PROPOSITION DE RÉSOLUTION
12.12.2005
par Pasqualina Napoletano, Marie Arlette Carlotti, Ana Gomes
au nom du groupe PSE
sur la situation en Ethiopie et les nouveaux conflits frontaliers
B6-0643/2005
Résolution du parlement européen sur la situation en Ethiopie et les nouveaux conflits frontaliers
Le Parlement européen,
vu ses précédentes résolutions de juin et octobre 2005 ;
A) Considérant que les manifestations, à l'appel de la "coalition pour l'unité démocratique", pour protester contre la fraude électorale, ont été durement réprimées, y compris par des tirs à balles réelles et l'utilisation de véhicules blindés ;
B) Considérant que cette répression s'est traduite par au moins 50 morts, des centaines de blessés et des milliers d'arrestations, en particulier dans les rangs de l'opposition et parmi les journalistes ;
C) Considérant que le gouvernement éthiopien accuse les responsables de l'opposition de "visées subversives" et de "trahison", ce qui est passible de la peine de mort ;
D) Considérant que plusieurs prisonniers politiques ont commencé une grève de la faim, afin de protester contre leur détention, "pour les besoins de l'enquête", sans inculpation ;
E) Considérant la condamnation d'un éditeur de presse et le maintien en détention de nombreux journalistes ;
F) Considérant la déclaration commune de l'Union européenne et des Etats-Unis appelant le gouvernement à "relâcher tous les détenus politiques", "à mettre immédiatement fin à l'usage de la force brutale", "à la réouverture du dialogue politique" et demandant une "enquête indépendante sur les évènements de juin et novembre ;
G) Considérant la décision du Parlement éthiopien de créer une commission d'enquête devant présenter son rapport dans les 90 jours ;
H) Considérant la concentration de troupes à la frontière entre l'Ethiopie et l'Erythrée et les incursions dans la "zone de sécurité", ainsi que le refus du gouvernement éthiopien de procéder à la délimitation de la frontière, malgré les menaces de sanctions internationales, mais considérant que ces tensions ne sauraient en aucun cas excuser la régression démocratique actuellement en cours en Ethiopie ;
I) Considérant que l'Ethiopie reçoit l'équivalent d'un milliard de $ d'aide internationale chaque année (dont 490 millions de l'Union européenne), ce qui représente ¼ de son PIB ;
J) Considérant le renforcement de la coopération entre la République populaire de Chine et l'Ethiopie, annoncée le 29 novembre ;
1) condamne les violences et l'usage de moyens de répression disproportionnés par les forces armées ainsi que les arrestations massives ;
2) demande la mise en place d'une commission d'enquête indépendante du pouvoir, avec la participation de la communauté internationale ;
3) demande la libération de tous les prisonniers politiques et de tous les journalistes ;
4) demande la reprise du processus de réforme et d'amélioration des institutions démocratiques, ce qui passe par un examen sérieux et international des résultats des élections législatives de mai ;
5) demande au gouvernement éthiopien de se conformer aux décisions internationales concernant sa frontière avec l'Erythrée, de façon à faire disparaître tout risque de nouveau conflit armé ;
6) demande au Conseil de l'Union européenne d'adopter une position cohérente et conforme à la situation, en particulier en engageant le dialogue politique conformément à l'article 96 de l'Accord de Cotonou ;
7) demande à l'Union africaine, dont le siège se trouve en Ethiopie, de prendre une position claire, prouvant sa détermination à faire progresser la démocratie sur le continent africain ;
8) charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au gouvernement d'Ethiopie et aux partis d'opposition en Ethiopie ainsi qu'à l'Union africaine.