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Procédure : 2008/2576(RSP)
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RC-B6-0281/2008

Débats :

PV 05/06/2008 - 2
CRE 05/06/2008 - 2

Votes :

PV 05/06/2008 - 6.17
CRE 05/06/2008 - 6.17
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Textes adoptés :

P6_TA(2008)0257

Compte rendu in extenso des débats
Jeudi 5 juin 2008 - Bruxelles Edition JO

2. Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée (débat)
Procès-verbal
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  La Présidente. − (DE) L’ordre du jour appelle la déclaration de la Commission sur le processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. − Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, aujourd'hui je pense que je devrais parler français. C'est ce que je ferai.

Tout d'abord, je tiens à remercier le Parlement européen d'avoir inscrit le point sur nos relations avec nos partenaires méditerranéens à l'ordre du jour de cette réunion plénière. Cela suscite un débat autour d'un sujet d'importance vitale pour l'Europe, et je voudrais tout particulièrement saluer le rôle du Parlement européen qui, au cours des dernières années, n'a cessé de s'intéresser à la Méditerranée. Le processus de Barcelone nous a permis d'aborder de nombreuses questions régionales stratégiques et, naturellement, des questions politiques. Beaucoup a été accompli, je pense, mais de nombreux défis communs demeurent. Parmi ces défis, je pense à la sécurité, à la protection de l'environnement, à la pérennité des approvisionnements énergétiques, à la lutte contre la criminalité organisée, à la maîtrise des flux migratoires et au dialogue interculturel. Au-delà de cette coopération avec nos voisins méditerranéens, je souhaite renforcer la compréhension de l'autre et de ses intérêts, le respect, mais aussi la confiance mutuelle.

En mars dernier, le Conseil européen a invité la Commission à redéfinir les modalités du "processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" et la Commission a effectivement adopté, le 20 mai dernier, une communication qui souligne la place centrale de la Méditerranée, son importance historique et contemporaine, ainsi que les enjeux considérables pour notre avenir commun. Mais je souhaiterais également dire qu'il reste naturellement la politique européenne de voisinage, qui est une politique bilatérale, tandis que l'autre est régionale. Il faut également penser que les plans d'actions existants mettent effectivement en œuvre les décisions prises par les différentes réunions ministérielles sectorielles. Quand on pense à la Méditerranée, on pense au berceau des trois religions monothéistes, creusets de civilisation et de culture, de migrations et de commerce. Nous pensons à l'histoire de la Méditerranée, à une histoire indissociable de celle de l'Europe. Le Bassin méditerranéen est effectivement la charnière du Nord et du Sud de l'Orient et de l'Occident et, situé à la confluence de trois continents, il est plus qu'une simple frontière pour l'Union européenne. La stabilité de cette région est essentielle, tant pour notre sécurité et notre prospérité, que pour celle de nos voisins et amis méditerranéens. C'est avec une action politique à la fois volontariste et réaliste, avec un engagement fort et constant, avec un dialogue constructif, que l'on pourra aborder ensemble ces défis.

La Commission a toujours plaidé pour une relation plus forte, plus franche, plus constructive avec nos partenaires méditerranéens, et nous faisons des propositions concrètes pour y parvenir.

Chers membres du Parlement, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous faire part aujourd'hui des principaux constats et propositions de la communication que j'ai présentée au collège. Le processus de Barcelone a malheureusement souffert de la persistance des conflits au Sud de la Méditerranée ainsi que, quelquefois, du manque de coopération entre les différents partenaires, mais une évolution positive est à l'œuvre – je l'ai constaté au cours de mes récents déplacements dans la région. Le moment est venu de tirer profit d'une volonté politique renouvelée pour insuffler un nouvel élan à notre coopération et la rendre plus équilibrée et plus proche de nos concitoyens. Trois objectifs sont pour nous essentiels.

Premièrement, renforcer le niveau politique des relations de l'Union européenne avec ses partenaires méditerranéens. Deuxièmement, mieux partager la responsabilité de nos relations multilatérales avec eux et, troisièmement, promouvoir des projets régionaux et sous-régionaux supplémentaires, utiles pour les citoyens de la région, qui rendront ces relations plus concrètes et plus visibles. Effectivement, quelle valeur ajoutée il y aurait! Naturellement, il y aura les fonds privés – parce que, jusqu'à maintenant, c'était le secteur communautaire. Là, ce sera le secteur privé qui sera ajouté. Naturellement, on doit voir si cela va réellement fonctionner, mais c'est cela l'idée. Il est dès lors essentiel de renforcer le niveau de nos relations. La Commission propose d'organiser des sommets biannuels des chefs d'État et de gouvernement. Il serait difficile de comprendre pourquoi nous tenons des sommets réguliers avec nos partenaires importants à travers le monde sans disposer d'un forum de discussion entre chefs d'État et de gouvernement avec nos voisins et amis de la Méditerranée. D'ailleurs l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne s'est affirmée comme la dimension parlementaire du processus de Barcelone. Elle offre un espace favorable aux débats, aux dialogues ouverts et aux libres échanges de vues. Elle donne une impulsion au partenariat en adoptant des résolutions et des recommandations, et elle sera la représentation parlementaire légitime de l'Union pour la Méditerranée. La Commission soutient sans réserve le renforcement du rôle de l'assemblée parlementaire dans les relations avec le partenaire méditerranéen. Un meilleur partage des responsabilités est aussi essentiel. Depuis plusieurs années, une idée répandue et essentielle était que l'agenda du processus de Barcelone était influencé par le fait que la présidence de l'Union européenne assurait également la présidence du partenariat euro-méditerranéen.

Trois propositions ont recueilli le soutien général des partenaires. La mise en place d'une coprésidence de l'ensemble par un pays du Sud et un pays du Nord, d'un comité permanent conjoint, basé à Bruxelles, chargé de la gouvernance, et d'un secrétariat voué à la promotion des projets. Il faut, enfin, comme le disait Robert Schuman, des projets concrets "créant d'abord une solidarité de fait". C'est la qualité des projets menés ensemble qui garantira le succès de l'initiative. C'est elle qui permettra aux citoyens de ressentir la force des liens qui unissent les deux rives de la Méditerranée. Ce doivent être des projets qui auront un effet structurant pour la région et qui permettront d'intégrer les acteurs non-étatiques, la société civile et les entreprises. L'Europe doit être un levier, les capitaux privés, un relais. La Commission propose, à titre indicatif, la promotion des autoroutes de la mer, l'interconnexion de l'autoroute du Maghreb arabe, la promotion de l'énergie solaire et la dépollution de la Méditerranée. Bien entendu, cette liste est ouverte et d'autres projets suivront. Toutefois, le sommet de Paris doit d'ores et déjà lancer des initiatives.

Je voudrais, pour conclure, Madame la Présidente, insister sur un point qui me semble essentiel. Cette coopération renouvelée avec nos partenaires du Sud ne se fera en aucun cas au détriment de nos politiques et liens solides avec nos voisins de l'Est. Au contraire, en plus de nos efforts pour renforcer les liens individuels avec nos amis de l'Est, la Commission approfondit la coopération régionale avec son initiative "Synergie pour la mer Noire". Nous allons très bientôt publier le rapport annuel pour fêter la première année de son lancement. À cette occasion, nous pourrons discuter de la récente initiative des Polonais et des Suédois. À travers ces efforts, à l'Est comme au Sud, nous garderons notre cap: enrichir nos relations avec des instruments de coopération flexibles, consacrés aux priorités de nos partenaires.

Chers membres du Parlement européen, le sommet de Paris représente une opportunité réelle de donner une nouvelle dimension à nos relations avec nos partenaires méditerranéens. Si personne ne peut ignorer les leçons du passé, nous ne devons pas en rester prisonniers, et l'initiative du "processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" va ouvrir une nouvelle ère dans nos relations avec nos voisins du Sud, un nouveau partenariat, fondé sur des éléments fructueux du processus de Barcelone, afin de faire avancer ensemble nos objectifs communs de paix, de démocratie et de prospérité.

Excusez-moi, Madame, si j'ai été un peu longue, mais je crois que c'est un sujet essentiel, pour moi et pour nous tous.

 
  
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  Vito Bonsignore, au nom du groupe PPE-DE. – (IT) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, mesdames et messieurs, mon groupe attendait avec beaucoup d’intérêt la déclaration d’aujourd’hui de Madame la Commissaire Ferrero-Waldner. J’aimerais la remercier encore une fois et dire que la communication de la Commission, adoptée le 20 mai, est très intéressante.

Nous applaudissons le Président Sarkozy pour avoir lancé le débat, pour avoir suscité l’intérêt du Conseil européen et pour avoir provoqué un renouvellement de notre politique en Méditerranée, que mon groupe soutient et dont il espère qu’elle s’avèrera tangible et rapide.

Nous savons à quel point il est difficile de poursuivre les objectifs ambitieux du processus de Barcelone. D’un côté, il y a le conflit non résolu au Moyen-Orient et la tension au Sahara occidental. Il y a aussi le fossé qui nous sépare parfois des modèles démocratiques, économiques et sociaux de nos pays partenaires et qui entrave la réalisation des objectifs que nous nous sommes fixé. Tous ces phénomènes sont sérieux et ils rendent les choses difficiles, mais ils ne doivent pas servir de prétexte pour justifier des retards et autres revirements. Nous pensons que l’initiative politique du Président Sarkozy et le soutien offert par la Commission européenne vont dans la bonne direction, à savoir qu’ils confèrent substance et objectivité à nos aspirations politiques.

