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Compte rendu in extenso des débats
Vendredi 8 septembre 2000 - Strasbourg Edition JO

4. Résultats de l'Année européenne de l'éducation et la formation tout au long de la vie (1996)
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle le rapport (A5-0200/2000) de Mme Gutiérrez Cortines, au nom de la commission de la culture, de la jeunesse, de l’éducation, des médias et des sports, sur le rapport de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social et au Comité des régions sur la mise en oeuvre, les résultats et l’évaluation globale de l’Année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (1996), présenté conformément à l’article 8 de la décision n° 2493/95/CE du Parlement européen et du Conseil [COM(1999) 447 - C5-0205/1999 - 1999/2163(COS)]

 
  
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  Gutiérrez-Cortines (PPE-DE), rapporteur. - (ES) Monsieur le Président, le rapport sur l’Année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie est apparemment un document sans importance, mais il a révélé de profondes lacunes et d'importants points négatifs au sein du système européen.

Il s’agissait d’une année de diffusion, de promotion, en réponse au sommet de Luxembourg et à d’autres sommets où l’on a accordé une importance énorme à la formation en tant que moyen d’insertion des Européens dans le monde du travail, quel que soit leur âge. En fait, le rapport a démontré, premièrement, que lorsque l’on attribue de l’argent à l’éducation, l’argent se multiplie. Les pays avides à participer ont quadruplé leur budget. Bref, l’argent investi dans l’éducation est celui qui donne de meilleurs résultats car il se multiplie et n’engendre pas des cas de fraude ou de problèmes de ce genre.

Deuxièmement l’Année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie a mis en exergue les difficultés de la Commission pour informer, donner des réponses et être transparente. Il a été pratiquement impossible de réunir toutes les informations requises, en partie parce que les pays semblent ne pas les fournir et, en partie, parce qu’il n’existe pas des procédures pour les obtenir avec la facilité et l’agilité requises.

Aussi, nous avons transformé le rapport en une réponse et en une série de recommandations sur les critères auxquels, à notre avis, doit répondre la formation tout au long de la vie. Nous avons été confrontés à une grande confusions de critères, en partie engendrée par le Conseil, car le document publié par la Commission, la proposition de l’Année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, était de bien meilleure qualité. Il est évident que la formation doit être beaucoup plus claire. Néanmoins, la formation pour l’intégration, l’enseignement des langues et la formation du troisième âge se confondent avec la formation pour l’emploi, de sorte qu’il existe un magma qui nous empêche d’évaluer ou de connaître la qualité et de savoir quels sont les critères pour les bonnes pratiques.

En fait, nous demandons de réglementer et de distinguer clairement les objectifs éducatifs. Bien évidemment, l’éducation pour l’intégration des immigrés n’a rien à voir avec la formation pour acquérir de nouvelles qualifications, la formation pour postuler à un premier emploi ou la formation dans le cadre d'un recyclage professionnel, au-delà de nombreux autres aspects. Nous avons dès lors demandé plus de clarté et une meilleure organisation de l'ensemble du système. Nous avons également demandé une plus grande formation et un recyclage continu pour les enseignants. Il est clair que si nous considérons que la formation tout au long de la vie est seulement destinée au personnel non qualifié, on ne tiendra pas compte du recyclage du personnel des universités et des centres de formation, qui doivent être la source mère de la connaissance et transmettre l’information à la société.

Enfin, nous avons demandé de mettre au clair la destination de l’argent des Fonds structurels destiné à la formation, argent qui n’est pas contrôlé. À notre avis, ce sujet est capital. Ce qui est inacceptable, c'est que l’Europe accorde aussi peu d’attention à l’éducation et que les fonds éducatifs soient utilisés à d’autres fins. Un des grands problèmes de l’histoire européenne est que lorsque les classes ont pu progresser, après avoir longtemps lutté, et sont parvenues à intégrer les classes dirigeantes, elles ont copié les défauts de l’aristocratie et en sont venues à faire preuve de suffisance et à négliger l'importance de la formation et de la lutte pour demeurer dans le monde de la connaissance.

Bref, nous vivons dans une Europe aristocratique où nous ne voulons pas nous soucier de l’éducation, où nous nous complaisons dans un certaine fierté pour le simple fait d’être européens. Nous considérons qu’il suffit d’être citoyen européen et nous ne nous rendons pas compte que si nous voulons disposer de chercheurs, si nous voulons que l'Europe soit réellement compétitive, nous devons nous soucier de nos ressources humaines. L’Europe doit se rendre compte que malgré le principe de subsidiarité, former les personnes et les aider à se gérer elles-mêmes ainsi que leur propre avenir constitue l’un des objectifs essentiels de leur propre existence.

Aussi, une Europe qui se soucie seulement de ses intérêts, une Europe de la subvention, une Europe dotée d’un professorat qui veut seulement réduire les heures de cours, une Europe qui envisage et confond la politique syndicale avec la politique éducative est une Europe préoccupante. Je voudrais attirer l’attention sur cette situation, et je pense qu’il faut revoir notre intérêt envers l’éducation, car nous parlons de personnes et de notre avenir.

(Applaudissements)

 
  
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  Klaß (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, chers collègues, nous avons à examiner le rapport et certainement, - comme l'a déclaré le rapporteur, Madame Gutiérrez Cortines - à y introduire des améliorations. Mais je pense également que nous devrions profiter une fois encore du débat de ce matin pour renforcer à nouveau la prise de conscience et faire comprendre la nécessité de l'apprentissage.

Nous nous réjouissons tous des nouveaux acquis de notre époque : les voyages, l'Internet, le GSM, les retransmissions en direct à la télévision d'événements se déroulant à l'autre bout du monde, comme nous aurons encore l'occasion de le vivre avec les Jeux olympiques qui vont avoir lieu en Australie. Ce sont autant d'acquis et d'indices de l'époque et de la société dans laquelle nous vivons : l'ère de l'information, la société de l'information, la civilisation de la connaissance et de la technologie, la mondialisation, pour ne citer que ceux-là. Tous ces acquis se caractérisent par le rythme effréné et les proportions considérables que prennent les changements, ou plutôt les révolutions, qui ont été et seront encore déclenchés par de nouvelles découvertes. La diffusion des informations, de la connaissance, se fait aujourd'hui de façon beaucoup plus rapide et plus vaste qu'il y a quelques années encore. Les hommes doivent être préparés à ce tourbillon de changements à la fois vertigineux et fascinant.

Et il faut commencer dès le plus jeune âge, à savoir à l'école : apprendre pour la vie. Aujourd'hui pourtant, cette phrase n'est plus qu'à moitié vraie et elle ne peut le rester. Car les processus de changement et de transformation dans la société, le monde du travail et l'environnement ne sont pas près de s'arrêter après l'école ou la formation ; que du contraire, ils se poursuivent et s'intensifient. L'homme doit donc apprendre à relever lui-même ces défis et à s'adapter à une éducation et à une formation tout au long de la vie. Ce n'est que de cette manière que nous pourrons également tous participer à l'avenir aux acquis positifs de notre époque : faire face aux situations concurrentielles de la vie, qui évoluent de plus en plus rapidement - que ce soit sur le plan privé ou professionnel -, saisir les opportunités et participer à leur conception.

