Procédure : 2007/2649(RSP)
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Cycle relatif au document : B6-0076/2008

Textes déposés :

B6-0076/2008

Débats :

PV 19/02/2008 - 11
CRE 19/02/2008 - 11

Votes :

PV 20/02/2008 - 4.3
CRE 20/02/2008 - 4.3

Textes adoptés :

P6_TA(2008)0057

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
PDF 130kWORD 80k
14.2.2008
PE401.072v01-00
 
B6‑0076/2008
déposée à la suite d'une déclaration du Conseil et de la Commission
conformément à l'article 103, paragraphe 2, du règlement
par Joseph Daul, Marianne Thyssen et Klaus-Heiner Lehne, au nom du groupe PPE-DE,
Martin Schulz, Udo Bullmann et Edit Herczog, au nom du groupe PSE,
Bilyana Ilieva Raeva, au nom du groupe ALDE,
Daniel Cohn-Bendit, Monica Frassoni et Rebecca Harms, au nom du groupe Verts/ALE
Brian Crowley, au nom du groupe UEN
sur la contribution au Conseil européen de printemps 2008 en relation avec la stratégie de Lisbonne

Résolution du Parlement européen sur la contribution au Conseil européen de printemps 2008 en relation avec la stratégie de Lisbonne 
B6‑0000

Le Parlement européen,

–  vu le paquet stratégique proposé par la Commission concernant la stratégie de Lisbonne comportant une communication de la Commission au Conseil européen: Rapport stratégique concernant la stratégie renouvelée de Lisbonne pour la croissance et l'emploi: lancement du nouveau cycle (2008‑2010) "Garder la cadence des réformes" (COM(2007)0803) ‑PARTIE I, l'évaluation des programmes de réforme nationaux, une communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen: Proposition de programme communautaire de Lisbonne, 2008‑2010 (COM(2007) 0804), les lignes directrices pour la croissance et l'emploi 2008‑2010 (COM(2007)0803) – PARTIE V,

–  vu la communication de la Commission sur la mise en œuvre par les États membres et les régions de la stratégie de Lisbonne en matière de croissance et d'emploi par le biais de la politique européenne de cohésion, 2007‑2013 (COM(2007)798),

–  vu les 27 programmes nationaux de réforme de la stratégie de Lisbonne tels que présentés par les États membres,

–  vu la communication de la Commission sur l'intérêt européen: réussir le défi de la mondialisation (COM(2007)0581),

–  vu les conclusions des Conseils européens de mars 2000, mars 2001, mars 2005 et octobre 2005, mars 2006, mars 2007,

–  vu la résolution du Parlement européen du 15 novembre 2007 sur l'intérêt européen: réussir le défi de la mondialisation (B6‑0435/2007),

–  vu l'article 103, paragraphe 2, de son règlement,

A.  considérant que la Commission a pris l'engagement de tenir pleinement compte des vues exprimées par le Parlement dans ses résolutions concernant la stratégie de Lisbonne et se réfère en particulier à la résolution sur la mondialisation adoptée en novembre 2007 à Strasbourg,

B.  considérant que le Parlement, dans ses précédentes résolutions, a fait preuve d'un soutien ferme à la stratégie de Lisbonne et s'est particulièrement félicité que l'approche soit recentrée autour de la stratégie pour la croissance et l'emploi,

C.  considérant qu'il existe une forte interrelation entre la croissance économique, l'emploi, la lutte contre la pauvreté et l'intégration sociale,

D.  considérant que l'Union et les États membres ont une responsabilité partagée lorsqu'il s'agit de faire face aux défis, aux possibilités et aux incertitudes que connaissent les citoyens concernant la mondialisation; que l'UE doit assumer sa responsabilité politique en tant qu'acteur mondial et contribuer à la conception et à la réalisation d'un développement durable dans le monde à l'ère de la mondialisation de façon à permettre aux citoyens du monde entier de saisir les possibilités offertes par la mondialisation,

E.  considérant que le marché intérieur est un instrument important et efficace pour mettre en place une économie dynamique et compétitive reposant sur la connaissance et renforcer la compétitivité de l'Europe sur le marché mondial afin d'améliorer la qualité de vie de ses citoyens,

