fournisseurs en Asie, tout aléa de production entraîne des ruptures d’approvisionnement s’il n’existe pas d’autre source de remplacement.

La santé publique est devenue une arme géostratégique qui peut mettre à genoux un continent. Notre perte de souveraineté a éclaté au grand jour avec la pandémie actuelle. Si la santé relève de la compétence de chacun des États membres, il appartient à l’Union européenne, conformément à l’article 168 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de coordonner et compléter ces actions nationales, d’agir afin de garantir aux citoyens européens des services de santé de qualité, de les protéger contre les menaces sanitaires, d’améliorer la surveillance et la préparation face aux épidémies et au bioterrorisme, et de renforcer la capacité à relever les nouveaux défis en matière de santé, tels que le changement climatique.

 

Une plus grande coopération et davantage de concertation dans la prise de mesures s’imposent pour renforcer l’efficacité et la réactivité dont les citoyens européens ont besoin. Cette coopération a pris forme au plus fort de l’épidémie avec notamment les transferts de patients entre États membres lorsque certaines capacités hospitalières arrivaient à saturation. Elle doit désormais se structurer, se pérenniser, et le sujet de la lutte contre les pénuries doit en être le catalyseur.

La réponse européenne à la pénurie de médicaments doit reposer sur trois piliers: retrouver une souveraineté sanitaire en sécurisant l’approvisionnement, renforcer l’action européenne pour mieux coordonner et compléter les politiques de santé des États membres, et renforcer la coopération entre ces derniers.

Retrouver une souveraineté sanitaire dans le cadre d’une intégration européenne renforcée.

il s’agit avant tout de relocaliser au sein de l’Union européenne la production de substances actives et de produits finis en ce qui concerne les médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique, sachant que les ruptures d’approvisionnement mettent gravement et immédiatement en danger la santé des patients souffrant d’une pathologie grave, en l’absence d’alternative thérapeutique recommandée par les autorités.

Dans cette perspective, il est recommandé de prendre les mesures ambitieuses suivantes:

 accompagner les activités de relocalisation et autoriser les aides d’État (mesures fiscales et financières) pour inciter les industriels à exercer leurs activités en Europe, de la molécule au conditionnement et à la distribution, et établir une cartographie précise des sites de production potentiels au sein de l’Union européenne;

 définir la sécurité de l’approvisionnement comme critère prioritaire dans les procédures d’appels d’offres, la Commission recommandant aux États membres le mieux-disant;

 créer un ou plusieurs établissements pharmaceutiques européens à but non lucratif, capables de produire certains médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique en situation de criticité (fragilité de la chaîne de production avec soit une seule ligne de production soit un ingrédient particulièrement difficile à obtenir) ou n’étant plus rentables pour les firmes pharmaceutiques;

 faire de notre continent un chef de file mondial dans le développement de traitements innovants pour demain. Les programmes européens de recherche comptent parmi les meilleurs au monde et doivent bénéficier d’un soutien renforcé de l’Union européenne, sur le plan financier et de la coordination, la mise en commun des résultats et l’accès aux informations essentielles. Les programmes européens de recherche en faveur du développement de traitements et de vaccins contre la COVID-19 constituent un exemple de ce que l’Union européenne devra mettre en place demain, c’est-à-dire mener un plus grand nombre de travaux de recherche conjoints, couvrant davantage de secteurs. L’Union européenne dispose des outils, des infrastructures et des chercheurs pour être le continent leader de la recherche médicale et des innovations en matière de traitements et de dispositifs médicaux. C’est en diversifiant nos ressources, en réapprenant à produire au sein de l’Union européenne des principes actifs, et en investissant massivement dans la recherche et l’innovation, la bioéconomie et les biotechnologies, qu’il sera possible de développer et produire les médicaments de demain.

Renforcer l’action européenne pour mieux coordonner et compléter les politiques de santé des États membres

 Anticiper les problèmes et les crises dans le domaine de la santé grâce à la création d’une réserve européenne de médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique sur le modèle du mécanisme rescUE mis en place par la Commission européenne. Il s’agit en l’occurrence d’élaborer quelques stratégies de santé à l’échelle européenne, qui prévoient une réserve commune de médicaments et vaccins prioritaires et des prix harmonisés pour permettre aux États membres de remédier aux problèmes d’approvisionnement.

 

 Recourir plus systématiquement à une passation conjointe de marchés permettant de réduire les coûts de certains équipements et médicaments. Il est plus facile de négocier auprès des fournisseurs lorsque l’on représente 446 millions de consommateurs.

 Instaurer une plus grande transparence dans la chaîne de distribution en mettant en place une gestion centralisée, en obtenant plus d’informations de l’ensemble des acteurs concernés, en responsabilisant davantage les entreprises, les fabricants et les distributeurs du secteur pharmaceutique, parallèlement aux autorités de gestion et de mise sur le marché. Les conséquences pour la santé publique justifient les exigences particulières imposées par les pouvoirs publics, particulièrement en matière de stocks de médicaments «stratégiques», sachant que les entreprises pharmaceutiques travaillent habituellement à flux tendu.

Renforcer la coopération entre les États membres

 Gérer en temps réel les stocks de médicaments disponibles dans chaque État membre et éviter la constitution de stocks. Il est souhaitable que le commissaire chargé de la santé supervise une task force en collaborant avec l’EMA, les agences nationales et les fabricants, afin d’anticiper les tensions sur les stocks et de réguler la circulation des médicaments au sein du marché unique en fonction des besoins de chacun des États membres. Cette forme de solidarité et de coordination européenne doit désormais voir le jour.

 Adopter une législation simplifiée et assouplir les mesures réglementaires en temps de crise afin d’atténuer les pénuries et de faciliter la circulation des médicaments entre États membres: acceptation de différents formats d’emballages, procédure de réutilisation permettant aux titulaires d’une AMM d’obtenir un agrément dans un autre État membre, extension des dates de péremption, utilisation de médicaments vétérinaires, autorisation d’une certaine coordination entre les entreprises sans être considérée comme une pratique concertée, etc.

 Mettre en place des outils numériques et innovants pour l’échange d’informations en ce qui concerne les pénuries de médicaments et de produits médicaux dans les États membres.

La mise en place d’une véritable stratégie industrielle pharmaceutique est indispensable pour permettre à l’Union européenne de retrouver sa souveraineté sanitaire et d’investir dans la recherche de pointe pour devenir le chef de file de l’innovation et de l’excellence dans le domaine de la santé à l’échelle mondiale.


 

ANNEXE: LISTE DES ENTITÉS OU PERSONNES DONT LA RAPPORTEURE A REÇU DES CONTRIBUTIONS

La liste suivante est établie sur une base purement volontaire, sous la responsabilité exclusive du rapporteur. Le rapporteur a reçu des contributions des entités ou personnes suivantes pour l’élaboration du rapport, jusqu’à son adoption en commission:

Entité et/ou personne

Commission européenne,

Stella Kyriakides, Commissaire santé

Commission européenne,

Janez Lenarčič, Commissaire chargé de la gestion des crises

Agences du Médicament (EMA),

Noel Wathion, Directeur exécutif adjoint

Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC),

Andrea Ammon, Directrice

Secrétariat général des affaires européennes,

Sandrine Gaudin, Secrétaire générale

Sénat Français,

Jean-Pierre Decool, Sénateur du Nord, Vice-Président de la Commission des Affaires Économiques,

Rapporteur de la Mission d’information sur les pénuries de médicaments

Sénat Français,

Sonia de la Provôté, Sénatrice du Calvados (Normandie), Vice-présidente de la Mission d’information sur les pénuries de médicaments

Jean Rottner, Président de la Région Grand-Est

Comité économique des produits de santé (CEPS), France

Jean-Patrick Sales, Vice-président

Jacques Biot, ancien président de l’École polytechnique, en charge d’une mission auprès du Premier Ministre français pour procéder à l’analyse des causes profondes de la situation de pénuries de médicament

Khalifé Khalifé, Chef du service de cardiologie, Président commission médicale du Centre Hospitalier Régional (CHR) Metz Thionville, Président collège médical GHT lorraine Nord, Président du Conseil Territorial de Santé Lorraine Nord, Conseiller Régional Grand-Est délégué à la Santé

Grégory Rondelot, Pharmacien-Gérant PUI de l'hôpital de Mercy et PUI de l'hôpital Bel-Air

Marianne Chacun-Colin, médecin gériatre /soins palliatifs en centre gériatrique

Jean-Marc Lupoglazoff, docteur en médecine et docteur en sciences (MD et PhD) praticien hospitalier (PH) à l'hôpital Robert Debré (APHP) en cardiologie pédiatrique

Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC)

European Organisation For Rare Diseases (EURORDIS)

European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations (EFPIA)

Medicine for Europe

Groupement Pharmaceutique de l’Union européenne (PGEU)

European Healthcare Distribution Association (GIRP)

The European Chemical Industry Council (CEFIC)

European Society for Medical Oncology (ESMO)

Comité Permanent des Médecins Européens (CPME)

Les entreprises du médicament (LEEM)

Biogaran

Mylan

Teva Pharmaceutical

Novartis

Sanofi

 


 

 

 

 

AVIS DE LA COMMISSION DE L’INDUSTRIE, DE LA RECHERCHE ET DE L’ÉNERGIE (16.6.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire</CommissionInt>


<Titre>sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent</Titre>

<DocRef>(2020/0071(INI))</DocRef>

Rapporteure pour avis (*): <Depute>Joëlle Mélin</Depute>

 (*) Commission associée – article 57 du règlement intérieur

 



SUGGESTIONS

La commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie invite la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

A. considérant que la pandémie de COVID-19 a exacerbé le problème croissant des pénuries de médicaments dans l’Union; que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale qui en découlent ont mis en lumière la dépendance de l’Union vis-à-vis des pays tiers en ce qui concerne les médicaments, les principes actifs, les matières de départ et d’autres composants entrant dans la fabrication des médicaments; que la dépendance de l’Union à l’égard des importations dans ce domaine et le manque de diversification font peser des menaces supplémentaires sur la capacité de l’Union à fournir une réponse rapide et adéquate aux urgences sanitaires et rendent vulnérables les systèmes de santé de l’Union; que la nouvelle pandémie de COVID-19 a également révélé des pénuries de dispositifs médicaux, de produits médicaux et d’équipements de protection; que 60 à 80 % des principes actifs sont fabriqués en dehors de l’Europe, principalement en Chine et en Inde; que cette proportion était de 20 % il y a 30 ans; qu’à ce jour, aucune étiquette ni aucun étiquetage obligatoire visible par les patients et clients n’est exigé en ce qui concerne l’origine et le pays de fabrication des médicaments et des principes actifs; que l’accès limité aux principes actifs requis pour la production de médicaments génériques est particulièrement problématique; qu’enfin, lors de la pandémie de COVID-19, de nombreux gouvernements nationaux des États membres ont été victimes de fraudes et ont été approvisionnés en matériel et fournitures médicaux défectueux provenant d’entreprises de pays tiers;

B. considérant que la fabrication de médicaments et d’autres produits médicaux est complexe et nécessite des installations et des procédures très sophistiquées ainsi qu’un personnel hautement qualifié pour garantir le respect des normes environnementales et du travail ainsi que la qualité, la sûreté et l’efficacité des médicaments; que la qualité des médicaments et autres produits médicaux doit être conforme aux normes réglementaires strictes de l’Union, qui sont parmi les plus élevées du monde; qu’il existe un niveau élevé de contrôle en vigueur dans l’Union concernant la qualité de la production de médicaments; que les acheteurs, en particulier les pharmacies hospitalières, sont soumis à des restrictions budgétaires qui les obligent très souvent à ne considérer que les critères financiers et non la qualité ou l’origine; que la production de matières premières et de départ chimiques et de principes actifs dans l’Union a été mise à mal par le système d’appels d’offres fondé sur le critère du prix le plus bas; que cette situation incite à externaliser cette production vers des pays tiers et nuit donc aux entreprises européennes, qui sont soumises à des normes plus élevées; que certaines installations de ces pays tiers ne sont pas souvent en mesure de garantir le respect des normes visant une production durable et éthique de ces matières et de ces principes actifs, compatible avec les normes de l’Union;