À cette fin, la Commission a épinglé quatre projets, évoqués par notre Commissaire ce matin, à côté des activités déjà prévues: les autoroutes de la mer, la dépollution de la Méditerranée, la gestion de l’environnement, la coopération de la protection civile face aux catastrophes naturelles et, enfin, un programme axé sur l’énergie solaire pour la Méditerranée. Chacun de ces projets est important et nous allons attendre que la Commission nous donne davantage d’informations avant de nous attarder sur eux.

S’ils sont mis en œuvre, ces projets constitueront un élément moteur d’une importance incroyable, car non seulement ils donneront un coup de jeune au processus de Barcelone, mais ils compléteront également les mesures déjà en cours mais pas encore achevées. J’aimerais évoquer l’espace de libre-échange prévu pour 2010: nous aimerions en savoir plus à ce propos, Madame la Commissaire, ainsi qu’à propos de l’évolution de la situation en ce qui concerne les objectifs définis dans les accords d’association et les autres projets en cours.

En conclusion, en ce qui concerne les projets tangibles à achever dans un délai raisonnable, j’aimerais aussi rappeler que, comme dans le cas des infrastructures des mers et de la liaison Nord-Sud, il faut aussi relancer l’idée d’un corridor routier Sud-Nord reliant les pays de la rive Sud de la Méditerranée; ce système doit par ailleurs être interconnecté avec l’Europe. Enfin, il faut prévoir un système de prêts en vue d’offrir de l’aide dans des questions telles que l’eau et l’infrastructure au Moyen-Orient.

Pour terminer, j’aimerais attirer l’attention du Conseil et de la Commission sur deux questions. La première concerne l’administration et le fonctionnement de l’Assemblée euro-méditerranéenne. L’Union européenne a également pris des engagements importants au Moyen-Orient, et nous espérons qu’ils seront suivis d’une action politique. Le Conseil peut-il nous dire quelles sont les possibilités réelles et pratiques en vue d’une action de ce type?

 
  
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  Martin Schulz, au nom du groupe PSE. – (DE) Madame la Présidente, mesdames et messieurs, je ne suis pas d’accord avec la Commissaire Ferrero-Waldner lorsqu’elle dit qu’il est de mise de parler français ce matin.

C'est, avec ma langue maternelle, ma langue préférée, Madame la Commissaire, mais je crois que ce matin, en particulier, il est inapproprié de parler en français, parce que l'erreur du Président Sarkozy a été, au départ, de donner l'impression que l'Union pour la Méditerranée était une idée franco-française. Mais, entre-temps, il est devenu plus raisonnable, et c'est la raison pour laquelle, Monsieur Bonsigniore, il faut le féliciter.

Puis-je également vous rappeler que lorsque Monsieur Sarkozy s’est adressé au Parlement au début pour présenter pour la première fois l’idée d’une Union méditerranéenne à la Conférence des présidents, je lui ai demandé ceci: «Pouvez-vous me dire quel rôle la République fédérale d’Allemagne va jouer dans votre Union méditerranéenne?», ce à quoi il a répondu: «Le statut d’un observateur». Nous avons progressé entre temps et avons clarifié ces questions. Voilà pourquoi l’approche que vous avez décrite, Madame la Commissaire, est la bonne.

Je suis fermement convaincu qu’il y a trois défis essentiels auxquels nous devons faire face dans le cadre de l’Union méditerranéenne. Premièrement, je pense que la stabilité sociale est la condition préalable indispensable à la paix, mais la stabilité sociale n’est nulle part, dans le Nord ou le Sud, aussi vulnérable que dans la région méditerranéenne. Le choc direct entre l’immense richesse, d’une part, et l’immense pauvreté, de l’autre, n’est nulle part ailleurs aussi manifeste – et même tangible - ou aussi important que dans la région méditerranéenne, et la confrontation de même que les tensions qui en découlent pour nous, Européens, ne sont nulle part ailleurs aussi importantes qu’en Méditerranée.

En conséquence, l’Union méditerranéenne est un projet qui pourrait susciter une plus grande stabilité et un renforcement de la paix grâce à l’intégration économique de nos deux régions. C’est donc une très bonne idée, et donc une idée à laquelle nous, Socialistes, adhérons pleinement.

Deuxièmement, ce qui en fait un concept encore plus intéressant est le fait qu’on fait du multilatéralisme le fondement de la coopération, non seulement dans le cadre de l’Union méditerranéenne, mais aussi en tant que projet de coopération régionale, un projet qui ne peut pas servir de modèle pour le monde, mais qui pourrait donner naissance à des initiatives conjointes susceptibles de contribuer à une plus grande stabilité à un niveau global aussi.

La troisième idée qui nous paraît si importante, à nous, les Socialistes, est que nous sommes parvenus à éviter de créer des processus parallèles. Après tout, le processus de Barcelone – auquel les perspectives financières consacrent, soit dit en passant, un budget d’environ 15,5 milliards d’euros jusqu’en 2013 – a aussi été lancé pour les raisons que je viens d’évoquer et qui constituaient le fondement politique de l’Union méditerranéenne. Dans le cadre de l’Union méditerranéenne, le processus de Barcelone entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. Il est renforcé et intensifié, mais sans créer de nouvelles institutions en plus des institutions communautaires existantes. En conséquence, le rôle de la Commission, mais aussi notre rôle en tant que Parlement – et, soit dit en passant, celui de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne aussi – est un rôle particulier. C’est un rôle qui a déjà été défini et qui ne nécessite ni n’exige aucune nouvelle institution ou davantage de bureaucratie.

Sur les plans politique, institutionnel et économique, ainsi que sur le plan des objectifs pratiques définis, nous sommes à présent sur la bonne voie avec l’Union méditerranéenne. Je pense que cela nous donne encore une raison de plus de célébrer le 14 juillet à Paris.

 
  
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  Graham Watson, au nom du groupe ALDE. – (EN) Madame la Présidente, avec ses propositions concernant une Union méditerranéenne, le Président Sarkozy a reconnu ce que beaucoup savaient mais refusaient d’admettre: que le processus de Barcelone – un processus descendant et motivé par des intérêts européens – était fichu, ce qui conduisait nos partenaires du Sud à se retirer et entraînait l’apparition d’un fossé grandissant entre les deux rives de la Méditerranée.

Si l’Europe veut vraiment revenir sur les échecs de la dernière décennie et générer le développement et la sécurité sur ses rives du Sud, nous devons à présent apprendre à donner et à recevoir. Nous devons nous appuyer sur les cendres du processus de Barcelone – un véritable partenariat fondé sur la confiance, la réciprocité et surtout, le respect mutuel.

La Méditerranée ne doit pas être une ligne de séparation culturelle, mais un lieu de réunion. Les investissements conjoints dans l’infrastructure – comme les ports, les liaisons maritimes et les réseaux énergétiques – seront bien plus efficaces pour rassembler nos populations que les déclarations ronflantes qui caractérisaient le processus de Barcelone.

Nous devons investir dans les personnes aussi. Nous devons investir la même énergie qui a permis de rassembler les Français et les Allemands après la dernière grande guerre pour rassembler les Européens et les Nord-Africains et ainsi prévenir la prochaine.

La pire erreur que la Présidence française pourrait faire serait d’engager l’Union européenne – et, par extension, ses citoyens – dans un projet grandiose sans assurer le financement de cette coopération pendant un certain nombre d’années par la suite. Par ailleurs, comme l’a dit Monsieur Schulz, il ne faut pas procéder en créant une structure bureaucratique à part entière à côté des délégations permanentes et du Service pour l’action extérieure, mais plutôt en mettant l’accent sur les valeurs.

En dépit de l’aggravation de la situation, en particulier en Égypte et en Israël, et du fait que nous invoquons ces valeurs comme le fondement de la politique étrangère de l’UE, les références aux droits de l’homme sont bizarrement difficiles à trouver dans les propositions de la Commission. J’espère que la Commission se penchera sur cette question.

Abstraction faite de ces objections, les Libéraux et Démocrates sont heureux d’exprimer leur soutien en faveur de cette Union pour la Méditerranée, avec une réserve importante: la coopération pragmatique sur les questions économiques ne doit pas remplacer la promotion de la paix au Moyen-Orient dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune prévue dans le traité de Lisbonne.

Étant donné que la Commissaire reconnaît le lien entre le développement économique et la paix, comment mieux montrer à nos voisins arabes notre bonne volonté et notre attachement à la paix qu’en supprimant les tarifs agricoles? Nos fameux accords de libre-échange ne sont pas parvenus à améliorer le niveau de vie car ils ne portaient pas sur l’agriculture et les services, deux secteurs qui représentent ensemble deux tiers du PIB au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Si nous ne prenons pas les produits de ces pays, nous allons finir par prendre leurs habitants. Une réforme de la PAC afin d’offrir aux produits en provenance du Sud de la Méditerranée des conditions égales contribuerait largement à faire face aux causes des taux de migration record vers l’Europe.

Comme disait l’inimitable docteur Johnson, «Life cannot subsist ... but by reciprocal concessions» [la vie ne peut subsister qu’au prix de concessions réciproques]. Et, au nom de la réussite de cette Union, l’Europe doit faire le premier pas.

