Le Président. – L'ordre du jour appelle le rapport de Inés Ayala Sender, au nom de la commission des transports et du tourisme, sur la logistique du transport de marchandises en Europe, la clé de la mobilité durable (2006/2228(INI)) (A6-0286/2007).
Inés Ayala Sender (PSE), rapporteur. – (ES) M. le Président, nous débattons cet après-midi d'un secteur clé pour la croissance, la concurrence et l'emploi en Europe, à savoir la logistique.
La logistique est essentielle à la qualité de la vie quotidienne de nos citoyens, même s'ils ne le réalisent pas assez clairement. Cet exercice tente entre autres d'accroître la visibilité de la question auprès des citoyens.
C'est un secteur qui représente environ 13 % du PIB de l'Union européenne et il exerce une incidence économique considérable, car il représente entre 10 et 15 % du coût final des produits finis en Europe. Dans certains secteurs, comme la très importante industrie automobile, il dépasse même les coûts sociaux.
C'est également un secteur qui, jusqu'à présent, s'est révélé être une affaire exclusivement pour l'industrie et le marché; son succès et son potentiel de croissance se sont avérés irréfutables et cela doit continuer. Mais, selon notre intime conviction que le meilleur marché est un marché bien réglementé qui facilite et favorise les capacités positives et, en outre, prévient les risques potentiels avant qu'ils ne deviennent des obstacles à la croissance, à la créativité et au développement indispensables à nos citoyens, nous applaudissons donc la décision de la Commission de commencer à considérer ce secteur pour la contribution que l'Union européenne peut apporter pour accroître les opportunités et limiter les risques manifestes, compte tenu des prévisions de croissance pour le secteur des transports en Europe. On parle actuellement d'une croissance de quelque 50% entre 2000 et 2020. Le secteur pourra donc exploiter et accroître les opportunités qui s'offrent à lui dans une situation que nous percevons comme définie autour de cinq priorités essentielles.
La première priorité est le récent élargissement vers l'est qui accroît les distances et crée des régions excentrées; en même temps, cela crée toutefois de nouvelles opportunités en termes de marchés et de commerce dans les différentes cultures de nos citoyens.
La deuxième priorité est la mondialisation, qui accélère le commerce, diversifie les besoins et redéfinit la position géographique des territoires et des populations. Je pense ici à mon propre pays, l'Espagne, qui occupe une place périphérique en ce qui concerne l'élargissement, même si la mondialisation la place à un carrefour entre des régions aussi importantes que l'Amérique latine, l'Afrique ou le commerce avec l'Asie.
Une autre des priorités pour s'attaquer à la logistique est le changement climatique et les besoins énergétiques actuels. Nous devons rendre l'utilisation des infrastructures plus efficaces, améliorer la gestion du trafic et limiter les trajets à vide; la logistique actuelle peut y apporter une contribution importante.
La quatrième priorité concerne les opportunités d'échange d'informations que nous recherchons en Europe au titre du 7e programme-cadre et le futur tout entier de l'économie de la connaissance. La logistique est l'incarnation du transport intelligent – le transport qui inclut la planification comme concept fondamental et se fonde sur des systèmes de transport intelligent. SESAR, SafeSeaNet et Track and Trade sont tous des dispositifs et des nouvelles technologies qui s'appliquent avec succès dans ce secteur.
Enfin, les changements démographiques et les attentes de la jeune génération en matière d'emploi sont aussi des domaines où la logistique peut apporter une contribution décisive. À cette fin, la proposition de rapport tente particulièrement de soutenir la Commission dans l'identification des nœuds et pour tenter d'élaborer de nouvelles propositions.
Nous devons éviter que la charge administrative ne devienne trop importante en utilisant précisément ces systèmes intelligents pour réduire et limiter les formalités, ce qui reste complexe, notamment, par exemple, pour les douanes et le commerce maritime; je pense toutefois que les propositions de la Commission que la Commission avance en ce sens dans son plan d'action s'avèrent potentiellement très positives.
Une autre tension pour laquelle nous proposons plusieurs solutions est le manque d'infrastructure et la pénurie des fonds qui s'y rapportent. À cette fin, nous réitérons la nécessité de mettre un terme au système des réseaux transfrontières en ouvrant des passages historiques oubliés dans les Pyrénées ou les Alpes, car nous pensons que cela peut également contribuer à réduire la congestion sur certaines routes en ouvrant les tunnels ferroviaires.
À cette fin, il existe également une proposition spécifique que je soutiens particulièrement, à savoir la proposition aux fins d'un système de chemin de fer réservé au fret. Nous prierons la Commission de nous soumettre un plan en l'espèce.
S'agissant de la nécessité de financements, nous aimerions ajouter la logistique comme préoccupation prioritaire au débat sur le futur financement d'une politique des transports européenne suffisamment ambitieuse.
S'agissant du manque de main-d’œuvre, nous soutenons la Commission dans sa proposition de rendre la profession plus attractive, mais nous aimerions qu'elle se rapporte non seulement à la formation, mais aussi à l'amélioration des conditions sociales et de travail.
Enfin, nous souhaitons également soutenir et encourager la Commission en ce sens lorsque nous soulignons la nécessité d'inclure un chapitre spécifique consacré à la logistique urbaine dans toute prise en compte à venir du transport urbain. Nous pensons que nos citoyens endurent la congestion quotidiennement lorsque la logistique, qui doit être invisible si elle est fonctionne, a prouvé son échec. À cette fin, nous pensons qu'il est temps que la logistique occupe la place qu'elle mérite dans les débats européens.
Jacques Barrot, vice-président de la Commission. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je remercie tout particulièrement Mme Ayala Sender pour son rapport sur la logistique du transport de marchandises. Je dois d'ailleurs dire à Mme Ayala Sender que je me rappelle la visite que nous avons effectuée à Saragosse où nous avons pu voir l'intérêt de tous les efforts actuellement déployés en Europe pour développer la logistique.
Votre rapport, Madame, nous laisse beaucoup espérer des orientations prises par la Commission dans la communication qu'elle a adoptée en 2006 sur la logistique. Cette résolution est une étape importante dans les efforts conjoints du Parlement et de la Commission pour améliorer le fonctionnement du transport de fret en Europe.
Je me sens fortement encouragé dans la mesure où je vais présenter, dans quelques semaines, le plan d'action en faveur de la logistique.
