Procédure : 2016/2699(RSP)
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PV 08/06/2016 - 12.17
CRE 08/06/2016 - 12.17
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PROPOSITION DE RÉSOLUTION
PDF 204kWORD 89k
1.6.2016
PE596.892v01-00
 
B8-0726/2016

déposée à la suite d'une déclaration de la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

conformément à l'article 123, paragraphe 2, du règlement


sur la situation au Venezuela (2016/2699(RSP))


Javier Couso Permuy, Marina Albiol Guzmán, João Pimenta Lopes, Neoklis Sylikiotis, Miguel Viegas, João Ferreira, Eleonora Forenza, Paloma López Bermejo, Takis Hadjigeorgiou, Sofia Sakorafa au nom du groupe GUE/NGL

Résolution du Parlement européen sur la situation au Venezuela (2016/2699 (RSP))  
B8-0726/2016

Le Parlement européen,

–  vu l'objectif énoncé au chapitre 1er, article 1er, paragraphe 2, de la charte des Nations unies de 1945: "développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde",

–  vu l'article 1er du pacte international relatif aux droits civils et politiques et l'article 1er du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui disposent que "tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes" et qu'"en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel",

–  vu la déclaration du sommet des chefs d'État ou de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) et de l'Union européenne du 27 janvier 2013, dans laquelle les signataires réaffirment leur attachement à tous les buts et principes énoncés dans la charte des Nations unies ainsi que leur soutien à tous les efforts déployés afin de préserver l'égalité souveraine de tous les États et de respecter leur intégrité territoriale et leur indépendance politique,

–  vu la Proclamation de l'Amérique latine et de la Caraïbe comme zone de paix, entérinée lors des sommets de la CELAC qui se sont tenus à La Havane (Cuba) en 2014, à Belén (Costa Rica) en 2015 et à Quito (Équateur) en 2016,

–  vu la déclaration politique et la déclaration de Bruxelles du Sommet des chefs d'État et de gouvernement UE-CELAC des 10 et 11 juin 2015, dans laquelle les signataires réaffirment leur attachement à l'ensemble des buts et principes consacrés dans la charte des Nations unies et confirment leur décision de soutenir tous les efforts déployés pour assurer l'égalité souveraine de tous les États, respecter leur intégrité territoriale et leur indépendance politique et régler les différends par des voies pacifiques et conformément à la justice et au droit international, et saluant le fait que la CELAC a déclaré que l'Amérique latine et la Caraïbe constituent une zone de paix,

–  vu le principe de non-intervention consacré dans la charte des Nations unies,

–  vu la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948,

–  vu la réélection de la République bolivarienne du Venezuela en tant que membre du Conseil des droits de l'homme des Nations unies en octobre 2015, et les conclusions du dernier examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme sur le Venezuela,

–  vu la convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961,

–  vu la dernière déclaration du 23 mai 2016 du secrétaire général de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) à la suite de la visite de cette dernière au Venezuela,

–  vu la déclaration du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, du 21 mai 2016,

–  vu la décision Tribunal suprême de justice du Venezuela relative à la constitutionnalité du décret n° 2323 sur l'état d'urgence et l'urgence économique pris par le gouvernement,

–  vu l'initiative du président Nicolás Maduro concernant la création et la mise en place d'une commission pour la vérité et l'indemnisation des victimes de la violence, conformément à l'état de droit et dans le respect de l'ordre constitutionnel,

–  vu les déclarations antérieures du Mercosur, de l'UNASUR et de la CELAC sur la situation au Venezuela et, en particulier, les déclarations des trois organisations rejetant les mesures coercitives unilatérales prises par les États-Unis à l'encontre de la République bolivarienne du Venezuela,

–  vu les déclarations d'Adolfo Pérez Esquivel, lauréat argentin du prix Nobel de la paix, et du pape François, sur le Venezuela,

–  vu les déclarations sur le Venezuela de la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, notamment la déclaration la plus récente de sa porte-parole le 24 février 2015,

–  vu ses résolutions antérieures sur le Venezuela, notamment celles du 24 mai 2007(1), du 23 octobre 2008(2), du 7 mai 2009(3), du 11 février 2010(4), du 8 juillet 2010(5), du 24 mai 2012(6), du 27 février 2014(7), du 18 décembre 2014(8) et du 9 mars 2015(9),

