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Débats
Mardi 25 septembre 2007 - Strasbourg Edition JO

Vers une politique étrangère commune dans le domaine de l’énergie (débat)
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  Thomas Wise (IND/DEM). – (EN) Madame la Présidente, si l’UE parle d’une politique étrangère commune en matière d’énergie, soyons bien conscients des personnes avec qui nous nous proposons d’entretenir des relations commerciales. Rappelons-nous que le président Poutine a dit «la Commission ne doit pas se faire d’illusions. Si elle veut acheter du gaz russe, elle devra traiter avec l’État russe».

Gazprom n’est pas une société privée. C’est un instrument de la politique étrangère russe contrôlé par l’État. Elle est, par ailleurs, aux mains des acolytes politiques du président Poutine et, on le suppose, du crime organisé. Prenez par exemple Alisher Usmanov. Ce gentleman, fils d’un officier communiste, est président de Gazprom Invest Holdings, le groupe qui gère les activités commerciales de Gazprom hors de Russie. C’est l’homme avec qui nous commerçons. C’est l’homme qui coupe les approvisionnements en gaz si les États clients osent remettre en question les exigences de Gazprom. Supposément gangster et racketteur, il a été condamné à 6 ans de prison par l’Union soviétique dans les années 1980, et a été finalement gracié sur ordre du chef de la mafia ouzbek et suzerain de l’héroïne Gafur Rakhimov, décrit comme son mentor.

Usmanov a acheté le journal Kommersant. Trois mois plus tard, le journaliste Ivan Safronov, critique du régime de Poutine qui avait été, quelques semaines auparavant, vigoureusement interrogé par le FSB, comme on appelle aujourd’hui le KGB, a mystérieusement fait une chute mortelle de la fenêtre de son appartement, serrant toujours contre lui un cabas pour les courses à peine acheté.

Selon Craig Murray, précédant ambassadeur britannique en Ouzbékistan, c’est Usmanov qui a ordonné la rupture des approvisionnements vers la Géorgie plus tôt cette année. Veuillez noter, Madame la Présidente, le Kremlin a maintenant refusé d’autoriser la construction d’un pipeline vers l’UE via le territoire géorgien. Voici les gens avec qui vous voulez commercer. Voici les personnes autour desquelles vous voulez forger votre politique étrangère sur l’énergie. Commissaire, bonne chance. Vous allez en avoir besoin.

 
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