Procédure : 2019/2199(INI)
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Cycle relatif au document : A9-0226/2020

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A9-0226/2020

Débats :

PV 24/11/2020 - 5
CRE 24/11/2020 - 5

Votes :

Textes adoptés :

P9_TA(2020)0328

<Date>{19/11/2020}19.11.2020</Date>
<NoDocSe>A9-0226/2020</NoDocSe>
PDF 373kWORD 127k

<TitreType>RAPPORT</TitreType>

<Titre>sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne - rapports annuels 2018 et 2019</Titre>

<DocRef>(2019/2199(INI))</DocRef>


<Commission>{LIBE}Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures</Commission>

Rapporteure: <Depute>Clare Daly</Depute>

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 AVIS DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CONSTITUTIONNELLES
 AVIS DE LA COMMISSION DES PÉTITIONS
 POSITION SOUS FORME D’AMENDEMENTS DE LA COMMISSION DES DROITS DES FEMMES ET DE L’ÉGALITÉ DES GENRES
 INFORMATIONS SUR L’ADOPTION PAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne - rapports annuels 2018 et 2019

 

(2019/2199(INI))

Le Parlement européen,

 vu le traité sur l’Union européenne (traité UE) et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

 vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «charte»),

 vu la déclaration universelle des droits de l’homme,

 vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées,

 vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant,

 vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,

 vu le programme des Nations unies à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable,

 vu les références faites dans les précédents rapports sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne,

 vu l’article 20 de la charte, qui dispose que toutes les personnes sont égales en droit,

 vu l’article 21 de la charte, qui interdit toute discrimination,

 vu l’obligation imposée à l’Union d’adhérer à la convention européenne des droits de l’homme en vertu de l’article 6, paragraphe 2, du traité UE,

 vu la directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique,

 vu la directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail,

 vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal,

 vu la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union,

 vu le règlement (CE) nº 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil du 6 septembre 2006 concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement,

 vu le débat sur l’action urgente pour remédier à la situation des sans-abris en Europe, qu’il a tenu en plénière à Strasbourg le 13 janvier 2020,

 vu le principe 19 du socle européen des droits sociaux, qui dispose que «les personnes dans le besoin doivent bénéficier d’un accès au logement social ou d’une aide au logement de qualité»,

 vu l’article 31 de la charte sociale européenne révisée sur le droit au logement,

 vu l’article 34, paragraphe 3, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui consacre le droit à une aide sociale et à une aide au logement afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté,

 vu le rapport publié par la Commission en 2019 sur la pauvreté des travailleurs[1],

 vu le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) intitulé «Combating child poverty: an issue of fundamental rights» (Lutter contre la pauvreté infantile: une question de droits fondamentaux),

 vu la résolution 2280 (2019) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 11 avril 2019 sur la situation des migrants et des réfugiés dans les îles grecques[2],

 vu sa résolution législative du 4 avril 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds social européen plus (FSE+)[3],

 vu l’article 2 de la charte sociale européenne révisée sur le droit à des conditions de travail équitables,

 vu l’article 31 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne sur des conditions de travail justes et équitables,

 vu la recommandation du Conseil du 9 avril 2019 concernant la politique économique de la zone euro (2019/C 136/01),

 vu sa résolution du 10 octobre 2019 sur l’emploi et les politiques sociales de la zone euro[4],

 vu la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse 2019-2027, fondée sur la résolution du Conseil du 26 novembre 2018,

 vu la directive (UE) 2019/1152 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne,

 vu la directive (UE) 2019/1158 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil,

 vu la directive 2011/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes et remplaçant la décision-cadre 2002/629/JAI du Conseil,

 vu le rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil intitulé «Deuxième rapport sur les progrès réalisés dans la lutte contre la traite des êtres humains (2018) établi conformément à l’article 20 de la directive 2011/36/UE concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes» (COM(2018)0777),

 vu le 8e rapport général sur les activités du groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA)[5] ainsi que ses rapports concernant la mise en œuvre de la convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains par tous les États membres[6],

 vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité des régions, au Comité économique et social et à la Banque européenne d’investissement du 28 novembre 2018 intitulée «Une planète propre pour tous – Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat» (COM(2018)0773)[7],

 vu le principe 16 du socle européen des droits sociaux, qui souligne que toute personne a le droit d’accéder en temps utile à des soins de santé préventifs et curatifs abordables et de qualité,

 vu sa résolution du 12 avril 2016 sur la situation en Méditerranée et sur la nécessité d’une approche globale des migrations de la part de l’Union européenne[8],

 vu sa résolution du 5 juillet 2018 sur les lignes directrices destinées aux États membres pour empêcher que l’aide humanitaire ne soit érigée en infraction pénale[9],

 vu sa résolution du 3 mai 2018 sur la protection des enfants migrants[10],

 vu la résolution 2020 (2014) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe d’octobre 2014 sur les alternatives au placement en rétention d’enfants migrants,

 vu la recommandation de la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe de juin 2019, intitulée «Sauver des vies. Protéger les droits. Combler le manque de protection des réfugiés et des migrants en Méditerranée»[11],

 vu le rapport sur les droits fondamentaux 2019 de la FRA et sa note, mise à jour en juin 2019, intitulée «NGO ships involved in search and rescue in the Mediterranean and criminal investigations» (Navires d’ONG participant à des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée et poursuites pénales)[12],

 vu sa résolution du 5 octobre 2017 sur les systèmes pénitentiaires et les conditions dans les prisons[13],

 vu sa résolution du 1er juin 2017 sur la lutte contre l’antisémitisme[14],

 vu sa résolution du 15 avril 2015 à l’occasion de la journée internationale des Roms - antitsiganisme en Europe et reconnaissance par l’Union européenne de la journée de commémoration du génocide des Roms durant la Seconde Guerre mondiale[15],

 vu sa résolution du 11 octobre 2017 sur l’intégration des Roms dans l’Union du point de vue des droits fondamentaux: lutter contre l’antitsiganisme[16],

- vu sa résolution du 12 février 2019 sur la nécessité de renforcer le cadre stratégique de l’UE pour les stratégies nationales d’intégration des Roms après 2020 et d’intensifier la lutte contre l’antitsiganisme[17],

 vu sa résolution du 17 septembre 2020 sur la mise en œuvre des stratégies nationales d’intégration des Roms: lutter contre les comportements négatifs envers les personnes d’origine rom en Europe[18],

 vu le rapport de la FRA intitulé «Roma women in nine EU countries» (Les femmes roms dans neuf États membres de l’UE),

 vu sa résolution du 3 mai 2018 sur le pluralisme et la liberté des médias dans l’Union européenne[19],

 vu sa résolution du 7 février 2018 sur la protection et la non-discrimination des minorités dans les États membres de l’Union européenne[20],

 vu sa résolution du 7 juillet 2016 sur l’application de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, notamment les observations finales du Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies[21],

 vu sa résolution du 25 octobre 2018 sur l’exploitation des données des utilisateurs de Facebook par Cambridge Analytica et les conséquences en matière de protection des données[22],

 vu sa résolution du 25 octobre 2018 sur la montée des violences néofascistes en Europe[23],

 vu sa résolution du 7 octobre 2020 sur la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux[24],

 vu sa résolution législative du 17 janvier 2019 sur la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre[25],

 vu la communication de la Commission sur le renforcement de l’état de droit au sein de l’Union – Plan d’action (COM(2019)343),

 vu la communication de la Commission du 30 septembre 2020 intitulée «Rapport 2020 sur l’état de droit - La situation de l’état de droit dans l’Union européenne» (COM(2020)0580) et les 27 chapitres par pays qui l’accompagnent sur l’état de droit dans les États membres (SWD(2020)0300-0326), qui traitent de l’incidence des mesures relatives à la COVID-19 prises par les États membres sur la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux,

 vu sa résolution du 8 février 2019 sur les droits des personnes intersexuées[26],

 vu sa résolution du 14 février 2019 sur le droit à manifester pacifiquement et l’usage proportionné de la force[27],

 vu sa résolution du 26 mars 2019 sur les droits fondamentaux des personnes d’ascendance africaine en Europe[28],

 vu sa résolution du 14 novembre 2019 sur la criminalisation de l’éducation sexuelle en Pologne[29],

 vu sa résolution du 26 novembre 2019 sur les droits de l’enfant à l’occasion du 30e anniversaire de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant[30],

 vu sa résolution du 13 février 2019 sur le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes dans l’Union[31],

 vu la recommandation (UE) 2018/951 de la Commission du 22 juin 2018 relative aux normes applicables aux organismes pour l’égalité de traitement,

 vu le rapport annuel 2018 de la Commission sur la liste d’actions visant à promouvoir l’égalité pour les personnes LGBTI,

 vu sa résolution du 18 décembre 2019 sur la discrimination publique et le discours de haine à l’égard des personnes LGBTI, notamment les «zones sans LGBTI»[32],

 vu sa résolution du 30 mai 2018 sur la mise en œuvre de la directive 2012/29/UE établissant des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité[33],

 vu sa résolution du 16 janvier 2020 sur les auditions en cours au titre de l’article 7, paragraphe 1, du traité UE en ce qui concerne la Pologne et la Hongrie[34],

 vu la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) du 19 décembre 2017 dans l’affaire A.R. et L.R./Suisse (22338/15), qui a affirmé qu’une éducation sexuelle complète poursuit les objectifs légitimes de protéger la santé publique, de protéger les enfants contre les violences sexuelles et de les préparer aux réalités sociales, et qui n’a donc pas reconnu l’obligation des États membres de permettre aux parents de retirer leurs enfants de cette éducation,

 vu l’affaire Sh.D. e.a./Grèce, Autriche, Croatie, Hongrie, Macédoine du Nord, Serbie et Slovénie[35] portée devant la CEDH, qui a affirmé que l’extrême vulnérabilité de l’enfant doit prévaloir sur le statut irrégulier, que les mesures nécessaires doivent être adoptées pour le protéger, et que les autorités ont violé l’article 5 de la convention européenne des droits de l’homme en appliquant automatiquement le régime de détention préventive sans envisager d’autres solutions que la détention ni l’obligation, en vertu du droit de l’Union, d’éviter la détention des enfants[36],

 vu la résolution 2306 (2019) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 3 octobre 2019 sur les violences obstétricales et gynécologiques, dans laquelle l’Assemblée invite les États membres du Conseil de l’Europe à lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales et formule des recommandations sur la manière de le faire, et le rapport connexe de la commission sur l’égalité et la non-discrimination du Conseil de l’Europe du 12 septembre 2019,

 vu le document thématique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes en Europe (2017) du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe,

 vu le rapport de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe faisant suite à sa visite en Hongrie du 4 au 8 février 2019[37],

 vu la résolution 2299 (2019) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur les politiques et pratiques en matière de renvoi dans les États membres du Conseil de l’Europe[38],

 vu les différents rapports des ONG nationales, européennes et internationales, ainsi que les rapports de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe,

 vu les travaux menés par la FRA, le Conseil de l’Europe et la Commission de Venise,

 vu la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne et de la CEDH,

 vu la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, ouverte à la signature le 11 mai 2011 à Istanbul, en Turquie («convention d’Istanbul»),

 vu sa résolution du 28 novembre 2019 sur l’adhésion de l’Union européenne à la convention d’Istanbul et d’autres mesures de lutte contre la violence à caractère sexiste[39],

 vu les travaux de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, de la commission des affaires constitutionnelles, de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres et de la commission des pétitions,

 vu le rapport annuel 2018 de la Commission sur l’application de la charte[40],

 vu les rapports sur les droits fondamentaux 2018 et 2019 de la FRA[41],

 vu le document de la FRA intitulé «Espace dévolu à la société civile: points de vue des organisations» ainsi que son rapport intitulé «Difficultés rencontrées par les organisations de la société civile actives dans le domaine des droits de l’homme dans l’UE»,

 vu l’article 54 de son règlement intérieur,

 vu les avis de la commission des affaires constitutionnelles et de la commission des pétitions,

 vu la position sous forme d’amendements de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres,

 vu le rapport de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (A9‑0226/2020),

A. considérant que l’Union européenne n’est pas qu’une union monétaire, mais également une union sociale, s’appuyant sur la convention européenne des droits de l’homme, la charte sociale européenne et le socle européen des droits sociaux; considérant que l’article 151 du traité FUE fait référence aux droits sociaux fondamentaux, tels que ceux énoncés dans la charte sociale européenne; considérant que l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’état de droit et de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités, valeurs proclamées à l’article 2 du traité UE, dans la charte et dans les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme; considérant que la charte fait partie du droit primaire de l’Union; considérant que l’Union n’a toujours pas adhéré à la convention européenne des droits de l’homme, ce à quoi elle est pourtant tenue en vertu de l’article 6, paragraphe 2, du traité UE;

B. considérant que ces valeurs sont partagées par tous les États membres et qu’elles devraient être défendues et promues activement et de façon cohérente par l’Union et par chacun des États membres dans toutes leurs politiques, tant sur le plan interne que sur le plan externe; considérant que le respect de l’état de droit est une condition indispensable à la préservation des droits fondamentaux et que les États membres sont, en dernier ressort, responsables de la protection de tous les droits de l’homme;

C. considérant qu’en vertu de l’article 17 du traité UE, la Commission doit veiller à l’application des traités; considérant que le refus d’un État membre d’adhérer pleinement au droit de l’Union, à la séparation des pouvoirs, à l’indépendance de la justice et à la prévisibilité de l’action de l’État remet en cause la crédibilité de l’Union européenne; considérant que l’indépendance de la justice, la liberté d’expression et d’information ainsi que le pluralisme des médias sont des éléments clés de l’état de droit;

D. considérant qu’au cours des années 2018 et 2019, l’Union européenne a connu de multiples défis de grande ampleur en matière de protection des droits fondamentaux, d’état de droit et de démocratie, qui sont tous intrinsèquement liés; considérant que l’Eurobaromètre spécial de mars 2019 de la Commission européenne indique que peu de citoyens connaissent la charte; considérant que d’après la FRA, on a constaté en 2018, au sein de l’Union européenne, non seulement des violations des droits de l’homme, mais encore le rejet de systèmes de protection des droits de l’homme dans leur ensemble[42];

E. considérant qu’il est indispensable de mieux promouvoir la charte, notamment grâce à des campagnes de sensibilisation, afin d’améliorer l’efficacité de ses dispositions et d’encourager à y recourir en tant que source positive d’interprétation; considérant qu’il est nécessaire que les juges, les associations d’avocats et les administrations publiques intensifient les échanges d’informations sur les expériences et les stratégies de recours à la charte au sein des États membres ainsi qu’au-delà des frontières nationales, notamment à l’aide, le cas échéant, des possibilités de financement existantes, comme celles prévues dans le programme «Justice»; considérant que des programmes de formation ciblés pour les praticiens du droit pourraient être utiles;

F. considérant que la corruption constitue une menace grave pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux, préjudiciable à tous les États membres ainsi qu’à l’Union dans son ensemble; considérant que la mise en œuvre du cadre juridique de la lutte contre la corruption reste variable d’un État membre à l’autre;

G. considérant que la hausse de l’emploi précaire et du chômage des jeunes est très inquiétante et pourrait entraîner des conséquences négatives à long terme sur les droits proclamés à l’article 31 de la charte;

H. considérant que la charte consacre les droits des enfants; considérant que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être dûment pris en considération dans toutes les actions de l’Union et que ce principe devrait être pleinement respecté dans toutes les décisions législatives, juridiques ou gouvernementales, à tous les niveaux; considérant que les États membres devraient garantir à tous les enfants de l’Union le droit à l’éducation et les protéger de toute discrimination;

I. considérant que la violence sexiste sous toutes ses formes, y compris le harcèlement et la violence sur le lieu de travail, au domicile et en ligne, constitue une violation des droits fondamentaux qui concerne tous les niveaux de la société, indépendamment de l’âge, de l’éducation, du niveau de revenu, de la position sociale et du pays d’origine ou de résidence, et qu’elle représente un obstacle majeur à l’égalité entre les femmes et les hommes; considérant que 11 États membres ne fournissent pas de données sur les cas de femmes victimes d’homicide volontaire perpétré par un partenaire intime ou un membre de leur famille[43];