C. considérant qu’un mécanisme de coopération visant à coordonner les politiques européennes et nationales est nécessaire pour lutter contre les pénuries de médicaments dont les causes profondes sont multifactorielles et complexes, notamment en ce qui concerne les aspects économiques, tels que le manque de prévisibilité du marché, le caractère souvent monopolistique des marchés pharmaceutiques, les systèmes d’appels d’offres où il n’y a qu’un seul adjudicataire, le commerce parallèle, les interdictions d’exportation, le surstockage, les charges règlementaires, les hausses imprévues de la demande, les perturbations, la complexité et l’interdépendance des chaînes d’approvisionnement, notamment dans les pays tiers, et la difficulté et la complexité de la fabrication, du stockage, de la distribution et de l’administration des médicaments; que la détection précoce, la surveillance et la notification des pénuries de médicaments devraient être améliorées et étayées par des données plus transparentes et accessibles sur ces pénuries;

D. considérant que les pénuries de médicaments constituent une menace sérieuse pour les patients et nuisent à la résilience ainsi qu’à l’efficacité des systèmes de santé publique dans l’Union; qu’il est de la plus haute importance de prévenir les pénuries de médicaments ainsi que de les atténuer au cas où elles se produiraient; que l’article 81 de la directive 2001/83/CE[22] demande des mesures visant à prévenir les pénuries ou les problèmes de distribution des médicaments dans les États membres; que la Commission a publié des lignes directrices pour un approvisionnement optimal et rationnel en médicaments afin d’éviter les pénuries pendant la pandémie de COVID-19; que, dans ces lignes directrices, la Commission reconnaît qu’aucun pays n’est autosuffisant ni en matières premières, ni en principes actifs, ni en produits intermédiaires, ni en médicaments finis nécessaires au bon fonctionnement du système de santé;

E. considérant que la pandémie de COVID-19 a démontré qu’une coordination, une coopération et un dialogue étroit entre tous les acteurs sont nécessaires pour lutter contre les menaces sanitaires, par opposition à des mesures individuelles et non coordonnées au niveau national; qu’une coordination efficace au niveau de l’Union en temps de crise est essentielle pour éviter les fermetures unilatérales de frontières et les interdictions d’exportation, qui aggravent les pénuries de médicaments et compromettent la résilience des chaînes d’approvisionnement et des canaux de distribution;

F. considérant qu’à la suite de la pandémie de COVID-19, l’Union fera face à une crise économique qui compromettra davantage encore l’accès équitable aux médicaments et la compétitivité de l’industrie pharmaceutique européenne; que ce secteur emploie directement 765 000 personnes et soutient également 2,7 millions d’emplois indirects en Europe; que les mécanismes et les incitations fiscaux existants peuvent être mis en œuvre à l’échelon européen et au niveau des États membres au profit des secteurs industriels stratégiques;

G. considérant que, selon la Commission, la réponse des États membres à la crise pandémique de la COVID-19 appelle un accroissement considérable de la production de principes actifs et de médicaments dans l’Union et que cette situation exige une réorganisation des chaînes d’approvisionnement et de production; que, dans ses déclarations faites lors de la réunion du 22 avril 2020 avec les membres de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, Stella Kyriakides, membre de la Commission, a souligné la nécessité d’accroître la production de médicaments et le niveau d’innovation au sein de l’Union; considérant que tous les petits et moyens laboratoires pharmaceutiques constituent un atout à préserver et un réservoir de recherches et de découvertes à soutenir, car ils peuvent participer à la prévention des pénuries de médicaments;

H. considérant que le Parlement européen, dans sa résolution du 8 mars 2011, et le Conseil, dans ses conclusions du 13 septembre 2010, ont souligné la nécessité d’introduire une procédure commune de passation conjointe de marché relative à des contre-mesures médicales, notamment en ce qui concerne les vaccins pandémiques; que la décision n° 1082/2013 du Parlement européen et du Conseil[23] encourage les États membres à tirer parti des procédures de passation conjointe de marché, à condition que ces procédures soient précédées d’un accord de passation conjointe de marché entre les États membres participants;

I. considérant que les traités et la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne affirment que toute personne doit avoir accès à des soins de santé préventifs et a le droit de bénéficier de traitements médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales; que ce droit devrait être appliqué à tous les citoyens, y compris ceux qui vivent dans les plus petits États membres et dans les régions les plus périphériques de l’Union; que l’accès aux médicaments est un problème croissant au sein de l’Union européenne, généralement associé au prix élevé des médicaments;

J. considérant que la Commission a annoncé son intention de publier, d’ici la fin de l’année 2020, des recommandations pour une future stratégie pharmaceutique de l’Union;

 

Définitions et outils de suivi

1. demande à la Commission d’adopter une définition renforcée, centralisée et harmonisée des pénuries de médicaments aux fins de la communication et du suivi des titulaires d’une autorisation de fabrication, comme le propose la task force conjointe de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et des directeurs des agences des médicaments en 2019; observe qu’une définition claire du «risque de pénurie» est essentielle pour soutenir le processus de notification; souligne la nécessité d’établir une définition des médicaments «essentiels» et de leur donner la priorité dans la lutte contre les pénuries; demande en outre une évaluation de la possibilité d’utiliser les référentiels de données du système européen de vérification des médicaments sous forme agrégée en tant qu’outil de surveillance des pénuries; fait valoir qu’il serait plus approprié d’utiliser ces référentiels de données pour obtenir une sérialisation de chaque boîte de médicaments, ce qui garantirait la fiabilité de l’ensemble de la chaîne de fabrication, d’emballage et de distribution; invite dès lors la Commission à envisager d’autoriser les fabricants, sur le mode du volontariat et sans que cela se traduise par une charge supplémentaire pour eux, à mettre en place un système d’étiquetage visible et identifiable par les patients/clients concernant l’origine et le lieu de production des médicaments et des principes actifs;

2. demande instamment à la Commission d’engager de toute urgence une consultation pluripartite et une enquête de marché, afin d’identifier de manière factuelle les éléments qui, au sein de la chaîne d’approvisionnement et au-delà, créent un risque direct de pénurie de médicaments ou accroissent ce risque; appelle de ses vœux un dialogue permanent, concret et tourné vers l’action avec l’EMA, les autorités nationales compétentes, les États membres, l’industrie pharmaceutique, les organisations de patients et de pharmaciens et tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique; demande que soit mise en place une coopération stratégique efficace au niveau européen afin de prévenir les pénuries sur le long terme, d’échanger des informations, de communiquer sur les pénuries anticipées et d’accroître la transparence de la chaîne d’approvisionnement; invite la Commission à proposer, dans le cadre de sa future stratégique pharmaceutique, des mesures ambitieuses et concrètes visant à pallier ces difficultés; demande à la Commission d’inclure des mesures destinées au secteur pharmaceutique dans sa proposition de législation sur la diligence raisonnée de 2021;

3. demande à la Commission de publier la stratégie pharmaceutique de l’Union, qui déterminera les causes profondes des pénuries de médicaments; invite instamment la Commission à proposer des mesures réglementaires ambitieuses et spécifiques dans le but de rendre les médicaments disponibles, abordables, durables et accessibles à tous et de mettre en pratique les mesures de transparence; constate avec inquiétude la défaillance du marché dans plusieurs États membres, où l’accès des patients à des médicaments et à des dispositifs médicaux efficaces et abordables reste menacé par des niveaux de prix très élevés et souvent non viables; relève que l’accès aux médicaments et aux dispositifs médicaux dans les États membres dont les marchés sont plus petits doit faire l’objet d’une attention particulière; souligne que la conception d’un système d’inventaire d’urgence de l’Union, menée par l’EMA en collaboration avec les autorités nationales compétentes, devrait également faire partie de la stratégie pharmaceutique prévue et prévoir des méthodes visant à modifier les inventaires au rythme des évolutions de la situation médicale;

4. invite la Commission à promouvoir des mesures qui renforceront la sécurité d’approvisionnement de l’Union en médicaments et réduiront sa dépendance à l’égard des pays tiers; demande également à la Commission d’inclure dans la future stratégique pharmaceutique des mesures visant à pallier toute perturbation des chaînes de valeur mondiales; mesure à cet égard l’importance pour l’industrie d’être capable d’accroître sa production et de répondre ainsi à des hausses soudaines de la demande en cas de situation critique; appelle dès lors de ses vœux un plan coordonné et concerté avec les États membres ainsi que des incitations financières conformes aux règles en matière d’aides d’État et aux politiques durables, de façon à protéger la puissante assise industrielle pharmaceutique de l’Union, à engager des négociations avec les parties prenantes au sujet de la création d’une alliance pour les principes actifs et à soutenir dans le même temps la relocalisation des pays tiers vers l’Europe de la production des médicaments et principes actifs jugés essentiels au regard de la sécurité de l’approvisionnement;

5. demande à la Commission de créer un environnement dans lequel l’industrie pharmaceutique, axée sur la recherche, est incitée à développer des solutions aux besoins médicaux non satisfaits, comme la lutte contre la résistance aux antimicrobiens; invite la Commission européenne à maintenir un système européen de propriété intellectuelle solide dans le cadre de la prochaine stratégie pharmaceutique de l’Union, à encourager la recherche, le développement et la fabrication en Europe, à faire en sorte que l’Europe reste un innovateur de classe mondiale et, à terme, à protéger et à renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe dans le domaine de la santé publique;

Alerte rapide et communication

6. appelle de ses vœux une refonte du système coopératif de communication, de notification et d’alerte rapide afin de mettre en place un système en temps réel, interconnecté, réactif et d’activation facile qui offrirait une vue d’ensemble de la situation et émettrait des alertes régulières et rapides concernant les pénuries potentielles de médicaments, de manière à ce qu’à l’avenir, les pays en proie à ce problème puissent réagir et se tourner vers d’autres marchés si nécessaire; demande que l’EMA joue un rôle plus central dans ce système d’alerte rapide à l’échelle de l’Union, qui associerait, outre les parties prenantes susmentionnées, les pharmacies d’hôpitaux et les associations de patients; estime en outre que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) devrait partager ses modélisations sur la progression probable d’une pandémie dans chaque État membre afin d’anticiper la demande, pour ajuster en conséquence la capacité de fabrication et les canaux de distribution, de manière à fournir les médicaments nécessaires aux bonnes régions au bon moment;

7. insiste sur le fait qu’avec ce système, tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, y compris les négociants et les grossistes du commerce parallèle, devraient se conformer à l’obligation juridique de notification, en temps utile et, conformément à l’article 23 bis, paragraphe 2, de la directive 2001/83/CE[24], au moins deux mois à l’avance; estime que l’EMA et la Commission devraient travailler en étroite collaboration avec les autorités compétentes des États membres afin de garantir une réponse rapide et bien coordonnée aux notifications de pénuries imminentes et aux perturbations temporaires ou permanentes de l’approvisionnement ou de la distribution des médicaments; demande que le système s’attache en premier lieu à la liste de produits essentiels à l’échelle paneuropéenne et couvre simultanément les autorisations de mise sur le marché centralisées et nationales; prie la Commission de restreindre temporairement le commerce parallèle jusqu’à ce que la pénurie concernée soit réglée; invite la Commission et les États membres à effectuer des tests de résistance relatifs à la disponibilité et à la capacité de production des médicaments et des principes actifs, afin de se prémunir contre de futures crises sanitaires liées à des pandémies;

Coopération et coordination

8. demande à la Commission de mettre en place un mécanisme de coopération visant à coordonner les politiques européennes et nationales afin de pallier les pénuries de médicaments et de garantir le droit des patients à un accès pérenne, universel, équitable, abordable, effectif, sûr et rapide aux médicaments essentiels, de manière à assurer la viabilité des systèmes de santé publique de l’Union, en collaboration avec l’EMA, les autorités nationales compétentes, les États membres, l’industrie pharmaceutique, les organisations de patients et de pharmaciens et tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique;

Libre circulation des marchandises

9. invite la Commission, en étroite collaboration avec les États membres, à élaborer et à adopter un plan européen de préparation aux pandémies, afin de garantir une réponse européenne coordonnée et efficace dans ces situations; souligne que ce plan devrait inclure des mesures garantissant l’ouverture des frontières aux entreprises pharmaceutiques ou médicales, notamment au moyen de voies vertes, afin de protéger la libre circulation des marchandises et de prévenir les pénuries éventuelles de médicaments; souligne qu’il importe d’éliminer les obstacles entravant l’accès aux médicaments, aux dispositifs médicaux et aux équipements de protection pour tous les citoyens, en particulier ceux qui vivent dans des États membres qui, en raison de leur petite taille ou de leur éloignement, dépendent fortement des importations et n’ont pas facilement accès à la chaîne d’approvisionnement;

