Index 
 Précédent 
 Suivant 
 Texte intégral 
Procédure : 2008/0146(CNS)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document : A6-0391/2008

Textes déposés :

A6-0391/2008

Débats :

PV 18/11/2008 - 5
CRE 18/11/2008 - 5

Votes :

PV 18/11/2008 - 7.15
Explications de votes
Explications de votes

Textes adoptés :

P6_TA(2008)0542

Débats
Mardi 18 novembre 2008 - Strasbourg Edition JO

5. Programme en faveur de la consommation de fruits à l’école (débat)
Vidéo des interventions
PV
MPphoto
 

  Le Président. − L’ordre du jour appelle le rapport (A6-0391/2008) de M. Busk, au nom de la commission de l’agriculture et du développement rural, sur la proposition de règlement du Conseil modifiant les règlements (CE) n° 1290/2005 relatif au financement de la politique agricole commune et (CE) n° 1234/2007 portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole et dispositions spécifiques en ce qui concerne certains produits de ce secteur (règlement «OCM unique») en vue de la mise en place d’un programme en faveur de la consommation de fruits à l’école (COM(2008)0442 – C6-0315/2008 – 2008/0146(COD)).

 
  
MPphoto
 

  Niels Busk, rapporteur. (DA) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur le Ministre, chers collègues, la Commission a déposé une proposition extrêmement constructive visant à mettre en place un programme en faveur de la consommation de fruits à l’école afin de renverser la tendance à l’obésité croissante observée chez les écoliers européens. Je me félicite de cette proposition. Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants devraient manger 400 g de fruits et légumes par jour. Malheureusement, peu d’enfants sont dans ce cas. Dans l’UE, 22 millions d’enfants sont en surpoids, dont environ 5 millions sont obèses. Le pire, c’est que ce chiffre ne cesse d’augmenter: 400 000 enfants supplémentaires sont concernés chaque année. La consommation de fruits et de légumes réduit les risques de maladie et permet de prévenir le surpoids et l’obésité. Les habitudes alimentaires se forment pendant l’enfance et il semble que les enfants qui apprennent à manger beaucoup de fruits et de légumes restent de grands consommateurs de ces produits à l’âge adulte. Il est par conséquent essentiel que nous intervenions à un stade précoce si nous voulons influencer les habitudes alimentaires de nos enfants.

La surcharge pondérale augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’hypertension et de certaines formes de cancer. Ces maladies constituent une menace de plus en plus sérieuse pour la santé publique dans l’UE, sans parler du coût des traitements, qui pèse lourd sur le budget de santé des États membres. La Commission renvoie à son analyse d’impact, dans le cadre de laquelle deux études ont mis en lumière le lien entre les dépenses en matière de santé et une consommation insuffisante de fruits et de légumes. Les dépenses liées au programme en faveur de la consommation de fruits à l’école doivent être envisagées dans ce contexte: le programme permettrait ainsi aux États membres de réaliser des économies sur leur budget en matière de santé. Par conséquent, ce programme aura un effet positif tout d’abord sur la santé publique, mais aussi sur l’économie européenne. Jusqu’à ce que nous atteignions l’objectif final de 400 g de fruits et légumes par jour, il est évident que plus les enfants mangeront des fruits, plus les économies réalisées seront importantes. Autrement dit, mieux vaut prévenir que guérir.

En tant que rapporteur, j’ai proposé que nous quadruplions le montant qu’il convient de prévoir dans le budget communautaire. La proposition initiale de la Commission, qui met sur la table 90 millions d’euros, ne permettrait de distribuer qu’un fruit par semaine aux enfants âgés de six à dix ans pendant 30 semaines. C’est loin d’être suffisant si nous voulons que le programme influence de manière sensible les habitudes alimentaires des enfants. Un fruit par semaine n’est pas suffisant pour changer les habitudes alimentaires ou pour avoir un effet notable sur la santé publique. La meilleure solution serait que tous les enfants reçoivent un fruit chaque jour d’école. Il est dès lors essentiel de mobiliser des fonds plus importants dans le budget communautaire.

La majorité des membres de la commission de l’agriculture et du développement rural se sont accordés à dire qu’il fallait mobiliser 500 millions d’euros et se passer de cofinancement national. Je ne partage pas ce point de vue. J’espère par conséquent que nous pourrons tirer ce point au clair lors du vote, puisque j’ai déposé une proposition au nom de mon groupe en vue de mobiliser une somme de 360 millions d’euros. Ce montant devra être complété par une contribution des États membres, ce qui devrait donner, au total, un montant bien supérieur à ces 500 millions d’euros.

La majorité des membres de la commission de l’agriculture et du développement rural ont également estimé que seuls des fruits et légumes produits dans les États membres devraient être distribués dans le cadre de ce programme. Cette proposition est, selon moi, bien trop protectionniste et contribuerait à rendre le programme excessivement bureaucratique. Il revient donc aux États membres de décider - sur la base d’une liste établie par la Commission - quel fruit peut être distribué et quel fruit sera inclus dans le programme.

 
  
MPphoto
 

  Michel Barnier, président en exercice du Conseil. Monsieur le Président, nous sommes très heureux, la Présidence est très heureuse de discuter de ce programme avec le Parlement européen, tel qu’il a été proposé par la Commission européenne et porté personnellement – je veux lui rendre hommage – par Mme Mariann Fischer Boel. C’est un programme important pour la nutrition des plus jeunes citoyens, c’est un acte concret et efficace pour lutter contre le développement de l’obésité chez les jeunes.

M. Busk vient de rappeler les chiffres et je les confirme: un enfant sur cinq est en surpoids ou en risque d’obésité en Europe. L’obésité infantile augmente de 2 % par an sur notre continent! Il s’agit donc d’inciter les jeunes à diversifier leur alimentation et à consommer davantage de fruits et de légumes.

Je pense, Mesdames et Messieurs, que la mise en œuvre de ce programme, qui est souhaité par tous, démontre le rôle important que la Politique agricole commune peut jouer et joue pour encourager la consommation et, avant elle, la production de produits sains et de qualité. L’agriculture a naturellement vocation à répondre à ce double défi, qui est celui du défi quantitatif – c’était d’ailleurs son premier défi, le premier contrat passé avec les agriculteurs dans les années 60 –, mais aussi le défi qualitatif: qualité et sécurité des produits.

En cela, Mesdames et Messieurs les députés, c’est bien la preuve que l’Europe peut répondre et répond à des préoccupations concrètes de nos concitoyens et que l’agriculture est bien au carrefour des grands enjeux de notre société. En parlant de ce programme «fruits et légumes», nous parlons d’une Europe concrète, citoyenne, humaine, que les citoyens attendent.

