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Procédure : 2009/2504(RSP)
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RC-B6-0051/2009

Débats :

PV 14/01/2009 - 8
CRE 14/01/2009 - 8

Votes :

PV 15/01/2009 - 6.3
CRE 15/01/2009 - 6.3

Textes adoptés :

P6_TA(2009)0025

Débats
Mercredi 14 janvier 2009 - Strasbourg Edition JO

8. Situation au Moyen-Orient/Gaza (débat)
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PV
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  Le Président. − L’ordre du jour appelle les déclarations du Conseil et de la Commission sur la situation au Moyen-Orient/Gaza.

C’est un grand plaisir pour moi de saluer M. Karel Schwarzenberg, président en exercice du Conseil et ministre tchèque des affaires étrangères, qui doit se rendre en Afrique du Sud aujourd’hui. Les présidences antérieures s’arrangeaient pour remplacer leur ministre des affaires étrangères par un représentant. C’est la raison pour laquelle nous apprécions particulièrement votre présence ici aujourd’hui, Monsieur Schwarzenberg. Je vous souhaite de tout cœur la bienvenue!

Nous sommes également ravis de la présence – comme c’est pratiquement toujours le cas – de la commissaire compétente, Benita Ferrero-Waldner. Vous le savez, elle est également très au fait des problèmes liés au conflit du Moyen-Orient et, comme M. Schwarzenberg, elle s’est déjà rendue dans la région. Je vous salue également très chaleureusement, Madame la Commissaire.

 
  
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  Karel Schwarzenberg, président en exercice du Conseil. − (EN) Monsieur le Président, je vous remercie vivement de me donner la parole dans ce débat opportun sur la situation dramatique au Moyen-Orient.

Depuis le début de la campagne militaire israélienne dans la bande de Gaza, le 27 décembre, nous avons assisté à une forte détérioration de la situation sur tous les plans. Les conséquences humanitaires de cette opération sont dramatiques pour la population de Gaza. Depuis le début de l’opération, plus de 900 Palestiniens sont morts, dont environ 30% étaient des femmes et des enfants. Nous sommes profondément troublés par les pertes civiles, et ce point a été réaffirmé à maintes reprises dans nos déclarations présidentielles. L’Union européenne déplore la poursuite des hostilités, qui ont eu pour conséquence un grand nombre de ces victimes civiles, et nous tenons à exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes.

Nous sommes particulièrement inquiets d’incidents tels que l’attaque de l’école de l’ONU à Jebaliya, ou les tirs contre les convois humanitaires qui ont provoqué la mort de travailleurs humanitaires. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, plus de 4 200 Palestiniens ont été blessés. D’après cet organisme des Nations unies, on estime que 28 000 personnes ont été déplacées depuis le début des hostilités. Un grand nombre d’entre elles cherchent refuge dans les abris, le reste des personnes déplacées à l’intérieur de la bande étant hébergé chez des parents.

Les plus grands besoins humanitaires sont liés au nombre important des blessés et à la situation des services de santé, qui sont débordés, alors que les personnes déplacées et les familles d’accueil ont besoin d’une assistance spécifique, par exemple en ce qui concerne la nourriture, les abris, l’eau et les articles non alimentaires. Le système d’approvisionnement en eau ayant été gravement endommagé et ayant besoin d’être réparé de toute urgence, la population de Gaza n’a guère accès à l’eau potable. Par conséquent, l’approvisionnement en eau potable revêt la plus haute importance.

Toutes les catégories de la population souffrent également d’une pénurie alimentaire. Depuis le 4 novembre de l’année dernière, le personnel des ONG étrangères n’a pas été autorisé à accéder à Gaza pour apporter une aide humanitaire et assurer une supervision adéquate de cette aide. Par ailleurs, le nombre de camions entrant dans la bande de Gaza a augmenté depuis que les opérations militaires ont débuté. La moyenne quotidienne actuelle de 55 camions reste cruellement insuffisante si l’on considère la nécessité d’au moins 300 camions par jour pour couvrir les besoins des 80 % de la population devenus dépendants de l’aide.

L’Union européenne a suivi de très près, depuis le début, ces événements tragiques. Trois jours après le début de l’opération, les ministres des affaires étrangères se sont réunis en session extraordinaire à Paris pour discuter de la situation. Ils sont convenus de la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et permanent ainsi que d’une action humanitaire immédiate, afin d’accélérer le processus de paix. Ce sommet avait pour principal objectif de contribuer à mettre fin aux violences et d’atténuer la crise humanitaire. La présidence a dirigé une mission diplomatique au Moyen-Orient. La troïka des ministres de l’Union européenne s’est rendue dans la région du 4 au 6 janvier pour participer à des réunions en Égypte, en Israël, avec l’Autorité palestinienne, mais aussi en Jordanie. Le Haut Représentant a également visité la Syrie, le Liban et la Turquie.

Les grandes lignes d’une solution à la crise ont commencé à se dégager. Tout d’abord, il doit y avoir un arrêt inconditionnel des tirs de roquettes du Hamas sur Israël, et l’action militaire israélienne doit cesser pour permettre un acheminement durable de l’aide humanitaire et le rétablissement des services publics et des soins médicaux, dont l’absence se fait cruellement sentir. Le cessez-le-feu de six mois, qui a expiré le 19 décembre, était loin d’être parfait. Israël a subi des tirs périodiques de roquettes, et savait que son adversaire était en train d’accroître sa puissance de feu. Gaza a subi un blocus économique réellement pénalisant qui a durement compromis son développement économique.

Afin de parvenir à un cessez-le-feu durable, nous devons chercher un compromis raisonnable, débouchant sur la fin des tirs de roquettes et la réouverture des points de passage. Une solution viable doit régler le problème des tunnels franchissant les frontières, en particulier le long de la route Philadelphie, afin d’empêcher la contrebande d’armes. Elle doit également conduire à l’ouverture systématique et contrôlée de tous les points de passage des frontières afin permettre à l’économie de Gaza de se développer.

Nous pensons que le déploiement de missions internationales destinées à surveiller le respect du cessez-le-feu et à jouer un rôle d’intermédiaire entre les deux parties pourrait être utile. À cet égard, l’Union européenne est disposée à envoyer de nouveau ses observateurs au point de passage de Rafah et à étendre le mandat de la mission frontalière en termes de portée et de contenu. Nous avons conscience du fait qu’Israël a accepté de respecter une accalmie quotidienne pour permettre à la nourriture, au carburant et aux médicaments, dont la population a désespérément besoin, d’entrer dans la bande de Gaza. Toutefois, seul un cessez-le-feu total et immédiat permettrait l’acheminement et la distribution en grande quantité de l’aide humanitaire, dont Gaza a si cruellement besoin, ainsi que la reprise des services publics élémentaires. Israël doit garantir un accès sûr et sans entrave de l’aide humanitaire et d’autres approvisionnements, y compris la nourriture, les médicaments et le carburant, à la population civile palestinienne de la bande de Gaza, ainsi que la sécurité du passage des civils et du personnel humanitaire à l’entrée et à la sortie de la bande de Gaza.

Mais même une solution durable et globale dans la bande de Gaza ne suffira pas à rétablir la paix dans la région. Nous devons relever des défis plus vastes et plus complexes. Il nous faut une nouvelle stratégie globale, associant toutes les parties, et qui traite de la situation politique interne palestinienne, ainsi qu’une reprise des pourparlers de paix, qui ont été suspendus à cause de la crise de Gaza. La réconciliation entre Palestiniens et la mise en place d’un gouvernement représentatif des aspirations du peuple palestinien sont plus que jamais nécessaires. Nous appuyons donc les efforts de médiation entrepris par l’Égypte conformément aux résolutions adoptées par la Ligue arabe le 26 novembre 2008.

Comme il est souligné dans les conclusions du CAGRE de décembre 2008, l’Union européenne est prête à soutenir tout gouvernement palestinien stable menant des politiques et des actions conformes aux principes du Quartette. L’Union européenne souligne la nécessité de parvenir à une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient, et appelle à la reprise des négociations israélo-palestiniennes et à la résolution de toutes les questions en suspens dans le conflit israélo-palestinien, y compris l’ensemble des questions essentielles.

Une solution durable et globale dépendra en fin de compte des progrès réels réalisés dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient. Des efforts urgents et très importants de la part des différentes parties seront nécessaires pour parvenir à une paix globale, fondée sur la vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte dans la paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues.

La dernière flambée de violence au Moyen-Orient pourrait bien avoir d’autres conséquences qu’un recul des perspectives de règlement pacifique du conflit entre Israël et la Palestine. Il ne faut pas négliger les dégâts politiques provoqués par ces combats. Ceux-ci contribuent non seulement à renforcer la polarisation et la radicalisation de la région, mais aussi à décrédibiliser plus encore les forces modérées. Seul un État palestinien viable peut apporter la sécurité à une région qui a n’a que trop longtemps souffert. Cela va dans le sens de l’intérêt d’Israël et de ses voisins. Par conséquent, des mesures urgentes doivent être prises sans délai pour réparer les dommages causés par l’action militaire, afin d’offrir à nouveau la possibilité d’une issue négociée équitable.

