Proposition de résolution - B5-0756/2000Proposition de résolution
B5-0756/2000

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

5 septembre 2000

déposée à la suite de la déclaration du Conseil et de la Commission
conformément à l'article 37, paragraphe 2, du règlement
par Margrietus J. van den Berg
au nom du groupe PSE
sur la treizième conférence internationale sur le sida

Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B5-0748/2000

B5‑0756/2000

Résolution du Parlement européen sur la treizième conférence internationale sur le sida

Le Parlement européen,

A.  considérant la treizième conférence internationale sur le sida qui s'est déroulée à Durban, Afrique du Sud, cette année, et que la Banque mondiale a proposé une enveloppe globale de 500 millions de dollars américains au titre des programmes d'aide au bénéfice de l'Afrique, mais que des milliards seraient nécessaires,

B.  consterné par le fait qu'en matière de virus VIH/sida, les taux d'infection soient plus élevés en Afrique subsaharienne, où les dépenses consacrées à la santé et à l'éducation ont été réduites d'une manière draconienne, en raison d'un certain nombre de contraintes dont les conséquences ont une grande portée,

C.  attentif aux estimations des Nations unies selon lesquelles le nombre des nouvelles infections causées par le virus VIH/sida en Afrique au cours de l'année 1998 approchait les 16 000 cas par jour, dont 50 % au moins étaient des jeunes gens,

D.  considérant que le virus VIH/sida touche la partie la plus active de la population, constitue un danger croissant pour les compétences disponibles dans ces pays, menaçant à long terme le développement durable du continent,

E.  rappelant que, dans son rapport "Progress of Nations Report" de 1999, l'UNICEF a souligné que sur les 590 000 enfants touchés par le virus VIH/sida, 530 000 étaient originaires d'Afrique subsaharienne, région où une personne jeune sur deux mourra du sida,

F.  considérant que les populations des pays d'Afrique ne peuvent supporter le coût des médicaments antiviraux dont dispose le monde industrialisé, de même qu'ils ne pourront se permettre ni les vaccins qui seront disponibles dans un proche avenir, ni même les contraceptifs,

G.  considérant que dans la plupart des pays d'Afrique, il n'existe aucune mesure pour permettre à ceux qui sont touchés de mourir dans la dignité,

1.  invite les États membres et la Commission à accorder, sur les plans politique et financier, le degré de priorité le plus élevé à la lutte contre la pandémie du virus VIH/sida, en expansion;

2.  souligne que tous les programmes de prévention contre le VIH/sida devraient prendre en compte les droits de l'homme individuels, ainsi que la spécificité culturelle et religieuse des communautés concernées dans la mesure où ils sont compatibles avec des mesures efficaces de lutte contre le VIH/sida;

3.  invite la communauté internationale à éliminer les injustices et inégalités bouleversantes qui contribuent à la dissémination de ce virus;

4.  considère qu'il faut centrer son attention sur la réduction des autres facteurs déclencheurs du sida, tels que l'extrême pauvreté, les traditions culturelles désuètes, la malnutrition, les carences alimentaires et les déficiences des conditions d'hygiène et réclame la mise sur pied d'un programme destiné à promouvoir d'urgence l'utilisation des contraceptifs et leur utilisation, en conformité avec les recommandations de l'OMS;

5.  considère que l'action contre le sida doit s'inscrire dans le cadre de la lutte générale contre toutes les maladies guérissables qui existent encore en Afrique, en améliorant les soins de santé primaires;

6.  considère que le fardeau de la dette et que les divers programmes d'ajustement structurel continuent de priver les Africains des ressources financières leur permettant de participer effectivement à la lutte contre la pauvreté et contre la maladie en général;

7.  considère qu'il convient de s'interroger davantage si le problème de la mort dans la dignité des personnes touchées ne pourrait pas sensibiliser davantage ceux qui sont en danger ou ceux qui sont infectés;

8.  prie instamment le G8 de concevoir un programme de lutte contre l'endettement provoqué par le sida, afin d'appuyer les efforts des pays en développement dans leur lutte contre cette maladie;

9.  charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à l'OMS ainsi qu'aux États africains.