J. considérant que la CEDH a établi que différentes formes de dégradation environnementale peuvent entraîner des violations des droits de l’homme, tels que le droit à la vie, à la vie privée et familiale, l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants ainsi que le droit de jouir paisiblement de son domicile[44]; considérant que les injustices environnementales sont fréquemment liées aux risques sanitaires ainsi qu’aux effets néfastes sur le bien-être, et que certains groupes et communautés, notamment les groupes socio-économiquement défavorisés, les personnes noires, les personnes de couleur et les minorités ethniques, sont touchés de façon disproportionnée par les perturbations environnementales;

K. considérant que l’accès à la justice est un droit fondamental et que l’impunité constitue un obstacle important en ce qui concerne le rétablissement et la protection des victimes;

L. considérant que ces dernières années ont donné lieu à un recul organisé des droits des femmes et des filles, certains États membres ayant cherché à faire marche arrière en matière de santé ainsi que de droits sexuels et génésiques, en revenant notamment sur les garanties juridiques existantes concernant l’accès des femmes aux soins liés à l’avortement; considérant que ces États imposent par exemple des conditions régressives pour l’accès à l’avortement, telles que l’obligation de respecter une période d’attente ou de recevoir des conseils partiaux, ne veillent pas à éliminer les obstacles qui entravent l’accès réel à l’avortement, et tentent d’interdire totalement l’avortement ou de supprimer des motifs d’avortement légal existants; considérant que l’on a constaté dans certains États membres des tentatives de limiter ou d’interdire l’éducation sexuelle et les études de genre, et de promouvoir des campagnes hostiles à la convention d’Istanbul, qui nient l’existence des violences sexistes; considérant que le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes est souvent lié à une détérioration plus large de la situation de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux;

M. considérant qu’un nombre croissant de cas de violences gynécologiques et obstétricales sont dénoncés dans plusieurs États membres[45]; considérant que les traités protègent les droits des femmes dans toute leur diversité, y compris ceux des femmes roms, noires, de couleur, LGBT ou en situation de handicap; considérant que les femmes roms sont particulièrement touchées en ce qui concerne les droits des femmes et sont souvent confrontées à des formes aggravées de harcèlement verbal, physique, psychologique et racial dans le cadre des soins de santé génésique; considérant que les femmes roms sont également victimes de ségrégation ethnique dans les maternités, où elles sont accueillies dans des chambres, des sanitaires et des réfectoires séparés; considérant que dans certains États membres, les Roms subissent des pratiques systématiques de stérilisation forcée et ne peuvent obtenir aucune réparation, y compris sous forme d’indemnisation, pour cette violation de leurs droits fondamentaux;

N. considérant que l’Union est le théâtre de la montée du racisme, de l’intolérance, de l’extrémisme, de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’antisémitisme et de l’antitsiganisme, des sentiments qui sont devenus la norme dans certains États membres et sont adoptés dans toute l’Union par des faiseurs d’opinion et des politiciens qui entretiennent un climat social propice au racisme, aux discriminations et aux crimes de haine; que les musulmans, et en particulier les musulmanes, continuent de se heurter à une hostilité et à une intolérance généralisées dans de nombreux pays de l’Union[46];  que la FRA a souligné dans son rapport de 2019 que des pratiques, des politiques et des législations institutionnelles discriminatoires existent dans nombre de pays; que la lutte contre le terrorisme et les politiques antiterroristes ne devraient pas conduire à une discrimination généralisée à l’encontre de certaines communautés; que la FRA a créé en décembre 2018 la première base de données spécialisée pour lutter contre l’islamophobie; que l’antisémitisme semble en hausse, comme le démontre la FRA dans son rapport du 4 juillet 2019, plusieurs États membres faisant état d’une augmentation des crimes à caractère antisémite; que les minorités ethniques et religieuses sont souvent confrontées au harcèlement verbal, physique, psychologique et racial; qu’il est crucial de développer l’enseignement et la formation à la pensée critique afin de fournir les outils nécessaires à la détection de toute forme de discrimination et d’intolérance ainsi que pour encourager l’alphabétisation numérique;

O. considérant que le recours accru par les États aux nouvelles technologies, telles que la police prédictive et la reconnaissance faciale, présente un certain nombre de risques, en particulier pour les minorités raciales en Europe;

P. considérant que les droits des personnes LGBTI connaissent un sérieux recul, au point que des «zones sans LGBT» ont même été créées[47] dans un État membre;

Q. considérant que l’Union européenne et les États membres disposent de compétences partagées dans le domaine du logement; qu’une stratégie à l’échelle nationale et européenne est nécessaire; que les personnes sans-abri sont privées de leurs droits et que cette situation constitue en soi une violation des droits de l’homme; qu’on observe une tendance à l’augmentation du nombre d’expulsions et de personnes sans-abri dans l’Union européenne[48];

R. considérant que l’offre de logements abordables est aujourd’hui insuffisante en Europe, malgré l’augmentation de la demande; que les rapports annuels publiés par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA) ont mis en évidence une augmentation du sans-abrisme dans presque toute l’Union européenne/EEE; que le rapport 2018 de la FEANTSA indique que les enfants sont en train de devenir le groupe le plus important dans les hébergements d’urgence en raison de la détérioration des conditions de vie des familles extrêmement vulnérables[49];

S. considérant que la liberté d’expression ainsi que la liberté des médias et leur pluralisme sont consacrés à l’article 11 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et à l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme (CEDH); que l’indépendance de la justice, la liberté d’expression et d’information ainsi que le pluralisme des médias sont des éléments essentiels de l’état de droit, et qu’ils sont indispensables au fonctionnement démocratique de l’Union et de ses États membres;

T. considérant que le nombre de menaces et attaques à l’encontre de journalistes a augmenté au sein de l’Union[50]; que l’OSCE a fait remarquer que l’impunité régnait, car, à titre d’exemple, dans les pays membres de cette organisation, moins de 15 % des meurtres de journalistes sont élucidés (rapport sur la liberté des médias); qu’il s’agit d’une nette détérioration en matière de protection des journalistes, ce qui porte atteinte à la liberté des médias et à la liberté d’expression, et met en danger la démocratie;

U. considérant que la résolution du Parlement sur le pluralisme et la liberté des médias dans l’Union européenne souligne le fait que les États membres et la Commission devraient éviter d’adopter des mesures inutiles ou disproportionnées visant à limiter l’accès à l’internet et l’exercice des droits fondamentaux, ou qui impliquent le contrôle des communications publiques par l’imposition arbitraire de l’état d’urgence ou pour d’autres motifs; que le libellé de ces lois est parfois vague et imprécis, accordant donc une large marge d’appréciation aux forces répressives en ce qui concerne leur mise en œuvre, et augmentant les risques de limitations arbitraires du droit à la liberté de réunion pacifique;

V. considérant qu’en 2018 et en 2019, il a été prouvé que certaines grandes entreprises de médias sociaux, en violation de la législation en vigueur en matière de protection des données, ont octroyé à des applications émanant de tiers l’accès à des données à caractère personnel d’utilisateurs, et que ces données ont fait l’objet d’une utilisation abusive croissante à des fins de prédiction et de manipulation comportementales, notamment à des fins de campagne électorale; considérant qu’à la lumière des évolutions constantes de la technologie, les atteintes aux droits fondamentaux peuvent être extrêmement graves; que divers systèmes d’information peuvent avoir une incidence sur les droits fondamentaux, notamment en ce qui concerne la protection des données et la violation de la vie privée;

W. considérant que les lanceurs d’alerte jouent un rôle essentiel dans une démocratie ouverte et transparente; qu’ils sont indispensables pour encourager la transparence, la démocratie et l’état de droit, en dénonçant les comportements illégaux ou abusifs qui portent atteinte à l’intérêt public, tels que les actes de corruption, les infractions pénales ou les conflits d’intérêts qui constituent des menaces pour les droits et les libertés des citoyens;

X. considérant que l’article 11 de la CEDH et l’article 12 de la charte disposent que toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, y compris le droit de fonder des syndicats et de s’y affilier pour la défense de ses intérêts; que, dans les sociétés démocratiques, la liberté de réunion est, pour les femmes et les hommes, un des instruments de participation au débat public et de production de changement social;

Y. considérant qu’il doit toujours être possible d’identifier les policiers en fonction afin de pouvoir enquêter sur un éventuel usage excessif de la force, et que les autorités nationales doivent en déterminer les responsabilités le cas échéant; que les États membres ont des seuils différents pour le recours à la force et aux armes par les autorités répressives aux fins du maintien de l’ordre public; considérant que plusieurs États membres[51] ont adopté des lois qui pourraient entraîner des limitations disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique;

Z. considérant que l’espace dévolu à la société civile se réduit dans certains États membres; que les États membres sont tenus de garantir que les droits des organisations de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme ne sont pas limités, et qu’un environnement législatif et réglementaire favorable est en place, comme soutenu dans les conclusions du Conseil sur la charte des droits fondamentaux après dix ans: état d’avancement et suite des travaux; que les États membres devraient également soutenir le travail des organisations de la société civile au moyen d’un financement suffisant et garantir qu’il existe des mécanismes pour une bonne coopération avec lesdites organisations;

AA. considérant que les campagnes étatiques ou non qui visent à discréditer les défenseurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile ont pour objectif, de par leurs stratégies, de faire abroger les lois en vigueur en matière de droits fondamentaux; que ces campagnes sont souvent partagées sur les réseaux et médias sociaux traditionnels, tandis que ceux qui défendent les migrants et les demandeurs d’asile, la communauté LGBTI+, les survivantes de violences sexistes, les membres de confessions et de religions, ainsi que d’autres groupes marginalisés sont toujours criminalisés et stigmatisés;

AB. considérant que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que 1 885 personnes en 2019 et 2 299 personnes en 2018 sont décédées ou ont disparu en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe; que l’itinéraire reliant la Libye à l’Europe reste la route migratoire faisant le plus de victimes au monde (646 décès depuis le début de l’année 2019), une route cinq fois plus meurtrière en 2018 qu’en 2015, notamment en raison de la réduction des activités de recherche et de sauvetage (SAR) sur les côtes libyennes[52]; considérant que sauver des vies est un acte de solidarité à l’égard des personnes en danger, mais aussi et surtout une obligation juridique imposée par le droit international, et notamment par l’article 98 de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), ratifiée par l’Union ainsi que tous ses États membres, qui exige des États qu’ils portent assistance à quiconque est trouvé en péril en mer[53], mais également par le droit de l’Union;

AC. considérant que la criminalisation de la solidarité a continué d’être utilisée comme un outil pour entraver le travail des ONG tentant de sauver des vies en Méditerranée; que des personnes sont poursuivies en raison de l’assistance qu’elles ont portée aux migrants et aux demandeurs d’asile dans plusieurs pays de l’Union, ce qui montre une tendance inquiétante à la criminalisation de l’assistance humanitaire à l’égard des migrants et des demandeurs d’asile;

AD. considérant que l’Union est tenue par le droit de l’Union et le droit international de recevoir et de traiter les demandes de ceux qui viennent sur son territoire pour demander l’asile; considérant que les refoulements constituent une violation du droit de l’Union et du droit international, et qu’ils empêchent les demandeurs d’asile de jouir des garanties juridiques solidement ancrées dans ces législations; que la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est déclarée vivement préoccupée par les signalements concordants qui font état de refoulements violents;

AE. considérant que la migration fait partie du passé, du présent et du futur de l’Union, et constitue l’un des plus grands défis de notre époque ayant des conséquences évidentes sur les droits fondamentaux; que les demandeurs d’asile ont le droit et la possibilité de soumettre leurs demandes d’asile aux points officiels de franchissement de frontières lorsqu’ils entrent dans l’Union; que des allégations de violation des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs d’asile ont été rapportées; que les garde-frontières doivent fournir des services adéquats aux réfugiés, en tenant compte des circonstances particulières des personnes vulnérables, telles que les enfants, les personnes traumatisées et les femmes enceintes;

AF. considérant que l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes estime qu’en 2018, les femmes ont représenté 18 % de l’ensemble des entrées irrégulières aux frontières extérieures de l’Union, et que près d’un migrant sur cinq a été enregistré comme un enfant, quelque 3 750 d’entre eux étant non accompagnés; que ces femmes et enfants sont particulièrement vulnérables face aux violations de leurs droits fondamentaux, notamment la traite des êtres humains; que les États membres doivent mettre en place et renforcer des systèmes de protection des enfants afin de prévenir et de combattre la violence, les abus, la négligence et l’exploitation dont ceux-ci sont victimes;

AG. considérant que les États membres devraient s’assurer que les enfants migrants et réfugiés ont accès à l’éducation dans les plus brefs délais suivant leur arrivée sur le territoire de l’Union;

AH. considérant que les actes de terrorisme constituent l’une des violations les plus graves des libertés et des droits fondamentaux; qu’en 2018 et 2019, des actes de glorification du terrorisme et des hommages aux terroristes ont été observés au sein de l’Union européenne; que ce type d’actes légitiment le terrorisme, menacent notre démocratie et humilient les victimes;

Droits économiques et sociaux

1. reconnaît que l’Union joue un rôle important dans la prévention de la pauvreté et de l’exclusion sociale dans les États membres; souligne qu’il importe que l’Union et ses États membres élaborent des programmes spécifiques visant à éradiquer la pauvreté des enfants, étant donné qu’une attention particulière devrait être accordée aux effets particulièrement néfastes de la pauvreté sur le développement social, psychologique et physique des enfants, ainsi que sur les implications en matière de santé pour les futures générations d’adultes; souligne que les enfants courent un risque disproportionné d’exclusion sociale et économique et qu’ils font face à la violation de leurs droits fondamentaux découlant de traitements abusifs, de la violence, de l’exploitation, de la pauvreté et de toutes les formes d’exclusion sociale; souligne que la pauvreté constitue à elle seule une forme d’injustice sociale, qui tire son origine des inégalités entre les sexes, de la discrimination et de l’accès non équitable aux produits et aux services; invite la Commission et le Conseil à prendre en considération les droits fondamentaux dans l’élaboration de propositions dans le domaine de la politique économique et à garantir la réalisation d’une analyse des incidences sur les droits de l’homme parallèlement à toute décision relative à l’adoption de ces propositions, afin d’évaluer leurs éventuelles répercussions négatives sur les droits de l’homme; invite les États membres à garantir à tous l’accès aux soins de santé, à une éducation de qualité et au logement sur un pied d’égalité;

2. souligne que les réductions importantes des dépenses consacrées aux services publics ont eu, dans de nombreux États membres, de graves répercussions sur les inégalités, avec de lourdes conséquences pour le tissu social de l’Union, dont les effets se font encore sentir aujourd’hui (dans l’aggravation d’inégalités qui se creusaient déjà auparavant et dans la violation des droits fondamentaux) et qui touchent particulièrement les femmes, les personnes handicapées, les personnes âgées, les enfants, les Roms, les gens du voyage, les personnes LGBTI+, et les membres d’autres groupes défavorisés; rappelle que les politiques macroéconomiques doivent être guidées non seulement par la croissance économique, mais également par des normes sociales, afin de garantir que les personnes les plus vulnérables de la société puissent jouir du plein exercice de leurs droits sociaux, politiques et économiques; souligne que l’égalité d’accès à l’éducation et à l’emploi de qualité ainsi que l’égalité des chances dans ce domaine jouent un rôle essentiel en contribuant à réduire les inégalités et à sortir les personnes de la pauvreté; reconnaît l’importance des droits des travailleurs, notamment le congé de maternité et de paternité, qui contribuent à créer un environnement sain et stable pour les enfants; invite les États membres à adopter des dispositions visant à sauvegarder et à renforcer ces droits, qui contribuent à la stabilité sociale et économique; demande aux États membres de garantir des conditions de travail et une protection adéquates contre l’exploitation économique et la discrimination, en particulier pour les groupes les plus vulnérables face à ces inégalités, tels que les jeunes; invite les États membres à renforcer la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, en veillant à ce que tous les jeunes aient accès à des possibilités d’emploi, d’enseignement et de formation de qualité, et que ces offres soient réparties équitablement entre les États membres et les régions; incite les États membres à mettre pleinement en œuvre la directive sur l’égalité en matière d’emploi afin de garantir un accès égal aux possibilités d’emploi, indépendamment des convictions religieuses, de l’âge, du handicap et de l’orientation sexuelle;