Il y a un accueil, Mesdames et Messieurs, très positif de ce programme au sein du Conseil de ministres et les débats que nous avons menés, que nous continuerons aujourd’hui et demain, montrent que, globalement, nous avançons tous ensemble sur cette idée. Mon intention est d’arriver à un accord politique au Conseil cette semaine. Voilà pourquoi je suis naturellement très attentif à la position du Parlement sur ce sujet avant de pouvoir intégrer votre position et votre soutien aux débats du Conseil.

Je voudrais enfin, Monsieur le Président, dire mes remerciements très sincères à votre rapporteur, Niels Busk, pour le travail très précis et très passionné qu’il a fait sur ce dossier, et maintenant je suis heureux de vous écouter, comme Mme la commissaire.

 
  
MPphoto
 

  Mariann Fischer Boel, membre de la Commission. (EN) Monsieur le Président, premièrement, je tiens à dire à quel point je suis heureuse que le Parlement soutienne ma proposition de mettre en place un programme en faveur de la consommation de fruits à l’école. Comme d’habitude, je voudrais remercier la commission et M. Busk, le rapporteur, pour le travail qui a été réalisé.

Avant d’en venir à certaines des questions qui ont été soulevées ici - ainsi qu’en commission - je voudrais dire quelques mots concernant un sujet qui a récemment fait l’objet de longues discussions au sein du Conseil. Plusieurs États membres ont demandé à pouvoir, dans certains cas, demander aux parents une petite contribution pour la mise en place de ce programme. Il y a naturellement des arguments pour et contre, mais aucun n’est vraiment convaincant à 100 %. Finalement, la Commission a décidé que les États membres seraient libres de demander aux parents une participation financière dans certains cas.

D’un autre côté, je ne vois aucune raison d’imposer cela à tous les États membres. C’est pourquoi nous pensons permettre aux États membre de décider eux-mêmes s’ils veulent user de cette possibilité ou non. Lorsque nous réexaminerons le programme en 2012, nous nous concentrerons alors sur la plus-value que peut apporter la contribution des parents.

J’ai toujours dit que la proposition que nous mettons sur la table aujourd’hui ne permettrait pas de résoudre le problème de l’obésité chez les jeunes en Europe, mais je crois qu’elle pourrait néanmoins donner un coup de pouce utile et, en tout cas, un signal clair de la part de la Commission quant à l’importance d’inculquer à nos jeunes de bonnes habitudes alimentaires.

En ce qui concerne le budget global, nous avons proposé une enveloppe de 90 millions d’euros. D’autres chiffres ont été proposés, comme Niels Busk vient très justement de le rappeler - de 360 à 500 millions d’euros - mais le montant que nous avons proposé n’est évidemment pas gravé dans le marbre. Je pense que, lorsque nous réexaminerons le programme en 2012, nous devrons également décider s’il est nécessaire d’augmenter le budget. Nous avons également indiqué que nous étions disposés à redistribuer ces crédits. Si un État membre ne dépense pas tous les crédits qui lui ont été alloués, ceux-ci pourront être redistribués. Cela nous permettra, je l’espère, de dépenser cet argent de la meilleur façon possible.

En ce qui concerne le type de fruits et de légumes devant être distribués, je crois qu’il est préférable de s’en remettre aux États membres. Qu’ils souhaitent utiliser des denrées alimentaires transformées ou distribuer des fruits et légumes produits au niveau local - ou qu’ils souhaitent même avoir la possibilité de distribuer des bananes ACP à leurs enfants - je pense vraiment que la décision finale revient aux États membres. Je pense que c’est de cette manière que nous obtiendrons les meilleurs résultats, et de loin. Je m’attends donc à une discussion fructueuse sur cette question.

 
  
MPphoto
 

  Maria Petre, au nom du groupe PPE-DE. – (RO) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur Barnier, tout d’abord, je tiens à remercier notre rapporteur pour le travail qu’il a accompli et pour les efforts qu’il a déployé afin de concilier les différents points de vue.

Nous reconnaissons tous l’importance que revêt ce programme pour inciter nos enfants à adopter des habitudes alimentaires saines et, par conséquent, pour lutter contre l’obésité, mais aussi pour aider les familles qui n’ont pas les moyens d’acheter des fruits pour leurs enfants.

Je soutiens la proposition de la Commission, mais je pense néanmoins que celle-ci doit absolument être améliorée. L’enveloppe annuelle de 90 millions d’euros qui a été proposée n’est pas suffisante. L’augmentation des crédits déjà alloués est l’une des conditions de la réussite de ce programme. Je pense également qu’il serait judicieux d’intégrer la proposition formulée par la commission de l’agriculture et du développement rural visant à ne pas obliger les parents à participer financièrement à la mise en place de ce programme, ou en tout cas, pas au début.

Je voudrais également encourager, dans le cadre de ce programme, la distribution de fruits frais traditionnels, produits sur le territoire de la Communauté. Les États membres doivent préciser quelles sortes de fruits pourront être distribués, en tenant compte des fruits et légumes de saison produits au niveau local.

Dans le respect du principe de subsidiarité, les États membres devraient disposer d’une flexibilité suffisante dans la définition du groupe cible, ce qui leur permettrait d’étendre, conformément à leurs nécessités, la distribution de fruits au plus grand nombre possible. Ce programme amènerait en outre les jeunes consommateurs à apprécier les fruits et légumes et devrait donc avoir des conséquences résolument positives sur la santé publique et sur la lutte contre la pauvreté infantile, en particulier dans les nouveaux États membres.

Il pourrait être envisageable de mener des actions communes en vue de développer la consommation de certains produits, en les accompagnant d’une éducation en matière de santé et d’alimentation, et en encourageant les producteurs régionaux, en particulier ceux des zones montagneuses.

 
  
MPphoto
 

  María Isabel Salinas García, au nom du groupe PSE. – (ES) Monsieur le Président, il s’agit d’un programme très attendu par le secteur des fruits et légumes, non seulement en raison des difficultés que celui-ci traverse, mais aussi à cause du déclin préoccupant de la consommation.

Ce programme est destiné à améliorer la santé publique et, par conséquent, je crois qu’il devrait s’agir d’un programme européen, entièrement pris en charge par le budget communautaire. Je ne pense pas qu’il soit judicieux de faire participer les parents à son financement, car il se passera ce qu’il se passe toujours: les enfants dont les parents peuvent se permettre de contribuer financièrement mangeront des fruits et des légumes à l’école, tandis que les autres seront tenus hors du programme.