Passation de marchés

10. invite instamment la Commission, dans le cadre de la directive 2014/24/UE[25] sur les marchés publics, à élaborer des lignes directrices pour soutenir des pratiques durables en matière de marchés publics dans le domaine pharmaceutique, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des critères de l’offre économiquement la plus avantageuse (MEAT), qui visent à assurer la durabilité à long terme, la concurrence et la sécurité de l’approvisionnement et à stimuler les investissements dans la fabrication; appelle à mettre en place des mesures correctives contre les appels d’offres reposant uniquement sur le prix et où il n’y a qu’un seul adjudicataire car ils érodent fortement les prix, réduisent le nombre de fournisseurs sur le marché, et se traduisent souvent par des délais courts et l’application de pénalités aux entreprises, ce qui augmente également le risque de pénuries de médicaments; invite les États membres à revoir leurs systèmes d’appel d’offres afin de favoriser une fabrication durable, éthique et de qualité;

11. Les États confrontés à des crises sanitaires inhabituelles montrent la nécessité d’une coopération accrue en matière de santé et, dans le cadre du programme RescEU, de l’achat conjoint de vaccins, de médicaments antiviraux et de produits médicaux essentiels et coûteux, ainsi que d’équipements médicaux et de technologies médicales; insiste pour que cette réponse commune devienne une priorité après la pandémie et soit facilement accessible à tous, notamment aux citoyens des États membres particulièrement vulnérables du point de vue sanitaire et économique du fait de leur éloignement ou de leur petite taille;

12. demande à la Commission de mettre en place des mesures d’incitation pour que le secteur pharmaceutique veille à la diversification de sa chaîne d’approvisionnement et à la suffisance de l’approvisionnement au niveau de l’Union européenne; lui demande également de mettre en place un plan d’atténuation des risques de pénurie de médicaments afin de gérer les éventuelles vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement et les risques auxquels elle est exposée, et de le soumettre aux autorités compétentes; considère que ce plan devrait prévoir des solutions de stockage stratégique des médicaments afin de garantir l’approvisionnement pendant une période raisonnable ainsi que des mécanismes de notification transparents, grâce auxquels les patients et les professionnels de la santé peuvent signaler et anticiper les pénuries de médicaments essentiels au moyen de canaux de communication permanents;

Quotas

13. précise que les quotas d’approvisionnement appliqués par les titulaires d’autorisations de mise sur le marché pour la distribution de produits de soins de santé sont fixés en fonction de plusieurs paramètres, notamment des estimations des besoins nationaux des patients; invite la Commission à réfléchir, avec les parties prenantes de l’industrie pharmaceutique, aux volumes des stocks de médicaments disponibles; rappelle à cet égard que les quotas de volumes de stocks mis en place par les distributeurs sont souvent serrés et entraînent des ralentissements et des pénuries, et qu’un manque de transparence des stocks a été constaté dans certaines parties de la chaîne de distribution;

Industrie et soutien aux PME

14. souligne la nécessité urgente pour l’Union de protéger son solide secteur pharmaceutique tout en repensant la sécurité de l’approvisionnement, et de réduire la dépendance excessive à l’égard d’un petit nombre de fabricants et de fournisseurs non communautaires de matières premières, de produits de base, de matières intermédiaires et de principes actifs; invite la Commission à examiner de près si les matières et les ingrédients qui entrent sur le marché de l’Union sont produits conformément à des normes sociales et environnementales adéquates; invite les parties prenantes à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement afin de réduire leur vulnérabilité; à cette fin, invite la Commission à examiner de près l’incidence de la dépendance européenne à l’égard des importations, notamment en ce qui concerne les équipements médicaux, les appareils respiratoires, les produits chimiques et les matières premières;

15. encourage la Commission à proposer des mesures dans le cadre de la stratégie pharmaceutique qu’elle envisage, notamment des incitations financières et des lignes directrices ciblées sur les marchés publics, dans le but de favoriser les investissements dans la fabrication durable, éthique et de qualité, au sein de l’Union, de produits chimiques d’importance stratégique utilisés dans la production de médicaments, en particulier les principes actifs et les produits intermédiaires; invite instamment la Commission à proposer également des mesures visant à encourager une plus grande intégration des PME de l’Union dans la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique, en raison de leur rôle clé dans la recherche et l’innovation et de leur capacité intrinsèque à réorienter rapidement leur production, de façon à mieux faire face aux chocs imprévus;

16. invite la Commission et les États membres à créer un environnement garantissant que l’Europe reste un lieu attrayant pour les investissements en R&D, afin de préserver une industrie pharmaceutique active et compétitive fondée sur la recherche, étayée par des investissements accrus dans les capacités et les infrastructures de recherche et développement, notamment universités, en tenant compte du fait que l’Union reste de loin la première région du monde pour la fabrication de principes actifs pour les médicaments brevetés; invite la Commission à fournir des ressources financières adéquates, dans le cadre d’Horizon Europe et d’autres programmes européens, pour renforcer les activités de R&I de l’Union qui soutiennent l’industrie manufacturière dans des secteurs industriels clés, dont le secteur pharmaceutique, tout en assurant l’équilibre géographique et la participation des États membres peu performants en matière de R&I à des projets et programmes de collaboration de l’Union dans le respect du principe d’excellence;

17. met en avant le fait que le programme Horizon 2020 a déjà financé de nombreuses activités de recherche et d’innovation dans le domaine de la santé; souligne que le financement de la recherche sur le coronavirus ne devrait pas affecter les autres priorités de santé du programme Horizon 2020; demande qu’un financement plus important soit fourni par Horizon Europe pour créer et soutenir des écosystèmes de recherche et d’innovation à orientation médicale, y compris les partenariats public-privé et le soutien à la recherche publique dans des secteurs innovants et à forte valeur ajoutée; souligne qu’un écosystème de recherche médicale de premier plan nécessite des compétences, des réseaux et des connexions universitaires, une infrastructure de données sur la santé, un cadre réglementaire opérationnel et des politiques de propriété intellectuelle qui favorisent l’innovation; appelle à une révision des incitations mises en place pour encourager la recherche sur les «médicaments orphelins» afin de déterminer s’ils sont efficaces, et appelle à mettre en place de nouvelles incitations si ce n’est pas le cas; souligne qu’Horizon Europe et d’autres programmes de l’Union doivent soutenir les maladies rares et que la recherche, les bonnes pratiques, les essais cliniques et les médicaments relatifs aux maladies rares doivent être rendus accessibles aux citoyens de tous les États membres; rappelle l’importance que peut avoir l’octroi de licences non exclusives pour atténuer les pénuries et stabiliser les prix des médicaments, en particulier en cas d’urgence sanitaire;

18. invite la Commission à examiner l’incidence de la pandémie de coronavirus sur le secteur et sur les PME, et à présenter une stratégie industrielle européenne renouvelée axée sur la double transition numérique et écologique de nos sociétés et sur le renforcement de la résilience face aux chocs extérieurs; demande instamment à la Commission de permettre aux États membres de déployer tous les efforts nécessaires pour que les PME pharmaceutiques poursuivent ou reprennent leurs activités de recherche et contribuent à assurer la diversité de notre production et le maintien des emplois qui l’accompagnent demande instamment à la Commission de permettre aux États membres de déployer tous les efforts nécessaires pour que les petites et moyennes entreprises pharmaceutiques poursuivent ou reprennent leurs activités de recherche et contribuent à assurer la diversité de notre production et le maintien des emplois qui l’accompagnent tout en soulignant l’importance d’une fabrication durable, éthique et de qualité pour l’emploi, la croissance et la compétitivité;

Établissement des prix

19. souligne que les politiques de fixation des prix des produits pharmaceutiques qui ne font que contenir les dépenses ne permettent pas d’ajuster les prix en fonction de l’évolution du coût des marchandises, de la fabrication, des procédures réglementaires et de la distribution, et qu’elles ont un effet négatif sur la fiabilité de l’approvisionnement; note avec inquiétude que l’augmentation de la demande de produits pendant les pénuries de médicaments pourrait accroître le risque de pratiques de fixation des prix déloyales dans les régions touchées par la pénurie, ainsi que dans les cas où des produits pharmaceutiques de substitution pourraient remplacer ceux touchés par la pénurie;

Marché parallèle

 

20. signale que le commerce parallèle peut entraîner des pénuries de médicaments; invite la Commission et les États membres à s’attaquer de manière adéquate aux problèmes liés au commerce parallèle de médicaments dans l’Union, afin d’éviter les pénuries d’exportations dues à de grandes différences de prix entre les États membres; souligne l’importance d’évaluer l’incidence du commerce parallèle et des interdictions d’exportation du point de vue de l’accès des patients; invite la Commission à élaborer, si nécessaire, des orientations supplémentaires à l’intention des États membres sur les exportations parallèles; souligne la nécessité d’inclure le point de vue et les expériences des groupes de patients et de consommateurs;

21. signale qu’en raison du commerce parallèle, la circulation des médicaments dans les États membres n’est pas sous le seul contrôle des entreprises pharmaceutiques; souligne qu’en raison du commerce parallèle, il existe un écart entre le volume des produits mis par les fabricants sur un marché donné, le volume des exportations et des importations, et les besoins réels des patients sur ledit marché, ce qui peut donner lieu à des pénuries; souligne que le commerce parallèle couvre parfois jusqu’à 80 ou 90 % de la demande de certains États membres, ce qui rend la chaîne d’approvisionnement fragile;

22. demande des mesures visant à décourager les pratiques et les stratégies commerciales déloyales dans le secteur pharmaceutique, telles que le paiement contre délai, en vue de garantir la résilience de l’approvisionnement sur les marchés des États membres; demande à la Commission de renforcer les contrôles aux frontières sur la conformité à la règlementation de l’Union et des États membres des médicaments ou des principes actifs importés, en particulier lorsque ces importations font baisser les prix du marché intérieur, faussent la concurrence, découragent la fabrication durable, éthique et de qualité et entraînent la délocalisation de lignes de production en dehors de l’Union;

Gestion des stocks

23. invite la Commission à explorer les possibilités de constituer des stocks au niveau de l’UE dans le cadre du programme RescEU; souligne que les pénuries de médicaments sont une menace pour la sécurité nationale; considère qu’il faut envisager dans une perspective à long terme de faire l’inventaire des médicaments importants et d’accroître la capacité de fabrication de certains médicaments particulièrement importants; demande à la Commission d’aider les États membres à constituer des stocks de médicaments importants dans le cadre d’une responsabilité partagée et coordonnée entre le secteur public et le secteur privé, afin d’éviter les pénuries dans les États membres, de répondre aux besoins des patients et d’élaborer des mesures visant à s’attaquer aux causes profondes des pénuries de médicaments selon une approche commune et coordonnée, afin de garantir la résilience et la persévérance des sociétés européennes en temps de crise et/ou de conflit;

Exigences réglementaires et qualité

 

24. attire l’attention sur les exemples de pénurie du fait du temps nécessaire pour satisfaire aux exigences réglementaires, y compris les délais réglementaires et les exigences nationales, mais souligne dans le même temps que le besoin de médicaments et d’équipements médicaux ne peut ni ne doit se faire au détriment de la qualité, de la sécurité, de l’efficacité et de la rentabilité des médicaments à usage humain et des produits de santé, y compris des dispositifs médicaux; rappelle que le respect des règles applicables à l’autorisation des essais cliniques de médicaments, ainsi que le contrôle du respect des bonnes pratiques cliniques dans leur réalisation, doivent continuer à être réglementés et supervisés selon les normes les plus élevées de protection de la santé publique; rappelle également que la priorité doit être accordée à l’optimisation des processus réglementaires dans le respect de normes scientifiques rigoureuses, afin de simplifier les tâches administratives liées au maintien des médicaments sur le marché en modifiant le règlement «Modifications», de renforcer l’accès à l’information pour les patients et les professionnels de la santé et de faciliter la circulation des médicaments entre les États membres en cas de pénurie; encourage la Commission à utiliser au mieux les technologies de l’information pour les processus réglementaires, y compris les outils numériques et télématiques, afin d’améliorer l’efficacité de la réglementation dans l’ensemble de l’Union, tout en respectant les normes en matière de respect de la vie privée énoncées dans le règlement (UE) 2016/679 (règlement général sur la protection des données/RGPD)[26];