–  vu la communication officielle du secrétaire général de l'UNASUR du 28 mai 2016, et les déclarations antérieures de Leonel Fernández, l'ancien président de la République dominicaine, lors d'une visite d'une délégation économique du Venezuela,

–  vu l'article 123, paragraphe 2, de son règlement,

A.  considérant qu'une guerre économique est menée par certains secteurs économiques au Venezuela, qu'elle s'amplifie depuis quelques mois, se traduisant par des hausses de prix, de la contrebande et le stockage de marchandises; considérant que la paix et la souveraineté du Venezuela sont menacées, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, alors même que le pays doit faire face à de terribles problèmes sociaux, économiques, politiques, naturels et environnementaux;

B.  considérant que le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela a, à plusieurs occasions, dénoncé les menées déstabilisatrices de l'opposition contre la paix et la stabilité démocratique dans le pays et contre le peuple vénézuélien, comme en témoigne l'opération Jéricho survenue le 12 février 2014, tentative de coup d'état contre le gouvernement démocratiquement élu, programmée par l'opposition d'extrême-droite et financée et appuyée par le gouvernement des États-Unis avec l'aide d'un certain nombre de hauts gradés de l'armée vénézuélienne, et comme en témoignent également l'accentuation, au cours de ces derniers mois, de la guerre économique, l'incitation aux actes de violence contre les civils, les institutions publiques, l'armée et la police et le sabotage des services publics, dans lesquels ont été impliqués des responsables de l'opposition, parmi lesquels figurent le maire de Caracas, Antonio Ledezma, María Corina Machado et Leopoldo López, qui se sont rendus de coupables de crimes graves et essaient à présent de manipuler l'opinion publique internationale en se faisant passer pour des "prisonniers politiques";

C.  considérant que le maire de Caracas, Antonio Ledezma, a été arrêté à la suite d'un mandat délivré par le bureau du procureur général et accusé de conspiration et d'association de malfaiteurs pour son implication présumée dans un complot; que les deux délits dont il est accusé sont définis et sanctionnés par le code pénal vénézuélien et la loi organique contre la criminalité organisée et le financement du terrorisme;

D.  considérant que la violence, orchestrée par l'extrême-droite vénézuélienne, est en partie responsable des meurtres de nombreux dirigeants du parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), à savoir Omar Arcadio Guararima et Jhonny Rodríguez en 2013; Juancho Montoya, Eliézer Otaiza, Efraín Enrique Larreal et Robert Serra en 2014; Dimas Gómez Chirinos, César Cristóbal Grisel Salazar, José Coraspe et Jean Carlos Añanguren en 2015; et Alfredis José Escandela Sánchez, Ricardo Durán, César Vera et Marco Tulio Carrillo en 2016, sans mentionner, pas plus tard que le 28 mai dernier, le meurtre d'un général de division en retraite et ancien commandant de la milice nationale bolivarienne, Félix Velásquez, tué par balles à Caracas; considérant que le ministre de l'intérieur, de la justice et de la paix, Gustavo González López, a indiqué que deux des suspects arrêtés pour ce meurtre sont des membres actifs de la police de Chacao, une force aux ordres du maire de Caracas qui soutient l'opposition;

E.  considérant qu'en décembre 2014, le président des États-Unis, Barak Obama, a annoncé un projet de loi, adopté par le Sénat américain, qui proroge jusqu'en 2019, les sanctions unilatérales et extraterritoriales appliquées par les États-Unis à l'encontre du peuple et du gouvernement bolivarien du Venezuela; considérant que l'ensemble des 33 pays d'Amérique latine et des Caraïbes ont condamné et rejeté ces sanctions unilatérales imposées au Venezuela par les États-Unis; considérant que dans la déclaration de Bruxelles du deuxième sommet UE-CELAC, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union ont pris note du rejet, par la CELAC, des sanctions des États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela; considérant que le gouvernement du Venezuela a réagi en annonçant un ensemble de mesures mettant en œuvre des articles de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques;

F.  considérant que le 10 mai 2016 à Strasbourg, la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini a tiré la sonnette d'alarme et demandé, sur un ton volontariste, que le Parlement européenne apporte son soutien à la mise en place de toute solution susceptible de remédier à la situation au Venezuela;

G.  considérant que le 17 mai 2016, lors de la réunion EuroLat à Lisbonne, le vice-président du Parlement européen, Antonio Tajani, a demandé à l'Union d'intervenir au Venezuela;

