Procédure : 2016/2936(RSP)
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B8-1129/2016

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PV 26/10/2016 - 17
CRE 26/10/2016 - 17

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PV 27/10/2016 - 8.7
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PROPOSITION DE RÉSOLUTION
PDF 188kWORD 77k
19.10.2016
PE589.729v01-00
 
B8-1129/2016

déposée à la suite d’une déclaration de la vice-présidente de la Commission / haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

conformément à l’article 123, paragraphe 2, du règlement


sur la sécurité nucléaire et la non-prolifération (2016/2936(RSP))


Sabine Lösing, Javier Couso Permuy, Takis Hadjigeorgiou, Marie-Christine Vergiat, Paloma López Bermejo, Marina Albiol Guzmán, Neoklis Sylikiotis, Stelios Kouloglou, Kostadinka Kuneva, Tania González Peñas, Xabier Benito Ziluaga, Estefanía Torres Martínez, Miguel Urbán Crespo, Lola Sánchez Caldentey au nom du groupe GUE/NGL

Résolution du Parlement européen sur la sécurité nucléaire et la non-prolifération (2016/2936(RSP))  
B8-1129/2016

Le Parlement européen,

–  vu sa résolution du 17 janvier 2013 sur les recommandations de la conférence d’examen du traité sur la non-prolifération concernant l’établissement d’un Moyen-Orient exempt d’armes de destruction massive(1),

–  vu sa résolution du 10 mars 2010 sur le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires(2),

–  vu les conclusions du Conseil sur la neuvième conférence d’examen des parties au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (8079/15),

–  vu le sommet sur la sécurité nucléaire, qui s’est tenu à Washington (États-Unis) les 31 mars et 1er avril 2016,

–  vu la résolution du 13 décembre 2011 de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient (A/RES/66/61),

–  vu la décision 2012/422/PESC du Conseil du 23 juillet 2012 visant à soutenir un processus conduisant à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toutes les autres armes de destruction massive au Moyen-Orient(3),

–  vu la récente décision de l’Assemblée générale des Nations unies (A/RES/70/33) établissant un Groupe de travail à composition non limitée chargé de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire à Genève en 2016, et le rapport dudit groupe à l’Assemblée générale des Nations unies, adopté le 19 août 2016 (A/71/371),

–  vu le traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), les accords de garanties généralisés et les protocoles additionnels de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la convention sur la protection physique des matières nucléaires, la convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, le code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques, le traité sur la réduction des armements stratégiques (START I), le traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs (SORT) et le renouvellement du traité START en 2010,

–  vu le document final de la conférence 2010 d’examen du TNP, notamment le plan d’action énumérant 64 mesures concrètes de suivi,

–  vu l’article 123, paragraphe 2, de son règlement,

A.  considérant que, malheureusement, la possession et l’utilisation d’armes nucléaires jouent toujours un rôle prépondérant dans la politique militaire des États dotés d’armes nucléaires, officiellement ou non; considérant que la possession et la prolifération des armes de destruction massive, comme les armes nucléaires, chimiques et biologiques, représentent l’une des plus graves menaces pour la paix et la sécurité internationales;

B.  considérant que le processus de désarmement multilatéral est interrompu depuis des années et que l’on constate un manque de volonté politique pour le relancer; considérant également que certaines des priorités les plus urgentes en matière de sécurité consistent à empêcher les terroristes ou d’autres États d’acquérir ou d’utiliser des armes nucléaires, à réduire les stocks mondiaux, à interrompre la modernisation dans ce domaine et à tendre vers un monde sans armes nucléaires;

C.  considérant que les conclusions et le plan d’action de la conférence d’examen du TNP de 2010 constituent des accords clés pour la mise en place d’un réel processus de désarmement nucléaire; considérant le manque notable de progrès et de volonté politique de mener à bien la réalisation concrète des objectifs du TNP, tels que les 64 mesures concrètes de suivi visées au plan d’action adopté en 2010;

