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RC-B6-0512/2007

Débats :

PV 12/12/2007 - 12
CRE 12/12/2007 - 12

Votes :

PV 13/12/2007 - 6.9

Textes adoptés :


Compte rendu in extenso des débats
Mercredi 12 décembre 2007 - Strasbourg Edition JO

12. Combattre la montée de l’extrémisme en Europe (débat)
Procès-verbal
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  La Présidente. − Le point suivant concerne la déclaration de la Commission sur la lutte contre la montée de l’extrémisme en Europe.

 
  
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  Franco Frattini, membre de la Commission. − (IT) Madame la Présidente, mesdames et messieurs, permettez-moi avant toute chose de vous faire part de mes inquiétudes personnelles au sujet de la montée des activités en Europe qui ont été attribuées à des groupes et des organisations violents et extrémistes.

J’estime par conséquent que le débat d’aujourd’hui est extrêmement important, car c’est non seulement l’extrémisme qui conduit à des actes terroristes – l’extrémisme dont nous avons parlé à des nombreuses occasions dans ce Parlement -, mais aussi les activités et phénomènes qui doivent plutôt être considérés comme du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, de l’extrémisme national, de l’islamophobie, toutes ces formes d’intolérance qui, comme je l’ai dit, sont d’une fréquence inquiétante en Europe et qui, selon moi, sont absolument incompatibles et totalement contradictoires avec les valeurs de la Charte européenne des droits fondamentaux que nous avons proclamée ce matin. L’extrémisme est bel et bien, de par sa nature même, source de discorde et de violence.

Le premier objectif, d’après moi, est donc un objectif politique. Je vais bien sûr être amené à parler de mesures qui sont davantage liées à la sécurité et au maintien de l’ordre; cependant, face au problème de l’extrémisme et de ses origines, nous devons une fois de plus promouvoir une Union européenne encore plus proche des citoyens et donc mieux à même de faire passer des messages de tolérance, de solidarité et de respect de la Charte qui, à l’heure actuelle, est l’un des fondements qui lie les États membres et les citoyens.

Je suis convaincu que rien ne peut justifier l’extrémisme; on a souvent dit cela à propos du terrorisme, mais on doit aussi le dire à propos du racisme, par exemple, et de la xénophobie. Nous devons néanmoins aussi étudier les origines profondes de l’extrémisme et de la violence. Il est de notre devoir de le faire, car il est de notre devoir d’introduire des mesures stratégiques à l’échelle européenne susceptibles de contribuer non seulement à lutter contre les phénomènes et activités extrémistes, mais aussi à les prévenir et à les éradiquer.

J’aimerais citer quelques exemples qui, d’après moi, montrent qu’une politique européenne peut vraiment s’avérer utile et plus utile, si je puis dire, qu’une politique purement nationale. Du point de vue de la participation des citoyens dans la vie politique de l’Europe, il est très important que ce programme – et ce n’est pas un hasard si la Commission européenne finance un programme de ce type dans le domaine des droits fondamentaux et de la citoyenneté – contienne des politiques et des mesures qui encouragent les citoyens à jouer un rôle plus actif dans la vie politique, dans la vie des institutions et donc, par exemple, dans des manifestations telles que les élections européennes. L’année 2009 nous offre une occasion en or pour lancer un débat qui conduise à un taux de participation élevé aux élections, ce qui témoignerait d’une participation positive dans la vie des institutions.

Il est toutefois clair que l’autre mesure stratégique que l’on attend de l’Europe et que l’Europe souhaite promouvoir concerne l’éducation, et notamment pour les générations plus jeunes. Cette mesure – une politique visant à entretenir la mémoire des tragédies du passé dans l’esprit des gens et notamment auprès des jeunes générations actuelles, des étudiants et des jeunes, voire des très jeunes – est elle aussi extrêmement importante selon moi. Par exemple, tous les programmes que nous finançons et qui doivent être encouragés davantage, je pense, des programmes qui entretiennent la mémoire des victimes de toutes les dictatures, de tous les régimes totalitaires qui ont dévasté l’Europe par le passé sont, d’après moi, des outils dont on peut faire bon usage pour éradiquer l’extrémisme et le racisme; on peut par exemple tirer des enseignements de l’histoire des camps de concentration pour les jeunes d’aujourd’hui pour que des tragédies de ce type ne se reproduisent plus jamais, non seulement en Europe, mais aussi ailleurs dans le monde.

Il y a, je pense, une autre mesure stratégique que nous devon garder à l’esprit: les mesures qui encouragent, plus généralement, la tolérance et le dialogue entre différentes cultures et, bien sûr, entre différentes religions. Deux occasions importantes se présentent à nous. La première cette année, à savoir l’Année européenne de l’égalité des chances pour tous – et l’on prévoit de passer en revue les initiatives qui ont eu lieu pendant l’année -, et une l’année prochaine en 2008, à savoir l’Année européenne du dialogue interculturel, du dialogue entre différentes cultures et entre les civilisations. Selon moi, l’examen de 2007 et le programme de 2008 sont une occasion en or de sensibiliser davantage les gens et, j’insiste encore une fois, les jeunes à un esprit de dialogue qui enrichit, un dialogue qui permette à tout le monde de grandir ensemble.

Il est incontestablement important de sensibiliser le public à l’importance de la promotion des droits et de l’éradication de l’extrémisme, de la violence et de l’intolérance. Dans ce domaine, l’Agence européenne des droits fondamentaux a un rôle à jouer; c’est ce que nous voulions et ce pour quoi ce Parlement a vivement plaidé; de la même manière que l’Observatoire des phénomènes racistes, xénophobes et antisémites de Vienne a autrefois été un outil pour un domaine très important, la lutte contre l’antisémitisme, l’Agence des droits fondamentaux sera elle aussi un outil. L’Agence, en tant que principal acteur dans ce domaine, aura un rôle très important à jouer. Comme vous le savez, nous sommes en train de préparer le cadre pluriannuel, que nous examinons en étroite collaboration avec Monsieur Cashman, et nous estimons que le cadre de programmation pluriannuel nous donnera les moyens de mettre en œuvre notre action commune destinée à prévenir l’extrémisme.

À côté de ces mesures, nous devons bien sûr réagir: même s’il s’agit-là de politiques de prévention importantes, nous devons aussi réagir. J’ai personnellement lutté, au Conseil des ministres aussi, pour une législation européenne – et nous sommes parvenus à un accord sur cette question en avril dernier -, pour une législation européenne qui sanctionne les actes motivés par le racisme et la xénophobie et qui sanctionne les auteurs de ces actes de la même manière dans tous les pays de l’Union européenne.

Il ne s’agit pas seulement de l’acte physique, mais aussi de l’incitation pratique, de l’incitation à la haine, de ces messages que l’on ne peut franchement pas confondre avec la liberté d’expression, qui est un droit sacré pour nous tous. On parle ici d’incitation concrète à agir, à commettre des actes de violence. Cette décision-cadre a été adoptée par les États membres en avril dernier. Souvenez-vous de ces horribles manifestations de racisme: lors des manifestations sportives, pendant des matchs de football, où les gens en profitent pour crier des slogans néonazis, voilà le type d’actes que la décision-cadre – que nous voulions vraiment et que nous avons adoptée avec la Présidence allemande – va sanctionner. Je dis «va sanctionner», au futur, car malheureusement, et j’en appelle à votre sensibilité, entre le mois d’avril et aujourd’hui, les parlements nationaux de certains États membres ne sont pas encore revenus sur leurs réserves. En conséquence, la procédure conduisant à l’entrée en vigueur de cette législation européenne visant à sanctionner le racisme et la xénophobie a été bloquée.

Je respecte totalement les parlements nationaux; cependant, étant donné que le gouvernement qui assume la Présidence du Conseil des ministres a donné son accord, j’estime qu’il doit prendre des mesures auprès de son propre Parlement afin qu’il revienne sur ses réserves le plus vite possible et que la décision-cadre entre enfin en vigueur après trois ans et demi de longues discussions.

En conclusion, mesdames et messieurs, il existe déjà des textes de loi dans d’autres secteurs qui sanctionnent la discrimination fondée sur la race et l’origine ethnique, et ce texte de loi va sans aucun doute être respecté avec la supervision, si je puis dire, de la Commission européenne, qui est chargée d’assurer le respect de la législation européenne. Permettez-moi de mentionner, par exemple, la récente directive sur les services audiovisuels «sans frontières», qui établit très clairement, depuis son entrée en vigueur, que les services audiovisuels ne doivent contenir aucune incitation à la haine fondée sur l’orientation sexuelle, la race, la religion ou la nationalité.

C’est précisément pour parvenir à cela que les mesures de maintien de l’ordre ne suffisent pas, le droit pénal ne suffit pas, les poursuites judiciaires ne suffisent pas: ce qu’il faut, c’est une culture profondément ancrée des droits individuels, de la valeur de la personne humaine! Ce que nous avons dit ce matin lorsque nous avons célébré la Charte européenne des droits fondamentaux! Je suis convaincu que c’est une des politiques qui va permettre à l’Europe, au moment où nous nous apprêtons à ratifier le traité de Lisbonne, de donner au monde une leçon sur la façon d’éradiquer ces crimes haineux contre la personne humaine.

 
  
  

Présidence de Monsieur MARTÍNEZ
Vice-président

 
  
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  Manfred Weber, au nom du groupe PPE-DE. – (DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mesdames et messieurs, c’est à peine croyable. Il y a quatre ou cinq semaines, on m’invitait à participer à une contre-manifestation dans le cadre d’une manifestation organisée par des partis d’extrême droite dans ma région. Seuls 30 extrémistes manifestaient, alors que plus de mille personnes s’étaient rassemblées pour manifester contre eux. Dans ces circonstances, quand on se retrouve face à ces extrémistes de droite, on se dit: «c’est à peine croyable». Après ce que nous avons connu au siècle dernier en Europe, comment quelqu’un peut-il revenir à l’extrémisme, se pavaner avec toute sa haine et son arrogance et faire campagne contre d’autres personnes?

Le débat que nous organisons aujourd’hui est le bienvenu et il est important. L’extrémisme est un cancer dans notre société. Nous autres politiciens, nous en appelons régulièrement au courage moral des gens, en espérant qu’ils se révoltent et protestent contre cet extrémisme. Je crois que le moment est aussi venu de rendre grâce à Dieu qu’un tel courage moral existe en abondance, que tant de personnes se révoltent effectivement pour dire non. Qu’est-ce que l’extrémisme? Permettez-moi de souligner que lorsqu’on parle d’interdire des partis politiques, d’interdire l’expression publique d’opinions et de positions, il va sans dire que ces mesures ne doivent pas se baser sur des jugements politiques. Elles doivent se baser sur un critère objectif. Nous avons défini ce critère objectif aujourd’hui dans la Charte des droits fondamentaux, qui définit l’essence ce nos valeurs fondamentales. Lorsque des partis ou des politiciens attaquent ces valeurs, les tribunaux doivent décider si leurs actions sont illégales et, dans l’affirmative, imposer une interdiction.

Que doit-on faire lorsque des candidats appartenant à des partis extrémistes sont élus, lorsque ces partis obtiennent des sièges? Premièrement, il ne faut pas coopérer avec ces partis et je suis reconnaissant aux membres du groupe des socialistes, qui ont exclu leur membre slovaque de leurs rangs pour coopération avec des extrémistes. Deuxièmement, il ne faut pas fermer les yeux sur le fait que ces succès électoraux ont pour origine une insatisfaction du public et nous ne devons pas y réagir en calomniant les électeurs, mais plutôt en abordant les problèmes sous-jacents. Troisièmement, j’aimerais souligner que l’extrémisme commence souvent avec des mesures minimes au sein des partis aussi, et nous devons en être conscients. Mon message est donc le suivant: «Ne le laissez pas prendre racine!».