H.  considérant que l'une des composantes de la déstabilisation permanente que subit le Venezuela a été, et continue d'être, le financement, qui se chiffre à plusieurs millions de dollars, des organisations antigouvernementales et des partis politiques par des agences américaines comme l'USAID et le Fonds national pour la démocratie (National Endowment for Democracy), depuis plus de 12 ans; que M. Obama a autorisé un fonds spécial d'un montant de 5,5 millions de dollars pour financer des groupes antigouvernementaux au Venezuela par l'intermédiaire du département d'État américain;

I.  considérant qu'en février 2014, le plan connu sous le nom de "La Salida" ("La sortie") a été lancé à l'occasion d'une manifestation organisée par les étudiants à la suite d'un appel des partis politiques de droite et d'extrême droite, laquelle a pris une tournure violente, qui s'est poursuivie pendant plusieurs mois dans le but manifeste de déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu du Venezuela; qu'entre février et juin 2014, 43 personnes ont été tuées et 878 ont été blessées; que cette stratégie n'est pas nouvelle, qu'elle ressemble à celle du coup d'État de 2002 et aux violences qui ont fait suite à l'élection démocratique du président Maduro en avril 2013; que les chefs de file de l'opposition ont refusé de reconnaître les résultats de l'élection et n'ont cessé depuis d'attiser la violence; que la nuit de l'élection, onze Vénézuéliens, dont deux enfants, sont morts dans des attaques perpétrées contre les participants aux festivités bolivariennes;

J.  considérant que le "Comité de Víctimas de la Guarimba y el Golpe Continuado" (Comité vénézuélien des victimes des barricades), fondé par les victimes des violences et leurs familles, a demandé à la communauté internationale d'éviter toute instrumentalisation politique des droits de l'homme et de ne pas coopérer avec les acteurs politiques vénézuéliens qui tentent de dissimuler ou de manipuler les actes de violence et de haine qu'a subis le Venezuela depuis février 2014; considérant que les proches des victimes ont demandé que les responsables soient poursuivis et qu'il soit mis fin à l'impunité pour les violations des droits de l'homme dans le pays;

K.  considérant qu'en mai 2016, à l'initiative et à la demande du président Maduro, une commission de l'UNASUR a été mise en place afin d'encourager le dialogue entre le gouvernement vénézuélien et l'opposition en vue d'aborder les problèmes fondamentaux auxquels est confrontée la nation; considérant que l'équipe qui travaille sur le calendrier du dialogue est composée de l'ancien premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, de l'ancien président du Panama, Martín Trios et de l'ancien président de la République dominicaine, Leonel Fernández; considérant, à cet égard, que le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a encouragé les initiatives prises actuellement par d'anciens chefs d'État et de gouvernement pour favoriser le dialogue entre le gouvernement du Venezuela et l'opposition, sous les auspices de l'UNASUR;

L.  considérant que la plupart des médias nationaux et internationaux présentent la situation au Venezuela d'un point de vue unilatéral; que la manipulation de l'information, par le biais des réseaux sociaux, se traduit par la diffusion de rumeurs et d'informations erronées sur le Venezuela, notamment en ce qui concerne une prétendue crise humanitaire, dans le buts de justifier une intervention contre le Venezuela;

M.  considérant qu'Adolfo Pérez Esquivel, lauréat du prix Nobel de la paix, a appelé à plusieurs reprises à la défense de la démocratie au Venezuela contre les tentatives de déstabilisation du gouvernement, en mettant en garde contre le fait que les tentatives de coups d'État s'organisent au moyen de nouvelles méthodes en Amérique latine et en dénonçant les chaînes de télévision multinationales, telles que CNN et Fox News, qui diffusent de la propagande de guerre au nom de la paix, et de la haine au nom de la liberté;

N.  considérant que vingt élections différentes ont eu lieu au Venezuela ces quinze dernières années; que l'opposition a remporté les dernières élections législatives, ce qui prouve qu'il est totalement faux d'affirmer qu'il n'existe pas de démocratie dans ce pays; qu'une partie de l'opposition refuse de reconnaître la légitimité du gouvernement, malgré toutes ces élections démocratiques; que l'opposition a, d'une manière très opportuniste, reconnu le résultat des dernières élections et a appelé au respect de la Constitution du Venezuela, alors qu'elle s'y était toujours opposée; que la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela prévoit des mécanismes de démocratie participative, notamment l'organisation d'un référendum pour révoquer le mandat du président;