D.  considérant la nécessité de renforcer davantage les trois piliers du TNP, à savoir la non-prolifération, le désarmement et le droit à la coopération pour les usages civils de l’énergie nucléaire,

E.  considérant que l’Union s’est engagée à prévenir, à décourager, à arrêter et, si possible, à supprimer les programmes de prolifération qui sont source de préoccupation au niveau mondial; considérant que l’Union doit intensifier ses efforts pour faire obstacle aux flux proliférants et au financement des activités liées à la prolifération, réprimer les actes de prolifération et adopter des mesures pour empêcher les transferts intangibles de connaissances et de savoir-faire en recourant aux traités multilatéraux, aux mécanismes de vérification, au contrôle des exportations dans le cadre d’une coordination nationale et internationale et aux programmes de coopération pour la réduction des menaces;

F.  considérant que l’année 2016 marque le 20e anniversaire de l’ouverture à la signature du traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires, le 24 septembre 1996; considérant que ce traité n’est pas encore entré en vigueur, puisque certaines parties et d’autres pays non parties au TNP ne l’ont pas signé ou ratifié;

G.  considérant que quatre des neufs puissances nucléaires ne sont pas parties au TNP et que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) s’en est retirée; considérant que le Conseil de l’Union européenne et le Conseil de sécurité des Nations unies ont condamné ce que la RPDC a affirmé être «un essai concluant d’une bombe à l’hydrogène» réalisé le 6 janvier 2016; considérant que, le 9 septembre 2016, la RPDC a mené son cinquième essai nucléaire, violant ainsi ostensiblement les obligations internationales qui lui incombent en vertu des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies;

H.  considérant que l’Union européenne participe aux négociations internationales et à la médiation des négociations de l’E3/EU+3 et de l’Iran dans le but de définir une solution diplomatique et pacifique pour le programme nucléaire iranien; considérant que l’Union joue un rôle important, en tant que partie au plan d’action global commun convenu avec l’Iran, dans la mise en œuvre de l’accord;

I.  considérant que dans le cadre des accords bilatéraux et de transfert de l’OTAN portant sur les armes nucléaires, on estime que 150 à 200 armes nucléaires sous-stratégiques continuent d’être déployées dans cinq États non dotés de l’arme nucléaire membres de l’OTAN (la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie), lesquels n’ont engagé aucun débat démocratique ou discussion sur leur territoire à ce propos ou même confirmé la présence d’armes de destruction massive sur leur territoire;

J.  considérant que le Concept stratégique 2010 et la Revue de la posture de dissuasion et de défense de 2012 engagent l’OTAN à établir les conditions d’un monde sans armes nucléaires;

K.  considérant que la Russie et les États-Unis continuent d’appliquer le nouveau traité sur la réduction des armes stratégiques (START), qui arrivera à expiration en 2021, à moins que les deux parties ne le reconduisent;

L.  considérant le besoin d’une coordination et coopération étroites entre l’Union européenne et ses voisins, et surtout entre les États-Unis et la Russie, dans le but de relancer et de poursuivre la réduction du nombre d’ogives nucléaires et le système de non-prolifération;

1.  se déclare vivement préoccupé par le risque d’une reprise de la course aux armements nucléaires; souligne que le renforcement du TNP en tant que pierre angulaire du système mondial de non-prolifération et de désarmement revêt une importance capitale et est requis de toute urgence afin de réaffirmer la validité du grand compromis au cœur du TNP; demande instamment que tous les efforts soient faits pour appliquer le TNP dans tous ses aspects et renforcer les accords, les traités et les agences qui composent le système existant de non-prolifération, notamment le TICE et les accords de garanties généralisées de l’AIEA; affirme que, si l’on veut que les efforts multilatéraux soient efficaces, il doivent s’inscrire dans une vision structurée de réalisation la plus rapide possible d’un monde sans armes nucléaires;