Ce programme doit donc être financé par la Communauté de façon à ce que son application soit homogène. Je voudrais également souligner que l’accent doit être mis sur les mesures éducatives. Ce programme ne peut se contenter de simplement inciter les enfants à manger des pommes: les enfants doivent savoir quel type de pomme ils mangent et quelles en sont les propriétés nutritionnelles; ils doivent comprendre les effets bénéfiques de ce fruit sur leur santé et sur leur développement.

Naturellement, les produits doivent présenter toutes les garanties de qualité, la priorité étant donnée, si possible, aux fruits de saison. Je suis également favorable à la distribution de fruits et légumes d’origine communautaire lorsque cela est possible.

Je crois que les effets bénéfiques de ce programme, que j’applaudis et pour lequel je tiens à féliciter la commissaire, seront visibles immédiatement. Ils seront visibles non seulement sur la santé présente et future de nos enfants et sur leur éducation alimentaire, mais aussi, et c’est tout aussi important, dans le secteur des fruits et légumes. Il s’agit d’un secteur productif qui fait partie intégrante de notre patrimoine culturel européen et qui nous permet d’avoir un régime alimentaire équilibré, sain et varié.

Je crois que cela vaut la peine de croire et d’investir dans ce programme visant à distribuer des fruits et des légumes dans nos écoles. Selon moi, le budget est légèrement insuffisant, c’est pourquoi, je le répète, je pense que ce programme doit entièrement être pris en charge par le budget communautaire.

 
  
MPphoto
 

  Donato Tommaso Veraldi, au nom du groupe ALDE. (IT) Monsieur le Président, chers collègues, j’apprécie énormément le travail positif et intelligent que M. Busk a accompli sur cette proposition, qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’organisation commune du marché des fruits et légumes, dont l’objectif est de renforcer la compétitivité de ce secteur et son adéquation au marché, ainsi que de lutter contre le déclin de la consommation.

Le programme proposé par la Commission pour promouvoir la distribution de fruits et de légumes dans les écoles encouragera les jeunes à manger des fruits et contribuera à augmenter la consommation. En outre, la distribution gratuite de fruits et de légumes dans les écoles devrait avoir pour objectif de lutter contre le problème de surpoids chez les écoliers. Il a été démontré, malheureusement, que plus de 22 millions d’enfants étaient touchés par l’obésité.

Pour assurer une application efficace de ce programme visant à distribuer des fruits dans les écoles, il est indispensable que l’aide communautaire couvre également tous les frais logistiques y étant associés, tels que l’achat des distributeurs automatiques appropriés. Dans le cas contraire, ces frais devront être assumés par les budgets des écoles ou par les familles des élèves. Le financement national devrait donc venir en complément de cette aide et devrait être consacré exclusivement à la création de nouveaux programmes et à l’extension des programmes existants.

 
  
MPphoto
 

  Alyn Smith, au nom du groupe des Verts/ALE. (EN) Monsieur le Président, il n’y a rien à jeter dans cette proposition et je tiens à féliciter notre rapporteur de l’avoir présentée, qui plus est à la veille d’une élection. Je pense que tous les hommes et femmes politiques présents dans cette pièce qui comptent se représenter en juin prochain seront favorables à l’idée de voir les enfants européens manger mieux, et surtout, manger des fruits bien de chez nous. C’est une bonne nouvelle pour les agriculteurs européens, car cela permettra de créer un marché local. C’est une bonne nouvelle pour le futur budget de la santé et, plus important encore, c’est une bonne nouvelle pour les enfants eux-mêmes.

Si nous apprenons à nos enfants à manger sainement dès le plus jeune âge, ils conserveront cette bonne habitude à l’âge adulte. La Finlande a prouvé qu’une intervention offensive dès le plus jeune âge pouvait faire la différence, et il y a de quoi se réjouir. En spéculant un peu sur le budget agricole aujourd’hui, nous pourrons faire des économies sur le budget de la santé demain. Venant moi-même d’Écosse, je dois avouer que nous y trouvons un intérêt particulier, puisque 21 % de nos enfants qui fréquentent une école primaire - un sur cinq - sont en surpoids. Cette situation n’est pas tenable. Nous ne pouvons rester sans rien faire alors que le nombre d’enfants obèses ne cesse de croître. Ce programme fait partie de la solution pour lutter contre ce problème et je suis ravi de pouvoir le recommander à cette Assemblée. Ce ne sont là que des bonnes nouvelles.

 
  
MPphoto
 

  Bairbre de Brún, au nom du groupe GUE/NGL. – (GA) Monsieur le Président, cette proposition permettra à l’Union d’atteindre ses objectifs en matière de politique agricole commune (PAC) et offrira un cadre de financement pour des initiatives visant à augmenter le nombre de fruits et légumes consommés par les enfants. Cela pourrait aider à lutter contre l’obésité infantile et profitera également au secteur des fruits et légumes à long terme.

Les habitudes alimentaires se forment pendant les premières années de la vie. C’est pourquoi il importe que nous soyons capables de promouvoir des habitudes alimentaires plus saines auprès des enfants. Les États membres devraient être autorisés à choisir la meilleure méthode.

Plusieurs études révèlent que les mauvaises habitudes alimentaires tendent à se rencontrer plus fréquemment dans les ménages à bas revenus. Par conséquent, la distribution de fruits et légumes gratuits dans les écoles pourrait permettre de modifier en profondeur les habitudes alimentaires des enfants.

Je salue le rapport de M. Busk et le remercie, ainsi que la commissaire, pour le travail qu’ils ont effectué.

 
  
MPphoto
 

  Jeffrey Titford, au nom du groupe IND/DEM. (EN) Monsieur le Président, ce projet est présenté comme ayant pour principale préoccupation le bien-être des enfants. Cependant, le véritable agenda est un troublant mélange de contrôles à tout va, de propagande pure et dure et de régulation du marché, tout cela sous la houlette de mamie Bruxelles. Mamie Bruxelles a besoin de tout contrôler, y compris ce que nous mangeons. S’occuper de ce que nos enfants mangent à l’école est la première grande étape de ce processus. Pour ce qui est du côté propagande, chaque fruit portera une petite étiquette UE et le projet sera soutenu par une campagne publicitaire massive.

En ce qui concerne le marché des fruits, je crois comprendre que le programme permettra d’adopter toutes sortes de mesures stupides, telles que des règles obligatoires établissant que tous les fruits distribués doivent avoir été produits au sein de l’UE. Dans le cas des bananes, cette règle exclurait d’office les fournisseurs britanniques qui s’approvisionnent dans les pays des Caraïbes faisant partie du Commonwealth, et ouvrira donc un nouveau marché lucratif pour les îles françaises de Guadeloupe et de Martinique.