 
  
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  Hélène Flautre, au nom du groupe Verts/ALE. – Madame la Présidente, la Commission européenne a fait une bonne proposition. Elle a transformé une initiative politique plutôt maladroite – "l'Union de la Méditerranée" – en ambition politique renouvelée en faveur d'un processus de Barcelone renforcé. C'est une excellente chose et, dans ce contexte, la Commission exerce parfaitement son rôle.

Nous soutenons ses propositions, notamment au vu d'inscrire les institutions du futur projet dans la perspective du traité de Lisbonne et de son ambition pour une politique extérieure de l'Union plus cohérente et mieux intégrée. Ce faisant, elle coupe court aux craintes justifiées d'un pilotage politique ad hoc au gré d'accords au sommet, à la carte ou de circonstance - craintes largement alimentées par les initiatives intempestives du Président Sarkozy en faveur, par exemple, de la prolifération du nucléaire dans la région.

Les performances médiocres en matière de démocratie et de droits de l'homme ont été unanimement identifiées en 2005 comme faisant entrave aux objectifs de Barcelone. C'est pourquoi le Parlement européen insiste pour que l'ensemble des mécanismes visant au renforcement de la démocratie et de l'État de droit, mais aussi la dimension parlementaire du processus et la participation de la société civile, soient dûment garantis dans le cadre de cette ambition nouvelle pour l'Euro-Méditerranée.

Un amendement nous est proposé sur le conflit au Moyen-Orient. Chers collègues, je crois que le Parlement européen serait vraiment bien inspiré de le voter. Il est juste, en effet, de ne pas conditionner toute initiative nouvelle dans la région à la résolution du conflit, mais il est également parfaitement illusoire de nier son impact négatif sur les capacités concrètes de développer des projets méditerranéens utiles aux citoyens.

D'ailleurs, la délégation ad hoc qui revient de Palestine a documenté des violations graves du droit humanitaire et des droits de l'homme, des violations manifestes des engagements d'Oslo et d'Annapolis. Il serait vain de laisser croire que la persistance de cette situation ne mine pas profondément la confiance mutuelle entre les partenaires et les sociétés civiles de la région - confiance pourtant vitale à la réussite de nos ambitions euro-méditerranéennes.

 
  
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  Konrad Szymański, au nom du groupe UEN. – (PL) Madame la Présidente, l’Union européenne a de nombreux voisins dits «anciens» au Sud et beaucoup de voisins dits «nouveaux» à l’Est. En ce qui concerne les premiers, il existe un instrument de coopération étrangère que nous sommes en train de renforcer. Ce processus de renforcement doit se poursuivre, mais il ne conduira pas à l’adhésion à l’Union des pays concernés. Dans le cas de nos voisins de l’Est concernés par la politique de voisinage, l’adhésion à l’Union est assurément une possibilité. L’adhésion n’est pas l’objectif d’une coopération efficace, mais une politique de voisinage efficace ne peut que conduire dans cette direction.

Le processus de Barcelone a besoin d’un nouvel élan politique, parce que la politique de voisinage «universelle» n’est adaptée ni à l’Orient, ni à l’Occident. Il est par conséquent tout à fait approprié que deux projets soient apparus simultanément ou presque sur l’agenda européen, l’un concernant une Union méditerranéenne et l’autre, un partenariat oriental.

En tant que voisin de l’Ukraine, du Belarus, de la Moldavie et de la Géorgie, j’espère très sincèrement qu’on ne va pas voir apparaître une concurrence néfaste entre les politiques de voisinage au Sud et à l’Est. Ces deux politiques doivent au contraire être complémentaires. Si nous voulons faire aboutir les négociations budgétaires, par exemple, nous devons nous serrer les coudes. Une solidarité politique mutuelle s’impose dans la définition des aspects orientaux et méridionaux de la politique de voisinage. Des conditions égales pour tous s’imposent aussi d’urgence aux niveaux institutionnel, politique, économique et de l’assistance en ce qui concerne notre politique à l’égard du Sud et de l’Est.

C’est pourquoi je soutiens pleinement aujourd’hui le renforcement et le renouvellement du cadre politique en matière de voisinage en ce qui concerne les pays méditerranéens. Nous soutenons les projets liés aux crédits, à la communication et à l’énergie. Nous soutenons aussi les réformes institutionnelles ayant une influence sur le Sud. Nous sommes certains qu’à l’avenir, un soutien similaire sera offert en faveur du renforcement de la politique à l’égard de l’Est.

 
  
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  Francis Wurtz, au nom du groupe GUE/NGL. – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, les enjeux de la relation de l'Europe avec les peuples de la rive sud de la Méditerranée dépassent de loin ceux d'un simple voisinage.

C'est peut-être l'avenir de la paix qui se joue dans cette zone de fracture par excellence. Les raisons de cette situation sautent aux yeux. D'abord, le déséquilibre économique. Treize ans après le lancement du processus de Barcelone, non seulement la prospérité partagée promise n'est pas au rendez-vous, mais les écarts se sont accentués. De fait, l'obsession du libre-échange a prévalu sur l'objectif du développement. Pour réussir demain ce qui a échoué hier, un changement d'orientation s'impose. Je ne le vois pas.

Deuxième problème: le traitement humiliant des migrants. La population de ces nations est très jeune. Elle veut vivre et se voit sans avenir. Tout en étant profondément attachés à leur terre, à leur culture, à l'histoire de leur civilisation aux apports si prestigieux – n'en déplaise à M. Berlusconi – beaucoup tournent leur regard vers l'Europe et ils voient leurs frères émigrés subir les affronts que l'on sait: de la chasse au faciès aux discriminations, des centres de rétention au refoulement.

À cet égard aussi, le fossé s'est dramatiquement creusé. Parler de dialogue des cultures et de rapprochement des peuples sans rupture avec ces pratiques n'a tout simplement aucune crédibilité.

Enfin, il y a l'inertie de l'Europe vis-à-vis du problème palestinien. On me rétorquera que l'Union et ses États membres sont les premiers donateurs pour la Palestine; c'est vrai, et c'est bien. Mais tout observateur confirmera, comme vient de le faire l'ensemble de la délégation de notre Parlement qui rentre tout juste du Proche-Orient, que sans un engagement européen résolu sur le terrain politique, cette aide ne résoudra rien sur le fond.

Autrement dit, ce qu'on attend de l'Europe au sud de la Méditerranée à ce propos, c'est qu'elle surmonte enfin ce que l'ancien représentant du Secrétaire général des Nations unies, M. de Soto, a fort justement appelé l'autocensure à l'égard d'Israël concernant la violation permanente du droit international comme de ses propres engagements.

Israël doit comprendre – et il est du devoir de l'Union d'y contribuer - que la normalisation de ses relations avec toute la région a un prix, et ce prix n'est ni plus ni moins que ce que rappellent l'initiative de paix de la Ligue arabe, la Road Map du Quartet ou la déclaration d'Annapolis, à savoir la fin de l'occupation et de la barbarie qu'elle entraîne, et la reconnaissance de l'État palestinien dans les frontières de 1967.

L'attitude européenne sur cette question, voilà peut-être le critère décisif du succès ou de l'échec de toute tentative de relance du partenariat euro-méditerranéen.

Ce serait donc bien que le Conseil d'association Union européenne/Israël du 16 juin prochain prenne ce fait crucial sérieusement en considération lorsqu'il examinera la demande israélienne d'un rehaussement (upgrading) du statut de son partenariat avec l'Union.

 
  
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  Graham Booth, au nom du groupe IND/DEM. – (EN) Madame la Présidente, on m’a demandé de m’exprimer aujourd’hui à propos d’Euromed. Il s’agit de la folle tentative de créer un bloc à l’échelle de la Méditerranée, reliant l’Europe à l’Afrique du Nord. Pour les architectes de ce système, l’idée était géniale: l’Europe transférerait des richesses et la technologie en Afrique du Nord et l’Afrique du Nord transférerait une main-d’œuvre bon marché et du pétrole de même que du gaz en Europe.

En réalité, c’est une idée désastreuse. On a déjà vu ce qui se passe lorsqu’on accorde aux populations des pays pauvres la liberté de mouvement vers les pays plus riches. Vous imaginez ce qui va se passer si l’Afrique du Nord obtient ce droit aussi? À une époque caractérisée par un accroissement du terrorisme international, est-ce une bonne idée d’offrir à des pays où la présence d’Al-Qaeda est avérée une liberté de mouvement? Après les atrocités terroristes de Madrid et Londres, on aurait pu penser que l’Europe avait tiré ses leçons. Ce n’est manifestement pas le cas!

Parlons aussi du pétrole et du gaz. Les pays d’Afrique du Nord savent que l’Europe peut être victime de brimades. Est-ce vraiment une bonne idée que de remettre notre sécurité énergétique entre les mains de la dictature militaire en Algérie ou du Colonel Kadhafi en Libye, deux pays conscients de notre vulnérabilité?

Je demande instamment à l’UE de renoncer à ce système. Nous avons déjà connu un mare nostrum impérial. Nous n’avons pas besoin d’un second.