Madame, vous avez énuméré avec éloquence les enjeux: la dimension économique, la performance de la logistique qui est un facteur clé de la compétitivité de nos économies. La logistique facilite les flux de marchandises et contribue à rendre nos produits concurrentiels en leur offrant un accès aux marchés plus lointains. La logistique est ainsi devenue une industrie importante, dynamique, créatrice d'emplois et l'Europe compte dans ce domaine les sociétés européennes de logistique les plus performantes. En outre, la logistique contribue à la performance environnementale. Comme vous l'avez dit, elle contribue à diminuer la congestion des transports. Le transport de marchandises et la logistique doivent répondre aussi aux défis que sont la réduction du nombre d'accidents routiers et celle des émissions de polluants et de bruit.
Les efforts en matière de logistique ne consistent pas à réglementer ce secteur en pleine croissance, mais bien à lui assurer un avenir durable en lui permettant de mobiliser le potentiel d'efficacité qui existe encore dans l'activité du transport. C'est pourquoi d'ailleurs nous avons développé le sens de la co-modalité, le recours efficace à différents modes de transport en combinaison les uns avec les autres. Sur ce point, nous avons, grâce à la logistique, la possibilité de concilier les objectifs économiques et environnementaux.
Cela étant, il subsiste un certain nombre d'obstacles au développement de la logistique. D'abord, le manque d'harmonisation et l'absence de normes communes qui empêchent l'adoption de nouvelles solutions, notamment le développement des technologies de l'information et de la communication. Nous pourrions mieux planifier le transport de fret, nous pourrions améliorer le fonctionnement et la sécurité des systèmes de transport, nous devrions améliorer le suivi des marchandises et faire en sorte que les clients disposent des informations dont ils ont besoin. La chaîne logistique doit fonctionner comme un ensemble cohérent, même si elle inclut plusieurs partenaires et si elle combine plusieurs modes de transport.
Deuxièmement, nous devons renforcer l'importance de la qualité dans le transport de marchandises avec des indicateurs de qualité de service, avec le partage des bonnes pratiques, ce qui implique l'amélioration de la formation des professionnels, la reconnaissance de leurs compétences.
Troisièmement, il faut aborder le problème des goulets d'étranglement, des obstacles au transport de marchandises. Nous avons consulté tous les acteurs de la logistique et reçu cinq cents réponses qui nous permettent de mieux préparer le plan d'action logistique.
Le rapport de Mme Ayala Sender met, lui aussi, à juste titre, le doigt sur la simplification des procédures administratives, sur les besoins d'investissements dans les infrastructures et sur les difficultés posées par la logistique dans un contexte urbain. Il faut des réponses concrètes à tout cela.
Je me réjouis que la commission des transports et du tourisme ait vraiment attaché de l'importance au plan d'action pour la logistique que je présenterai en octobre. Ce plan d'action devrait proposer des mesures concrètes avec des objectifs bien identifiés et un calendrier précis. Ce plan d'action logistique va faire partie d'un ensemble d'initiatives englobant un réseau ferroviaire à priorité fret, une politique portuaire et deux documents des services de la Commission sur l'espace maritime sans barrières et sur les autoroutes de la mer. L'adoption de ces différentes mesures sera un signal important et c'est ainsi que nous pourrons dégager des alternatives de transport performantes, intégrées, respectueuses de l'environnement et, bien sûr, répondant aux besoins des utilisateurs. Le plan d'action s'accompagnera de mesures visant à rendre plus attractifs le rail et le transport maritime et fluvial.
À elle seule, la Commission ne prétend pas résoudre les problèmes de transport de fret auxquels l'Europe est confrontée mais, sur ce point encore, le rapport de Mme Ayala Sender envoie un message en direction des États membres pour les inciter à développer leurs propres initiatives en faveur de la logistique, notamment en investissant dans les infrastructures, en étroite coordination avec l'Union européenne. Nous ne réussirons que si les États membres et l'Union européenne agissent ensemble.
Le problème de la logistique, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, est un problème majeur. C'est en y travaillant que nous réussirons le transfert modal que nous appelons de nos vœux dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. C'est à mon avis grâce à une bonne logistique et grâce à de bonnes infrastructures de transport que nous rendrons la mobilité européenne durable, c'est-à-dire compatible avec nos exigences environnementales pour le bien de l'économie et pour le bien des citoyens européens.
Madame Ayala Sender, laissez-moi vous remercier sincèrement de votre contribution à ces avancées de la logistique, qui est une clé du développement du transport durable.
Satu Hassi (Verts/ALE), rapporteur pour avis de l'avis de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie. – (FI) M. le Président, mesdames et messieurs, j'aimerais remercier très sincèrement le rapporteur, Mme Ayala Sender, pour son très honorable rapport.
Je suis toutefois désolé que la commission des transports et du tourisme ait omis certaines questions clés du rapport que la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie a formulées. Parmi celles-ci, la plus importante reste l'internalisation des coûts externes du transport, comme les coûts environnementaux. L'établissement des prix qui tient compte des coûts réels, y compris les coûts sociaux et environnementaux, est un moyen fondamental pour rendre un système de transport intelligent, rentable et rationnel. En Suisse, les péages routiers pour le transport de poids lourds a entraîné un transfert efficace des convois vers le chemin de fer et réduit le nombre de camions qui voyagent à vide. C'est un bon exemple pour nous tous.
Il faut réaliser qu'un système de transport rentable et rationnel n'est pas synonyme d'un trafic routier en perpétuelle expansion. Les émissions de dioxyde de carbone provenant du trafic ne peuvent continuer d'augmenter comme c'est le cas actuellement; autrement, les réductions d'émissions réalisées dans d'autres secteurs, comme l'industrie, auront été une perte de temps.
Mathieu Grosch, au nom du groupe PPE-DE. – (DE) M. le Président, M. le Commissaire, mesdames et messieurs, j'aimerais d'abord remercier la Commission et le rapporteur pour leur travail. La logistique du transport de fret est un sujet tellement vaste qu'il n'est pas toujours facile de se limiter à l'essentiel. Comme on dit: «qui trop embrasse mal étreint». Alors, estimons-nous heureux d'avoir pu dégager les points clés aujourd'hui!
Nous devons emprunter de nouvelles voies, car ce n'est pas un domaine facile. Il est sujet aux conflits entre l'économie et la croissance d'une part, et l'environnement et la sécurité d'autre part. Pour le dire simplement: tout le monde veut des marchandises, mais personne ne veut du transport. Cela signifie que ce secteur, qui offre pourtant de très bonnes perspectives d'emploi, ne jouit pas d'une image très favorable. Nous devons faire notre part du travail pour d'abord rappeler à la population qu'il s'agit d'un secteur économique important, ensuite que nous pouvons ouvrir de nouvelles voies, et troisièmement que le secteur présente encore aujourd'hui un potentiel d'emploi.