Afin de faire triompher ces conclusions dans toute l'Europe, 1996 a été proclamée Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie. Avec les moyens financiers relativement maigres de l'ordre de 8,4 millions d'écus pour l'Union européenne et la contribution des partenaires de l'espace économique européen (EEE) - le Liechtenstein, la Suisse et la Norvège -, un budget de 34 millions d'écus a été réuni pour le projet et a été accueilli très favorablement. Les multiples conférences, séminaires et ateliers ont abordé de façon constructive le thème lié à la nécessité et aux opportunités d'un changement des mentalités vers un apprentissage tout au long de la vie, et ce dans tous les secteurs de la société. Ces opportunités - pour l'Europe et l'intégration européenne également -, nous pouvons en faire l'expérience ici-même : la connaissance d'autres langues, d'autres cultures, d'autres modes de vie, tout ce qui est si important pour nous dans le cadre du développement européen.

L'Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie a favorisé le développement d'une notion nouvelle et s'est avéré être une initiative opportune qui doit être poursuivie et consolidée.

 
  
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  Lage (PSE). - (PT) Monsieur le Président, chers collègues, dans la conception traditionnelle de l'éducation, l'étudiant achevait son apprentissage à la fin de sa scolarité. Bien sûr, une petite élite continuait à créer, transmettre ou acquérir de nouveaux savoirs et de nouvelles connaissances. Mais dans la plupart des cas, la fin de l'école signifiait la fin de l'apprentissage formel.

Les choses ont radicalement changé. La scolarité s'est élargie et s'est allongée. De nouvelles sources et modalités d'acquisition du savoir et de formation ont fait leur apparition. Ceux qui ne suivent pas ce mouvement, ces nouvelles exigences, courent le risque de la marginalisation, de la dépréciation professionnelle, de la perte de leur statut social et de l'appauvrissement intellectuel. On dit à juste titre que nous entrons dans la société de la connaissance et du savoir, mais le grand philosophe Nietzsche nous a averti que : "il n'est pas possible de fonder une civilisation sur le savoir". Cet avertissement devrait nous faire réfléchir. Bien qu'il n'y ait pas aujourd'hui d'alternative au développement de la science, à l'augmentation du savoir et de l'information, la vérité est que l'éducation tout au long de la vie ne peut se réduire à la simple acquisition de compétences utiles, mais qu'elle doit s'insérer dans une culture, dans un ensemble de valeurs qui donnent un sens à la vie de l'homme en société. L'éducation et la formation tout au long de la vie deviennent un impératif que les États, les organes éducatifs et les citoyens ne peuvent sous-estimer dorénavant.

C'est pourquoi, l'Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie représente un jalon important et un moment symbolique dans la prise de conscience, par les Européens, de cette nouvelle réalité. La théorisation qui a précédé et accompagné cette réalisation de l'Année européenne et le mouvement d'intérêt qu'il a suscité de la part des écoles et des associations de citoyens constitue une importante contribution. L'éducation et la formation tout au long de la vie est définitivement passé dans le vocabulaire des hommes politiques, des pédagogues, des entrepreneurs. Et, chose plus importante encore, dans le langage courant. L'éducation et la formation tout au long de la vie est devenu un instrument de lutte contre l'échec scolaire, l'abandon et l'analphabétisme. C'est donc aujourd'hui une juste cause. Pour toutes ces raisons, cette initiative est la bienvenue, elle est opportune et féconde. Ses objectifs ont été atteints, ce qui a manqué en moyens financiers a été compensé par la mobilisation des bonnes volontés et par l'adhésion qu'elle a recueillie. La frontière entre l'éducation initiale et d'autres moments éducatifs est aujourd'hui dépassée. Éducation ...

(Le Président retire la parole à l'orateur)

 
  
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  Gasòliba i Böhm (ELDR). - (ES) Monsieur le Président, chers collègues, je voudrais exprimer le soutien du groupe libéral au rapport de notre collègue, Mme Cristina Gutiérrez-Cortines, qui, comme elle l’a dit elle-même dans l’introduction de son rapport, n’est pas et ne doit pas être considéré purement comme un formalité, comme un bilan de l’application de l’Année européenne de l’éducation en 1996, mais comme une analyse nous aidant à présenter une série de propositions sur ce que devrait être la dimension de l’éducation dans ses divers domaines, y compris la formation tout au long de la vie et la formation professionnelle et les enseignements techniques, auxquels il faut accorder une attention toute particulière.

Cela coïncide avec les idées exprimées il y a quelques mois lors des réunions des Conseils européens de Lisbonne et de Feira, lorsque tous les États membres se sont engagés à développer au niveau de l’Union une série d’actions pour qu’au cours de cette décennie, l’Union européenne devienne une société occupant le premier rang de la scène internationale et atteignant les niveaux de compétence, notamment dans les domaines technologiques, qui caractérisent actuellement la société américaine.

L’élément clé de ce processus en vue d’atteindre ce niveau de compétence réside précisément dans la formation, dans l’éducation et dans une société dotée de niveaux d’excellence permettant d’offrir la base nécessaire pour progresser dans les domaines technologiquement plus développés et plus avancés de l’innovation scientifique et technologique.

Le rapport de Mme Cristina Gutiérrez-Cortines, et elle l’a dit aussi aujourd’hui, démontre les déséquilibres encore existants dans le domaine de l’éducation entre le niveau de l’Union européenne et le niveau national, bref, d’une part on souhaite une action au niveau éducatif de l’Union européenne, mais d’autre part, les États membres rechignent à céder leurs compétences et à établir une véritable coopération au niveau éducatif. Il est vrai qu’il existe certains programmes qui nous servent toujours de référence, comme Socrates ou Leonardo, mais dans ces programmes nous devons précisément constater le manque de ressources suffisantes pour qu’elles revêtent l'ampleur et la portée que nous souhaiterions.

Dès lors, chers collègues, pour terminer, je vous recommande d’observer attentivement les points 16, 17, 18, 19, 23 et 24, qui constituent un bon guide pour atteindre ces meilleurs niveaux d’enseignement au niveau de l’Union européenne.

 
  
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  Echerer (Verts/ALE). - (DE) Monsieur le Président, je voudrais tout d'abord féliciter notre rapporteur pour le travail remarquable et la bonne coopération au sein de la commission de la culture. Les textes philosophiques et littéraires, voire même le langage populaire, nous disent qu'on apprend à tout âge. L'initiative relative à l'éducation et à la formation tout au long de la vie s'est révélée être une sage décision et une bonne initiative pour répondre aux exigences du XXIe siècle, pour y faire face.