2.  rappelle à l’Union et aux États membres que le désarmement nucléaire et la non-prolifération nucléaire sont intimement liés et se renforcent mutuellement; considère qu’une feuille de route fixant les étapes et les délais du désarmement nucléaire est nécessaire pour la pérennité et l’application du TNP; presse les puissances nucléaires de respecter leurs obligations au titre de l’article 6 du TNP, à savoir "poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire"; souligne que les puissances nucléaires n’ont pas suffisamment respecté cet engagement, alors que celui-ci est vital pour que l’ensemble du système de non-prolifération continue à présenter un intérêt;

3.  demande à l’Union européenne et à ses États membres de faire du désarmement nucléaire une priorité de la politique étrangère et de sécurité, et de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations sur le désarmement nucléaire, aux niveaux bilatéral et mondial;

4.  se félicite de l’inclusion de clauses sur la non-prolifération des armes de destruction massive dans les accords de l’Union européenne avec des pays tiers et dans ses plans d’action depuis 2003; fait observer que ces mesures doivent être mises en œuvre par tous les pays partenaires de l’Union, sans aucune exception, et intégrées à tous les accords conclus par l’Union européenne, y compris les accords mixtes;

5.  se félicite de la prise de conscience grandissante parmi la population et dans le monde politique; soutient la campagne du réseau des «maires pour la paix» en vue du désarmement nucléaire et d’un monde sans armes nucléaires d’ici 2020, ainsi que l’initiative «Global Zero»; souligne la responsabilité des parlements et des parlementaires qui doivent promouvoir la non-prolifération et le désarmement nucléaires et salue les efforts entrepris à l’échelle mondiale par le Réseau des parlementaires pour le désarmement nucléaire (RPDN);

6.  demande instamment aux États membres dotés d’armes nucléaires de cesser immédiatement l’amélioration qualitative, le développement, la production et le stockage d’ogives nucléaires et de leurs vecteurs; invite ces États à prendre de nouvelles initiatives destinés à engager des négociations entre puissances nucléaires portant sur de nouvelles réductions majeures des arsenaux nucléaires et, à terme, l’élimination de ceux-ci;

7.  demande un respect absolu du moratoire sur l’arrêt des essais nucléaires dans l’attente de l’entrée en vigueur du TICE, qui nécessite encore quelques ratifications; presse les États qui ne l’ont pas encore fait, parmi ceux qui doivent ratifier ledit traité pour que celui-ci entre en vigueur et qui sont répertoriés à son annexe II, de le signer et de le ratifier rapidement, car ce traité d’interdiction des essais universel et vérifiable au niveau international constitue la façon la plus efficace d’interdire les essais et toute autre explosion nucléaire;

8.  se déclare favorable à de nouvelles démarches visant à consolider le mandat de l’AIEA, y compris la généralisation des protocoles additionnels aux accords sur les garanties de l’AIEA et d’autres initiatives visant à élaborer des mesures de confiance; demande que soit garantie l’attribution à cette organisation de ressources suffisantes pour qu’elle puisse accomplir sa mission essentielle, à savoir sécuriser les activités nucléaires;

9.  déplore que les puissances nucléaires signataires du TNP modernisent leur arsenal nucléaire et qu’elles atermoient toute mesure de réduction ou d’élimination de leur arsenal et d’abandon d’une doctrine militaire de dissuasion nucléaire;

10.  exhorte toutes les puissances nucléaires à délivrer des garanties négatives de sécurité et de s’abstenir d’utiliser, ou de menacer d’utiliser, leurs armes nucléaires;

11.  soutient résolument les efforts de la Russie et des États-Unis pour réduire de façon significative leurs arsenaux nucléaires, comme convenu dans le cadre des traités START et SORT; déplore que, depuis l’entrée en vigueur du nouveau traité START en 2011, aucune nouvelle négociation n’ait été entamée sur la réduction indispensable du nombre d’ogives nucléaires déployées et non déployées, notamment, pour la première fois, les armes nucléaires sous-stratégiques; demande instamment, dès lors, la ratification du TICE et le maintien de l’application du nouveau traité START;