 
  
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  Jean-Claude Martinez (NI). - Madame la Présidente, Madame la Commissaire, la Méditerranée c'est la zone de toutes les fractures. Fracture tellurique, fracture historique – à Salamine, à Axion, à Lepante –, fracture démographique et même fracture philosophique, entre la pensée magique et la pensée logique, c'est-à-dire l'Orient et l'Occident, mais en même temps à la fois à l'Est et à l'Ouest, de l'Égypte à Moïse, et puis Jésus, et puis Mohammed, d'Omar Khayyâm à Baudelaire, des plateaux de la Syrie aux plaines du Languedoc. La Méditerranée, c'est à la fois l'espérance de trois religions monothéistes et de la civilisation du blé et du vin, et non pas de la choucroute et de la bière ou de la moule de chez Léon.

Alors, l'Union de la Méditerranée ne se réduit pas à la dépollution et à la sécurité civile. C'est une affaire de casernes de pompiers, ça! La Méditerranée ne se gère pas avec 44 hauts fonctionnaires depuis Bruxelles, capitale de la Méditerranée, et pourquoi pas aussi une bourse Erasmus, pour que Platon et Aristote viennent étudier le droit communautaire au collège de Bruges.

La Méditerranée gère les affaires des femmes et des hommes de la Méditerranée, c'est-à-dire la prospérité, par exemple, pour les pêcheurs qui vous le disent en ce moment, c'est-à-dire la paix à la fois à l'Ouest, dans les provinces sahariennes du Maroc, et à l'Est, en Palestine.

Madame la Commissaire, Madame Benita Waldner, il faut avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu'on les poursuit, et c'est la raison pour laquelle on ne fait pas une union étriquée des peuples et des femmes de la Méditerranée.

 
  
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  Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (PPE-DE).(EL) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, mesdames et messieurs, la Méditerranée joue un rôle dans les relations extérieures de l’Europe depuis le début de l’unification européenne. Même le traité de Rome anticipait des relations préférentielles avec certains pays méditerranéens. La vie politique de la Méditerranée et la situation internationale ont contribué à développer notre cadre institutionnel car la région a toujours été un lieu d’échanges en ce qui concerne les défis et les problèmes internationaux.

Comme chacun le sait, nous n’avons pas atteint les objectifs ambitieux que nous nous étions fixé à Barcelone en 1995, alors nous en avons défini de nouveaux en 2005. Nos relations euro-méditerranéennes nous ont indubitablement offert de nombreuses occasions de nous rencontrer et de faire connaissance tant sur un plan bilatéral qu’international afin d’améliorer les relations avec le public et les parlements.

L’Union pour la Méditerranée proposée par le Président Sarkozy, de même que sa progression sous l’égide de l’UE et de ses institutions, ont montré à quel point il était urgent de réaliser le rêve euro-méditerranéen, qui est devenu plus réel et plus évolué des deux côtés. Le rêve a joué un rôle important. La Méditerranée est de plus en plus présente dans nos interrogations, nos changements et nos projets; elle a été déterminante dans l’équilibre des pouvoirs et les relations communautaires. Le progrès que représente cette proposition est aussi la preuve de la mobilisation, de l’innovation et de l’engagement dont l’Union est capable face aux défis majeurs.

Je félicite et remercie la Commission européenne, en particulier la Commissaire Ferrero-Waldner, pour son travail et sa proposition qui, selon nous, est objective et intégrée. Sa proposition exploite à fond nos engagements et nos intérêts; elle se fonde sur les nouvelles propositions françaises et prépare l’avenir.

Par le biais de la résolution conjointe, le Parlement européen salue et soutient ces efforts. Il prêtera son soutien au projet intéressant et ambitieux qui a débuté. Les défis dans la région deviennent de plus en plus sérieux et urgents. Les variations économiques et politiques sont marquées, les problèmes de sécurité sont importants et les inégalités économiques, profondes. En outre, l’environnement économique et politique de la Méditerranée devient de plus en plus complexe. Il faut tenir compte des États-Unis ainsi que de la Chine et de la Russie et nous devons donc nous montrer plus prudents et efficaces.

 
  
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  Pasqualina Napoletano (PSE). - (IT) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, mesdames et messieurs, le Parlement européen a souhaité réagir immédiatement à la communication de la Commission. Cela s’explique par le fait que, comme la Commissaire l’a elle-même dit, nous aspirons à voir une reprise, un renouvellement et un développement du partenariat euro-méditerranéen.

Nous sommes d’accord avec la Commission sur le fait que l’Union européenne doit être le principal acteur institutionnel et politique – du côté européen – dans la construction de l’Union pour la Méditerranée. Cette démarche peut aussi encourager nos partenaires du Sud à coopérer plus étroitement entre eux, une chose qui s’est jusqu’ici avérée extrêmement difficile.

Nous sommes d’accord avec l’idée que l’Union pour la Méditerranée doit privilégier l’intégration économique et territoriale parmi les pays du bassin méditerranéen, une intégration qui doit être assurée au moyen de grands projets d’infrastructure, et nous pensons également que les exemples présentés par la Commission sont appropriés.

Dans ce cadre, il convient toutefois de préciser qui fait quoi. Il faut surtout éviter les éventuels chevauchements entre le rôle de la Commission et celui du secrétariat futur. En ce qui concerne la relance du partenariat, nous aspirons bien évidemment à soutenir sa dimension politique: nous nous intéressons non seulement au dialogue entre les gouvernements, mais aussi au rôle des parlements, à l’établissement du Parlement euro-méditerranéen et à ses activités et celles de la société civile; à cet égard, j’aimerais souligner que les partenaires sociaux jouent un rôle fondamental.

Pour terminer, il doit être clair que les projets définis dans la communication de la Commission ne doivent pas être mis en œuvre au détriment des programmes régionaux déjà en cours dans les domaines de la culture, du patrimoine, de la formation et de l’audiovisuel. À cet égard, nous aimerions demander une augmentation des ressources en faveur du programme Erasmus Mundus et un refinancement du programme Euromed Audiovisuel.

 
  
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  Thierry Cornillet (ALDE). - Madame la Présidente, bienvenue donc à la relance, treize ans après, du processus des relations multilatérales entre l'Union européenne et les riverains de la Méditerranée.

Notre résolution, d'ailleurs, ne s'y trompe pas. Il n'y a pas eu d'initiative intempestive, mais au contraire, une initiative heureuse et bienvenue, puisque nous parlons de nouvelle initiative, de nouvel élan, de nouvelle impulsion. Cela prouve donc que le processus de Barcelone était à tout le moins perfectible, et c'est ce à quoi nous allons tous nous employer.

Donc, bienvenue à ce "processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée". C'est quand même la première fois qu'on place l'instrument avant l'objectif et je ne doute pas, d'ailleurs, que l'Union pour la Méditerranée restera comme nom générique, mais je ne veux me fâcher avec personne. L'Union pour la Méditerranée, c'est l'œuf de Colomb, quoi! La Méditerranée, c'est un lac. Nous sommes tous riverains; certains sont organisés, d'autres le sont moins ou pas encore – les pays du Sud –, mais nous avons pour vocation de travailler ensemble, et il faut commencer – et la Commission l'a parfaitement souligné –, par des projets concrets relatifs à la pollution, à la production de l'énergie, à l'emploi pour les jeunes, tout à fait essentiel pour nos pays riverains.

Donc, bienvenue aussi à la relance parlementaire sur des domaines moins physiques, sur les droits de l'homme, sur le genre. Cependant, je tiens à dire en conclusion qu'il n'y aura sûrement pas de troisième relance.

Il faut absolument réussir celle-ci, parce que, dans le cas contraire, nous démontrerions que nous sommes ennemis de nos propres intérêts.

 
  
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  Rebecca Harms (Verts/ALE). - (DE) Madame la Présidente, mesdames et messieurs, beaucoup de choses ont été dites à propos de l’idée du Président français concernant le fait d’armer les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient et de les doter d’une capacité nucléaire en vue d’un usage civil mais aussi militaire dans le cadre de l’Union méditerranéenne. Permettez-moi de citer Astérix le Gaulois à ce propos: «Ils sont fous, ces Français!». Cette question m’inquiète cependant d’autant plus que ces idées ont été acceptées et sont vivement soutenues par la Commission européenne aussi.

Il y a deux semaines environ, une rencontre a été organisée entre le Dr Mohamed ElBaradei, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et la Commission, en présence de M. Barroso. Un accord a été signé entre l’AIEA et Euratom, soit la Commission, qui vise à faire progresser la prolifération de l’énergie nucléaire. Il y a apparemment un désir d’équiper les pays en développement que M. Sarkozy lorgne et de les replacer sur la bonne voie pour les aider par tous les moyens possibles à déployer l’énergie nucléaire.

Cette affaire soulève de nombreuses questions, selon moi. Premièrement, Madame la Commissaire, vous étiez au départ censée faire partie des cosignataires de cet accord. J’ai à ma disposition le projet d’accord concerné. Pourquoi vous en être distanciée? Serait-ce parce que cet accord ne trouve en réalité aucun fondement dans les traités? Deuxièmement, quelle est la position de M. Solana au sujet de la signature de ce type d’accord? Je ne peux imaginer que du point de vue de la sécurité, et notamment compte tenu de la situation difficile avec l’Iran, cet accord pourrait obtenir le soutien de l’Europe.

Étant donné que tout cela semble s’être passé en secret, je serais ravie que la Commissaire me donne une explication, compte tenu du fait, surtout, qu’elle vient d’un pays, à savoir l’Autriche, dont la position est extrêmement critique en ce qui concerne les questions nucléaires.