(Applaudissements)

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. − (EN) Monsieur le Président, je pense que nous aurions tous espéré un meilleur début d’année 2009. Malheureusement, nous sommes confrontés à un effroyable conflit à Gaza, qui en est maintenant à sa troisième semaine.

Celui-ci suscite une immense inquiétude. Nous en avons discuté hier lors d’une réunion avec la commission des affaires étrangères, la commission du développement et les membres du Parlement européen qui se sont rendus dans la bande de Gaza à la fin de la semaine dernière.

Le président en exercice du Conseil a déjà évoqué les terribles statistiques des morts et des blessés, qui s’aggravent chaque jour. Nous avons de plus en plus de témoignages faisant état de victimes de brûlures extrêmes, et les organismes d’aide signalent que la population souffre d’une grave pénurie de nourriture, de carburant et de médicaments, sans parler de la destruction de maisons et d’infrastructures.

Toutefois, Israël a également subi des pertes, et a dû faire face à des centaines de tirs de roquettes du Hamas sur son territoire, visant des civils israéliens. La guerre, hélas, engendre toujours d’immenses souffrances humaines, et cette guerre-ci ne fait pas exception. Par conséquent, au-delà de ses effets dévastateurs, elle repousse très loin les perspectives de paix, sape l’Initiative de paix arabe et pourrait éventuellement avoir des répercussions très négatives sur la stabilité de l’ensemble de la région.

Je voudrais décrire rapidement l’activité diplomatique que nous avons déployée ensemble pour mettre fin à ce conflit, puis examiner le moyen et le long terme. Nous avons été actifs depuis le tout premier jour, ce qui, je le pense, est important. Nous savons que nous ne sommes pas le principal acteur au Moyen-Orient, mais nous avons été, et sommes encore, un acteur important. Par conséquent, en réponse à la crise qui a éclaté, la réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne tenue à Paris le 30 décembre 2008 a été très importante en ce qu’elle a permis d’élaborer immédiatement des propositions - la Déclaration de Paris - afin de mettre un terme à ce conflit, propositions dont notre délégation s’est ensuite servie à l’occasion de notre visite au Moyen-Orient.

Nous pouvons distinguer trois éléments. En premier lieu, la Déclaration de Paris appelle à un cessez-le-feu humanitaire immédiat, y compris une cessation inconditionnelle des tirs de roquettes du Hamas sur Israël, mais aussi la fin de l’action militaire israélienne. Nous avons appelé à ce que le cessez-le-feu s’accompagne d’une ouverture normale et permanente de tous les points de passages frontaliers, comme le prévoit l’accord de 2005 en matière de circulation et d’accès. Nous avons fait part de notre volonté de redéploiement de la Mission d’assistance frontalière de l’UE (BAM) à Rafah pour permettre sa réouverture, et nous avons également indiqué que nous étions disposés à examiner la possibilité d’étendre l’aide à d’autres points de passage, à condition que nos préoccupations de sécurité reçoivent une réponse satisfaisante.

Deuxièmement, nous avons souligné l’urgence des besoins humanitaires, dont nous avons affirmé qu’il fallait y répondre. Sur ce point, nous avons instamment demandé la réouverture immédiate des points de passage pour permettre à la bande de Gaza de recevoir de l’aide médicale d’urgence, du carburant et de la nourriture, pour permettre l’accès des travailleurs humanitaires et l’évacuation des blessés.

Troisièmement, nous avons réitéré notre position selon laquelle il n’y a pas de solution militaire à ce conflit israélo-palestinien, et réaffirmé que le processus de paix est la seule façon d’avancer et que les efforts devront être intensifiés dès que nous parviendrons à un cessez-le-feu durable.

Comme vous l’avez entendu, notre mission a été menée en tandem avec une visite du président Sarkozy, qui avait prévu de faire un voyage en Syrie et au Liban, et qui a ensuite décidé de se rendre en Égypte et en Israël afin d’intensifier ces efforts, toujours sur la base de notre déclaration du 30 décembre 2008. La France préside actuellement le Conseil de sécurité, et cela a constitué une initiative importante.

Nous avons coordonné étroitement nos efforts, y compris une réunion conjointe tenue à Ramallah, lors de laquelle le président Sarkozy a décrit son plan de cessez-le-feu, auquel nous - la troïka - avions en quelque sorte ouvert la voie grâce à nos discussions avec les principales parties prenantes, en particulier l’Égypte et Jérusalem.

Ces efforts se renforcent mutuellement, envoyant un signal fort et uni de la part de l’Union européenne, et la troïka européenne a non seulement fait connaître cette position institutionnelle de l’UE, mais elle a également contribué à manifester notre présence. Je pense qu’il est important que le président Sarkozy se soit également rendu en Syrie, et que M. Solana l’ait accompagné en Syrie et au Liban, et ait également consulté la Turquie. Je pense que tout cela était nécessaire.

J’ai particulièrement insisté sur la situation humanitaire, comme cela a déjà été dit, et j’ai demandé en particulier l’ouverture des points de passage, mais aussi la possibilité d’un cessez-le-feu d’au moins quelques heures pour permettre aux organisations internationales d’effectuer leur travail. Israël a accepté certains de ces points et, dans le cadre des négociations avec le gouvernement israélien, j’ai également obtenu l’installation d’un fonctionnaire d’ECHO dans les locaux de la Force de défense israélienne afin de coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire avec les forces armées israéliennes, comme cela avait été fait durant la guerre au Liban, avec pour résultat une amélioration sensible de la coordination.

Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer mes remerciements à tous les courageux collègues qui continuent de travailler dans la bande de Gaza, à ceux de l’UNRWA et du CICR, avec lesquels nous coopérons et qui reçoivent une grande partie de notre financement, mais aussi à beaucoup d’autres.

(Applaudissements)

Je tiens également à présenter mes sincères condoléances aux familles de toutes celles et de tous ceux qui ont déjà été victimes de ce tragique épisode.

La Commission a également dégagé des fonds considérables pour l’aide humanitaire immédiate, et nous sommes prêts à en faire davantage encore à l’avenir.

Quels ont été les résultats de ces négociations? Comme le président en exercice l’a bien dit, elles contenaient les principaux éléments de la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui, quelques jours après la fin des négociations, avait été adoptée malgré l’abstention des Américains. Un cessez-le-feu immédiat, les engagements égyptiens de mettre fin à la contrebande à travers les tunnels, l’ouverture des points de passages à l’aide humanitaire, déploiement d’une force - peut-être avec une participation internationale et/ou les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne - destinée à surveiller les 15 km du corridor «Philadelphie» entre Gaza et l’Égypte.

Il semble que l’Autorité palestinienne ait accepté cette proposition, et qu’Israël et le Hamas soient en train de l’étudier. Nous estimons qu’il est capital qu’une solution fonctionne très prochainement. D’après les dernières informations dont je dispose, tout le monde se penche de très près sur cette solution, et dans quelques jours, nous aurons peut-être vraiment un cessez-le-feu. J’espère du moins que ce sera le cas.

À moyen terme, hélas, Israël et le Hamas ont tous deux rejeté cette résolution du Conseil de sécurité. J’espère cependant, sur la base de ces contacts quotidiens, qu’un accord pourra être atteint très bientôt. Il est important de dire et de reconnaître que l’Égypte a joué un rôle de premier plan dans les contacts directs avec le Hamas, et que, à cet égard, la visite du Président Sarkozy en Syrie, ainsi que les efforts de la Turquie, ont été cruciaux.

Je crois également savoir que le sommet des pays arabes pourrait se tenir au Qatar à la fin de cette semaine. Nous avons pour objectif, comme le montre cette intense activité diplomatique, de soutenir tous les acteurs qui ont une influence sur le Hamas en vue d’aider à mettre sur pied une solution durable telle que définie dans la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dès la conclusion de ce cessez-le-feu, nous devrons réfléchir, sans doute dans le cadre d’une conférence, à la façon de formuler des mesures plus concrètes pour répondre aux besoins humanitaires de la population palestinienne de Gaza. Nous devons toutefois affirmer clairement que, quoi que nous fassions, cela ne devra pas contribuer à un cycle sans fin de destruction et de reconstruction sans perspective de paix.

Si les conditions sont réunies, je pourrais revenir vers vous et demander votre aide pour apporter une contribution judicieuse aux efforts constructifs déployés, comme je l’ai déjà fait dans le passé. Vous savez que le Secrétaire général Ban Ki-moon est en tournée de la région, et nous espérons qu’il pourra lui aussi contribuer à cette réussite finale absolument indispensable si nous voulons obtenir ce cessez-le-feu durable.

Dans une perspective à long terme, nous devons bien avouer que l’offensive actuelle contribue de manière flagrante à un affaiblissement de la confiance entre Palestiniens et Israéliens. Les opérations militaires ne pourront jamais apporter une paix durable, et seul un accord politique négocié peut y parvenir. Le dialogue doit donc reprendre entre Israéliens et Palestiniens, mais aussi entre Palestiniens.