Jusqu'à ce jour, l'éducation et la formation étaient et restent principalement liées aux phases initiales de la vie. L'importance d'un apprentissage permanent ne peut toutefois être limitée aux seuls domaines de l'éducation et de la politique de la formation. Son succès dépend aussi en grande partie de la politique du marché du travail et d'une diffusion fructueuse de la science et de la technologie. L'éducation et la formation tout au long de la vie commencent là où la formation scolaire, la formation de base, s'arrête. Ceci est le premier point faible et, selon moi le plus grand, de cette formidable initiative : pour que l'éducation et la formation tout au long de la vie fonctionnent, il faut changer l'adaptation et surtout le rythme d'adaptation de la formation de base dans le cadre des systèmes éducatifs fondamentaux.

Dans une société de la connaissance, une des principales fonctions de l'école devrait consister à proposer aux étudiants des méthodes d'apprentissage qu'ils utiliseraient pour avoir accès à de gros volumes d'informations, pour comprendre ces informations et les convertir en savoir. Les programmes scolaires, la méthode utilisée jusqu'ici pour enseigner la matière, doivent être fondamentalement modifiés. Je ne voudrais pas intervenir dans les affaires des États nationaux mais cette idée, nous devrions également en discuter en commun au sein de cette Communauté européenne.

Il faudrait plutôt opter pour une orientation individuelle à composantes sociales. Nous devrions apprendre davantage à avoir l'esprit critique, à faire en sorte que l'étudiant ait davantage confiance en lui, à soutenir une faculté d'expression linguistique. Ces éléments deviendront de plus en plus importants, outre les compétences que sont la faculté d'écrire et de calculer et la capacité d'apprendre d'autres langues.

L'objectif doit être de rendre l'élève apte à actualiser en permanence ses connaissances et ses capacités - qu'il en soit capable et qu'il le veuille ; l'élève doit considérer le diplôme ou le certificat non pas comme étant la fin d'un processus d'apprentissage, l'attestation d'un résultat définitif. Notre société doit se débarrasser du système obsolète - temps d'étude, temps de travail, temps de retraite ! L'éducation et la formation tout au long de la vie commencent donc par la réforme de notre enseignement. L'individu devrait apprendre pour lui-même. Cela ne dépend pas de nous mais nous pouvons y apporter une solide contribution. Car la population européenne n'est pas seulement une ressource humaine pour le marché du travail européen ; c'est une foule d'individus merveilleux.

Permettez-moi pour conclure de citer un exemple personnel : il y a un menuisier qui vit dans la région de Vienne, dans une petite banlieue où on pense encore que celui qui travaille manuellement n'a pas fait de hautes études. Ce menuisier a entre 40 et 50 ans, parle quatre langues et les gens le considèrent comme un petit philosophe. C'est l'Europe telle que je la rêve.

 
  
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  Seppänen (GUE/NGL). - (FI) Monsieur le Président, chez nous en Finlande, les gens ordinaires disent que les "messieurs" se meuvent avec lenteur. C’est un dicton que l’on pourrait employer maintenant aussi : nous avons à examiner les résultats de l’Année européenne de l’éducation et la formation tout au long de la vie, qui date de 1996.

Malgré le temps perdu, le rapporteur doit déplorer que l’évaluation qualitative du programme de l’année thème est lacunaire ! On devrait pouvoir calculer le nombre de manifestations organisées en moins de temps que cela. Lors d’un séminaire sur l’industrie papetière organisé ici à Strasbourg mercredi, un représentant des travailleurs de la branche a attiré l’attention sur une chose importante. Quand on achète du matériel informatique, c’est toujours un investissement, mais quand on achète quelque chose qui n’est pas du matériel et qui s’appelle "formation du personnel de l’entreprise", ce n’est pas considéré comme un investissement. L’auteur du rapport a, fort opportunément, insisté justement sur cet aspect.

La formation et l’éducation doivent être considérées comme un investissement, et non pas comme des frais courants. Il faut que l’on insiste sur le fait que l’apprentissage tout au long de la vie concerne aussi la culture générale, pas seulement la formation professionnelle. Bien trop souvent, l’éducation et la formation sont trop peu diversifiées, et c’est particulièrement vrai aujourd’hui dans l’optique du développement de la société de l’information. Les programmes informatiques sont complexes et deviennent sans cesse plus complexes. Ceux qui maîtrisent le langage de programmation ne comprennent souvent pas la langue du contenu. On peut poser la question, comme on le fait en Finlande : un homme parle six langues, mais qu’a-t-il à dire ? Dans la société de l’information, quelqu’un peut parler la langue des machines, mais ne rien avoir à dire. Il n’y a que des uns et des zéros.

Nous nous heurtons sur ce point à la stratégie pour l'e-Europe, élaborée par la Commission à l’occasion du sommet de Lisbonne. Cette stratégie accorde une grande attention au matériel, mais peu d’attention au "logiciel" qu’on appelle "formation et éducation". Il faut apprendre aux gens non seulement à utiliser les machines, mais aussi à les utiliser à quelque chose. Il faut savoir utiliser les machines à des fins utiles et nécessaires, qui améliorent les capacités d’action de l’homme et la manière dont il gère sa vie.

Toute personne doit aujourd’hui être "alphabétisée" à utiliser les médias électroniques sous leurs diverses formes. De nombreux adultes devront passer par cette néo-alphabétisation en partant de zéro. Fixer à un programme communautaire comme objectif d’étendre le câblage informatique dans chaque foyer, c’est augmenter la démocratie. Aujourd’hui, la démocratie se réalise par le fait que tous ont des possibilités égales d’accéder à un savoir diversifié. Si l’on veut que le savoir puisse servir à quelque chose, il ne faut pas oublier que l’apprentissage est aussi un événement social. On ne peut pas laisser le soin de l’éducation et de la formation au seul programme e-Europe, il faut aussi pour cela des communautés sociales.

Étant donné que personne ne peut savoir tout faire, les personnes doivent avoir la capacité de décider elles-mêmes ce qu’il leur est utile de savoir faire. Si ce sont les pouvoirs publics qui en décident, on glisse facilement sur le terrain de la propagande et de l’endoctrinement. Si on étudie les programmes de l’Union européenne, qui sont souvent les mêmes pour tous ou qui sont porteurs d’une exigence d’uniformisation pour tous, on se dit que l’on est en train de faire de l’Union européenne un État fédéral totalitaire. Nous avons besoin de l’apprentissage tout au long de la vie pour pouvoir lutter contre les tentatives de l’Union européenne de créer un État européen totalitaire dont elle serait le Politburo.

 
  
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  Rübig (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, voici une heure, j'étais encore avec mon professeur de français et je me suis appliqué à apprendre de nouvelles choses. Je dois dire que c'est vraiment amusant d'apprendre une langue. Et c'est agréable de savoir que l'on ne devra pas passer d'examen ensuite mais que l'on apprend pour soi-même, que l'on apprend à communiquer et à savoir s'y prendre avec les autres. Je dois dire que l'apprentissage du français m'amuse beaucoup !

(Le Président demande à l'orateur s'il souhaite poursuivre son intervention en français.)