F.  considérant que la présente résolution, conformément au mandat du groupe de coordination stratégique de Lisbonne du PE et dans le respect des compétences des autres commissions du PE ne traitera pas de détails concernant la législation en cours et les processus de consultation;

Considérations générales

1.  souligne une fois de plus l'importance d'une mise en œuvre vigoureuse de la stratégie de Lisbonne, soulignant l'interdépendance des progrès économiques, sociaux et environnementaux dans la création d'une économie durable, dynamique et innovante;

2.  considère que le développement économique et la prospérité future en Europe dépendent de la façon dont on peut créer des conditions plus favorables à une croissance durable et à la création d'emplois et appréhender les possibilités et les défis résultant de la mondialisation, de l'évolution démographique et des menaces globales pour l'environnement; la stratégie de Lisbonne révisée et les lignes directrices intégrées constituent l'instrument commun mis en œuvre par l'Union européenne;

3.  estime qu'afin de garantir le succès de la stratégie de Lisbonne révisée, il est également nécessaire de renforcer le potentiel de croissance de l'Europe, qui est, à l'heure actuelle, à un niveau très bas, 2 % environ du PIB, insuffisant pour créer suffisamment d'emplois;

4.  fait observer que l'insuffisance de la demande intérieure, qui résulte du manque de confiance des consommateurs et des investisseurs, est l'un des problèmes majeurs auxquels l'économie européenne est confrontée ces dernières années; estime que la consommation doit être dopée par les augmentations de revenu induites par le développement de la productivité et de l'emploi;

5.  reconnaît que l'Union sera confrontée à l'avenir à de nombreux défis: une population qui commencera à décliner vers 2020, des pressions économiques accrues exercées par des compétiteurs mondiaux, une hausse des prix de l'énergie, le changement climatique et des déséquilibres sociaux; considère que l'Europe doit répondre à ces défis par un dosage politique approprié;

6.  constate que l'agenda de Lisbonne évolue de façon positive tout en observant que des lacunes subsistent en ce qui concerne sa mise en œuvre et que l'on ne perçoit pas suffisamment que le processus de développement européen vers davantage de croissance, de création d'emplois, de sécurité sociale et de protection environnementale n'est toujours pas à l'abri des crises;

7.  rappelle qu'en tant que plus gros importateur et exportateur mondial de marchandises, premier exportateur de services, et deuxième destination et origine des investissements directs étrangers, l'Union européenne est l'un des plus grands bénéficiaires de l'ouverture de l'économie mondiale; estime que dans ces conditions, il lui incombe largement de s'impliquer dans les questions internationales;

8.  se félicite de la dimension globale du processus de Lisbonne et observe que la stratégie de Lisbonne est une réponse européenne aux possibilités et aux risques inhérents à la mondialisation; souligne explicitement à cet égard l'importance de la coopération transatlantique ainsi que l'amélioration de la coopération avec d'autres acteurs de premier plan tels que la Chine, l'Inde, le Brésil et d'autres régions économiques dans le monde;

9.  préconise en principe l'adoption de mesures visant à combattre le protectionnisme, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Union européenne; préconise la collaboration et une approche équitable pour poursuivre les négociations sur le cycle de Doha;

10.  souligne la valeur indéniable d'une politique de stabilité et de croissance cohérente ainsi que l'importance de la stabilité macro‑économique en tant que source de la confiance sur laquelle repose la réalisation des objectifs de Lisbonne; fait observer que pour préserver la stabilité globale de l'économie, l'augmentation de la productivité du travail doit s'accompagner d'une répartition plus juste des fruits de la croissance et d'un renforcement de la cohésion sociale; rappelle à cet égard l'exigence que les hausses de salaires aillent de pair avec l'évolution à moyen terme de la productivité;

11.  souligne ‑ comme le fait la Commission ‑ que les économies des États membres sont fortement interdépendantes et que l'argument en faveur d'un programme commun de réformes est plus fort dans la zone euro;

12.  souligne qu'il est indispensable de sauvegarder la stabilité des marchés financiers et note que la récente crise des subprimes montre la nécessité pour l'UE de mettre en place des mesures de surveillance afin de renforcer la transparence et la stabilité des marchés financiers et de mieux protéger les clients; demande une évaluation des systèmes et instruments de surveillance prudentielle en place en Europe et demande instamment une étroite concertation avec le Parlement, débouchant sur des recommandations claires quant aux moyens d'améliorer la stabilité du système financier et sa capacité à assurer des finances sûres à long terme aux entreprises européennes;