Une fois que les hostilités auront cessé, je pense qu’il importera de reprendre dans les plus brefs délais des négociations visant à une paix globale. Nous devons travailler sur ce point avec le nouveau gouvernement américain, afin de nous assurer qu’il est en mesure d’appuyer dès le départ des négociations bilatérales. À cet égard, je salue les engagements pris par le secrétaire d’État désigné, Hillary Clinton, lors de son audition d’hier devant le Sénat. Nous insisterons pour que les parties négocient sur le fond, et pas seulement sur les processus, et pour que le processus d’Anapolis parvienne enfin à une conclusion positive. Cette crise montre que la réussite de ce processus est plus urgente que jamais.

La question de la réconciliation palestinienne sera elle aussi centrale. Il est peu probable que cette opération vienne à bout du Hamas. Il peut en sortir affaibli militairement, mais politiquement renforcé. La position du Hamas selon laquelle le mandat du président Abbas arrive à échéance le 9 janvier est une autre question étroitement liée à la réforme de l’OLP et du Fatah. Pour parvenir à une paix durable, il est clair qu’une Autorité palestinienne forte se doit de parler au nom de tous les Palestiniens, et qu’elle doit s’engager en faveur d’une solution à deux États obtenue par des moyens pacifiques.

Le conflit dans la bande de Gaza a aussi, malheureusement, de possibles répercussions négatives sur le soutien régional en faveur du processus de paix. Les souffrances excessives de la population civile de Gaza ont entaché l’image d’Israël auprès de certains régimes arabes favorables à la paix. Les dirigeants d’Israël et la population israélienne devraient comprendre à quel point tout cela est néfaste pour leur aspiration à vivre en paix. Nous sommes leurs amis, et nous devons leur dire que nous avons cette démarche. Israël ne peut donc pas se permettre de perdre du temps dans la recherche de la paix.

Voici donc ma première brève analyse (pas si brève que cela), et nous devrons tenter de travailler à l’obtention de ce cessez-le-feu durable, pour être ensuite en mesure de continuer et de remettre les négociations de paix sur les rails avec un nouveau gouvernement américain.

 
  
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  José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, au nom du groupe PPE-DE. – (ES) Monsieur le Président, les 17 jours de combats à Gaza ont débouché sur une situation tout simplement navrante. Le pire, c’est bien sûr les pertes humaines, et notamment les civils et les enfants innocents, parce qu’il n’y a pas moyen de réparer. Toutefois, ce n’est pas tout, il ne faut pas oublier la destruction, le chaos, la haine et la vengeance. La cause palestinienne a divisé la population, les radicaux se sont renforcés aux dépens des modérés et un processus de paix a été complètement réduit à néant.

Comme l’a souligné le président en exercice, on a beau gagner toutes les batailles au cours d’une guerre, il en est une, la plus importante, que l’on peut perdre, à savoir la bataille pour la paix.

Monsieur le Président, au lieu d’essayer d’établir les responsabilités ou de jeter la faute sur une ou les deux parties, le plus important – comme vient de le dire la commissaire – est d’arriver à un cessez-le-feu immédiat, tel qu’inscrit dans la résolution 1860 de l’ONU. Comme vient de nous le rappeler le secrétaire général de l’ONU, les deux parties doivent respecter cette résolution.

Il est également vital d’améliorer la terrible situation humanitaire et économique dans la bande de Gaza, zone gérée – entre guillemets – par le Hamas, une organisation qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’UE. Toutefois, nous devons nous souvenir que le Hamas est non seulement une des causes du conflit, mais aussi une conséquence de circonstances dramatiques.

Monsieur le Président, mon groupe politique soutient et souhaite reconnaître les efforts accomplis par tous les groupes politiques de cette Assemblée pour appuyer la proposition de résolution que nous adopterons demain. Nous voulons également rendre hommage aux députés qui ont assisté aux négociations, et en particulier le représentant de mon groupe, M. Brok, dont la tâche était très difficile.

Monsieur le Président, mon groupe appuie les efforts de la Commission et du Conseil en vue d’arriver le plus vite possible à un cessez-le-feu, en collaboration avec les pays arabes – l’Égypte en particulier – et les autres membres du Quartet.

Hier, nous avons écouté avec beaucoup d’espoir la déclaration faite à la commission des relations extérieures du sénat américain par la future secrétaire d’État, Hillary Clinton, concernant l’établissement d’une diplomatie pragmatique, basée sur le dialogue et efficace.

Enfin, Monsieur le Président, j’en arrive au point le plus important: l’Union européenne est une union de valeurs dont la principale est la paix. Je crois qu’elle doit tout mettre en œuvre et utiliser tout son poids politique pour défendre cette cause, sans laisser nos pensées s’embrouiller ni nos cœurs s’endurcir à la vue d’un tel conflit.

(Applaudissements)

 
  
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  Martin Schulz, au nom du groupe PSE. – (DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, les débats du type de celui que nous avons aujourd’hui sont très pénibles pour nous tous. Cela s’explique par le fait qu’Israël est un ami et que de nombreuses personnes parmi nous – je suis particulièrement concerné – se sentent liées à ce pays par des liens d’amitié profonde. Or avec des amis, il est d’autant plus important de discuter ouvertement des sujets qui fâchent.

Jusqu’ici, le conflit a fait 1 000 victimes en 17 jours. Il s’agit d’un conflit sanglant, qui touche particulièrement les femmes et les enfants. Une résolution de l’ONU a été prise, qui constitue la base pour instaurer un cessez-le-feu immédiat et entamer les négociations. Il apparaît clairement que le conflit ne pourra être résolu que sur la base du droit international, et l’obligation de respecter le droit international et le droit humanitaire international doit être une évidence pour un pays démocratique fondé sur l’État de droit. C’est vraiment une honte que nous devions discuter de ce sujet. C’est pourquoi tout ce que nous pouvons faire pour surmonter la crise humanitaire, c’est appeler à un cessez-le-feu immédiat. Notre résolution, ce n’est pas que des mots, mais un appel essentiel à mettre fin directement et immédiatement aux massacres, à la famine et à la misère.

Il est assez clair que l’État d’Israël a le droit de se défendre. Il est en droit de se défendre contre les personnes qui veulent le détruire. Toutefois, un pays démocratique fondé sur l’État de droit doit toujours se demander si les moyens de se protéger sont proportionnés. Or, selon moi – et, je pense, la plupart de mes confrères au sein de cette Assemblée –, les moyens qu’il utilise ne sont pas proportionnés.

(Applaudissements à gauche)

Nous devons dire à nos amis israéliens, quelle que soit leur orientation politique, que nous savons bien que le Hamas n’est pas un mouvement pacifique. Nous savons qu’il est dirigé par des personnes qui ne partagent pas nos valeurs fondamentales. Bien sûr, chaque roquette tirée sur Israël est une attaque contre l’État, qui a le droit de se défendre, mais malgré tout, c’est une erreur de refuser le dialogue. Si le dialogue est une condition préalable fondamentale pour un développement pacifique, le refus du dialogue ne fait que perpétuer le conflit armé. Il faut dès lors procéder à un ajustement fondamental.

Il faudra instaurer un dialogue avec le Hamas. Si Israël ne peut s’y engager directement – je peux comprendre le point de vue des politiciens israéliens qui affirment qu’ils ne peuvent parler avec le Hamas, même si de nombreux citoyens du pays estiment qu’ils devraient le faire –, si les parlementaires et les membres du gouvernement ne le veulent pas, il existe des possibilités d’avoir recours à une médiation internationale. Par exemple, par le biais du Quartet, au sein duquel l’Union européenne peut notamment permettre une telle médiation sur le dialogue.

Il est fondamentalement faux de penser qu’en fin de compte, une solution militaire est possible à ce conflit du Moyen-Orient. J’estime que c’est fondamentalement faux quel que soit le camp qui y croit. Aucune solution ne peut être apportée par des actes terroristes, ni par une action militaire conventionnelle. La seule solution possible est le dialogue entre les parties au conflit, avec l’aide d’une médiation internationale.

Ce qu’il faut, c’est un cessez-le-feu immédiat, qui doit être garanti par le mécanisme fourni par la communauté internationale, si nécessaire avec l’aide d’une force multinationale composée notamment des États arabes, et des États musulmans en particulier. Cela serait un moyen d’arriver à un cessez-le-feu et à une amélioration immédiats.

Quand j’étais jeune et que je suis entré en politique, on m’a dit qu’on ne parlait pas avec les terroristes. À cette époque, le principal terroriste était Yasser Arafat. Quelques années plus tard, j’ai vu ce terroriste à la télévision recevoir le prix Nobel de la paix avec des politiciens israéliens. Ce qui était possible à ce moment-là peut également être possible à l’avenir. C’est pourquoi il faudrait notamment savoir si les progrès effectués sont suffisants pour permettre aux mécanismes disponibles de produire le dialogue nécessaire. Au nom de mon groupe, je souhaite remercier tout ceux, même au sein des autres groupes, qui ont travaillé à notre résolution. Si cette résolution, qui reçoit l’appui de tous les groupes de l’Assemblée – j’estime que c’est un bon signe –, peut aider à réchauffer l’atmosphère, nous aurons contribué, même de manière limitée, à mettre un terme aux massacres intolérables pour tous.