25. invite instamment à la Commission, eu égard à la stratégie européenne pour les données et la transformation numérique des soins de santé et compte tenu du vaste potentiel des données sur la santé pour améliorer la qualité des soins de santé et les résultats pour les patients, d’encourager la mise en œuvre de technologies interopérables dans les secteurs de la santé des États membres, ce qui facilitera la fourniture de solutions de santé innovantes aux patients; encourage la création d’un espace européen des données relatives à la santé pleinement coopératif et opérationnel, doté d’un cadre de gouvernance qui favorise la création d’un écosystème novateur axé sur les données, fondé sur un échange sécurisé et contrôlé d’informations et de données critiques entre les États membres; demande à la Commission de promouvoir des normes, des outils et des infrastructures de nouvelle génération pour stocker et traiter des données adaptées à la recherche et au développement de produits et de services innovants; souligne que les données personnelles sur la santé ne peuvent être collectées et traitées que conformément aux bases juridiques prévues à l’article 6, paragraphe 1, du RGPD et aux conditions prévues à l’article 9 de ce même règlement; considère que, dans ce contexte, le traitement ultérieur des données personnelles sur la santé devrait être interdit; rappelle aux responsables du traitement des données le principe de transparence en matière de protection des données et les obligations qui en découlent à l’égard des patients et des autres personnes concernées;

26. demande à la Commission et aux autorités compétentes de prévoir une souplesse réglementaire pour atténuer les pénuries de médicaments lorsqu’elles se produisent, en autorisant des mesures ciblées, telles qu’une plus grande souplesse pour les emballages multilingues, les emballages de tailles différentes et les notices électroniques, afin de garantir que les patients puissent accéder plus rapidement à des médicaments sûrs et de qualité; invite la Commission à modifier son règlement sur les modifications[27] et ses lignes directrices sur la classification des modifications afin de moderniser le système actuel des modifications et de refléter l’évolution des technologies et des besoins réglementaires de tous les acteurs concernés;

 

INFORMATIONS SUR L’ADOPTION EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

16.6.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

56

1

12

Membres présents au moment du vote final

Nicola Beer, François-Xavier Bellamy, Hildegard Bentele, Tom Berendsen, Vasile Blaga, Manuel Bompard, Paolo Borchia, Marc Botenga, Markus Buchheit, Klaus Buchner, Jerzy Buzek, Carlo Calenda, Andrea Caroppo, Maria da Graça Carvalho, Ignazio Corrao, Ciarán Cuffe, Josianne Cutajar, Nicola Danti, Pilar del Castillo Vera, Christian Ehler, Valter Flego, Niels Fuglsang, Lina Gálvez Muñoz, Claudia Gamon, Nicolás González Casares, Bart Groothuis, András Gyürk, Henrike Hahn, Robert Hajšel, Ivo Hristov, Ivars Ijabs, Romana Jerković, Eva Kaili, Seán Kelly, Izabela-Helena Kloc, Łukasz Kohut, Zdzisław Krasnodębski, Andrius Kubilius, Thierry Mariani, Marisa Matias, Eva Maydell, Georg Mayer, Joëlle Mélin, Iskra Mihaylova, Dan Nica, Angelika Niebler, Ville Niinistö, Aldo Patriciello, Mauri Pekkarinen, Tsvetelina Penkova, Morten Petersen, Markus Pieper, Clara Ponsatí Obiols, Robert Roos, Sara Skyttedal, Jessica Stegrud, Beata Szydło, Riho Terras, Grzegorz Tobiszowski, Patrizia Toia, Marie Toussaint, Isabella Tovaglieri, Henna Virkkunen, Pernille Weiss, Carlos Zorrinho

Suppléants présents au moment du vote final

Rasmus Andresen, Damien Carême, Susana Solís Pérez, Viola Von Cramon-Taubadel

 


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

56

+

PPE

François-Xavier Bellamy, Hildegard Bentele, Tom Berendsen, Vasile Blaga, Jerzy Buzek, Maria Da Graça Carvalho, Pilar Del Castillo Vera, Christian Ehler, András Gyürk, Seán Kelly, Andrius Kubilius, Eva Maydell, Angelika Niebler, Aldo Patriciello, Markus Pieper, Sara Skyttedal, Riho Terras, Henna Virkkunen, Pernille Weiss

S&D

Carlo Calenda, Josianne Cutajar, Niels Fuglsang, Lina Gálvez Muñoz, Nicolás González Casares, Robert Hajšel, Ivo Hristov, Romana Jerković, Eva Kaili, Łukasz Kohut, Dan Nica, Tsvetelina Penkova, Patrizia Toia, Carlos Zorrinho

Renew

Nicola Danti, Valter Flego, Claudia Gamon, Bart Groothuis, Ivars Ijabs, Iskra Mihaylova, Mauri Pekkarinen, Morten Petersen, Susana Solís Pérez

ID

Paolo Borchia, Markus Buchheit, Andrea Caroppo, Thierry Mariani, Georg Mayer, Joëlle Mélin, Isabella Tovaglieri

ECR

Izabela-Helena Kloc, Zdzisław Krasnodębski, Robert Roos, Jessica Stegrud, Beata Szydło, Grzegorz Tobiszowski

NI

Ignazio Corrao

 

1

-

Renew

Nicola Beer

 

12

0

Verts/ALE

Rasmus Andresen, Klaus Buchner, Damien Carême, Ciarán Cuffe, Henrike Hahn, Ville Niinistö, Marie Toussaint, Viola Von Cramon-Taubadel

GUE/NGL

Manuel Bompard, Marc Botenga, Marisa Matias

NI

Clara Ponsatí Obiols

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 


 

 

 

AVIS DE LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT (17.6.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire</CommissionInt>


<Titre>sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent</Titre>

<DocRef>(2020/2071(INI))</DocRef>

Rapporteure pour avis: <Depute>Beata Kempa</Depute>

 

 

SUGGESTIONS

La commission du développement invite la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1. souligne le droit fondamental de toute personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, tel que consacré par l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH); rappelle à cet égard que l’Union européenne s’est engagée à protéger avec rigueur la santé humaine dans toutes ses politiques et activités, conformément à l’article 208 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et au principe de cohérence des politiques au service du développement (CPD), dans le plein respect des engagements internationaux, notamment le programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’objectif de développement durable 3 «Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge»;

2. constate que l’épidémie de COVID-19 a exacerbé le problème récurrent de pénurie de médicaments et d’équipements de protection dans l’Union, et souligne que l’accès aux médicaments et aux équipements de protection est une question d’importance mondiale, qui a également de graves conséquences dans les pays en développement où les maladies liées à la pauvreté se propagent et où les médicaments sont rares; souligne la nécessité pour l’Union d’assurer la cohérence de ses politiques, notamment dans les domaines du développement, du commerce, de la santé, de la recherche et de l’innovation, afin de contribuer à préserver la disponibilité totale des médicaments essentiels dans les pays les plus pauvres et, en particulier, dans les pays les moins avancés (PMA);

3. souligne l’importance de placer les intérêts et la sécurité des patients au centre de la politique de santé et d’une coopération plus étroite entre les pays en développement et l’Union européenne;

4. relève que les difficultés d’accès aux médicaments ont sévèrement pénalisé les catégories les plus vulnérables et les plus marginalisées de la population, notamment les femmes et les enfants, les personnes séropositives ou atteintes d’autres maladies chroniques, les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées ainsi que les personnes âgées et les personnes handicapées;

5. considère que les médicaments, en particulier les médicaments et traitements vitaux, ne sont pas seulement des biens de consommation, mais des biens publics mondiaux, et doivent donc être traités comme tels; déplore que trop d’obstacles entravent l’accès aux médicaments dans les pays en développement et les PMA, notamment:

a) des infrastructures limitées;

b) des moyens insuffisants;

c) une production de substances actives concentrée dans un nombre restreint de pays;

d) le risque de contrefaçon;

e) l’accès limité aux régimes de protection sociale;

 

6. invite l’Union européenne à prendre la tête d’une coopération mondiale renforcée réunissant de multiples parties prenantes, notamment les autorités publiques chargées de la réglementation, les entreprises, les patients, les professionnels de la santé, les ONG et les organisations internationales, afin de garantir à l’échelle mondiale l’accès à des médicaments et à des équipements de protection sûrs, efficaces et de qualité, en particulier dans les établissements résidentiels et les services de santé, en donnant la priorité aux catégories vulnérables de la population, comme les personnes handicapées et leurs familles, sans compromettre la disponibilité des ressources ni la qualité des procédés et des installations de fabrication; se réjouit donc de constater que l’Union a joué un rôle de premier plan dans la rédaction et l’approbation de la résolution de l’OMS du 19 mai 2020 sur la COVID-19, qui souligne l’importance d’assurer un accès  rapide à des produits de diagnostic, à des traitements, à des médicaments et à des vaccins de qualité, sûrs, abordables et efficaces pour la riposte à la COVID-19;

7. invite la Commission européenne à enquêter d’urgence sur les facteurs à l’origine des pénuries de médicaments, à améliorer les échanges d’informations entre les autorités nationales et les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, à renforcer les échanges de bonnes pratiques et à appuyer le déploiement de stratégies de gestion des pénuries pour assurer la sécurité des patients;

8. invite la Commission et les États membres à soutenir davantage les programmes et initiatives de portée mondiale qui visent à promouvoir un accès fiable et peu coûteux aux médicaments dans le monde entier; presse également la Commission d’exiger que les projets de santé financés par l’Union prévoient dans leurs objectifs des dispositifs ciblés d’accessibilité et de bas tarifs;

9. note que certaines personnes stockent des médicaments par crainte d’être à court; appelle les gouvernements à dissiper ces craintes en éduquant et en rassurant les populations, afin de mettre un terme aux excès de consommation;

10. souligne que l’épidémie de COVID-19 démontre la nécessité de raccourcir le plus possible les chaînes d’approvisionnement actuelles, notamment pour ne pas dépendre de chaînes d’approvisionnement mondiales longues et fragiles pour les équipements médicaux et les produits pharmaceutiques; invite instamment l’Union à aider les pays en développement à se doter sur place des moyens de fabrication, de production et de distribution en lui apportant une assistance technique, des connaissances et des informations de base, en favorisant le transfert de technologies et en renforçant la cohérence des cadres réglementaires, des systèmes de surveillance et de la formation des professionnels de la santé; souligne qu’il faut mettre sur pied des systèmes de santé plus performants et assurer le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement; souligne que les pays en développement, et en particulier les PMA, sont très dépendants des chaînes d’approvisionnement internationales, ce qui peut entraîner de graves pénuries quand la demande mondiale augmente et l’offre est limitée;

11. relève que les crises humanitaires, de même que la pauvreté, l’accroissement des inégalités et une plus grande exposition à des médicaments falsifiés, entraînent chaque année dans les pays en développement la mort de millions de personnes, victimes de maladies qui pourraient être traitées et évitées grâce à des médicaments, diagnostics ou vaccins appropriés, sûrs et peu coûteux; demande instamment à l’Union de régler le problème de la pénurie de médicaments dans les zones de conflit et de crise humanitaire, sans perdre de vue les besoins des populations les plus vulnérables et en privilégiant les moyens efficaces d’aider sur place les services médicaux, en coopération avec les ONG et les collectivités locales compétentes;

12. souligne que la crise de la COVID-19 a mis en évidence les conséquences dévastatrices des dysfonctionnements des systèmes de protection sociale dans de nombreux pays en développement; souligne que les transferts d’argent liquide et les autres initiatives des acteurs humanitaires constituent une aide d’urgence pour atténuer les effets négatifs de la crise sur la population; estime que ces initiatives devraient être adaptées aux systèmes nationaux de protection sociale, les développer, les compléter et continuer de les renforcer afin de réduire les répercussions socio-économiques de la COVID-19 sur les populations vulnérables, sans exclure personne;

13. souligne que le système des brevets pour les médicaments, le manque de fonds à long terme et de recherche indépendante, les infrastructures, les pratiques commerciales, la monopolisation de la production, la concentration de la production dans quelques pays (substances actives en Chine, antibiotiques en Inde), l’arrêt de la recherche de médicaments de substitution bon marché et aisément disponibles, tels que les médicaments à base de plantes, aggravent les défaillances du marché des médicaments et la pénurie de médicaments, en particulier dans les pays en développement; préconise de dissocier le financement de la recherche et développement (R&D) du prix des médicaments, par exemple en recourant aux communautés de brevets, à la recherche ouverte, aux subventions et aux bourses, afin de garantir un prix raisonnable à long terme, la disponibilité et l’accessibilité des traitements pour tous ceux qui en ont besoin;