 
  
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  Salvatore Tatarella (UEN). - (IT) Madame la Présidente, Madame la Commissaire, mesdames et messieurs, M. Schulz sera ravi d’entendre que je n’ai pas l’intention de m’exprimer en français. Cela ne m’empêche toutefois pas d’accorder mon soutien sans réserve à l’initiative du Président Sarkozy, qui a placé – voire propulsé – l’Europe dans une situation qui lui permet de revendiquer un rôle déterminant dans la région méditerranéenne.

Le mérite de l’initiative de M. Sarkozy est qu’elle répond à la question des résultats du processus de Barcelone d’une façon qui est tout sauf docile. Chaque fois qu’on se demande ce que le processus de Barcelone a apporté à la Méditerranée, notre réponse objective, sérieuse et sincère est inévitablement insatisfaisante. Il y a bien sûr eu la guerre, et il y a toujours un conflit au Moyen-Orient. Lorsqu’il a été décidé à Barcelone en 1995 de lancer cette nouvelle politique européenne, l’idée était de gérer la paix après le conflit. Ce ne fut pas le cas alors et ça ne l’est pas aujourd’hui. L’Europe traîne encore les pieds et l’initiative du Président français nous frappe par sa pertinence.

Nous avalisons l’initiative de la Commission et le compromis qui s’en est dégagé. Nous la soutenons, mais nous pensons qu’elle est encore insuffisante compte tenu du rôle que l’Europe peut et doit jouer en Méditerranée. Certains redoutaient, et redoutent encore, que l’initiative française compromette la cohésion européenne; je ne crois pas à un danger de ce type. Aucun danger de ce type n’existe lorsque l’Europe est invitée à s’intéresser davantage à la politique et moins au marché.

 
  
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  Patrick Louis (IND/DEM). - Madame la Présidente, chers collègues, le débat que nous tenons aujourd'hui est d'une importance capitale. L'une des clés de l'avenir de notre continent réside dans notre capacité à empêcher qu'une profonde fracture ne vienne couper le bassin méditerranéen en deux parties antagonistes, culturellement et économiquement. Malgré toutes les différences qui existent entre les deux rives de la mare nostrum, ce qui nous unit est encore plus fort que ce qui nous sépare.

C'est pourquoi l'initiative de Nicolas Sarkozy, dans son principe, est une excellente chose, car elle redonne un souffle à un processus de Barcelone qui marque le pas. Sur la méthode, en revanche, permettez-moi d'émettre quelques réserves.

Lorsque la France a souscrit les engagements européens contenus dans les différents traités, de Maastricht à Lisbonne, elle a accepté de transférer au niveau communautaire – et je le regrette – un certain nombre de ses prérogatives, en particulier en matière d'affaires étrangères. N'en déplaise à M. Guénot, c'est malheureusement le monde dans lequel ces traités nous font vivre. C'est pourquoi il y a, à mon sens, une forme d'incohérence à lancer, à grand renfort de tempêtes médiatiques, un tel projet. En réalité, la France n'a plus le pouvoir de l'imposer. La seule manière de le faire progresser eut été de déployer l'ensemble des moyens diplomatiques et humains dont la France dispose pour convaincre ses partenaires de procéder à la réforme du processus de Barcelone, sans donner l'impression de défaire ce qui avait déjà été réalisé, même si cet existant était peu satisfaisant.

Le résultat de cette incohérence est visible aujourd'hui, puisque ce n'est pas du tout un hasard si ce débat a été déplacé de hier, où le Conseil aurait pu y prendre part, à ce matin, où seule la Commission est représentée. Il faut évidemment y voir plus d'un signe: la Commission n'a pas l'intention de se laisser dessaisir de ce dossier.

 
  
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  Tokia Saïfi (PPE-DE). - Madame la Présidente, Madame le Commissaire, je me réjouis aujourd'hui que le "processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" soit placé en haut de l'agenda européen.

Le diagnostic de la Commission semble en effet pertinent. Prenant appui sur les acquis de la coopération euro-méditerranéene qui a été engagée depuis 1995, il lui insuffle une nouvelle dynamique pour en surmonter lacunes et insuffisances.

Je me félicite en ce sens que les objectifs retenus ici soient inspirés des principes de parité et d'égalité qui sont au cœur du projet de l'Union pour la Méditerranée. Les projets régionaux qui y seront menés rendront aussi le partenariat Euromed plus lisible, et surtout plus proche des citoyens. C'est en effet l'appropriation par les peuples qui sera le gage d'un partenariat fort et d'un renforcement de la coopération régionale sur la rive sud.

Dans la poursuite de cet objectif, le rôle officiel que pourra jouer l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne sera donc déterminant. Cette Assemblée sera enfin officiellement reconnue comme support parlementaire au partenariat euro-méditerranéen.

J'insisterai enfin sur la gouvernance du projet. Renforcer les relations politiques, partager les responsabilités, cultiver l'égalité et multiplier les rencontres entre les partenaires euro-méditerranéens, tel doit rester notre objectif. Ne diluons pas le contenu politique de ce projet sous le poids d'un mécanisme institutionnel qui conduirait de façon certaine à l'inertie, et donnons-lui les moyens d'une réelle efficacité au travers d'une coprésidence Nord-Sud, gage d'une égalité et d'une responsabilité partagée, et d'un secrétariat qui doit être le véritable organe de gouvernance de l'Union pour la Méditerranée et l'organe de suivi pour la réalisation des projets concrets.

L'Union pour la Méditerranée représente une avancée majeure et, comme vous l'avez dit, Madame le Commissaire, ouvrira, je l'espère, une nouvelle ère avec nos partenaires car notre destin est commun.

 
  
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  Carlos Carnero González (PSE). - (ES) Madame la Présidente, étant donné qu’il existe une vie en dehors du Parlement européen, j’imagine que certains parmi nous ont l’occasion d’aller au cinéma de temps et temps le week-end.

C’est ce que j’ai fait dimanche dernier et j’ai vu un film que je conseille vivement, et je précise que je n’ai pas d’intérêts financiers dans sa production ou sa distribution: son titre est The Yacoubian Building [L’Immeuble Yacoubian] et il examine les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels rencontrés par un grand pays méditerranéen, l’Égypte.

À aucun moment dans ce film, qui dure près de deux heures et demie, on ne parle de l’Union européenne, de notre présence, du processus de Barcelone. Cela veut-il dire que le processus de Barcelone n’existe pas, qu’il n’a pas abouti? Non, il ne faut pas confondre les choses. Il n’a pas été très visible, mais il contenait des éléments qui ont profité à la population et qui sont aujourd’hui devenus un point de référence pour un autre type de politique extérieure fondée sur la coopération et sur l’égalité.

Le processus de Barcelone est le contraire exact de la relation historique entre l’Europe et la Méditerranée méridionale. Il ne s’agit pas d’un processus néocolonial, il ne s’agit pas d’un processus fait d’exigences; il s’agit d’un processus de partenariat, un processus d’association, et il ne faut pas l’oublier.

Ce processus n’a pas été en mesure de modifier la dynamique majeure de la Méditerranée, mais comment espérer changer en à peine de plus de 10 ans des dynamiques qui existent depuis des centaines d’années? Il est toutefois parvenu à donner une nouvelle direction à certaines de ces dynamiques. Nous devons par conséquent le renforcer aux niveaux politique et institutionnel, par le biais de programmes, par le biais de financements. Voilà ce qu’est l’Union pour la Méditerranée.

La Commission européenne l’indique clairement dans sa communication et ce Parlement va par conséquent soutenir la communication aujourd’hui et soutenir ce que veut la grande majorité des gouvernements européens: un renforcement du processus de Barcelone, un renforcement du processus de Barcelone, un renforcement du processus de Barcelone. Voilà en quoi consiste l’Union pour la Méditerranée: non pas davantage de structures, mais la possibilité d’offrir aux populations une vie meilleure grâce à la coopération entre des parties égales.

Je tiens à dire que dans ce cas, l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne doit être l’organe législatif qui confère une légitimité démocratique à ce processus. Ce n’est pas une coïncidence si c’est vous, Madame Rothe, membre de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, qui présidez cette séance aujourd’hui.

 
  
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  Baronne Nicholson of Winterbourne (ALDE). - (EN) Madame la Présidente, je remercie tous les collègues qui se sont exprimés et qui soutiennent le processus de Barcelone depuis de nombreuses années. Il s’agit d’une idée merveilleuse et qui mérite d’aboutir. Je salue tout particulièrement l’initiative du Président Pöttering, qui a formé une sorte de structure au sein de ce Parlement afin de faire progresser le processus de Barcelone, ainsi que l’engagement pris par le Président Sarkozy en faveur d’un renforcement du processus et de différents aspects.

Ce lundi 9 juin marque l’ouverture de l’Université euro-méditerranéenne. Chers collègues, j’aimerais que vous preniez bonne note de cette date. Nous disons que notre succès repose sur le dialogue, et le processus euro-méditerranéen doit trouver une illustration dans une université performante. Je félicite la Présidence slovène pour avoir offert son siège à l’université, mais j’aimerais demander à mes collègues de toutes les commissions – ainsi qu’à la Commission et à la Conférence des présidents – pourquoi on n’a pas mis de côté un budget pour l’université? Nous ne pouvons assurément pas nous en remettre à un seul État présidentiel – en l’occurrence, la Slovénie – pour promouvoir l’avenir de l’université. Si nous voulons que l’université soit une réussite, nous devons lui trouver un budget pour les années à venir.