(Applaudissements à gauche)

 
  
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  Annemie Neyts-Uyttebroeck, au nom du groupe ALDE. – Monsieur le Président, Madame la Commissaire, il faudra bien un jour dire où est le bien et où est le mal, mais je crois qu’aujourd’hui, il est plus urgent de formuler nos exigences, qui sont: une trêve immédiate avec arrêt des lancements de roquettes vers Israël, arrêt des opérations israéliennes à Gaza et acheminement des secours humanitaires, un cessez-le-feu durable avec arrêt des trafics d’armes et de munitions, avec surveillance efficace de la frontière entre l’Égypte et Gaza, avec retrait des troupes d’Israël et réouverture des postes de passage et enfin, levée de l’embargo, et tout cela, simultanément.

Ce sera une phase extrêmement complexe qui nécessitera sans aucun doute ou très probablement la présence d’une force internationale, et moi je pense que l’Union doit se préparer à y participer. Je voudrais ajouter deux éléments.

Pour réussir, il faudra que l’Union européenne parle et agisse clairement et non pas en ordre dispersé. Les bons sentiments c’est très utile, mais l’efficacité c’est plus important. Il faudra aussi que les États-Unis s’engagent, ainsi que la Ligue arabe et ses pays membres.

J’ajouterai enfin que, pour offrir une réelle alternative à la situation à Gaza, Israël devra améliorer sensiblement la situation en Cisjordanie: 634 checkpoints, le dédoublement du réseau routier, des murs de 8 mètres de haut, plus les innombrables vexations infligées aux Palestiniens n’offrent pas une alternative assez séduisante aux habitants de Gaza pour les détourner du Hamas.

Enfin, je dis qu’inévitablement viendra le jour où il faudra que tout le monde parle à tout le monde.

(Applaudissements)

 
  
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  Cristiana Muscardini, au nom du groupe UEN. – (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, comme tout le monde, nous compatissons évidemment à cette situation, qui nous énerve, mais je crois qu’il est un devoir, au moins pour moi, de rejeter toute forme d’hypocrisie.

L’origine du problème remonte très loin: le droit légitime et sacro-saint des Palestiniens à avoir un État libre est couplé au droit tout aussi sacro-saint d’Israël d’être reconnu, et nous savons qu’Israël a été rayé de la carte dans de nombreux pays. Nous savons que la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne n’auraient certainement pas apprécié d’être rayées de la carte; ces pays n’auraient pas accepté d’être considérés comme inexistants. Nous savons que ce n’est pas Israël qui a commencé cette énième guerre et que le terrorisme demeure l’un des principaux problèmes.

C’est pourquoi je crois, Monsieur le Président, qu’en mettant de côté l’hypocrisie, nous sommes désormais dans l’obligation de commencer à réfléchir autrement. Nous ne pouvons penser que la mort de si nombreux civils justifie le dialogue avec les terroristes, car cela donne une excuse à tous les futurs terroristes qui utilisent la violence, la force et la mort pour obtenir une légitimité politique.

Je pense qu’en tant qu’Union européenne, nous devons enfin commencer à nous comporter de manière plus cohérente et trouver comment régler le problème des relations économiques avec les pays qui ne reconnaissent pas Israël, ainsi que fournir des couloirs humanitaires permettant aux civils, tant palestiniens qu’israéliens, de gagner un lieu sûr. Dans ce cas-ci, ce sont les Palestiniens qui sont le plus touchés. Cela étant dit, Monsieur le Président, je pense qu’il serait également juste de revoir notre position sur l’aide que nous avons fournie, et que nous fournissons encore, et sur laquelle nous n’avons aucun contrôle.

 
  
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  Daniel Cohn-Bendit, au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, chers collègues, la situation est sûrement à pleurer. L’espoir de paix et de sécurité, pour les uns et pour les autres, s’évapore dans la fumée de Gaza et sous les corps des morts, et des enfants, et des femmes, et des hommes, et des blessés. Nous sommes plus loin d’un espoir de sécurité que nous ne l’avons jamais été. Tous ceux qui pensent que cette guerre est, dans la logique de l’argumentaire israélien, une guerre qui se justifie par le fait qu’il y a eu l’attaque d’Israël par des roquettes, qu’il s’agit de donner une leçon aux Palestiniens, n’ont rien compris. Ils n’ont rien compris, car, donner une leçon, c’est une pédagogie noire qui n’a jamais fonctionné. Depuis Clausewitz nous savons que qui commence une guerre, doit savoir comment la finir, doit savoir quel est l’objectif. Or, l’objectif de cette guerre, c’est plus de sécurité pour Israël. Et nous pouvons dire, dès aujourd’hui, que l’objectif de cette guerre ne sera jamais atteint par cette guerre et la manière dont elle est menée. Plus on tue de civils, plus on tue de Palestiniens, moins il y aura de sécurité dans la région! C’est ça le drame, c’est ça la tragédie qui se passe en ce moment dans cette région. Et c’est pour cela que nous devons être clairs ici. Martin Schulz a raison: il faut protéger Israël d’Israël! Il faut protéger Israël de la tentation d’une solution qui passe par la guerre et l’armée. Il faut protéger les Palestiniens du Hamas. Il faut protéger les civils palestiniens du Hamas. Voilà notre tâche! Ce n’est pas facile, mais il faut être clair. Je demande au Conseil d’arrêter de penser en termes de upgrading, d’augmenter, d’améliorer les relations avec Israël tant que la situation est telle qu’elle est. C’est une mauvaise solution, ce n’est pas la bonne solution!

(Applaudissements)

Je demande à tous ceux qui, avec raison, prônent un dialogue, une discussion avec le Hamas, de ne pas être naïfs, d’avoir en tête qu’il faut discuter avec le Hamas pour améliorer la situation à Gaza, puisqu’ils ont le pouvoir mais, en même temps, savoir que le Hamas, dans sa stratégie, a besoin de morts. Israël est tombé dans le piège du Hamas: plus il y a de morts à Gaza, mieux c’est pour le Hamas. Voilà une des vérités qu’il faut dire aussi au Hamas. Nous refusons cette stratégie suicidaire du Hamas qui veut faire des victimes, des martyrs pour lancer l’agressivité contre Israël. Cela aussi il faut le dire au Hamas.

Pour finir, je vais vous dire une chose: les seuls qui peuvent régler le problème du Hamas, ce sont les Palestiniens. Tant qu’ Israël n’abandonnera pas l’occupation de la Cisjordanie, tant qu’Israël ne donnera pas une solution positive aux Palestiniens de Cisjordanie, de plus en plus de Palestiniens iront vers le Hamas. Si nous donnons un espoir de vie en Cisjordanie aux Palestiniens, ils se révolteront contre le Hamas et ils nous délivreront du Hamas. Délivrons les Palestiniens de l’occupation israélienne en Cisjordanie et les Palestiniens se libéreront du Hamas.

(Applaudissements)

 
  
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  Luisa Morgantini, au nom du groupe GUE/NGL. – (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Rahed a 50 ans, il a perdu sa maison, ses trois enfants, sa femme et deux belles-sœurs. Rahed est désespéré et vit dans le centre que nous avons visité. Il nous a dit, avec un profond désespoir, «lorsque ces affrontements seront terminés, le Hamas dira qu’il a gagné et Israël dira avoir gagné, mais en attendant, c’est nous, les civils, qui mourons». Je voudrais dire autre chose: en réalité, avec les cadavres des femmes et des enfants que nous avons vus et plus de 4 000 blessés à l’hôpital sans traitement, c’est la justice qui meurt; c’est le rêve d’une Europe qui veut des droits de l’homme universels qui meurt, et c’est cela le drame!

Nous sommes inefficaces. Madame Ferrero-Waldner, vous savez que j’ai un grand respect pour vous et je sais que vous agissez et collaborez avec d’autres personnes pour obtenir des résultats. Je crois que nous devons comprendre, clairement et sans ambiguïté, que cette guerre militaire, ce militarisme de la part d’Israël, ne mènera pas à son salut, mais à sa fin, notamment à sa fin morale. C’est en gros le message de David Grossmann lorsqu’il commémore M. Rabin, assassiné par un juif fondamentaliste parce qu’il voulait la paix. Un cessez-le-feu! Un cessez-le-feu! Voilà ce qu’un médecin norvégien m’a dit, lui qui opère tous les jours et travaille 24 heures sur 24 (nous envoyons des médecins à Gaza). Nous voulons un cessez-le-feu!

Le Conseil de sécurité doit commencer à transformer ses mots en actions concrètes. Nous sommes pour la diplomatie et devons y avoir recours. Mais nous devons aussi utiliser les instruments à notre disposition, dont un, concernant Israël, est la relance des négociations, et je suis ravie d’entendre aujourd’hui, par exemple, le représentant de la Commission européenne à Tel-Aviv dire que le moment n’est pas venu de penser à la relance des négociations. Nous devons nous en éloigner car ce que nous devons faire, c’est instaurer un cessez-le-feu. C’est extrêmement important. Je pense que c’est important et c’est un message fort.

Vous avez évoqué la protection et la protection internationale. Je pense que c’est une erreur de ne penser qu’à Gaza et Rafah. Il faut protéger la population civile de la menace qui vient du Nord, des attaques israéliennes à partir de Herez. Le contrôle frontalier touche les frontières principales, à savoir Rafah et Herez, parce que depuis longtemps, depuis 1992 et l’accord d’Oslo, comme vous le savez, les Palestiniens, même les malades, ne peuvent sortir par Herez.