Je considère toujours que la référence à la formation est très importante et elle doit être reprise par les différents pays. La spécialisation dans ces domaines peut conduire à des emplois neufs et intéressants. La recherche peut également contribuer à rendre le transport de fret plus efficace, compatible avec l'environnement et également plus sûr. La coopération entre les pays reste essentielle. Il nous suffit de penser aux réseaux transeuropéens. Nous pensons tous globalement, personne ne souhaite agir localement. En d'autres termes, nous voulons que ces réseaux soient partout, mais nous n'avons pas les ressources, que nous négociions avec le Conseil pour obtenir des fonds supplémentaires pour les réseaux transeuropéens ou avec les pays eux-mêmes.
S'agissant des moyens de transport, je pense que personne ne s'oppose au transfert des marchandises vers les chemins de fer et les voies navigables intérieures, mais l'efficacité reste la clé. L'efficacité n'est pas qu'une question de prix. Si le transport par rail devient moins cher, mais pas plus efficace, nous ne réussirons pas ce transfert modal. Nous devons donc allier l'efficacité et le prix si nous voulons gérer cette question correctement.
Enfin, permettez-moi d'aborder la question des «megaliners» et de la normalisation. Nous ne pouvons interdire, ni même autoriser, n'importe quoi exclusivement au niveau européen. Nous devons travailler correctement de concert avec les États membres et, par exemple, trouver des directives en matière de sécurité et d'infrastructure, qui doivent déterminer si ces «megaliners» doivent être tolérés ou non.
Gilles Savary, au nom du groupe PSE. – Monsieur le Président, je voudrais d'abord remercier Inés Ayala Sender pour son initiative.
Je crois en effet, Monsieur le Commissaire, que nous n'avons pas pris l'habitude de parler de logistique, que ce soit au plan européen ou que ce soit dans les États membres. Nous avons souvent une politique routière, une politique ferroviaire, une politique aérienne, une politique maritime, et dans certains pays, nous avons beaucoup de difficultés à les mettre en cohérence. La logistique consiste ni plus ni moins à faire en sorte qu'il n'y ait pas de rupture de charge trop importante entre ces différents modes de transport et qu'ils soient utilisés de façon optimale là où ils sont les plus efficaces et où ils apportent la plus grande plus-value. À cet égard, je pense que le travail qui a été engagé par Inés Ayala a un bel avenir et nous attendons naturellement votre communication.
Je voudrais également dire ce qui a été dit par la commission de l'industrie: je trouve que l'on n'insiste pas assez sur les rapports sur les dimensions environnementales du sujet. Il est clair que nous avons à développer la logistique en Europe, que la politique des transports est l'accessoire du marché intérieur et de son développement, mais nous ne pouvons pas, d'un côté, avoir de grandes résolutions sur la réduction des gaz à effets de serre et, de l'autre, avoir des pudeurs excessives.
À cet égard, je m'inquiète du fait que l'on insinue, dans tous les rapports, les camions de 60 tonnes. Dans un précédent rapport, on parlait pudiquement de concept modulaire européen; dans certains rapports, on parle de megatrucks, de gigaliners, avec la théorie du lobby routier: plus les camions sont gros, moins ils consomment et, donc, plus on fera d'économies. Cette théorie est fausse. Plus les camions sont gros, plus ils sont compétitifs par rapport au rail et à la voie d'eau et plus votre politique concernant le rail, les voies d'eau et les autoroutes de la mer sera sinistrée, Monsieur le Commissaire. Cela ne sera même plus la peine d'en parler. Il y aura toujours autant de camions, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y aura beaucoup plus de marchandises sur les routes et que l'on aura échoué.
Jeanine Hennis-Plasschaert, au nom du groupe ALDE. – (NL) M. le Président, la Commission indique très justement dans sa communication, et ce n'est pas la première fois, que la logistique joue un rôle important dans notre manière de répondre à tous ces nouveaux défis, en matière d'environnement par exemple. Naturellement, le rôle de la logistique s'avère tout aussi important lorsqu'il s'agit de la compétitivité de l'Union. Il faut accorder la priorité à l'optimisation du système de transport européen, en s'attaquant au problème des engorgements existants et en appliquant un logistique avancée. Il faut agir. Comment pouvons-nous améliorer l'efficacité des moyens de transport individuels et les combinaisons de ces moyens? C'est la question à un million de dollars. Et j'en profite pour souligner que la croissance anticipée dans le transport de fret doit être abordée le plus pragmatiquement possible. Si nous voulons tenir ce niveau de croissance, il faut utiliser au maximum tous les moyens de transport. Il n'est donc absolument pas question de l'un ou l'autre, mais de tous.
Il est dommage que la réaction de la Chambre par rapport à la communication risque de s'enliser dans un débat politique qui cherche à savoir si ces longs poids lourds – écocombis ou gigaliners – doivent être autorisés ou non, comme vient de l'indiquer M. Savary. Après de nombreuses plaidoiries, nous tenons aujourd'hui un accord sur un compromis aussi neutre que possible. En tant que partisan de ces grands et longs poids lourds, j'aimerais ajouter un point et dire qu'appeler à des idées innovantes pour les supprimer sur la base d'arguments erronés ne nous mènera nulle part. Fondez vos décisions sur une recherche adéquate, tel est mon conseil. Une fois encore, la croissance anticipée du transport de fret par route nous mettra à très rude épreuve. Les résultats dans un futur proche dépendront de notre manière d'établir les priorités parmi les obstacles. Il faudra sacrifier des vaches sacrées, y compris celles qui entourent les longs poids lourds, par exemple, ou la prolifération des interdictions de roulage dans l'Union européenne, les vaches sacrées sur le cabotage, etc. J'espère sincèrement que ces priorités seront rapidement formulées plus clairement dans le plan d'action de la Commission européenne.
Il ne me reste qu'à remercier le rapporteur pour son travail acharné. Je vous quitte brutalement, non par impolitesse, mais parce que j'ai une réunion importante ailleurs.
Liam Aylward, au nom du groupe UEN. – (EN) Monsieur le Président, je me réjouis du contenu de ce rapport aujourd’hui, qui soutient le développement plus important des réseaux routiers transeuropéens en Europe.