(Rires)

Je crois que c'est ce dont nous avons besoin à l'avenir : apprendre doit être agréable. Dans la vie, la pyramide d'apprentissage est de fait inversée. Lorsqu'il s'agit de l'éducation et de la formation, nous pensions plutôt auparavant à de jeunes étudiants à temps plein, alors que nous constatons aujourd'hui que ceux qui exercent une activité professionnelle sont amenés à apprendre de plus en plus. Je crois, et les membres du Parlement européen peuvent le confirmer, que nous apprenons, apprécions et évaluons à vrai dire bien plus chaque jour que nous ne le faisions à l'école ou au cours de nos études. Avec l'âge, on est également davantage conscient de ce que l'on désire apprendre. On devient beaucoup plus sélectif et la joie d'apprendre fait que l'on est enthousiaste et que l'on accepte volontiers d'apprendre quelque chose de nouveau.

Cela signifie que nous sommes face à un changement de paradigme, pas seulement au niveau économique, mais dans de larges couches de la société, et pas uniquement via l'e-Learning et les nouvelles possibilités technologiques mais aussi grâce à un changement des mentalités. Selon moi, ce changement des mentalités montre précisément que les adultes, dans toutes les situations de la vie, accordent de plus en plus d'importance à cette éducation et à cette formation tout au long de la vie. C'est pourquoi j'estime que c'est une bonne chose que nous discutions au sein du Parlement européen de ce genre de thèmes, de stratégies à long terme. Pour un vendredi, comme c'est le cas précisément aujourd'hui, il est selon moi essentiel que nous ayons le courage de réfléchir, à long terme et de façon stratégique, à la meilleure manière de venir en aide aux citoyens européens.

Pour les personnes âgées, le thème de la santé occupe une place de plus en plus importante jusqu'au grand âge. Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur la manière de nous alimenter correctement ou de prendre soin de notre corps. Je crois que ces vertus fondamentales sont capitales pour l'avenir.

De quoi avons-nous besoin à présent au niveau de la Communauté européenne ? Nous avons besoin d'un système général d'imputation des offres de formation privées, publiques et d'entreprises, d'un passeport européen de formation, d'un permis de conduire européen, où l'on puisse utiliser les éléments de la formation de façon similaire sur l'ensemble du territoire européen. Nous avons besoin de comparer les recettes et dépenses en matière d'éducation et le niveau de qualification dans toute l'Europe. À l'échelon mondial, nous devrions essayer d'introduire les bonnes pratiques, un stimulant pour la concurrence positive. Nous devrions rechercher dans le monde le système d'éducation ou de formation idéal pour nos concitoyens européens.

(Applaudissements)

 
  
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  MacCormick (Verts/ALE). - (EN) Monsieur le Président, j'espère que mon intervention ne détonnera pas trop, mais il me semble que le débat a, jusqu'ici, cédé par trop à l'autosatisfaction. Lorsque j'ai consulté l'ordre du jour et que j'y ai lu "Année de l'apprentissage tout au long de la vie", j'ai eu le sentiment de me trouver face à un oxymoron du style "intelligence militaire". Une année me semble bien courte pour un tel projet.

La question qui se pose est la suivante : quelle peut bien être la valeur de ces "années de x ou de y…" lorsque l'on sait que les demandes de financement doivent être introduites dans les trois mois et que le projet doit être bouclé en un an. Je me suis retrouvé en bout de chaîne, lorsque j'étais professeur à l'université et lorsque j'étais impliqué dans une association caritative à vocation éducative et sociale.

Ce genre de défi à très court terme peut faire au moins autant de mal que de bien aux personnes actives sur le terrain, qui ne savent généralement pas très bien comment introduire les candidatures ni quels sont les critères appliqués.

Après coup, on peut toujours dire que l'argent a été dépensé, que de nouveaux fonds ont été débloqués et que des choses positives ont été réalisées, mais auraient-elles pu l'être mieux ? Le rapport des commissions, à savoir le rapport de la commission elle-même et l'avis de la commission subsidiaire, ont attiré l'attention sur le caractère approximatif de la méthode d'évaluation de la Commission et sur le manque de transparence des critères utilisés.

Je ne veux pas dire qu'il faut cesser ce genre d'initiatives, mais qu'il faut améliorer leur mise en œuvre et réfléchir très soigneusement au meilleur niveau d'action, que ce soit au niveau communautaire ou à d'autres niveaux - pas même celui des États membres ou des régions autonomes qui les composent mais réellement à la base, dans les écoles, les collèges et les universités.

Ma circonscription vient de surmonter une crise grave d'évaluation éducative, qui est à attribuer partiellement à l'absence de consultation des enseignants. Les grandes idées imposées par le haut sont vouées à l'échec, si elles ne sont pas testées de façon adéquate et avec rigueur sur le terrain. Il arrive parfois qu'elles aient des conséquences dramatiques sur les personnes et sur la société. Le principe de subsidiarité est important, en particulier dans un domaine tel que l'éducation et l'apprentissage tout au long de la vie. Nous avons tendance à l'oublier, à nos risques et périls.

La mise en réseau peut être un moyen utile de diffuser des idées de bonnes pratiques, mais nous ne devons pas croire qu'une année consacrée à l'apprentissage tout au long de la vie fera une réelle différence. Cette différence ne peut venir que de l'engagement des personnes sur le terrain. Et ce sont ces personnes que nous devons respecter, encourager et soutenir.

Nous sommes tous en faveur de l'apprentissage tout au long de la vie, mais, face à l'insignifiance des résultats, évitons de sombrer dans l'autosatisfaction.

 
  
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  Schmid, Herman (GUE/NGL). - (SV) Monsieur le Président, nous envisageons tous avec la plus grande bienveillance le principe d'une formation et d'une éducation tout au long de la vie. C'est ce que nous entendons dire, une fois de plus, au cours de cette discussion. Mais lorsqu'il s'agit de passer à l'action, on constate souvent l'inverse. Je suis d'accord avec le rapporteur, qui critique les mesures prises dans ce sens par la Commission, lors de l'année de la campagne de 1996, ainsi que l'estimation bâclée qui en a été faite.

L'apprentissage tout au long de la vie est un phénomène qui exige des moyens importants. Il suppose que l'on repense la politique en matière de formation et qu'on donne la priorité aux ressources financières. Je voudrais commenter tout d'abord la nécessité d'un remodelage éducatif. Nos systèmes de formation sont experts dans la poursuite de l'objectif inverse, c'est-à-dire qu'ils proposent des cursus limités dans le temps et sanctionnés par un examen final sur lequel est mis l'accent essentiel. L'apprentissage tout au long de la vie exige le contraire : à savoir, une continuité et des cursus de longue durée. Il ne suffit plus de former la main-d'œuvre destinée à couvrir les besoins immédiats, just in time, du marché de l'emploi. Il s'agit à présent de former des personnels qualifiés à vie. Nous avons donc besoin de nouveaux modes d'organisation de l'enseignement. Il nous faut des idées et des instruments pédagogiques nouveaux.