Nous ne pouvons dès lors penser qu’aux tunnels et aux armes dont peut se doter le Hamas, mais devons les mettre dans la balance avec toutes les interdictions infligées aux Palestiniens. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu et d’une ouverture non seulement de couloirs humanitaires, mais aussi de tous les points de passage, car si les personnes n’ont pas de nourriture, si elles ne peuvent commercer, que peuvent-elles faire? Cela constituera une véritable pression sur le Hamas pour qu’il cesse d’exister et cesse ses actions nuisant à la population israélienne. Toutefois, Israël devrait savoir que c’est la Cisjordanie qui est militairement occupée et qu’elle devrait faire la paix au lieu de construire des colonies.

(Applaudissements)

 
  
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  Le Président. − Je vous remercie, Madame Morgantini. Je voudrais vous exprimer mon respect, ainsi qu’aux autres députés qui ont pris l’initiative de se rendre dans la bande de Gaza ces derniers jours.

 
  
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  Bastiaan Belder, au nom du groupe IND/DEM. – (NL) Monsieur le Président, la Palestine est un territoire islamique, et ce de manière inaliénable. Depuis sa création en 1987, le mouvement islamique Hamas tient fermement à ce principe fondamental. À cet égard, il reçoit le soutien inconditionnel de la République islamique d’Iran. Ce point de vue idéologique ne laisse absolument aucune place pour l’État juif d’Israël au Moyen-Orient, et les effets néfastes de ce totalitarisme musulman se font cruellement sentir dans la bande de Gaza.

Exemple typique de la philosophie du Hamas, l’utilisation militaire des mosquées à Gaza, avec toutes les conséquences tragiques que cela comporte. À cet égard, je souhaite mentionner le rapport clair qui figurait dans le Frankfurter Allgemeine de lundi dernier. Si l’Europe accorde réellement une valeur à l’existence de l’État juif d’Israël, une confrontation avec le Hamas et son allié, le Hezbollah, en Iran est envisageable. Sommes-nous prêts à nous armer de courage dans cette perspective sinistre mais réaliste? Après tout, un cessez-le-feu ou une trêve temporaire offre au Hamas et compagnie une bouffée d’air frais dans le djihad contre Israël.

 
  
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  Luca Romagnoli (NI). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je dois dire que selon moi, la grande majorité de cette Assemblée partage les vœux de paix et les inquiétudes qui ont été exprimés jusqu’ici par de nombreux intervenants. Je pense également qu’il faut approuver ce qu’a dit le Conseil, et j’affirme que la Commission a jusqu’ici suivi une voie qui pourrait s’avérer bénéfique pour le dialogue: l’ouverture des couloirs humanitaires et le cessez-le-feu bilatéral pourraient annoncer notre engagement futur à organiser une zone internationale de sécurité.

Mme Morgantini a peut-être raison ici en demandant que cette zone ne se limite pas à Gaza, mais s’étendent à tous les territoires palestiniens. En fait, j’ai l’impression que dans une certaine mesure, nous pouvons considérer que les souhaits et l’activité diplomatique de Mme Ferrero-Waldner sont similaires à l’approche que le pape a voulu adopter en la matière. Je souhaite humblement partager la même opinion: après toutes ces années, nous devons encore trouver une solution pour deux peuples et deux États – c’est un élément qu’il ne faut pas oublier – et nous devons, en fin de compte, faire respecter le droit international. Il n’y a pas de solution militaire et il n’y en aura jamais – M. Schultz l’a dit également, et de temps en temps, il faut bien que je sois d’accord avec lui – et je dois dire qu’il ne fait aucun doute qu’il n’y aura jamais de solution militaire au problème en terre sainte. Sur ce point, je crois que l’Union européenne dispose des outils nécessaires pour soutenir les efforts diplomatiques qui pourraient s’avérer utiles.

 
  
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  Le Président. − Je suis convaincu que M. Schulz sera ravi de vous entendre citer son nom en rapport avec le Saint-Père!

 
  
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  Elmar Brok (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, Monsieur le Président en exercice du Conseil, je voudrais vous exposer mon point de vue. Le Hamas s’oppose à une solution à deux États, rejette le droit à l’existence de l’État d’Israël, est arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État violent contre sa population, tire des roquettes sur des civils et utilise les civils, les écoles et les mosquées comme boucliers. Pour protéger ses propres civils, comment est-il possible de réagir de manière proportionnée si l’autre camp utilise ses propres civils comme boucliers humains? C’est pourquoi la comparaison numérique et la proportionnalité ne s’appliquent pas dans une telle situation. Dans une situation de guerre, il n’y a pas de proportionnalité – chaque guerre et chaque victime sont de trop et il n’est pas possible d’équilibrer les chiffres de deux camps. Il me semble que tout vient de là. Dès lors, nous ne devons pas pointer du doigt un seul camp, comme nous l’avons vu, mais essayer d’instaurer un cessez-le-feu et fournir une aide à cet égard.

Je pense que M. Schwarzenberg, le président en exercice, et sa délégation, ainsi que la commissaire Ferrero-Waldner, avec l’aide d’autres délégations nationales, ont fait plus à cet égard que n’importe qui d’autre, et je tiens à les remercier sincèrement pour cela. Je n’ai vu aucune réaction des États-Unis, pratiquement aucune réaction de l’ONU et aucune réaction des membres du Quartet. Nous devons veiller à ce que ce cessez-le-feu se base sur deux éléments: premièrement, les Israéliens doivent cesser leur offensive et deuxièmement, il faut empêcher le Hamas de se procurer de nouvelles roquettes provenant de Corée et d’Iran, qui mettraient Tel-Aviv à portée de tir. Pour cette raison, il faut garantir non seulement que les tirs cessent, mais également, par le biais d’accords internationaux impliquant notamment le Quartet et la Ligue arabe, l’Égypte devant jouer un rôle essentiel, que la frontière de 15 km sera surveillée de manière à ce qu’aucun tir ne puisse traverser Gaza. En même temps, les attaques israéliennes doivent stopper.

Je voudrais faire un dernier commentaire. Ce n’est qu’un petit pas en avant. Si Israël souhaite pouvoir s’entretenir avec des Palestiniens modérés à l’avenir – ce qui signifierait une solution à deux États –, il faudra veiller, une fois que tout sera terminé, à ce qu’à long terme, les Palestiniens modérés qui soutiennent le président Abbas aient des réalisations à montrer à leur propre population, concernant la fin de la politique de réinstallation et plusieurs autres choses. Après tout, si les modérés n’obtiennent aucun résultat à montrer à leur population, les radicaux triompheront. Cela doit être le point de départ de la nouvelle politique israélienne.

 
  
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  Pasqualina Napoletano (PSE). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, nous ne trouverons sans doute pas les mots pour décrire cette immense tragédie. Une armée tue des centaines de civils, des femmes et des enfants et se place au même niveau que les terroristes qu’elle prétend combattre. D’autre part, quiconque connaît Gaza, même uniquement sur une carte, sait qu’aucune opération militaire ne pourrait se concevoir sans accepter la probabilité de massacrer des civils.

Israël peut-il dire aujourd’hui que le pays est plus sûr, après avoir suscité tant de haine et de désespoir? Si ce n’est avec le Hamas, directement ou indirectement, avec qui faut-il chercher une issue à cette violence aveugle? Notre résolution renforce l’appel au cessez-le-feu déjà exprimé par le Conseil de sécurité des Nations unies. Nous exhortons les parties à le respecter et invitons l’Europe à prendre des mesures pour rendre cela possible.

Le risque est que ce massacre, loin de vaincre le Hamas, Monsieur Brok, affaiblisse encore l’Autorité palestinienne, ainsi que ceux dans le monde palestinien qui ont tout misé sur les négociations avec Israël. Nous devons nous demander honnêtement ce qu’Israël a gagné jusqu’ici. La réponse est: rien. C’est de cette manière que nous devons agir si nous voulons réellement commencer à déraciner la haine et la violence.

 
  
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  Marielle De Sarnez (ALDE). - Monsieur le Président, nous avons tous une part de responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui au Proche-Orient. Nous, l’Europe, et nous, la communauté internationale, nous avons laissé se dégrader la situation, nous avons laissé faire quand la sécurité d’Israël était menacée, et nous avons laissé faire quand le blocus rendait la vie à Gaza absolument impossible.

Aujourd’hui, c’est le 19e jour de guerre, 995 morts dont 292 enfants, des milliers de blessés dont certains attendent encore d’être évacués. Des dizaines de milliers de réfugiés qui n’ont plus de maison et ne savent où aller. Une situation humanitaire de plus en plus dégradée: 700 000 Gazaouis n’ont plus d’électricité, un tiers des habitants n’ont plus d’eau, ni de gaz, et cela va faire bientôt trois semaines que ça dure, trois semaines qu’ils vivent ou plutôt qu’ils s’efforcent de survivre. Il y a trop de souffrances, trop de malheurs, il faut que cela cesse, il faut que ça s’arrête maintenant!

