Proposition de résolution - B7-0275/2013Proposition de résolution
B7-0275/2013

PROPOSITION DE RÉSOLUTION sur les préparatifs de la réunion du Conseil européen (27-28 juin 2013) – action européenne pour lutter contre le chômage des jeunes

10.6.2013 - (2013/2673(RSP))

déposée à la suite de déclarations du Conseil et de la Commission
conformément à l'article 110, paragraphe 2, du règlement

Mara Bizzotto, Rolandas Paksas, Juozas Imbrasas, Jaroslav Paška au nom du groupe EFD

Procédure : 2013/2673(RSP)
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B7-0275/2013
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B7-0275/2013
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B7‑0275/2013

Résolution du Parlement européen sur les préparatifs de la réunion du Conseil européen (27-28 juin 2013) – action européenne pour lutter contre le chômage des jeunes

(2013/2673(RSP))

Le Parlement européen,

–   vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, et notamment ses articles 5, 6, 9, 14, 147, 148, 149, 151 et 153, et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et notamment ses articles 24, 25, 26, 29, 33, 34, 35 et 36,

–   vu la communication de la Commission du 20 décembre 2011 intitulée "Initiative sur les perspectives d'emploi des jeunes" (COM(2011)0933),

–   vu la communication de la Commission du 5 décembre 2012 intitulée "Faire accéder les jeunes à l'emploi" (COM(2012)0727),

–   vu la décision de la Commission du 26 novembre 2012, portant application du règlement (UE) n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la compensation des offres et des demandes d'emploi et le rétablissement d'EURES,

–   vu la communication de la Commission du 18 avril 2012 intitulée "Vers une reprise génératrice d'emplois",

–   vu les déclarations du Conseil et de la Commission sur les préparatifs de la réunion du Conseil européen (27-28 juin 2013),

–   vu l'article 110, paragraphe 2, de son règlement,

A. considérant que, dans l'Union, 22,8 % des jeunes sont actuellement au chômage et que, dans certains États membres, ce chiffre s'élève à plus de 50 %;

B.  considérant que 8,3 millions d'Européens âgés de moins de 25 ans ont quitté le système scolaire, sont sans emploi ou ne suivent pas de formation (NEEF: ni emploi, ni aux études, ni en formation); considérant que ce chiffre continue à augmenter et que ces jeunes risquent de devenir une "génération perdue";

C. considérant que 10 % des citoyens de l'Union vivent dans des ménages sans emploi;

1.  est déçu par la prolifération croissante des initiatives aussi vagues que peu concluantes prises dans le domaine de l'emploi des jeunes;

2.  souligne que toutes les pressions exercées par l'Union européenne sur les États membre par ces initiatives seront vouées à l'échec, étant donné que les causes profondes du chômage des jeunes tiennent à des tendances plus larges qui échappent au champ d'action des États membres; estime que la Commission cherche purement et simplement à faire porter la responsabilité aux États membres en leur demandant de traduire dans les faits des mesures et des résultats irréalisables;

3.  estime que les initiatives de la Commission ne permettent pas d'identifier les causes réelles du chômage des jeunes, à savoir l'aggravation de la faillite et de la délocalisation des entreprises européennes; souligne que, la crise menant un nombre de plus en plus grand d'entreprises à l'insolvabilité, il n'existera bientôt plus de structures capables d'offrir aux jeunes un stage ou un emploi, indépendamment des efforts des États membres pour se conformer aux lignes directrices du train de mesures de la Commission pour l'emploi;

4.  souligne que l'insolvabilité croissante des entreprises ne se limite plus aux États membres qui connaissent les plus grandes difficultés mais qu'elle peut également être observée dans toute l'Union, comme en témoigne la diversité croissante des demandes d'intervention du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM); souligne que, de ce fait, on ne peut espérer de reprise de la croissance ni à court terme ni à long terme, en dépit des initiatives de la Commission; relève que, faute d'un réseau industriel fort, les États membres ne seront pas capables de répondre à l'espoir de la Commission de les voir assurer des emplois aux jeunes chômeurs; estime que la réorientation vers une économie verte prônée par la stratégie Europe 2020 va signer l'arrêt de mort de ce qui reste du réseau industriel de l'Europe et engendrer une nouvelle hausse radicale du chômage;

5.  encourage une plus grande coordination entre les universités et les entreprises mais souligne également que ces mesures seules ne suffiront pas pour réduire le chômage, étant donné que toute tentative pour adapter l'enseignement et la formation au marché du travail sera vaine, si elle ne s'accompagne pas d'actions visant à prévenir la fermeture et la délocalisation des entreprises, qui sont précisément les organisations capables d'absorber le flux des jeunes diplômés et des jeunes qui ont suivi avec succès d'autres types de formation;

6.  souligne que les efforts déployés par la Commission pour encourager la migration en masse ne sont qu'un moyen de se laver les mains de la catastrophe financière et sociale qui dévaste les États membres du sud; observe que l'accent mis par la Commission sur la mobilité géographique encourage tacitement la migration en masse des États membres les plus en difficulté vers les États membres les plus stables; estime que la Commission ferait mieux de s'employer à rétablir le bien-être social et la stabilité dans toute l'Union plutôt que d'encourager la migration du Sud vers le Nord; voit dès lors d'un mauvais œil l'élargissement d'EURES à la politique de l'emploi des jeunes, même s'il reconnaît l'importance pour les jeunes doués d'étudier à l'étranger, et les encourage à poursuivre de telles expériences;

7.  invite instamment la Commission à assumer la responsabilité de préserver l'économie européenne en mettant un terme aux accords commerciaux inéquitables avec les pays tiers et en dégageant de charges administratives, financières et environnementales excessives les PME, étant donné que ces charges constituent la cause première de l'effondrement du réseau industriel européen;

8.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.