 
  
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  José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra (PPE-DE). - (ES) Madame la Présidente, l’Histoire de la Méditerranée est bien plus profonde que sa situation géographique. Inutile d’être originaire de cette région pour comprendre, comme l’a à juste titre indiqué la Commissaire, les principaux problèmes qu’elle rencontre: la migration, les mafias et leurs trafics d’êtres humains, un problème dont la proposition de résolution ne parle malheureusement pas, les stupéfiants, l’écart économique entre les deux rives de la Méditerranée et, bien sûr, le fondamentalisme islamique radical, l’un des plus grands fléaux de la politique internationale.

D’où l’importance de la situation dans la région méditerranéenne pour la stabilité et la sécurité de notre propre projet politique. Nous saluons par conséquent cette communication de la Commission: nous saluons sa diligence, car elle a rapidement accompli une mission attribuée au Conseil européen; nous saluons son réalisme, car elle replace les choses dans leur contexte; et nous saluons son bon sens, car elle souligne le caractère complémentaire et multilatéral des actions qui se dessinent dans le cadre de cette nouvelle initiative, qui vise précisément à donner un nouveau souffle au processus de Barcelone.

Je tiens à signaler, Madame la Présidente, que je ne suis pas d’accord avec certaines des critiques qui ont été émises durant ce débat. Je pense que l’Union européenne et la Commission font passer, le cas échéant, les idéaux avant les chiffres et il apparaît que dans son action extérieure, l’Union européenne cherche systématiquement à défendre les principes auxquels nous croyons. Cependant, il est également vrai, Madame la Présidente, que nous sommes souvent obligés de passer des béatitudes et des grands principes aux livres comptables afin d’assurer notre crédibilité et le réalisme, et de passer des paroles aux actes dans les politiques que nous souhaitons promouvoir.

En conséquence, Madame la Présidente, il est très facile de critiquer et de proposer des initiatives, mais ces initiatives doivent être appréciées eu égard aux ressources financières que les États membres offrent à l’Union européenne pour assurer la bonne mise en œuvre des politiques. Je pense par conséquent, Madame la Présidente, que dans le cadre des récentes perspectives financières, on a ce qu’on a, et si on n’utilise pas ces ressources, nous ne pourrons pas réaliser les ambitions pour lesquelles nous nous battons en tant qu’Union européenne.

 
  
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  Kader Arif (PSE). - Madame la Présidente, chers collègues, le lancement de ce qui était à l'époque l'Union méditerranéenne a soulevé des polémiques et des inquiétudes tant en Europe que chez nos partenaires méditerranéens.

Cette initiative ne pouvait pas être, à l'évidence, une initiative seulement franco-française ou euro-européenne, ni l'expression d'une vision sécuritaire des relations euro-méditerranéennes.

Je me félicite donc ce matin des propos de Mme la Commissaire, des propositions concrètes qui ont été avancées et qui répondent à certaines de nos préoccupations. Ce projet commun doit être celui d'un dialogue concerté, basé sur la parité et la cogestion. Mais la relation euro-méditerranéenne est une relation asymétrique, passionnelle et irrationnelle. Asymétrique sur le plan des échanges, à l'évidence, tant dans les échanges Nord-Sud, que dans les échanges Sud-Sud. Il faudra d'ailleurs s'interroger sur la mise en place ou non d'une zone de libre-échange en 2010. Irrationnelle, car elle est basée sur des relations liées à une histoire souvent douloureuse, compliquée, et aujourd'hui amplifiée par ce que certains conservateurs souhaitent, c'est-à-dire le choc des civilisations, une confrontation entre le bloc occidental et le bloc oriental.

Donc, si nous devions, nous, prendre des décisions, les premières seraient de regarder cette relation euro-méditerranéenne sans passion et avec rationalité. Rationalité, en renforçant le rôle des parlements, et en particulier le rôle de l'APEM; rationalité en ce qui concerne nos propositions sur la bonne gouvernance; rationalité quant à l'aide que l'on peut donner en termes de Sud-Sud; rationalité aussi sur la liberté de circulation des personnes, sur la question israélo-palestinienne. Il nous faudrait également dépassionner parce que si nous ne sommes pas capables de dépassionner, nous ne créerons pas cette zone de paix et nous n'éviterons pas ce choc des civilisations que certains souhaitent.

 
  
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  Ioannis Kasoulides (PPE-DE). - (EN) Madame la Présidente, la Commissaire Ferrero-Waldner et les orateurs qui m’ont précédé ont bien présenté le processus de relance de l’Union méditerranéenne dans le cadre du processus de Barcelone. Les idées de Barcelone sont aujourd’hui plus pertinentes que jamais. Le fossé qui sépare l’Union européenne de la plupart des pays méditerranéens en ce qui concerne la prospérité s’est malheureusement encore creusé. Le libre-échange progressif avec l’Union européenne n’a pas attiré les investissements intérieurs et étrangers nécessaires pour améliorer la qualité de vie de nos partenaires méditerranéens.

La suite va en grande partie être déterminée par l’aboutissement des nouveaux projets proposés, qui doivent être visibles et tangibles pour le citoyen moyen des deux côtés de la Méditerranée et influencer de même qu’attirer l’intérêt du secteur privé: des projets qui abordent des questions telles que la protection civile, les effets des changements climatiques, la sécheresse et la pénurie d’eau, les incendies de forêts, la dépollution de la Méditerranée et le développement de la technologie afin de faire le meilleur usage possible de l’énergie solaire dans l’intérêt des deux rives de la Méditerranée.

Les projets communs en faveur de tous les pays de la Méditerranée, au nord comme au sud, font partie des clés du succès. Les questions de migration, d’intégration sociale, de justice et de sécurité présentent aussi un intérêt mutuel et une certaine visibilité. N’oublions pas que nos partenaires sont aujourd’hui des pays de transit pour les vagues de migration originaires d’Afrique subsaharienne.

La question des ressources, en particulier dans le cadre d’un projet plus ambitieux comme celui-ci, reste ouverte. Plus les résultats de ce projet seront tangibles et visibles, plus les États membres seront disposés à enrichir ces ressources.

 
  
  

PrÉsidence de M. MARTÍNEZ MARTÍNEZ
Vice-président

 
  
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  Vural Öger (PSE). - (DE) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, j’aimerais féliciter le Président Sarkozy pour une fois, même si c’est à contrecœur, dans les circonstances présentes. En créant un tel tapage autour des relations entre l’UE et la Méditerranée, il est en fait parvenu à conférer au processus de Barcelone, qui existe depuis 1995, la notoriété qu’il mérite et a déclenché un nouveau débat sur la région voisine au Sud.

Lorsque l’on observe les résultats, cependant, il apparaît que l’idée initiale de Monsieur Sarkozy, lancée en février 2007, a triplement échoué. Premièrement, l’Espagne et l’Italie se sont effectivement opposées à une éventuelle solution alternative à l’adhésion de la Turquie à l’UE avec la déclaration adoptée à Rome en décembre 2007. Ensuite, la Chancelière, Madame Merkel, a assuré que les relations entre l’UE et la Méditerranée allaient se renforcer dans le cadre des structures communautaires existantes. Enfin, la Commission freine aujourd’hui les ambitieux projets de Monsieur Sarkozy en ce qui concerne le Secrétariat et la structure de gouvernance du projet. En d’autres termes, il apparaît que la technique du cavalier seul de Monsieur Sarkozy ne va pas être tolérée dans l’Union européenne.

 
  
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  Simon Busuttil (PPE-DE).(MT) Nous avions besoin de ce nouveau départ; nous avions besoin de cette énergie nouvelle pour la politique méditerranéenne, si importante pour la Méditerranée, mais aussi pour l’Europe. La principale faiblesse dans le processus de Barcelone était peut-être le fait que nos pays voisins de Méditerranée centrale ont toujours eu le sentiment qu’il s’agissait d’un processus européen qui leur était imposé et dans lequel le sentiment d’égalité et d’adhésion manquait. Lors du sommet du 13 juillet, nous devons veiller à fonder ce nouveau projet d’une Union pour la Méditerranée sur une véritable adhésion et une véritable égalité. Nous devons le fonder sur des structures qui soient distinctes et éviter d’imposer nos points de vue aux autres. Cela veut bien sûr dire qu’il y a des obligations ainsi que des droits des deux côtés, et pas seulement d’un seul. Nous accueillons cette proposition avec un mélange de scepticisme et en même temps d’espoir. J’espère que l’espoir l’emportera sur le scepticisme.

 
  
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  Luís Queiró (PPE-DE).(PT) Le processus de Barcelone n’existe que parce qu’une série de questions stratégiques propres à l’Europe centrale sont influencées par notre relation avec le Sud. L’énergie, la lutte contre le terrorisme, la démographie et l’immigration, le développement économique et la lutte contre la criminalité font partie de ces questions. Nous devons toutefois reconnaître que le processus de Barcelone n’a pas été une réussite en soi.

La grande réussite de l’Europe concerne en réalité la promotion des réformes dans les pays candidats. Cependant, les pays de la rive Sud de la Méditerranée ne peuvent pas adhérer à l’Union européenne mais sont, dans certains cas, nos voisins les plus problématiques. La question est donc de savoir comment revoir notre stratégie pour relancer le processus afin que la nouvelle Union pour la Méditerranée ne soit pas juste une bonne idée de plus.