O.  considérant que l'extrême droite vénézuélienne tente de tromper l'opinion publique en affirmant que le Conseil électoral national bloque ce référendum; que l'opposition a eu l'occasion de lancer ce processus le 10 janvier 2016, mais qu'elle ne l'a pas fait pour diverses raisons et a attendu la dernière minute pour demander ce référendum, alors qu'elle connaissait pertinemment toutes les étapes qu'elle devait suivre à cet effet; considérant que l'extrême droite n'a pas respecté les procédures mais critique à présent le Conseil électoral national pour la simple raison qu'elle souhaite adapter la loi à ses propres desiderata;

P.  considérant que l'extrême droite a essayé de faire approuver une loi d'amnistie qui, si elle était mise en œuvre dans certains pays européens, reviendrait à remettre en liberté des meurtriers et des terroristes; qu'elle affirme toutefois que cette loi est destinée à faire libérer des prisonniers politiques; considérant que ces personnes incarcérées au Venezuela sont responsables de crimes contre la population et contre le gouvernement légitime, d'assassinats de citoyens ordinaires lors des "guarimbas" et d'autres actes terroristes;

Q.  considérant que la République bolivarienne du Venezuela a été élue avec un large soutien en tant que membre du Conseil des droits de l'homme des Nations unies; que le Venezuela a accepté 97 % des recommandations du dernier examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme de 2011; que 80 % de ces recommandations étaient directement applicables et que l'État vénézuélien s'est engagé à mettre en œuvre les autres recommandations qu'il a acceptées; que le Venezuela a aussi été élu, en octobre 2014, parmi les cinq membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2015-2016, en obtenant 181 voix sur les 193 pays membres des Nations unies; que, les 6 et 7 novembre 2014, l'État vénézuélien s'est présenté devant le comité des Nations unies contre la torture, qui a examiné le respect de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants par ce pays;

R.  considérant qu'entre 2006 et 2013, le Venezuela a gagné treize places au classement de l'indice de développement humain des Nations unies, où il occupe la 71e place sur 187; que, ces dix dernières années, le gouvernement du Venezuela a augmenté les dépenses sociales de plus de 60,6 %; que le Venezuela enregistre aujourd'hui le taux d'inégalité le plus faible de la région;

S.  considérant que, selon la CEPAL (Commission économique des Nations unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes), le Venezuela a réduit de manière significative son taux de pauvreté et a augmenté son espérance de vie; que le niveau de pauvreté extrême est tombé au niveau historiquement bas de 5,4 % en 2015, par rapport à 21 % en 1998; considérant que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a félicité le gouvernement vénézuélien pour avoir réduit sensiblement le nombre de personnes souffrant de malnutrition et s'être ainsi conformé à l'un des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies;

T.  considérant que le Venezuela est le cinquième plus grand pays exportateur de pétrole au monde et qu'il détient les plus grandes réserves pétrolières avérées; que, conformément au projet de budget pour l'exercice 2015, 38 % des dépenses publiques seront consacrées à l'investissement social, notamment dans les domaines de l'éducation, du logement et du développement urbain, des soins de santé, de la sécurité sociale, de la culture, des communications, des sciences et de la technologie, ce qui représente 8,2 % du PIB du Venezuela;

U.  considérant que le Venezuela est en proie aux assauts politiques, diplomatiques, financiers, économiques et médiatiques des États-Unis et de l'Union européenne en même temps qu'il doit faire face au phénomène El Niño, qui a occasionné un déficit pluviométrique ces trois dernières années et qui a confronté davantage de régions à la sécheresse et à des températures élevées; que ce phénomène a abaissé le volume d'eau du barrage de Guri, ce qui a contribué à la crise énergétique que subit le pays; que la situation économique du Venezuela subit également la chute des prix du pétrole et que le gouvernement s'attelle à préserver le modèle social en place et tous les progrès sociaux réalisés;

V.  considérant que face à la situation exceptionnelle que connaît aujourd'hui le Venezuela, le président Maduro a décidé de promulguer le décret n° 2323 sur l'état d'urgence et d'urgence économique, qui a déjà eu quelques effets positifs sur la protection des droits des travailleurs, des peuples indigènes et des retraités, parmi toutes les catégories de la population touchées par la conjoncture actuelle;