L’extrémisme politique existe à gauche comme à droite, et ces deux formes sont tout aussi dangereuses. L’Europe a connu l’extrémisme, et l’Europe a souffert de l’extrémisme. Des progrès ont été réalisés dans la lutte contre l’extrémisme. C’est une bataille qui vaut la peine d’être menée. Et c’est une bataille que nous finirons par remporter.

 
  
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  Kristian Vigenin (PSE) (BG) Monsieur le Président, Commissaire Fratini, merci pour votre compréhension et la présentation des intentions de la Commission. Je trouve qu’il est symbolique que nous discutions précisément aujourd’hui, le jour où nous signons la Charte des droits fondamentaux, d’une question directement liée à celle-ci. Car le développement de l’extrémisme, le développement de l’influence des partis et des organisations d’extrême droite est une menace directe pour l’existence de l’Union européenne.

Cela peut paraître trop fort, mais notre Union se fonde sur des principes clairs et son existence est possible grâce au fait que la paix, la solidarité, la tolérance le respect mutuel entre les communautés ethniques et religieuses et la coexistence pacifique des nations ont primé en Europe il y a 50 ans. Aujourd’hui, l’extrême droite s’en prend précisément à ces principes; elle s’en prend au cœur même de l’Union européenne, sans lequel elle ne pourrait exister. Mais notre Union n’est pas un concept abstrait; ce n’est pas un simple niveau administratif de gouvernance de plus. C’est une union dont la mission est de défendre et de protéger les valeurs qui sous-tendent le monde entier.

Que nous le voulions ou non, que nous y soyons préparés ou non, nous devons comprendre qu’il existe des personnes privées de droits fondamentaux, qui souffrent de représailles politiques, qui sont opprimées par des régimes non démocratiques ou victimes de discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique et la religion dans toutes les régions du monde. Et, dans toutes les régions du monde, il y a l’espoir que l’Union européenne va les aider et que la philosophie fondée sur la tolérance, les droits civils garantis et la sécurité sociale va gagner leur pays aussi. Peut-on être puissant et convaincant à l’extérieur quand on ne parvient pas à résoudre les problèmes chez soi? Comment expliquer à ces personnes qui mettent leurs derniers espoirs en nous que des migrants meurent en raison simplement de leur origine, que des minorités ethniques sont victimes de discrimination systématique, que des idéologies partisanes remettent en question l’égalité des femmes ou qualifient l’homosexualité de maladie? Comment expliquer que nous sommes sur le point d’oublier les pages les plus sombres de notre Histoire et que des jeunes glorifient Hitler et que l’antisémitisme devient à la mode? Je ne peux pas accepter cela, et mes collègues socialistes non plus.

Je suis convaincu qu’aucun groupe politique dans ce Parlement ne peut rester indifférent au retour en force de l’extrémisme de droite, du racisme, de la xénophobie. N’avons-nous pas assisté aujourd’hui au déshonneur, de façon vulgaire, d’un moment historique dans le développement de l’Union européenne par une minorité bruyante qui risque de revenir plus forte, plus agressive et mieux organisée en 2009? En exigeant avec hypocrisie un référendum, elle n’a pas seulement remis en cause la Charte des droits fondamentaux, mais aussi les droits fondamentaux proprement dits. C’est ce comportement, que l’on observe également dans bon nombre de parlements nationaux, qui encourage les extrémistes à recourir à une nouvelle mesure punitive demain, s’inspirant de ce cirque politique. Nous devons nommer les problèmes très clairement et rechercher des solutions ensemble. Nous inscrirons donc cette question à l’ordre du jour du Parlement autant de fois qu’il le faudra. Car l’extrémisme est un défi pour l’ensemble de l’UE, qui exige une concertation des efforts aux niveaux européen, national, régional et local.

Si la Commission européenne est la gardienne des traités de l’UE, alors le Parlement européen est le gardien des valeurs et je suis convaincu qu’ensemble, nous serons capables de résister à cette vague montante qui nous rappelle notre passé récent. Et que nous parviendrons à l’arrêter, sans violer les droits fondamentaux, comme le droit à la liberté d’expression, le droit d’association, la liberté des médias. Car on ne peut se battre pour la démocratie qu’en respectant les règles de la démocratie. La non observation de ces règles voudrait dire que l’extrémisme l’a emporté. Merci.

 
  
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  Ignasi Guardans Cambó, au nom du groupe ALDE. – (ES) Monsieur le Président, il y a quelques semaines, un jeune homme du nom de Carlos Palomino périssait des suites de coups de poignard dans le métro madrilène à la suite d’un affrontement avec des extrémistes de droite. Peu de temps avant cela, les caméras de surveillance filmaient un fou dans le métro de Barcelone en train de frapper une jeune fille parce qu’elle était immigrée, juste à cause de sa couleur de peau – c’est ce qu’elle a dit – sans savoir qu’il était filmé et sans savoir que les images allaient être diffusées dans le monde entier.

Des cas semblables à ceux-ci se multiplient dans différentes régions d’Europe. Bien souvent, nous essayons, de même que tous les politiciens qui s’inquiètent de ce phénomène, de réduire l’importance de ces agressions, avec un sentiment parfois exagéré de responsabilité: il ne faut pas s’alarmer, disons-nous; après tout, il s’agit d’incidents isolés, ces fous ne sont pas si nombreux que cela par ici, il ne faut pas exagérer, ce n’est pas un problème sérieux.

Nous qualifions donc ces agressions de mineures car nous avons peur de reconnaître qu’il ne s’agit en fait pas d’une question mineure, pour ne pas dire plus. Notamment parce que comme l’indique à juste titre la résolution sur laquelle nous allons nous prononcer demain, bon nombre de ces organisations néonazis et d’extrême droite misent sur les sentiments de peur qui existent déjà dans notre société, et que nous ne pouvons pas dissimuler.

Il ne suffit donc pas de les condamner. Il nous faut ouvrir les yeux et agir de façon responsable et faire face à ce qui n’est pas un simple phénomène isolé; nous devons reconnaître son ampleur et son étendue réelles, sans toutefois alarmer la population. Le jour où nous avons signé la Charte des droits fondamentaux est un jour idéal pour se rappeler que l’Union européenne a un rôle à jouer et a sa part de responsabilité dans ce domaine.

Il n’y a pas de principe de subsidiarité qui vaille lorsqu’il s’agit de défendre la dignité des personnes ou de dénoncer le racisme, la xénophobie et l’intolérance. Des mesures s’imposent au niveau européen, premièrement de la part de la Commission et de l’Agence des droits fondamentaux, afin d’examiner le type de ramifications et de réseaux qui se cachent éventuellement derrière cela, les liens qui existent entre les différents mouvements d’extrême droite, afin de pouvoir appliquer la législation, améliorer les choses grâce aux politiques en matière d’éducation et aider les éducateurs qui enseignent la diversité et, au besoin, dénoncer avec force les politiciens, les leaders sociaux, les sportifs, etc. qui sont à la base de ces actions, de façon passive ou active.

 
  
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  Bogusław Rogalski, au nom du groupe UEN. (PL) Monsieur le Président, le développement de l’extrémisme en Europe est un fait et nous devons en parler. Le Commissaire a dit beaucoup de choses, mais il a parlé d’une manière générale et de questions d’une importance secondaire, comme le racisme dans les matchs de football. Il faut parler des faits, de l’extrémisme politique que l’on observe à l’heure actuelle dans l’Union européenne.

Hier, Monsieur le Président, le dirigeant du NPD, un parti néofasciste, est apparu à la télévision publique allemande pour exiger que la Pologne rende sans attendre la Poméranie et la Silésie à l’Allemagne. Il a déclaré que Kaliningrad, Gdańsk et Wrocław sont des villes allemandes et exigé la souveraineté de l’Allemagne sur celles-ci. Il a également exigé que ces villes et ces territoires, qui font partie de la Pologne, soient immédiatement rendus à l’Allemagne.

Nous parlons d’événements qui se sont produits en Allemagne, un pays important dans l’Union européenne. Depuis quelques années maintenant, les fascistes allemands du NPD plaident pour la révision des frontières, répudiant les traités internationaux qui ont mis fin à la Seconde Guerre mondiale et exigeant que les frontières soient repoussées. Monsieur le Commissaire, nous ne pouvons permettre cela. Nous devons réagir de manière forte. Nous ne pouvons permettre au service de télévision publique d’un pays, en l’occurrence l’Allemagne, de laisser des néofascistes et des nazis diffuser leurs idées révisionnistes et leurs appels en faveur d’une nouvelle guerre.

Il ne s’agit pas d’un problème secondaire, mesdames et messieurs. Il est bien réel. Le parti en question a des représentants dans sept parlements régionaux. On ne peut tolérer cela en Europe aujourd’hui, tout comme on ne peut tolérer que des principes démocratiques, le droit à la différence et la liberté d’expression, soient fragilisés comme ils l’ont été aujourd’hui par Messieurs Cohn-Bendit et Watson qui, en évoquant les différences d’opinion au sujet de la Charte des droits fondamentaux – ou, plus que de la Charte, du traité modificatif sur l’UE –, ont qualifié d’idiots les membres qui s’y opposaient. On ne peut permettre de tels agissements. Ce n’est pas la conception de la démocratie et l’Union européenne actuelle que nous devons enseigner à nos jeunes. Soyons unis dans la diversité.

 
  
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  Jean Lambert, au nom du groupe des Verts/ALE. – (EN) Monsieur le Président, je pense que la question sur laquelle nous nous penchons porte en partie sur l’élément suivant: comment lutte-t-on contre ce que nous considérons tous ici comme de l’extrémisme, cette peur de l’autre, ce désir de protéger sa propre culture comme si c’était la seule culture, comme si elle n’avait pas changé, comme si rien n’avait jamais changé dans sa vie? Et pourtant, il suffit de se repencher sur les 50 ou 60 dernières années pour voir les énormes changements qui ont eu lieu, même au sein de notre propre continent.

Je pense que ce désir de protection provient souvent d’une sensation de peur que, d’une manière ou d’une autre, vous et votre propre idée allez disparaître, ce qui vous pousse donc à projeter votre force contre les autres et à les priver de leur existence.

Je pense que tous ici, nous sommes fiers de ce que nous sommes, du pays dont nous venons ou de notre région, de notre héritage. Mais la plupart d’entre nous n’attendent pas que tous ces éléments soient transmis uniquement par la voie du sang et, d’une certaine manière, d’un lien fort avec notre territoire, mais par le biais d’une citoyenneté, de la loi et de nos droits.

Comme d’autres l’ont dit, la signature de la charte des droits fondamentaux ici aujourd’hui était un symbole extrêmement important particulièrement attaché à ce débat.

Mais quand nous voyons l’élection de partis extrémistes qui n’ont qu’une seule vue de ce qui est juste – la leur –, je pense que ce que nous voyons, c’est la légitimation de la violence, du discours de la haine, des actions contre les autres, qu’ils considèrent comme étant différents.

Je me souviens d’une époque, il y a quelques années, où avons entendu parler de l’élection d’un seul membre du Parti nationaliste britannique dans un conseil local à Londres. Le niveau des violences racistes a augmenté dans cette zone.

 
  
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  Giusto Catania, au nom du groupe GUE/NGL. (IT) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, j’aimerais remercier le Président Frattini ainsi que tous les membres, de même que les motionnaires, qui m’ont aidé à rédiger cette résolution.

Les manifestations de racisme et de xénophobie se multiplient depuis quelques années, comme le confirment les rapports de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes. Le développement de ce phénomène est étroitement lié à la croissance et à la prolifération des forces politiques qui, en Europe, proposent des interprétations aberrantes en ce qui concerne les problèmes soulevés par l’immigration; ils émettent souvent des slogans défendant la race et l’identité et suscitent des sentiments d’autoprotection contre les nouveaux arrivants en Europe, les qualifiant de menaces terroristes ou de criminels, ou leur attribuant même des noms anthropologiques inacceptables et des slogans xénophobes et racistes.

