PROPOSITION DE RÉSOLUTION sur la reconstruction d'Haïti un an après le séisme
11.1.2011
conformément à l'article 110, paragraphe 2, du règlement
Charles Tannock, Emma McClarkin au nom du groupe ECR
Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B7-0023/2011
B7‑0025/2011
Résolution du Parlement européen sur la reconstruction d'Haïti un an après le séisme
Le Parlement européen,
– vu les conclusions de la conférence ministérielle préparatoire organisée à Montréal le 25 janvier 2010,
– vu le débat sur le séisme en Haïti organisé au Parlement européen le 19 janvier 2010 avec Mme Ashton, haute représentante,
– vu les conclusions de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres des affaires étrangères qui a eu lieu à Bruxelles le 18 janvier 2010,
– vu la résolution du Parlement européen adoptée le 10 février 2010 sur le séisme en Haïti,
– vu l'article 110, paragraphe 2, de son règlement,
A. considérant qu'un séisme d'une magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter a frappé Haïti le 12 janvier 2010, suivi de nombreuses répliques de magnitude élevée qui continuent de toucher le pays, provoquant des dégâts catastrophiques à Port-au-Prince, à Jacmel et dans d'autres villes de la région, notamment à des bâtiments publics, à des infrastructures essentielles et dans les zones les plus densément peuplées,
B. considérant que 222 750 personnes ont péri pendant le tremblement de terre, 1,7 million se sont retrouvées sans abri, 60 % des hôpitaux et 5 000 écoles ont été détruits et 3 millions de personnes ont été affectées, le coût total des répercussions s'élevant au total à quelque 7,8 milliards de dollars,
C. considérant que les États membres de l'Union ont promis près de 201 millions d'euros pour l'aide d'urgence; qu'en outre, les fonds affectés par la Commission à l'aide humanitaire d'urgence s'élevaient au total à 120 millions d'euros,
D. considérant que l'Union européenne était le premier donateur au monde pour Haïti, promettant 1,2 milliards d'euros pour l'aide au gouvernement haïtien dans tous les domaines à court et à long terme; que l'Union a engagé quelque 600 millions d'euros, soit plus de la moitié des fonds promis; que la Commission a promis 522 millions d'euros et engagé 330 millions d'euros,
1. salue les efforts déployés par les autorités haïtiennes et la société civile, ainsi que par les Nations unies, les ONG et les autres donateurs bilatéraux pour apporter de l'aide au peuple haïtien et rend hommage au travail des organisations humanitaires et des personnes venues de toute l'Union au cours de l'année dernière;
2. observe qu'une évolution positive s'est produite sur certains aspects humanitaires de la situation, dans des domaines comme la réunification familiale, l'évaluation des structures endommagées et la fourniture des denrées alimentaires, de l'aide médicale et des abris d'urgence, les programmes de déblaiement ainsi que les tentatives visant à stimuler l'économie et à créer des emplois;
3. fait observer que l'intervention de l'Union s'est portée sur trois domaines principaux, conformément aux priorités des autorités haïtiennes et selon la répartition des tâches avec les États membres, à savoir l'infrastructure, l'aide à l'État et les abris d'urgence;
4. reconnaît que l'aide d'urgence doit être apportée parallèlement aux programmes prévoyant des évaluations permanentes des dommages structurels et la reconstruction de maisons et d'infrastructures sanitaires plus sûres;
5. souligne les effets dévastateurs de la récente épidémie de choléra et la charge accrue que celle-ci représente pour le peuple haïtien et les travailleurs humanitaires;
6. fait observer qu'après chaque crise humanitaire, l'infrastructure détruite représente le défi principal, notamment dans un pays pauvre; souligne qu'il y a lieu de continuer à trouver des solutions efficaces pour mettre en place une infrastructure de base afin de s'assurer que l'aide de base (nourriture, eau, médicaments et draps) parvienne à la population;
7. insiste pour que l'Union accorde la priorité à fournir des moyens de génie civil, en mettant l'accent sur les soins médicaux d'urgence, l'eau et les services d'assainissement, les installations médicales, les abris, les moyens logistiques, les télécommunications, l'éducation et la nourriture;
8. soutient l'action de l'Union visant à relancer la production alimentaire locale par la réhabilitation des infrastructures endommagées et la mise à disposition du matériel nécessaire aux petits agriculteurs (semences, engrais et outils);
9. demande à la Commission de faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les programmes de type "argent contre travail", essentiels pour que la population dispose d'argent, ainsi que pour aider à la reprise du fonctionnement du système bancaire; souligne que la reconstruction doit se faire en consultant et en associant le peuple haïtien;
10. invite instamment la Commission à continuer à développer sa politique d'anticipation et à avoir une aide permanente en place dans des lieux stratégiques, de façon à ce que l'aide d'urgence de l'Union puisse être déployée plus rapidement, contribuant ainsi à une réaction plus prompte au cours des premières phases décisives qui suivent une catastrophe;
11. exprime sa vive préoccupation au sujet du bien-être des groupes les plus vulnérables et des personnes déplacées, notamment les femmes et les enfants; demande à l'Union de faire tout ce qui est en son pouvoir pour prendre en charge les enfants orphelins, non accompagnés et séparés et empêcher leur enlèvement inapproprié ou illicite d'Haïti;
12. souligne qu'avant le séisme, Haïti était déjà l'un des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental, une grande partie de sa population dépendant de l'aide internationale pour ses denrées de consommation courante; souligne, compte tenu de l'inefficacité des infrastructures et des services sociaux ainsi que de l'affaiblissement du gouvernement, que le temps est venu d'aider Haïti à devenir un pays économiquement et politiquement fort et autonome;
13. demande instamment aux autorités d'Haïti d'assurer les conditions nécessaires à des élections libres et transparentes, et invite le peuple haïtien à participer au second tour des élections de manière pacifique;
14. estime que la stabilité et le fonctionnement démocratique d'Haïti sont une condition préalable permettant de garantir que l'Union européenne et la communauté internationale coopèrent avec un partenaire légitime, capable de définir les besoins prioritaires de son pays;
15. demande à la communauté internationale de profiter de l'occasion pour s'attaquer une fois pour toutes aux causes profondes de la pauvreté en Haïti et d'aider le pays à sortir de cette catastrophe sous la forme d'une démocratie pleinement opérationnelle dotée d'une économie capable de subvenir aux besoins de sa population; invite à nouveau tous les membres du Club de Paris à respecter l'engagement qu'ils ont pris en 2009 d'annuler la dette internationale d'Haïti et demande à tous les autres pays d'en faire autant;
16. charge son Président de transmettre la présente résolution à la haute représentante de l'Union européenne, au président de la Commission européenne, au président et au gouvernement d'Haïti, au secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies ainsi qu'aux gouvernements des États membres.