Le problème le plus considérable est peut-être celui qu'ont évoqué plusieurs autres intervenants, à savoir l'argent. Il faudra attribuer à l'enseignement des moyens beaucoup plus importants que cela n'a été le cas jusqu'à présent, et ce aussi bien dans le milieu de travail que dans le système éducatif public et les autres instances de formation. Il faut trouver de l'argent pour payer le coût de l'enseignement lui-même, mais aussi pour remplacer les revenus des salariés, notamment dans le cas des personnes qui doivent étudier à plein temps. Il est particulièrement important de pouvoir financer des cursus assez longs, qui sont nécessaires pour que les salariés puissent passer des secteurs traditionnels aux nouveaux domaines du marché de l'emploi. L'accès aux ressources financières posant toujours problème, je pense qu'il est nécessaire d'instaurer, pour la formation des adultes, des objectifs quantitatifs. On pourrait imaginer de consacrer à cet effet telle ou telle part des coûts de production de l'entreprise, tel pourcentage du budget de l'État, telle part du temps de travail normal des salariés, ou éventuellement, telle part du temps de travail individuel - ou d'appliquer d'autres objectifs quantitatifs similaires.

La présidence suédoise qui débutera le 1er janvier 2001 a déclaré que la formation et l'éducation tout au long de la vie feraient partie des questions auxquelles elle attribuerait la priorité. Je pense que nous pourrions demander que le gouvernement suédois propose, justement, des objectifs quantitatifs de ce type applicables à la formation des adultes. Plusieurs intervenants dans cette Assemblée ont exprimé leur accord concernant la nécessité d'établir des priorités financières. Peut-être pourrions-nous adresser à la présidence suédoise une déclaration commune sur cette question.

 
  
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  Posselt (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, une des plus belles formes d'éducation et de formation tout au long de la vie est d'être membre du Parlement européen. Ceci permet notamment de prendre part aux séances du vendredi, au cours desquelles on a le temps de traiter également les rapports de collègues d'autres spécialités. J'espère qu'une majorité de cette Assemblée apprendra également et refusera la suppression prévue des séances du vendredi.

J'en viens à présent au thème même de cette séance. Madame Gutiérrez-Cortines a présenté un excellent rapport, qui est aussi très critique parce que nos chefs d'État et de gouvernement ne cessent de faire de grandes déclarations. Le Sommet de Feira fut un événement de ce genre, un événement purement médiatique, comme on le dit si bien aujourd'hui, mais en substance très peu de choses se sont produites. Peu de choses sont prévues au budget, les moyens sont faibles - l'effet est suffisant. Nous devons en finir avec cette politique des déclarations.

C'est pourquoi je suis très reconnaissant du rapport très sérieux présenté par Madame Gutiérrez-Cortines. Elle a bien sûr mis clairement en évidence l'importance du principe de la subsidiarité, mais des moyens doivent également être mis en œuvre au niveau européen. À cet égard, il y a lieu surtout d'accorder de l'importance à la qualité, ce qui signifie qu'il faut fixer des priorités. Parmi nos priorités, nous devons veiller à élargir cette idée de l'éducation et de la formation tout au long de la vie aux populations des pays candidats car, en Europe centrale et orientale, pendant des décennies, un régime totalitaire a empêché ces personnes de s'épanouir librement. Une grande erreur de notre politique est de s'attacher surtout aux jeunes de ces pays. C'est important, bien entendu. Cependant, la majeure partie de la population est constituée de personnes d'un certain âge qui doivent surmonter les décennies de dictature mais qui peuvent prendre un nouveau départ aujourd'hui. Nous devons également venir en aide à ces personnes en considérant cette problématique comme prioritaire.

Je voudrais ajouter que ces personnes d'un certain âge, qui disposent aujourd'hui encore de 20 à 30 années productives devant elles après leur mise à la retraite, doivent, selon moi, pouvoir s'intégrer davantage dans notre société. Pour ce faire, elles doivent avoir la possibilité de se former. Je regrette que l'on envisage aujourd'hui de refuser de plus en plus l'accès des personnes plus âgées aux universités, que l'on parle de lever des taxes et de veiller à ce que ces personnes ne puissent plus prendre part à la vie universitaire.

(Applaudissements)

 
  
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  Iivari (PSE). - (FI) Monsieur le Président, le rapport Gutiérrez Cortines constate que le péché mignon de l’administration de l’Union européenne - la lenteur de la mise en œuvre des mesures - a fait sentir ses effets sur l’année thème de l’éducation et la formation tout au long de la vie. Les organes nationaux de coordination ont eu à souffrir notamment des retards et de l’insuffisance de la documentation. L’utilisation de l’Internet a elle aussi connu des problèmes. Cela a bien évidemment compliqué la mise en œuvre de l’Année. Malheureusement, la situation ne semble guère différente en ce qui concerne le programme Socrates II qui vient de débuter. Des messages inquiets proviennent des bureaux nationaux : les accords entre ces bureaux et la Commission ne sont pas encore signés définitivement et aucune certitude n’existe quant aux paiements. Cela ne peut pas ne pas avoir de répercussions sur la mise en œuvre de la section "Grundvik-formation des adultes" du programme Socrates. C’est dommage. Il faut que les problèmes administratifs de Socrates soient réglés rapidement, afin de pouvoir faire bénéficier les citoyens de l’effort communautaire en faveur de l’apprentissage tout au long de la vie.

La formation et l’apprentissage sont de plus en plus nettement considérés comme une ressource pour l’Europe. Ils ne sont pas seulement synonymes de dépenses obligatoires. Il faut espérer que ce changement qui s’est produit dans les attitudes se reflétera bientôt aussi dans le budget communautaire. L’Année européenne des langues qui sera organisée l’an prochain devra se débrouiller elle aussi avec les mêmes maigres ressources que l’Année de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. Pourtant, le Parlement européen a fait de son mieux pour que les mesures soient dotées à temps d’une base juridique.

Bien que l’éducation et la formation relèvent du principe de subsidiarité, leur dimension européenne ne cesse de se renforcer. Le succès de l’Europe dans la concurrence mondiale repose sur des personnes capables et qui participent. L’apprentissage tout au long de la vie occupe une position clé dans la lutte contre le chômage et l’exclusion. Le rapport adopté par la Commission de la culture, de la jeunesse, de l’éducation, des médias et des sports demande à juste titre à la Commission que la formation continue s’applique tant aux plus hauts niveaux d’excellence et au monde universitaire qu’à celui des métiers traditionnels notamment dans les domaines de l’artisanat. L’éducation et la formation tout au long de la vie ne sont souvent vues que comme un renouvellement intrinsèque et indispensable de la main-d’œuvre. Elles devraient en fait être un droit fondamental de tout citoyen, qui mène non seulement à l’amélioration des aptitudes professionnelles, mais aussi au développement humain, à la joie et à la compréhension. Les moyens technologiques d’aujourd’hui permettent de mettre le savoir à la portée de tous. Cette possibilité, il faut l’exploiter.