Les partis et les mouvements qui adoptent depuis quelques années de sérieux penchants nationalistes antieuropéens, et qui sont extrêmement racistes, sont en augmentation. Leur propagande politique se fonde sur l’insécurité sociale et tente d’ajouter des pièces à la mosaïque de la guerre des civilisations. Cette propagande fait aujourd’hui partie intégrante du débat politique et institutionnel et dans certains cas, elle semble émaner des gouvernements ou être la conséquence des activités des gouvernements.

Demain, nous nous prononcerons sur une résolution sur l’extrémisme, un titre qui est sans doute un peu vague. Lénine disait que l’extrémisme est la maladie infantile du communisme; on pourrait le paraphraser et dire que l’extrémisme est sans doute une maladie infantile de tous les programmes politiques, religieux, économiques et idéologiques. Monsieur Weber a raison: il y a l’extrémisme de gauche et l’extrémisme de droite, mais il n’y a pas que l’extrémisme de gauche et l’extrémisme de droite, il y a aussi l’extrémisme néolibéral, l’extrémisme catholique, l’extrémisme musulman, l’extrémisme écologique et l’extrémisme anarchique-insurrectionnel.

Le problème en Europe concerne toutefois la croissance de l’extrémisme de droite et les problèmes qui suscitent la prolifération de l’extrême droite. Les forces politiques et autres mouvements néonazis et néofascistes ont vu le jour en Europe il y a quelques années avec pour politique la lutte contre l’intégration européenne – on les a vus en Italie, en France, en Autriche, aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark et en Suisse; ils témoignent de la crise qui a conduit un intellectuel tel que Alfio Mastropaolo à qualifier l’offensive de la nouvelle droite de vache folle de la démocratie.

La légitimation démocratique de certaines forces politiques a facilité la propagation de certaines idées dangereuses dans la société européenne, alimentant ainsi des penchants réactionnaires. Une maladie dangereuse et, dans certains cas, sous-estimée, qui s’entretient par les propensions ethnocentriques, qui est souvent cachée et dissimulée, quelquefois masquée derrière des actes apparemment démocratiques et légitimes. Nous devons par conséquent remettre en cause nos choix et nos initiatives politiques.

On insiste de plus en plus sur la nécessité d’établir et de consolider une culture et une identité européennes communes. J’estime que cette culture et cette identité européennes doivent être définies sur la base d’un dialogue et d’un contact avec les cultures autres que celles qui, depuis quelques années, plaident en faveur de la diffusion et de la croissance d’une idée européenne, d’une culture européenne, et qui ont rendu cela possible.

Une bataille culturelle majeure s’impose, et c’est là ma conclusion. Les activités policières ou de sécurité publique ne suffisent pas; il doit y avoir un effort culturel majeur – c’est le seul moyen de faire en sorte que 2008 soit effectivement l’Année européenne du dialogue interculturel, car l’Europe doit se fonder sur des principes interculturels.

 
  
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  Ignasi Guardans Cambó (ALDE). - (ES) Monsieur le Président, je vous serais reconnaissant si vous pouviez user de votre qualité de président de cette séance pour rappeler à l’ordre un groupe de membres qui semblent se croire au cirque et non dans un Parlement et qui gâchent la qualité de ce débat avec leurs plaisanteries et autres acclamations.

 
  
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  Le Président. − Nous approchons de la fin de l’année et ces repas où l’on boit plus que nécessaire ou du moins plus que d’habitude sont une chose normale. La meilleure chose à faire dans ces cas-là est de faire la sieste et pas de perturber un débat où le respect de l’orateur doit l’emporter en toutes circonstances.

Merci pour votre intérêt mais comme je viens de le dire, après un repas arrosé, on a plutôt intérêt à faire une sieste au lieu d’interrompre nos débats avec ces grossièretés et ces mauvaises manières.

 
  
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  Derek Roland Clark, au nom du groupe IND/DEM. – (EN) Monsieur le Président, je déteste l’extrémisme autant que n’importe qui. Le peuple britannique le déteste, nous le combattons depuis des siècles.

Si vous voulez combattre l’extrémisme croissant en Europe, examinez ses causes avant de vous précipiter dans une législation supplémentaire qui, non contente d’être restrictive, engendre l’extrémisme. Penchons-nous sur le sommet de l’extrémisme européen, le fascisme dans les années 30. En Grande-Bretagne, les manifestations de Sir Oswald Mosley étaient protégées par la loi, des politiques haineuses et arides ainsi exposées à la lumière publique étaient rejetées par la population. Dans toute l’Europe, des dirigeants fascistes ont été calomniés et condamnés. Hitler lui-même a été emprisonné – c’est ce qui lui a permis, ainsi que les autres, de gagner en puissance.

Ce matin, nous avons assisté à une poussée d’extrémisme dans cette Assemblée avec la signature de la charte des droits fondamentaux, partie de la Constitution européenne qui doit être signée demain et au sujet de laquelle un référendum national a été promis dans sept pays. Deux ont dit oui, deux ont dit non mais ont été ignorés, tandis que les autres sont dans l’expectative. Au Royaume-Uni, le gouvernement a fait une promesse écrite, sur laquelle il est revenu. Et dire que cette Assemblée est censée écouter le peuple.

C’est donc l’UE qui est l’extrémiste d’aujourd’hui, en tentant d’imposer sa volonté par le biais de ce document déformé. Il a été délibérément rédigé de manière à ce que seuls les juristes d’expérience puissent le lire, avec ses paragraphes numérotés issus à la fois des traités originaux et existants, mais qui ne correspondent pas entre les documents. La numérotation sera modifiée pour la signature et modifiée encore une fois après pour s’assurer que le peuple européen ne pourra pas comprendre le texte.

Et cette déformation pseudo démocratique devrait être imposée au peuple britannique! Non merci, nous avons déjà notre droit, incarné par la grande et merveilleuse Magna Carta de 1215, complétée par le Bill of Rights de 1689. Qui pensez-vous être pour renverser ces mesures démocratiques créées pour nous mais que chacun peut suivre?

L’histoire qu’on ignore, c’est l’histoire qui se répète. Au cours des siècles, vous avez ignoré notre exemple et vous avez payé le prix! Ignorez notre exemple aujourd’hui et vous serez sur la voie de la perdition.

(Applaudissements de la part de son groupe)

 
  
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  Bruno Gollnisch (NI) . – Monsieur le Président, voici une nouvelle fois un énième rapport sur la prétendue montée de l'extrémisme en Europe. Conseil, Commission, groupes politiques: ils sont venus, ils sont tous là. Comme d'habitude, cette rhétorique est nulle intellectuellement, scandaleuse politiquement, perverse moralement.

Intellectuellement nulle, parce que toutes les idées nouvelles – en religion, le christianisme, dont certains d'entre vous osent se réclamer, en politique, le libéralisme ou le socialisme, en science, des idées aujourd'hui aussi évidentes que la rotondité de la terre ou sa rotation autour du soleil – ont été considérées comme extrémistes, hérétiques, subversives, inadmissibles. Il ne suffit pas de diaboliser une opinion pour la discréditer, il faut dire en quoi elle est fausse.

Le scandale politique c'est vous qui le suscitez, vous qui êtes au pouvoir et qui, au lieu de résoudre les problèmes, affichez un programme de combat de l'opposition. Vous révélez ainsi votre incapacité à résoudre le problème de l'immigration-invasion dont vous êtes délibérément ou par lâcheté, les visqueux collaborateurs. Vous avouez ici votre échec économique, votre échec social, votre échec culturel, votre échec moral, votre échec éducatif et, au lieu de changer votre catastrophique politique, vous ne songez qu'à l'élimination de ceux qui protestent ou vous critiquent.

Mais c'est moralement que votre attitude est la plus répugnante. Vous assimilez frauduleusement les actes violents ou terroristes à la légitime réaction des peuples d'Europe contre la destruction de leur identité. Tartuffes que vous êtes! Vous voulez museler ces peuples et les priver de représentation politique: vous êtes les pharisiens de la démocratie! Comme le dit l'écriture: sépulcre blanchi, tout n'est que peinture blanche à l'extérieur! Vous parlez des droits de l'homme, de la liberté d'expression, des valeurs de l'Europe, de la tolérance, mais tout n'est que cadavre et pourriture à l'intérieur. Ces droits dont vous avez la bouche pleine, vous les refusez à ceux qui ne pensent pas comme vous. Tout cela serait odieux si ce n'était pas grotesque. Les générations vous jugeront comme les barbares qui ont livré Rome: puissent les barbares au moins vous traiter comme vous le méritez!

 
  
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  Roberta Alma Anastase (PPE-DE). - (RO) Mesdames et messieurs, la question dont nous débattons cet après-midi est de la plus haute importance pour l’avenir de l’Union européenne et pour la sécurité des citoyens et nos valeurs.

Depuis quelques années, l’extrémisme devient un phénomène de plus en plus fréquent dans la vie publique des pays d’Europe, un phénomène qui inquiète beaucoup et qui soulève de nombreuses questions en ce qui concerne la façon de le combattre. Même si plusieurs causes aux origines variables ont contribué à la propagation de ce phénomène, j’aimerais insister sur un aspect essentiel du débat occasionné par la question de l’extrémisme, à savoir l’immigration.

Les groupes extrémistes considèrent l’immigration comme le mal absolu dans les pays européens, car c’est un thème dont ils peuvent se servir pour expliquer les évolutions non désirées dans leurs sociétés. Reste que comme nous le savons tous, l’immigration est un élément essentiel pour les économies des pays d’Europe, un élément favorable à la croissance économique. Ses effets indésirables, provoqués par l’inadaptation des immigrés aux sociétés qui les reçoivent, doivent être résolus par des méthodes qui sont propres à l’Union européenne, sans quoi nous risquons de modifier les valeurs fondamentales mêmes de la construction européenne.

On ne peut par conséquent accepter que des partis extrémistes modifient l’agenda des partis traditionnels.

Si l’on utilise cette stratégie dans le but de réduire les risques et autres dangers occasionnés par ces groupes et de les empêcher de recueillir les voix de nos citoyens, on ne fera que légitimer leurs idées et leurs méthodes. On ne peut tolérer que des messages d’une nature extrémiste soient adaptés dans des textes de loi et défendus dans les États membres. De tels agissements reviennent à détruire la vision d’une Europe multiculturelle et multiethnique.

Il faut éviter que la crise provoquée par la question des Roms et les manifestations extrémistes en Italie ne créent un dangereux précédant pour les principes fondamentaux de l’Union européenne en ce qui concerne la libre circulation des produits, des services, des capitaux et des personnes. Nous devons expliquer à nos citoyens qu’une telle attitude nuirait non seulement à leurs sociétés, mais aussi à l’Union européenne dans son ensemble.

Les résultats des élections parlementaires européennes en Roumanie pourraient être un exemple à cet égard. Aucun parti extrémiste n’a atteint le seuil de votes nécessaire pour envoyer des représentants au Parlement européen.

 
  
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  Bárbara Dührkop Dührkop (PSE). - (ES) Monsieur le Président, j’aimerais juste prendre quelques secondes du temps qui m’est imparti pour adresser à ceux qui sont assis derrière, à droite, un dicton castillan: «A palabras necias, oídos sordos – à sotte demande, point de réponse». Je vais à présent poursuivre en anglais.

Tandis que c’est avec une grande fierté que nous avons signé aujourd’hui la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, cela fait plus d’un demi siècle que l’Europe a contribué à l’acte de xénophobie et de racisme le plus scandaleux – l’Holocauste.

Des millions de personnes ont été tuées à cause de leur religion, de leur origine ethnique et de leurs croyances politiques. Il est donc plus que jamais nécessaire de garder l’Histoire en mémoire en vivant notre présent et en se préparant à l’avenir.