13.  souligne que la subsidiarité est importante afin de permettre aux États membres d'adapter les politiques arrêtées d'un commun accord concernant la sécurité et la flexibilité aux pratiques et traditions spécifiques des marchés du travail nationaux;

14.  rappelle que la politique de cohésion est un principe fondamental des traités ainsi qu'un instrument de la réalisation des objectifs de Lisbonne en matière de croissance et d'emploi, jusqu'à 75% des fonds destinés à la politique de cohésion étant affectés à l'innovation et aux objectifs de Lisbonne; considère que la force de levier exercée par la politique de cohésion de l'UE en général et les fonds structurels et le fonds de cohésion en particulier doit être mise à profit pour la mise en œuvre de l'agenda de Lisbonne au niveau régional et que les résultats de ce processus doivent être suivis avec attention au niveau régional et local; estime que l'actuel développement économique favorable devrait encourager d'autres réformes; souligne la nécessité d'examiner quels ont été les effets de la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne au niveau régional, 2008 étant la première année permettant d'évaluer les résultats préliminaires de l'exercice d'affectation des fonds de la politique de cohésion;

15.  considère que la recherche scientifique et technologique constitue l'un des éléments clés de l'agenda de Lisbonne; approuve l'importance extrême attachée au développement de la recherche et convient que les États membres devraient prendre des mesures supplémentaires pour atteindre leurs objectifs en matière d'investissement R&D pour 2010 en indiquant comment les objectifs nationaux de R&D pour 2010 seront respectés et comment leurs stratégies de R&D contribueront à créer un Espace européen de la recherche; souligne que la transformation nécessaire pour arriver à une économie sobre en carbone en développant et en appliquant de nouvelles technologies, créera différentes possibilités pour l'UE; note les immenses possibilités offertes à l'économie européenne par le développement et la mise en œuvre de nouvelles technologies et de nouveaux services qui contribueront à la "décarbonisation" de l'économie mondiale; se félicite de la proposition de la Commission d'établir une "cinquième liberté" à cet égard ‑ la liberté de la connaissance ‑ complétant ainsi les quatre libertés de circulation des marchandises, des services, des personnes et du capital, ainsi que de mettre en commun les ressources de R&D de l'Union et des États membres afin d'assurer leur utilisation la plus efficace;

16.  se félicite des avancées et investissements importants dans les domaines de la politique industrielle et de la recherche; dans ce contexte, accueille l'Institut européen d'innovation et de technologie et le programme Galileo comme un moyen efficace d'allier les besoins d'innovation technologique à l'agenda de la recherche industrielle; se félicite des programmes européens GNSS (Galileo et EGNOS) en tant que projets clés pour l'UE; souligne les mérites de ces programmes pour l'économie et le public, et les avantages qu'ils présentent en termes de nouveaux services et de nouveaux marchés;

17.  considère que des réseaux d'excellence sont nécessaires afin de garantir le leadership de l'Europe dans les domaines économique et technologique; les États membres et les régions devraient soutenir le développement de pôles d'excellence ainsi que des mesures visant à encourager la concurrence et la coopération mutuelles afin de stimuler la culture de l'innovation; considère que la Commission, les États membres et les collectivités régionales et locales devraient prendre de nouvelles mesures afin de soutenir activement une coopération plus étroite entre les pouvoirs publics, les institutions de recherche, les universités et l'industrie;

18.  souligne qu'il est important que les entreprises, les autorités et les citoyens européens accomplissent avec succès la transition vers l'ère numérique et instaurent la société et l'économie fondées sur la connaissance préconisée dans l'agenda de Lisbonne; prône la poursuite du développement de la science et de la technologie dans la vie quotidienne des citoyens et la promotion d'une société de la connaissance inclusive pour tous;

19.  invite instamment les gouvernements des États membres et leurs administrations régionales, en tant que principaux employeurs, acheteurs et prestataires de services dans le marché intérieur à stimuler l'innovation en créant des marchés-pilotes pour des produits et des services innovants;