14. rappelle que les investissements dans la R&D sont essentiels pour l’ensemble de la chaîne de valeur des médicaments; souligne, en outre, que le manque de R&D influe négativement sur les maladies liées à la pauvreté et les maladies négligées qui touchent de manière disproportionnée les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI); demande donc instamment à la Commission de prendre des mesures supplémentaires pour garantir le libre accès aux résultats et aux données de la recherche afin d’encourager les pratiques innovantes et les modèles de financement dans le secteur pharmaceutique, dans le cadre de la politique de développement de l’Union et de la CPD;

15. souligne que l’aide au développement devrait avant tout viser à assurer une couverture transversale du système de soins de santé universel dans une perspective holistique et fondée sur les droits, ce qui implique notamment de tenir pleinement compte de la multidimensionnalité de la santé (en lien étroit avec le genre, la sécurité alimentaire et la nutrition, l’eau et l’assainissement, l’éducation et la pauvreté); souligne que la couverture universelle de santé publique doit se doubler d’une couverture élargie des mécanismes de protection sociale de la santé pendant et après la crise;

16. demande une solution collective à l’échelle mondiale et se félicite des résultats de l’appel de fonds mondial pour la lutte contre le coronavirus du 4 mai 2020, qui a débouché sur des promesses de dons de 7,4 milliards d’euros de la part de bailleurs de fonds du monde entier pour accélérer les travaux de diagnostic, de traitement et de mise au point de vaccins; souligne que les dispositifs médicaux utilisés contre la COVID-19 doivent être peu coûteux, sans risque, efficaces, faciles à utiliser et accessibles à tous et partout, et qu’ils doivent être considérés comme des «biens publics mondiaux»; considère donc que leur disponibilité à moindre coût devrait faire partie intégrante de l’ensemble du processus de R&D et de fabrication; à cette fin, estime que le financement public doit être soumis à des conditions strictes, notamment en matière de gestion collective, de transparence, de partage des technologies, du savoir-faire technique et des résultats cliniques, etc.; souligne que ces conditions doivent être rendues publiques, car un financement public ne peut se résumer à un chèque en blanc;

17. constate que le système de propriété intellectuelle contribue généralement à la conception de nouveaux médicaments et constitue donc un outil pour améliorer leur disponibilité, mais qu’il doit toujours être conforme au droit international des droits de l’homme et au droit international public, dans le plein respect du droit humain à la santé; invite l’Union à promouvoir une utilisation plus efficace des mécanismes de flexibilité actuels pour les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce afin de protéger la santé publique et, en particulier, de promouvoir l’accès de tous aux médicaments, comme l’affirme la déclaration de Doha sur l’accord sur les ADPIC et la santé publique; à cet égard, invite instamment l’Union et ses États membres à apporter une aide concrète aux collectivités locales des pays tiers, en particulier des PMA, afin qu’elles appliquent véritablement ces mesures de sauvegarde, telles que les licences obligatoires et les importations parallèles, dans le but de protéger la santé publique, de garantir l’accès universel aux médicaments essentiels dans les situations d’urgence et de lutter contre les abus de la protection de la propriété intellectuelle qui entraînent des prix prohibitifs pour les médicaments et les diagnostics brevetés et vitaux; demande instamment à l’Union de veiller à ce que ses accords commerciaux bilatéraux concourent pleinement à cet objectif et de rendre gratuits tous les vaccins et traitements contre la pandémie qui pourraient être utilisés et produits dans les prochains mois contre la COVID-19, et de les considérer comme un bien public mondial;

18. souligne à nouveau le rôle de l’immunisation générale contre la COVID-19 comme un bien de santé publique mondial pour prévenir, contenir et stopper la transmission et ainsi mettre fin à la pandémie, dès lors que des vaccins sans danger, de qualité, efficaces, performants, accessibles et peu coûteux seront disponibles;

19. souligne que le partage des échantillons d’agents pathogènes et des informations sur leurs séquences est essentiel pour la mise au point à bref délai de diagnostics, de thérapies et de vaccins; rappelle les obligations internationales contraignantes de partage juste et équitable des avantages découlant de la Convention sur la diversité biologique et du protocole de Nagoya sur les ressources génétiques;

20. invite la Commission et les États membres à prendre des mesures comme le contrôle des prix pour éviter la spéculation sur tous les biens, les équipement de protection individuelle et les médicaments nécessaires pour lutter contre la pandémie dans les pays en développement;

21. souligne qu’il est nécessaire que les entreprises et les fabricants pharmaceutiques s’engagent irrévocablement à répondre aux besoins des pays en développement et des PMA; rappelle que le cadre de préparation en cas de grippe pandémique (cadre PIP) sur l’accès aux virus grippaux susceptibles de donner lieu à une pandémie et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation vise à concrétiser le partage des avantages afin de faciliter les traitements dans les pays en développement et les PMA; invite l’Union, dans ce contexte, à prendre l’initiative, sous la direction de l’OMS et des Nations unies, de garantir un partage juste et équitable des avantages découlant des produits médicaux à la suite du partage des échantillons de virus et des informations sur les séquences numériques.


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION
PAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

15.6.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

23

1

2

Membres présents au moment du vote final

Anna-Michelle Asimakopoulou, Hildegard Bentele, Dominique Bilde, Udo Bullmann, Catherine Chabaud, Antoni Comín i Oliveres, Ryszard Czarnecki, Gianna Gancia, Charles Goerens, Mónica Silvana González, Pierrette Herzberger-Fofana, György Hölvényi, Rasa Juknevičienė, Beata Kempa, Erik Marquardt, Norbert Neuser, Janina Ochojska, Jan-Christoph Oetjen, Michèle Rivasi, Marc Tarabella, Tomas Tobé, Miguel Urbán Crespo, Bernhard Zimniok

Suppléants présents au moment du vote final

Barry Andrews, Marlene Mortler, Patrizia Toia

 


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

23

+

PPE

Anna-Michelle Asimakopoulou, Hildegard Bentele, György Hölvényi, Rasa Juknevičienė, Janina Ochojska, Tomas Tobé, Marlene Mortler

S&D

Udo Bullmann, Mónica Silvana González, Norbert Neuser, Marc Tarabella, Patrizia Toia

Renew

Catherine Chabaud, Charles Goerens, Jan-Christoph Oetjen, Barry Andrews

ID

Dominique Bilde

Verts/ALE

Pierrette Herzberger-Fofana, Erik Marquardt, Michèle Rivasi

ECR

Beata Kempa

GUE/NGL

Miguel Urbán Crespo

NI

Antoni Comín i Oliveres

 

1

-

ID

Bernhard Zimniok

 

2

0

ID

Gianna Gancia

ECR

Ryszard Czarnecki

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 

 


 

 

 

AVIS DE LA COMMISSION DU COMMERCE INTERNATIONAL (28.5.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire</CommissionInt>


<Titre>sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent</Titre>

<DocRef>(2020/2071(INI))</DocRef>

Rapporteur pour avis: <Depute>Andrey Kovatchev</Depute>

 

 

SUGGESTIONS

La commission du commerce international invite la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1. constate que la pandémie de COVID-19 a révélé, de la manière la plus brutale possible, toute l’importance de disposer de chaînes d’approvisionnement mondiales opérationnelles pour les produits médicaux, et notamment les médicaments, les autres traitements, les équipements de diagnostic, les principes actifs, les équipements de protection individuelle et les autres équipements médicaux à faible valeur technologique; souligne que la mise en œuvre d’un système d’échanges multilatéral réglementé, ouvert, libre, équitable, transparent et réalisable est fondamentale pour garantir la disponibilité des produits médicaux dans le monde entier et limiter notre vulnérabilité lors d’urgences futures;

2.  s’inquiète du fait que l’Union européenne dépende d’un petit nombre de pays pour une grande partie de ses importations, notamment d’équipements médicaux à faible valeur technologique, de principes actifs et de matières premières chimiques; précise que cette dépendance excessive présente un risque, particulièrement en cas de crises, lorsqu’une capacité de production limitée, une demande excessive ou des mesures protectionnistes, notamment des restrictions à l’exportation à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union, menacent le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement mondiales et compromettent potentiellement la disponibilité des médicaments dans l’Union; souligne qu’une manière de stimuler la capacité de production mondiale en cas de hausse soudaine de la demande de médicaments est de préserver un environnement stable et prévisible pour les échanges et les investissements; invite la Commission à proposer une stratégie à long terme, tenant compte de tous les facteurs qui ont une incidence négative sur la disponibilité des médicaments, visant à garantir l’autonomie stratégique et la résilience de l’Union dans le domaine de la santé, notamment par des mesures et des orientations concrètes pour le soutien à la diversification, à la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et à la production intérieure de produits critiques, ainsi que l’identification de nouveaux partenaires commerciaux; souligne qu’une telle stratégie devrait prévoir les mesures législatives, les politiques et les mesures d’incitation nécessaires pour encourager la production de médicaments et de principes actifs essentiels en Europe afin de garantir l’approvisionnement à tout moment et de réduire la dépendance; note que la future stratégie pharmaceutique de la Commission constitue un bon point de départ pour réaliser cet effort;

3. attire l’attention sur le fait que l’Union européenne est l’un des plus grands exportateurs de produits pharmaceutiques au monde et l’un des principaux centres de recherche au monde; signale que la protection et l’application de droits de propriété intellectuelle équilibrés dans le cadre des accords de libre-échange (ALE) et de l’OMC favoriseraient le développement de nouveaux médicaments et traitements, tout en contribuant à maintenir l’avantage concurrentiel mondial de l’Union en matière d’innovation; signale toutefois qu’il faut trouver un équilibre entre l’encouragement de l’innovation, la garantie de l’accès aux médicaments et la protection de la santé publique; indique que les marges de manœuvre prévues dans l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (accord sur les ADPIC) devraient être utilisées pour remédier à d’éventuelles pénuries d’approvisionnement dans des circonstances exceptionnelles; souligne que les crises de santé publique devraient constituer un motif légitime d’activation de ces marges de manœuvre fait remarquer que les pays en développement devront peut-être faire appel à ces marges de manœuvre pour réagir de manière appropriée à la crise de la COVID-19; constate que les récents accords commerciaux de l’Union comprennent des règles claires sur les aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle et reconnaissent en général la délivrance de licences obligatoires conformément à l’accord sur les ADPIC; fait cependant observer que les dispositions telles que l’exclusivité des données, la protection renforcée des brevets et la protection des secrets d’affaires pourraient avoir comme conséquence que de nombreux pays auront des difficultés à invoquer pleinement ces clauses; demande à la Commission de fournir au Parlement une évaluation du rôle que les accords de libre-échange de l’Union et l’accord sur les ADPIC peuvent jouer dans cette situation, et notamment d’indiquer si la Commission envisage de publier des orientations dans lesquelles la délivrance de licences volontaires pourrait être encouragée au détriment de la délivrance immédiate de licences obligatoires; encourage tous les États membres à soutenir les efforts visant à mettre en commun les droits de brevet pour les technologies liées à la COVID-19;

4. souligne qu’un vaste réseau d’ALE équitables et judicieusement mis en œuvre, prévoyant des droits de propriété intellectuelle équilibrés et des dispositions en matière de coopération réglementaire, combiné à un système commercial multilatéral pleinement opérationnel avec l’Organisation mondiale du commerce et un organe d’appel opérationnel en son centre, est le meilleur moyen de garantir la disponibilité de différentes sources de production de médicaments essentiels et la convergence des normes réglementaires dans le monde, et d’assurer ainsi un cadre mondial solide pour l’innovation qui vienne compléter la production européenne; souligne l’importance de disposer d’options pour assurer la disponibilité des produits pharmaceutiques nécessaires, y compris en se préparant à autoriser l’importation de médicaments produits à l’étranger en vertu de licences obligatoires; rappelle que des différences dans les cadres réglementaires et normes des produits médicinaux peuvent constituer un obstacle inutile aux échanges; souligne l’importance des normes de qualité et de sécurité européennes; encourage l’adoption de normes internationales et presse la Commission de veiller à ce que tous les produits médicinaux finaux ou intermédiaires destinés au marché européen respectent les normes de qualité et de sécurité applicables et ne soient pas contrefaits; indique qu’un autre moyen de garantir l’autonomie stratégique de l’Union en matière de santé est d’intégrer la production pharmaceutique de certains produits dans le programme PIIEC (projets importants d’intérêt européen commun);