12.  condamne les derniers essais nucléaires réalisés par la RPDC, y compris l’essai d’une bombe à l’hydrogène, car ils constituent une menace importante à la paix et à la stabilité dans la péninsule coréenne et l’Asie du Nord-Est; se déclare néanmoins favorable au cadre des pourparlers à six; appelle à leur reprise en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et constate que la Chine joue un rôle majeur à cet égard; soutient également les initiatives récentes portant sur les premiers pourparlers bilatéraux entre les deux États de la péninsule coréenne; fait part de son appui et de son engagement envers une solution diplomatique et politique à la question nucléaire nord-coréenne; demande à la RPDC de renouer un dialogue constructif avec la communauté internationale, notamment avec les participants aux pourparlers à six, afin d’œuvrer à l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables dans une péninsule coréenne dénucléarisée; souligne que les négociations dans le domaine de la dénucléarisation seraient grandement facilitées si elles allaient de pair avec des négociations visant à remplacer l’armistice coréen de 1953 par des accords de paix permanents, solution qu’avait proposée la RPDC, mais qui a été rejetée à plusieurs reprises;

13.  salue les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies de décembre 2011 et 2012 sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et les conclusions du Conseil de juillet 2012 en faveur de ce processus; considère que les négociations relatives à la création d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient, en Méditerranée et en Asie du Nord-Est peuvent constituer une étape importante pour répondre aux préoccupations des pays de la région en matière de sécurité; déplore le report de la conférence prévue en 2012 pour l’établissement de cette zone exempte d’armes de destruction massive; demande que cette conférence soit organisée dans les plus brefs délais;

14.  demande à tous les pays de la région, dans l’attente de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires, de ne pas développer, produire, tester ou, de quelque autre manière que ce soit, acquérir des armes nucléaires ou permettre le stationnement sur leur territoire, ou sur des territoires placés sous leur contrôle, d’armes nucléaires ou de dispositifs nucléaires explosifs;

15.  demande la création d’une zone exempte d’armes de destruction massive en Europe; exhorte, en particulier, les gouvernements français et britannique à se débarrasser de leurs armes nucléaires; prie instamment le gouvernement américain de retirer toutes ses armes nucléaires tactiques d’Europe et le gouvernement de la Fédération de Russie de ne pas déployer ses armes nucléaires ou de les retirer de la partie occidentale de son territoire; appelle à la dénonciation de tous les accords portant sur le transfert ou le dépôt d’armes nucléaires conclus par des États membres de l’Union européenne avec les États-Unis/l’OTAN;

16.  se félicite de l’achèvement des travaux de l’OEWG, conformément à la résolution A/RES/70/33 de l’Assemblée générale des Nations unies, et adhère à la recommandation de l’Assemblée générale des Nations unies, figurant dans le rapport final de l’OEWG et adoptée à une large majorité le 19 août 2016, d’organiser en 2017 une conférence ouverte à tous les États pour négocier un instrument juridiquement contraignant interdisant les armes nucléaires et ouvrant la voie à leur interdiction totale; reconnaît qu’une telle démarche viendra étayer les objectifs et obligations consacrés par le TNP en matière de non-prolifération et de désarmement, et contribuera à créer des conditions favorables pour la sécurité internationale et un monde sans armes nucléaires;

17.  engage l’Union européenne et ses États membres à appuyer et à contribuer de manière significative aux recommandations de l’OEWG, et notamment à l’objectif d’un instrument juridiquement contraignant interdisant les armes nucléaires, dans le cadre d’un processus reposant sur le principe de transparence et un caractère irréversible et vérifiable, compte dûment tenu de la question de la sécurité comme des dimensions humanitaires des armes nucléaires;

18.  charge son Président de transmettre la présente résolution aux États membres, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil, à la Commission, au Secrétaire général des Nations unies, au Haut-Commissaire des Nations unies pour les questions de désarmement, au président de conférence d’examen 2015 des parties au TNP et au directeur général de l’AIEA.

 

(1)

JO C 440 du 30.12.2015, p. 97.

(2)

JO C 349E du 22.12.2010, p. 77.

(3)

JO L 196 du 24.7.2012, p. 67.

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