20.  note que les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle déterminant dans la création d'emplois et l'exploitation de nouvelles recherches; approuve vivement la loi sur les petites entreprises proposée par la Commission en tant que vecteur de la création de possibilités pour les PME, de la culture "Penser aux petits d'abord" et d'une approche politique intégrée pour débloquer les potentiels de croissance à toutes les étapes du cycle de vie des PME;

21.  souligne la possibilité d'aider les PME en réduisant leurs charges réglementaires, en améliorant leur accès aux contrats publics et en mettant en place un régime plus favorable au financement et à l'exploitation des innovations;

22.  reconnaît que, dans l'UE, les technologies innovantes doivent être plus rapidement traduites en nouveaux produits et services; soutient par conséquent la proposition de la Commission exigeant un "triangle" de la connaissance constitué de la recherche, de l'éducation et de l'innovation; espère des investissements plus efficaces dans les nouveaux savoir-faire, l'apprentissage tout au long de la vie et les systèmes modernes d'éducation/de formation;

23.  se félicite de ce que la Commission a entrepris de réduire les charges réglementaires et souscrit à l'objectif du mieux légiférer et encourage les États membres à adopter des mesures dans ce sens sans mettre en danger les droits de participation des citoyens et la protection des consommateurs; attend de la Commission et du Conseil qu'ils soient à la hauteur de leurs engagements définis dans l'accord interinstitutionnel "mieux légiférer"; note avec une vive préoccupation qu'un certain nombre de propositions législatives significatives présentées récemment par la Commission l'ont été sans évaluation des incidences préalable ou sans évaluation appropriée des effets de la législation antérieure dans le même domaine;

24.  souligne dans ce contexte la nécessité d'une approche nouvelle, globale à l'égard de la politique extérieure et commerciale mettant l'accent sur l'objectif consistant à assurer la prééminence de l'Europe concernant la fixation de règles et de normes dans le monde entier, facilitant ainsi les exportations européennes et garantissant que les importations répondent aux normes nécessaires; souligne que l'Europe doit maximiser son potentiel en tant que tremplin pour l'entrée des entreprises sur les marchés nouveaux et en tant que site attractif pour les investisseurs; la coopération réglementaire, la convergence des normes et l'équivalence des règles, notamment un contrôle renforcé de la conformité avec les normes européennes et la qualité des produits importés; demande que tous les accords commerciaux européens, bilatéraux ou régionaux en cours de négociation englobent des dispositions applicables concernant la mise en œuvre des normes fondamentales du travail et d'autres aspects du travail décent ainsi que des normes environnementales multilatérales;

25.  réaffirme qu'il considère comme indispensable l'avènement d'une société pouvant faire face à l'évolution vers une prise de décision économique plus inclusive; rappelle la décision des Conseils européens en soulignant qu'un niveau élevé de protection sociale est au cœur de la stratégie de Lisbonne; réaffirme qu'il est inacceptable que des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté et dans une situation d'exclusion sociale; réaffirme que tous les citoyens européens devraient avoir accès à un travail décent et à une vie décente, même après la retraite; soutient les nouvelles mesures visant à renforcer les politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale en vue de l'adoption d'une approche globale concernant le nouvel élan décisif donné à l'éradication de la pauvreté d'ici à 2010 et la possibilité pour tous les citoyens européens d'avoir accès aux droits fondamentaux; souligne le caractère juridique contraignant de la Charte européenne des droits fondamentaux dans le cadre du traité de réforme de Lisbonne; demande que le Conseil européen de printemps prenne l'engagement d'un agenda social ambitieux qui ait un impact concret sur les résultats de la stratégie de Lisbonne;

26.  rappelle – la cohésion sociale et territoriale étant l'une des composantes essentielles du marché intérieur –, l'importance d'améliorer la confiance des citoyens en promouvant des objectifs sociaux et environnementaux communs aux États membres tels que des emplois de qualité, l'égalité des chances, la protection de la santé et de l'environnement dans le respect de la diversité culturelle européenne; demande à la Commission d'assurer la mission protectrice de l'Europe dans ces domaines et d'y éviter la concurrence réglementaire entre États membres;

27.  considère que le renforcement de l'intégration du secteur des transports dans la stratégie de Lisbonne est nécessaire; souligne que conformément aux nouvelles lignes directrices intégrées, la priorité est accordée au transport durable, à la logistique et au développement des réseaux transeuropéens et invite les États membres à veiller à ce que les plans nationaux qui seront présentés au prochain Conseil européen de printemps 2008 reflètent ces priorités;