 
  
MPphoto
 

  Christa Klaß (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur le Ministre, chers collègues, les gros titres nous assaillent de toutes parts. On nous dit que nous sommes obèses, que nos enfants sont obèses, que nous mangeons trop de mauvaises choses et pas assez de fruits et de légumes frais.

Cinq fruits et légumes par jour - soit environ 400 g - c’est l’apport journalier recommandé pour un régime alimentaire sain et équilibré. Ce n’est pas toujours évident de s’y tenir. Les aliments doivent être sains, durer longtemps, avoir bon goût et coûter le moins cher possible. Cependant, le rythme de vie effréné que nous menons fait qu’il est souvent difficile pour nous de concilier nos obligations familiales et professionnelles, ce qui nous laisse peu de temps pour cuisiner et nous oblige à choisir des produits préparés et semi-préparés. Il n’y a rien de mal à cela, pour autant que nous soyons conscients de l’importance que revêtent les fruits et légumes frais.

Les personnes qui ont été habituées dès le plus jeune âge à un régime riche en fruits et en légumes continueront à manger sainement à l’âge adulte. C’est pourquoi je soutiens expressément la proposition de la Commission visant à mettre en place un programme en faveur de la consommation de fruits à l’école, accompagné d’une enveloppe financière de l’ordre de 90 millions d’euros. Quelle merveilleuse idée vous avez eue, Madame la Commissaire! Cependant, comme vous l’avez vous-même reconnu dans vos dispositions, les États membres doivent pouvoir organiser le programme selon leurs propres exigences nationales. Il doit être possible de distribuer des produits régionaux et saisonniers. Les États membres doivent également élaborer une stratégie afin de déterminer la meilleure façon de mettre en œuvre un tel programme et de l’intégrer dans le programme scolaire. La promotion d’une alimentation saine fait partie intégrante de l’éducation générale. Par exemple, les enfants doivent apprendre qu’en plus de se manger chaud, la carotte peut également être consommée sous forme de soupe, de salade, de gâteaux ou dans des plats cuisinés. Ils doivent connaître le goût qu’a la pomme de terre lorsqu’elle n’est pas préparée sous forme de frites ou de chips. Il convient d’éveiller leur intérêt en leur montrant les nombreuses manières de préparer les produits régionaux.

L’information est le seul moyen de poser les fondements d’un régime alimentaire sain. La connaissance est fondamentale pour instaurer une bonne hygiène de vie. Le programme en faveur de la consommation de fruits à l’école peut apporter une contribution précieuse à cet égard.

 
  
MPphoto
 

  Csaba Sándor Tabajdi (PSE).(HU) Monsieur Barnier, Madame la Commissaire, comme c’est souvent le cas pour les différentes initiatives, ce programme a lui aussi de nombreux créateurs autoproclamés. Après tout, sept villes prétendent être le lieu de naissance d’Homer. De la même manière, de nombreuses personnes disent être à l’origine de cette initiative. En m’appuyant sur le compte rendu des débats, je suis fier de pouvoir dire que j’ai proposé ce programme le 10 mai 2005, pendant le débat sur la réforme du marché des fruits et légumes, et je remercie la commissaire d’avoir permis que ce rêve devienne réalité.

Les orateurs qui se sont exprimés avant moi ont expliqué à quel point ce programme était important, non seulement d’un point de vue social, mais également afin d’enseigner aux jeunes notre culture alimentaire. J’ai ici une poire française. Je ne la mangerai pas, puisqu’il est interdit de manger dans l’hémicycle. Il est essentiel que, dès le plus jeune âge, les jeunes sachent, lorsqu’ils reçoivent un fruit portant le logo UE, que celui-ci est sain et non bourré de substances chimiques, et qu’il est issu de la culture biologique, dans la mesure du possible.

Enseigner à nos enfants notre culture alimentaire est une tâche extrêmement importante, alors faisons-le. Je félicite M. Busk pour son travail. Je ne mangerai pas [cette poire], parce que je ne veux pas enfreindre les règles, mais je pense que chacun d’entre nous peut être fier de ce programme. Je vous remercie de votre attention.

 
  
MPphoto
 

  Marian Harkin (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, cela fait du bien, parfois, de pouvoir venir dans cette Assemblée et de soutenir une proposition européenne vraiment positive et, en dépit des efforts déployés par M. Titford pour entamer notre bonne humeur, je peux vous assurer que c’est le cas aujourd’hui. Cette proposition répond à tellement de besoins. Elle permet de promouvoir des habitudes alimentaires saines auprès des jeunes enfants et des adolescents. Elle permet d’améliorer l’état de santé général des jeunes Européens. Elle permet de garantir que les fonds communautaires sont dépensés dans un projet qui a déjà fait ses preuves dans de nombreux États membres. Il s’agit enfin d’une proposition pragmatique, réaliste et réalisable.

Un programme similaire, intitulé «Food Dudes», a été mis en place en Irlande - mon petit-fils m’en a parlé. Ce programme a prouvé son efficacité, puisqu’il a produit des résultats à long terme dans la catégorie des 4-12 ans, indépendamment du sexe, de la taille de l’école ou de facteurs socio-économiques. Par conséquent, nous nous reposons sur des bases solides.

C’est avec une grande joie que je soutiens la proposition visant à augmenter le financement communautaire et à accorder une considération particulière aux fruits et légumes issus de la production biologique et locale. Je voudrais féliciter la commissaire et notre rapporteur, M. Busk, et je suis ravie d’entendre la réponse du Conseil. Cette proposition contribuera à améliorer la qualité de vie et la santé dans l’UE.

 
  
MPphoto
 

  Hélène Goudin (IND/DEM). - (SV) Monsieur le Président, tout le monde sait que les fruits et légumes sont bons pour la santé, cela n’a rien de nouveau. Que ces aliments soient importants pour les enfants ne l’est pas non plus. Que les enfants reçoivent des fruits à l’école est une bonne chose. C’est bon pour la santé et leur fournit l’apport énergétique supplémentaire dont ils ont tant besoin.

Mais qu’en est-il de la proposition dont nous débattons actuellement? Il s’agit en réalité d’une propagande éhontée de la part de l’UE. L’objectif de cette initiative consiste à gagner des points politiques importants tout en essayant, sans doute, de vanter les innombrables qualités de l’UE auprès des enfants. La commission de l’agriculture et du développement rural a déposé plusieurs propositions absurdes. Elle essaie notamment de nous faire croire que les fruits européens sont meilleurs que les autres. Seuls des fruits produits dans l’UE pourront être distribués, par exemple des bananes provenant des régions ultrapériphériques. C’est carrément du protectionnisme! Ce programme a pour seul but d’apprendre à nos enfants que l’UE, c’est bien, et que les fruits de l’UE, c’est encore mieux. La Commission et le Parlement européen devraient avoir honte.