3. souligne que le logement n’est pas seulement un bien marchand mais une nécessité, puisque les citoyens qui en sont privés ne peuvent participer pleinement à la société ni jouir de leurs droits fondamentaux; se dit préoccupé par le fait que les jeunes, en particulier, n’ont pas accès au logement en raison de son prix, et déplore les cas de discrimination appliquée par des propriétaires ainsi que les politiques qui réduisent les allocations au logement pour les jeunes; est fortement préoccupé par le fait que, dans la plupart des États membres de l’Union, un tiers des sans-abri ont entre 18 et 29 ans; invite la Commission et les États membres à tenir compte des recommandations formulées par la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe dans ses observations du 23 janvier 2020 intitulées «Le droit à un logement abordable: un devoir négligé en Europe», notamment que les États membres qui ne l’ont pas encore fait acceptent rapidement d’être liés par l’article 31 de la Charte sociale européenne révisée sur le droit au logement; demande aux États membres d’inscrire le droit des citoyens à un logement adéquat au nombre de leurs priorités en matière de politiques sociales et d’augmenter les investissements dans des logements sociaux et abordables, en vue de lutter contre la surcharge des coûts du logement, notamment pour protéger les groupes défavorisés et vulnérables; invite la Commission à mener une enquête en bonne et due forme sur la discrimination liée à l’accès au logement, telle qu’interdite en vertu de la directive relative à l’égalité raciale, et à ouvrir des procédures d’infraction en cas de violations;

4. met l’accent sur l’article 37 de la charte, qui dispose que les mesures visant à garantir un niveau élevé de protection de l’environnement et l’amélioration de sa qualité doivent être intégrées dans les politiques de l’Union; souligne qu’il est urgent d’inclure les préoccupations environnementales dans le processus décisionnel de toutes les politiques et initiatives, et estime que la durabilité doit être le principe directeur de toutes les politiques macroéconomiques afin d’assurer une transition juste vers une économie durable sur le plan environnemental, tout en protégeant et en créant des emplois durables, et afin de répondre à la plus importante des menaces auxquelles l’humanité doit faire face; appelle de ses vœux la mise en œuvre à l’échelle de l’Union de la convention d’Aarhus, qui lie les droits environnementaux aux droits de l’homme; souligne que l’atteinte à l’environnement et le refus, par certains pouvoirs publics, de communiquer des informations sur des risques environnementaux graves auxquels des personnes sont exposées sont susceptibles d’avoir des conséquences graves pour la population;

Droit à l’égalité de traitement

5. rappelle que les femmes et les jeunes filles doivent avoir le contrôle de leur corps et de leur sexualité; invite tous les États membres à garantir une éducation sexuelle complète ainsi qu’un accès aisé des femmes et des filles à la planification familiale et à l’ensemble des services de santé sexuelle et génésique, y compris les méthodes de contraception modernes et l’avortement sûr et légal;

6. condamne le mouvement actuel, visible et organisé au niveau européen et mondial, qui vise à remettre en question l’égalité hommes-femmes et les droits des femmes, y compris dans les domaines de la santé et des droits génésiques et sexuels; affirme résolument que l’entrave au bénéfice de services liés aux droits et à la santé sexuels et génésiques constitue une forme de violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles, et souligne que la Cour européenne des droits de l’homme a jugé à plusieurs reprises que les lois restrictives sur l’avortement qui entravent l’accès à l’avortement légal violent les droits fondamentaux des femmes; rappelle que le refus des professionnels de la santé de fournir toute la palette des services de santé sexuelle et génésique pour des motifs personnels ne doit pas compromettre le droit d’accès des femmes et des jeunes filles à des soins de santé génésique; invite la Commission à inclure la nécessité de défendre la santé et les droits sexuels et génésiques dans sa stratégie en matière de droits fondamentaux;

7. condamne fortement le nombre alarmant de féminicides, qui est la forme la plus extrême de violence à l’égard des femmes, dans l’Union; déplore le manque de données disponibles dans certains États membres, qui reflète l’absence de reconnaissance de ce problème; invite le Conseil à finaliser d’urgence la ratification par l’Union de la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, sur la base d’une large adhésion et sans aucune restriction; invite instamment le Conseil et les États membres qui ne l’ont pas encore fait à conclure la ratification de la convention d’Istanbul;

8. condamne fermement toutes les formes de violence sexuelle, gynécologique et obstétrique à l’égard des femmes, telles que les actes inappropriés ou non consentis, les interventions douloureuses sans anesthésie, les mutilations génitales féminines, l’avortement forcé, la stérilisation forcée et la gestation pour autrui forcée;

9. condamne fermement la ségrégation ethnique des femmes roms dans les maternités; exhorte les États membres à proscrire immédiatement toute forme de ségrégation ethnique dans les établissements de soins de santé, y compris les maternités; demande aux États membres de garantir des voies de recours efficaces et rapides pour tous les survivants de la stérilisation forcée, notamment la mise en place de dispositifs d’indemnisation efficaces;

10. condamne les crimes et discours de haine, ainsi que la discrimination fondée notamment sur la race, la couleur, l’origine ethnique ou sociale, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques, le statut de minorité, le handicap, l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre ainsi que les caractéristiques sexuelles; exprime une nouvelle fois sa préoccupation quant au fait que les discours haineux en ligne restent un problème récurrent et pressant; met en garde contre le niveau croissant et la banalisation des discours de haine et des différentes formes de racisme, telles que l’islamophobie, l’antitsiganisme, l’antisémitisme et le racisme envers les personnes noires et de couleur dans de nombreux États membres, encouragés par la montée des mouvements extrémistes et de leur rhétorique, et par des représentants de gouvernement ou des dirigeants politiques de certains États membres, qui utilisent un discours haineux en diffusant des invectives racistes, xénophobes et anti-LGBTI; exprime son inquiétude face à la réticence des victimes à signaler des crimes de haine en raison de l’insuffisance des protections et du défaut des autorités à enquêter correctement et à obtenir des condamnations pour crime de haine dans les États membres; insiste sur la nécessité d’encourager les victimes et de les aider à signaler les cas de crimes de haine ou de discriminations, et de leur accorder une protection et un soutien adéquats; rappelle que les États membres devraient veiller à ce que les crimes et les discours haineux soient effectivement enregistrés, fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites, et soient portés devant la justice; invite la Commission et la FRA à poursuivre leurs travaux sur la surveillance des crimes et des discours de haine au sein des États membres, et à faire régulièrement état des cas et des tendances en la matière;

11. rappelle que les institutions et les agences de l’Union sont tenues de défendre pleinement, à l’égard de tous les citoyens, le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi que l’interdiction de la discrimination fondée sur la religion ou les convictions, y compris philosophiques, en public et dans la sphère privée; invite les États membres à protéger la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction, et à appliquer effectivement les orientations de l’Union relatives à sa promotion et à sa protection;

12. invite les États membres à veiller à la mise en œuvre intégrale de la directive sur l’égalité raciale (2003/43/CE) afin de lutter contre le racisme persistant à l’encontre des personnes noires et des personnes de couleur, contre la transphobie, l’antitsiganisme, l’antisémitisme et l’islamophobie; condamne le fait que les minorités raciales, ethniques, linguistiques et religieuses sont confrontées au racisme structurel, à la discrimination, à des crimes de haine et à des discours de haine, au manque d’accès à la justice et aux inégalités socio-économiques persistantes dans des domaines tels que le logement, les soins de santé, l’emploi et l’éducation, qui doivent être reconnus comme des obstacles majeurs les empêchant de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux et comme un frein à l’inclusion et l’égalité;

13. appelle de ses vœux l’adoption rapide de la proposition de directive sur l’égalité de traitement, toujours en attente d’approbation par le Conseil, afin de combler le déficit de protection actuel dans le cadre juridique de l’Union concernant la non-discrimination fondée sur l’âge, le handicap, la religion ou les convictions, ou l’orientation sexuelle dans des domaines clés de la vie, tels que la protection sociale, l’enseignement et l’accès aux biens et services; invite la Commission à lutter activement contre la ségrégation et la discrimination, notamment en engageant des procédures d’infraction visant à favoriser l’application effective de la décision-cadre sur la lutte contre certaines formes et expressions de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal; rappelle que ces mesures doivent être accompagnées de stratégies nationales d’intégration appropriées;

14. rappelle que la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées vise à garantir l’égalité des chances en ce qui concerne l’accessibilité, la participation, l’égalité, l’emploi, l’éducation et la formation, la protection sociale, la santé et l’action extérieure de l’Union; souligne que les personnes handicapées restent désavantagées et font encore l’objet de discrimination en matière d’emploi, d’éducation et d’inclusion sociale; insiste à cet égard sur l’importance de l’accessibilité dans les espaces publics, d’un pourcentage minimal relatif à l’emploi de personnes handicapées et de garanties en matière d’éducation inclusive, y compris l’accès aux initiatives comme Erasmus+, en accordant une attention particulière aux enfants handicapés;

Libertés

15. appelle les États membres à protéger et à développer un secteur des médias dynamique, indépendant, pluraliste et libre; condamne à cet égard toute mesure visant à réduire au silence les médias critiques et à porter atteinte à la liberté et au pluralisme de la presse, y compris par des subterfuges qui ne donnent pas nécessairement lieu à un signalement auprès de la plateforme du Conseil de l’Europe pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes; se déclare préoccupé par la création d’organismes contrôlés par le gouvernement qui gèrent une grande partie du paysage médiatique d’un pays et par le détournement de médias de service public pour servir les intérêts partisans; rappelle que, lorsque la propriété des médias reste très concentrée, que ce soit entre les mains du gouvernement ou du secteur privé, cette concentration constitue un risque important pour la diversité des informations et des points de vue représentés dans les contenus médiatiques; fait observer que les libertés d’expression et d’information, y compris la liberté d’expression artistique, ainsi que la liberté des médias sont fondamentales pour la démocratie et l’état de droit et prie instamment les États membres de garantir l’indépendance de leurs autorités médiatiques; rappelle que le droit de rechercher, de recevoir et de communiquer des informations et des idées oralement, par écrit ou sur papier, sous la forme d’art ou par tout autre moyen, relève de la liberté d’expression artistique[54];

16. rappelle le rôle fondamental du journalisme d’investigation en tant que garde-fou dans une société démocratique, qui renforce le contrôle public des acteurs politiques, y compris dans le domaine de la corruption; condamne la persistance et l’augmentation, dans de nombreux États membres, de la violence, des menaces et des intimidations à l’encontre des journalistes, notamment en ce qui concerne la publication d’informations relatives à des violations des droits fondamentaux, qui conduisent souvent à l’autocensure et portent atteinte au droit des citoyens à l’information; demande à la Commission de présenter une proposition de mécanismes solides et complets pour protéger et renforcer la liberté d’expression et la liberté des médias et améliorer la protection des journalistes, notamment en améliorant la transparence de la propriété des médias, en adoptant une directive européenne contre les poursuites-bâillons, en créant un fonds européen permanent pour les médias indépendants et les journalistes d’investigation et en établissant un mécanisme de réaction rapide pour les journalistes en danger; invite les États membres à prévenir et à sanctionner les attaques contre les journalistes d’investigation dans l’exercice de leurs fonctions;

17. insiste sur le rôle particulièrement important joué par les lanceurs d’alerte dans la sauvegarde de l’intérêt public et dans la promotion d’une culture de responsabilité vis-à-vis de l’opinion publique et d’intégrité au sein des institutions tant publiques que privées; invite les États membres à transposer intégralement dans leur droit national les dispositions de la directive (UE) 2019/1937 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union, de manière urgente, afin de maximiser ses effets dès son entrée en vigueur; encourage les États membres à compléter ces mesures de sorte à protéger également les lanceurs d’alerte lorsqu’ils signalent des infractions ne relevant pas du champ d’application du droit de l’Union;

18. exprime sa préoccupation face à la menace que les différentes formes de propagande et de désinformation font peser sur la liberté de parole et d’expression et sur l’indépendance des médias, ainsi que face aux répercussions négatives qu’elles pourraient avoir sur la qualité du débat politique et sur la participation des citoyens dans les sociétés démocratiques; invite la Commission à promouvoir et à investir dans le renforcement de l’éducation aux médias, à soutenir activement le journalisme de qualité et à encourager la protection des données et en créant un écosystème en ligne plus transparent tout en préservant la liberté et le pluralisme des médias;

19. souligne que le profilage politique, la désinformation et la manipulation d’informations constituent une menace pour les valeurs démocratiques de l’Union; invite la Commission et les États membres à contribuer au développement de l’éducation et de la formation à l’esprit critique grâce auquel les citoyens peuvent se faire leur propre opinion;

20. souligne que les forces répressives doivent respecter et protéger la dignité humaine ainsi que défendre et faire respecter les droits de l’homme de toute personne dans l’exercice de leurs fonctions; souligne que la principale tâche des forces de police est de garantir la sécurité des citoyens et de veiller à ce que les manifestations se déroulent de manière pacifique; condamne les interventions violentes et disproportionnées des forces répressives contre des manifestations pacifiques; demande aux États membres de veiller à ce que tout recours à la force par les services répressifs soit toujours légal, proportionné et nécessaire, qu’il ait lieu en ultime recours et qu’il préserve la vie et l’intégrité physique des personnes; invite les autorités nationales compétentes à garantir une enquête transparente, impartiale, indépendante et efficace en cas de soupçon ou d’allégation de recours disproportionné à la force, et à éviter l’impunité; rappelle que les services répressifs sont pleinement comptable de leurs actes dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que du respect des cadres juridiques et opérationnels applicables;

21. condamne fermement les restrictions croissantes de la liberté de réunion, y compris en période électorale; invite les États membres à ne pas se doter de lois qui restreignent la liberté de réunion et encourage l’Union et les États membres à prendre des mesures supplémentaires pour garantir et protéger la liberté d’expression et la liberté de réunion, qui sont des droits fondamentaux et des principes au fondement des processus démocratiques; invite la Commission à jouer un rôle actif dans la promotion de ces droits conformément aux normes internationales relatives aux droits de l’homme;

22. rappelle le rôle essentiel que joue la société civile aux niveaux local, national, européen et international dans la représentation des intérêts des citoyens; dans l’amplification de la voix des minorités qui ne sont pas correctement représentées; ainsi que dans la défense et la promotion des principes consacrés à l’article 2 du traité UE; souligne la nécessité d’assurer un environnement favorable aux organisations de la société civile, où celles-ci peuvent opérer à l’abri des attaques et sans restrictions inutiles ou arbitraires;

23. est profondément préoccupé par l’espace toujours plus restreint dévolu à la société civile indépendante dans certains États membres, en particulier aux organisations de défense des droits des femmes, des personnes LGBTI et des droits de l’homme, et aux défenseurs des droits de l’homme, notamment par les charges administratives déraisonnables, la réduction du soutien financier destiné aux activités de défense des intérêts, ainsi que les restrictions à la liberté de réunion et d’organisation; condamne les restrictions d’accès au financement des organisations de la société civile qui, dans certains États membres, présentent un aspect plus systémique sous la forme de changements juridiques et politiques et affectent gravement leur travail et leur statut juridique; demande à la Commission européenne et au Conseil d’accroître le soutien de l’Union aux organisations de la société civile qui défendent les valeurs de l’article 2 du traité UE dans l’Union européenne par l’intermédiaire du programme «Droits et valeurs», dont le financement devrait être important, comme le demande le Parlement européen;

24. insiste sur le fait qu’un suivi et une analyse réguliers et complets sont essentiels pour comprendre les défis auxquels est confrontée la société civile dans toute l’Europe; demande à la Commission européenne d’inclure des indicateurs pertinents relatifs à l’espace civique, à la liberté d’expression et à la liberté d’association dans ses rapports annuels sur l’état de droit à venir, de proposer un plan d’action pour protéger et promouvoir la société civile, y compris l’adoption de lignes directrices pour la protection de la liberté d’expression, de la liberté d’association et de la liberté de réunion pacifique ainsi que la protection des défenseurs des droits de l’homme en danger, et de créer un fonds d’urgence pour leur protection; se félicite de la proposition de révision du règlement (CE) nº 168/2007 du Conseil du 15 février 2007 portant création d’une Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et souligne la nécessité de renforcer et d’élargir son mandat à la suite d’une analyse d’impact approfondie; encourage la Commission, le Conseil et le Parlement européen à utiliser systématiquement les données produites par la FRA dans l’élaboration des politiques;