La construction d’une route de 112 km, la M3, représente actuellement le deuxième plus grand développement routier en Irlande. Cette route contournera les villes de Dunshaughlin, Navan et Kells dans le comté de Meath.
Récemment, la couverture médiatique a été forte en Irlande sur le rôle de la Commission relativement à la M3. Certaines personnes opposées à ce développement ont totalement déformé le rôle de la Commission dans ce domaine. Je souhaite rétablir la vérité des faits s’agissant du rôle exact de la Commission dans la M3. Le 29 juin 2007, la Commission a envoyé une lettre par avis motivé au gouvernement irlandais car elle voulait obtenir des explications sur les motifs qui ont amené le gouvernement irlandais à ne pas réaliser une seconde analyse d’impact lorsqu’une découverte archéologique a eu lieu à Lismullen en mars dernier. Le gouvernement irlandais défendra sa position car il a agi une fois que des rapports indépendants du directeur du Musée national de l’Irlande avaient été remis au gouvernement irlandais. Ce rapport préconisait que cette découverte à Lismullen soit creusée et protégée par un procès-verbal. Cette proposition de plan d’action a bénéficié du soutien du Chef archéologue d’État de l’Irlande. Cependant, le fait que la Commission ait envoyé une lettre par avis motivé au gouvernement irlandais ne signifie pas, comme cela a été dit, que l’Irlande va se voir infliger une amende de plusieurs centaines de millions d’euros par l’Union européenne, ou que la construction de cette route, qui a déjà commencé, doit être arrêtée, ou qu’une action en justice sera engagée contre l’Irlande. Je sais que c’est une question sensible mais le rôle de l’Union européenne relativement à cette question doit être mis dans son contexte.
Eva Lichtenberger, au nom du groupe des Verts/ALE. – (DE) M. le Président, M. le commissaire, mesdames et messieurs, en tant qu'écologiste, je suis naturellement favorable à toute amélioration de la logistique, car cela peut contribuer à réduire les dégâts pour l'environnement. Je dois toutefois indiquer d'emblée que les domaines où l'Union européenne a véritablement le pouvoir d'intervenir en ce sens sont peu nombreux. Il existe toujours des défauts logistiques dans les régions où le lien entre les différents moyens de transport ne fonctionne pas; c'est particulièrement dommageable lorsque le chemin de fer ne peut pas être exploité, car les liens logistiques sont pesants, bureaucratiques, inexistants ou faiblement développés.
Toutefois, même dans les cas où de nombreux moyens de transport voyagent à vide, on constate clairement un manque de logistique, ou qu'il ne vaut simplement pas la peine d'utiliser le matériel roulant de manière efficace et ciblée. Ce sont des questions cruciales et elle sont effectivement abordées dans ce dossier. En même temps, elles ont été exploitées par plusieurs lobbyistes. Selon moi, l'amélioration de l'infrastructure n'est pas encore logistique; nous voyons toujours des wagons vides même sur des routes ou des chemins de fer de très bonne qualité, ce qui ne nous aide en aucune façon. En particulier, je m'oppose au fait que ce dossier a fait l'objet d'une utilisation abusive comme instrument de propagande de ce qu'on appelle les gigaliners.
Nous souffrons déjà du fait que le matériel roulant n'est que très peu utilisé. Néanmoins, c'est motivé par des raisons d'intérêt économique personnel – notamment pour l'industrie du bois, dans le passé du moins – pour introduire de très grands poids lourds, qui auront un impact néfaste sur la maintenance des routes. Après tout, nous devons tous réaliser que les routes devront être réparées beaucoup plus fréquemment si on place davantage de poids sur les essieux, si plus de poids pèse sur l'asphalte. C'est pourquoi nous ne pouvons pas parler d'amélioration environnementale ou économique, car, au final, cela entraîne une distorsion de la concurrence considérable avec les chemins de fer.
Erik Meijer, au nom du groupe GUE/NGL. – (NL) M. le Président, le transport de fret par route se fait actuellement dans une mesure trop importante qui nuit à la qualité de l'air, à la protection contre la pollution sonore, à notre sécurité et à l'espace dont nous avons besoin. Ces opérations de transport continuent de se développer, notamment parce qu'elles sont devenues meilleur marché avec les années. Les entreprises organisent de plus en plus de déplacements qui ne sont pas nécessaires. Il y a deux raisons à cela: l'approvisionnement en matières premières, les différentes étapes que comporte leur traitement et la vente des produits finis sont effectués à des endroits complètement différents et cela génère de nombreuses opérations de transport inutiles entre ces différents endroits. Malgré la création de grands ports et d'autres grands centres de distribution, les marchandises voyagent toujours plus que nécessaire.
Dans les pays peu densément peuplés avec peu ou pas de chemins de fer, notamment en Amérique et en Océanie, d'énormes véhicules de fret par route ont été développés, baptisés trains routiers ou semi-remorques. Cela maintient un coût du transport assez bas, mais entraîne de trop nombreux problèmes évitables pour tout le monde. Nous ne devons pas autoriser ces poids lourds en Europe. Le transport de fret doit être réduit, et celui qui s'avère vraiment nécessaire doit être transféré le plus possible vers le rail ou les voies navigables.
Johannes Blokland, au nom du groupe IND/DEM. – (NL) M. le Président, l'importance de la logistique pour notre société est bien connue. Toutes les personnes impliquées ont le devoir de garantir que les opérations logistiques se déroulent en douceur. Les pouvoirs publics rendent le cadre fonctionnel le plus favorable possible, et les entreprises et l'industrie planchent sur des concepts pour répondre le mieux possible à la demande du marché. Je suis ravi que le rapporteur évoque et insiste sur les différents domaines qui demandent notre attention.
Un point qui a suscité de nombreuses discussions lorsque nous traitions le rapport est la question de ces longs poids lourds de fret ou «écocombis». Même si des tests pratiques au niveau national ont donné des résultats plutôt positifs, les avis sur ces véhicules diffèrent. Selon moi, le compromis est un bon point de départ pour un débat plus approfondi. Je suis impatient de voir comment la Commission européenne alimentera le débat, dans on plan d'action pour la logistique du fret et dans l'étude sur le poids et les dimensions des véhicules. L'étude sera programmée prochainement et ses conclusions seront publiées l'été prochain.
Pour résumer, je félicite Mme Ayala Sender pour son rapport et j'espère que nous pourrons poursuivre cette année sur la voie que nous avons empruntée.