 
  
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  Purvis (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, le paragraphe 16 de l'excellent rapport de Mme Gutiérrez-Cortines préconise la mise en place de formations destinées à lutter contre l'échec scolaire. Ce serait beaucoup mieux d'éviter ce genre d'échec.

Il ne peut rien arriver de pire qu'un élève qui quitte l'école sans qualifications et plein de désillusions. Aujourd'hui, cette situation devient d'autant plus grave que les emplois pour les personnes non qualifiées se font de plus en plus rares. La raison de cet échec réside souvent dans le fait que le jeune adolescent est découragé par la rigidité d'un système éducatif qui reste collé à une ligne établie et se révèle inadapté pour certains.

J'invite instamment la Commission à examiner d'un œil favorable la mise en place d'un programme de recherche sur l'utilisation et l'élaboration de tests d'aptitude destinés à identifier très tôt, vers 12 ou 13 ans, les aptitudes du jeune, indépendamment de la profession, du travail ou de l'emploi visé. Les écoles doivent proposer des cours qui garantissent la réussite des jeunes.

La réussite encourage l'ambition. Les adolescents sont satisfaits et enthousiastes plutôt que d'être des trublions désabusés. Ceux qui quittent l'école sont pleins d'espoir et n'ont pas peur de l'avenir. Ils sont en mesure d'apporter leur contribution à la société. Ils auront un passeport pour une vie meilleure et plus satisfaisante. Rien n'est plus vital pour l'avenir de l'Europe que les jeunes qui vont la bâtir. Il n'y en a pas un seul qui ne soit pas capable d'apporter sa contribution. Nous devons mobiliser ce potentiel inutilement gâché et lui ouvrir la porte de la réussite.

 
  
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  Barnier, Commission. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, mes premiers mots seront pour remercier votre rapporteur, Mme Gutiérrez pour son travail, non seulement pour les aspects positifs qu'elle souligne, mais aussi pour les critiques que la Commission a étudiées, qu'elle a prises en compte, dont nous avons compris qu'elles étaient faites dans un esprit constructif, et nous invitaient à toujours faire mieux, comme l'a dit d'ailleurs tout à l'heure l'un d'entre vous, que ce soit dans la manière dont nous traitons le sujet de l'éducation et de la formation tout au long de la vie ou dans la manière dont nous organisons, avec vous et avec les États membres, ce type de manifestion dans le cadre de l'Année européenne.

Je voudrais également, au nom de la Commission, adresser des remerciements à Mme Evans qui a été chargée de l'élaboration de l'avis de la commission de l'emploi et des affaires sociales et autres parlementaires qui ont contribué à la qualité de ce débat, à la fois en commission et en séance plénière.

Je voudrais, Mesdames et Messieurs les Députés, m'attacher pendant quelques instants à répondre à certaines critiques - plusieurs d'entre vous, notamment M. Herman Schmid, les ont soulignées - qui sont exprimées dans le rapport de Mme Gutiérrez. Je voudrais bien sûr le faire aussi en marquant les aspects positifs de cette Année européenne. C'est une initiative qui, comme l'indique le rapport, a été très favorablement accueillie par votre Parlement et par le Conseil. Une initiative qui a eu, même si on peut toujours dire qu'on aurait dû faire mieux, un effet mobilisateur si j'en juge par le nombre de personnes qui ont été intéressées, concernées par cette initiative, mobilisateur aussi de ressources financières complémentaires déployées de manière plus décentralisée.

C'est une initiative européenne dont nous pouvons considérer qu'elle a été globalement positive, parce qu'elle a été mise en œuvre de cette manière décentralisée et plus proche des citoyens, ayant fait appel aux autorités nationales, régionales, locales dans chaque État membre - M. Posselt a évoqué l'esprit et le sens de la subsidiarité, j'ai bien noté son souci. J'ai noté également dans le rapport de la commission, dans votre rapport que nombre d'établissements scolaires, d'universités, d'entreprises, de mouvements associatifs qui relèvent non seulement du monde de l'éducation mais aussi de l'économie, de la lutte contre l'exclusion sociale, de la vie rurale, ont été intéressés par cette initiative.

Mais je pense aussi que c'est une initiative, Mesdames et Messieurs les Députés, qui a permis à l'idée, à l'ambition ou à l'exigence de l'éducation et de la formation tout au long de la vie de sortir du monde des spécialistes en éducation et en formation et de gagner un peu plus l'adhésion d'un public plus large. Je crois que c'est Mme Klass qui, tout à l'heure, a insisté sur ce point.

Mesdames et Messieurs nous devons toujours garder à l'esprit ces aspects positifs et je voudrais, comme je vous l'ai promis, m'attacher également à un ensemble de critiques qui sont exprimées dans ce rapport. Je voudrais d'abord évoquer l'approche choisie par la Commission pour définir le niveau de détail du rapport en ayant à l'esprit qu'il s'agit d'une action dotée d'un budget de quelque 8 millions d'écus, ce qui n'est pas rien, mais ce qui n'est pas plus une somme considérable. La Commission a voulu fournir un rapport succinct qui donne une idée du contenu de l'Année européenne et qui en résume les acquis et l'impact d'une manière lisible. Nous y avons inclus des données chiffrées, y compris naturellement sur l'utilisation du budget que je viens d'évoquer, mais je veux dire que c'est avant tout d'un rapport d'impact politique qu'il s'agit.

En rédigeant ce rapport nos services se sont très largement appuyés sur une évaluation externe menée à bien par une société qui grâce à ses relais dans l'ensemble des pays participants a pu, me semble-t-il, former une idée objective sur la manière dont cette année a été perçue par les acteurs dans nos différents pays. L'évaluation qualitative a été fondée sur un échantillonnage très large des projets complétée par des entretiens avec les instances nationales et puis avec les initiateurs ou les promoteurs sur le terrain de ces projets. Les services de la Commission ont mis le texte intégral de cette évaluation externe à la disposition de votre rapporteur. J'ajoute que les archives sur la gestion budgétaire des projets peuvent naturellement être consultées également.

Votre rapport, Madame Gutiérrez, constate certains retards - certains d'entre vous en ont parlé, notamment Mme Livari, tout à l'heure - pour la mise en œuvre de l'Année et notamment en ce qui concerne la distribution de brochures. Il faut se rappeler que la décision du Parlement et du Conseil sur cette Année européenne était un des tout premiers textes adoptés selon la procédure de codécision et que le rodage de cette procédure, objectivement, a pris un certain temps. La décision n'a été formellement adoptée que fin octobre 1995, c'est-à-dire quelques semaines avant le début de l'Année européenne. Cela a eu une incidence sensible sur la capacité d'action de la Commission. Ce retard initial notamment en ce qui concerne la passation d'un contrat avec les fournisseurs de services et de produits publicitaires a continué à avoir des effets tout au long de l'année elle-même.