25. prend acte des problèmes graves qui peuvent se poser au sein des communautés eurosceptiques répandues, en particulier celles revendiquant des opinons politiques violentes, et prie instamment l’Union et les États membres d’encourager la participation active des citoyens de l’Union aux questions relatives à celle-ci, en particulier les jeunes, afin que leurs opinions puissent être entendues au moyen de canaux démocratiques;

26. met l’accent sur le rôle clé de l’éducation civique et du dialogue interculturel dans l’amélioration de la compréhension des citoyens de l’Union en ce qui concerne leur participation politique; encourage l’information des citoyens de l’Union concernant leurs droits;

27. observe que les nouvelles techniques de collecte et de traitement de données personnelles à des fins de prédiction et de manipulation comportementales ont un impact croissant sur les droits fondamentaux de milliards de personnes dans l’Union et dans le monde, en particulier sur les droits à la vie privée, à la protection des données, à l’information, ainsi qu’à la liberté et au pluralisme des médias; à cet égard, demande instamment aux acteurs privés et aux autorités compétentes de veiller à la pleine application de la législation européenne en matière de protection des données, et de s’assurer que les individus comprennent comment leurs données à caractère personnel sont traitées et à quelles fins, et qu’ils peuvent s’opposer au traitement des données et déposer des plaintes afin de protéger leur droit à la protection des données à caractère personnel et à la vie privée;

28. appelle la Commission européenne à lancer des procédures d’infraction contre les États membres dont les lois mettant en œuvre la directive invalidée sur la conservation des données n’ont pas été abrogées pour être en conformité avec les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne[55];

29. souligne les dangers potentiels pour les libertés fondamentales et la sécurité liés à l’utilisation des nouvelles technologies, en particulier les systèmes d’intelligence artificielle (IA), y compris les risques liés au droit à la protection des données personnelles et à la vie privée, les préoccupations bioéthiques liées à l’utilisation de l’IA dans les soins de santé, les discriminations et le risque de préjugés directs et indirects, ce qui pourrait aggraver le préjudice et marginaliser encore davantage les personnes touchées; souligne que les biais dans les ensembles de données, ainsi que dans leur conception et leur fonctionnement, peuvent conduire à des résultats biaisés, en particulier lorsqu’ils sont utilisés par les services répressifs, ce qui peut mener ces systèmes à reproduire les biais existants, qu’ils soient sociétaux, personnels ou autres, et ainsi à entraîner une discrimination fondée sur des facteurs sociaux, économiques, ethniques, raciaux, sexuels, de genre, de handicap ou fondés sur d’autres facteurs; insiste sur la nécessité de garanties supplémentaires pour assurer le respect de la vie privée et la protection des données, à la lumière du développement des nouvelles technologies, ainsi que sur la nécessité d’examiner toute incidence sur les droits fondamentaux; invite les institutions de l’Union et les États membres à combler le «fossé numérique» qui se creuse, en particulier dans les domaines de l’administration et des services publics; souligne que les personnes âgées, tout comme les personnes défavorisées sur le plan socioéconomique, comptent parmi les groupes les plus touchés par la «fracture numérique»; souligne que l’approche de l’IA devrait être «centrée sur l’être humain», en s’efforçant de garantir que les valeurs humaines soient au cœur de la manière dont les systèmes d’IA sont élaborés, déployés, utilisés et contrôlés, en veillant au respect des droits fondamentaux énoncés dans les traités et la charte; invite la Commission à présenter les propositions législatives pour une approche européenne de l’IA, qui se fonde sur des lignes directrices éthiques pour une IA digne de confiance préparées par le groupe d’experts de haut niveau de la Commission sur l’IA (AI HLEG);

30. salue les initiatives et les actions visant à renforcer la coopération entre les États membres en matière de sécurité et à donner une réponse efficace de l’Union aux menaces terroristes et sécuritaires au sein de l’Union européenne; prie instamment les États membres de coopérer pleinement les uns avec les autres et d’améliorer l’échange d’informations entre eux ainsi qu’avec les agences de l’Union concernées par la justice et les affaires intérieures; souligne combien il est important de respecter les droits fondamentaux dans le cadre de la lutte contre le terrorisme; souligne l’importance que les mécanismes de contrôle dans le domaine des services de renseignement soient conformes à la charte et à la convention européenne des droits de l’homme; invite les institutions concernées à prévoir des garde-fous pour éviter les préjudices secondaires subis par les victimes du fait des humiliations et des atteintes portées à leur image par des secteurs sociaux liés aux agresseurs;

Droits fondamentaux des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés

31. invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre la recommandation de la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe de juin 2019, intitulée «Sauver des vies. Protéger les droits. Combler le manque de protection des réfugiés et des migrants en Méditerranée»; réaffirme que des voies de migration sûres et légales sont le meilleur moyen d’éviter les pertes de vies humaines; prie instamment les États membres d’intensifier les mesures de réinstallation, de mettre en place des couloirs humanitaires vers l’Union et d’introduire la possibilité de demander des visas humanitaires pour les demandeurs d’asile;

32. est vivement préoccupé par les signalements concordants qui font état de refoulements violents par les forces répressives dans plusieurs États membres; invite la Commission et les États membres à enquêter sur cette question et à prendre des mesures efficaces pour faire en sorte que ces politiques et pratiques soient abandonnées, notamment en assurant la surveillance indépendante des activités de contrôle aux frontières par les institutions nationales de défense des droits de l’homme existantes (institutions médiatrices, INDH, mécanismes nationaux de prévention), avec le soutien des organes européens et internationaux (commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, CPT, ECRI, FRA), et en veillant à ce que les fonds de l’Union ne soient pas utilisés pour commettre des violations des droits fondamentaux; invite la Commission et les États membres à respecter le droit international et de l’Union, ainsi que la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et à fournir un cadre général permettant une migration ordonnée et à éviter de pousser les migrants à utiliser des canaux de migration irréguliers;

33. condamne le fait que certains États membres ont adopté des lois, des politiques et des pratiques qui compromettent la protection effective des droits de l’homme des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants, sur terre et en mer; invite la Commission européenne et les États membres à placer les droits de l’homme des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés, ainsi que le principe du partage des responsabilités, au centre de ses politiques de migration et d’asile; exprime sa profonde inquiétude quant à la situation humanitaire dans les zones d’urgence migratoire; demande à la Commission de proposer une solution urgente pour résoudre les cas flagrants de violation des droits de l’homme dans les centres d’accueil de réfugiés et de migrants sur le sol européen;

 

34. souligne que le fait de sauver des vies est une obligation légale en vertu du droit international et du droit de l’Union; condamne les actes d’intimidation, les arrestations et les poursuites pénales engagées dans certains États membres à l’encontre d’organisations de la société civile et de personnes ayant fourni une aide humanitaire aux migrants dont la vie est menacée; invite les États membres à veiller à ce que les actes d’aide humanitaire ne soient pas érigés en infractions pénales, conformément au protocole des Nations unies contre le trafic de migrants;

35. souligne que les migrants sans papiers devraient avoir pleinement accès à leurs droits fondamentaux élémentaires, quel que soit leur statut juridique ou administratif; rappelle que les femmes et les enfants peuvent se voir contraints à subir des rapports sexuels en échange d’une protection ou un soutien de base pour survivre, et que cela est souvent dû à des lacunes dans l’assistance, à des défaillances des systèmes d’enregistrement et du respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, à la séparation de la famille ou à l’absence de moyens sûrs et légaux d’entrer dans l’Union;

36. observe que les enfants représentent près d’un tiers des demandeurs d’asile et qu’ils sont donc particulièrement vulnérables; appelle l’Union et ses États membres à renforcer leurs efforts pour empêcher que les mineurs non accompagnés ne finissent par être victimes de la traite et de l’exploitation sexuelle;

37. réaffirme que la détention d’enfants dans le cadre de l’immigration n’est jamais dans l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément à la déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants; invite l’Union et les États membres à intensifier les actions visant à mettre fin à la détention d’enfants, notamment dans le contexte de la migration dans l’Union, et à élaborer des alternatives à la détention au sein de la communauté, ainsi qu’à donner la priorité à l’intégration, à l’éducation et au soutien psychologique; souligne qu’un enfant non accompagné est avant tout un enfant potentiellement en danger et que la protection des enfants, et non les politiques de migration, doit être le principe moteur des États membres et de l’Union européenne à leur égard, afin d’assurer le respect du principe essentiel de l’intérêt supérieur de l’enfant;

État de droit et lutte contre la corruption

38. rappelle que la corruption représente une menace grave pour la démocratie, l’état de droit et le traitement équitable de l’ensemble des citoyens; attire l’attention sur le lien entre la corruption et les violations des droits fondamentaux dans un certain nombre de domaines tels que l’indépendance du pouvoir judiciaire, la liberté des médias et la liberté d’expression des journalistes et des lanceurs d’alerte, les lieux de détention, l’accès aux droits sociaux ou la traite des êtres humains[56];

39. demande aux institutions de l’Union et aux États membres de combattre résolument la corruption et de concevoir des instruments efficaces de prévention, de lutte et de sanction à l’encontre de la corruption, de lutte contre la fraude et de suivi régulier de l’utilisation des fonds publics; invite la Commission à reprendre sans plus tarder son exercice annuel de suivi de la lutte contre la corruption et la publication d’un rapport à ce sujet, et ce pour les institutions de l’Union comme pour les États membres; demande à tous les États membres de se conformer aux recommandations du GRECO;

40. observe que la corruption est l’un des facteurs les plus propices à l’apparition du crime organisé; condamne fermement l’augmentation de la traite des êtres humains et invite instamment les États membres et les institutions de l’Union à renforcer leur coopération et leurs efforts dans lutte contre la criminalité organisée;

41. réaffirme le soutien du Parlement à la création sans délai d’un Parquet européen indépendant et entièrement opérationnel afin de renforcer la lutte contre la fraude dans l’Union européenne;

42. souligne que l’état de droit est une pierre angulaire de la démocratie, qu’il maintient la séparation des pouvoirs, qu’il garantit la responsabilité, qu’il contribue à la confiance dans les institutions publiques et qu’il garantit les principes de légalité, de sécurité juridique, d’interdiction de l’arbitraire des pouvoirs exécutifs, d’indépendance judiciaire, d’impartialité et d’égalité devant la loi; souligne que l’état de droit et l’indépendance de la justice en particulier sont essentiels pour que les citoyens puissent jouir de leurs droits et libertés fondamentaux; rappelle qu’en vertu de l’article 47 de la charte, le droit fondamental à un recours effectif nécessite l’accès à un tribunal «indépendant»; souligne que l’influence ou le contrôle politique du système judiciaire, ou d’autres formes d’obstacles à l’indépendance des juges individuels, ont souvent eu pour conséquence que le pouvoir judiciaire lui-même n’était pas en mesure de remplir son rôle de contrôle indépendant de l’utilisation arbitraire du pouvoir par les pouvoirs exécutif et législatif; condamne l’utilisation du système judiciaire à des fins politiques qui visent à endommager, délégitimer et faire taire la dissidence politique;

43. rappelle le lien intrinsèque qui existe entre l’état de droit et les droits fondamentaux et la nécessité de renforcer la sensibilisation aux valeurs consacrées à l’article 2 du traité UE et dans la charte en diffusant des informations relatives aux droits des citoyens;

44. condamne fermement les efforts déployés par les gouvernements de certains États membres pour affaiblir la séparation des pouvoirs et l’indépendance du pouvoir judiciaire; exprime sa profonde préoccupation, en particulier en ce qui concerne des décisions qui remettent en question la primauté de la législation européenne, et invite la Commission à avoir recours à tous les moyens disponibles pour lutter contre cette attaque à l’égard des valeurs fondamentales européennes;

45. invite la Commission à réagir en temps utile à toutes les violations de l’article 2 du traité UE, en particulier celles qui touchent aux droits fondamentaux, dans le cadre du cycle d’examen de l’état de droit qu’elle a annoncé; réaffirme la nécessité cruciale d’un mécanisme de l’Union sur la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux, tel que proposé par le Parlement, comprenant un examen annuel indépendant, fondé sur des données factuelles et non discriminatoire, évaluant le respect par tous les États membres de l’article 2 du traité UE; souligne que les violations de l’article 2 du traité UE sapent la confiance mutuelle entre les États membres et rendent la coopération judiciaire transfrontalière intenable;

46. regrette l’absence de progrès au Conseil dans les procédures ouvertes au titre de l’article 7, en dépit des rapports et des déclarations de la Commission, des Nations unies, de l’OSCE et du Conseil de l’Europe faisant état d’une détérioration de la situation dans les États membres concernés; invite le Conseil à prendre en compte la situation des droits fondamentaux, de la démocratie et de l’état de droit lors de ses auditions sur la procédure de l’article 7.1; rappelle que le Parlement européen ne peut être mis à l’écart de ces auditions en cours;

47. invite la Commission et le Conseil à utiliser pleinement tous les instruments à leur disposition pour faire face aux risques de violations graves de l’état de droit et à faire avancer les procédures en cours au titre de l’article 7; souligne que l’inefficacité de l’action de l’Union pour protéger les droits fondamentaux met en danger l’ensemble du droit de l’Union et des droits des citoyens qui en découlent et affaiblit la crédibilité de l’Union;

Conditions pénitentiaires

48. est alarmé devant les conditions de détentions dans certains États membres, qui sont en dessous du minimum acceptable; exhorte les États membres à respecter les règles en matière de détention découlant des instruments de droit international et des normes du Conseil de l’Europe; rappelle que la détention préventive est conçue comme une mesure exceptionnelle, à n’utiliser que dans les cas où elle est strictement nécessaire, proportionnée, d’une durée aussi brève que possible , et regrette l’utilisation abusive permanente de la détention préventive en lieu et place d’autres mesures qui n’impliquent pas la privation de liberté; rappelle que les groupes vulnérables de prisonniers, comme les femmes, les mineurs, les minorités ethniques, les prisonniers LGBTI, ceux ayant des besoins en soins de santé mentale ou les détenus gravement malades, ont des besoins particuliers dont il importe de tenir compte; demande à la Commission d’adopter des normes européennes communes sur les conditions de détention afin de protéger les droits des prisonniers et de promouvoir des normes de détention dans l’Union;

Adhésion de l’UE à la CEDH

49. rappelle l’obligation, énoncée à l’article 6 du traité UE, d’adhérer à la convention européenne des droits de l’homme; demande à la Commission de prendre les mesures nécessaires pour éliminer les obstacles juridiques qui empêchent la conclusion du processus d’adhésion et de présenter un nouveau projet d’accord pour l’adhésion de l’Union à la convention européenne des droits de l’homme; estime que cette adhésion introduirait de nouvelles garanties pour les droits fondamentaux des citoyens et des résidents de l’Union et apporterait un mécanisme supplémentaire pour faire respecter les droits de l’homme, à savoir la possibilité d’introduire un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme contre un acte contraire aux droits de l’homme commis par une institution de l’Union ou un État membre dans l’application du droit de l’Union et relevant de la convention européenne des droits de l’homme;

50. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, ainsi qu’aux parlements nationaux.