Notre responsabilité à nous, Européens, elle est de n’être complaisants à l’égard de personne. Notre responsabilité à nous, Européens, elle est de faire pression sur les deux parties pour qu’elles acceptent enfin de négocier. C’est une question de jours, peut-être même d’heures, avant que l’irréparable d’une offensive terrestre ne soit commis, en particulier à Gaza-ville. Il faut garantir à Israël sa sécurité, il faut garantir au peuple de Gaza qu’il pourra vivre demain, dans la paix. Il faut le contrôle des frontières, il faut la levée du blocus. Nous savons tous ici que, pour obtenir cet accord, il suffirait peut-être que l’Europe, les États-Unis et les pays arabes, qui se réunissent après-demain, parlent tous d’une seule et même voix.

Je veux vous dire mon intime conviction avant de conclure. Ce n’est pas la guerre qu’il s’agit aujourd’hui de gagner, c’est la paix.

(Applaudissements)

 
  
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  Roberta Angelilli (UEN). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je salue vivement les commentaires de la commissaire et de M. Pöttering, qui dénoncent en termes non équivoques la grave responsabilité du Hamas dans la fin de la trêve, mais affirment également clairement que la réaction israélienne est totalement disproportionnée. Au-delà des mots, toutefois, la crise demeure et il y a toujours des milliers de personnes – civils et enfants – qui ont un besoin désespéré d’aide humanitaire.

En toute conscience, et sans hypocrisie, nous devons peut-être nous poser des questions. Pendant que nos enfants fêtaient la Noël, combien d’enfants mouraient à Gaza? Deux ou trois cents. Et combien de civils israéliens? La communauté internationale aurait-elle pu en faire plus? Selon moi, oui. Elle aurait dû en faire plus. Nous devons assumer pleinement nos responsabilités. Il ne suffit pas de donner des avis sur le Hamas, Israël, la responsabilité initiale ou sur qui est le plus coupable. Malheureusement, au-delà de l’urgence, l’Europe reste inadéquate. Selon moi, nous présentons un défaut grave: nous sommes incapables d’instaurer une véritable politique de paix durable et stratégique.

Aujourd’hui, clairement, nous devons demander instamment le cessez-le-feu, mais cela ne suffit pas. Nous devons aussi fixer des conditions strictes d’accompagnement du processus de paix et de développement au Moyen-Orient. Pour conclure, je voudrais également revenir sur les paroles du pape, qui a affirmé que nous devions donner des réponses spécifiques aux aspirations générales des nombreuses personnes de ces pays à la paix, à la sécurité et à la dignité, tel que Mme Morgantini l’a également souligné.

Monsieur le Président, je termine. La violence, la haine et la méfiance sont des formes de pauvreté – peut-être les plus difficiles à combattre.

 
  
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  Hélène Flautre (Verts/ALE). - Monsieur le Président, à Gaza, nous avons vu la guerre, nous avons vu la mort, mais nous avons vu des gens, des gens vivants, des gens qui ont le droit de vivre et que nous avons le devoir de protéger. La protection de la population civile, c’est ça l’urgence absolue. Et rien ne peut excuser que tout ne soit pas mis en œuvre pour protéger cette population et je vous le demande, Monsieur le représentant du Conseil, est-ce que vous avez le sentiment, aujourd’hui, d’avoir tout mis en œuvre pour obtenir des autorités israéliennes l’arrêt immédiat de cette opération militaire indiscriminée et disproportionnée? Certainement pas.

Quand les rumeurs de l’opération couraient dans les ambassades le Conseil, contre le Parlement, réaffirmait sa détermination à rehausser le niveau de ses relations. Tragique erreur! Quand les ONG demandent au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale pour instruire la présomption des crimes de guerre, le Conseil est incapable de mobiliser la clause «droits de l’homme» de son accord avec Israël. J’en ai marre d’entendre que nous ne pouvons pas faire mieux, que nous sommes au maximum de nos efforts. C’est en fait l’impasse de votre politique essentiellement humanitaire pour pallier les dégâts de l’occupation militaire et de la guerre, qui est au maximum de son échec. Jusqu’où devrons-nous aller dans les violations du droit international pour faire appliquer la clause «droits de l’homme»? Si nous ne sommes pas capables, aujourd’hui, de nous interroger sur la portée des mécanismes efficaces de pression et de mise en œuvre, je ne sais pas réellement quelle situation justifiera qu’enfin on agisse. Et je vous le dit tout net: si le business as usual continue et perdure dans nos relations avec Israël, avec les mille morts de Gaza, vous enterrez l’article 11 du traité, vous enterrez la politique «droits de l’homme» de l’Union et vous enterrez le projet européen!

(Applaudissements)

 
  
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  Kyriacos Triantaphyllides (GUE/NGL). - (EN) Monsieur le Président, de retour de la bande de Gaza après avoir assisté au massacre, de civils essentiellement, je ressens le désir d’exprimer mon entière solidarité avec le peuple palestinien. Pendant 17 jours, il s’est vu confronté à l’énorme machine de guerre israélienne, qui viole de manière flagrante le droit international. Je voudrais également exprimer mon soutien aux forces pacifistes en Israël, qui appellent à mettre fin à cette guerre.

Après une longue fermeture et un long siège qui ont fait de Gaza la plus grande prison à ciel ouvert du monde, la construction du mur de la honte autour de la Cisjordanie, l’extension constante des colonies de peuplement et la division des terres palestiniennes, les forces d’occupation ont entrepris une opération des plus féroces. En cela, les attaques à la roquette contre le sud d’Israël - et je souligne que je suis opposé à toute attaque contre des civils, et ce d’où qu’elles viennent - ont servi de prétexte. La fin du cessez-le-feu, dans un contexte de jeux de pouvoir à l’approche des élections israéliennes, représente une insulte à toute une nation.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution. Israël est un État, pas une organisation, il est membre de l’Organisation des Nations unies. Il a une responsabilité envers la communauté internationale, et doit se conformer à cette résolution, ainsi qu’à toutes les autres résolutions adoptées par l’Organisation des Nations Unies. Le droit international devrait être respecté. Plus aucune impunité ne doit être permise. Il doit y avoir une enquête internationale approfondie.

La communauté internationale exige un cessez-le-feu immédiat, le retrait immédiat des forces militaires, l’accès à l’aide humanitaire et la liberté de circulation de la population. Laissez l’UNWRA accomplir sa mission.

L’Union européenne a certes pris des mesures, mais seulement au niveau humanitaire. Elle doit faire preuve de détermination au niveau politique. Utilisez les clauses contenues dans les accords d’association. Mettez fin au processus de rehaussement du niveau des relations avec Israël. Arrêtez les exportations d’armes vers Israël.

La solution à ce conflit ne peut être que politique. Le droit international doit être à nouveau entièrement appliqué, ce qui implique une fin aux 42 années d’occupation de la Palestine, et l’établissement d’un État palestinien souverain et viable ainsi que la construction d’un avenir pacifique pour les enfants palestiniens et israéliens. Pour sauver les générations futures, nous devons mettre fin dès maintenant à cette guerre.

 
  
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  Patrick Louis (IND/DEM). - Monsieur le Président, il y a plusieurs milliers d’années déjà, David affrontait Goliath pour savoir si la terre était promise aux Moabits, Philistins ou Hébreux.

Actuellement, le même drame perdure sur cette terre, source d’un des trois piliers de notre civilisation. Aujourd’hui, il est urgent, juste, légitime et nécessaire, d’assurer la sécurité et la reconnaissance de l’État israélien. Pour cela, une seule solution s’impose. Il s’agit d’assurer la naissance d’un État palestinien réellement souverain. Ici, comme ailleurs, le multiculturalisme a ses limites. Là où il y a deux peuples, il faut deux États.

S’il y a une efficacité des aides de l’Union européenne, alors elles doivent se concentrer sur un objectif. Celui de faire croître cet État de droit palestinien où la règle protège le faible et oblige les puissants. Il y a urgence tant il est vrai que, sur cette terre, les extrémistes de tous bords sont forts et dans l’erreur, tandis que les petits sont modérés et victimes.

La solution pour transcender la loi du talion n’est ni morale, ni militaire, elle est politique. Alors, au travail!

 
  
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  Jim Allister (NI). - (EN) Monsieur le Président, j’abhorre le terrorisme. Je dénonce la propagande du terrorisme. Peut-être en ai-je davantage conscience parce que je viens d’Irlande du Nord, mais quand j’entends bêler le Hamas à cause des nécessaires actions de représailles contre toutes ces années de tirs aveugles de roquettes sur des civils israéliens innocents, je ne suis pas impressionné, car je sais que le Hamas, comme l’IRA dans mon pays, est passé maître dans les arts jumeaux du terrorisme et de la propagande.

La situation est d’une clarté incontestable. Israël accepte une solution à deux États. Le Hamas ne veut même pas reconnaître le droit d’Israël à l’existence et, par conséquent, déclenche sans relâche d’impitoyables attaques terroristes sur le territoire de cet État. Et lorsque, après beaucoup de patience, Israël riposte, il se pose en victime. Désolé: ce sont eux les coupables, et s’ils veulent la paix, la réponse est entre leurs mains. Qu’ils arrêtent de bombarder Israël.

 
  
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  Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (PPE-DE). - (EL) Monsieur le Président, nous réalisons tous la tragédie qui touche Gaza. La situation frôle la catastrophe humanitaire et requiert une action immédiate. Je voudrais féliciter la Commission européenne pour avoir intensifié ses efforts, la présidence pour avoir pris des initiatives et coordonné les actions nationales dans ce secteur et l’Égypte pour son rôle important et sensible.