Andreas Mölzer, au nom du groupe ITS. – M. le Président, la mondialisation nous impose depuis des années une hausse des dépenses pour le transport de fret; en outre, nous avons subi un élargissement vers l'est – couplé à une politique d'aide européenne mal orientée. Par conséquent, des millions de véhicules effectuent des transports de fret quotidiennement, des véhicules privés aux poids lourds, et les effets indésirables tels que la congestion, le bruit, la pollution environnementale et la pollution aux fines particules sont en augmentation. La concentration du transport routier va sans aucun doute exacerber les problèmes existants dans les zones densément peuplées et sur les principales routes de transport.
Les poids lourds sont beaucoup plus souvent impliqués dans des accidents que d'autres types de transport et les règles européennes strictes en matière de temps de repos ne feront que peu de différence. Bruxelles ne prend pas non plus la protection de la santé publique très au sérieux, car il n'y a pas d'autres explications à l'échec de la transposition de la convention sur la protection des Alpes. En fait, l'UE a abordé ces questions il y a plusieurs années, en élaborant des plans d'action et en appelant au transfert du transport de la route vers le rail. Pourtant, une fois encore, cela n'a pas permis de dégager de réels résultats.
S'agissant des réseaux transeuropéens, nous ne pouvons pas continuer de nier la réalité et, au final, les routes nationales devront devenir économiquement attractives.
Georg Jarzembowski (PPE-DE). – (DE) M. le Président, M. le Vice-président de la Commission, mesdames et messieurs, permettez-moi de souligner que la Commission elle-même a indiqué que la logistique est une affaire pour l'industrie. Je pense qu'il s'agit d'une bonne approche. J'espère donc que lorsque la Commission présentera son plan d'action, elle le divisera en mesures que nous pourrons reprendre en tant que communauté, que les États membres pourront reprendre et l'industrie elle-même.
Bien sûr, nous devons réduire la bureaucratie qui reste un obstacle à la navigation côtière, qui doit remplir plusieurs formulaires, alors que les poids lourds peuvent très simplement traverser l'Union européenne. Nous devons en effet réduire la bureaucratie gouvernementale et promouvoir des infrastructures et des systèmes de transport modernes. Toutefois, ne commettons pas d'erreurs. La logistique est une question pour l'industrie et nous ne devons pas nous imposer un fardeau que nous ne pourrons pas supporter.
S'agissant des «gigaliners» – qu'il vaudrait peut-être mieux appeler poids lourds de 60 tonnes ou de 25 m de long, car il en existe différentes catégories –, pour le moment, mon groupe s'oppose catégoriquement à autoriser leur utilisation généralisée dans les transports. Après tout, dans la majeure partie de l'Union européenne, les infrastructures telles que les ponts, les carrefours et les ronds points ne conviennent certainement pas à des poids lourds aussi longs et aussi lourds. Les trésors publics n'accordent aucun fonds au renforcement des ponts ou à l'adaptation des ronds points. Compte tenu de la situation des transports, les gigaliners entraînent d'importants problèmes de sécurité. Imaginez qu'un des ces 25 tonnes aborde un virage dans un petit village et tente de faire marche arrière après avoir mal estimé la courbe!
Par conséquent, je pense que nous devons continuer de faire comme par le passé. Nous devons les autoriser en Finlande et en Suède, qui disposent d'énormes portions de route ouvertes pour le transport du bois. En ce sens, la commission des transports et du tourisme a formulé une suggestion pleine de bon sens. Elle dit que nous devrions autoriser ces gigaliners dans les États membres, mais uniquement sous des conditions très rigoureuses, si nous pouvons prouver à la Commission que la sécurité du transport est assurée et que l'infrastructure de transport nécessaire existe. Cela signifie que nous devons vérifier ces conditions au cas par cas et pour chaque pays en particulier.
Silvia-Adriana Ţicău (PSE). – (RO) M. le Président, M. le Commissaire, les États membres doivent garantir un environnement favorable pour le développement de la logistique du transport de fret et lever les obstacles en présence. Pour les transporteurs et pour les clients, il est extrêmement important que le fret arrive dans les délais prévus et dans les conditions prévues.
D'ici 2020, on prévoit une augmentation de 50 % du transport de fret. La logistique du transport de fret représente 13% du PIB de l'Union et 10 à 15 % du coût final des produits sont représentés par le coût de la logistique du transport. C'est pourquoi les États membres doivent faciliter les règles et le transport de fret, et les contrôles doivent être effectués sur la base de normes communes, sans imposer d'obstacles à la libre circulation des marchandises. Ces normes doivent être transmises en priorité à tous les transporteurs pertinents pour qu'ils puissent respecter les dispositions réglementaires et leurs obligations contractuelles...
(Le président interrompt l'orateur)
L'Union européenne doit utiliser des moyens de transport plus respectueux de l'environnement. Ce n'est pas une coïncidence si 70 % des projets prioritaires pour le développement du réseau de transport européen sont orientés vers les chemins de fer et les voies navigables. Hélas, les États membres se sont peu servis du programme Marco Polo pour le transfert d'un volume de fret plus important de la route vers le système de transport maritime.
La voie navigable composée du Rhin, du Main et du Danube raccourcit la distance entre l'Europe du Nord-Ouest et l'Europe du Sud-Est de 4 000 km. En outre, depuis 2007, l'Union européenne jouit d'un accès à la mer Noire. Pour la logistique du transport de fret, les systèmes de transport intelligent et l'utilisation des technologies deviennent indispensables. Toutefois, le transport de fret a besoin d'une bonne infrastructure et c'est pourquoi nous espérons que les budgets relatifs à la Communauté et aux projets de transport nationaux deviendront prioritaires à l'avenir.
Je pense que ce rapport est extrêmement important pour le développement économique de l'Union européenne. Les États membres doivent redoubler d'efforts s'agissant de la logistique du transport de fret. Félicitations au rapporteur.
Josu Ortuondo Larrea (ALDE). – (ES) M. le Président, M. le commissaire, je suis un de ceux qui pensent que le progrès et le bien-être ne peuvent exister sans des objectifs ambitieux, mais je pense aussi qu'au sein de la Communauté et de l'Union européenne, nous avons trop souvent visés des accords et des objectifs grandiloquents et utopiques. Selon moi, c'est ce qui est arrivé en 2000 avec la stratégie de Lisbonne, qui allait faire de nous les plus compétitifs et les plus dynamiques de l'économie mondiale d'ici 2010; ou en 1994 avec les accords d'Essen sur les réseaux transeuropéens, dont la plupart sont encore en suspens. En mars de cette année, le Conseil européen s'est fixé comme objectif de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique, alors qu'en réalité, nous avons été incapables d'atteindre les objectifs bien plus modestes que nous nous étions fixés à Kyoto.