 

 

AVIS DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CONSTITUTIONNELLES (3.6.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures</CommissionInt>


<Titre>sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne - rapports annuels 2018 et 2019</Titre>

<DocRef>(2019/2199(INI))</DocRef>

Rapporteur pour avis: <Depute>Antonio Tajani</Depute>

 

 

SUGGESTIONS

La commission des affaires constitutionnelles invite la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1. rappelle que «la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit, ainsi que le respect des droits de l’homme, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités» sont les valeurs sur lesquelles est fondée l’Union européenne, conformément à l’article 2 du traité sur l’Union européenne (traité UE); souligne qu’il n’y a pas de hiérarchie des valeurs de l’Union et que celle-ci devrait garantir la protection de ses valeurs dans leur ensemble étant donné qu’aucune d’entre elles ne peut exister sans les autres;

2. estime que les conclusions et avis de l’agence européenne des droits fondamentaux (FRA) ainsi que la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne constituent une bonne base pour l’interprétation de l’article 2 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et le champ d’application des droits inscrits dans la charte des droits des fondamentaux de l’Union européenne;

3. souligne que l’article 51, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux stipule que les États membres «respectent les droits, observent les principes et en promeuvent l’application»; déplore que, d’après la FRA, certains États membres ne semblent pas faire d’efforts suffisants pour mieux faire connaître ou pour appliquer les dispositions de la charte; souligne qu’une meilleure promotion de la charte est nécessaire afin d’améliorer l’efficacité de ses dispositions et peut-être d’encourager les législateurs et les juges nationaux à y recourir en tant que source positive d’interprétation, y compris dans les cas qui ne relèvent pas nécessairement du champ d’application du droit de l’Union;

4. rappelle que l’Union européenne est fondée sur les valeurs de dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’état de droit et de respect des droits de l’homme; souligne l’importance de garantir, de renforcer et de promouvoir sans réserve ces valeurs à l’échelle de l’Union et dans les États membres; rappelle que les droits de l’homme sont universels et indivisibles;

5. souligne l’importance de garantir le respect total de la charte des droits fondamentaux durant toute la procédure législative; souligne l’importance d’intégrer les droits fondamentaux dans les analyses d’impact effectuées; rappelle que l’application effective et rigoureuse de la législation de l’Union est essentielle pour protéger les valeurs de l’Union et qu’une telle protection est fondamentale au regard de la crédibilité de l’Union dans son ensemble; souligne de même que les gouvernements nationaux devront sensibiliser davantage les citoyens de l’Union afin qu’ils soient pleinement conscients de leurs droits et sachent comment agir en cas de violation;

6. invite les États membres à lancer des initiatives et des mesures fondées sur des données factuelles afin de mieux faire connaître et de mieux appliquer la charte à l’échelon national; invite les États membres à instaurer un contrôle du respect de l’article 51 afin d’évaluer rapidement si une affaire judiciaire ou un dossier législatif pose problème au titre de la charte; estime que le manuel de la FRA sur l’applicabilité de la charte pourrait servir d’inspiration à ce propos;

7. estime nécessaire que les juges, les associations d’avocats et les administrations publiques intensifient les échanges d’informations sur les expériences et les stratégies de recours à la charte au sein des États membres ainsi qu’au-delà des frontières nationales, notamment à l’aide, le cas échéant, des possibilités de financement existants, tels que celles prévues dans le programme «Justice», et considère comme nécessaire d’organiser des programmes de formation ciblés pour les praticiens du droit;

8. se dit résolument favorable à une reprise rapide des négociations d’adhésion de l’Union européenne à la convention européenne des droits de l’homme à la suite de l’avis 2/13 de la Cour de justice de l’Union européenne du 18 décembre 2014[57]; rappelle qu’il importe d’accélérer la procédure d’adhésion afin de renforcer la protection des droits fondamentaux dans l’Union et sa position dans les discussions sur l’état de droit ainsi que de tenir le Parlement informé en permanence conformément à l’article 218, paragraphe 10, du traité FUE; se félicite que deux réunions de négociations avec le Conseil de l’Europe[58] soient déjà programmées dans les mois à venir et invite la Commission à se présenter devant les commissions compétentes du Parlement aux moments politiques les plus importants des négociations;

9. appelle de ses vœux l’adoption d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux, fondé sur ses résolutions antérieures[59], lequel n’établisse pas de hiérarchie entre les valeurs et garantisse une évaluation adéquate de l’état de droit, mais aussi des autres valeurs de l’Union, y compris un large éventail de droits fondamentaux;

10. souligne qu’un système judiciaire indépendant est le principe fondamental de l’état de droit et du droit à une protection juridictionnelle effective[60]; recommande d’abandonner l’approche actuelle consistant à régler les affaires relatives à l’état de droit dans un pays de manière ponctuelle et demande la mise en place de critères et d’évaluations contextuelles permettant aux États membres d’identifier et de régler tout problème éventuel lié à l’état de droit de façon régulière et comparative; invite les États membres à toujours être prêts à défendre l’état de droit; encourage la mise en place d’une culture commune de l'état de droit dans les 27 États membres ainsi que dans les institutions de l'Union grâce à l'utilisation de définitions, de normes et de critères communs afin de définir le concept d'«état de droit» et de trouver un moyen de s'assurer de son bon fonctionnement; souligne que les principes de l’état de droit s’appliquent non seulement à la qualité des processus législatifs, mais également à l’application de fait et non discriminatoire de la législation en vigueur; estime en outre que des évaluations périodiques par des experts indépendants seraient utiles, car elles permettraient à la Commission de déterminer s'il est nécessaire d'engager des procédures d'infraction de façon plus cohérente;

11. souligne qu’il existe d’autres instruments internationaux permettant d’introduire de nouvelles garanties pour les droits fondamentaux des citoyens et des résidents de l’Union, comme la convention d’Istanbul et la charte sociale européenne; demande instamment au Conseil d’achever la ratification de la convention d’Istanbul par l’Union européenne et invite la Commission à prendre les mesures nécessaires en vue de l’adhésion de l’Union européenne à la charte sociale européenne;

12. rappelle l’importance de renforcer les droits de l’homme et de l’enfant dans tous les États membres, lesquels doivent être tenus responsables de toute violation de ces droits constatée sur leur territoire;

13. rappelle que, dans le cadre de la conférence prochaine sur l’avenir de l’Europe, certaines priorités politiques pourraient être définies à l’avance, mais de manière non exhaustive, comme les valeurs européennes ou les libertés et droits fondamentaux[61]; se félicite que la protection des valeurs européennes et, en particulier, des droits et libertés fondamentaux des citoyens de l'Union figure parmi les six priorités politiques de la Commission européenne ainsi que dans le programme stratégique du Conseil européen pour 2019-2024 étant donné qu’il s'agit certainement d’un sujet de débat cher aux citoyens; estime qu’il importe que l'adoption de nouveaux mécanismes de protection des valeurs européennes, y compris des libertés et des droits fondamentaux, ainsi que des mécanismes de sanction prévus à l’article 7, paragraphe 3, du traité UE soit discutée pendant la conférence;

14. réaffirme la nécessité de prendre des mesures garantissant que la voix des citoyens de l’Union est prise en compte dans les décisions sur l’avenir de l’Europe et de mettre en place une véritable consultation ouverte, globale et démocratique s’adressant à tous les citoyens dans toutes les régions et les villes de l’Union; souligne que l'Union doit continuer à interagir directement avec ses citoyens après la conférence afin d'établir un mécanisme de dialogue permanent;

15. suggère que la conférence sur l’avenir de l’Europe examine la possibilité d’étendre la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne à tous les aspects du droit de l’Union, conformément au principe de la séparation des pouvoirs;

16. rappelle que la proposition de règlement relatif à la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre permettrait d’introduire des sanctions à l’encontre des États membres dont le non-respect de l’état de droit met en péril la bonne exécution du budget de l’Union et les intérêts financiers de l’Union européenne; souligne toutefois qu’il y a lieu de modifier le traité UE afin de renforcer les mécanismes généraux de sanction prévus à l’article 7, paragraphe 3;

17. souligne qu'il importe de garantir, dans tous les États membres, une protection efficace et cohérente de l'état de droit et la prévention de violations des droits fondamentaux; reconnaît que l'état de droit joue un rôle essentiel dans la prévention des violations des droits fondamentaux; rappelle que les droits fondamentaux font partie intégrante des valeurs de l'Union et que l'article 7 du traité UE prévoit un mécanisme qui permet de réagir à toute violation grave et persistante ou tout risque manifeste de violation grave par un État membre des valeurs visées à l'article 2 du traité UE; souligne que l'article 7 devrait s'appliquer uniformément à tous les États membres afin d'assurer l'égalité de traitement;

18. rappelle que le principal obstacle à l'application de l'article 7, paragraphe 2, du traité UE en tant que mécanisme de dernier recours pour la protection des valeurs de l’Union est le fait que l'unanimité soit requise au Conseil; constate qu’un tel seuil est particulièrement difficile à atteindre au sein d’un organe où les considérations politiques jouent un rôle de premier plan et que, par conséquent, ce mécanisme n'a pas encore été exploité de manière optimale;

19. suggère que, parmi les critères d'adhésion de nouveaux États membres, le respect de l’état de droit ne devrait pas être une simple condition préalable à l’adhésion, mais un critère contraignant et exécutoire destiné à surveiller ce respect par les États membres dès lors qu’ils sont entrés dans l’Union[62];

20. souligne que l’Union doit exploiter plus systématiquement les clauses spécifiques prévues dans les traités qui permettraient de renforcer la protection des droits fondamentaux; demande à cet égard d'activer dès que possible les dispositions inscrites à l'article 83, paragraphe 1, du traité FUE afin d'inclure les violences sexistes dans le catalogue des crimes reconnus par l'Union européenne;

21. se félicite que la Commission ait annoncé dans son programme de travail pour 2020 une nouvelle stratégie d’application de la charte des droits fondamentaux; espère qu’elle privilégiera la sensibilisation au niveau national;

22. souligne que le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne affectera les droits de citoyens énoncés à la deuxième partie du traité FUE et au titre V de la charte des droits fondamentaux; souligne qu’un contrôle conjoint du Parlement européen et du Parlement britannique sur la mise en œuvre et l’application de l’accord de retrait serait bénéfique, et accueillerait favorablement la mise en place de structures communes à cette fin[63]; se félicite que, dans les cinq premières années suivant l’entrée en vigueur de l’accord de retrait, la Commission doive chaque année rendre compte au Parlement européen et au Conseil de la mise en œuvre et de l’application de l’accord, en particulier de la deuxième partie (droits des citoyens); espère que la Commission continuera à présenter des rapports sur la deuxième partie de l’accord, même au-delà de cette échéance.


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION
PAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

26.5.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

22

3

2

Membres présents au moment du vote final

Gerolf Annemans, Gabriele Bischoff, Geert Bourgeois, Fabio Massimo Castaldo, Leila Chaibi, Włodzimierz Cimoszewicz, Pascal Durand, Daniel Freund, Charles Goerens, Esteban González Pons, Sandro Gozi, Maria Grapini, Brice Hortefeux, Paulo Rangel, Antonio Maria Rinaldi, Domènec Ruiz Devesa, Helmut Scholz, Pedro Silva Pereira, Antonio Tajani, László Trócsányi, Guy Verhofstadt, Loránt Vincze, Rainer Wieland

Suppléants présents au moment du vote final

François Alfonsi, Brando Benifei, Jorge Buxadé Villalba, Markéta Gregorová

 


 

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL
EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

22

+

GUE/NGL

Leila Chaibi, Helmut Scholz

NI

Fabio Massimo Castaldo

PPE

Esteban González Pons, Paulo Rangel, Antonio Tajani, László Trócsányi, Loránt Vincze, Rainer Wieland

RENEW

Pascal Durand, Charles Goerens, Sandro Gozi, Guy Verhofstadt

S&D

Brando Benifei, Gabriele Bischoff, Włodzimierz Cimoszewicz, Maria Grapini, Domènec Ruiz Devesa, Pedro Silva Pereira

VERTS/ALE

François Alfonsi, Daniel Freund, Markéta Gregorová

 

 

 

3

-

ECR

Jorge Buxadé Villalba

ID

Gerolf Annemans, Antonio Maria Rinaldi

 

 

 

2

0

ECR

Geert Bourgeois

PPE

Brice Hortefeux

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 


 

 

 

AVIS DE LA COMMISSION DES PÉTITIONS (7.9.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures</CommissionInt>


<Titre>sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne - rapports annuels 2018 et 2019</Titre>

<DocRef>(2019/2199(INI))</DocRef>

Rapporteure pour avis: <Depute>Yana Toom</Depute>

 

 

SUGGESTIONS

La commission des pétitions invite la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1. souligne qu’il est important que les États membres et les juridictions nationales se réfèrent à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après dénommée «la charte»), qui appartient au droit primaire de l’Union[64], et qu’il en soit tenu compte dans les procédures législatives lorsqu’elles mettent en œuvre le droit de l’Union; regrette que les États membres appliquent de manière inégale les dispositions de la charte, notamment son article 51, ce qui risque d’affaiblir le projet européen et de saper la démocratie au sein de l’Union; prie instamment la Commission de veiller à ce que la charte soit respectée et appliquée, en recourant à tous les instruments juridiques existants; rappelle que les attentes des citoyens de l’Union en ce qui concerne la protection de leurs droits fondamentaux, comme en témoignent les pétitions, dépassent le champ d’application de la charte; estime qu’une meilleure promotion de la charte est nécessaire, notamment grâce à des campagnes ciblées dans les États membres comme sur la scène internationale, afin d’améliorer l’efficacité de ses dispositions et d’encourager à y recourir en tant que source positive d’interprétation, y compris dans les cas qui ne relèvent pas du champ d’application du droit de l’Union; incite, en ce sens, les parlements nationaux à garantir les normes les plus élevées en matière de protection des droits fondamentaux lors de la rédaction des textes législatifs; estime que l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) peut, si elle est consultée, apporter un précieux soutien aux États membres à cet égard;

2. insiste sur la nécessité de modifier éventuellement les traités en vue d’encore renforcer, pour les citoyens de l’Union, la protection de leurs droits fondamentaux consacrés par les traités de l’Union;

3. rappelle à la Commission son devoir institutionnel d’examiner les plaintes des citoyens concernant d’éventuelles violations des droits fondamentaux au sein des États membres;

4. invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les citoyens et les résidents de l’Union soient informés de leur droit de pétition devant le Parlement européen et de leur droit de recours au Médiateur en tant que moyens leur permettant de défendre leurs droits et de signaler des violations, conformément à l’article 44 de la charte et à l’article 227 du traité FUE;

5. met l’accent sur la nécessité d’améliorer le rôle des pétitions dans le cadre du dialogue et des interactions avec les citoyens de l’Union en ce qui concerne les cas de mauvaise administration dans l’action des institutions, organes ou organismes de l’Union européenne; rappelle que les pétitions sont généralement les premiers indicateurs des violations des droits fondamentaux dans les États membres;


6. estime que la lutte de l’Union contre le racisme, la xénophobie et les autres formes d’intolérance devrait commencer par une communication claire et des échanges officiels d’informations correctes; est d’avis que les discours de haine et la xénophobie ne devraient pas avoir leur place dans la vie sociale, y compris les manifestations sportives; s’inquiète en particulier pour les personnes appartenant à des groupes vulnérables, qui sont souvent prises pour cibles; invite la Commission à recueillir systématiquement des données dans ce domaine et à faciliter la production de réponses juridiques et politiques efficaces et fondées sur des éléments probants; relève avec inquiétude qu’un certain nombre d’États membres ont appliqué de manière incomplète ou inadéquate la décision-cadre du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal[65] et ses normes minimales relatives aux infractions d’apologie, de négation ou de banalisation grossière de certains crimes; demande aux États membres de veiller à ce que chaque cas supposé de crime haineux ou de discours de haine fasse véritablement l’objet d’un signalement et d’une procédure conforme au droit national et européen;

7. demande à la Commission de proposer une solution urgente pour résoudre les cas flagrants de violation des droits de l’homme des réfugiés et des migrants commises dans les centres d’accueil situés sur le sol européen;

8. souligne que l’indépendance de la justice, l’accès à la justice, la liberté d’expression, le libre accès à l’information, la liberté de recevoir et de communiquer des informations ainsi que le pluralisme des médias jouent un rôle essentiel dans un État de droit; prie la Commission de faire respecter ces valeurs fondamentales de l’Union lorsque les États membres les bafouent; insiste sur le rôle fondamental que l’éducation joue pour développer la capacité à analyser les messages des médias; souligne de manière générale qu’il est urgent de prendre des mesures efficaces pour lutter contre la désinformation et les fausses nouvelles, afin de garantir le fonctionnement normal des médias dans une société démocratique; se déclare vivement préoccupé par les lacunes dans l’accès à la justice, les droits de la défense et le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire dans certains États membres, phénomènes qui découlent d’un affaiblissement de l’état de droit ouvrant la voie à l’impunité et aux injustices; invite la Commission à continuer de développer un mécanisme approfondi en vue d’une évaluation impartiale et régulière de la situation de l’état de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux dans tous les États membres; suggère à la Commission de créer un organe de surveillance européen chargé de contrôler le respect de l’état de droit dans les États membres;

9. prie les institutions de l’Union et les États membres de rendre plus efficaces les instruments de coopération judiciaire de l’Union, en particulier le mandat d’arrêt européen, et de veiller à ce que toutes les victimes de la criminalité connaissent leurs droits et aient accès à des services d’aide adéquats, conformément à la directive concernant les droits des victimes[66];