Il faut maintenant d’urgence instaurer un cessez-le-feu et mettre fin aux hostilités de la part des deux camps, créer des couloirs avec le territoire israélien et l’Égypte afin de répondre aux besoins humanitaires et installer des contrôles frontaliers pour mettre un terme à la circulation illégale d’armes et de personnes. Comme l’a dit la commissaire, les signaux en vue d’un plan de trêve sont encourageants et j’espère qu’il sera accepté immédiatement et respecté en pratique.

Que devons-nous faire après? La commissaire et le président en exercice du Conseil ont déjà dit que nous devions poursuivre nos objectifs de paix viable et de création d’un État palestinien vivant en paix et dans le respect côte à côte avec Israël. Ce n’est pas nouveau. Nous les avons annoncés et poursuivis, sans résultat. Le cercle vicieux de la violence continue d’avoir des conséquences négatives non seulement pour la population israélienne et palestinienne, mais pour toutes les personnes de la région et pour la sécurité de la communauté internationale.

Nous devons désormais faire le bilan de nos actions, de nos choix politiques et de nos pratiques et prendre des mesures plus courageuses et différentes. Nous devons d’urgence nous engager au niveau bilatéral auprès d’Israël dans un dialogue honnête et en profondeur et faire preuve d’autocritique dans le cadre de nos relations amicales et de notre partenariat. Nous devons également renforcer ce type de dialogue avec tous les Palestiniens, afin qu’ils comprennent l’importance de la paix, de la cohésion, de la vie humaine et de l’unité entre les deux peuples.

 
  
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  Hannes Swoboda (PSE). - (DE) Monsieur le Président, après les quelques plaisanteries du Premier ministre Topolánek aujourd’hui, je peux dire qu’en tant que député autrichien au Parlement européen, je suis ravi que la Commission et la présidence tchèque du Conseil soient représentés par des Autrichiens. Je vous salue chaleureusement, Monsieur le président en exercice, je me rends bien compte que vous êtes du côté de la République tchèque.

Mesdames et Messieurs, lorsque peu avant le retrait unilatéral israélien de la bande de Gaza, je me suis rendu dans le pays avec la délégation présidée par M. Schulz, le vice-Premier ministre de l’époque m’a dit: «n’intervenez pas, tout ira bien». D’autres, comme l’ancien ministre des affaires étrangères Josip Elin, ont affirmé «cela mènera au chaos». Il avait raison et il a toujours raison. Le retrait unilatéral sans négociations, sans avoir de partenaire pour négocier, n’a aucun sens.

Toutefois, nous n’avons pas été très inspirés de décider de ne pas dialoguer avec le Hamas, même avec ses représentants modérés – qui n’appartiennent peut-être même pas au Hamas, mais ont plutôt été désignés par celui-ci dans le gouvernement commun. En agissant de la sorte, nous avons contribué à la destruction de ce gouvernement commun. Je sais que certains voulaient entamer des pourparlers, mais n’ont pas pu le faire. Cela a également été une erreur. Nous avons besoin d’un dialogue!

Je n’apprécie pas le Hamas, premièrement, parce qu’il s’agit d’une organisation terroriste, et deuxièmement en raison de ses idées fondamentalistes, mais que je l’apprécie ou pas, cela n’a pas d’importance. Il faut trouver des solutions. C’est pourquoi nous devons reprendre le dialogue et les négociations, comme l’ont déjà dit aujourd’hui de nombreux députés. De même, les habitants de Gaza doivent avoir la possibilité de vivre une vie à moitié décente. Pourquoi votent-ils pour le Hamas? La réponse est qu’ils le considèrent comme la seule chance de survivre. Il faut changer cela. Nous devons donner à ces personnes une base économique de survie. Nous devons également lever le boycott et mettre fin à leur isolement. C’est la seule véritable nécessité.

M. Brok, que je tiens en très haute estime, a affirmé que le principe de proportionnalité n’était pas applicable, mais ce n’est pas vrai. Ce principe s’applique au droit privé et international. Quiconque le viole, bafoue également le droit international. C’est quelque chose que cette Assemblée ne peut vraiment pas accepter.

(Applaudissements)

 
  
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  Chris Davies (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, une amie, qui sait que j’étais à Gaza il y a trois jours à peine, me provoque: «As-tu jamais vu ces images d’enfants juifs de cinq ans face aux fusils nazis, les bras sur la tête?», écrit-elle. «C’est à vous briser le cœur». Et ses paroles mettent bien en lumière la raison pour laquelle nous acceptons d’Israël ce que nous n’accepterions d’aucun autre pays.

Elles n’expliquent pas, cependant, pourquoi un peuple qui a tant souffert au XXe siècle devrait désormais infliger tant de souffrances à un autre peuple au siècle présent. Israël a fait de Gaza un enfer: le sol tremble sous les explosions, même pendant les trêves; on trouve dans les rues des charrettes tirées par des ânes, et dans le ciel des F-16, des machines de mort du XXIe siècle qui se contentent de larguer leurs bombes; 300 enfants sont déjà morts, des centaines d’autres ont eu les membres déchiquetés.

Ce n’est pas là la réponse proportionnée d’une puissance civilisée. C’est le mal. C’est faire le mal. Oui, le Hamas doit cesser de tirer des roquettes. Je l’ai dit moi-même à des représentants du Hamas dans la bande de Gaza, mais n’acceptons plus les discours moralisateurs des responsables israéliens à propos de la nécessité de combattre le terrorisme, parce que les Palestiniens pourraient eux aussi nommer des terroristes, et ceux-ci auraient pour noms Olmert, Livni et Barak.

Nous avons une certaine responsabilité dans les actions d’Israël. Jamais encore dans le passé, à aucune occasion dont je me souvienne, l’Union européenne n’a fait suivre d’actes ses critiques à l’égard du traitement des Palestiniens par les Israéliens. Nous donnons le feu vert à Israël pour procéder comme il l’entend, et nous aggravons cette faute en ignorant les leçons de l’histoire. On ne peut pas faire la paix sans parler à ses ennemis, or nous refusons de discuter avec les représentants élus du peuple palestinien.

Nous sommes maintenant en train de conclure des négociations avec Israël sur un accord renforcé de coopération. Nous n’avons pas l’intention de condamner Israël: nous nous apprêtons à le récompenser. Ceux qui veulent la paix au Moyen-Orient, ceux qui veulent voir la justice triompher pour les deux parties, doivent donc reconnaître qu’il est temps d’y réfléchir à nouveau.

 
  
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  Seán Ó Neachtain (UEN). - (GA) Monsieur le Président, la guerre à Gaza est effrayante et scandaleuse. Chacun sait qu’une solution militaire ne fonctionnera pas au Moyen-Orient. Une résolution politique est la seule manière de restaurer la paix et la réconciliation dans la région. À cette fin, il faut mettre fin immédiatement à la violence.

Je suis pour la création d’un État palestinien indépendant et viable, mais il faudra alors mettre en place une économie relativement bonne et un plan politique adéquat. Nous devrions veiller à ce que ces deux États existent dans la région et se respectent l’un l’autre.

Israël est en droit de se protéger, mais il a été trop loin avec ces attaques, qui étaient immorales. La communauté internationale ne peut les cautionner.

Le processus de paix au Moyen-Orient doit être mis en place immédiatement. J’espère que le nouveau président américain, Barack Obama, y veillera. Nous lui souhaitons de réussir dans cette tâche importante et de relever le défi qui l’attend.

 
  
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  David Hammerstein (Verts/ALE). - (ES) Monsieur le Président, j’étais également à Gaza il y a quelques jours et cela a été une expérience très intense. Nous sommes également allés en Égypte. Je pense que nous sommes à la fin d’une ère, l’ère Bush, et que les dernières affres du président Bush s’avèrent particulièrement sanglantes et douloureuses.

Nous en sommes à un point décisif où nous pouvons adopter une politique différente à l’égard du Moyen-Orient, et j’espère que l’Union européenne fera office de figure de proue à cet égard. M. Obama adopte également cette voie en annonçant qu’il parlera avec l’Iran. Oui, M. Obama parlera avec l’Iran et nous devons parler avec tout le monde au Moyen-Orient, y compris le Hamas.

Cette nouvelle politique à l’égard du Moyen-Orient doit être une politique de coopération et doit, pour le moins, respecter nos valeurs et le droit international. Les centaines d’enfants que nous avons rencontrés à Gaza, qui s’accrochaient à nos bras et nous regardaient les yeux emplis d’espoir méritent une réponse, tout comme les enfants d’Israël.

Cela requiert des actions concrètes, des actions sur le terrain, afin de donner espoir aux modérés. L’aspect le plus regrettable est que le Premier ministre Fayad, le président Abbas, le président Mubarak et le roi Abdullah sont actuellement accusés de trahison dans les rues du monde arabe. Lorsque j’ai arrêté mon taxi dans le désert du Sinaï pour prendre un café, tous les écrans géants n’affichaient que le portrait de Khaled Meshaal.