5. souligne qu’il importe que le futur accord entre le Royaume-Uni et l’Union permette aux deux parties de réagir face aux menaces de santé émergentes, tout en assurant un approvisionnement en médicaments et en produits médicaux aussi efficace que possible;

 

6. encourage vivement tous les pays à adhérer à l’accord de l’OMC sur l’élimination des droits de douane pour les produits pharmaceutiques; demande résolument d’étendre sa portée à tous les produits pharmaceutiques et médicaux, tout en respectant la marge de manœuvre des pays tiers et en garantissant l’accès de leurs citoyens aux médicaments; insiste pour qu’aucune mesure de rétorsion ne frappe les produits médicaux et les médicaments, y compris sous leur forme intermédiaire, en cas de différends commerciaux, et pour qu’ils soient facilement accessibles; plaident en outre instamment pour l’élimination immédiate, unilatérale et temporaire des droits de douane sur les produits médicaux et pharmaceutiques afin de faciliter l’importation de ces marchandises; souligne que le développement de produits médicaux doit se faire conformément aux normes internationales des droits de l’homme, dans le respect de l’accord de Paris, et que le droit du travail doit respecter les conventions fondamentales de l’OIT; prend acte des travaux de la Commission relatifs à la législation sur le devoir de diligence;

7. demande instamment à la Commission et aux États membres de procéder à la cartographie et à l’analyse approfondies des chaînes d’approvisionnement mondiales en médicaments; demande que, si cette cartographie révèle des vulnérabilités importantes et des risques de rupture de l’approvisionnement, des mesures correctives soient prises;

8. souligne qu’un rapatriement complet de toutes les chaînes d’approvisionnement médicales n’est ni possible ni souhaitable dans une économie mondiale, étant donné que les marchés médicaux mondiaux et la spécialisation à l’échelle mondiale sont avantageux pour l’Union; exhorte la Commission et les États membres à coopérer étroitement entre eux et avec les partenaires multilatéraux de l’Union, et plus particulièrement l’OMS et l’OMC, à la mise en place d’un cadre international visant à renforcer la coopération et permettant de prévenir la rupture des chaînes d’approvisionnement lors des crises sanitaires et de limiter le recours à des mesures protectionnistes néfastes, telles que des restrictions à l’importation et/ou à l’exportation pendant ces crises, mais aussi de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union; salue dans ce contexte l’engagement pris par la Commission de veiller à ce que les mesures d’urgence visant à s’attaquer aux effets de la COVID-19 soient ciblées, proportionnées, transparentes, temporaires et compatibles avec les règles de l’OMC; demande à la Commission d’envisager la création d’une réserve stratégique européenne commune de médicaments, en s’appuyant sur l’initiative de réserve rescEU, et d’un catalogue mondial des produits de santé d’urgence essentiels;

9. invite la Commission et les États membres à veiller à la mise en œuvre rapide et exhaustive – et, si nécessaire, à la révision – du règlement sur le filtrage des IDE, dans lequel les soins de santé pourraient être inclus en tant que secteur stratégique;

10. souligne l’importance de veiller à garantir un accès universel aux vaccins et aux traitements médicaux, en particulier dans les situations d’urgence et pour les nouvelles maladies pour lesquelles il n’existe pas de traitement, comme c’est le cas de la COVID-19; appelle instamment de ses vœux une étroite collaboration entre l’OMS et l’OMC pour assurer l’approvisionnement en vaccins une fois qu’un vaccin aura été trouvé; demande en parallèle à la Commission de renforcer ses mécanismes pour l’acquisition commune de médicaments afin de garantir l’accès universel à un traitement pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.

11. demande à la Commission de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale pour veiller à ce que les pays en développement aient un accès et un approvisionnement garantis en médicaments essentiels, en particulier dans les situations d’urgence;

12. souligne qu’il importe que la Commission européenne prenne toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la spéculation, la fraude et les prix abusifs dans le commerce de substances médicales essentielles;


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION
PAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

28.5.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

35

0

5

Membres présents au moment du vote final

Barry Andrews, Anna-Michelle Asimakopoulou, Tiziana Beghin, Geert Bourgeois, Saskia Bricmont, Jordi Cañas, Anna Cavazzini, Miroslav Číž, Arnaud Danjean, Paolo De Castro, Emmanouil Fragkos, Raphaël Glucksmann, Markéta Gregorová, Enikő Győri, Roman Haider, Christophe Hansen, Heidi Hautala, Danuta Maria Hübner, Herve Juvin, Karin Karlsbro, Maximilian Krah, Danilo Oscar Lancini, Bernd Lange, Gabriel Mato, Emmanuel Maurel, Carles Puigdemont i Casamajó, Samira Rafaela, Inma Rodríguez-Piñero, Massimiliano Salini, Helmut Scholz, Liesje Schreinemacher, Sven Simon, Mihai Tudose, Kathleen Van Brempt, Marie-Pierre Vedrenne, Jörgen Warborn, Iuliu Winkler, Jan Zahradil

Suppléants présents au moment du vote final

Seán Kelly, Jean-Lin Lacapelle

 

 


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

35

+

ECR

Geert Bourgeois, Emmanouil Fragkos, Jan Zahradil

ID

Roman Haider, Maximilian Krah

NI

Tiziana Beghin, Carles Puigdemont i Casamajó

PPE

Anna-Michelle Asimakopoulou, Arnaud Danjean, Enikő Győri, Christophe Hansen, Danuta Maria Hübner, Seán Kelly, Gabriel Mato, Massimiliano Salini, Sven Simon, Jörgen Warborn, Iuliu Winkler

Renew

Barry Andrews, Jordi Cañas, Karin Karlsbro, Samira Rafaela, Liesje Schreinemacher, Marie-Pierre Vedrenne

S&D

Paolo De Castro, Raphaël Glucksmann, Bernd Lange, Inma Rodríguez-Piñero, Mihai Tudose, Kathleen Van Brempt, Miroslav Číž

Verts/ALE

Saskia Bricmont, Anna Cavazzini, Markéta Gregorová, Heidi Hautala

 

0

-

 

 

 

5

0

GUE

Emmanuel Maurel, Helmut Scholz

ID

Herve Juvin, Jean-Lin Lacapelle, Danilo Oscar Lancini

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 

 

 

 


 

 

AVIS DE LA COMMISSION DES TRANSPORTS ET DU TOURISME (11.6.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire</CommissionInt>


<Titre>sur la pénurie de médicaments – comment faire face à un problème émergent</Titre>

<DocRef>(2020/2071(INI))</DocRef>

Rapporteur pour avis: <Depute>Marco Campomenosi</Depute>

 

 

SUGGESTIONS

La commission des transports et du tourisme invite la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

A. considérant que le problème de la pénurie de médicaments dans les États membres est de plus en plus grave pour un certain nombre de raisons, comme les coûts élevés, l’augmentation des charges réglementaires et administratives, les hausses imprévues de la demande, les interdépendances dans la chaîne d’approvisionnement, les goulets d’étranglement liés aux transports et les problèmes de fabrication et de qualité; que la promotion de l’innovation et de la recherche dans le domaine de la médecine au sein de l’Union sera bénéfique pour les patients et garantira la compétitivité de l’industrie pharmaceutique de l’Union à l’échelle mondiale;

 

B. considérant que la gestion des transports et de la logistique est d’une importance cruciale pour l’approvisionnement en médicaments, produits pharmaceutiques, équipements médicaux, équipements de protection individuelle et autres fournitures médicales et matières premières, notamment compte tenu de la complexité croissante des chaînes d’approvisionnement; qu’il est important de disposer de points efficaces de passage frontalier via des «voies réservées» afin de garantir la circulation sans entraves des médicaments, de réduire les obstacles administratifs et de faciliter l’accès aux services de transport;

C. considérant qu’il convient de garantir des normes de sécurité élevées et de veiller à ce que les travailleurs bénéficient de conditions de travail décentes; que la réglementation pharmaceutique devrait garantir la qualité, la quantité, la sécurité et l’efficacité de la fourniture de médicaments entre les États membres;

D. considérant que les traités et la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoient que toute personne doit avoir accès à des soins de santé et a le droit de bénéficier de traitements médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales;

E. considérant que les patients s’appuient sur un accès équitable et efficace aux médicaments dans le cadre d’un marché unique durable, compétitif, multi-sources et performant, dont fait partie l’espace européen unique des transports;

F. considérant que l’accès limité aux médicaments est un problème qui est généralement associé au prix élevé des médicaments et qui entrave le droit des citoyens européens à l’accès aux soins de santé;

G. considérant que toute stratégie de l’Union visant à remédier à la pénurie de médicaments devrait suivre une approche globale qui tienne compte des causes profondes des pénuries et comprenne des actions concrètes axées sur leur prévention, en ne négligeant pas les autres facteurs liés à l’environnement et au marché des médicaments;

H. considérant que la pandémie de COVID-19 a démontré que la coordination entre les institutions de l’Union, les États membres et l’industrie est essentielle pour réagir rapidement et de manière efficace aux urgences, prévenir les crises sanitaires, les ruptures d’approvisionnement et les pénuries de médicaments et les atténuer lorsqu’elles ont lieu;

I. considérant que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière le fait que la circulation intra-UE et extra-UE des médicaments est essentielle en vue de surmonter les contraintes existantes et accorder la priorité à la circulation des biens essentiels;

J. considérant qu’il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour que la pandémie de COVID-19 ne détériore pas la situation socio-économique et les conditions de vie des citoyens vulnérables;

1. invite la Commission à travailler avec les États membres à la mise au point d’une stratégie de coopération afin d’améliorer la chaîne d’approvisionnement et de distribution des fournitures médicales dans l’intérêt des patients, et de renforcer sa résilience et sa durabilité grâce à une meilleure visibilité, un suivi et une planification efficaces, ainsi qu’un échange d’informations en temps utile concernant les livraisons importantes, en particulier aux points de passage frontalier via des voies réservées, où les fournitures médicales ont la priorité de livraison;

2. invite les États membres à mettre en œuvre les «voies réservées» proposés par la Commission dans ses «Lignes directrices relatives aux mesures de gestion des frontières visant à protéger la santé publique et à garantir la disponibilité des biens et des services essentiels» et à conserver cette formule afin qu’elle puisse être utilisée pour faire face à de futurs événements imprévus;

3. demande que les chaînes d’approvisionnement soient raccourcies et que les sites de production des entreprises pharmaceutiques européennes soient délocalisés des pays tiers vers l’Union; souligne que la relance de la production industrielle dans l’Union au moyen de politiques publiques spécifiques et de conditions économiques, sociales et environnementales favorables contribuerait à la sécurité des approvisionnements; souligne la nécessité d’un réseau de transport et de logistique plus efficace et plus durable et d’une réduction de la longueur des voies de transport, ce qui permettrait de réduire les émissions, d’atténuer les effets sur l’environnement et sur le climat, d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur et de réduire les obstacles administratifs;

4. invite les États membres, en étroite coopération avec la Commission et avec toutes les parties prenantes intéressées, à prendre des mesures coordonnées en vue d’adopter un plan stratégique visant à améliorer leurs infrastructures existantes pour assurer un approvisionnement en médicaments efficace et en temps utile et à créer des réserves stratégiques communes de l’Union dans le cadre de l’initiative rescEU; estime qu’il est nécessaire de supprimer les goulets d’étranglement et de s’attaquer aux obstacles existants à un espace européen unique de transport pleinement intégré et efficace pour tous les modes de transport; souligne la nécessité de renforcer l’intermodalité, tout en favorisant le passage au rail, de financer les principaux hubs et d’assurer la livraison ininterrompue de divers types de marchandises, y compris les marchandises dangereuses essentielles à la production de l’industrie chimique et pharmaceutique; invite les États membres à veiller à ce que les infrastructures médicales et le personnel médical soient renforcés en prévision de l’augmentation des volumes de trafic résultant de la levée des restrictions;