10. demande aux institutions de l’Union et aux États membres de mettre en place des mécanismes juridiques visant à criminaliser la glorification d’actes terroristes et de crimes contre l’humanité spécifiques, car celle-ci humilie les victimes et occasionne un préjudice secondaire à leur encontre en portant atteinte à leur dignité et à leur rétablissement;

11. invite la Commission et les États membres à mieux appliquer les principes du socle européen des droits sociaux, considéré comme le fondement des efforts visant à améliorer l’Union pour ses citoyens et ses résidents, et leur suggère, si cela se révèle pertinent, de prendre des mesures législatives en vue de protéger les droits sociaux à l’échelle européenne et nationale, notamment l’accès universel à une éducation de qualité qui ne laisse personne de côté, l’apprentissage tout au long de la vie, l’intégration sociale et professionnelle, y compris des personnes handicapées, de meilleures conditions de travail et de meilleurs services sociaux, tels que définis par le socle européen des droits sociaux; prie instamment la Commission et les États membres d’accroître leur participation dans les mécanismes de suivi visant à assurer l’intégration sociale des personnes handicapées, comme le prévoit l’article 26 de la charte, ainsi que d’améliorer la transparence de ces mécanismes; rappelle qu’il importe de continuer à développer toutes les dimensions nécessaires du cadre de l’Union pour la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées; souligne l’importance d’un soutien de proximité adéquat pour les personnes handicapées et insiste donc pour que les fonds correspondants de l’Union ciblent exclusivement les initiatives allant dans ce sens, en évitant toute approche institutionnalisée;

12. invite tous les États membres qui ne sont pas encore parties au protocole facultatif à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées à ratifier pleinement ce protocole en vue de permettre les communications présentées par des particuliers ou au nom de particuliers; demande au Conseil de prendre les mesures nécessaires pour assurer l’adhésion de l’Union au protocole facultatif;

13. invite les États membres à garantir le droit à l’éducation à tous les enfants de l’Union, à veiller au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant et à protéger les enfants contre toute discrimination; souligne que les systèmes éducatifs proposant des programmes d’immersion linguistique peuvent compromettre l’apprentissage, notamment pour les enfants présentant un handicap se traduisant par des problèmes du développement du langage, comme les troubles du spectre autistique (TSA);

14. relève que de nombreuses pétitions dénoncent l’utilisation abusive de contrats à durée déterminée, y compris dans le secteur public; déplore vivement l’existence de ces pratiques et les juge contraires aux articles 30 et 31 de la charte, portant respectivement sur la protection contre le licenciement et sur des conditions de travail équitables;

15. estime qu’il convient de prêter une attention particulière au droit fondamental à la protection de la santé, proclamé à l’article 35 de la charte, et aux implications particulières pour les personnes atteintes d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique; souligne qu’il est essentiel de prévoir un financement suffisant de la recherche au niveau de l’Union afin de mieux comprendre les causes et les facteurs déclenchants de l’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique et des maladies rares;

16. rappelle la nécessité de mettre en œuvre, au niveau de l’Union, le pilier de la convention d’Aarhus qu’est l’accès à la justice en matière d’environnement, afin de créer un cadre adéquat et des mécanismes efficaces permettant à la société civile de jouer un rôle accru dans sa mission de protection de l’environnement, dans le respect de l’esprit de l’article 37 de la charte;

17. insiste sur la nécessité de garanties modernes du respect de la vie privée et de la protection des données, à la lumière du développement des nouvelles technologies; remarque qu’il convient de tenir compte non seulement des implications éthiques des nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées, mais également des droits fondamentaux des utilisateurs; salue les efforts déployés par la Commission pour fournir un cadre juridique approprié aux technologies de l’IA; prie instamment la Commission, dans le contexte de la mise en place des réseaux 5G et des infrastructures correspondantes, de garantir le plus haut niveau de protection des droits des citoyens, conformément au droit de l’Union en matière de protection des données; invite la Commission à fournir des orientations, notamment des normes éthiques et des règles communes en matière de transparence, ainsi qu’à établir des exigences communes en ce qui concerne les analyses de l’incidence sur les droits fondamentaux;

18. souligne qu’il y a lieu de renforcer la législation au niveau européen pour protéger les citoyens contre les infractions liées aux nouvelles technologies qui pourraient porter atteinte à leurs droits fondamentaux; souhaite que les organisations de la société civile pertinentes participent au suivi des règles en matière de protection des données, et qu’elles puissent déposer des plaintes auprès des autorités nationales chargées de la protection des données en cas de violation de cette dernière; observe que, indépendamment du cadre juridique en la matière, il est également nécessaire d’informer le public des dernières évolutions numériques, de manière à garantir la protection efficace de leur droit au respect de leur vie privée; souligne en particulier la nécessité d’initiatives ciblées et innovantes et de documents d’orientation à destination des professionnels, notamment des professionnels de santé;

19. rappelle que le cadre juridique de l’Union en vigueur offre une protection contre la discrimination fondée sur le sexe et l’origine raciale ou ethnique, tandis que les autres formes de discrimination ne sont couvertes que dans le cadre de l’emploi et du travail; souligne l’abondance de preuves démontrant l’existence de discriminations fondées sur différents motifs dans des domaines tels que l’éducation, la protection sociale et l’accès aux biens et aux services, notamment au logement, et déplore l’impasse dans laquelle se trouve l’adoption de la directive sur l’égalité de traitement;

20. demande à la FRA de s’engager en faveur de l’égalité des chances et de faire du code d’éthique de l’Union une déclaration de principes qui tiennent compte de l’évolution des technologies et des pratiques de développement;

21. souligne que la violence à caractère sexiste demeure une infraction grave et inacceptable; invite le Conseil à finaliser d’urgence la ratification par l’Union de la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, sur la base d’une large adhésion et sans aucune restriction; encourage également les États membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier et à appliquer cette convention; encourage les États membres qui n’ont pas mis en œuvre cette convention à le faire; salue en particulier le travail accompli par le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) pour suivre l’application de cette convention; demande à la Commission de réexaminer les dispositions d’exécution, en tenant compte des effets secondaires de la violence à caractère sexiste, et de veiller à ce que les décideurs politiques nationaux et européens aient accès à des données statistiques à l’échelle de l’Union sur la violence à l’égard des femmes;

22. est préoccupé par le nombre de pétitions soulignant des cas de discrimination à l’encontre de personnes qui exercent leurs droits fondamentaux, en particulier dans le domaine du droit à la non-discrimination, des droits linguistiques, des droits des minorités et du droit à la propriété; remarque que le respect de la diversité constitue l’un des principes fondateurs de l’Union et rappelle l’obligation de respecter la diversité culturelle, religieuse et linguistique, telle que consacrée à l’article 22 de la charte; souligne qu’afin de préserver cette diversité, il y a lieu de promouvoir des actions de soutien à la fois au niveau des États membres et de l’Union; estime que le renforcement de l’action en faveur de l’usage des langues régionales et minoritaires représente une manière de lutter contre la discrimination linguistique; met en particulier l’accent sur l’importance du droit à l’éducation dans les langues minoritaires; relève avec inquiétude que certains résidents de longue durée, malgré les liens réels qu’ils ont avec l’Union européenne, voient leur liberté de circulation limitée et ne bénéficient pas d’une protection contre les discriminations; se félicite à cet égard de l’initiative citoyenne européenne sur le «Minority SafePack»; invite la Commission à proposer des instruments juridiques pour mettre en œuvre les recommandations du «Minority SafePack»;

23. souligne la nécessité de respecter les dispositions de l’article 24 de la charte, qui porte sur les droits fondamentaux de l’enfant, et en particulier la notion selon laquelle l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale dans toute action des autorités publiques, par exemple dans les décisions relatives aux différends transfrontaliers concernant la garde d’enfants; rappelle également, à cet égard, le droit fondamental de l’enfant d’être entendu, ainsi que le droit, en principe, de rester en contact avec les deux parents, à moins que cela ne soit manifestement contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant, et dans leur propre langue, de sorte que les différentes racines culturelles de l’enfant soient préservées;

24. appelle de ses vœux une action concertée de l’Union dans le domaine de la protection de l’enfant au niveau européen et international; souligne la nécessité d’intensifier la coopération transfrontalière entre les États membres et les institutions de l’Union en vue de trouver rapidement des solutions appropriées dans les affaires d’enlèvement d’enfant; estime que l’Union a un rôle à jouer, y compris au niveau international, dans la promotion des droits de l’enfant;

25. préconise de mettre à jour les compétences du Médiateur européen, comme l’a suggéré le Parlement européen dans sa récente proposition législative relative à une révision du statut du Médiateur européen[67], de manière à renforcer les droits fondamentaux conférés par les articles 42 et 43 de la charte, portant respectivement sur le droit d’accès aux documents et le droit de saisir le Médiateur européen; rappelle que ce nouveau règlement concernant le statut et les conditions générales d’exercice des fonctions du Médiateur, adopté par le Parlement, est encore en attente de l’approbation du Conseil.


INFORMATIONS SUR L’ADOPTION
PAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

7.9.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

26

4

4

Membres présents au moment du vote final

Alex Agius Saliba, Andris Ameriks, Marc Angel, Andrus Ansip, Jordan Bardella, Alexander Bernhuber, Markus Buchheit, Ryszard Czarnecki, Eleonora Evi, Agnès Evren, Gheorghe Falcă, Emmanouil Fragkos, Mario Furore, Gianna Gancia, Ibán García Del Blanco, Alexis Georgoulis, Peter Jahr, Radan Kanev, Stelios Kympouropoulos, Cristina Maestre Martín De Almagro, Dolors Montserrat, Frédérique Ries, Alfred Sant, Monica Semedo, Massimiliano Smeriglio, Yana Toom, Loránt Vincze, Thomas Waitz, Stefania Zambelli, Tatjana Ždanoka, Kosma Złotowski

Suppléants présents au moment du vote final

Pernando Barrena Arza, Ádám Kósa, Marie-Pierre Vedrenne

 


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

26

+

PPE

Alexander Bernhuber, Agnès Evren, Gheorghe Falcă, Peter Jahr, Radan Kanev, Stelios Kympouropoulos, Ádám Kósa, Dolors Montserrat, Loránt Vincze

S&D

Alex Agius Saliba, Andris Ameriks, Marc Angel, Ibán García Del Blanco, Cristina Maestre Martín De Almagro, Alfred Sant, Massimiliano Smeriglio

Renew

Frédérique Ries, Monica Semedo, Yana Toom, Marie-Pierre Vedrenne

Verts/ALE

Thomas Waitz, Tatjana Ždanoka

GUE/NGL

Pernando Barrena Arza, Alexis Georgoulis

NI

Eleonora Evi, Mario Furore

 

4

-

Renew

Andrus Ansip

ECR

Ryszard Czarnecki, Emmanouil Fragkos, Kosma Złotowski

 

4

0

ID

Jordan Bardella, Markus Buchheit, Gianna Gancia, Stefania Zambelli

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

 


 

 

 

POSITION SOUS FORME D’AMENDEMENTS DE LA COMMISSION DES DROITS DES FEMMES ET DE L’ÉGALITÉ DES GENRES (4.3.2020)

<CommissionInt>à l’intention de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures</CommissionInt>


<Titre>sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne - rapports annuels 2018 et 2019</Titre>

<DocRef>(2019/2199(INI))</DocRef>

Pour la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres: <Depute>Samira Rafaela</Depute> (rapporteure)

 

AMENDEMENTS

La commission des droits des femmes et de l’égalité des genres présente à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, compétente au fond, les amendements suivants:

<RepeatBlock-Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>1</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 5 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>2</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 5 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>3</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 5 quater (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>4</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 5 quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>5</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 5 sexies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la convention relative aux droits de l’enfant (CNUDE),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>6</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 6 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu le programme des Nations unies à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable (ODD),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>7</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 6 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>8</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 8 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la convention européenne des droits de l’homme,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>9</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Visa 21 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu l’indice d’égalité de genre 2018 et 2019 de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) et son rapport intitulé «Beijing +25: The 5th Review of the Implementation of the Beijing Platform for Action in the EU Member States» (Beijing+25: Cinquième bilan de la mise en œuvre du programme d’action de Beijing dans les États membres de l’UE),

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>10</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 27 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu sa résolution du 13 février 2019 sur le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes dans l’Union1,

______________

1 Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0111.

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>11</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 34 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu la recommandation (UE) 2018/951 de la Commission relative aux normes applicables aux organismes pour l’égalité de traitement,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>12</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 34 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu le rapport annuel 2018 de la Commission sur la liste d’actions visant à promouvoir l’égalité pour les personnes LGBTI,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>13</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Visa 38 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

- vu le document thématique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes en Europe (2017) du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe,

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>14</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A bis. considérant que les droits des femmes font partie des droits humains et qu’ils sont à ce titre universels, et qu’ils doivent être respectés et promus dans tous les États membres;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>15</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A ter. considérant que le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes est souvent lié à une détérioration plus large de la situation de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux; que les droits des femmes devraient dès lors être inclus dans le mécanisme de protection de l’état de droit dans le prochain cadre financier pluriannuel; que les hommes et les femmes devraient unir leurs forces pour lutter contre ce recul, favoriser la progression de l’égalité hommes-femmes et faire progresser les droits des femmes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>16</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A quater (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A quater. considérant que trop peu de progrès ont été accomplis en matière de droits fondamentaux, y compris de droits des femmes, et en particulier dans les domaines essentiels des cadres institutionnels et d’action pour l’égalité hommes-femmes; que l’on observe un recul organisé et inquiétant des droits des femmes et des personnes LGBTI+ dans certains États membres ces dernières années, des mouvements hostiles à l’égalité des genres s’efforçant de limiter les soins de santé génésique et sexuelle et les droits connexes, y compris en refusant l’accès aux formes modernes de contraception et en introduisant des conditions régressives pour l’accès à l’avortement, en tentant d’interdire totalement l’avortement, de limiter l’égalité pour les personnes LGBTI+, d’interdire l’éducation sexuelle et les études de genre et de promouvoir des campagnes hostiles à la convention d’Istanbul qui nient l’existence de la violence sexiste;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>17</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A quinquies. considérant que la violence sexiste sous toutes ses formes (y compris le harcèlement et la violence sur le lieu de travail, au foyer et en ligne) constitue une violation des droits fondamentaux qui affecte tous les niveaux de la société, indépendamment de l’âge, de l’éducation, du niveau de revenu, de la position sociale et du pays d’origine ou de résidence, et qu’elle représente un obstacle majeur à l’égalité entre femmes et hommes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>18</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A sexies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A sexies. considérant que les femmes, et en particulier les femmes handicapées, les migrantes, les femmes issues de minorités ethniques, les femmes non blanches, les femmes roms, les femmes âgées, les femmes ayant un faible niveau d’éducation, les femmes ayant des problèmes de santé, ainsi que les femmes LGBTI+, sont plus souvent victimes de formes multiples et intersectionnelles de discrimination;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>19</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A septies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A septies. considérant que 11 États membres ne fournissent pas de données sur les cas de femmes victimes d’homicide volontaire perpétré par un partenaire intime ou un membre de leur famille; que, d’après les données des 17 autres États membres de l’Union, 788 femmes ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille en 20162;

______________

2 https://eige.europa.eu/sites/default/files/documents/20190390_mh0419039enn_pdf.pdf