W.  considérant qu'un dialogue a été ouvert entre des représentants du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela et l'opposition, arbitré par José Luis Rodríguez Zapatero, Leonel Fernández et Martín Torrijos;

1.  condamne vivement la campagne permanente de déstabilisation menée contre la République bolivarienne du Venezuela sous la forme d'actes de violence, dans un contexte semblable à celui qui a entouré la tentative de coup d'État de 2002; souligne que ces actions interventionnistes contre la souveraineté du Venezuela, loin de créer des espaces de dialogue et de paix, encouragent des positions extrêmes qui sortent du cadre institutionnel et constitutionnel du pays;

2.  dénonce les allégations fallacieuses de crise humanitaire au Venezuela, qui sont destinées à déclencher une campagne internationale en faveur d'une intervention;

3.  regrette vivement les pertes de vies humaines et exprime ses condoléances aux familles des victimes de la violence de l'opposition; demande que les responsables et les instigateurs de ces crimes répondent de leurs actes; exprime son respect pour l'appareil judiciaire de la République bolivarienne du Venezuela et refuse donc toute ingérence dans les procédures judiciaires en cours à l'échelon national;

4.  déplore les nombreuses tentatives de coups d'État à l'actif de certains membres de l'opposition, tels qu'Antonio Ledezma, María Corina Machado et Leopoldo López, qui se sont par le passé mis eux-mêmes en dehors du cadre démocratique en tentant de briser l'ordre constitutionnel vénézuélien;

5.  réaffirme son soutien total et sa solidarité à l'égard du peuple vénézuélien, du processus bolivarien et du président élu Nicolás Maduro; rappelle qu'il respecte pleinement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un État, conformément au droit international; regrette vivement les ingérences de l'Union européenne ou d'autres pays, quels qu'ils soient, dans les affaires intérieures de pays tiers et déplore également les dernières déclarations de Federica Mogherini et d'Antonio Tajani; condamne, sur la même ligne, la décision des États-Unis d'imposer des sanctions au Venezuela;

6.  dénonce l'utilisation illégitime des droits de l'homme à des fins politiques par le Parlement européen, en particulier dans le cas du Venezuela; rappelle qu'il s'agit de sa dixième résolution sur ce pays depuis 2007, la plupart ayant été déposées avant des élections ou en lien avec un processus de déstabilisation; est fermement convaincu que l'intention existe d'utiliser le Parlement européen comme espace de manipulation, où les enjeux domestiques du Venezuela seraient exploités au service de la campagne électorale espagnole et des intérêts de certains partis politiques dans ce pays, sans aucun rapport avec les priorités de l'Union européenne, qui devrait concentrer ses efforts sur la résolution des principaux problèmes sociaux et politiques qui touchent ses propres citoyens et son propre territoire; met en garde contre ces velléités manipulatrices;

7.  dénonce les objectifs non démocratiques et insurrectionnels de la campagne de déstabilisation; souligne l'intérêt impérialiste des États-Unis à assurer leur accès aux ressources pétrolières du Venezuela et leur objectif politique d'affaiblissement des pays de l'ALBA-TCP (Alliance bolivarienne pour les Amériques – Traité commercial des peuples);

8.  approuve les principes exposés dans la proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes en tant que zone de paix, et invite instamment l'ensemble de la communauté internationale à respecter pleinement cette proclamation dans ses relations avec les pays de la CELAC, y compris en s'engageant à ne pas intervenir directement ou indirectement dans les affaires intérieures d'un autre État et à respecter les principes de la souveraineté nationale, de l'égalité des droits et du droit à l'autodétermination des peuples;

9.  souligne que le dialogue avec des pays tiers ne doit nullement aboutir à des limitations du droit des peuples à l'autodétermination; déplore que l'Union européenne et ses États membres donnent trop souvent la priorité à des considérations diplomatiques, politiques ou économiques au détriment des droits de l'homme, attitude qui donne lieu à une politique des deux poids et deux mesures contraire à la vision universelle des droits de l'homme; rejette tout scénario qui serait semblable à ceux qui se sont déroulés en Iraq, en Afghanistan, en Syrie et en Libye, et qui, sous le couvert de la restauration de la démocratie et des droits de l'homme, ont plongé des régions entières dans la destruction, la guerre, le chaos et la crise humanitaire;