Nous devons nous montrer alertes et vigilants; prendre garde à l’œuf du serpent, comme nous l’a appris Ingmar Bergman. Comme l’a confirmé le Commissaire Frattini tout à l’heure, on observe une résurgence des actes violents d’origine raciste et xénophobe dans nos États membres.

Ce qui est encore plus préoccupant selon moi, cependant, c’est le nombre croissant de jeunes concernés. Il est par conséquent absolument essentiel que nous leur enseignions la citoyenneté et que nous les aidions à comprendre ce qu’est le racisme.

De plus en plus de partis extrémistes de droite, qui fondent leur idéologie et leurs pratiques politiques sur l’intolérance et l’exclusion, sont élus dans les parlements nationaux. Ceux-ci constituent pour eux l’instance idéale pour véhiculer leur message politique de haine. Nous devons en être conscients et essayer d’agir pour neutraliser cela aussi.

Le racisme et la xénophobie sont les violations les plus directes des principes de liberté et de démocratie ainsi que de nos droits fondamentaux. En conséquence, les institutions européennes et nous-mêmes, les membres du Parlement, sommes tenus de réaffirmer notre détermination à faire respecter les libertés fondamentales et de condamner ainsi que de combattre toute manifestation de racisme et de xénophobie par la voie juridique.

Plus que jamais, la tolérance zéro s’impose pour lutter contre le racisme et la xénophobie. Plus que jamais, nous devons nous montrer belligérants dans la défense de nos valeurs, en utilisant et en renforçant les instruments dont disposent l’Union européenne et ses États membres.

Aucun citoyen ne devrait subir de persécutions en raison de sa race, de sa religion, de son sexe, de sa situation sociale, de sa nationalité ou de son orientation sexuelle. L’éradication du racisme et de la xénophobie, le droit de vivre en paix, est un défi moral pour tous les démocrates, et il est du devoir de chaque démocrate de défendre les droits civils.

 
  
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  Viktória Mohácsi (ALDE). - (HU) Merci beaucoup, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mesdames et messieurs. Hier, nous avons parlé pendant près de deux heures de la lutte contre la montée de l’extrémisme et du texte définitif de la résolution qui se fonde sur des initiatives libérales, mais nous avons bien évidemment toujours tenu compte des idées et des requêtes de tous les groupes. Je suis optimiste, et je suis convaincue que nous parviendrons à une position commune sur cette question douloureusement importante.

Personnellement, je trouve vraiment dommage qu’en 2007, Année de l’égalité des chances, nous soyons encore obligés de lutter contre les ombres des dictatures déchues du XXe siècle qui réapparaissent de temps en temps. Nous savons qu’aucun État membre ne fait exception à cela. Pour n’en citer que quelques-uns par leur nom: Pospolitos en Slovaquie, les Jeunes nationalistes en République tchèque, la Nouvelle droite en Roumanie, le Parti national démocratique en Allemagne et l’Alliance nationale en Italie, mais nous sommes en grande partie confrontés au même extrémisme.

Pour parler de mon propre pays, je trouve inacceptable que des déclarations soient publiées chaque jour par des partis et des organisations extrémistes comme le Mouvement pour une meilleure Hongrie ou la Garde hongroise, dans lesquelles ils expliquent la criminalité des tziganes par des raisons génétiques, une vision des choses absurde, et au lieu d’intégrer les Roms dans la société, ils plaident pour la ségrégation et les ghettos, en manifestant dans des uniformes noirs à Tatárszentgyörgy, et vendredi à Kerepes. À cet égard, j’aimerais encore une fois attirer l’attention de mes collègues sur le nombre d’implantations tziganes en Europe qui sont encore la cible des forces extrémistes, même aujourd’hui.

Quelques nouvelles à présent pour conclure cette déclaration. Les médiateurs hongrois, le Président de la République et le gouvernement hongrois ont officiellement condamné la Garde hongroise et le Mouvement pour une meilleure Hongrie. Nous aimerions que tous les gouvernements européens responsables fassent de même face à leur propre extrémisme. Quoi qu’il en soit, si l’on veut que cela soit possible, il faut que le plus grand nombre possible de mes collègues disent «Oui» demain à la position du Parlement sur la lutte contre la montée de l’extrémisme. Merci.

 
  
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  Eoin Ryan (UEN). - (EN) Monsieur le Président, nous avons assisté aujourd’hui à la proclamation de la charte des droits fondamentaux et nous discutons à présent de la montée de l’extrémisme en Europe. Pour moi, le lien est très clair entre les deux. L’Agence des droits fondamentaux de l’UE était connue, jusqu’à peu, sous le nom de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes. Nous ne pouvons pas lutter contre l’extrémisme sans aborder les problèmes du racisme et de la xénophobie, qui ne sont que trop présents dans l’Europe d’aujourd’hui. L’extrémisme engendre l’extrémisme et nous autres Européens sommes en danger de nous retrouver pris dans un cercle particulièrement vicieux si nous n’agissons pas rapidement pour éliminer certaines de ces causes primaires.

J’ai écouté M. Gollnisch tout à l’heure, qui traitait certaines personnes de cette Assemblée et d’autres de barbares. Il n’a pas émis une idée crédible, une idée positive quant à la manière de traiter ce problème en Europe, hormis l’usuelle diatribe qu’on lui sait. Lui et son chef, M. Le Pen, veulent effectuer une visite en Irlande en rapport avec le traité. Je peux vous garantir une chose: ce genre d’idées extrémistes ne peut et ne sera pas toléré dans mon pays, merci beaucoup. Alors je vous en prie, venez et nous serons sûrs que le traité sera adopté une fois qu’ils auront entendu le genre d’Europe continentale que vous voulez mettre en place et toutes vos idées. Il a été démontré que les attitudes qui rendaient les travailleurs réceptifs…

(Interruption de M. Gollnisch)

Nous connaissons votre position, Monsieur Gollnisch, et nous vous avons souvent entendus, vous et votre chef.

Il a été démontré que les attitudes qui rendaient les travailleurs réceptifs au populisme d’extrême droite incluaient les préjugés à l’encontre des immigrés, le nationalisme, l’autoritarisme, la domination sociale et la faiblesse politique, le facteur prépondérant étant celui des préjugés contre les immigrés. Dans les pays dans lesquels des structures de rapport adéquates sont en place, la raison la plus souvent rapportée pour la discrimination est souvent la région. En éliminant un tel préjugé et une telle discrimination, nous aurons fait un pas significatif dans le sens de la lutte contre l’extrémisme.

À cet égard, je demande à tous les députés d’encourager le débat et l’échange de vues sur les questions d’inégalité sociale, d’origine, de race, de religion et sur l’impact des changements sociaux et économiques au niveau local, national et européen en général, et de ne pas utiliser un langage chargé d’émotions en traitant les gens de barbares. À cette fin, je me réjouis du fait que le Parlement européen, dans le cadre de l’année du dialogue interculturel, ait invité le pape Benoît XVI, le président de l’Union africaine, le Dalai Lama, le secrétaire général des Nations unies, le grand rabbin du Royaume-Uni et le grand mufti de Damas à venir s’exprimer devant le Parlement européen au cours de 2008. Je me réjouis de ce genre d’initiatives.

(Le président retire la parole à l’orateur)

 
  
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  Koenraad Dillen (NI). - (NL) Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur le Président, j’aimerais que vous m’expliquiez comment il se fait que les membres de votre propre groupe et les personnes qui représentent manifestement une ligne de pensée plus proche de la vôtre se voient accorder un temps de parole supplémentaire nettement plus long et ne soient pas constamment coupés, alors que les personnes avec qui vous n’êtes clairement pas d’accord sont interrompues après dix secondes à peine. Vous appliquez une politique de deux poids, deux mesures et ce n’est pas acceptable.

 
  
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  Le Président. − Premièrement, il me semble, Monsieur Dillen, que le Président dirige le débat en fonction de ses propres critères et non en fonction de ceux de la personne qui occupe le siège 777.

Je n’ai pas d’explications à vous donner. Tous les orateurs, y compris ceux qui ont parlé entre eux, se sont vu accorder plus que la part de temps qui leur était impartie.

De toute façon, j’aimerais demander à tous les membres de s’adresser à la présidence et à l’assemblée, et de ne pas adresser leurs commentaires à d’autres membres, afin d’éviter les interpellations indisciplinées et autres interruptions.

 
  
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  Eva-Britt Svensson (GUE/NGL). - (SV) Monsieur le Président, nous avons tous remarqué que l’extrémisme est en hausse dans l’UE. Je crois que nous devrions nous demander pourquoi. Pourquoi la xénophobie et les autres comportements extrémistes sont-ils en hausse? Je suis convaincue que l’exclusion et l’absence de participation dans la société sont un terrain favorable à l’extrémisme et à la xénophobie. La valeur égale de tous les êtres humains est un principe fondamental dans les sociétés civilisées, et nous devons tous contribuer à lutter contre les forces xénophobes qui défavorisent les personnes présentant une origine ethnique différente, une orientation sexuelle différente ou des handicaps fonctionnels, ou qui appartiennent à l’autre sexe.

Ces groupes recourent à la violence et aux menaces. Dans mon pays, des personnes qui défendaient les droits humains ont même été tuées. Des jeunes d’origine ethnique différente perdent la vie en raison, tout simplement, de leur origine. Ces choses ne devraient plus jamais pouvoir se reproduire.

Nous qui défendons la valeur égale de tous les êtres humains ne devons jamais tolérer d’être réduits au silence. Mais nous savons que cela ne suffit pas. Les groupes xénophobes et extrémistes se servent des jeunes victimes d’exclusion économique et sociale pour renforcer la peur, les troubles et la haine à l’égard d’autres groupes. Il faut par conséquent associer la lutte contre l’extrémisme à la construction d’une société juste, fondée sur la solidarité.

 
  
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  Bernard Wojciechowski (IND/DEM). - (EN) Monsieur le Président, la proposition que nous voyons ici est un autre exemple d’ignorance et d’hypocrisie. On peut y lire, entre autres, que certains partis et mouvements politiques, dont ceux au pouvoir dans plusieurs pays ou représentés au niveau local, national ou européen, ont délibérément au cœur de leur programme l’intolérance et la violence fondées sur la race, l’origine ethnique ou la nationalité.

Nous lisons aussi que ce Parlement condamne avec force toutes les attaques racistes et haineuses et demande à toutes les autorités de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour punir les responsables.

Dans l’Assemblée où nous adoptons ces résolutions, un de nos collègues a utilisé un langage abusif et offensant de propagande mensongère – le même genre que celui souvent utilisé par les extrémistes, basé sur les insultes et qu’on peut qualifier d’attaque haineuse. Il a insinué que je pourrais reproduire Dachau. Permettez-moi d’éclairer sa lanterne. Premièrement, Dachau était un camp de la mort allemand. Deuxièmement, Dachau est en Allemagne et je ne suis pas allemand. Il a même déclaré qu’après quatre jours de visite en Pologne, il connaissait mon pays mieux que moi, et que je ne faisais pas partie de la Pologne, alors que Dachau oui, apparemment.

Ce genre de discours de haine est trop souvent prononcé, se reproduit trop souvent et émane de trop de politiciens. Ces mêmes politiciens veulent tout nous apprendre la démocratie, alors qu’eux-mêmes la respectent si peu et qu’ils respectent si peu l’égalité de traitement devant la loi. Il semble qu’en Europe de nos jours, comme George Orwell l’a écrit il y a des années, certains cochons sont plus égaux que d’autres. Certains peuvent se cacher derrière le privilège de l’immunité, certains peuvent même esquiver la justice et même des mandats d’arrêt européens. Les criminels communistes bénéficient d’un meilleur traitement que les citoyens ordinaires et pendant que nous parlons ici de groupements extrémistes, certains politiciens allemands soutiennent ouvertement des mouvements politiques historiquement révisionnistes. Mes chers collègues, l’Europe de nos résolutions est bien différente de celle de notre réalité.

