Πρόταση ψηφίσματος - B6-0460/2005Πρόταση ψηφίσματος
B6-0460/2005
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PROPOSITION DE RÉSOLUTION

05.09.2005

déposée dans le cadre du débat sur des cas de vilation des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit
conformément à l'article 115 du règlement
par Pasqualina Napoletano et Panos Beglitis
au nom du groupe PSE
sur la situation alimentaire au Niger

NB: This motion for a resolution is available in the original language only.
Διαδικασία : 2005/2600(RSP)
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Résolution du parlement européen sur la situation alimentaire au Niger

le parlement européen,

–  vu l'article 115, paragraphe 5, de son règlement,

A.  considérant que l'insécurité alimentaire touche aujourd'hui 20 millions de personnes dans le Sahel, le Sud du Soudan, l'Ethiopie, l'Erythrée, la Somalie, l'Afrique australe, en particulier le Malawi,

B.  considérant que l'invasion de criquets pèlerins et la fin précoce de la saison des pluies l'année dernière ont aggravé la situation alimentaire, en attendant les prochaines récoltes, dans plusieurs régions du Sahel, en particulier au Niger,

C.  considérant que, depuis 1900, le Niger a connu neuf sécheresses et famines sévères et huit invasions acridiennes,

D.  considérant que ces évènements exceptionnels, s'ajoutant à une situation habituellement précaire, rendaient prévisibles la crise alimentaire de cette année,

E.  considérant que, selon le Programme alimentaire mondial de l'ONU, un Africain sur trois souffre de malnutrition,

F.  considérant que l'avancée de la désertification dans le Sahel et la dégradation des sols privent la population de terres cultivables et d'eau potable

G.  considérant que le programme alimentaire mondial a lancé un appel dès le mois de novembre dernier, et que cet appel a été renouvelé en mai,

H.  considérant que la Commission européenne a répondu à l'appel de mai par une aide d'urgence de 6,3 millions d'euros,

I.  considérant que l'Union européenne est le plus important donateur d'aide au Niger avec 332 millions d'euros pour le 9e FED, et 15 millions d'euros par an pour la sécurité alimentaire,

J.  considérant que, selon le coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, il est 80 fois plus onéreux d'intervenir dans l'urgence que de façon préventive,

K.  considérant que, selon l'Office de coordination de l'action humanitaire de l'ONU (OCHA), un quart de la population du Niger a souffert cette année de pénurie alimentaire,

L.  considérant que le Niger figure à l'avant dernière place du classement du PNUD pour le développement humain,

M.  considérant que 63% des Nigériens vivent avec l'équivalent de moins de 1$ par jour et que 40% des enfants souffrent d'une malnutrition chronique,

N.  considérant que le Niger (12 millions d'habitants) avait reçu avant l'été 9 millions de $ d'aide internationale, pendant que la Mauritanie (3 millions d'habitants) en recevait 16 millions,

O.  considérant que, sous la pression du FMI, qui menaçait de ne pas verser une aide de 100 millions d'euros si l'Etat ne dégageait pas 10 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires, le gouvernement nigérien avait décidé d'instaurer en avril, alors que la crise se dessinait, une TVA sur la farine et le lait,

P.  considérant que jusqu'au mois de juin, le gouvernement nigérien, qui a longtemps nié l'importance de la crise, a refusé la distribution gratuite de rations alimentaires, afin de ne pas déstabiliser le marché, mais que les denrées alimentaires à prix modéré, subventionnées par le gouvernement, étaient introuvables et inabordables pour les plus pauvres et que la vente de céréales à prix modéré n'a eu qu'un impact très limité, dans l'espace et dans le temps, sur la stabilisation des prix des céréales,

Q.  considérant les faiblesses d'organisation des marchés régionaux, en particulier des systèmes de commercialisation,

R.  considérant que la pénurie alimentaire ne se limitant pas au Niger, il était impossible de trouver des céréales dans les pays voisins,

S.  considérant que des spéculateurs ont acheté de manière préventive les céréales, pour les revendre au prix fort au moment de la crise,

T.  considérant que le marché ne saurait réguler ces situations de crise et que, quand la mortalité est dramatique, il ne serait être question de subordonner la distribution de l'aide alimentaire urgente gratuite à la sécurité alimentaire future,

U.  considérant que le manque de céréales a provoqué la vente à bas prix du bétail, en particulier par les populations nomades, les précarisant sur le long terme,

1.  demande que soit reconnu la caractère hyper-endémique de la malnutrition au Niger afin de mettre en place un dispositif global de prise en charge incluant l'accès aux soins pour les enfants de moins de 5 ans et la mise à disposition d'aliments thérapeutiques qui ont fait la preuve de leur efficacité;

2.  demande que soit privilégiée la prévention, en réduisant la dépendance à l'égard de l'irrégularité des pluies, en développant l'agriculture irriguée (micro barrages), en améliorant la productivité alimentaire, par l'utilisation du fumier, d'engrais et d'outils, en augmentant les capacités des réserves céréalières locales;

3.  demande à la Commission d'intensifier son programme d'appui à la création de points d'eau pastoraux;

4.  regrette que l'aide de l'Etat nigérien à l'équipement des agriculteurs se soit arrêtée suite au "plan d'ajustement structurel" imposé par le FMI;

5.  souhaite que soit réexaminé et amélioré le système d'alerte rapide;

6.  demande que soit sensiblement augmenté les réserves disponibles du Fonds de secours des Nations unies, afin que suffisamment de fonds soient disponibles à l'avance, pour permettre aux organismes d'aide de l'ONU de lancer rapidement des opérations de secours

7.  regrette profondément que les appels du PAM n'aient pas été entendus à temps et que les donateurs ne se soient mobilisés que lorsque les medias ont montré les images d'enfants mourants;

8.  salue la décision du G8 d'annuler la dette du Niger mais souligne que ce pays a besoin d'un soutien international accru, en particulier pour moderniser ses méthodes agricoles;

9.  souhaite que le gouvernement nigérien prenne des sanctions financières à l'encontre des spéculateurs qui se sont enrichis en profitant de la pénurie alimentaire et souhaite qu'il mette en place des mécanismes permettant d'éviter le renouvellement de telles pratiques;

10.  regrette que les recommandations libérales de certains organismes internationaux aient pu conduire à une intervention insuffisante de l'Etat pour prévenir la spéculation et la crise;

11.  s'interroge sur le bien-fondé de la libéralisation totale des marchés agricoles, engagée dans le cadre des politiques "d'ajustement structurel" préconisées par le FMI;

12.  regrette que le gouvernement nigérien ne soit pas intervenu plus massivement dans l'achat préventif de céréales et dans l'achat de bétail;

13.  demande que l'Assemblée générale de l'ONU de septembre définisse les modalités et les outils de l'aide internationale pour éradiquer la pauvreté et la faim dans le monde, conformément aux objectifs du Millénaire;

14.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au gouvernement du Niger et au Secrétaire Général des Nations Unies.