Aujourd'hui, nous débattons de la logistique du transport de fret en Europe comme une clé pour une mobilité durable, un élément essentiel pour notre croissance et notre développement; et compte tenu de la croissance importante dans le transport de fret prévue d'ici 2020, la logistique est un élément que nous ne pouvons ignorer, car elle est un outil nécessaire pour accroître l'accessibilité, l'efficacité et la sécurité du transport de fret, ainsi que sa durabilité.
Toutefois, en même temps, il est nécessaire de corriger les erreurs persistantes telles que l'engorgement du réseau routier transeuropéen au col de Biriatou au Pays basque, ou d'autres aspects où l'on constate de défauts comme le manque de corridors actuellement réservés au fret par rail (de tels corridors ne nécessitent pas une grande vitesse pour être compétitif), la faible interopérabilité des chemins de fer, ou le manque de transbordement efficace.
Nous devons rendre possibles les systèmes de transport intelligents, appliquer le potentiel d'Internet à la gestion du transport de fret en normalisant les poids, les dimensions et les règles qui régissent le fret, en réduisant la bureaucratie et en établissant des points d'accès uniques.
Nous devons promouvoir la comodalité des différents moyens de transport, sans oublier les autoroutes maritimes et les voies navigables intérieures; nous devons surtout intégrer les coûts réels, y compris les coûts environnementaux, dans le prix d'utilisation. Tout cela est impossible si l'on réduit les contributions des États au budget communautaire.
Margrete Auken (Verts/ALE). – (DA) M. le Président, la politique de transport communautaire est sur la mauvaise voie. En gros, rien n'est fait pour résoudre les problèmes clés: changement climatique, congestion et accidents. C'est comme nous nous étions habitués à la congestion et aux accidents – mais nous ne pouvons nous permettre de nous habituer au changement climatique une fois qu'il a commencé. Nous devons agir sans tarder. La pensée traditionnelle l'emporte pourtant chaque fois, même dans ce rapport excellent au demeurant – qui reprend la proposition absurde de permettre l'utilisation des megaliners.
Qu'arriverait-il si nous autorisions l'utilisation des ces mastodontes qui pèsent jusque 60 tonnes? Aurions-nous moins de camions? Bien sûr que non. Le gain tiré de l'augmentation de la taille des camions sera absorbé par la taille du tonnage de transport. C'est la loi de la nature; c'est ce qui arrive quand le transport est moins cher. Nos routes seront remplies de ces entrepôts roulants, et aucune gestion «intelligente» du trafic, ni aucun tour de magie ne résoudra quoi que ce soit. C'est comme panser une plaie béante avec un timbre postal, une plaie que l'actuelle politique des transports ne fera qu'agrandir.
Mesdames et messieurs, je vous prie de voter contre les megaliners au paragraphe 21. Nous ne pouvons permettre ce genre de poids lourds en Europe. Nous ne pouvons pas rendre le transport de marchandises par route moins cher. Comme on l'a évoqué précédemment, cela saperait la compétitivité du transport maritime et ferroviaire: précisément les moyens de transport qui doivent être renforcés si nous voulons un transport de fret durable en Europe.
Marian-Jean Marinescu (PPE-DE). – (RO) M. le Président, ce rapport est bien accueilli, car la logistique est la clé du développement économique, et le transport et la mobilité sont le moteur du développement durable, et il faut répondre aux défis qui se posent actuellement, à savoir la nécessité de décongestionner le trafic et lutter contre le changement climatique.
Face à la nécessité d'un développement économique durable et celle de réduire la pollution, la logistique, l'échange de bonnes pratiques ainsi qu'une coopération efficace entre les différents acteurs pertinents – autorités, producteurs, transporteurs, destinataires– sont les seules solutions viables. Actuellement, les transporteurs et les destinataires préfèrent la rapidité des routes et des compagnies aériennes. Hélas, les grandes chaleurs de cet été ont entraîné l'introduction de restrictions du trafic pour les poids lourds dans certaines régions, comme la Roumanie, et le transport de fret a rencontré des difficultés et des pertes financières ont été constatées.
Dans ces conditions, le transport par rail et surtout les voies navigables intérieures et les courtes routes maritimes, ainsi que la comodalité, présentent des avantages irréfutables pour réduire la pression sur les infrastructures routières. Il est obligatoire de rouvrir le débat sur le cofinancement des réseaux de transport transeuropéens, car, pour concrétiser ces importants investissements dans l'infrastructure européenne, des efforts financiers nationaux, si importants et bien intentionnés qu'ils soient, s'avèrent insuffisants notamment dans le cas des nouveaux États membres.
La Commission doit garder cela à l'esprit et allouer davantage de fonds à partir de 2008. Je me concentrerai sur l'importance de la recommandation du rapporteur adressée aux États membres visant à élaborer des plans d'action nationaux pour la logistique du transport de fret, couplés à un plan d'action européen général. Au sein des plans d'action nationaux, il faut accorder une grande importance au transport transfrontière en direction et en provenance des pays tiers, ainsi qu'à la sécurité des cargos. Ces plans peuvent contribuer avec succès à l'amélioration de la gestion prioritaire et à l'absorption du financement des Fonds structurels et de cohésion censé améliorer et agrandir l'infrastructure de transport, ainsi qu'à une meilleure coopération entre les RTE et les projets Marco Polo au niveau transfrontière.
Bogusław Liberadzki (PSE). – (PL) M. le Président, j'aimerais féliciter Mme Ayala Sender pour son excellent rapport.
J'aimerais soulever deux questions spécifiques: d'abord, je me réjouis également des points soulevés par le rapport s'agissant de l'intention de la Commission d'examiner la possibilité de créer un document de transport unique pour tous les moyens de transport. C'est une nouvelle très intéressante, qui peut soutenir l'interopérabilité et promouvoir le transport multimodal, qui ne nécessite pas de dépenses d'investissement et qui peut contribuer à nous intégrer davantage dans une large mesure.
Le second point, que j'estime également très important, est la création d'un système de formation et de formation avancée dans les domaines du transport et de la logistique afin de créer un système de reconnaissance mutuelle des qualifications et des compétences; il s'agit d'un référence au paragraphe 17. J'aimerais véritablement soutenir ce concept pour les raisons évoquées ci-dessus.