De même, le premier appel à projet devait être lancé d'une manière très informelle avec la coopération des instances nationales. Il avait été signé pour mettre en œuvre une action qui, officiellement, n'existait pas encore et cela explique là encore objectivement, une partie des carences qui ont été relevées dans votre rapport et, nous devons le regretter, de leurs conséquences. Je crois que c'est M. McCornick qui évoquait les problèmes de la mise en œuvre des projets par les initiateurs sur le terrain. Ces conséquences-là ont clairement une raison ou une source au tout début du retard initial tel que je viens de l'expliquer.

En ce qui concerne le fait que certains supports publicitaires n'aient été disponibles qu'en trois langues, je partage, Mesdames et Messieurs, le regret de votre rapporteur mais c'était là une décision difficile qu'il a fallu prendre pour des raisons purement techniques relevant à la fois du budget et des effectifs en personnel disponible, car toutes les versions linguistiques de chaque publication émises au nom de la Commission devaient être soigneusement vérifiées.

Je souligne toutefois que d'autres supports, notamment les affiches, étaient disponibles dans toutes les langues officielles de l'Union et que nous avons donné la possibilité aux instances nationales d'ajouter d'autres langues en fonction de leurs propres besoins. Il est bien évident que pour l'Année européenne des langues que nous préparons maintenant et - cela me paraît nécessaire et légitime - nous ferons un effort particulier

 
  
  

pour respecter, autant que faire se pourra, le principe du pluralisme linguistique. Le rapport de Mme Gutiérrez relève un certain manque de clarté au niveau des objectifs de l'Année européenne, dû, selon elle, à l'absence d'une définition de l'éducation et de la formation tout au long de la vie. J'entendais tout à l'heure votre collègue, Mme Echerer, évoquer de nombreux ouvrages philosophiques qui, depuis des siècles, en effet, rappellent cette idée simple qu'on ne cesse jamais d'apprendre. Il est vrai qu'il manquait, au-delà de ces recherches ou de ces références philosophiques, des définitions claires de ce que doit être, dans le respect des différences ou des identités de nos pays, voire de nos régions, cette exigence de l'éducation, de la formation tout au long de la vie.

Nous avons apprécié l'effort de clarification effectué par votre rapporteur, qui propose une définition de différents concepts d'éducation et de formation tout au long de la vie. Je voudrais néanmoins défendre le fait que la Commission n'a pas, a priori, imposé d'emblée une définition, surtout si l'objectif était de limiter l'éducation et la formation tout au long de la vie à une formation subordonnée aux seuls besoins du marché du travail. Car, s'il est vrai que l'initiative trouvait ses origines dans le Livre blanc de la Commission "Croissance, compétitivité et emploi", il est apparu clairement, dès les premiers échanges de vues avec le Parlement et le Conseil, qu'il existait un consensus en faveur d'une approche plus large, incluant tous les aspects de l'éducation et de la formation, les pratiques, les acquis. Dans ce domaine, les systèmes varient - comme je l'ai dit tout à l'heure - sensiblement d'un pays à l'autre : il fallait s'entendre sur une idée fédératrice qui provoque justement un débat sur la signification de l'éducation, de la formation tout au long de la vie dans des termes convenant ou respectant différentes situations nationales et régionales. La Commission a donc préféré mettre l'accent sur le continuum de l'apprentissage, la complémentarité entre ses différents aspects, en incluant non seulement l'éducation initiale et supérieure, la formation initiale et continue, mais également différents types d'apprentissage plus informels.

Plus l'année avançait et plus la Commission était convaincue du bien-fondé de cette approche. Nous avons volontairement soutenu ce qu'on peut appeler l'apprentissage récréatif, car nous savions que certaines personnes qui ont quitté le système éducatif formel avec un sentiment d'échec - M. Purvis, tout à l'heure a insisté sur ce point. J’ai d'ailleurs noté, Monsieur Purvis, votre suggestion d'un programme de recherche et j'en ferai part à mes collègues, M. Busquin et Mme Reding - les gens, les jeunes, pas seulement les jeunes, qui quittent l'éducation avec un sentiment d'échec, doivent être progressivement reconquis à l'idée qu'apprendre peut être utile, agréable, et redonner confiance en soi. Il est clair aussi que, si la formation tout au long de la vie doit devenir une réalité, il faudra dès la scolarité de base en tenir compte dans ce qu'appelait tout à l'heure M. Seppänen l'éducation générale, pour que chaque élève soit motivé et dispose des compétences nécessaires pour apprendre dans les différentes situations dans lesquelles il se trouvera plus tard à l'âge adulte. En un mot, il devra apprendre à apprendre.

Depuis la fin de l'Année européenne, dans le sens évoqué tout à l'heure par votre collègue M. Lage, l'idée de l'éducation et de la formation tout au long de la vie continue à gagner du terrain. Ce n'est pas un hasard, Mesdames et Messieurs, si, depuis 1996, par exemple, des ministres de plusieurs pays de l'Union ont acquis une compétence désormais très explicite pour la formation tout au long de la vie. Le concept a été à la base de la réflexion qui a mené à la nouvelle génération de programmes Socrates, Leonardo de Vinci et Jeunesse. Il a été repris par les ministres du G8, qui ont adopté, l'année dernière, à Cologne, une charte sur ce même sujet, inspirée dans une large mesure des débats qui avaient eu lieu au cours de notre Année européenne au sein des Quinze. D'ailleurs, comme vous le savez, l'éducation dans cette perspective a continué à être un des thèmes de la présidence japonaise.

Mesdames et Messieurs les Députés, la Commission a poursuivi la réflexion sur la formation tout au long de la vie et nos travaux s'inscrivent désormais, comme l'a souhaité tout à l'heure M. Gasòliba i Böhm, dans le cadre du suivi du Conseil européen de Lisbonne. D'ici quelques semaines, ma collègue, Mme Reding, saisira le collège d'un projet de memorandum sur l'éducation et la formation tout au long de la vie, et ce document vous sera transmis dans le courant du mois d'octobre. Vous comprendrez qu'il m'est difficile aujourd'hui, à ce stade, d'entrer plus avant dans les détails de ce mémorandum, mais le lien avec l'emploi, auquel nous a appelé votre rapporteur, Mme Gutierrez, en sera, bien entendu, un élément essentiel, sans pour autant négliger l'aspect de l'épanouissement de chaque individu, qui reste une des fonctions capitales de l'éducation.

La Commission poursuivra le débat sur l'éducation et la formation tout au long de la vie avec vous, avec votre Assemblée, dans ce contexte-là. Quand je dis la Commission, je ne parle naturellement pas seulement de la commissaire directement chargée des questions d'éducation, Viviane Reding. Je veux dire par là que nous nous sentons, pour beaucoup d'entre nous, très directement concernés par ce défi, vous me permettrez de le dire, je le suis en particulier en tant que Commissaire à la politique régionale, au moment où je signe et je travaille avec les États membres et avec les régions sur le contenu et la qualité des documents de programmation dans chacun des États membres. Je suis tout à fait disposé à faire une place à cette question de l'éducation et de la formation tout au long de la vie et, d'une manière générale, aux questions d'éducation, dans les programmes des Fonds structurels.