 
  
MPphoto
 

  James Nicholson (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, je mange une pomme que m’a gentiment offerte M. Busk. Il distribue des pommes à l’extérieur donc si certains membres souhaitent aller en chercher une, je suis certain que M. Busk leur offrira avec grand plaisir.

Je pense qu’il s’agit là d’un excellent rapport. Comme l’a dit Mme Harkin, ce n’est pas tous les jours que nous pouvons venir dans cette Assemblée faire l’éloge d’une initiative qui nous semble terriblement bonne. Nous devons néanmoins dégager des fonds plus importants afin que nos jeunes puissent accéder et prendre part à ce programme et en tirer le plus possible, car il s’agit là d’une des rares occasions où nous avons quelque chose à offrir. Nous passons notre temps à nous plaindre et à lire dans la presse et dans les médias que les problèmes d’obésité deviennent de plus en plus courants chez les jeunes écoliers. Il n’en reste pas moins que nos jeunes d’aujourd’hui sont formidables! Mais peut-être sont-ils soumis à des pressions auxquelles nous n’avons pas été confrontés nous-mêmes dans le passé. Je pense qu’il s’agit d’une bonne occasion de leur donner la possibilité de prendre de bonnes habitudes alimentaires. Je me félicite de cette proposition, je la soutiens de tout cœur et je félicite tous ceux qui y ont contribué.

 
  
MPphoto
 

  Silvia-Adriana Ţicău (PSE). – (RO) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, la Commission européenne a proposé d’allouer 90 millions d’euros du budget communautaire pour mettre en place un programme dans le cadre duquel chaque enfant âgé de 6 à 10 ans pourra recevoir un fruit ou une portion de légumes chaque semaine.

Je demande instamment aux États membres d’étendre ce programme, ainsi que le financement y étant associé, tant au niveau européen que national, afin que tous les enfants, y compris ceux d’âge préscolaire, puissent recevoir un fruit chaque jour. J’espère que nous approuverons la proposition visant à porter le budget à 500 millions d’euros. Je me félicite que ce programme soit limité aux fruits et légumes frais produits dans l’Union européenne. Ils devraient être saisonniers et être issus de l’agriculture locale et biologique.

Je voudrais vous présenter une initiative similaire lancée par le gouvernement roumain pas plus tard qu’en 2003. Dans le cadre de ce programme, tous les enfants des niveaux préscolaire et primaire reçoivent chaque jour un verre de lait et une brioche fraîche. L’introduction d’un régime alimentaire approprié pour les enfants de niveaux préscolaire et primaire fait partie intégrante de l’éducation à la santé que nous nous devons de donner à la jeune génération.

 
  
MPphoto
 

  Zdzisław Zbigniew Podkański (UEN).(PL) Monsieur le Président, offrir des fruits aux enfants de primaire et de secondaire est sans aucun doute une bonne idée, puisqu’elle présente non seulement une dimension économique, mais aussi une dimension sociale bien plus étendue. En effet, elle permettrait de développer de bonnes habitudes alimentaires et d’améliorer l’état de santé général de la société. Il ne fait aucun doute que 90 millions d’euros, c’est insuffisant pour assurer le bon fonctionnement de ce programme. Une participation des autorités nationales et des organes chargés du financement des établissements scolaires, ainsi que de la communauté au sens large serait donc souhaitable. J’espère que le programme en faveur de la consommation de fruits à l’école fera l’objet d’un large soutien et que les efforts de M. Busk n’auront pas été vains.

 
  
MPphoto
 

  Ilda Figueiredo (GUE/NGL).(PT) Nous devrions souligner l’importance que revêt l’établissement d’un régime adéquat pour la distribution gratuite et quotidienne de fruits et légumes frais de saison dans les écoles, la priorité devant être accordée aux enfants de niveau préscolaire et primaire. Ce programme est essentiel compte tenu des effets positifs qu’il pourrait avoir en termes d’alimentation saine, de santé publique et pour la lutte contre la pauvreté infantile et étant donné l’impulsion et l’encouragement qu’il pourrait donner aux produits régionaux, y compris ceux des régions montagneuses, produits localement par nos agriculteurs.

Cela nécessite cependant un financement bien plus important que celui proposé par la Commission européenne. Par conséquent, Madame la Commissaire, les propositions déposées par la commission de l’agriculture et du développement rural, et auxquelles nous avons également contribué, devraient être prises en considération. Je tiens également à féliciter notre rapporteur pour le travail qu’il a réalisé.

 
  
MPphoto
 

  Neil Parish (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, je salue la proposition de la commissaire relative à la consommation de fruits à l’école. Il est indispensable que nous mettions ce programme en place. Je la rejoins également lorsqu’elle souligne l’importance de la subsidiarité, car nous voulons un système qui ne soit pas trop bureaucratique, afin que nous puissions effectivement le mettre en place dans nos écoles. Je pense également que nous devons faire preuve de flexibilité en ce qui concerne le type de fruits à offrir, car, à certaines périodes de l’année, il sera très difficile d’avoir des fruits frais et nous devrons peut-être recourir, à l’occasion, à des fruits transformés. Efforçons-nous de ne pas adopter trop d’amendements normatifs, mais plutôt de faire en sorte que ce programme soit accepté.

Je pense également que, parmi les propositions formulées par le Parlement concernant le montant du financement nécessaire, il y en a une ou deux qui sont excessives. Parce que, si ce Parlement avait le pouvoir de codécision, il devrait également approuver le budget, et pas seulement la procédure. Si nous voulons rester crédibles, il nous faut proposer un programme qui sera finançable et qui permettra de distribuer des fruits aux enfants qui en ont le plus besoin. Alors seulement, ces enfants pourront prendre de bonnes habitudes et continuer à manger des fruits à l’avenir. Ce n’est rien d’autre qu’un programme.

Permettez-moi de dire à M. Titford que ce qui m’importe, ce n’est pas que les fruits soient fournis par l’Europe, par la Grande-Bretagne ou par la France, mais qu’ils atterrissent dans l’assiette de nos enfants.