Le troisième point que j'aimerais indiquer concerne Schengen et, plus particulièrement, comment les nouveaux États membres doivent introduire ses principes en pratique.
Nathalie Griesbeck (ALDE). – Monsieur le Président, je souhaite, à mon tour, remercier Mme Ayala Sender pour le travail magnifique qui donne aujourd'hui lieu à un rapport d'initiative - au moment où nous discutons de cette forme de travail dans notre Parlement - sur la logistique du transport de marchandises en Europe, sujet très concret pour nos concitoyens, là aussi on l'a dit très souvent.
Puisqu'il faut faire vite, deux idées principales. La première, c'est qu'il est plus que jamais essentiel de prendre en compte les questions de logistique dans notre stratégie globale du transport de marchandises, mais surtout de le faire en prenant en compte la logistique urbaine et les problèmes de logistique dans les villes.
Deuxième idée, et je m'exprime en tant que membre de la commission des budgets, les investissements consentis par l'Union ne doivent pas omettre le financement des infrastructures logistiques. Vous connaissez bien la déception qui a été la nôtre concernant les montants des crédits alloués aux RTE-T et je compte sur votre appui, Monsieur le Commissaire, pour que les États membres fassent un effort plus important – en tous les cas pour que vous réussissiez à les convaincre – au moment de la renégociation des perspectives financières.
Enfin, comme de très nombreux collègues ce soir, je voudrais souligner la position exprimée concernant la circulation en Europe des camions de plus de 60 tonnes, les gigaliners, qui ne répondent pas aux objectifs européens ni en matière de sécurité ni en matière de protection de l'environnement et de développement durable, comme l'ont très bien souligné de nombreux collègues.
Corien Wortmann-Kool (PPE-DE). – (NL) M. le Président, M. le commissaire, les processus logistiques sont une question qui concerne essentiellement l'industrie et le secteur des transports et, selon moi, cela doit rester ainsi. Ce sont des considérations qui figurent bien en évidence à l'ordre du jour en Europe et dans le monde, et c'est pourquoi nous nous réjouissons de la proposition de la Commission. Mais il faut concentrer les efforts sur la garantie d'un meilleur cadre pour le transport et d'une réduction des obstacles plutôt que sur davantage de règles ou d'interdictions européennes. Les règles doivent être renforcées. Je suis donc ravi qu'en ce sens, nous ayons rationalisé le projet de rapport du rapporteur.
Permettez-moi de m'attarder quelque peu sur les obstacles à la logistique. L'année passée, nous avons débattu au sein de cette Chambre du rapport Naiades. Nous soutenons pleinement la Commission en l'espèce, car on constate de nombreux obstacles au transport par voies navigables intérieures également, et j'espère que la Commission ne perdra pas de temps pour soumettre ses premières propositions au Parlement. Un autre obstacle à la logistique est la restriction relative aux véhicules de 60 tonnes. Je soutiens le compromis, à savoir que les États membres doivent pouvoir décider s'ils l'appliquent ou non, mais je suis également conscient que les mythes sont légion, et c'est un euphémisme, et qu'ils font leur bonhomme de chemin en l'espèce. Vous avez demandé une étude, M. le commissaire. Je vous prie avant tout d'étudier les faits et je vous prie également d'examiner les routes internationales. J'approuve mon collègue, M. Jarzembowski, pour dire que nous ne devons pas autoriser ces gigaliners dans nos villes et nos villages. D'accord pour les routes long-courrier où il n'y a pas d'alternative. Alors, vous pencherez-vous sur les faits? J'attends vos conclusions avec intérêt.
Zita Gurmai (PSE). – (HU) J'aimerais remercier ma collègue, Mme Ayala Sender, pour son excellent rapport. Elle a produit un document très complet couvrant tous les domaines, ce qui contribuera à l'élaboration du plan d'action de la Commission.
C'est un investissement dans l'avenir de l'économie européenne de mettre en place une logistique du transport de fret efficace et opportune à travers toute l'UE. Son existence contribuera au développement économique durable, à l'amélioration de la compétitivité et du développement régional. Toutefois, pour atteindre cet objectif, il nous faut une logistique de meilleure qualité, plus ponctuelle, efficace et sécurisée et, le plus important, l'harmonisation des moyens de transport de sorte que l'efficacité et les avantages des différents moyens en particulier puissent être exploités au maximum. Cela nécessite la création de conditions techniques, pratiques et économiques adéquates.
Des évaluations d'impact reposant sur une stratégie coordonnée du développement logistique s'avèrent nécessaires. Il est important de distinguer les rôles de l'État et du secteur privé. Une logistique efficace est la clé d'une mobilité durable. Des solutions logistiques matures contribuent à l'optimisation du transport de fret, et il est donc utile aussi de se pencher sur les opportunités d'aide à la recherche et au développement en matière de logistique.
Luís Queiró (PPE-DE). – (PT) Avec ce rapport original, pour lequel il faut féliciter le rapporteur, nous espérons contribuer à la définition d'un cadre stratégique pour la logistique du transport de fret dans l'Union européenne. Nous considérons la logistique comme un outil essentiel pour une planification et une mise en œuvre efficaces d'une utilisation équilibrée et durable des différents moyens de transport.
Par conséquent, la logistique se trouve au centre d'un processus de rationalisation visant à atteindre les niveaux les plus compétitifs et durables dans le futur. Malgré les avantages que présentent un système logistique moderne en matière d'efficacité économique et de compétitivité, une utilisation optimale des ressources, la création d'opportunités d'emploi, la protection de l'environnement et l'amélioration de la sûreté et de la sécurité, nous admettons qu'il reste des problèmes à résoudre, dont l'un des plus évidents est le sous-financement chronique des RTE, y compris le développement de la logistique du transport de fret. Il est donc vital d'explorer des sources de financement alternatives par le biais d'initiatives publiques-privées, de la BEI, des Fonds structurels, etc.
Un autre point opportun du rapport est la nécessité pour le plan d'action de la Commission, cité précédemment, de fournir des mesures pour lutter contre la criminalité organisée dans le transport de fret international et garantir la sécurité des chargements du transport de fret contre les vols, les cambriolages et les détournements. Il revient aux pouvoirs publics de réglementer, entre autres, ces questions et d'encourager le transport de fret multimodal, qui représente essentiellement une activité commerciale. Des mesures telles que le «guichet administratif unique» et la réduction de la bureaucratie diminuent les coûts et ouvre la voie vers une économie plus intelligente et compétitive dans ce secteur.