1.  Marché intérieur et stratégies – réponses à la mondialisation

28.  souligne qu'un marché intérieur efficace et une économie sociale de marché équilibrée constituent le plus fort élément de compétitivité pour l'Europe. Pour les investisseurs de pays tiers, le marché intérieur offre des avantages tels que des conditions équitables et la libre circulation. Toutefois, l'entrée dans le marché intérieur devrait s'accompagner d'une ouverture analogue des pays tiers aux économies développées et émergentes à l'égard des investisseurs de l'UE. Le marché intérieur est le facteur clé favorisant les investissements étrangers et l'accroissement des échanges avec les pays tiers; il nous appartient en outre de créer les meilleures conditions générales possibles pour les entreprises européennes, notamment une meilleure réglementation, une bonne gouvernance, une concurrence loyale et équitable, le bon fonctionnement du marché du capital risque et la commercialisation des résultats en matière de recherche et d'innovation;

29.  invite instamment les États membres à placer la compétitivité de l'Europe au cœur de leurs politiques et à faire de l'achèvement du marché intérieur une priorité, en particulier grâce à la mise en œuvre appropriée et dans les délais requis des directives concernant le marché intérieur, la suppression des obstacles injustifiés aux marchés nationaux; rappelle cependant que l'instauration du marché unique était fondée sur la concurrence, la coopération et la solidarité, principes qui demeurent fondamentaux pour que continue de se réaliser le marché unique au vingt-et-unième siècle; souligne qu'il doit être développé grâce à des règles de concurrence équitables, un système de protection sociale et un système fiscal performants ainsi que grâce à un haut niveau de protection des consommateurs;

30.  souligne la nécessité d'achever le marché intérieur et d'effectuer les réformes nécessaires; invite les États membres à ratifier les mesures encore en suspens nécessaires à la création d'un marché intérieur des services financiers et à veiller à ce que leurs régulateurs nationaux encouragent de nouveaux prestataires de services et de nouveaux produits tout en garantissant des conditions équitables et une transparence et une certitude juridique appropriées des intérêts des investisseurs individuels; estime que les nouvelles initiatives politiques destinées à l'achèvement du marché unique devraient être guidées davantage par une analyse de l'impact qu'elles auront sur les différents marchés, les secteurs économiques et sur l'environnement ainsi que dans le domaine social;

31.  souligne la nécessité d'un niveau approprié de protection des droits de propriété intellectuelle et soutient l'initiative vers un système de brevets fiable, efficace et économiquement raisonnable qui fournirait des incitations à l'investissement et aux efforts de recherche et favoriserait la capacité d'innovation en particulier pour les PME; invite instamment les trois institutions à oeuvrer ensemble à un consensus politique sur une réelle amélioration du système de brevets qui permette aux citoyens de profiter des nouveaux produits et services à des prix raisonnables;

32.  note que les instruments fondés sur le marché comportent une large série d'instruments politiques qui sont de plus en plus utilisés pour atteindre les objectifs environnementaux; estime que les instruments fondés sur le marché tels que les taxes, prélèvements et échanges de quotas d'émissions peuvent favoriser une attribution efficace des ressources naturelles et contribuer dans ce contexte à la réalisation des objectifs de l'agenda de Lisbonne;

33.  réaffirme son point de vue sur les avantages d'une réorientation de la charge fiscale de la main-d'œuvre vers l'environnement comme un moyen efficace de résoudre à la fois les problèmes d'environnement et d'emploi; estime qu'il convient de diminuer la pression exercée sur le travail afin de créer davantage d'emplois et de lutter contre l'économie souterraine;

34.  considère que si l'on veut atteindre les objectifs de la sécurité d'approvisionnement énergétique, d'une mobilité durable des citoyens européens et de la garantie de l'énergie à des prix raisonnables et équitables, il convient d'appliquer la même stratégie que pour une protection du climat ambitieuse;

35.  invite par conséquent la Commission à traduire dans les faits rapidement et avec cohérence les décisions du Sommet de printemps 2007 et à faire des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique les priorités d'une politique commune de l'énergie;