5. souligne l’importance des systèmes informatiques, qui facilitent la traçabilité, la supervision et la livraison en temps voulu des médicaments ainsi que l’échange d’informations entre les différents intervenants de la chaîne logistique de transport, y compris les autorités douanières;

6. invite la Commission à élaborer, en coordination avec les États membres, des mécanismes qui assurent un transport rapide et sûr et une meilleure surveillance du transport et du stockage des médicaments, à savoir la mise en place d’un plan d’urgence qui garantisse le transport sans entrave des médicaments lorsque le secteur des transports est perturbé, et des plans de distribution non conventionnels, par exemple des livraisons de médicaments sensibles au facteur temps via un trafic mixte régulier;

7. souligne que les chaînes d’approvisionnement médicales peuvent être améliorées par des investissements dans les compétences, par le renforcement de l’infrastructure des données de santé et par le soutien du cadre réglementaire et des politiques de propriété intellectuelle qui favorisent l’innovation;

8. invite la Commission à évaluer soigneusement la contribution positive que l’intelligence artificielle pourrait apporter à la livraison rapide et fiable de fournitures médicales;

9. note qu’il est essentiel que tant les infrastructures de transport que les travailleurs dans le domaine du transport soient soumis à des règles de sécurité strictes et non-discriminatoires afin de garantir que même de grandes quantités puissent être traitées dans les chaînes d’approvisionnement sans perturbations tout en permettant aux autorités compétentes de prendre des mesures proportionnées et adaptées pour limiter les risques pour la santé; souligne l’importance de préserver de bonnes conditions de travail pour les conducteurs;

10. demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce que les travailleurs de la santé soient autorisés à franchir les frontières intérieures s’ils travaillent dans un pays voisin;

11. note l’importance d’une gestion attentive de la capacité des entrepôts à température ambiante et de la chaîne du froid dans les infrastructures de transport entrant et sortant;

12. estime qu’il est très important de tenir compte des exigences spécifiques d’approvisionnement en matière de transport aux niveaux local et régional, en particulier dans les zones périphériques, rurales, montagneuses, peu peuplées et insulaires et dans les régions ultrapériphériques, qui sont plus difficiles d’accès et où les coûts de livraison sont plus élevés; estime que les plans stratégiques visant à améliorer les infrastructures dans les États membres devraient comprendre des actions concrètes pour ces régions; fait observer qu’il est important de veiller à ce que la transition numérique atteigne ces régions et qu’il est nécessaire d’accélérer l’adoption de nouvelles solutions adaptées à leurs besoins, en améliorant la connectivité, l’accessibilité et les tarifs; souligne que l’accès aux médicaments dans ces régions ne saurait en aucun cas être entravé;

13. note que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance de la coopération et de la solidarité entre les États membres et de la livraison en temps utile de médicaments dans des circonstances urgentes et exceptionnelles, qui pourraient se reproduire à l’avenir; souligne, en outre, qu’une nouvelle politique en matière d’industrie et de transport et des investissements en matière de recherche et développement sont essentiels pour garantir que l’industrie pharmaceutique puisse répondre aux besoins de demain;

14. encourage la Commission à créer un modèle de prix équitable pour les médicaments, en particulier pour les médicaments essentiels, en examinant la question du commerce parallèle légal afin d’éviter les pénuries dues à l’exportation de médicaments vers des pays où ils peuvent être vendus à des prix plus élevés;

15. souligne combien il est important de disposer de données sûres, fiables et claires, tant pour le secteur des transports que pour celui de la santé, et insiste sur la nécessité de créer des synergies entre les deux espaces de données dans le cadre de la stratégie européenne pour les données, l’objectif étant de rendre le transport le plus efficace possible; invite la Commission à étudier la possibilité de mettre en place une plateforme numérique européenne et un observatoire pour faciliter la coordination logistique entre les distributeurs de médicaments et les transporteurs, ainsi que la possibilité de créer une base de données sur les médicaments à l’échelle de l’Union et un système d’alerte précoce pour les pénuries de médicaments existantes et à venir;

16. demande à la Commission de faire de la pénurie de médicaments l’un des piliers de sa stratégie pharmaceutique, en veillant à ce que les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement des soins de santé soient reconnus comme essentiels à son fonctionnement afin de maintenir un approvisionnement continu et sûr en médicaments dans des circonstances extraordinaires; constate que les pays qui produisent la plupart des substances actives des médicaments pourraient ne pas être en mesure de répondre à la demande;

17. demande à la Commission de coordonner une réponse au niveau de l’Union, afin d’éviter les conséquences indirectes de mesures individuelles et non coordonnées et de préserver le droit des patients à un accès universel, équitable, abordable, efficace, sûr et opportun aux médicaments essentiels; demande la mise en œuvre de solutions rapides et innovantes pour atténuer la pénurie de médicaments en temps utile et pour permettre le transport en toute sécurité des médicaments sensibles à la température, en assurant la traçabilité des produits grâce à une surveillance constante à distance; invite la Commission à étendre les compétences du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies dans le domaine de la santé publique et à promouvoir l’échange des bonnes pratiques;

18. relève que la sécurité de l’approvisionnement est essentielle dans la lutte contre la pénurie de médicaments; invite la Commission et les États membres, avec le soutien de l’Agence européenne des médicaments, à tirer le meilleur parti des ressources militaires nationales, lorsqu’elles sont disponibles et nécessaires, pour contribuer à l’approvisionnement des États membres en médicaments et en équipements de protection; demande à la Commission de créer dans l’Union des plateformes spécialisées dans le transport aérien de médicaments ainsi que des couloirs ouverts entre l’Union et les pays tiers, tout en encourageant les compagnies aériennes de fret et de courrier express à appliquer des tarifs de transport raisonnables;

19. invite la Commission à apporter un soutien organisationnel et financier aux États membres et aux entreprises de transport dans les situations d’urgence telles que les pandémies, notamment dans le cadre des programmes de travail adoptés au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027, à donner la priorité à tous les transports de marchandises essentielles telles que les médicaments, les principes pharmaceutiques actifs et les produits médicaux et à veiller à ce qu’un espace soit toujours réservé à ce type de fret.


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION
PAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

8.6.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

47

1

1

Membres présents au moment du vote final

Magdalena Adamowicz, Andris Ameriks, José Ramón Bauzá Díaz, Izaskun Bilbao Barandica, Marco Campomenosi, Ciarán Cuffe, Jakop G. Dalunde, Johan Danielsson, Andor Deli, Karima Delli, Anna Deparnay-Grunenberg, Ismail Ertug, Gheorghe Falcă, Giuseppe Ferrandino, Mario Furore, Søren Gade, Isabel García Muñoz, Elsi Katainen, Kateřina Konečná, Elena Kountoura, Julie Lechanteux, Bogusław Liberadzki, Peter Lundgren, Benoît Lutgen, Elżbieta Katarzyna Łukacijewska, Marian-Jean Marinescu, Tilly Metz, Giuseppe Milazzo, Cláudia Monteiro de Aguiar, Caroline Nagtegaal, Jan-Christoph Oetjen, Philippe Olivier, Rovana Plumb, Tomasz Piotr Poręba, Dominique Riquet, Dorien Rookmaker, Massimiliano Salini, Sven Schulze, Vera Tax, Barbara Thaler, István Ujhelyi, Petar Vitanov, Elissavet Vozemberg-Vrionidi, Lucia Vuolo, Roberts Zīle, Kosma Złotowski

Suppléants présents au moment du vote final

Leila Chaibi, Roman Haider, Henna Virkkunen

 

 


 

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

 

47

+

ECR

Peter Lundgren, Tomasz Piotr Poręba, , Roberts Zīle, Kosma Złotowski

GUE/NGL

Kateřina Konečná, Elena Kountoura

ID

Marco Campomenosi, Roman Haider, Julie Lechanteux, Philippe Olivier, Lucia Vuolo,

NI

Mario Furore, Dorien Rookmaker

PPE

Magdalena Adamowicz, Andor Deli, Gheorghe Falcă, Elżbieta Katarzyna Łukacijewska, Benoît Lutgen, Marian-Jean Marinescu, Giuseppe Milazzo, Cláudia Monteiro de Aguiar, Massimiliano Salini, Sven Schulze, Barbara Thaler, Henna Virkkunen, Elissavet Vozemberg-Vrionidi

RENEW

José Ramón Bauzá Díaz, Izaskun Bilbao Barandica, Søren Gade, Elsi Katainen, Caroline Nagtegaal, Jan-Christoph Oetjen, Dominique Riquet

S&D

Andris Ameriks, Johan Danielsson, Giuseppe Ferrandino, Isabel García Muñoz, Bogusław Liberadzki, Rovana Plumb, Vera Tax, István Ujhelyi, Petar Vitanov

Verts/ALE

Ciarán Cuffe, Jakop G. Dalunde, Karima Delli, Anna Deparnay-Grunenberg, Tilly Metz

 

1

-

S&D

Ismail Ertug

 

1

0

GUE

Leila Chaibi

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 

 


 

 

LETTRE DE LA COMMISSION DES AFFAIRES JURIDIQUES

M. Pascal Canfin

Président

Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire

BRUXELLES

Objet: <Titre>Avis sur la pénurie de médicaments: comment faire face à un problème émergent</Titre> <DocRef>(2020/2071(INI))</DocRef>

Monsieur le Président,

Le 7 mai 2020, la commission des affaires juridiques a été autorisée à présenter un avis à votre commission dans le cadre de la procédure susmentionnée. M. Gilles Lebreton a été nommé rapporteur pour avis. Compte tenu du délai hélas trop court accordé aux commissions saisies pour avis pour adopter leurs avis dans le délai fixé par votre commission, la commission des affaires juridiques a finalement décidé de transmettre son avis sous forme de lettre. Au terme des échanges entre les coordinateurs par procédure écrite, l’avis ci-dessous a été adopté lors de la réunion de la commission du 15 juin 2020.

Lors de cette même réunion[28], la commission des affaires juridiques a décidé d’inviter la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions reproduites ci-après.

Je suis convaincu que vous trouverez dans cet avis une contribution utile au rapport rédigé par votre commission.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Adrián Vázquez Lázara

 

SUGGESTIONS

La commission des affaires juridiques invite la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

A. considérant que l’augmentation exponentielle de la demande mondiale déclenchée par la crise de la COVID-19 a mis en évidence le problème récurrent de la pénurie de médicaments et de matériel médical, un problème qui met en danger la santé des patients; que les budgets des États membres de l’Union européenne, notamment pour les secteurs qui couvrent les dépenses de santé, sont soumis à des restrictions significatives; que les règles juridiques telles que les limitations des aides d’État ou la protection par brevet ne devraient pas être des facteurs qui limitent l’accès aux médicaments essentiels;

B. considérant que la protection par brevet crée un cadre juridique, ce qui est important pour l’innovation pharmaceutique, étant donné qu’elle offre aux entreprises des incitations financières leur permettant de couvrir les coûts de recherche et de développement de nouveaux médicaments;

C. considérant que l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) prévoit une certaine souplesse en ce qui concerne la protection par brevet au niveau national et autorise l’octroi de licences obligatoires sous certaines conditions telles que la limitation de la finalité et de la durée, la production principalement destinée au marché intérieur, l’absence de droit d’exclusivité pour le licencié et le droit du titulaire du brevet à une rémunération;

D. considérant que les États membres sont libres de déterminer d’autres motifs pour l’octroi de licences obligatoires et de déterminer ce qui constitue une urgence nationale;

E. considérant que la crise actuelle de la COVID-19 a mis en évidence le manque de compétences de l’Union dans le secteur de la santé et la nécessité d’une coopération européenne plus poussée;

F. considérant que la pandémie de COVID-19 a permis de constater que la coordination entre les institutions européennes, les autorités de réglementation et les experts de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique est essentielle en vue de faire face à la crise sanitaire et aux dysfonctionnements de l’approvisionnement tels que les pénuries de médicaments; qu’elle a également démontré l’importance de la coordination entre les politiques et les services de l’Union afin de réagir de manière rapide et efficace aux situations d’urgence ainsi que de prévenir les pénuries de médicaments et de les atténuer au cas où elles se produiraient;

1. demande à la Commission de tenir compte, dans sa prochaine stratégie pharmaceutique, de la nécessité de réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis de pays tiers en ce qui concerne l’approvisionnement en médicaments et matériel médical essentiels;