10.  déplore le rôle joué par la majeure partie des médias internationaux dans la propagation de rumeurs et de désinformation dans le but de créer un climat de violence et de déstabilisation qui affaiblisse le gouvernement vénézuélien; rappelle que la liberté d'information constitue un droit fondamental et demande aux médias internationaux d'agir de manière responsable et d'analyser les événements de manière juste, pertinente et équilibrée, contrairement à ce qui se fait actuellement;

11.  condamne le projet de loi d'amnistie proposé par l'extrême droite vénézuélienne, dont le principal objectif est de remettre en liberté des assassins, des terroristes et des personnes responsables de la mort d'innocents;

12.  exprime son étroite solidarité avec le Venezuela et l'Amérique latine face au phénomène El Niño et à ses lourdes conséquences pour le Venezuela; lance un appel urgent à la solidarité internationale pour aider et soutenir les régions victimes de ce phénomène naturel;

13.  se félicite de la mise en œuvre de politiques d'inclusion sociale au Venezuela, fondées sur la responsabilité sociale et la justice, l'égalité, la solidarité et le respect des droits de l'homme, qui ont contribué à réduire les inégalités dans le pays, en particulier en ce qui concerne les mesures de développement social, et salue les progrès significatifs accomplis sur la voie de la réduction de la pauvreté ou dans le domaine de l'éducation, y compris l'éradication de l'illettrisme en 2005 et l'augmentation du nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur;

14.  rappelle que le Venezuela joue un rôle important dans la création et le renforcement d'un processus de coopération et d'intégration au bénéfice des populations d'Amérique latine; souligne les progrès importants accomplis dans l'intégration et la coopération régionales en faveur des peuples d'Amérique latine; salue les résultats significatifs obtenus par l'ALBA-TCP et la CELAC dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la culture et de l'intégration des marchés financiers;

15.  note que les pays membres de l'ALBA-TCP sont conscients des efforts vigoureux du gouvernement vénézuélien pour promouvoir et protéger les droits de l'homme, la justice et la paix et pour contenir les projets d'intervention internationale sur son territoire, qui menacent non seulement la stabilité de leur nation sœur, mais aussi celle de toute la région;

16.  approuve la déclaration publiée lors du sommet EuroLat à Lisbonne, les 16, 17 et 18 mai 2016, dans laquelle les coprésidents de cette assemblée birégionale, face aux défis que doivent relever certains pays membres, "expriment leur préoccupation face aux conséquences politiques, économiques et sociales de la crise économique qui touche de nombreux pays européens et latino-américains" et "recommandent, en ce qui concerne la crise traversée par le Venezuela, de chercher un terrain d'entente à partir duquel les représentants du gouvernement, l'assemblée et les partis politiques pourront travailler ensemble afin de trouver des solutions dans le cadre de la Constitution du pays";

17.  se félicite de l'initiative portée par le président Maduro, avec l'appui de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), afin d'ouvrir un dialogue entre des représentants du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela et l'opposition, et soutient le rôle que joue l'Unasur, qui préconise que ce dialogue soit axé sur les priorités que sont le bien-être de tous les citoyens, la paix, la justice, la vérité, les bonnes relations institutionnelles, le renforcement de l'économie, la protection de l'état de droit, la démocratie et le respect de la souveraineté nationale; relève que la première rencontre dans le cadre de ce dialogue s'est tenue en République dominicaine en présence des anciens Premiers ministres ou présidents José Luis Rodríguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernández (République dominicaine) et Martín Torrijos (Panama);

18.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela, au Parlement du Mercosur et à l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine, ainsi qu'aux instances régionales d'Amérique latine, notamment l'Unasur, l'ALBA-TCP et la CELAC.

 

(1)

JO C 120 E du 24.4.2008, p. 484.

(2)

JO C 15 E du 21.1.2010, p. 85.

(3)

JO C 212 E du 5.8.2010, p. 113.

(4)

JO C 341 E du 16.12.2010, p. 69.

(5)

JO C 351 E du 2.12.2011, p. 130.

(6)

JO C 264 E du 13.9.2013, p. 88.

(7)

Textes adoptés de cette date, P7_TA(2014)0176.

(8)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2014)0106.

(9)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0080.

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