 
  
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  Jana Bobošíková (NI). - (CS) Mesdames et messieurs, une fois de plus, nous nous consolons essentiellement en nous disant que la montée de l’extrémisme est l’expression de la détérioration de la situation économique et du chômage. J’ai bien peur que cette idée ne soit plus valable. Les économies de bon nombre d’États membres de l’UE sont en croissance, le chômage est en baisse, mais l’extrémisme ne décline pas. Au contraire, le nombre de délits fondés sur la race est en hausse; des gardes nationales fondées sur une culture nationaliste voient le jour; des vétérans des SS manifestent dans certains États membres de l’UE; et les politiciens qui qualifient les juifs et les Roms d’«ulcères» de la société sont glorifiés. La politique et l’armée sont infiltrées par des néonazis et des racistes. Le Premier ministre de la République tchèque, mon pays d’origine, a intégré le discours néonazi dans son vocabulaire. Enfin et surtout, l’UE est devenue une destination de migration pour les plus pauvres et personne ne semble savoir comment y faire face, ce qui a aussi une certaine influence.

Mesdames et messieurs, aucune résolution, aucune parole ne peut effacer le swastika récemment gravé sur la hanche d’une jeune fille de 17 ans à Mittweida, en Allemagne. Il faisait encore jour lorsque dans cette ville de Saxe, des néonazis ont gravé, sous l’indifférence des spectateurs, cette croix gammée sur son corps parce qu’elle tentait de défendre une petite fille russe. Je suis fermement convaincue que l’extrémisme ne peut être prévenu que par les actions quotidiennes des citoyens, l’opposition publique de l’élite politique, une interprétation ouverte et exhaustive notamment de l’Histoire du XXe siècle et, surtout, la police et les tribunaux, qui ne doivent pas fermer les yeux sur les racistes, les xénophobes et les néonazis, mais agir sans tarder pour punir ces comportements.

 
  
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  Péter Olajos (PPE-DE). - (HU) Merci, Monsieur le Président. Je vais à présent m’exprimer en ma qualité de coauteur de la déclaration écrite n° 93. La déclaration, que j’ai présentée en collaboration avec mes collègues Messieurs Tabajdi, Szent-Iványi, Vigenin et Amezaga, condamne les opérations des groupes extrémistes paramilitaires dans l’Union, qui constituent l’une des formes les plus manifestes d’extrémisme.

D’après mon expérience, même si beaucoup de personnes ressentent une obligation morale et politique d’empêcher que ces idées extrémistes ne gagnent du terrain, bon nombre ne vont pas jusqu’à les condamner dans une déclaration écrite ou autrement. Les raisons à cela sont nombreuses. L’une d’entre elles, par exemple, est que lorsqu’on essaie d’attirer l’attention du public sur ces idées, la liste n’est jamais complète et jamais exacte, ce qui décourage beaucoup de personnes de les défendre. Il faut cependant savoir que la liste ne sera jamais exhaustive, et que les concepts et autres définitions ne seront jamais exacts. Nous devons par conséquent nous attaquer à l’extrémisme et aux idées extrémistes à la racine.

Aujourd’hui est un jour de célébration dans cet Hémicycle, mais la Charte des droits fondamentaux n’a pas été signée dans des circonstances sereines. Cette Charte résume, dans 50 paragraphes, l’ensemble des valeurs et des droits que nous respectons et que nous voulons protéger dans l’Union. Cette Charte est la charte de l’anti-discrimination, la charte des libertés d’expression, de religion et de réunion, la charte de l’égalité et la charte de la protection des individus, des données, des jeunes et des aînés. On ne va pas y piocher ce qui nous arrange, on ne place pas certaines personnes avant d’autres et on ne s’en sert pas pour nos objectifs stratégiques internes à court terme. Chaque personne doit être respectée et protégée de la même manière, car c’est la garantie de la dignité humaine et nous, en tant que députés au Parlement, avons juré de faire cela. Ceux qui s’opposent aux idées et aux droits formulés dans cette Charte sont ce que l’on appelle des extrémistes, indépendamment de l’âge, du sexe, de la religion ou de la nationalité de la personne concernée. Dans ce contexte, j’aimerais demander à mes collègues de soutenir la déclaration écrite n° 93. Merci.

 
  
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  Martine Roure (PSE) . – (FR) Monsieur le Président, les actes et crimes racistes sont en augmentation en Europe. Les Roms, les migrants et tous ceux qui sont différents continuent à faire l'objet de discriminations multiples dans les domaines de l'emploi, de l'éducation et du logement.

Nous voulons une Union européenne basée sur des valeurs humanistes de tolérance et de protection des droits fondamentaux: il n'est jamais inutile de le rappeler. Dans ce contexte, la décision-cadre sur la lutte contre certaines formes de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal, que notre Parlement a largement votée le 29 novembre dernier, est vraiment nécessaire. Nous pourrons ainsi combattre les propos racistes et haineux de la même manière, partout dans l'Union européenne.

Les partis extrémistes exploitent la peur de l'autre, la peur de l'étranger pour offrir une réponse facile aux défis posés par la mondialisation. Et ceux qui prétendent imposer la préférence nationale pour trouver des réponses à tout sont des irresponsables. La véritable réponse aux défis de la mondialisation c'est une prise en compte globale des défis de l'humanité aujourd'hui. Et le repli sur soi, n'ayons pas peur de le dire, c'est aller au désastre.

 
  
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  Vălean, Adina-Ioana (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, nous constatons en Europe une montée constante des mouvements extrémistes, nationalistes et populistes qui mettent en péril notre système démocratique.

Dans un monde idéal, la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. En réalité, la démocratie n’est toujours que le moins pire des systèmes politiques s’il bénéficie d’un équilibre des pouvoirs adéquat. Cela dit, le paradoxe de la démocratie est qu’elle contient la possibilité de sa propre mort, puis qu’elle permet l’expression d’opinions populistes et extrémistes qui érodent le système démocratique en lui-même.

Dans beaucoup de pays d’Europe, certains partis sont parvenus à se positionner au centre de la vie politique avec des discours populistes et démagogiques. L’histoire européenne a montré comment les partis extrémistes, dans un costume démocratique et avec une propagande populiste et nationaliste, ont souvent mené la démocratie à la dictature.

La meilleure manière de lutter contre l’intolérance est de rester ferme, de défendre nos valeurs et nos institutions démocratiques, de défendre nos droits individuels, la justice, l’égalité et la diversité, mais aussi de sanctionner tous les discours instillant la haine, la ségrégation ou la discrimination.

Comme l’a dit Robert Kennedy: «Ce qui est dangereux avec les extrémistes, ce n’est pas qu’ils sont extrêmes, mais qu’ils sont intolérants. Le mal n’est pas ce qu’ils disent au sujet de leur cause, mais c’est ce qu’ils disent sur leurs adversaires.»

Des démocraties saines ont besoin de citoyens actifs. La démocratie ne peut fonctionner que si les citoyens sont conscients de leurs droits et de leurs devoirs civiques et exercent ceux-ci. Nous devons réinventer la citoyenneté. Nous avons besoin de nouvelles manières d’apprendre la démocratie. Nous devons garantir que nos systèmes d’éducation promeuvent le développement d’une citoyenneté active, critique et engagée. À l’ère de la mondialisation, nous avons impérativement besoin d’une citoyenneté qui célèbre la diversité et qui promeut la compréhension et la tolérance.

 
  
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  Wojciech Roszkowski (UEN). - (PL) Monsieur le Président, je ne sais pas si l’extrémisme politique est en hausse ou non. Je sais qu’il faut s’y opposer et le condamner, tant pour son idéologie que pour ses méthodes. Cependant, la Charte des droits fondamentaux, que nous avons accueillie avec satisfaction aujourd’hui avec une cérémonie formidable, n’est pas la réponse au problème mais peut elle-même créer de nouveaux problèmes.

L’article 21 de la Charte interdit la discrimination fondée sur les opinions politiques ou toute autre opinion – je répète, toute autre opinion –, ce qui comprend dès lors les opinions extrêmes telles que celles exprimées récemment à la télévision publique allemande par le leader du NPD qui demandait la révision de la frontière avec la Pologne.

Les lieux communs ont tendance à rebondir douloureusement sur ceux qui les prononcent. J’aimerais par conséquent demander aux partisans de la Charte des droits fondamentaux comment ils ont l’intention de lutter contre l’extrémisme politique alors qu’ils le défendent en même temps.

 
  
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  Kyriacos Triantaphyllides (GUE/NGL). - (EL) Monsieur le Président, ce serait une omission de ma part si je ne commençais pas par exprimer mes doutes quant à l’usage général qui est fait du terme «extrémisme» sans aucune définition et sans condamnation spécifique des actes extrémistes, en d’autres termes, toute forme extrême d’usage illicite de la violence. Ce serait aussi une erreur de ne pas mentionner les tentatives de «sensibiliser» les citoyens aux dangers de la radicalisation et à la création simultanée de catégories flexibles de criminels potentiels.

J’aimerais vous rappeler que dans la société moderne, au cours des périodes où les libertés et les droits ont été réduits au nom de la sécurité, du maintien de l’ordre et du contrôle strict, et où on a laissé la persécution fondée sur des stéréotypes gagner du terrain, le fanatisme idéologique, le racisme et la xénophobie se sont intensifiés et des crimes innommables ont été commis. Des fautes similaires commises aujourd’hui pourraient entraîner l’interdiction de partis politiques et de syndicats, ce qui serait un véritable malheur pour la démocratie, l’État de droit et les libertés civiles. Nous devons par conséquent faire en sorte que la démocratie ne devienne pas simplement un rideau de fumée pour l’adoption de mesures punitives; parallèlement à cela, nous devons concentrer nos efforts sur l’atténuation des véritables causes des actes extrémistes violents, qui dévalorisent totalement la dignité humaine, étant donné que par définition, ils dépassent les limites de la liberté d’expression.

Il est de notre devoir de poursuivre la lutte contre la pauvreté, le chômage, la privation, l’exploitation des travailleurs et la marginalisation sociale, et de faire en sorte que les générations futures, grâce à un enseignement et une éducation adaptés, se tiennent à l’écart des organisations nationalistes et fascistes violentes qui encouragent les actes extrémistes en tant que moyen d’expression.

 
  
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  Irena Belohorská (NI). - (SK) Merci, Monsieur le Président, mesdames et messieurs. Selon moi, il est essentiel d’adopter une résolution conjointe sur la lutte contre l’extrémisme, qui se manifeste de plus en plus depuis quelque temps. Le fait que ce débat ait lieu le jour où les Présidents du Parlement européen, de la Commission et du Conseil européen confirment, avec leur signature, l’engagement juridique de l’UE en faveur de la Charte des droits fondamentaux est relativement symbolique.

On ne peut laisser des individus ou des organisations extrémistes s’en prendre aux citoyens, dont les droits doivent être garantis dans une société civilisée. L’Histoire de l’Europe a montré les formes que peuvent prendre l’extrémisme, le nationalisme militant et le radicalisme idéologique. Il est de notre devoir de surveiller systématiquement le territoire européen afin d’identifier les activités de ces groupes ou de ces individus et de prendre des mesures radicales à leur égard.

Je dois ajouter avec regret que l’extrémisme semble en hausse chez les jeunes en Europe. Ce phénomène illustre un certain échec de la part des politiciens. Il est important de se rappeler que bon nombre de politiciens cherchent, faute de ressources positives et professionnelles, à promouvoir leur propre appartenance politique et leur propre capital politique en provoquant les segments les moins expérimentés et les moins bien informés de la société. C’est pourquoi l’adoption d’une législation plus stricte et de mesures plus radicales tant qu’il en est encore temps est une question et une responsabilité que nous devons tous assumer.

 
  
  

Présidence de M. MAURO
Vice-président

 
  
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  Pilar del Castillo Vera (PPE-DE). - (ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, à ce stade du débat, la plupart des choses que l’on peut dire sur ce sujet ont déjà été dites. J’aimerais toutefois évoquer l’exhortation du Commissaire au sujet de la nécessité de songer aux origines sous-jacentes de l’extrémisme.