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>20</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A octies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A octies. considérant que l’article 8 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne consacre le principe d’égalité entre les hommes et les femmes en disposant que, «pour toutes ses actions, l’Union cherche à éliminer les inégalités, et à promouvoir l’égalité, entre les hommes et les femmes»;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>21</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A nonies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A nonies. considérant que l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de l’Union; que l’égalité de traitement et la non-discrimination sont des droits fondamentaux inscrits dans les traités, qui devraient s’appliquer aussi bien dans la législation, la pratique et la jurisprudence que dans la vie quotidienne;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>22</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A decies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A decies. considérant que l’article 13 du traité d’Amsterdam fournit à l’Union européenne la base juridique lui permettant de combattre toute discrimination fondée sur la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>23</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A undecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A undecies. considérant que l’Union a déjà mis en place un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, qui lui permet de lutter contre la discrimination fondée sur la religion ou les convictions, l’âge, un handicap et l’orientation sexuelle sur le marché du travail; que des mesures antidiscrimination similaires devraient également être mises en place de toute urgence en dehors du marché du travail;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>24</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Considérant A duodecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A duodecies. considérant que les femmes restent sous-représentées et victimes de discrimination sur le marché du travail, en particulier aux postes à responsabilités, tandis qu’elles sont surreprésentées dans les secteurs peu rémunérés tels que l’aide sociale, les soins à la personne et l’éducation, et qu’elles consacrent davantage de temps que les hommes au travail domestique et aux soins gratuits, puisque 80 % de tous les soins prestés dans l’Union le sont par des aidants informels non rémunérés et que 75 % de ces aidants sont des femmes; que l’on observe encore une forte ségrégation professionnelle dans nos sociétés entre les rôles et les emplois des femmes et ceux des hommes, ce qui a des conséquences négatives sur l’égalité de revenu entre hommes et femmes et sur le développement de la société; que des mesures spéciales sont nécessaires pour aider les femmes, en particulier les femmes revenant sur le marché de l’emploi après une longue interruption de carrière, à renforcer leur potentiel sur le marché du travail;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>25</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A terdecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A terdecies. considérant qu’une femme gagne en moyenne 84 centimes quand un homme gagne un euro, d’où un écart de revenu entre hommes et femmes de 16 %; que l’écart de niveau de pension entre hommes et femmes est de 35 %3;

_______________

3 https://eige.europa.eu/sites/default/files/documents/20190390_mh0419039enn_pdf.pdf

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>26</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A quaterdecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A quaterdecies. considérant que le secteur numérique est un exemple de domaine mieux rémunéré et bénéficiant d’un fort impact sociétal; que seuls 17 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication sont des femmes; que les femmes sont sous-représentées à de nombreux niveaux en Europe, comme dans les start-up, le secteur de l’innovation, et parmi les bénéficiaires de capital-risque;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>27</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant A quindecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

A quindecies. considérant que, d’après les constatations de l’Agence des droits fondamentaux (FRA) dans son rapport 2019 sur les droits fondamentaux, ses enquêtes et diverses études nationales, des discriminations et des inégalités à différents niveaux persistent dans la vie quotidienne dans toute l’Union européenne; que ces constatations montrent également systématiquement que les personnes qui sont victimes de discriminations ne les signalent que rarement; que les organes nationaux chargés de l’égalité ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de l’égalité de traitement et la fourniture d’une aide aux victimes de discrimination;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>28</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant C bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

C bis. considérant que, d’après l’indice d’égalité de genre 2019, la représentation politique des femmes au niveau ministériel dans l’Union européenne reste inférieure d’un tiers à celle des hommes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>29</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Considérant F bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

F bis. considérant que, d’après l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, les femmes constituaient, en 2018, 18 % des personnes franchissant illégalement les frontières extérieures de l’Union, et que près d’un migrant sur cinq était un enfant, 3 750 étant non accompagnés; que ces femmes et ces enfants sont particulièrement exposés aux risques d’atteinte à leurs droits fondamentaux, comme la traite d’êtres humains;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>30</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 1 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

1 bis. demande instamment au Conseil de débloquer les négociations portant sur la directive relative à la présence des femmes dans les conseils d’administration afin de s’attaquer au déséquilibre considérable entre les femmes et les hommes au plus haut niveau décisionnel de l’économie, établissant ainsi les conditions permettant aux femmes de pouvoir bénéficier de tous leurs droits sociaux et économiques; salue l’engagement pris par la présidente de la Commission dans ses orientations politiques de constituer une majorité pour débloquer cette directive;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>31</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 2 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

2 bis. relève que le suivi, par la Commission, de la mise en œuvre de la directive 2006/54/CE relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité des chances et de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d’emploi et de travail, en ce qui concerne l’élimination de l’écart de rémunération entre hommes et femmes, n’a pas été efficace, et demande la pleine mise en œuvre de la directive ainsi que sa révision, et l’ajout d’une obligation faite aux entreprises d’élaborer des plans d’égalité des genres;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>32</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 2 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

2 ter. souligne que l’inégalité de rémunération entre hommes et femmes dans les États membres a une incidence sur les droits fondamentaux des femmes; réaffirme l’importance du principe «à travail égal, salaire égal» pour toutes les politiques relatives au marché du travail, consacré à l’article 157 du traité FUE;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>33</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 2 quater (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

2 quater. prie instamment la Commission de présenter au Conseil pour approbation un programme européen des aidants, en vue de recenser et de reconnaître les différents types de soins informels dispensés en Europe, et de garantir un soutien financier aux aidants, ce qui renforcera les droits des femmes à l’emploi;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>34</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 2 quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

2 quinquies. demande aux États membres de soutenir la mise en œuvre de la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée puisqu’elle renforce le principe d’égalité dans de nombreux domaines, tels que l’emploi et le travail;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>35</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 quinquies. souligne que d’après l’indice d’égalité de genre 2019, les inégalités entre hommes et femmes sont les plus préoccupantes dans les sphères du pouvoir; relève une tendance générale à l’amélioration de la représentation des femmes dans les États membres qui ont adopté des quotas juridiquement contraignants de femmes parmi les candidats; s’engage à encourager la participation des femmes au processus électoral en inscrivant la parité obligatoire pour les listes dans la prochaine révision de l’Acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>36</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 sexies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 sexies. relève qu’il existe des différences significatives au sein de l’Union européenne en ce qui concerne les mandats, les compétences et les ressources dont disposent les organes chargés de l’égalité créés par les États membres conformément aux directives sur l’égalité; invite les États membres à veiller à ce que ces organes soient en mesure d’exécuter efficacement et en toute indépendance les missions qui leur sont assignées en tenant dûment compte de la recommandation de la Commission;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>37</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 septies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 septies. demande au Conseil de débloquer de toute urgence la proposition de directive sur l’égalité de traitement après 10 années d’impasse afin de résoudre le déficit actuel de protection dans le cadre juridique de l’Union pour l’interdiction de la discrimination fondée sur l’âge, un handicap, la religion ou les convictions, ou l’orientation sexuelle; demande au Conseil d’appliquer, de manière attentive à la question du genre, le principe d’égalité de traitement entre les personnes dans des domaines essentiels tels que la protection sociale, l’éducation et l’accès aux biens et aux services, et de veiller à ce que l’Union n’instaure pas de hiérarchie artificielle des motifs;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>38</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 octies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 octies. souligne que les effets du changement climatique affectent l’ensemble de la société, mais surtout les femmes et les groupes se trouvant dans une situation de vulnérabilité ou de précarité, en accroissant les inégalités et en réduisant la capacité de ces personnes à exercer leurs droits fondamentaux;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>39</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 nonies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 nonies. déplore la persistance d’écarts de rémunération et de pension entre hommes et femmes, ces écarts s’élevant respectivement à 16 % et 35 % d’après les données les plus récentes; souligne que ces chiffres reflètent le maintien des inégalités dans le domaine du travail;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>40</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 decies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 decies. salue l’engagement pris par la présidente de la Commission ainsi que par la commissaire chargée de l’égalité de présenter des propositions pour intégrer des mesures contraignantes en matière de transparence des rémunérations au cours des 100 premiers jours du mandat de la Commission; estime que la directive à venir devrait comprendre des politiques coercitives strictes et des sanctions destinées à ceux qui manquent à leurs obligations et s’appliquer aussi bien au secteur privé qu’au secteur public, ainsi qu’aux trains de mesures sur la rémunération dans leur ensemble; demande à la Commission de mettre en place des mesures concrètes, en s’appuyant sur sa recommandation de 2014, telles que a) une définition claire des critères d’évaluation de la valeur d’un travail, b) des systèmes d’évaluation et de classification des fonctions qui soient neutres du point de vue du genre, c) des audits et des rapports obligatoires relatifs aux rémunérations des hommes et des femmes pour garantir l’égalité des salaires, d) le droit des travailleurs à obtenir des informations complètes relatives aux rémunérations et le droit de recours, et e) des objectifs clairs relatifs à la performance des entreprises en matière d’égalité;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>41</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 undecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 undecies. déplore que, d’après l’EIGE, les progrès en matière d’égalité hommes-femmes se fassent «au ralenti», et que la note de l’Union dans le domaine de l’égalité hommes-femmes n’ait progressé que d’un point depuis 2017; prend acte que de nombreux domaines ne connaissent aucune amélioration, et que les droits fondamentaux des femmes continuent d’être bafoués;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>42</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 duodecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 duodecies. demande aux États membres et à l’ensemble des organes de l’Union de coopérer avec l’EIGE et la FRA dans la détermination commune d’œuvrer main dans la main à lutter contre la violence et la discrimination sexiste; demande un renforcement de la coopération avec les entités internationales compétentes telles que les Nations unies, en particulier l’ONU Femmes; demande à la Commission et aux États membres de recueillir des données robustes, ventilées selon le genre et comparables afin d’éclairer les politiques de lutte antidiscrimination fondées sur des données factuelles, de suivre l’évolution des tendances, et d’évaluer la mise en œuvre des directives de l’Union sur l’égalité et des normes internationales en matière de droits de l’homme; salue à cet égard la création d’un sous-groupe du groupe de haut niveau de l’Union européenne sur la non-discrimination, l’égalité et la diversité, qui est chargé des données relatives à l’égalité, et la publication de ses lignes directrices pour l’amélioration de la collecte et de l’utilisation de données;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>43</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 terdecies</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 terdecies. salue l’engagement pris par la commissaire Helena Dalli de présenter, d’ici au 8 mars 2020, une nouvelle stratégie ambitieuse en matière d’égalité hommes-femmes, contenant de nouvelles propositions législatives ainsi que des mesures stratégiques énergiques comprenant, entre autres, des mesures sur une participation équilibrée des femmes et des hommes, sur les stéréotypes de genre, sur le handicap, sur le recul des droits des femmes et la lutte contre les violences faites aux femmes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>44</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 5 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

5 bis. condamne le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes dans plusieurs États membres; est préoccupé par les restrictions que subissent les soins de santé génésique et sexuelle et les droits connexes et demande aux États membres de s’abstenir d’adopter de nouvelles mesures sapant les soins et droits susmentionnés, les droits de l’homme et l’égalité hommes-femmes; rappelle que les soins de santé génésique et sexuelle et les droits connexes constituent des droits fondamentaux de toutes les femmes et filles, et qu’ils doivent être respectés, y compris le droit à l’autonomie corporelle et sexuelle, sans coercition, sans discrimination et sans violence; est convaincu que l’accès aux soins de santé génésique et sexuelle et aux droits connexes, et en particulier le choix de la contraception, la planification familiale et les soins de santé primaires, gynécologiques et obstétriques, y compris l’accès à un avortement sûr et légal, devrait être garanti à chaque femme dans l’Union; demande à tous les États membres de dépénaliser l’avortement et les soins liés à l’avortement; invite la Commission à inclure la promotion et l’amélioration des soins de santé génésique et sexuelle et des droits connexes dans la prochaine stratégie en matière de santé;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>45</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 bis. souligne que la violence sexiste est à la fois la conséquence et l’une des causes de la persistance des inégalités entre hommes et femmes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>46</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 ter. réaffirme avec vigueur l’importance de la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul) en tant que premier instrument international global de lutte contre la violence sexiste; salue l’engagement pris par la présidente de la Commission dans son programme pour l’Europe de débloquer l’adhésion de l’Union européenne à la convention d’Istanbul; souligne la nécessité de finaliser d’urgence la signature de la convention par l’Union, sur la base d’une large adhésion sans aucune restriction, d’encourager sa ratification par tous les États membres et de veiller à la bonne application de la convention; rappelle aux États membres que l’adhésion proposée de l’Union ne les exonère pas de ratifier la convention au niveau national; salue le récent avis de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe sur l’Arménie, puisqu’il constitue un excellent outil pour apporter des éclaircissements et dissiper les malentendus sur la convention d’Istanbul;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>47</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 quater (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 quater.  salue les engagements en faveur de l’égalité pris par la présidente de la Commission dans ses orientations politiques pour la prochaine Commission européenne (2019-2024), les mesures annoncées dans le programme de travail de la Commission pour 2020, et en particulier les propositions de normes minimales pour la définition de certains types de violence et le renforcement de la directive sur les droits des victimes, et se félicite de la décision de présenter une proposition visant à ajouter les violences faites aux femmes à la liste des crimes reconnus par l’Union définie dans le traité; estime que la meilleure manière de procéder consiste à réglementer la prévention et l’élimination de toutes les formes et dimensions de la violence sexiste dans le cadre d’un seul et unique acte législatif en adoptant une directive sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles et les autres formes de violence sexiste;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>48</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 quinquies. est profondément préoccupé par le nombre alarmant de féminicides en Europe, qui est la forme la plus extrême de violence à l’égard des femmes; déplore le manque de données disponibles dans certains États membres, qui reflète le fait que ce problème n’est pas reconnu;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>49</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 sexies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 sexies. rappelle que la violence sexiste et la violence domestique sont répandues dans toute l’Union, et que les victimes ont souvent un accès restreint à la justice et à une protection digne de ce nom; prie instamment la Commission et les États membres de réagir comme il se doit à ce problème fréquent de sécurité et de respect des droits fondamentaux en en faisant une priorité et à œuvrer main dans la main avec les services répressifs pour promouvoir un meilleur accès à la justice;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>50</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 septies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 septies. demande à la Commission et au Conseil d’activer dès que possible la «clause passerelle» inscrite à l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE en vue de rajouter la violence à l’égard des femmes et des filles et les autres formes de violence sexiste à la liste des crimes reconnus par l’Union européenne, et de permettre à la Commission de présenter une proposition de directive en utilisant l’article 83 du traité FUE comme base juridique;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>51</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 octies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 octies. déplore la tendance observée ces dernières années consistant à réduire les moyens dédiés par l’Union à la lutte contre toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles; demande une nouvelle fois que davantage de ressources soient dédiées au volet Daphné du programme «Droits et valeurs», ainsi qu’à son objectif spécifique portant sur la promotion et la garantie de l’égalité des genres et de la prise en compte de la dimension de genre;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>52</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 nonies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 nonies. souligne que de trop nombreuses femmes sont encore victimes de harcèlement sexuel dans l’espace public et sur leur lieu de travail; demande aux États membres et aux institutions, organes et organismes de l’Union de réagir plus fortement à ce phénomène; invite la Commission et les États membres à combattre le harcèlement en ligne qui cible les filles et les femmes de façon disproportionnée, en particulier dans la sphère publique et politique; salue la convention que l’OIT a adoptée récemment sur la violence et le harcèlement (C190) qui porte sur le monde du travail et demande à tous les États membres de la ratifier sans attendre; invite les États membres à mettre en place des campagnes de sensibilisation sur le sujet visant autant le secteur privé que public;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>53</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 decies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 decies. invite la Commission et les États membres à améliorer la disponibilité et la comparabilité de données ventilées de qualité sur la violence à caractère sexiste, en coopération avec Eurostat, l’EIGE et la FRA, conformément aux obligations instaurées par la convention d’Istanbul en matière de collecte de données et de recherche; demande une nouvelle fois à la Commission de créer un observatoire européen des violences à caractère sexiste pour recueillir des données précises et comparables sur le modèle de l’observatoire national des violences faites aux femmes de l’EIGE;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>54</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 undecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 undecies. souligne que les initiatives visant à atténuer les inégalités hommes-femmes dans l’Union européenne ont un rôle central à jouer dans la promotion et la protection des droits fondamentaux des femmes; appelle dès lors de ses vœux une stratégie robuste et fondée sur des données factuelles afin de pouvoir rédiger des analyses d’impact adéquates et utiles sur l’égalité des genres;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>55</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 6 duodecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

6 duodecies. rappelle que l’intégration de la dimension de genre constitue un outil indispensable pour éliminer les inégalités, promouvoir l’égalité hommes-femmes et lutter contre les discriminations; demande une nouvelle fois à la Commission d’intégrer la prise en compte de la dimension de genre dans toutes les politiques et activités internes et extérieures de l’Union; salue l’engagement pris par la nouvelle commissaire chargée de l’égalité de créer un groupe de travail sur l’égalité pour instaurer une approche intersectionnelle de la prise en compte de la dimension de genre dans toutes les politiques de l’Union; estime que la consolidation des relations entre les institutions dans le domaine de l’intégration de la question de l’égalité hommes-femmes peut contribuer à renforcer les politiques de l’Union sensibles au genre; demande dès lors une coopération structurée sur l’intégration de la question de l’égalité hommes-femmes entre tous les partenaires institutionnels, comme la Commission, le Conseil et l’EIGE;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>56</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 7 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

