Proposition de résolution - B6-0183/2005Proposition de résolution
B6-0183/2005

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

2.3.2005

déposée à la suite de déclarations du Conseil et de la Commission
conformément à l'article 103, paragraphe 2, du règlement
par Miguel Portas et Luisa Morgantini
au nom du groupe GUE/NGL
sur la situation au Liban

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B6-0183/2005
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B6-0183/2005
Textes adoptés :

B6‑0183/05

Résolution du Parlement européen sur la situation au Liban

Le Parlement européen,

–  vu sa résolution du 16 janvier 2003 sur la conclusion d’un accord d’association avec la République libanaise,

–  vu la résolution 1559 du 2 septembre 2004 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que toutes les autres résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur le processus de paix au Proche-Orient, notamment la résolution 425,

–  vu les conclusions du Conseil "Affaires générales" du 21 février 2005,

–  vu l'article 103, paragraphe 2, de son règlement,

A.  considérant l'attentat commis à Beyrouth le 14 février 2005 qui a coûté la vie à l'ancien président du Conseil des ministres libanais Rafic Hariri ainsi qu'à d'autres civils innocents,

B.  considérant que le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a décidé de dépêcher une commission d'enquête chargée d'éclairer "les circonstances, les causes et les effets" du décès de M. Hariri, comme demandé par le mouvement démocratique libanais, et que le gouvernement libanais s'est dit prêt à coopérer à cette fin,

C.  saluant la récente mobilisation démocratique de la société libanaise pour la démocratie, le respect de la souveraineté du pays et les droits de l'homme,

D.  prenant acte de la démission du gouvernement d'Omar Karamé à Beyrouth, laquelle est de nature à faciliter le dialogue politique pacifique entre la société libanaise et les institutions légitimes du pays,

E.  rappelant les ravages causés au Liban par la terrible, longue guerre civile, ainsi que les Accords de Taëf de 1989,

F.  rappelant que cette crise se manifeste, une fois de plus, dans une région déstabilisée par le conflit israélo-palestinien, et qu'une solution à ce conflit – qui passe par l'application des principes des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies – est de nature à normaliser les relations entre tous les pays de la région,

1.  condamne fermement l'attentat qui a provoqué la mort de l'ancien président du conseil des ministres libanais Rafic Hariri ainsi que d'autres civils innocents; exprime son indignation la plus profonde face à cet acte barbare et présente ses très sincères condoléances à la famille de M. Hariri ainsi qu'aux familles des autres victimes;

2.  souhaite, conformément à la déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations unies du 15 février, que toute la lumière soit faite sur les causes, les circonstances et les conséquences de cet attentat; demande aux autorités libanaises de continuer à assurer une pleine coopération avec la commission d'enquête de l'ONU;

3.  souhaite que cet assassinat et la démission du gouvernement ne remette pas en cause le processus électoral au Liban et souligne l'importance de la tenue d'élections législatives démocratiques et transparentes dans ce pays; réitère sa demande d'établir une mission d'observation du Parlement européen et de l'ensemble de l'Union européenne pour les élections législatives au Liban;

4.  rappelle l'importance de la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui réaffirme l'attachement de la communauté internationale à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance du Liban, et demande le retrait des troupes syriennes du Liban, comme indiqué dans les résolutions du Conseil de sécurité; prend acte de l'annonce concernant un premier redéploiement des troupes syriennes;

5.  demande à la Syrie de ne tolérer aucune forme de terrorisme et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures du Liban;

6.  rappelle que la résolution 425 du Conseil de sécurité des Nations unies demande le retrait total des troupes étrangères présentes au Liban, indépendamment de leur provenance, et exige le respect de la souveraineté politique et territoriale du Liban;

7.  demande que soit relancé le volet syro-libanais du processus de paix au Moyen-Orient, qui passe notamment par le retrait des troupes israéliennes du Golan et par la signature d'accords de paix séparés entre Israël, le Liban et la Syrie;

8.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu'au gouvernement et au parlement libanais.