Tout à l'heure, M. Seppänen, je crois, évoquait un sujet qui me semble tout à fait prioritaire, à savoir l'accès à la société de l'information, non seulement pour les jeunes ou les étudiants, mais aussi pour des publics plus âgés et des publics souvent oubliés, et je pense aux agriculteurs ou aux petites et moyennes entreprises. J'ai dit et je répète devant vous que je ne signerai aucun document de programmation pour aucune des régions d'Europe au titre de la politique régionale, dont j'ai la responsabilité, si ce document de programmation ne comporte pas pour cette région, pour chaque région, un plan très clair d'accès à la société de l'information, et je ne limite pas ces programmes d'accès à la société de l'information à l'âge de l'éducation primaire, secondaire ou supérieure.

J'espère, et je le dis en souriant, que la réponse que je viens de vous faire au nom de la Commission européenne dans ma langue maternelle, pourra constituer un complément utile à M. Rübig dans son apprentissage enthousiaste de la langue française tout au long de sa vie de député européen.

(Applaudissements)

 
  
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  Le Président. - Le débat est clos.

Nous passons maintenant au vote.

(Le Parlement adopte la résolution)

Explications de vote

 
  
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  Fatuzzo (PPE-DE). - (IT) Monsieur le Président, j'ai voté en faveur de ce document essentiel dont l'importance, a été justement soulignée par tous les orateurs, en particulier par Mme Echerer, qui a dit : "Chaque personne doit apprendre pour elle-même", par M. Posselt, à qui je pourrais donner une carte de membre du parti des retraités, tant il s'est démené pour venir en aide aux personnes âgées, et par le commissaire Barnier, qui a assuré un engagement particulier. Toutefois, Monsieur le Président, en tant que représentant du parti des retraités au Parlement européen, je souhaiterais qu'on passe des paroles aux actes. Les personnes âgées des États membres ne peuvent apprendre, elles ne reçoivent aucune aide de la part des États, elles ne peuvent même pas utiliser les locaux des écoles qui, le matin, accueillent des enfants et, le soir, pourraient accueillir leurs grands-parents.

 
  
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  Posselt (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, la référence que j'ai faite aux dictatures communistes a manifestement mis un collègue de l'extrême-gauche dans tous ses états. C'est la raison pour laquelle je tenais à dire que le vote d'aujourd'hui était très important. Les membres de son parti, le PDS, sont apparemment décidés à ne rien apprendre de plus tout au long de leur vie. Voilà pourquoi je suis heureux que nous ayons adopté ce rapport à une grande majorité.

 
  
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  Rübig (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, l'éducation et la formation tout au long de la vie ne sont pas uniquement une tâche de la Commission et des institutions européennes, mais aussi et surtout des États membres. J'ai voté en faveur de ce rapport parce que je crois que l'avantage fiscal pour la formation professionnelle et privée doit occuper une place centrale afin qu'il soit également possible de parrainer la formation. Il faut créer des mesures d'encouragement pour que les institutions prennent en charge les établissements d'enseignement et qu'une promotion soit ainsi possible sur une large base, en vue de décharger le système.

Mais je pense aussi que nous devrions servir d'exemple au niveau européen. Chaque année, nous devrions concevoir et évaluer des programmes d'apprentissage et de formation permanente pour nos fonctionnaires et politiciens, afin que nous puissions déterminer dans quelle mesure nous nous perfectionnons.

 
  
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  Alyssandrakis (GUE/NGL). - (EL) Monsieur le Président, le parti communiste de Grèce est en faveur d’un système public de formation tout au long de la vie qui donnera la possibilité aux travailleurs d’améliorer leurs connaissances, leurs aptitudes professionnelles et, qui plus est, leur apport à la collectivité et leur niveau de vie.

En revanche, le modèle que préconise l’Union européenne vise simplement à combler les lacunes d’un système de formation qui fabrique des travailleurs "jetables", lesquels ne sont pas en mesure de suivre les évolutions du processus de production. Le travailleur est contraint toute sa vie de passer par le cercle vicieux "travail, chômage, formation", et ainsi de suite.

Le rapport de Mme Gutiérrez-Cortines, bien qu’il relève certaines déficiences du système, ne va cependant pas assez en profondeur pour analyser les causes et proposer des remèdes. Pour ces raisons, nous, eurodéputés du parti communiste de Grèce, nous nous sommes abstenus lors du vote.

 
  
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  Caudron (PSE), par écrit. - Je souhaiterais commencer en rappelant et insistant sur le fait que l'accès à un bon niveau d'éducation et de formation constitue un droit de l'individu pour le développement de ses potentialités et son insertion dans le contexte économique, social et culturel. Cette donnée fondamentale a alimenté les débats lors des Conseils européens de Lisbonne et de Feira. Nous avons aussi admis que ce droit devait être adapté à l’avènement de la société de l’information.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont en effet des répercussions très importantes sur les modes d’enseignement. Il est reconnu qu’à présent l’éducation et la formation doivent se faire tout au long de la vie. C’est pourquoi au cours de ces Sommets, la Commission et les États membres ont été invités à définir des stratégies cohérentes et des mesures pratiques pour rendre l'éducation et la formation tout au long de la vie accessibles à tous. La réflexion sur ce thème a cependant débuté bien avant puisque dès 1996, la Commission a proposé au Conseil et au Parlement européen de proclamer 1996 "Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie". Le but de l'Année était de sensibiliser les citoyens à de nouveaux concepts en matière d'enseignement académique et professionnel et de procéder, avec tous les acteurs concernés, à une réflexion d'ensemble sur le rôle et les enjeux de l'éducation et de la formation à l'aube du XXIe siècle.

Vu l’ampleur des enjeux, je ne peux cependant que regretter, à l’instar de Mme le rapporteur, que le budget de l’Année européenne ait été limité à 8,4 millions d’euros pour les quinze États membres et leurs trois partenaires de l’EEE.

Dans le même sens, il nous faut déplorer l’absence flagrante de données qualitatives dans le rapport de la Commission. Cette dernière doit donc améliorer dans l’avenir la qualité de ses rapports d’évaluation. Son action devra se concentrer sur la définition, de manière plus précise dans les prochains programmes, des différents concepts et aspects de la formation professionnelle et de la formation tout au long de la vie. Elle devra également mettre rapidement en œuvre des programmes d’actions et des mesures spécifiques, dans le cadre d'une stratégie d’éducation et d’apprentissage tout au long de la vie. Ces mesures doivent être prises en coordination avec les programmes Socrates II et Leonardo.

Il nous incombe de veiller à ce que tous les citoyens puissent bénéficier de cette formation aux nouvelles technologies car le risque est grand de voir se creuser une "fracture numérique" entre ceux et celles qui ont les moyens d’y accéder et les autres. C’est aussi tout le débat sur la place du service universel dans les nouveaux réseaux de télécommunications.

 
  
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  Le Président. - Merci, Monsieur Alyssandrakis.(1)

 
  

(1) Déclarations inscrites au registre - Transmission des résolutions adoptées au cours de la séance - Calendrier des prochaines séances : cf. procès-verbal.

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