Compte tenu des taux de croissance élevés escomptés dans le transport de fret, le futur rôle de la logistique sera essentiel pour concrétiser un système de transport efficace, durable, accessible et sûr. En ce sens, nous sommes convaincus que la logistique apportera une contribution de plus en plus vitales à la réalisation des objectifs de Lisbonne.
Teresa Riera Madurell (PSE). – (ES) M. le Président, M. le commissaire, une logistique efficace du transport de fret est essentielle à la cohésion territoriale. C'est ce qu'indique Mme Ayala, que je souhaite féliciter pour son rapport intelligent et exhaustif. Par rapport à cela, j'aimerais demander à la Commission d'accorder une attention particulière aux problèmes spécifiques que rencontrent les territoires insulaires, pour qui le transport maritime s'avère particulièrement important.
Simplifier les procédures, s'attaquer aux problèmes des ports insulaires tels que les coûts excessifs causés par les restrictions du marché, ou comment encourager les nouvelles infrastructures par le biais des réseaux transeuropéens et des Fonds structurels et de cohésion: telles sont les mesures qui contribueront à l'amélioration du développement économique et de la compétitivité des îles.
J'aimerais conclure en demandant à la Commission d'accorder une attention particulière aux nécessités qu'implique le fait d'être une île dans le prochain plan d'action sur la logistique des transports qu'elle devra présenter.
Reinhard Rack (PPE-DE). – (DE) M. le Président, tel que la politique des transports se présente actuellement, l'Europe vise à davantage accroître la part des logiciels dans le transport, c'est-à-dire des solutions intelligentes pour améliorer l'efficacité, mais également pour servir les intérêts de la protection de l'environnement et de la santé. Nous n'allons pas nous plonger en détail dans les raisons qui appellent à ce changement, même si cela concerne certainement plus le fait que nous n'avons pas les moyens financiers pour développer d'importants projets d'infrastructure – voir, par exemple, les fonds plutôt modestes alloués aux RTE et consorts.
Dans ces conditions, il est plus important de garantir qu'on ne laisse pas du nouveau matériel entrer en catimini sur les voies de transport autrichiennes et européennes. D'aucuns et moi-même faisons références aux poids lourds de 60 tonnes ou gigaliners, peu importe leur appellation. De toute façon, ils ne peuvent certainement pas être autorisés dans une infrastructure qui ne leur est pas appropriée; ils peuvent être une bonne solution dans les pays sans relief où le trafic est peu important, mais ils seraient tout à fait inconvenants dans les régions montagneuses et densément peuplées. L'Autriche en particulier n'est en aucun cas équipée pour accueillir des super poids lourds. Au cours des derniers mois, nous avons vu à maintes reprises ce que cela signifie pour la construction des ponts et le poids qu'ils peuvent supporter. Nous n'avons aucun intérêt à nous accabler de problèmes supplémentaires en l'espèce. Ce n'est pas non plus dans l'intérêt de la politique des transports, et surtout pas dans celui de la politique en matière de santé et d'environnement.
Si nous ne pouvons dégager de fonds européens supplémentaires pour couvrir les coûts externes de l'infrastructure existante, mieux vaut laisser la situation en l'état ou, dans ce cas concret, laisser les gigaliners dans le Nord de la Finlande.
Jacques Barrot, vice-président de la Commission. - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie d'avoir bien voulu rejoindre votre rapporteur pour souligner l'importance de la logistique, non seulement du point de vue économique, mais aussi s'agissant des aspects environnementaux et sociaux. Il faut - je crois qu'il y a unanimité - faire progresser cette logistique, la rendre plus efficace, plus respectueuse de l'environnement. Le rapport de Mme Ayala Sender le dit clairement et je le salue.
Dans le plan d'action pour la logistique qui sortira d'ici fin octobre, vous retrouverez un certain nombre des souhaits que vous avez émis et dont j'ai pris connaissance avec beaucoup d'attention cet après-midi. Monsieur le Président, comme je ne dispose pas vraiment de temps pour répondre longuement, je vais simplement évoquer la réglementation sur les dimensions des camions. Cette question étant sans doute une des plus controversées, nous ne serons pas en mesure de la débattre de manière exhaustive aujourd'hui. Je me contente de quelques remarques.
Il est un fait que la plupart des marchandises sont aujourd'hui transportées par la route, même si nous souhaitons un transfert modal beaucoup plus significatif dans les années qui viennent. Il faut analyser toute mesure destinée à améliorer l'efficacité de ce mode de transport et à réduire son impact environnemental.
Cette analyse doit aussi porter sur la réglementation relative à la dimension des camions, la directive 96/53. Je crois qu'il faut considérer toute modification avec beaucoup de soin car les répercussions peuvent être complexes. Il faut examiner les conséquences que pourraient avoir des camions plus larges ou plus lourds pour l'infrastructure, pour la sécurité, pour l'environnement, pour l'économie des chargeurs et des transporteurs, et pour la concurrence intermodale.
Encore une fois, je souhaite que nous abordions ces questions avec beaucoup de sérieux, c'est pourquoi mes services vont lancer une étude qui permettra d'évaluer les expériences qui ont eu lieu. Les résultats de cette étude nous permettront alors, Mesdames et Messieurs les députés, de débattre ensemble de toutes les nuances de cette question très importante qu'il ne s'agit pas de traiter à la légère.
Voilà mon premier point et je conclus très rapidement, Monsieur le Président, trop rapidement à mon gré mais je respecte l'emploi du temps du Parlement.
La seconde question majeure qui commande aussi l'effort logistique, ce sont les infrastructures. La question du financement des infrastructures a été soulevée. Je voudrais signaler le nouveau programme Marco Polo II, qui nous permettra de financer des solutions logistiques en faveur du transfert modal ou de la diminution du trafic.
Enfin, il y a la formation des hommes. M. Rack, qui était le dernier orateur, a bien parlé d'une nouvelle culture qu'il faut développer. C'est bien de cela qu'il s'agit et on en revient toujours aux femmes et aux hommes qui ont en charge cette activité de transport et qui doivent aussi maîtriser toute une série de nouvelles disciplines pour vraiment rendre le transport plus efficace et la mobilité plus durable, c'est-à-dire plus convenable pour nos problèmes d'environnement.
Je remercie beaucoup le Parlement et je tiendrai grand compte de ce rapport et du débat auquel il a donné lieu.