2. demande à la Commission et aux États membres de mettre en place des incitations fiscales et financières, d’autoriser les aides d’État et de superviser les financements publics afin d’inciter les fabricants à délocaliser en Europe la fabrication des principes actifs et des médicaments d’importance stratégique pour les soins de santé, y compris les médicaments de base nécessaires dans les unités de soins intensifs, afin que l’Union soit autosuffisante en temps de crise grâce à une capacité de fabrication plus importante;

3. souligne qu’une industrie forte est nécessaire pour stimuler la créativité, l’innovation et l’investissement; demande à la Commission d’évaluer l’impact des incitations liées à la propriété intellectuelle sur l’innovation biomédicale et d’étudier des alternatives efficaces et crédibles aux protections exclusives pour le financement de la recherche et du développement médicaux, comme les nombreux outils basés sur les mécanismes de découplage;

4. souligne le rôle important que jouent les investissements publics dans la recherche et le développement, et demande à la Commission et aux États membres de faire toute la transparence sur les résultats des activités de recherche et de développement financées par des fonds publics afin que les conditions relatives à l’octroi de brevets et aux autorisations garantissent un retour, en termes de santé publique, sur les investissements publics et reflètent la structure du financement de la recherche et du développement;

5. note que la protection par brevet est une incitation essentielle pour les entreprises à investir dans l’innovation et à fabriquer de nouveaux médicaments; relève par ailleurs que l’effet d’exclusion qu’ont les brevets peut conduire à une limitation de l’offre sur le marché et à un accès réduit aux médicaments et aux produits pharmaceutiques; signale qu’il faut trouver un équilibre entre l’encouragement de l’innovation via l’effet d’exclusion du brevet, la garantie de l’accès aux médicaments et la protection de la santé publique; est d’avis que les assouplissements prévus dans l’accord sur les ADPIC, tels que les licences obligatoires, peuvent permettre de remédier à la pénurie de médicaments et de produits pharmaceutiques s’ils sont appliqués dans certaines conditions prévues par l’accord sur les ADPIC; souligne qu’il convient d’encourager l’octroi de licences volontaires;

6. souligne que l’accord sur les ADPIC fixe les règles applicables aux licences obligatoires, notamment les motifs pour lesquels elles sont accordées, les exigences en matière de portée et de durée limitées et de versement d’une rémunération adéquate au titulaire des droits; constate que la législation de la plupart des États membres prévoit des licences obligatoires, mais pas dans les mêmes conditions; relève toutefois que les licences obligatoires pour les brevets ne sont pas fréquemment utilisées; fait remarquer que certains États membres ont déjà eu recours aux licences obligatoires dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19; invite la Commission à encourager les États membres à recourir aux régimes de licences obligatoires à cet effet;

7. rappelle que les systèmes de licences obligatoires doivent viser à résoudre les problèmes de santé publique et doivent être utilisés de bonne foi, ce qui signifie qu’ils ne doivent pas être utilisés par les États membres pour poursuivre des objectifs de politique industrielle ou commerciale; souligne que l’octroi de licences obligatoires impose des conditions claires au titulaire de la licence en ce qui concerne les actes couverts par la licence, l’identification des produits pharmaceutiques fabriqués sous licence et les destinataires de ces produits;

8. rappelle que le règlement (CE) nº 816/2006 harmonise la procédure d’octroi de licences obligatoires pour des brevets et certificats complémentaires de protection concernant la fabrication et la vente de produits pharmaceutiques dès lors que ces produits sont destinés à l’exportation vers des pays importateurs admissibles ayant besoin de tels produits pour faire face à des problèmes de santé publique; invite la Commission à examiner les implications juridiques et économiques des licences volontaires et obligatoires et leur capacité à remédier à la pénurie de médicaments dans l’Union; invite la Commission à envisager, dans le cadre de sa prochaine stratégie pharmaceutique pour l’Europe, la possibilité d’harmoniser les règles relatives à l’octroi de licences obligatoires pour les médicaments, tels que les vaccins, ce qui permettrait aux États membres de réagir plus rapidement et plus efficacement à une future crise de santé publique en Europe;

9. souligne que les systèmes d’octroi de licences obligatoires doivent s’inscrire dans le cadre d’une action plus large de l’Union en matière d’accès aux médicaments; invite la Commission à proposer un plan d’action européen à cet égard.

 

 

 


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION PAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Date de l’adoption

14.7.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

79

1

0

Membres présents au moment du vote final

Nikos Androulakis, Bartosz Arłukowicz, Margrete Auken, Simona Baldassarre, Marek Paweł Balt, Traian Băsescu, Aurelia Beigneux, Monika Beňová, Sergio Berlato, Alexander Bernhuber, Malin Björk, Simona Bonafè, Delara Burkhardt, Pascal Canfin, Sara Cerdas, Mohammed Chahim, Tudor Ciuhodaru, Nathalie Colin-Oesterlé, Miriam Dalli, Esther de Lange, Christian Doleschal, Bas Eickhout, Eleonora Evi, Agnès Evren, Fredrick Federley, Andreas Glück, Catherine Griset, Jytte Guteland, Teuvo Hakkarainen, Anja Hazekamp, Martin Hojsík, Pär Holmgren, Jan Huitema, Yannick Jadot, Adam Jarubas, Petros Kokkalis, Athanasios Konstantinou, Ewa Kopacz, Joanna Kopcińska, Ryszard Antoni Legutko, Peter Liese, Sylvia Limmer, Javi López, César Luena, Fulvio Martusciello, Liudas Mažylis, Joëlle Mélin, Tilly Metz, Dolors Montserrat, Alessandra Moretti, Dan-Ștefan Motreanu, Ville Niinistö, Ljudmila Novak, Grace O’Sullivan, Jutta Paulus, Stanislav Polčák, Jessica Polfjärd, Luisa Regimenti, Frédérique Ries, Sándor Rónai, Rob Rooken, Silvia Sardone, Christine Schneider, Günther Sidl, Linea Søgaard-Lidell, Nicolae Ştefănuță, Edina Tóth, Véronique Trillet-Lenoir, Petar Vitanov, Alexandr Vondra, Mick Wallace, Pernille Weiss, Michal Wiezik, Tiemo Wölken, Anna Zalewska

Suppléants présents au moment du vote final

Margarita de la Pisa Carrión, Billy Kelleher, Kateřina Konečná, Danilo Oscar Lancini, Susana Solís Pérez

Suppléants (art. 209, par. 7) présents au moment du vote final

 

 


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

79

+

ECR

Sergio Berlato, Margarita De La Pisa Carrión, Joanna Kopcińska, Ryszard Antoni Legutko, Rob Rooken, Alexandr Vondra, Anna Zalewska

GUE/NGL

Malin Björk, Anja Hazekamp, Petros Kokkalis, Kateřina Konečná, Mick Wallace

GREENS/EFA

Margrete Auken, Bas Eickhout, Pär Holmgren, Yannick Jadot, Tilly Metz, Ville Niinistö, Grace O'sullivan, Jutta Paulus

ID

Simona Baldassarre, Aurelia Beigneux, Catherine Griset, Teuvo Hakkarainen, Danilo Oscar Lancini, Joëlle Mélin, Luisa Regimenti, Silvia Sardone

NI

Eleonora Evi, Athanasios Konstantinou

PPE

Bartosz Arłukowicz, Traian Băsescu, Alexander Bernhuber, Nathalie Colin-Oesterlé, Christian Doleschal, Agnès Evren, Adam Jarubas, Ewa Kopacz, Esther De Lange, Peter Liese, Fulvio Martusciello, Liudas Mažylis, Dolors Montserrat, Dan-Ștefan Motreanu, Ljudmila Novak, Stanislav Polčák, Jessica Polfjärd, Christine Schneider, Edina Tóth, Pernille Weiss, Michal Wiezik

S&D

Nikos Androulakis, Marek Paweł Balt, Monika Beňová, Simona Bonafè, Delara Burkhardt, Sara Cerdas, Mohammed Chahim, Tudor Ciuhodaru, Miriam Dalli, Jytte Guteland, Javi López, César Luena, Alessandra Moretti, Sándor Rónai, Günther Sidl, Petar Vitanov, Tiemo Wölken

RENEW

Pascal Canfin, Fredrick Federley, Andreas Glück, Martin Hojsík, Jan Huitema, Billy Kelleher, Frédérique Ries, Susana Solís Pérez, Nicolae Ştefănuță, Linea Søgaard-Lidell, Véronique Trillet-Lenoir

 

1

-

ID

Sylvia LIMMER

 

0

0

 

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0 : abstention

 

 

 

[1] JO L 311 du 28.11.2001, p. 67.

[2] JO L 94 du 28.3.2014, p. 65.

[3] JO L 158 du 27.5.2014, p. 1.

[4] JO L 248 du 24.9.2015, p. 9.

[5] JO L 32 du 9.2.2016, p. 1.

[6] JO L 117 du 5.5.2017, p. 1.

[7] JO L 130 du 24.4.2020, p. 18.

[8] JO L 4 du 7.1.2019, p. 24.

[9] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0054.

[10] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0105.

[11] JO C 263 du 25.7.2018, p. 4.

[12] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0005.

[13] Résolution du Parlement européen du 8 mars 2011 sur l’évaluation de la gestion en 2009-2010 de la grippe H1N1 en Europe (JO C 199 E du 7.7.2012, p. 7).

[14] Décision nº 1082/2013/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2013 relative aux menaces transfrontières graves sur la santé (JO L 293 du 5.11.2013, p. 1).

[15] Directive 2002/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 janvier 2003 établissant des normes de qualité et de sécurité pour la collecte, le contrôle, la transformation, la conservation et la distribution du sang humain, et des composants sanguins (JO L 33 du 8.2.2003, p. 30).

[16] Directive 2004/23/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 relative à l’établissement de normes de qualité et de sécurité pour le don, l’obtention, le contrôle, la transformation, la conservation, le stockage et la distribution des tissus et cellules humains (JO L 102 du 7.4.2004, p. 48).

[17] Position du Parlement européen du 6 février 2013 concernant la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la transparence des mesures régissant la fixation des prix des médicaments à usage humain et leur inclusion dans le champ d’application des systèmes publics d’assurance-maladie (Textes adoptés de cette date, P7_TA(2013)0039).

[18] Règlement (CE) nº 141/2000 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 1999 concernant les médicaments orphelins (JO L 18 du 22.1.2000, p. 1).

[19] Règlement (CE) nº 1234/2008 de la Commission du 24 novembre 2008 concernant l’examen des modifications des termes d’une autorisation de mise sur le marché de médicaments à usage humain et de médicaments vétérinaires (JO L 334 du 12.12.2008, p. 7).

[20] Règlement (CE) nº 816/2006 du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2006 concernant l’octroi de licences obligatoires pour des brevets visant la fabrication de produits pharmaceutiques destinés à l’exportation vers des pays connaissant des problèmes de santé publique (JO L 157 du 9.6.2006, p. 1).

[21] Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).

[22] Directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain (JO L 311 du 28.11.2001, p. 67).

[23] Décision n° 1082/2013/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2013 relative aux menaces transfrontières graves sur la santé (JO L 293 du 5.11.2013, p. 1).

[24] Directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain (JO L 311 du 28.11.2001, p. 67).

[25] Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (JO L 94 du 28.3.2014, p. 65).

[26] JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.

[27] Règlement (CE) n° 1234/2008 de la Commission du 24 novembre 2008 concernant l’examen des modifications des termes d’une autorisation de mise sur le marché de médicaments à usage humain et de médicaments vétérinaires (JO L 334 du 12.12.2008, p. 7).

[28] Étaient présents au moment du vote final: Adrián Vázquez Lázara (président), Sergey Lagodinsky (vice-président), Marion Walsmann (vice-présidente), Raffaele Stancanelli (vice-président), Gunnar Beck, Patrick Breyer, Caterina Chinnici, Geoffroy Didier, Pascal Durand, Evelyne Gebhardt, Mislav Kolakušić, Gilles Lebreton, Antonius Manders, Emmanuel Maurel, Karen Melchior, Angelika Niebler, Jiří Pospíšil, Marcos Ros Sempere, Liesje Schreinemacher, József Szájer, Nacho Sánchez Amor, Stéphane Séjourné, Marie Toussaint, Axel Voss, Lara Wolters, Tiemo Wölken et Javier Zarzalejos.

Dernière mise à jour: 12 août 2020Avis juridique - Politique de confidentialité