36.  souligne qu'une tâche importante de l'UE et des autres pays industrialisés est de passer à une économie à faible consommation d'énergie reposant sur des sources renouvelables; un moyen efficace d'y parvenir est l'application de technologies qui sont d'ores et déjà disponibles, mais pour lesquelles nous devons mettre en œuvre des actions politiques ambitieuses, comportant des sanctions incitatives et multilatérales s'appliquant aux pays qui ne sont pas prêts à supporter leur part de la charge; souligne que la transformation nécessaire pour arriver à une économie durable, sobre en énergie, intensive et sobre en carbone en développant et en appliquant de nouvelles technologies, créera différentes possibilités pour l'UE;

37.  souligne l'importance de la politique des transports pour lutter contre le changement climatique et pour faire face à de nouvelles préoccupations environnementales; préconise instamment des politiques qui réduisent les transports inutiles grâce à une série de mesures et demande que les réseaux de transport transeuropéens fassent l'objet d'une véritable évaluation stratégique de leurs incidences sur l'environnement;

38.  demande aux États membres d'étendre rapidement les réseaux de transport transeuropéens interconnectés, interopérables, avec une attention particulière pour les besoins dans les nouveaux États membres dans le cadre d'une politique des transports efficace, durable et respectueuse de l'environnement; invite la Commission et les États membres à appliquer le dosage politique approprié afin d'exploiter pleinement les possibilités offertes par de nouveaux systèmes de transport respectueux de l'environnement et intelligents et des innovations technologiques;

39.  considère par conséquent qu'il est capital de veiller à ce que la future demande en services logistiques soit compatible avec une moindre incidence environnementale et une réduction des émissions de gaz à effet de serre; les transports durables dépendent de la capacité des décideurs politiques au niveau européen, national et régional d'offrir des incitations efficaces afin que les acheteurs de véhicules, les transporteurs et les fabricants poursuivent leurs efforts afin de créer un marché logistique plus favorable à l'environnement;

2.  Marché du travail et investissement dans les personnes

40.  reconnaît que la stratégie communautaire en faveur de la croissance et de l'emploi se révèle efficace tout en soulignant que ces bons résultats n'ont pas profité à tous les citoyens de l'UE; souligne que, pour être en mesure de faire face à la mondialisation et au défi démographique, il est de la plus grande importance de doter chacun des capacités et des possibilités nécessaires afin d'attirer davantage de personnes sur le marché de l'emploi et de faire du travail une réelle option pour chacun, en particulier par le biais de mesures s'adressant à ceux qui sont le plus éloignés du marché du travail;

41.  souligne que, afin de garantir la libre circulation et la mobilité sur le marché du travail, le Conseil doit sans retard adopter les directives concernant l'organisation du temps de travail, les conditions de travail des travailleurs temporaires et la portabilité des droits à pension et réviser le Conseil européen du travail; souligne que la suppression des obstacles à la mobilité sur le marché du travail européen permet une meilleure protection des travailleurs européens; note que l'Union européenne doit s'efforcer d'expliquer à ses citoyens les avantages d'une approche qui allie efficacement l'élargissement, l'intégration, la solidarité et la mobilité professionnelle;

42.  réaffirme que l'Europe ne peut se permettre d'avoir le plus grand nombre de personnes sans emploi et inactives; le modèle social européen sera forcément affecté par les désordres qui se produisent dans le monde; pour faire face au défi démographique et garantir la pérennité des finances publiques, l'Europe doit poursuivre des réformes du marché du travail et des systèmes de protection sociale afin de renforcer les incitations au travail et de fournir les opportunités et les capacités permettant de faire face aux changements et de faciliter le retour à un travail rémunéré; si elle veut maintenir sa compétitivité sur la scène mondiale, l'UE doit entreprendre de nombreuses réformes; le niveau de confiance entre les entreprises et les travailleurs qu'elle suppose augmentera avec le renforcement du dialogue social; souligne l'importance de mettre en oeuvre les principes communs de flexisécurité, de façon approfondie et équilibrée à la fois pour les employeurs et les travailleurs;