 
  
MPphoto
 

  Christel Schaldemose (PSE). - (DA) Monsieur le Président, chers collègues, je suis en principe opposée aux aides agricoles et à toute extension de celles-ci, mais lorsqu’il s’agit d’améliorer la santé de nos enfants, je pense que nous avons effectivement beaucoup de choses à faire. Toutes les organisations qui luttent contre les maladies ont unanimement recommandé l’introduction de programmes visant à favoriser la consommation de fruits dans les écoles. Même de petites quantités de fruits semblent suffire à améliorer sensiblement la santé. Je soutiens donc de tout cœur la proposition de la Commission. Cependant, je pense qu’il faut que les fruits et la santé restent la préoccupation première. Je suis, par conséquent, opposée à la proposition de la commission de l’agriculture et du développement rural visant à imposer que les fruits proviennent uniquement de l’UE. Ce serait une grosse erreur. Je pense que l’accent doit être mis sur la santé des enfants et non sur la santé économique du secteur agricole.

 
  
MPphoto
 

  Michel Barnier, président en exercice du Conseil. Monsieur le Président, juste quelques mots pour donner mon sentiment aux conclusions de ce débat qui a été extrêmement enthousiaste et consensuel. D’une manière générale, je le trouve même à l’image de l’initiative, très originale, de Niels Busk ou d’Esther de Lange. Le débat montre une quasi unanimité derrière ce programme proposé par la Commission européenne pour inciter les jeunes Européens à consommer davantage de fruits et légumes. Je vais vous dire, Mesdames et Messieurs les députés, que le Conseil des ministres partage également cet attachement, et nous allons nous efforcer de dégager un consensus sur la base de la position que vous allez prendre avec le Conseil dans ses grandes lignes.

Je reviendrai simplement sur quatre points que je considère comme importants dans vos remarques. D’abord, sur la question du budget consacré à cette opération. Le volontarisme dont fait preuve le Parlement montre bien votre attachement à cette initiative, et j’en suis heureux. Je ferai le compte rendu de cette proposition au Conseil et je suis d’accord avec Mariann Fischer Boel sur le fait que les 90 millions que mentionne sa proposition ne sont pas, a-t-elle dit, gravés dans le marbre.

Deuxièmement, la préoccupation majeure que nous avons tous est de donner des fruits diététiques et d’apporter aux jeunes une offre de produits sains, sans sucre ajouté; c’est un deuxième point que je note.

Un troisième point concerne la valorisation des produits locaux pour faire connaître la qualité des produits communautaires. J’ajoute d’ailleurs, en référence à la préoccupation exprimée tout à l’heure par M. Casaca sur les régions ultrapériphériques, qu’il y a, dans le marché communautaire, des produits qui sont issus de ces régions ultrapériphériques – qui font partie intégrante de notre Union européenne -, et qui sont des produits de grande qualité. C’est cela aussi le sens de vos délibérations, et ce souci-là recueille également un soutien au sein du Conseil des ministres.

Enfin, c’est une position également concordante avec celle du Conseil, vous l’avez évoquée: pour ce type d’action, il faut un cadre communautaire, c’est celui qui vous est proposé; mais il faut aussi laisser aux États membres les souplesses, les flexibilités nécessaires pour mettre en œuvre ce programme au plus près des collectivités, des associations et des citoyens.

En conclusion de ces quatre points, Mesdames et Messieurs, je voudrais redire que cette initiative ponctuelle est, bien sûr, limitée budgétairement, mais qu’elle est une initiative emblématique d’une Europe concrète et agissante, d’une Europe qui prend en compte les nouveaux enjeux de notre société et surtout, Mesdames et Messieurs, d’une Europe qui s’invitera dans les écoles et qui aura ainsi à parler et à interpeller positivement la jeunesse européenne.

Je pense que l’image que nous donnons tous à travers cette initiative de la Commission est celle d’une Europe concrète et citoyenne. C’est celle qu’attendent les citoyens européens.

 
  
MPphoto
 

  Mariann Fischer Boel, membre de la Commission. (EN) Monsieur le Président, je tiens à vous remercier pour le large soutien que vous avez apporté à cette proposition de la plus haute importance.

Permettez-moi de dire à M. Titford et à Mme Goudin que prétendre que cette proposition s’apparente à de la propagande est une absurdité.

(Applaudissements)

Comme bon nombre d’entre vous l’ont souligné, ce programme avait pour but de donner de bonnes habitudes alimentaires aux écoliers. Je suis presque sûre que si nous le gérons de manière intelligente, en nous fondant sur les expériences que nous avons déjà acquises grâce au programme irlandais «Food Dudes», nous pourrons alors faire de grandes choses. Ensuite, en 2012, nous verrons si nous pouvons encore améliorer le système.

Je rejoins totalement Mme Salinas Garcia lorsqu’elle dit que nous pouvons utiliser ce programme de manière éducative, non seulement pour apprendre aux enfants à manger plus de fruits et de légumes, mais également pour leur expliquer d’où proviennent ces aliments, à quel point ils sont importants, etc.

J’attends avec impatience de pouvoir trouver, en compagnie de M. Barnier, le juste équilibre qui permettra à la fois de satisfaire le Conseil et d’améliorer la santé de nos jeunes.

 
  
MPphoto
 

  Niels Busk, rapporteur. (DA) Monsieur le Président, je voudrais remercier mes collègues pour leurs nombreuses contributions positives et, dans ce contexte, je voudrais également vous remercier, Madame la Commissaire, pour votre coopération particulièrement constructive. En réalité, ça ne me surprend pas, puisque notre coopération avec vous et votre cabinet est toujours très fructueuse. Je voudrais également vous remercier, Monsieur le Ministre. J’ai eu beaucoup de plaisir à coopérer avec vous et avec la présidence française, car vous avez pris le temps - et c’est suffisamment rare pour être souligné - de réellement discuter de toutes ces questions en profondeur. C’est une chose que la présidence n’a pas toujours le temps de faire. Je voudrais également rappeler à toutes les personnes présentes dans cette Assemblée que toutes les interventions formulées aujourd’hui ont appelé à ce qu’une somme supérieure aux 90 millions d’euros proposés soit mobilisée. Je voudrais vous rappeler ce fait en vous faisant simplement remarquer que, si nous ne mobilisons pas plus d’argent, ce programme deviendra un énorme appareil administratif qui ne distribuera en fait que très peu de fruits. C’est une chose que nous ne pouvons pas permettre si nous souhaitons réellement contribuer à modifier les habitudes alimentaires de nos enfants, ce qui est malheureusement absolument nécessaire.

 
  
MPphoto
 

  Le Président. − Le débat est clos.

Le vote aura lieu le mardi 18 novembre 2008.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
MPphoto
 
 

  Ivo Belet (PPE-DE), par écrit. (NL) Nous sommes déterminés à soutenir de toutes nos forces tous les projets visant à offrir, dans les écoles, un fruit par jour à tous les jeunes de moins de 12 ans. L’école joue un rôle fondamental pour leur inculquer une bonne hygiène de vie. Une alimentation saine et la pratique suffisante d’une activité physique pourrait aider à prévenir l’obésité. Les enfants qui apprennent à aimer les fruits à l’école continueront à en manger à l’âge adulte. De nombreuses écoles déploient déjà des efforts considérables pour offrir aux enfants un fruit chaque jour, mais leurs moyens financiers sont limités. Il est dès lors essentiel que ce programme bénéficie d’un soutien financier communautaire.