Estimons-nous que la voie à suivre consiste à favoriser des investissements spécifiques dans le cadre de marchés réellement ouverts? Croyons-nous dans l’accès le plus large possible aux instruments communautaires de redressement? Défendons-nous l’idée selon laquelle la quantité d’aide est déterminée par la qualité des réformes à entreprendre? Je crois que oui, car les problèmes de la Méditerranée sont aussi nos problèmes. Nous devons songer que si nous ne parvenons pas à comprendre les erreurs commises dans le processus de Barcelone, nous ne parviendrons pas à insuffler une nouvelle dynamique dans la relation avec nos partenaires du Sud.

 
  
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  Erna Hennicot-Schoepges (PPE-DE). - Monsieur le Président, je voudrais prier la commissaire, Mme Ferrero-Waldner, de ne pas voir ce processus de Barcelone comme un simple processus économique. Quand l'Europe a besoin d'énergie, elle se tourne vers l'Afrique pour avoir le bénéfice du soleil et du sable. Est-ce que ce n'est pas un peu peu? Est-ce qu'on ne devrait pas engager ce processus en effectuant un travail sur la culture? Nous aurons affaire à des pays très diversifiés, des pays fiers, des pays qui ont une histoire et une grande culture. Est-ce qu'il ne faudrait pas faire ces efforts de cohésion sociale par le biais d'un travail culturel approfondi?

Dans aucun document je n'ai lu de référence à la Fondation Anna Lindt qui, depuis quelques années, s'efforce de faire ce travail de coopération. Je souhaiterais vivement qu'on fasse aussi avancer le projet d'une université euro-arabe.

 
  
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  Marusya Ivanova Lyubcheva (PSE).(BG) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, la question liée à la création d’une Union de la mer Noire est d’une importance stratégique. Il s’agit d’un processus en faveur d’un développement futur conjoint, qui concerne non seulement le renforcement de l’influence de l’Union européenne et la coopération économique, mais aussi les questions de bon voisinage.

La région méditerranéenne, avec sa richesse culturelle et historique et son influence politique et économique moderne, est particulièrement importante. Je vois cela comme un processus, une étape vers une influence plus globale pour l’UE dans son ensemble plutôt que pour un seul pays.

Parallèlement à cela, il convient de lier l’axe méditerranéen dans l’évolution des politiques communautaires à la dimension orientale des projets stratégiques communautaires. La région de la mer Noire a toujours été liée à la Méditerranée et les deux régions doivent par conséquent être comparables et mises sur un pied d’égalité aujourd’hui.

C’est là le seul moyen pour nous de parvenir à renforcer l’efficacité, l’influence des politiques et des valeurs de l’Union européenne. Ce processus débouchera sur une augmentation de la valeur ajoutée des politiques communautaires.

 
  
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  Marios Matsakis (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, j’aimerais dire à la Commissaire que les projets de construction d’autoroutes ne résoudront pas les sérieux problèmes auxquels est confrontée la région méditerranéenne, à moins qu’elle soit résolue à convaincre le Président Sarkozy de construire une autoroute à six voies reliant la France et la Turquie!

Madame la Commissaire, votre discours introductif m’a déçu car vous n’avez pas abordé certains des principaux problèmes politiques de la Méditerranée. Je pense, par exemple, à l’occupation par Israël des terres appartenant aux Palestiniens, à l’occupation de Chypre par la Turquie et à la colonisation persistante, en ce XXIe siècle, d’une partie du Maroc par l’Espagne, qui possède deux colonies dans ce pays, ainsi qu’aux deux colonies britanniques à Chypre et – il me semble – une autre colonie britannique en Espagne .

Si vous n’abordez pas ces questions importantes, nous n’allons pas pouvoir faire des projets théoriques pour une Union méditerranéenne une réalité.

 
  
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  Ryszard Czarnecki (UEN). - (PL) Monsieur le Président, l’Europe respire véritablement à travers deux poumons. Le premier est la dimension méditerranéenne dont nous débattons actuellement et le second, la dimension orientale, qui comprend des pays qui partagent certaines de leurs frontières avec la Pologne. Je pourrais par exemple citer l’Ukraine, le Belarus et la Russie. La dimension orientale comprend aussi des pays du Caucase, comme la Géorgie et l’Arménie.

Il est juste qu’aujourd’hui, 13 ans après Barcelone, on consacre tant de temps à la dimension méditerranéenne, tellement importante, de notre politique européenne. Il convient toutefois de souligner qu’il ne s’agit que d’une partie d’un ensemble plus vaste. La politique relative aux pays du bassin méditerranéen est nécessaire et doit être renouvelée, mais ce n’est qu’un élément de la politique étrangère globale de l’Union européenne. Notre politique à l’égard des futurs membres de l’Union européenne doit être un élément très important de cette politique étrangère. Pour dire les choses simplement, je ne pense pas que l’un ou l’autre des pays méditerranéens dont nous discutons aujourd’hui rejoindra un jour l’Union. L’Ukraine, la Géorgie et l’Arménie sont, en revanche, appelées à en devenir membres.

 
  
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  Marie Anne Isler Béguin (Verts/ALE). - Monsieur le Président, Madame la Commissaire, ce que je voulais vous dire c'est que pour valser, il faut être deux. Alors, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si, de l'autre côté de la Méditerranée, il y a vraiment cet intérêt. Parce que lorsqu'on regarde aujourd'hui la danse du ventre qui est pratiquée par le gouvernement français pour amener réellement les chefs d'État autour de la Méditerranée, pour les amener à venir le 13 juillet à Paris, on se demande s'il y a véritablement une adhésion réciproque de l'autre côté.

Je veux vous dire que votre projet, revisité, est tout à fait intéressant. L'Union européenne s'est construite après la Guerre, sur le charbon et l'acier. Si, effectivement, nous proposons à nos partenaires de construire un projet pour le XXIe siècle, basé sur les changements climatiques, sur les énergies renouvelables, sur la restauration d'un environnement totalement dégradé autour de la Méditerranée, alors oui, on peut adhérer à ce projet. Mais, quand même, quelle cohérence, Madame la Commissaire? Que pouvons-nous répondre à ce solo de M. Sarkozy qui, aujourd'hui même, pousse l'Algérie à signer, avant la présidence, un accord pour installer une centrale nucléaire? Je crois qu'on voit là la contradiction qui existe peut-être entre le Conseil et la Commission.

 
  
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  Carlo Fatuzzo (PPE-DE). - (IT) Monsieur le Président, mesdames et messieurs, Monsieur Matsakis a raison: je suis d’accord avec la plupart des choses qu’il a dites. Les pays qui entourent le mare nostrum, comme on l’appelait il y a 2000 ans, ont toujours connu des difficultés.

Reste que ce qu’a dit Monsieur Watson, président du groupe libéral, est également vrai selon moi: nous devons apprendre à donner ainsi qu’à recevoir. J’aimerais par conséquent inviter le nouveau gouvernement italien et son Premier ministre, Monsieur Berlusconi, à tenir compte des demandes et des supplications du Colonel Kadhafi, que nous tenions beaucoup à contenter au moment de l’affaire des infirmières bulgares, sans tenir compte de tout ce qui se cachait derrière. Il a à maintes reprises demandé à l’Italie de construire une autoroute dans son pays. Une autoroute ne profitera pas seulement au Président Kadhafi, mais aussi à tous les habitants d’Afrique du Nord; nous allons donc montrer notre bonne volonté et faire quelque chose de positif pour la Méditerranée dans son ensemble.

 
  
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  Lidia Joanna Geringer de Oedenberg (PSE). - (PL) Monsieur le Président, le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient sont des régions stratégiquement importantes du point de vue de l’Union européenne. Il est tout à fait clair que nous devons créer un espace de paix et de stabilité économique, basé sur les principes que sont la démocratie, la solidarité et la coopération, si nous voulons nous montrer à la hauteur des défis communs. Il faut aussi remettre en vigueur et développer le processus de Barcelone en vue d’établir un partenariat solide dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité afin de lutter contre le terrorisme.

Le partenariat euro-méditerranéen ne peut cependant s’intéresser exclusivement à des questions relevant de l’économie et du commerce. Il doit s’accompagner d’une coopération régionale renforcée, d’une intégration sociale plus étroite et d’une coopération dans le domaine de la protection de l’environnement naturel. Nous devons en outre souligner la nécessité de renforcer les politiques visant à accroître le rôle des femmes dans les sociétés méditerranéennes à travers la promotion de l’égalité des genres. Le respect des coutumes et des traditions ne doit pas transgresser les droits fondamentaux des femmes.

En conclusion, j’aimerais saluer la proposition de la Commission au sujet de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne. Il convient de renforcer son rôle ainsi que sa légitimité démocratique.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. − Monsieur le Président, chers membres du Parlement, je continue en français. Peut-être que M. Schulz n'est pas d'accord, mais je crois quand même que c'est le président Sarkosy qui a donné l'impulsion à l'Union pour la Méditerranée. C'est pourquoi je pense que, pour une fois, je vais quand même continuer à m'exprimer dans cette langue.