43.  souligne que le travail flexible est de plus en plus demandé à la fois par l'employeur et par le travailleur et que, face aux défis du changement démographique, il constitue un moyen éprouvé d'augmenter la participation des femmes et de prolonger la vie professionnelle des travailleurs âgés; rappelle que l'éducation, la qualification et la formation font partie d'une conception optimale de l'emploi et qu'il convient d'accorder une attention particulière aux incitations sociales en faveur de la famille, notamment des infrastructures de garde d'enfants, qui sont l'une des conditions préalables à l'amélioration de la participation à la vie active des femmes; soutient l'adoption d'une série équilibrée de principes communs concernant la flexisécurité, combinant la flexibilité et la sécurité pour les employeurs et les travailleurs sur le marché de l'emploi; encourage les États membres à intégrer ces principes communs dans leurs consultations sur les programmes nationaux de réforme avec les partenaires sociaux et souligne le rôle central des mesures conciliant la vie professionnelle et la vie familiale ou privée, la promotion de l'égalité des chances pour tous, la formation et la formation continue, des politiques actives du marché du travail, une protection sociale appropriée et la fin de la segmentation du marché du travail grâce à la garantie de droits à l'emploi pour tous les travailleurs;

44.  reconnaît la contribution de marchés du travail flexibles et efficaces à l'intégration sociale grâce à la création de possibilités d'emploi pour toutes les catégories de la société; invite instamment les États membres à libéraliser la réglementation relative à l'emploi et à investir dans la formation et des politiques du marché du travail actives de façon à créer les meilleures conditions possibles en faveur d'un niveau d'emploi élevé et de la mobilité des travailleurs;

45.  note avec préoccupation la tendance à une inégalité croissante des revenus et des richesses dans les États membres; considère qu'une telle tendance devrait être combattue à l'aide de mesures appropriées au niveau national et européen afin de réaliser une société plus solidaire et de s'assurer que les citoyens sont conscients de bénéficier de la croissance;

46.  note que certains États membres ont introduit le concept d'un salaire minimum; suggère que d'autres États mettent leur expérience à profit;

47.  se félicite du programme communautaire de Lisbonne 2008‑2010 de la Commission qui propose un programme où les priorités sont mieux cernées avec seulement 10 objectifs clés qui peuvent être atteints au cours de la période 2008‑2010; souligne cependant que la plus grande chance qu'offre la stratégie de Lisbonne est de relier entre eux, en une seule stratégie de réforme, différentes exigences de réformes et des instruments économiques, environnementaux et relatifs à l'emploi; demande par conséquent à la Commission de s'en tenir à cette approche cohérente et intégrée d'un dosage approprié de mesures et de ne pas la démanteler en adoptant des mesures isolées;

3.  Évaluation des progrès et suivi de la stratégie de Lisbonne

48.  se félicite des efforts déployés par la Commission afin d'alléger la bureaucratie, en particulier en vue d'aider les petites et moyennes entreprises et d'améliorer l'évaluation de l'impact législatif; en même temps, déplore que le Parlement et la Commission ne soient toujours pas parvenus à un accord sur le type d'évaluation requis; à cet égard, préconise à nouveau un examen indépendant, externe d'une telle évaluation;

49  se félicite de l'objectif de la Commission de réduire la charge administrative qui pèse sur les entreprises; attend des indications concrètes sur la façon dont cet objectif est poursuivi tout en assurant des conditions de bonne gouvernance; souligne que tous les niveaux de gouvernement peuvent contribuer à atteindre cet objectif et devraient par conséquent être associés aux décisions politiques s'y rapportant; demande, en vue de la réduction de la bureaucratie et de la simplification de la législation européenne, un contrôle clair en vue de déterminer dans quelle mesure la marge de manœuvre ménagée par les actes législatifs européens est véritablement exploitée par les États membres pour tenir compte des spécificités nationales et des goulets d'étranglement des innovations, au moment de leur transposition;

50.  considère que les États membres et les parties intéressées au niveau national, régional et local, sont les principaux acteurs de la mise en œuvre des objectifs de Lisbonne; souligne que les pays qui sont ouverts à la concurrence externe, mettent en œuvre des réformes et poursuivent l'équilibre budgétaire de même que des investissements publics et privés de haute qualité sont ceux qui ont enregistré la plus forte croissance et ont créé le plus d'emplois; regrette la visibilité encore faible de la stratégie de Lisbonne dans les politiques nationales de plusieurs États membres; est d'avis que la mobilisation de tous les acteurs économiques est essentielle à une mise en œuvre effective de cette stratégie; estime en particulier qu'un engagement accru des partenaires sociaux, des parlements nationaux, des autorités régionales et locales et de la société civile améliorera les résultats de la stratégie de Lisbonne et la qualité du débat public sur les réformes appropriées; appuie la proposition faite par la Commission aux États membres de renforcer la collaboration avec les parlements nationaux et régionaux tout en prévoyant des débats annuels sur la mise en œuvre des PNR;