Nous voudrions donc demander à la Commission européenne et au Conseil d’écouter leur cœur et de revoir le budget à la hausse. Après tout, c’est la santé de nos enfants qui est en jeu, et cet investissement sera récompensé un jour.

 
  
MPphoto
 
 

  Šarūnas Birutis (ALDE), par écrit. – (LT) Il est essentiel que le principe de subsidiarité soit appliqué lors de la mise en œuvre de ce programme, de façon à ce que les États membres puissent déterminer eux-mêmes l’âge des enfants qui seront visés par ce programme et le type de fruits et de légumes qui sera distribué. Je pense également que les produits d’origine communautaire devraient avoir la priorité. Cependant, nous ne devrions pas refuser les produits provenant de pays tiers, étant donné que cela constituerait une violation des règles de concurrence et de l’Organisation mondiale du commerce.

Je pense que l’administration de ce programme devrait être simplifiée autant que possible, c’est pourquoi je propose que nous abandonnions les règles relatives à l’élaboration d’une stratégie. Imposer l’élaboration d’une stratégie nationale pour la mise en œuvre d’une seule mesure, dotée, qui plus est, d’un budget relativement limité, est une exigence qui me semble excessivement stricte. Au lieu d’une stratégie, nous pourrions demander aux États membres de préparer des règles nationales d’administration, incluant certaines dispositions définies dans les règles de mise en œuvre présentées par la Commission. Je voudrais que tout le monde réfléchisse à la nécessité d’une organisation stratégique au moment de préparer les règles de mise en œuvre du programme (ce point revêt une importance particulière pour la Lituanie en raison de son administration).

La mise en œuvre du programme en faveur de la consommation de fruits frais à l’école devrait être soutenue par des fonds supplémentaires provenant des budgets nationaux, puisque le programme devrait être en partie financé par les États membres. Cependant, en dépit de la crise financière actuelle, nous devons prendre des mesures à long terme pour protéger la santé de nos enfants et adolescents. Ne nous déchargeons pas de cette responsabilité.

 
  
MPphoto
 
 

  Magor Imre Csibi (ALDE), par écrit. – (RO) La proposition de règlement visant à mettre en place un programme de distribution de fruits dans les écoles s’inscrit dans une série d’initiatives lancées par la Commission dans le but de lutter contre l’obésité et de promouvoir un régime alimentaire sain.

Le budget de 90 millions d’euros proposé par la Commission sera insuffisant pour atteindre les objectifs du programme. L’initiative du groupe ALDE, qui propose de porter le financement communautaire à 360 millions d’euros, constitue un pas important dans la bonne direction. Les États membres apporteront eux aussi leur contribution, portant le budget final à 720 millions d’euros. Je crois sincèrement que ce n’est qu’avec un budget de cette ampleur que le programme pourra produire ses effets. Nous serons ainsi en mesure d’offrir un nombre acceptable de fruits par semaine à des élèves âgés de 6 à 10 ans.

Dans le même temps, je voudrais encourager les établissements scolaires à intégrer dans le programme des cours de nutrition visant à expliquer la théorie permettant de comprendre pourquoi il est important d’avoir un régime alimentaire sain. Ce n’est que grâce à des efforts conjoints et coordonnés que nous réussirons à modifier les habitudes alimentaires des futures générations.

 
  
MPphoto
 
 

  Urszula Gacek (PPE-DE), par écrit. (EN) Je suis ravie de pouvoir soutenir ce programme qui vise à distribuer des fruits aux écoliers afin de les encourager à adopter des habitudes alimentaires plus saines dès le plus jeune âge. J’espère que ce projet permettra de modifier les habitudes alimentaires des plus jeunes membres de notre société européenne. Des études à long terme ont montré que les habitudes alimentaires acquises pendant l’enfance servaient généralement de modèle pour toute la vie. Elles peuvent influencer non seulement cette génération d’enfants, mais également leurs enfants à eux. Plus intéressant encore, il a été révélé que les préférences alimentaires des enfants avaient une incidence sur les habitudes alimentaires de leurs parents. Espérons que ce programme extrêmement utile nous aidera tous à être en bonne santé et en pleine forme.

 
  
MPphoto
 
 

  Bogdan Golik (PSE), par écrit. – (PL) Je suis ravi que nous mettions en place un programme communautaire visant à encourager la consommation de fruits à l’école. Les effets positifs de ce programme peuvent être vus à plusieurs niveaux: social, économique et financier.

En tant que membre de la commission de l’agriculture et du développement rural, je constate que ce programme aura également des effets très positifs sur l’agriculture et la fruiticulture européennes, puisqu’il entraînera une augmentation de la demande de fruits et le maintien de niveaux élevés de production en Europe. Je suis également un père, et en tant que tel, je vois un résultat positif qui peut difficilement être traduit en chiffres: la santé de la nouvelle génération. Il est extrêmement important d’augmenter la proportion de fruits et de légumes dans le régime alimentaire des enfants en âge d’aller à l’école, car c’est à ce moment que se développent leurs habitudes alimentaires.

En Pologne, on estime la consommation de fruits et de légumes à environ 250 g par personne par jour. Ce niveau est parmi les plus bas de la Communauté: seules la République tchèque, la Lettonie et la Slovaquie font encore moins bien. La moyenne communautaire est de 380 g, alors que l’Organisation mondiale de la santé/Organisation pour l’alimentation et l’agriculture recommandent de manger quotidiennement 400 g de fruits et de légumes.

J’espère que le programme en faveur de la consommation de fruits à l’école sera bientôt introduit dans tous les établissements scolaires de l’Union européenne et qu’il restera un élément permanent de sa politique éducative.

 
  
MPphoto
 
 

  Gyula Hegyi (PSE), par écrit. – (HU) Le fait que l’Union européenne souhaite encourager la consommation de fruits à l’école est sans aucun doute à saluer. Une nutrition saine pendant l’enfance favorise l’adoption d’une bonne hygiène de vie à l’âge adulte et un enfant bien éduqué à ces questions contribuera également à promouvoir une nutrition saine auprès de sa famille et de ses amis. Les personnes chargées de la mise en œuvre de ce programme doivent également examiner de près le type de fruits qu’ils souhaitent offrir aux enfants.