7 bis. demande que la nouvelle stratégie pour la santé des Roms et la stratégie 2020 pour les Roms s’attaquent aux discriminations dont les femmes roms sont victimes, y compris les graves violations de leurs droits en matière de santé reproductive et maternelle qu’elles peuvent subir dans les structures de soins de santé;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>57</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 7 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

7 ter. relève qu’eu égard à l’ODD 5, la FRA a publié en 2014 la première enquête – et à ce jour la seule – à l’échelle de toute l’Union sur les violences faites aux femmes, et que les données qui serviront de base à la prochaine enquête seront recueillies entre 2020 et 2022; invite l’Agence à publier cette enquête plus fréquemment et régulièrement, et à mener d’autres enquêtes portant sur la discrimination selon le genre;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>58</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 bis. demande à la Commission de mettre la perspective d’intégration de l’égalité hommes-femmes au premier plan du Semestre européen en introduisant une dimension de genre dans l’examen annuel de la croissance et dans le processus de formulation des recommandations par pays;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>59</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 ter. souligne qu’il importe de lutter contre les obstacles à la justice liés au genre dans les États membres, tant sur le plan socioéconomique ou juridique qu’en matière de procédures, et prie instamment la Commission et les États membres de prendre des mesures pour éliminer ces obstacles; demande aux États membres de mettre pleinement en œuvre la directive concernant les droits des victimes afin de faire connaître ces droits, et de veiller à ce que toutes les victimes aient accès à des services de soutien adéquats et à des recours efficaces; souligne que l’accès à la justice est une question centrale pour les femmes victimes de violence sexiste et que, parmi ces victimes, les migrantes sans papiers se trouvent dans une position deux fois plus vulnérable puisqu’elles peuvent être réticentes à l’idée de signaler des violations de leurs droits à la police;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>60</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 quater (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 quater. note que l’élaboration des budgets tenant compte de la dimension hommes-femmes est l’une des facettes essentielles d’une stratégie d’intégration de la dimension de genre; souligne que l’élaboration des budgets tenant compte de la dimension hommes-femmes doit devenir partie intégrante de la procédure budgétaire, y compris dans le prochain CFP; appelle de ses vœux l’ajout d’une clause d’élaboration des budgets tenant compte de la dimension hommes-femmes dans le règlement sur le prochain CFP, ainsi que l’ajout d’une disposition visant à garantir un réexamen à mi-parcours attentif à la dimension de genre;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>61</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 quinquies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 quinquies. demande aux États membres d’honorer pleinement les obligations qui leur incombent en vertu du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>62</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 sexies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 sexies. demande à la Commission et au Conseil de prévoir un budget réaliste permettant de lutter efficacement contre les discriminations et les inégalités reposant sur différents motifs, de promouvoir l’égalité de traitement et d’aider les victimes de discrimination; affirme une nouvelle fois qu’un budget suffisant devrait être consacré aux futures activités de la FRA;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>63</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 septies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 septies. demande à l’Union européenne et aux États membres de mettre pleinement en œuvre la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif; rappelle que les femmes et les jeunes filles handicapées sont particulièrement exposées à des formes multiples de discrimination, ce qui les empêche de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux sur un pied d’égalité avec les autres personnes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>64</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 octies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 octies. invite les États membres à faire en sorte que les droits des femmes et les droits des personnes LGBTI+ soient protégés et reconnus comme des principes d’égalité relevant de façon intrinsèque de la démocratie et de l’état de droit;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>65</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article> Paragraphe 8 nonies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 nonies. relève qu’en mai 2019, l’Agence a relancé, au bout de sept ans, la deuxième enquête à l’échelle de l’Union sur les personnes LGBTI, qui vise à recenser les cas de discrimination et de crimes de haine dont les personnes LGBTI sont victimes dans toute l’Union, en Macédoine du Nord et en Serbie, ainsi que l’avis de ces personnes sur ces questions et les problèmes auxquels elles sont confrontées; prie instamment la FRA de publier les résultats de cette enquête en 2020 et de faire en sorte que cette enquête soit réalisée plus fréquemment et régulièrement à l’avenir;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>66</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 decies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 decies. insiste sur le besoin de politiques ciblées répondant à une approche intersectionnelle pour garantir les droits fondamentaux des femmes vulnérables qui sont confrontées à des formes multiples de discrimination, comme les réfugiées, les demandeuses d’asile et les migrantes, les femmes issues de minorités religieuses ou ethniques, les femmes LGBTI+, les femmes âgées et les femmes handicapées;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>67</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 undecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 undecies. s’inquiète vivement de ce que les mouvements hostiles à l’égalité entre les genres et aux personnes LGBTI+ aient gagné du terrain dans l’opinion publique de plusieurs États membres ces dernières années; souligne que ces mouvements visent à remettre en question les droits fondamentaux relevant du domaine de l’égalité des genres, et s’efforcent de bloquer et d’annuler les lois et politiques qui protègent les droits des femmes et défendent les personnes LGBTI+ contre les crimes de haine et les discriminations;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>68</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 duodecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 duodecies. demande à nouveau à la Commission d’adopter une stratégie de l’Union européenne relative aux personnes LGBTI+ qui tienne compte des précédentes demandes du Parlement, et qui assure la continuité et un suivi fort de la liste d’actions de la précédente Commission visant à promouvoir l’égalité pour les personnes LGBTI+;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>69</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 terdecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 terdecies. note que les femmes les plus vulnérables sont celles qui appartiennent aux groupes minoritaires, notamment aux minorités sexuelles, ethniques et religieuses; prie instamment la Commission et les États membres de prendre des mesures résolues pour combattre les discours de haine à l’encontre de ces groupes vulnérables;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>70</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 quaterdecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 quaterdecies. invite la Commission et les États membres à communiquer et à réaffirmer l’importance et les avantages que présentent, pour la société, la sauvegarde des droits des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’élimination des stéréotypes sexistes; les invite également à soutenir davantage l’élaboration et la diffusion d’études et d’informations fondées sur des données factuelles dans le domaine des droits des femmes;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>71</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 8 quindecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

8 quindecies. s’engage à proposer des mesures pour parvenir à une représentation équilibrée des hommes et des femmes au sein des institutions de l’Union européenne dans le cadre de la future conférence sur l’avenir de l’Europe;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>72</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 11 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

11 bis. prend acte avec inquiétude de la réduction croissante de l’espace public dévolu à la société civile indépendante dans certains États membres, en particulier en ce qui concerne les organisations de défense des droits des femmes et de défense des droits humains; demande à la Commission d’aider et de protéger davantage les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains des femmes qui sont actifs à l’échelon national et local, et qui œuvrent à la promotion de l’égalité entre hommes et femmes et en particulier à la promotion des soins de santé sexuelle et reproductive et des droits connexes, y compris au moyen du programme «Droits et valeurs»; souligne qu’il importe que les organisations de la société civile participent à la conférence sur l’avenir de l’Europe;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>73</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 12 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

12 bis. demande aux États membres d’honorer leurs obligations en matière de droits de l’homme et d’exécuter pleinement les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>74</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution </DocAmend>

<Article>Paragraphe 13 bis (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

13 bis. souligne que les femmes et enfants migrants sans papiers devraient avoir pleinement accès à leurs droits fondamentaux élémentaires, quel que soit leur statut juridique ou administratif; est vivement préoccupé par la situation des migrants et demandeurs d’asile qui entrent clandestinement dans l’Union européenne avec l’aide de passeurs; demande l’ouverture d’itinéraires sûrs et légaux d’immigration et d’asile pour prévenir la violence sexuelle et sexiste; souligne par ailleurs à cet égard que toutes les procédures juridiques et administratives doivent être menées rapidement; rappelle que les femmes et les enfants peuvent être contraints d’échanger des services sexuels contre une protection ou une aide de base pour survivre; souligne à cet égard qu’il est de la plus haute importance d’améliorer les systèmes d’aide et d’enregistrement, et qu’il est également indispensable de se pencher sur la question de la séparation des familles et le manque de voies sûres et légales d’entrée sur le territoire de l’Union européenne; insiste sur la nécessité de disposer de procédures de regroupement familial qui garantissent le respect des droits individuels des femmes et des jeunes filles rejoignant leur famille dans l’Union, afin de leur permettre de ne pas devoir dépendre d’un membre de la famille pour avoir accès aux services de santé, à l’éducation ou à l’emploi;

</Amend>

<Amend>Amendement  <NumAm>75</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 13 ter (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

13 ter. prie instamment l’Union de mobiliser les moyens nécessaires pour combattre la traite d’êtres humains et l’exploitation sexuelle; demande à la Commission et aux États membres d’adopter des mesures pour prévenir et combattre l’utilisation des nouvelles technologies comme moyen de recruter des femmes et des filles à des fins de traite d’êtres humains, en particulier en vue de l’exploitation sexuelle ou de l’exploitation par le travail;

</Amend><Amend>Amendement  <NumAm>76</NumAm>

<DocAmend>Proposition de résolution</DocAmend>

<Article>Paragraphe 4 quaterdecies (nouveau)</Article>

 

Proposition de résolution

Amendement

 

4 quaterdecies. demande par conséquent qu’une attention particulière soit accordée à l’écart numérique entre les hommes et les femmes, qui a une incidence importante sur l’accès à l’emploi et aux services et, partant, sur le droit des femmes à l’emploi;

</Amend>

 

</RepeatBlock-Amend>

 

.


 

INFORMATIONS SUR L’ADOPTION PAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Date de l’adoption

17.11.2020

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

34

23

3

Membres présents au moment du vote final

Malik Azmani, Pietro Bartolo, Nicolas Bay, Vladimír Bilčík, Vasile Blaga, Ioan-Rareş Bogdan, Patrick Breyer, Saskia Bricmont, Jorge Buxadé Villalba, Damien Carême, Caterina Chinnici, Clare Daly, Anna Júlia Donáth, Lena Düpont, Cornelia Ernst, Laura Ferrara, Nicolaus Fest, Jean-Paul Garraud, Maria Grapini, Sylvie Guillaume, Andrzej Halicki, Evin Incir, Sophia in ‘t Veld, Patryk Jaki, Marina Kaljurand, Assita Kanko, Fabienne Keller, Peter Kofod, Łukasz Kohut, Moritz Körner, Alice Kuhnke, Jeroen Lenaers, Juan Fernando López Aguilar, Nuno Melo, Nadine Morano, Javier Moreno Sánchez, Maite Pagazaurtundúa, Nicola Procaccini, Emil Radev, Terry Reintke, Diana Riba i Giner, Ralf Seekatz, Michal Šimečka, Birgit Sippel, Tineke Strik, Ramona Strugariu, Annalisa Tardino, Tomas Tobé, Dragoş Tudorache, Tom Vandendriessche, Bettina Vollath, Jadwiga Wiśniewska, Elena Yoncheva, Javier Zarzalejos

Suppléants présents au moment du vote final

Malin Björk, Delara Burkhardt, Klára Dobrev, Rasa Juknevičienė, Kris Peeters, Karlo Ressler

 


 

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

34

+

S&D

Pietro Bartolo, Delara Burkhardt, Caterina Chinnici, Klára Dobrev, Maria Grapini, Sylvie Guillaume, Evin Incir, Marina Kaljurand, Łukasz Kohut, Juan Fernando López Aguilar, Javier Moreno Sánchez, Birgit Sippel, Bettina Vollath, Elena Yoncheva

RENEW

Malik Azmani, Anna Júlia Donáth, Sophia In 'T Veld, Fabienne Keller, Moritz Körner, Maite Pagazaurtundúa, Michal Šimečka, Ramona Strugariu, Dragoş Tudorache

Verts/ALE

Patrick Breyer, Saskia Bricmont, Damien Carême, Alice Kuhnke, Terry Reintke, Diana Riba I Giner, Tineke Strik

EUL/NGL

Malin Björk, Clare Daly, Cornelia Ernst

NI

Laura Ferrara

 

23

-

PPE

Vladimír Bilčík, Vasile Blaga, Ioan-Rareş Bogdan, Lena Düpont, Andrzej Halicki, Rasa Juknevičienė, Jeroen Lenaers, Nuno Melo, Nadine Morano, Kris Peeters, Emil Radev, Karlo Ressler, Ralf Seekatz, Tomas Tobé

ID

Nicolas Bay, Nicolaus Fest, Jean-Paul Garraud, Annalisa Tardino, Tom Vandendriessche

ECR

Jorge Buxadé Villalba, Patryk Jaki, Nicola Procaccini, Jadwiga Wiśniewska

 

3

0

PPE

Javier Zarzalejos

ID

Peter Kofod

ECR

Assita Kanko

 

Légende des signes utilisés:

+ : pour

- : contre

0 : abstention

 

[4] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0033.

[8] JO C 58 du 15.2.2018, p. 9.

[9] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0314.

[10] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0201.

[13] JO C 346 du 27.9.2018, p. 94.

[14] Textes adoptés de cette date P8_TA(2017)0243.

[15] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0095.

[16] Textes adoptés de cette date P8_TA(2017)0413.

[17] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0075.

[18] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0229.

[19] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0204.

[20] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0032.

[21] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0318.

[22] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0433.

[23] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0428.

[24] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0251.

[25] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0349.

[26] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0128.

[27] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0127.

[28] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0239.

[29] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0058.

[30] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0066.

[31] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0111.

[32] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0101.

[33] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0229.

[34] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0014.

[35] Requête nº 141165/16, arrêt du 13 juin 2019.

[39] Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0080.

[40] Rapport 2018 de la Commission européenne sur l’application de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/784b02a4-a1f2-11e9-9d01-01aa75ed71a1

[41] Rapport sur les droits fondamentaux 2018 et rapport sur les droits fondamentaux 2019, Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne.

[47] Des «zones sans LGBT» ont été créées en Pologne – https://atlasnienawisci.pl/

[49] https://www.feantsa.org/download/rapport-complet-fr71390086662738737.pdf

[51] Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, «Liberté de réunion pacifique: un espace toujours plus restreint», Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2019

[53] Voir également les obligations prévues dans la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) de 1974, la convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritimes de 1979 et la convention internationale sur l’assistance de 1989.

[54]Arrêt de la CJUE du 24 mai 1988, affaire Rizvanov c. Suisse., points 27, 33; Arrêt de la CJUE du 8 juillet 1999, affaire Karatas  c. Turquie; Arrêt de la CJUE du 22 octobre 2007, affaire Lindon, Otchakovsky-Laurens et July c. France

[55] Affaires jointes C-203/15 et C-698/15 -Tele2 Sverige, et affaires jointes C-293/12 et C-594/12 - Digital Rights Ireland

[57] ECLI:EU:C:2014:2454

[58] Lettre de la commissaire Jourová du 11 février 2020.

[59] Résolution du Parlement européen du 25 octobre 2016 contenant des recommandations à la Commission sur la création d'un mécanisme de l'Union pour la démocratie, l'état de droit et les droits fondamentaux, JO C 215 du 19.6.2018, p. 162; résolution du Parlement européen du 14 novembre 2018 sur la nécessité d’un mécanisme approfondi de l’Union pour la protection de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux, P8_TA(2018)0456.

[60] Article 19 du traité UE, article 67, paragraphe 4, du traité FUE et article 47 de la charte.

[61] Résolution du Parlement européen sur la position du Parlement européen concernant la conférence sur l’avenir de l’Europe. Textes adoptés, P9_TA(2020)0010, paragraphe 7.

[62] Résolution du Parlement européen du 12 février 2019 sur l’application de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne dans le cadre institutionnel de l’Union. Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0079, paragraphe 10.

[63] Résolution du Parlement européen du 15 janvier 2020 sur la mise en œuvre et le suivi des dispositions relatives aux droits des citoyens figurant dans l’accord de retrait. Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0006, paragraphe 22.

[64] Voir l’article 6 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE).

[65] JO L 328 du 6.12.2008, p. 55.

[66] Directive 2012/29/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 établissant des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité et remplaçant la décision-cadre 2001/220/JAI du Conseil, JO L 315 du 14.11.2012, p. 57. 

 

[67] Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0080.

Dernière mise à jour: 23 novembre 2020Avis juridique - Politique de confidentialité