51.  souligne l'importance de l'engagement des collectivités et des acteurs régionaux et locaux pour l'ampleur autant que pour le caractère novateur des réalisations; se félicite dans ce contexte de l'intérêt soutenu que le Comité économique et social européen et le Comité des régions portent au suivi de l'ampleur de la participation à la stratégie de Lisbonne;

52.  rappelle que les lignes directrices intégrées fournissent un important instrument de coordination, un cadre commun permettant à divers États membres de poursuivre leur agenda de réformes nationales; considère que l'analyse et les résultats fournis par les États membres montrent que les lignes directrices s'avèrent efficaces mais qu'une amélioration s'impose s'agissant de l'adaptation aux nouvelles conditions économiques et de l'emploi, ainsi que du suivi ou de l'évaluation comparative de la situation des États membres; préconise une application et une mise en oeuvre plus approfondies des indicateurs et des objectifs;

53.  se félicite des rapports par pays rédigés par la Commission ; exige toutefois une approche plus systématique qui mette l'accent sur les succès comme sur les manquements; appuie la proposition de la Commission d'introduire des "points à observer" particuliers en tant qu'éléments de la surveillance multilatérale et en tant qu'occasions d'améliorer les réponses politiques nationales;

54.  considère l'absence de contrôle approprié comme un obstacle majeur à des choix politiques bien informés; souligne à cet égard qu'une utilisation bien meilleure pourrait être faite de l'expertise et des connaissances à disposition dans les agences européens décentralisées dans le domaine de leurs compétences respectives;

55.  se félicite par conséquent de la décision du Conseil de 2006 de remédier à l'absence de données concernant la surveillance et de demander au Comité des régions de rédiger sa "stratégie pour la croissance et l'emploi" impliquant 104 régions et villes de l'UE et procédant à un échange de vues sur la mise en œuvre de la politique de Lisbonne – une étude qui doit être présentée au Conseil du printemps de 2008; souligne que cette étude révélera si l'affectation des fonds structurels peut augmenter la part des dépenses au titre des fonds structurels en faveur de l'innovation et de l'environnement; attend de cette étude qu'elle évalue la valeur ajoutée de la régionalisation de la stratégie de Lisbonne;

56.  considère que l'incertitude règne lorsqu'il s'agit d'évaluer le succès de l'agenda de Lisbonne ou de façon plus générale, les indicateurs adaptés pour mesurer les "progrès"; estime clairement toutefois que l'analyse des succès et des échecs ne peut être limitée à des indicateurs économiques tels que le RNB, étant donné que celui-ci est – au mieux – un indicateur de la création de richesse dans une période donnée mais ne fournit pas d'information fiable sur le niveau de prospérité au sein d'une société donnée et est loin de fournir quelque indice que ce soit concernant le coût social et environnemental d'une création de richesse additionnelle;

57.  affirme la nécessité d'élaborer et de mettre en œuvre une approche pluridimensionnelle afin d'évaluer le bien‑être humain au‑delà des critères du PIB; se félicite par conséquent des délibérations de l'OCDE lors de son deuxième forum mondial "Mesurer et favoriser le progrès des sociétés" qui s'est tenu cette année à Istanbul et des discussions ayant pour cadre la conférence "Au-delà de la croissance", organisée au Parlement européen à l'invitation de la Commission début décembre 2007, étant donné que des informations fiables sont importantes pour des choix politiques informés;

58.  salue le travail entrepris par les différentes DG de la Commission en vue d'élaborer des indicateurs nouveaux et qualitatifs; insiste pour que ces indicateurs, qu'ils concernent la dimension sociale comme l'indicateur de pauvreté ou environnementale, comme l'indicateur de biodiversité soient utilisés dans de futures évaluations des programmes de Lisbonne nationaux et soient intégrés dans le suivi effectué par la Commission; ceci créera une série d'indicateurs plus complexes permettant de mesurer le succès de la stratégie de Lisbonne;

59.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission ainsi qu'aux parlements des États membres et des pays candidats.

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