Ce serait une grave erreur de fournir aux écoles des fruits remplis de résidus de pesticides et donc difficiles à vendre. Par conséquent, ce programme doit être mis en œuvre de façon à ne fournir aux écoles que des fruits sains contenant des niveaux de pesticides bien en dessous des limites maximales acceptées. De même, il est souhaitable, dans l’intérêt d’une nutrition saine, d’utiliser avant tout des fonds communautaires afin d’offrir des fruits produits dans la Communauté, qui contiennent moins de sucre et plus de fibres, plutôt que des bananes, par exemple.

 
  
MPphoto
 
 

  Marusya Ivanova Lyubcheva (PSE), par écrit. (BG) Madame la Commissaire,

Le programme en faveur de la consommation de fruits à l’école est une mesure particulièrement importante, et ce à plusieurs égards. En effet, il vise à:

- offrir un régime alimentaire sain et équilibré aux enfants;

- prévenir les maladies;

- créer un nouveau modèle et une nouvelle méthodologie dans les régimes alimentaires de la nouvelle génération, afin de remplacer progressivement la restauration rapide.

Il ne s’agit pas seulement d’encourager la consommation de fruits, mais de promouvoir des habitudes alimentaires saines et équilibrées. Il existe de nombreux spécialistes capables de déterminer quelles sont les fruits les plus appropriés sur la base de critères pertinents.

D’un autre côté, le programme en faveur de la consommation de fruits à l’école permettra de fournir un véritable soutien aux producteurs agricoles ainsi qu’une aide financière aux États membres. Cela est particulièrement important dans les nouveaux États membres, qui rencontrent des difficultés à approvisionner les cantines dans les écoles, en dépit de tous leurs efforts. En Bulgarie, par exemple, l’État subventionne un programme de repas dans les cantines scolaires, mais est incapable de couvrir les besoins de tous les élèves. Dans ce contexte, une aide de l’Union européenne s’avèrerait extrêmement utile. Naturellement, nous devons insister sur l’utilisation des produits issus de l’agriculture biologique dans le cadre de ce programme et veiller à ce que celui-ci soit mis en œuvre de manière effective.

 
  
MPphoto
 
 

  Dumitru Oprea (PPE-DE), par écrit. – (RO) Les maladies dont nous souffrons aujourd’hui sont dues à notre régime alimentaire, mais elles peuvent être soignées par l’adoption de bonnes habitudes.

Je soutiens la distribution de fruits dans les écoles. Je ne peux m’empêcher de penser qu’en Roumanie, les enfants reçoivent gratuitement un verre de lait et une brioche depuis 2002. Si au départ, nous étions déjà extrêmement satisfaits de pouvoir offrir cet avantage aux enfants des écoles primaires, depuis 2006, cette mesure a également été étendue aux enfants de niveau préscolaire et, depuis 2007, aux enfants du secondaire. Le programme européen en faveur de la consommation de fruits à l’école viendra, du moins en Roumanie, compléter le programme susmentionné.

Les avantages qui en découlent sont nombreux. Je voudrais en mentionner au moins deux:

- Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les enfants de moins de 11 ans devraient consommer au moins 400 grammes de fruits et légumes par jour. Je pense également à la résolution du Parlement européen du 25 septembre 2008 sur le Livre blanc sur la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité. N’oublions pas que la nourriture et la manière dont nous mangeons jouent un rôle décisif pour nous aider à préserver notre santé.

- Les disparités seront réduites: les enfants sont issus de différents milieux socio-économiques, certains d’entre eux étant nettement défavorisés.

 
  
MPphoto
 
 

  Siiri Oviir (ALDE) , par écrit. (ET) Dans le Livre blanc sur la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité, qui a également été adopté par le Parlement européen cette année, des experts soulignaient qu’aujourd’hui, près de 22 millions d’enfants en Europe sont en surcharge pondérale et plus de 5 millions sont obèses. D’après leurs prévisions, ces experts s’attendaient également à ce que l’on dénombre 1,3 million de nouveaux cas l’an prochain.

Selon le rapport sur la santé mondiale de l’Organisation mondiale de la santé, la consommation insuffisante de fruits et de légumes figure parmi les sept plus grands risques pour la santé. À cet égard, le Parlement avait proposé à la Commission européenne d’inscrire dans le budget de l’UE les ressources financières nécessaires pour répondre à ce problème.

Aujourd’hui, la Commission européenne a préparé une mesure de secours qui soutient notre ancienne initiative. À l’instar du programme de distribution de lait dans les écoles, cette mesure permettra d’offrir des fruits et des légumes aux enfants âgés de 6 à 10 ans dans les écoles de l’UE, et ce dès l’année scolaire 2009/2010.

Il s’agit là d’un véritable investissement pour l’avenir, qui aidera à prévenir ou réduire les dépenses en matière de soins de santé découlant de nos mauvaises habitudes alimentaires. J’espère que la Commission européenne acceptera encore une fois de prendre en considération les propositions qui ont été faites et qu’elle augmentera le financement existant de 90 millions à 500 millions d’euros, ce qui permettrait d’offrir cette mesure chaque jour d’école et d’en faire profiter un plus grand nombre d’enfants.

Je vous remercie de votre attention.

 
  
MPphoto
 
 

  Daciana Octavia Sârbu (PSE), par écrit. – (RO) La proposition de la Commission visant à favoriser la consommation de fruits à l’école aura des effets positifs sur la santé des citoyens de l’Union européenne, apportant ainsi une importante contribution au développement économique et social de chaque État membre. Les habitudes alimentaires se forment pendant l’enfance et peuvent être conservées pendant toute la vie.

Les écoles constituent le meilleur point de départ pour encourager ce type de comportement, puisqu’elles représentent la deuxième forme d’autorité, après la famille, étant en contact direct avec les enfants et ayant une influence considérable sur eux.

Ce programme, combiné au lancement d’un programme d’éducation en matière de nutrition dans les écoles, produirait davantage de résultats en termes de développement de préférences pour un régime alimentaire sain, qui inclut des fruits et des légumes. Avant tout, les enfants doivent être éduqués et encouragés à manger ce type de produits à valeur nutritionnelle élevée, pour que ce programme puisse atteindre son objectif, à savoir prévenir les maladies relatives à l’obésité, la malnutrition ou le diabète, qui peuvent se déclarer à l’âge adulte.

Les amendements proposés par le Parlement contribueront à améliorer grandement le texte de la Commission en allouant une enveloppe de 500 millions d’euros par an pour financer l’introduction de ce programme et offrir aux élèves des fruits et des légumes, ce qui aura pour effet de stimuler la production agricole au niveau de l’Union européenne.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. COCILOVO
Vice-président

 
Avis juridique - Politique de confidentialité