Il me semble que le problème de l’extrémisme n’est pas qu’il existe une série de groupes responsables d’agressions violentes. C’est certes un problème, mais il doit être abordé par la voie judiciaire et les individus doivent être poursuivis, etc. Le problème apparaît lorsque la violence et les intentions qui se cachent derrière sont répétées et risquent d’affecter un vaste segment de la population ou certains segments de la population. D’un point de vue social et politique, c’est lorsque la violence suscite des inquiétudes que le problème apparaît. Pour ce qui est de la façon de la prévenir, je pense qu’il existe trois facteurs essentiels.

Premièrement, le Commissaire a mentionné une connaissance de l’Histoire – je suis moi-même convaincue qu’il est très important d’en savoir suffisamment sur les tragédies, sur les réussites et en fin de compte, sur nous-mêmes en tant qu’humains. Je pense néanmoins que nous devons éviter de nous servir de l’histoire comme d’une arme contre les autres à des fins de gain politique à court terme – un phénomène que l’on observe aujourd’hui dans certains pays, y compris le mien, l’Espagne, je dois dire.

Deuxièmement, je pense qu’il existe deux autres aspects fondamentaux que l’on sous-estime fortement en ce moment.

Premièrement, l’éducation. Nous avons perdu, ou continuons à perdre, en partie du moins, des valeurs telles que le travail, la discipline, l’autonomie, toutes ces valeurs qui contribuent à créer de bons citoyens lorsque les jeunes atteignent l’âge adultes.

Enfin, dans le contexte de l’Union européenne, l’important est de ne pas détériorer cet environnement dans lequel nous autres, Européens, pouvons dénoncer ensemble les réseaux créés par la mondialisation. Ce que nous connaissons aujourd’hui, et ce que nous avons connu à d’autres époques au cours de l’Histoire européenne du XXe siècle, c’est une grande incertitude, un certain désespoir, une certaine sensation d’errance, et ce que nous devons faire, c’est offrir de l’espoir, un esprit tourné vers l’avenir et un leadership fort afin que chacun ait le sentiment de faire partie de l’Union européenne.

 
  
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  Józef Pinior (PSE). - (PL) Monsieur le Président, le continent européen, les pays de l’Union européenne sont aujourd’hui un territoire où l’on rencontre des cas de xénophobie, de nationalisme extrême, d’antisémitisme, de racisme et d’islamophobie. Ce qui manque à l’Europe aujourd’hui, c’est le consensus libéral-démocratique de la période ayant suivi la Seconde Guerre mondiale. Les politiciens européens n’ont pas la réelle volonté politique de faire face à ces problèmes.

La résolution des vagues de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme et de xénophobie est une responsabilité commune qui incombe à l’enseignement européen, aux médias, aux Églises, aux sportifs et, surtout, aux politiciens. Nous nous trouvons souvent sans défense contre ces formes extrêmes d’activité politique. Pire, nombre de politiciens et de partis politiques profitent des mouvements extrémistes ou populistes pour servir leurs propres objectifs.

Je ne veux pas profiter de ce débat pour marquer des points politiques au Parlement européen, mais je pourrais citer beaucoup d’exemples de ce type. Ce qui importe à présent, c’est de réaliser une politique commune au niveau de l’Union européenne – dans le domaine de l’éducation, surtout, ainsi que dans le sport, la culture et la politique – pour combattre l’extrémisme.

 
  
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  Sarah Ludford (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, il y a huit ans, le parti anti-immigration de Jörg Haider est entré dans un gouvernement de coalition en Autriche. Les gouvernements d’UE n’avaient aucune idée de ce qu’il fallait faire. Résultat de ce désarroi, l’article 7 du traité de l’Union européenne a été introduit. Il n’a jamais servi et il est clair que les États membres ont un problème culturel au sujet de la critique mutuelle. Mais nous devons avoir une politique plus proactive en matière d’évaluation par les pairs quand des États membres demandent aux autres de rendre des comptes, parce que l’ensemble de l’UE est préoccupée lorsque des partis extrémistes ou intolérants rentrent dans un gouvernement d’un des pays de l’UE.

Le droit pénal a joué un rôle solide dans le cadre des sanctions infligées pour incitation à la haine, ainsi que des dispositions visant à rendre la discrimination illégale. La loi peut aider à changer les attitudes et les comportements. La société indique les limites de ce qui est acceptable en partie au travers de ce qu’elle pénalise ou interdit. C’est pour cela que j’ai été si déçue que la Commission estime apparemment que la déportation par le gouvernement italien des Roumains, en majorité des Roms, ainsi que le discours qui l’a accompagnée, était conforme au droit européen en matière de libre circulation et d’anti-racisme. Personnellement, je n’étais pas du même avis.

Mais la loi ne peut et ne doit avoir qu’une certaine portée. Par exemple, la question de la pénalisation du déni de l’holocauste est polémique en Europe. La nouvelle législation européenne récemment adoptée en matière d’interdiction d’incitation à la haine raciale et religieuse a eu raison, selon moi, de laisser cette option à chaque pays. La tradition et la préférence de mon pays consistent à laisser les gens comme David Irving se condamner eux-mêmes par l’absurdité de leurs perspectives non historiques et être contredits par des débats vigoureux.

Ceux d’entre nous au sein des partis classiques ne doivent pas se laisser intimider par les voyous et les petits tyrans des extrémistes de droite ou de gauche ou par les fondamentalistes de tous poils. Les libéraux démocrates – et j’utilise le mot avec une minuscule – de tous les partis démocratiques sont tout aussi confiants et passionnés par notre engagement en vue d’une vision européenne généreuse et globale qu’ils le sont par leur minable intolérance. Ne cessons jamais de le répéter.

 
  
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  Leopold Józef Rutowicz (UEN). - (PL) Monsieur le Président, l’extrémisme est un phénomène défendu par les politiciens qui exploitent le racisme, le nationalisme et la xénophobie afin d’atteindre leurs propres objectifs. L’extrémisme exploite souvent le terrorisme pour atteindre ses propres fins.

L’extrémisme n’unit pas les gens et les groupes sociaux: il les divise. C’est l’ennemi d’une société démocratique. Il est opposé aux valeurs fondamentales de l’Union européenne, une communauté de personnes qui rejettent la haine et la guerre causée par des fascistes et des nationalistes et qui a coûté des dizaines de millions de vies en Europe au XXe siècle.

La plus grande organisation terroriste, Al-Qaeda, fondée sur l’extrémisme et le recours au terrorisme à des fins politiques, est aujourd’hui capable de détruire les démocraties faibles et d’obtenir le pouvoir politique.

Je suis favorable à la résolution, qui vise à encourager les institutions européennes à prendre des mesures supplémentaires contre le terrorisme et l’extrémisme.

 
  
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  Diamanto Manolakou (GUE/NGL). - (EL) Monsieur le Président, la montée des groupes et organisations racistes d’extrême droite en Europe n’est pas un hasard. C’est le résultat de la politique antipopulaire, réactionnaire et impérialiste de l’Union européenne. Cette politique, exclusivement guidée par la maximisation de la rentabilité pour les monopoles européens, grâce à l’accumulation de vastes richesses sur la base de l’exploitation sauvage de la classe ouvrière, propage la pauvreté, l’inégalité et la marginalisation, affaiblit considérablement la situation de la famille ouvrière et aggrave les problèmes de la classe ouvrière.

Dans ces conditions – dans les segments marginalisés de la société ou dans les couches sociales présentant un niveau faible de conscience et d’expérience politiques – les idées d’extrême droite et fascistes, qui sont défendues sous une apparence populiste et démagogique, peuvent prendre racine. Le terrain est plus fertile aujourd’hui pour la création et le développement de ces groupes en raison de l’hystérie anticommuniste, de la volonté de réécrire l’Histoire, de la tentative éhontée d’effacer l’immense contribution de l’URSS à la victoire sur le fascisme et de mettre le communisme sur un pied d’égalité avec le nazisme et le fascisme. Cela s’observe, par exemple, dans la reconnaissance et la légitimité accordée par les gouvernements des pays Baltes aux groupes fascistes locaux, qui étaient des collaborateurs des SS et des nazis basés dans ces pays durant la Seconde Guerre mondiale.

Le fascisme, le racisme et la xénophobie sont différentes facettes d’un même problème. Le fruit du système capitaliste, qui crée, maintient et alimente ces groupes fascistes. C’est précisément la raison pour laquelle nous considérons comme hypocrites les soi-disant inquiétudes au sujet de la montée des organisations d’extrême droite et paramilitaires en Europe, et nous rejetons toute tentative d’assimiler la lutte des classes, les luttes des mouvements syndicaux et populaires et l’idéologie communiste à des idéologies extrémistes, que nous considérons comme une tentative inacceptable de faire naître la peur chez les gens.

 
  
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  Nickolay Mladenov (PPE-DE). - (BG) Monsieur le Président, chers collègues, cette journée est la preuve que le Parlement européen garantit les droits non seulement de la majorité, mais aussi de ceux qui ont des opinions différentes. Car si les nationalistes présents dans cette salle devaient atteindre leurs objectifs, aucun d’entre nous n’aurait le droit d’avoir une opinion différente comme ils ont eu l’occasion d’exprimer les leurs aujourd’hui. Nous l’emporterons sur l’intolérance et l’extrémisme avec des arguments plutôt que des émotions, avec des faits plutôt que du bruit. Malheureusement, cependant, lorsqu’on parle de faits, il n’y a personne pour les entendre. C’est un fait regrettable.

J’espère néanmoins que nos partisans, nos électeurs dans les États membres entendront ce qu’a dit le Commissaire Frattini notamment. Premièrement, l’intolérance et l’extrémisme naissent de l’oubli du passé. Nous devons nous souvenir du passé et des deux dictatures sérieuses que l’Europe a subies. J’en appelle donc à la Commission et à chacun d’entre nous: souvenons-nous de l’Histoire de l’Europe et donnons aux programmes de la Commission européenne davantage de possibilités de financer les projets qui préservent notre mémoire. Deuxièmement, nous devons nous souvenir de la participation des citoyens dans le processus politique.

Cher collègues, nous sommes partiellement responsables du nationalisme et de la xénophobie en Europe. Bon nombre d’entre nous se sont mis à parler comme des bureaucrates plutôt que comme des politiciens. Ils ont oublié le langage que les électeurs peuvent entendre et parlent en revanche le langage des institutions. Puisse cela nous rendre suffisamment forts dans ce débat pour venir à bout du problème qui existe plus particulièrement dans les nouveaux États membres. Osons nommer les problèmes et les résoudre directement, lorsqu’ils existent. La plupart du temps, les partis politiques remportent les élections en promettant une chose et en en faisant une autre ensuite, et ils s’étonnent par la suite de l’existence de l’extrémisme et du mécontentement. Il incombe à chacun d’entre nous au sein du Parlement européen de s’opposer aussi à la montée de l’extrémisme et de l’intolérance à l’égard de l’est de l’Union européenne, des phénomènes dangereux pour nous tous. Merci.

 
  
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  Csaba Sándor Tabajdi (PSE). - (HU) Monsieur le Président, il ne suffit pas, d’une manière générale, de lutter contre l’extrémisme. Chacun doit agir contre les tendances nationalistes et extrémistes qui apparaissent au niveau national. Premièrement, nous devons tous condamner les nationalistes extrémistes et nous en distancier dans notre propre pays. C’est là une condition extrêmement importante, et ce débat démontre également que l’extrémisme doit être combattu au moyen d’instruments directs et indirects.