Je vois, tout d'abord, Mesdames et Messieurs les députés, que ce débat ou cette question ne laisse personne indifférent. Les uns et les autres ont leur mot à dire. Je crois que cela est déjà très, très important. Il est vrai, je crois, que la paix pourrait peut-être se jouer dans la Méditerranée. Il est vrai aussi qu'il existe encore un écart entre les deux rives qui, d'un côté, est en train de se réduire, mais qui est encore là. Il faut aussi tenir compte des progrès qui ont été accomplis: stabilité macro-économique, inflation plus basse, droits de l'homme beaucoup plus développés qu'auparavant. Naturellement, il reste beaucoup à faire. D'un autre côté, il y a des besoins énormes de réformes, et celles-ci doivent être plus rapides, plus profondes. Par ailleurs, la question du commerce et des investissements est absolument cruciale. Je ne crois pas, comme M. Wurtz l'a dit, que le "Processus de Barcelone" est mort. Non, je l'ai toujours dit, je crois qu'il a été très difficile à mettre en œuvre à cause des problèmes politiques existants, et c'est vrai. Quand on a parlé des problèmes politiques, nous le savons, c'était à propos du "processus de Barcelone". Malheureusement, ces problèmes demeureront, même si on essaie – et là, je suis d'accord – de surmonter ces questions avec des projets absolument concrets. Je suis dès lors convaincue que cette idée est une bonne idée et je crois que nous l'avons reconduite d'une façon pragmatique et concrète, et, naturellement, en incluant absolument tout le monde.

En ce qui concerne le libre-échange et les accords de libre-échange, Mesdames et Messieurs les députés, je dois dire qu'en raison de périodes de transition excessivement longues, l'année 2010 est la première année où l'on pourra mettre en œuvre ces accords. En effet, on ne dispose pas encore d'accords de libre-échange. En ce qui concerne l'agriculture, nous sommes en train de négocier, mais c'est très compliqué, pour l'autre côté également, parce qu'il ne s'agit pas seulement de donner, il faut aussi recevoir. Ces négociations sont toujours difficiles. Jusqu'en 2010, des accords de libre-échange avec la Tunisie et Israël seront en vigueur. On finalise actuellement un tel accord avec le Maroc, mais il reste encore beaucoup à faire. Le dernier pays concerné sera l'Égypte. Vous voyez donc bien que les choses sont très lentes, et ce n'est pas à cause du processus, mais à cause des pays mêmes, qui ne veulent pas aller plus vite. Je crois qu'il faut quand même le souligner. Malgré tout, cette nouvelle idée est une bonne idée, une opportunité, et j'espère que les partenaires vont l'utiliser. Il est vrai aussi, Madame Isler-Béguin, qu'il est clair que les partenaires doivent vouloir danser. C'est pour cela que la Commission a discuté avec chacun d'entre eux pour s'assurer que ses propositions reflétaient leurs soucis et leurs points de vue.

En ce qui concerne les droits de l'homme, Mesdames et Messieurs les députés, je dois dire que, moi non plus, je n'aurais rien fait s'il n'y avait pas eu les droits de l'homme. Mais le "processus de Barcelone" reste, s'il vous plaît. C'est ça l'idée. Les institutions sont aussi concernées. En principe, les institutions interviennent. Ça vaut aussi pour Anna Lindt. Naturellement, Anna Lindt est là. Et avec une nouvelle présidence et un nouveau directeur, tout cela devrait désormais se renforcer. Ces choses ne sont pas perdues. La politique de voisinage que je mentionnais, politique bilatérale, reste naturellement elle aussi. Parce que c'est cette politique qui, par ses plans d'action, essaie réellement de renforcer et de promouvoir les réformes. Alors, ne croyez pas que cela n'est pas là. Là est vraiment la valeur ajoutée qu'apportent les projets que nous avons réellement mis à exécution et en exergue.

L'Université de la Méditerranée à Portoroz. Tout d'abord, je crois que c'est une excellente idée de la présidence slovène. Je vais me rendre personnellement à l'inauguration, à laquelle j'ai été invitée et je tiens à y être.

En ce qui concerne le financement, tout d'abord, étant donné que c'est une idée slovène, je crois qu'il est normal que les Slovènes apportent eux aussi quelque chose – ce qu'ils feront en donnant 1 million d'euros. On m'a également demandé de faire quelque chose. C'est pourquoi j'ai essayé de trouver quelque chose dans des fonds qui sont, en principe, déjà programmés. Ce n'est pas si facile que cela. J'ai trouvé 1 million, que je vais ajouter à ce projet. Mais d'autres instruments existent et j'en ai informé la présidence. Premièrement, il y a les Fonds structurels et de cohésion, pour lesquels il faut simplement revoir l'affectation et qui sont destinés à la Slovénie, et, deuxièmement, il y a également les fonds destinés à la recherche et à l'éducation. Il y a donc des fonds. Par ailleurs, vous savez bien que, naturellement, les bourses Erasmus restent en vigueur. C'est quelque chose de nouveau que nous allons renforcer.

Je souhaiterais également, Madame, parler un court instant de la culture. On a dit, il me semble, que Robert Schuman avait déclaré que, si on avait recommencé une autre fois l'Union européenne, on aurait dû recommencer par la culture. C'est vrai, mais puisqu'il y a autant de pauvreté, autant d'analphabétisme, etc., il faut aussi faire autre chose, et je peux répéter ce que j'ai dit pour les droits de l'homme: tous les programmes de culture restent et on en a beaucoup.

Je dirai enfin un mot sur le secrétariat, parce que c'était une question tout à fait précise. À la lumière des différents points de vue exprimés, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il convient, comme nous l'indiquons dans notre communication, de demander au secrétariat de remplir sa mission, qui consiste à formuler des propositions d'initiative conjointes, lesquelles devraient ensuite être adoptées par des instances politiques, et à assurer le suivi nécessaire des décisions relatives aux projets, prises par les chefs d'État et de gouvernement. Le secrétariat pourrait en outre avoir une personnalité juridique distincte et un statut autonome. Les modalités doivent encore être précisées.

Finalement, je dirai également un mot sur la question nucléaire. Le Memorandum of understanding, Madame, que notre président a signé avec l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique de Vienne, concerne la sûreté et la sécurité. Personnellement, je suis d'accord et tout le monde devrait l'être, parce qu'on ne peut pas choisir pour les États membres leurs propres énergies. Chaque pays a quand même le droit, comme vous l'avez dit, à une certaine réticence en ce qui concerne le nucléaire, et vous savez que nous aussi, nous l'avons. Toutefois, il faut quand même donner aux autres pays, au moins, la possibilité de faire ce qu'ils souhaitent. Dans ce cas, la sûreté et la sécurité sont fondamentales. C'est sur cette question que repose le mémorandum.

Veuillez m'excuser, Monsieur le Président, mais ce débat, comme je l'ai dit au début, n'a laissé personne indifférent.

 
  
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  Le Président. − (ES) Pour conclure ce débat, j’ai reçu six propositions de résolution1 soumises conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement.

Le débat est clos.

Le vote aura lieu à 11 heures.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  John Attard-Montalto (PSE), par écrit. (EN) Je suis ravi d’entendre les déclarations du Conseil et de la Commission concernant le processus de Barcelone et la proposition relative à une Union pour la Méditerranée, qui doit débuter le 13 juillet à Paris dans le cadre de la Présidence française.

Le gouvernement de Malte a publié un document de synthèse sur lesdites déclarations. Je suis totalement d’accord avec les propositions émises en ce qui concerne l’Union pour la Méditerranée. Il est important de ne pas répéter inutilement les efforts et les énergies et la suggestion relative aux activités maritimes est par conséquent louable.

Malte s’est proposée pour accueillir un secrétariat chargé de superviser la mise en œuvre de ces propositions et j’approuve totalement cette proposition, non seulement en raison de la situation géographique tout à fait particulière de l’île dans la Méditerranée, mais aussi parce que nous possédons l’infrastructure, le personnel et l’expérience nécessaires pour accueillir une institution de ce type.

Pour conclure, j’aimerais signaler qu’il y a un peu plus de trente ans, c’est un gouvernement travailliste qui a fait en sorte d’attirer l’attention de la planète sur l’importance de la Méditerranée et la collaboration nécessaire entre les pays entourant les rives Nord et Sud de cette mer.

 
  
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  Alessandro Battilocchio (PSE), par écrit. (IT) Je salue la création de l’Union pour la Méditerranée, qui va contribuer à améliorer et à intensifier les relations avec nos partenaires méditerranéens et qui va promouvoir la conscience mutuelle, la croissance, l’emploi et la formation dans l’UE et les 12 pays tiers concernés.

Promouvoir la paix et la démocratie, le contrôle de l’immigration, les relations économiques et l’offre de matières premières: tels ont toujours été les principales idées de la politique de voisinage de mon pays à l’égard des pays méditerranéens. Bettino Craxi était un pionnier à cet égard.

L’Union pour la Méditerranée va contribuer à faciliter la réalisation de projets transfrontaliers qui sont importants pour l’ensemble de la région et qui serviront à améliorer les autoroutes des mers, à lutter contre la pollution maritime, à améliorer la protection civile, à créer un marché de l’énergie mieux intégré et à développer de nouvelles technologies renouvelables.

L’Union pour la Méditerranée doit contribuer à promouvoir la démocratie et à résoudre les conflits qui déstabilisent encore le Moyen-Orient et le Sahara oriental, avec l’aide de l’Assemblée parlementaire EuroMed, qui doit être pleinement associée.

 
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