Il faut utiliser des instruments directs pour sanctionner les discours qui incitent à la haine. D’aucuns évoquent la liberté d’expression et disent qu’on ne peut condamner cela en recourant aux instruments du droit pénal, mais j’ai l’impression que nous n’avons pas encore trouvé le juste milieu. Les forces démocratiques doivent donner l’exemple, surtout à la droite, et la droite démocratique a une grande responsabilité en se tenant à distance des phénomènes liés à l’extrême droite qui se multiplient en Europe.

Parallèlement à cela, certains de mes collègues ont parlé du fait que nous devons aussi réagir au moyen d’instruments indirects, bon nombre d’incidents extrémistes ayant pour origine l’incertitude sociale ou l’incertitude au sujet de l’identité nationale. Ce débat est très important et j’estime que le Commissaire Frattini, l’Agence des droits fondamentaux et le Parlement européen doivent surveiller de près tous les incidents extrémistes. Merci pour votre attention.

 
  
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  Sophia in 't Veld (ALDE). - (NL) Monsieur le Président, il existe des extrémistes dans tous les camps, mais depuis quelques années, ils dictent le ton et le contenu de l’agenda politique. Les partis démocratiques traditionnels sont bien trop lents pour se distancer des extrémistes car ils craignent de perdre des électeurs, ce qui débouche sur une acceptation politique larvée de l’extrémisme et de l’intolérance.

Il y a autre chose aussi. À côté du racisme et du nationalisme, il y a aussi l’extrémisme contre les femmes et les homosexuels, par exemple – nous n’avons pas encore abordé cette question aujourd’hui -, un extrémisme qui se fonde souvent sur des croyances religieuses. Je suis horrifiée lorsque je vois des partis au gouvernement, habilités à régner, ou des partis représentés au Parlement – dans mon propre pays aussi – qui encouragent la discrimination à l’égard des femmes, des homosexuels et des personnes aux croyances différentes.

Pour terminer, un mot ou deux qui sont loin de faire l’unanimité, Monsieur le Président. Avec tout le respect que je dois à Monsieur Ryan, je ne suis moi-même pas totalement favorable à l’idée d’inviter ici les chefs des principales religions afin qu’ils s’adressent à notre plénière, à moins qu’ils ne soient disposés à renoncer à leur vision discriminatoire des femmes et des homosexuels.

 
  
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  Jan Tadeusz Masiel (UEN). - (PL) Monsieur le Président, l’une des façons de lutter contre l’extrémisme et de réduire l’électorat des partis extrémistes consiste à écouter plus attentivement les citoyens sur les questions qui leur sont chères et à analyser les causes sous-jacentes de l’extrémisme.

Si les citoyens d’Europe votent pour des partis extrémistes, cela signifie notamment qu’une grande partie de la société n’a pas le sentiment d’être écoutée par les personnes au pouvoir. Je ne suis pas en train de défendre l’extrémisme, mais il ne vient pas de nulle part. En France, Nicolas Sarkozy a compris cela. En abordant de façon honnête et courageuse des questions telles que l’immigration et l’adhésion de la Turquie, il est parvenu à affaiblir les partis extrémistes. J’aimerais encourager la Commission européenne à suivre l’exemple français.

 
  
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  Adrian Severin (PSE). - (EN) Monsieur le Président, un maire se répand en injures contre les immigrés en déclarant que l’immigration est une source d’insécurité; un autre maire déclare sa ville sans étrangers; un chef d’État traite ce Parlement de bande de hors-la-loi, incite le peuple à la révolte contre le législateur et glorifie une démocratie sans opposition et sans partis.

Aujourd’hui, un groupe de parlementaires s’est servi de manières de hooligans pour exiger une soi-disant démocratie populaire directe, qui remplacerait les élections par des référendums. Un extraordinaire dirigeant public manifeste son soutien à des groupes violents qui ont saccagé le bâtiment du Parlement d’un État démocratique et demande la révision des traités de paix.

Un certain nombre de journalistes expriment quotidiennement – même si c’est parfois dans un vocabulaire politiquement correct – des vues xénophobes, anti-parlementaires, anti-pluralistes, anti-roms, anti-islamiques, exclusives, intolérantes, discriminatoires et nationalistes.

Un ministre a demandé à la Commission européenne la mise à disposition de crédits afin de concentrer une certaine communauté ethnique indésirable dans les pays les plus pauvres de l’Union.

Tous ces actes se déroulent dans l’Union européenne et sont commis par des personnes réputées être des membres démocratiques des partis démocratiques classiques. Ici, aujourd’hui, nous condamnons les partis extrémistes et leur organisation. Ceci uniquement parce qu’ils sont coupables d’intolérance et que l’intolérance ne doit pas être tolérée. Mais qu’en est-il de ceux qui l’encouragent? Les populistes déguisés en démocrates qui créent, en affaiblissant les institutions démocratiques et en relativisant le principe démocratique, l’environnement le plus propice aux extrémistes?

Si nous continuons de ne parler que des symptômes et des coupables en restant silencieux et passifs face aux causes et à ceux qui les encouragent, nous allons mettre nos valeurs en péril. Cela ne doit pas arriver.

 
  
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  Inger Segelström (PSE). - (SV) Monsieur le Président, permettez-moi de commencer en remerciant tous les partis pour la résolution. Aucun pays de l’UE n’échappe aujourd’hui à l’extrême droite, pas même mon propre pays, la Suède. Lors des dernières élections locales en 2006, Sverigedemokraterna (les démocrates de Suède) a remporté des sièges dans deux tiers des municipalités. On peut soupçonner que leurs prochaines cibles soient les élections au Parlement européen en 2009 et les élections parlementaires suédoises en 2010. Nous autres, parlementaires suédois, avons besoin d’aide pour éviter cela, de la même manière que certains collègues ont besoin d’aide dans leur pays pour mettre fin au développement de l’extrême droite, qui est en hausse partout en Europe.

L’Europe a besoin de partis démocratiques dont les programmes s’adressent à tous, et pas simplement à quelques-uns. Lors des élections de 2006, le slogan des Démocrates sociaux suédois était «Nous sommes tous concernés». Ce slogan devient encore plus pertinent dans le cadre de ce débat, étant donné que les partis et les groupes dont nous discutons ont des programmes qui ne respectent pas les valeurs fondamentales de l’UE et la valeur égale de tous les êtres humains. Pour moi, en tant que membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, la façon d’envisager les questions de la politique d’asile et des réfugiés est absolument déterminante. Les partis d’extrême droite s’opposent non seulement à une Europe plus ouverte, mais aussi au développement de l’UE.

Ils plaident en revanche pour des pays aux frontières fermées. C’est une menace que j’observe en Suède et, comme vous tous, dans l’ensemble de l’UE. J’aimerais ajouter un commentaire au sujet de la résolution. La propagande que diffusent les groupes extrémistes parmi les enfants et les jeunes prend des accents de «White Power». Les médias et les communications sont les outils utilisés et ils neutralisent l’école, la famille, l’enseignement complémentaire et nos valeurs politiques. Il est important que nous prenions le débat en main, en tant que représentants élus. Nous devons nous y atteler dès maintenant et poursuivre jusqu’aux élections parlementaires en 2009. Applaudissons la résolution.

(Applaudissements)

 
  
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  Kostas Botopoulos (PSE). - (EL) Monsieur le Président, une menace plane sur la démocratie en Europe, et je me demande si nous avons tous saisi son importance. Cette menace ne concerne pas la propagation des idées d’extrême droite, mais le passage des idées aux méthodes de l’extrême droite. À l’acceptation, en d’autres termes, du recours à la force, comme on l’observe dans l’activité des organisations d’extrême droite paramilitaires.

Il convient par conséquent d’établir une distinction importante: d’une part, nous luttons contre des idées avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Les idées qui plaident pour le nationalisme en Europe, ainsi que le racisme, la xénophobie, l’oppression des femmes, l’oppression des minorités. Nous luttons contre ces idées avec nos propres idées et avec la volonté de combattre les causes, les causes politiques, qui se retrouvent essentiellement dans le problème de la diversité – c’est-à-dire dans le fait que les citoyens européens n’acceptent pas la diversité, n’acceptent pas la politique qui la défend, et n’acceptent pas l’Europe proprement dite.

D’autre part, cependant, nous menons une bataille différente, par des moyens criminels parfois, contre la propagation de ces idées, par des actions qui conduisent à la violence. De ce point de vue, je pense que cette résolution conjointe tout à fait objective qui émane de tous les partis démocratiques au Parlement est très importante sur le plan politique pour notre Parlement – surtout après ce qui s’est passé aujourd’hui – et je suis fier que cette résolution ait émané de notre groupe, le Groupe socialiste.

 
  
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  Ana Maria Gomes (PSE). - (PT) Le 6 septembre, quelque vingt tombes dans le cimetière juif de Lisbonne ont été profanées et des swastikas ont été dessinés sur les pierres tombales. Les deux auteurs de ce délit ont été arrêtés. Ce sont des membres du Frente Nacional ou Front national, une organisation skinhead portugaise d’extrême droite, qui prône ouvertement la guerre raciale et les actions violentes afin d’assurer la suprématie blanche. Ce cas et d’autres, notamment la vague d’hystérie antimusulmane qui sévit dans plusieurs pays d’Europe et la violence raciste récente à l’égard de la communauté rom en Italie, montrent que la xénophobie et le racisme violent sont parmi nous et nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de minimiser ces phénomènes.

Dans le cas portugais, les autorités ont d’abord été tentées de dédramatiser l’affaire et de déclarer que l’antisémitisme était contraire à la nature censément tolérante de la société portugaise. Cependant, la présence des ministres de la justice et de l’administration interne au cimetière juif lors de la purification rituelle des tombes et le retentissement qu’a eu cette manifestation de solidarité dans les médias portugais sont une leçon pour les autres cas au Portugal et ailleurs. L’extrémisme en Europe ne peut être combattu efficacement que si les représentants politiques et les médias assument leurs responsabilités en attirant l’attention sur les délits de ce type et en les qualifiant d’attaques directes et de base contre l’essence même de la démocratie, de l’Europe et de l’Humanité.

 
  
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  Pierre Schapira (PSE) . – (FR) Monsieur le Président, chers collègues, devant ce sujet très préoccupant de la montée de l'extrémisme en Europe, l'ensemble des institutions européennes doit en effet se mobiliser pour enrayer le développement de ces mouvements d'extrême droite, qui sont d'autant plus dangereux que les valeurs qu'ils véhiculent sont de plus en plus accompagnées d'atteintes aux droits de l'homme portées par une idéologie raciste. Une telle dérive au sein-même de l'Union est inacceptable!

En cohérence avec le texte de la déclaration écrite et de la résolution du PSE déposées sur ce sujet, l'action de la Commission doit donc être de deux ordres, à mon sens: une action positive pour rechercher, en collaboration avec les États membres, les solutions politiques et légales appropriées, d'une part pour condamner les violations des droits de l'homme et, d'autre part, pour mener une action préventive en particulier à l'intention des jeunes pour les sensibiliser aux valeurs fondamentales de l'Union. Par ailleurs, il faut s'engager à garantir qu'aucun Fonds européen ne pourra être utilisé par une institution ou par un organisme qui véhicule des valeurs ou des propos incitant à la violence xénophobe et raciste.

Je tiens notamment à rappeler le cas précis de Radio Maria en Pologne, qui a fait une demande de subventions européennes et ce, alors même que ses prises de position non conformes aux principes des droits de l'homme sont notoirement connues. Je profite donc de la présence de la Commission aujourd'hui pour demander à nouveau qu'aucun crédit européen ne soit accordé à des médias qui constituent une plateforme pour la diffusion d'idées racistes et dont l'impact sur la population est vaste et potentiellement très dangereux.

 
  
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  Franco Frattini, membre de la Commission. (IT) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, j’estime que le débat d’aujourd’hui présente un intérêt extraordinaire – un intérêt extraordinaire, mais aussi un grand intérêt politique – et j’aimerais dès lors remercier tous ceux qui se sont exprimés, y compris celles et ceux qui ont dit des choses avec lesquelles je ne suis et ne peux être d’accord. Certains orateurs s’interrogeaient sur la nécessité ou l’importance de soulever une question de ce type dans ce Parlement; je pense néanmoins que ce débat était d’une grande importance.

Une question qui est sans aucun doute un enjeu politique a été soulevée: trouver un juste milieu entre le droit d’exprimer librement notre pensée, qui est l’un des droits que la Charte des droits fondamentaux reconnaît, et d’autres droits fondamentaux, tels que la dignité de la personne humaine, l’égalité et la non-discrimination. J’aimerais dire que ceux qui ont soulevé cette question et qui estiment que la liberté de pensée est susceptible d’offenser et de susciter des valeurs allant à l’encontre des droits fondamentaux de la personne dénaturent le sens réel de la liberté de pensée.

Je dis toujours ce que je pense, même si mes opinions vont à l’encontre de celles de ceux qui se sont exprimés avant moi. Certains ont dit: «si, dans un référendum, les citoyens se prononcent contre la Charte des droits fondamentaux, ce sera une expression de la liberté». Je ne suis pas d’accord, car demander un référendum contre la Charte des droits fondamentaux reviendrait à demander un référendum contre les citoyens, étant donné que ces citoyens sont clairement les titulaires et les protagonistes des droits fondamentaux que nous devons à présent sauvegarder. Ce n’est pas parce que ce principe doit être réfuté, mais parce que ceux qui défendent les droits fondamentaux ne sont pas des extrémistes, alors que ceux qui les violent et les réfutent, ceux qui veulent affirmer le droit d’inciter une bande ou un groupe de personnes violentes à détruire des tombes juives sont des extrémistes. Ce n’est pas de la liberté d’expression, c’est de la violence qui doit être éradiquée au moyen de politiques et qui doit être sanctionnée par les instruments juridiques. Voilà, selon moi, les deux mesures en faveur desquelles l’Europe doit agir de façon inébranlable.

Il ne faut pas minimiser les choses. Il ne faut pas croire qu’on peut sous-estimer un événement isolée parce qu’il s’agit d’un événement isolé. Lorsque cet événement isolé est un symptôme de racisme et d’intolérance, de profond mépris des valeurs humaines, il faut aussi s’inquiéter d’un événement isolé, d’un acte isolé de violence!

Bon nombre d’entre vous ont soulevé une autre question très importante: peut-on tolérer la propagation d’un message raciste par des forces politiques au nom de la libre expression de la pensée politique? Parce qu’ils sont élus par les citoyens, j’estime que les politiciens ont une responsabilité particulière et ne doivent pas encourager la criminalité organisée contre d’autres citoyens ou d’autres personnes: un sentiment de responsabilité personnelle.

Selon moi, il est difficile, et je le dis franchement, de recourir aux instruments que sont le droit, la police ou les services secrets pour entreprendre une vaste enquête sur tel ou tel parti. Cependant, lorsque tel ou tel parti déclare publiquement que ses intentions sont de rétablir la suprématie raciale, ce n’est pas ne la libre expression de pensée, mais une attaque contre un fondement profond de l’Europe. C’est pour toutes ces raisons qu’une action répressive est justifiée, et on ne peut pas parler de censure ou de violation de la liberté d’expression.

Je défendrai le droit de ceux qui ne sont pas d’accord avec moi de dire ce qu’ils veulent, mais je ne peux défendre le droit de ceux qui ne sont pas d’accord avec moi d’encourager les bandes ou d’autres personnes à recourir à la violence pour blesser et tuer des gens. Cela n’a rien à voir avec la libre expression de la pensée!

C’est pourquoi le thème d’aujourd’hui est un thème essentiel et je présenterai des arguments similaires lorsque nous débattrons de la forme épouvantable d’extrémisme représentée par le terrorisme, car on ne peut pas tracer une frontière sûre entre le message de haine raciale et le message de ceux qui considèrent que tuer des gens dans des attentats terroristes est une réponse possible aux problèmes de la société. Les deux phénomènes sont des questions qui doivent être abordées au niveau européen – selon moi, par l’éducation et la prévention, en encourageant la tolérance et en recourant aux instruments que son la loi et son respect. Nous ne pourrons être satisfaits que lorsque nous serons certains que les racistes, les fanatiques et les terroristes n’ont pas leur place en Europe.

 
  
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  Le Président. − J’ai reçu cinq propositions de résolutions(1) conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement du Parlement.

Le débat est clos.

Le vote aura lieu le jeudi 13 décembre 2007.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  Glyn Ford (PSE), par écrit. (EN) Je voterai en faveur de cette résolution, mais un peu à contrecœur. Elle concerne un sujet important auquel je me suis attelé dans cette Assemblée depuis que j’y ai été élu pour la première fois en 1984, quand j’ai eu l’honneur de présider la commission parlementaire sur le développement du racisme et du fascisme en Europe.

Mon inquiétude est que cette résolution soit si faible que les individus qui étaient membres de partis néo-fascistes comme le Movimento Sociale Italiano dans les années 80 seront capables de la signer et de voter pour elle aujourd’hui. Compte tenu de cela, elle doit inévitablement présenter des défauts.

 
  
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  Lívia Járóka (PPE-DE), par écrit. (HU) Les mouvements extrémistes qui prennent de l’ampleur partout en Europe sont une grande source de préoccupation étant donné que leurs activités politiques se fondent sur l’incitation à la haine contre les groupes les plus vulnérables de la société et qu’ils prêchent l’intolérance et l’exclusion sociale. Ces idées sont incompatibles avec les valeurs européennes, la dignité humaine, l’égalité des droits et les libertés fondamentales inscrites dans les traités fondateurs de l’Union, ou avec les principes fondamentaux formulés dans la Charte des droits fondamentaux, proclamée aujourd’hui même. Ces mouvements et les idées qu’ils expriment sont capables de susciter la peur parmi les minorités ainsi que parmi la majorité des citoyens qui respectent la loi et qui sont favorables à la démocratie. Compte tenu de l’intérêt médiatique croissant suscité par les groupes extrémistes, les généralisations erronées et les demi-vérités déformées qui sont exprimées plus souvent qu’avant sont non seulement inacceptables, mais aussi extrêmement dangereuses, étant donné qu’elles renforcent les préjugés et la discrimination négative et qu’elles entravent la résolution des problèmes sociaux.

J’aimerais vous rappeler les incidents contre les tziganes, qui deviennent eux aussi de plus en plus fréquents. On compte plus de dix millions de tziganes en Europe. Il s’agit de la minorité ethnique la plus importante, mais aussi la plus vulnérable du continent, et non seulement leur situation ne s’est pas améliorée ces dernières années, mais elle s’est même radicalement détériorée dans beaucoup de régions. Il incombe à l’Union européenne et aux organisations de la société civile de trouver une solution aux problèmes du chômage et de la misère et de mettre fin à la ségrégation des tziganes dans les domaines de l’enseignement et du logement. La résolution de ces problèmes est aujourd’hui la question la plus urgente pour l’Union européenne en ce qui concerne les minorités.

 
  
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  Magda Kósáné Kovács (PSE), par écrit. (HU) On ne peut accepter dans la vie politique européenne les partis extrémistes qui obtiennent des sièges dans beaucoup d’États membres de l’Union et provisoirement aussi au PE. Leur disparition relève de l’ensemble de la société dans la Communauté européenne, même si l’on sait que le racisme et la xénophobie sont chaque jour présents chez des citoyens qui exigent, pour le reste, la démocratie et le respect des droits humains.

Les jeunes, pour qui non seulement l’Holocauste, mais aussi la chute du Mur de Berlin relèvent de l’Histoire, sont particulièrement en danger. L’Europe sans frontières surestime la conscience d’appartenir à une nation, et il est facile d’insuffler des idées même violentes. La législation européenne a suivi les mesures nationales jusqu’à présent: elle ne va pas au-delà et elle n’indique pas la voie à suivre. Cependant, le problème exige non seulement des réponses politiques ou juridiques, afin que les actions n’apparaissent pas uniquement dans nos objectifs, mais aussi des réponses de la part des organisations civiles et des Églises qui professent les valeurs européennes et qui jouent un rôle dans la vie publique.

Par exemple, le Pape Jean-Paul II s’est à maintes reprises exprimé contre le racisme et la xénophobie et il considérait que le rôle de la religion était de servir la vérité, la paix entre les hommes, le pardon, la vie et l’amour: en d’autres termes, toutes les valeurs que ces groupes radicaux ne représentent pas, ou seulement dans un sens extrême.

J’aimerais demander au Président du PE et aux membres de la Commission d’inviter les Églises, à l’occasion du dialogue qui sera organisé avec celles-ci, à agir contre les extrémistes et à renoncer à tout geste de soutien.

 
  
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  Katalin Lévai (PSE), par écrit. (HU) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, les idées et les organisations extrémistes sont devenues un phénomène alarmant dans nos vies de tous les jours. Ce phénomène s’observe partout, sans exception ou presque. L’idée de base pour les pères de l’intégration européenne était la liberté de pensée et d’opinion. Aujourd’hui, ce sont là nos valeurs fondamentales. La véritable démocratie garantit également la liberté d’expression, qui ne peut toutefois entraîner des troubles ou jeter le doute sur la paix, la vie et l’existence; nous en sommes en effet arrivés là aujourd’hui. Nous ne pouvons pas non plus permettre à des idées qui ont autrefois encouragé l’Holocauste et la haine entre les nations et les peuples d’avoir une structure et des organisations. Dans beaucoup de régions, l’extrême droite recherche et trouve l’une des sources de ses solutions aux problèmes sociaux auxquels nous sommes confrontés dans la ségrégation et dans l’incitation à la haine, plutôt que dans la réconciliation et l’intégration sociales. L’Union européenne, en tant que réel dépositaire des droits de l’homme et de la protection humanitaire, doit tout faire pour que ces idées et ces organisations renoncent, et même disparaissent de nos vies de tous les jours si leur agressivité, qui trouble le bien-être de la société, l’exige.

Je recommande également que l’Union accorde une plus grande place à l’information dans ses activités de communication. Malheureusement, des segments importants de la population sont sensibles à l’extrémisme, aux manifestations populistes en raison, essentiellement, de leur ignorance. C’est surtout la jeune génération qui est en danger étant donné qu’elle n’a pas eu les moyens d’obtenir l’expérience historique nécessaire pour trouver la bonne direction. Notre devoir est d’aider les jeunes dans ce cadre. Si nous renonçons, ce sont les fondations de notre avenir qui en pâtiront.

 
  
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  Daciana Octavia Sârbu (PSE), par écrit. (RO) L’Union européenne doit lutter contre tous les types d’extrémisme, étant donné que cette activité est contraire aux principes de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme à la base de l’Union. Les actions anti-extrémistes et antiterroristes au niveau européen ne doivent donc pas affecter les droits fondamentaux des citoyens. Les mouvements extrémistes des groupes paramilitaires, l’ultranationalisme, la xénophobie, l’appel à la violence et les conflits ethniques et religieux locaux menacent la stabilité de l’Union européenne, caractérisée par une riche diversité culturelle et traditionnelle de ses États membres. Ces derniers doivent unir leurs efforts afin de lutter contre les actions extrémistes et d’identifier les instigateurs et les organisateurs de ces actions. L’Agence européenne des droits fondamentaux jouera également un rôle important dans la prévention du racisme et de la xénophobie, en assurant un climat de sécurité sur le territoire de l’Union.

Le dialogue, l’éducation et l’information du public sur des questions liées à la promotion de la tolérance et à la lutte contre le racisme sont des éléments importants qui contribuent à la diffusion des principes de liberté et de démocratie. Les États membres doivent également coopérer et faire des efforts pour intégrer les catégories sociales et ethnoculturelles marginalisées afin que la lutte contre la discrimination et l’incitation à la violence garantisse une harmonie ethnique et politique au sein de l’Union européenne.

 
  

(1) Voir procès-verbal.

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