Voilà le résultat, le dommage collatéral de cette attaque sur Gaza. Cela n’apportera pas la paix à Israël ni la sécurité que nous voulons, et cela ne nous amènera rien de bon. Si nous ne mettons pas fin à ce conflit, il exportera la haine dans les rues de l’Europe.

 
  
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  Miguel Portas (GUE/NGL). - (PT) Un millier, c’est le chiffre du jour. Un millier de victimes, c’est le triste bilan de ces combats. Pardonnez-moi pour ma franchise: combien de victimes supplémentaires seront nécessaires pour élire Tzipi Livni et Ehud Barak lors de l’élection de février?

Nous sommes ici aujourd’hui à réclamer un cessez-le-feu et la fin du massacre des civils. Toutefois, la résolution pose également des questions sur notre propre responsabilité. Elle nous rappelle que le Conseil a décidé de relancer les relations diplomatiques avec Israël, contre l’avis de ce Parlement. Il s’est ainsi rendu complice par anticipation. Aujourd’hui, j’entends dire: «il faut parler avec le Hamas». Nous aurions gagné des années si nous avions respecté les élections en Palestine.

Le rôle de l’Europe n’est pas de soutenir la politique et la destruction imposées par le plus fort, mais d’écouter la clameur qui gronde dans les rues et sur les places de nos villes.

Nous réclamons un cessez-le-feu immédiat, mais nous devons réaliser que la paix ne sera possible qu’en mettant fin à l’occupation. Ce terme n’est plus tellement utilisé, mais il doit être supprimé de la liste des mots interdits sur laquelle il avait été mis par les politiciens au pouvoir.

 
  
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  Kathy Sinnott (IND/DEM). - (EN) Monsieur le Président, ce qui se passe à Gaza est consternant. Il est incompréhensible que ce désastre soit perpétré par un pays prétendument occidental. Je suis d’accord à 100 % pour que les Israéliens aient le droit de vivre sans être menacés par des attaques de roquettes. Mais ce qui est commis dans la bande de Gaza n’a rien à voir avec la justice: c’est un massacre. Il n’y a aucune excuse, et il n’y a pas de justification possible.

Le plus honteux pour nous, dans l’Union européenne, est que tout cela est l’œuvre est d’un de nos partenaires commerciaux privilégiés. En 2007, la valeur des échanges commerciaux entre l’UE et Israël était de 25,7 milliards d’euros. Étant donné le montant de notre contribution à l’économie d’Israël, nous portons une lourde responsabilité lorsque cet argent contribue à la mort de civils et d’enfants. Si nous n’agissons pas, le sang des habitants de la bande de Gaza tachera également nos mains.

Je demande à ce Parlement ainsi qu’à tous les organes de l’Union européenne d’imposer immédiatement des sanctions commerciales à Israël et de les maintenir en place jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit conclu. Si nous ne faisons pas tout notre possible pour arrêter ces tueries, nous deviendrons complices du massacre.

 
  
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  Tokia Saïfi (PPE-DE). - Monsieur le Président, encore une fois ce sont les armes qui parlent au Proche-Orient. Encore une fois, les principales victimes sont les femmes et les enfants, blessés par milliers et tués par centaines. Encore une fois, l’histoire se répète, dans son horreur, aux portes de l’Europe. Mais nous constatons que malgré ses initiatives, l’Europe n’est pas efficace dans ce conflit majeur pourtant situé dans sa zone d’influence immédiate. Cela devient incompréhensible pour une très large majorité de nos opinions publiques qui refusent de plus en plus cette impuissance.

Nous devons nous saisir, Madame la Commissaire, avec vigueur et autorité du leadership en faveur de la paix. L’Union pour la Méditerranée doit jouer un rôle majeur ainsi que l’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne. À ce titre, le Parlement européen doit soutenir le plan de paix franco-égyptien en faveur de l’instauration d’un cessez-le-feu immédiat, la sécurisation des frontières entre Israël et la bande de Gaza, la réouverture des points de passage et, surtout, la levée du blocus de Gaza.

Nous devons demander également l’application immédiate de la résolution de l’ONU. Après cette première étape, nous devons aller plus loin en proposant la mise en place d’une force militaire, non pas multinationale mais euroméditerranéenne. Ce geste serait l’acte fondateur d’une volonté politique affirmée en faveur d’une pax europa attendue depuis si longtemps par tous les peuples de la Méditerranée.

Je voudrais aussi aujourd’hui attirer votre attention sur une situation inédite. Avec le conflit du Proche-Orient, nous entrons, peu à peu, dans une zone à haut risque, celle de la confrontation entre les civilisations. En effet, depuis la naissance du conflit israélo-palestinien, il y a toujours eu une mobilisation de l’opinion publique arabe. Aujourd’hui, c’est une opinion publique musulmane, qui dépasse largement la géographie des pays arabes. Cela indique un changement radical de la nature du conflit. L’Europe a une responsabilité historique, celle de renforcer en urgence le dialogue des civilisations.

 
  
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  Véronique De Keyser (PSE). - Monsieur le Président, je me suis tant de fois exprimée devant cette assemblée pour qu’on saisisse la moindre occasion de paix, pour qu’on dialogue avec le Hamas, malgré tout, parce qu’il avait gagné les élections, que je ne veux plus revenir sur ces thèmes.

Je suis écrasée de tristesse et de colère, et si je ne veux pas aujourd’hui me laisser submerger par l’émotion devant ce massacre, devant la propagande de guerre que j’entends autour de moi, devant les amalgames, devant aussi la vague de haine et d’antisémitisme qui commence à déferler dans nos rues, je n’aurais que quelques mots. L’Europe doit retourner à ses fondamentaux et pour moi ce sont des évidences, mais parfois il est bon de les rappeler.

Premièrement, la vie d’un Palestinien vaut celle d’un Israélien, mais non seulement sa vie, mais aussi son avenir et sa liberté. Deuxièmement, le droit international doit être respecté et le droit international, c’est bien sûr le cessez-le-feu immédiat, mais ce sont aussi toutes les résolutions de l’ONU, les conventions de Genève. Or, cette région, aujourd’hui, est devenue une région de non-droit où tout semble permis, avec une population prise en otage. Troisièmement, justice devra être rendue pour tous ces crimes, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Il n’y aura jamais de sécurité sans paix, ni de paix sans justice. Et la justice transitionnelle ça existe, c’est fait pour ça, sinon la haine continuera à déferler et nous avons accumulé durant ces derniers jours un potentiel de haine qui sera plus dangereux que les bombes. L’Europe doit faire appliquer les conditions de ses accords de partenariat, y compris le paragraphe 2 des accords d’association relatif au respect des droits de l’homme, et c’est une obligation de ces traités dont elle ne peut s’exempter. Enfin, Israël n’est pas une exception. Il a des responsabilités d’État et ne peut être mis sur le même pied que le Hamas, et face au droit international il n’y a pas de laissez-passer.

Nous avons laissé derrière nous à Gaza, dimanche, une population prise au piège, enfermée dans un ghetto sous les bombes, et des centaines de milliers d’enfants dont nous portons l’avenir aujourd’hui et nous sommes ressortis de Gaza uniquement parce que nous sommes des Européens. Les Palestiniens ne sortent de Rafah que les pieds devant dans des ambulances parce qu’ils sont morts ou parce qu’ils sont blessés.

L’Europe ne sera plus l’Europe et aucun citoyen ne s’y reconnaîtra si nous oublions ces fondamentaux.

(Applaudissements)

 
  
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  Frédérique Ries (ALDE). - Monsieur le Président, Madame la Commissaire, j’ai envie de commencer en me faisant l’écho de ce qu’a dit Daniel Cohn-Bendit. C’est le désespoir qui nous étreint aujourd’hui, cette guerre est une tragédie. Les images de souffrance et de morts qui ne cessent, depuis trois semaines maintenant, de déferler sur nos écrans, sont insupportables, comme, j’ai envie de le dire, toutes les images de guerre, tous les conflits, y compris ceux dont on parle singulièrement moins, pour ne pas dire pas, le Congo, le Darfour, le Zimbabwe et, avant cela, la Tchétchénie dont les horreurs se sont déroulées dans un silence médiatique, et politique aussi, je tiens à le souligner, assourdissant.

J’ai d’ailleurs déjà souligné ici, à plusieurs reprises, l’indignation à géométrie variable de certains de mes collègues. Pourtant Mme Morgantini l’a rappelé, souvent, elle aussi: il n’y a pas de comptabilité dans les morts, pas de hiérarchie dans la souffrance, chaque mort, homme, femme, enfant, d’un côté ou de l’autre, est une victime de trop.

Alors que faire maintenant pour que notre débat d’aujourd’hui ne soit pas, comme souvent, une confrontation un peu inutile, stérile? Continuer à s’invectiver sur les responsabilités historiques des uns et des autres me paraît stérile justement.

Je parle tard dans ce débat, donc les arguments ont été entendus. On peut certes s’interroger sur l’ampleur de la crise israélienne, de la riposte israélienne, mais en aucun cas, sur son droit à la sécurité. Lequel de nos gouvernements occidentaux accepterait de voir des milliers de missiles tomber sur ses citoyens sans réagir? Poser la question, c’est y répondre.

Au-delà de l’appel, on l’a dit, à un indispensable cessez-le-feu négocié, à la garantie, bien entendu, de l’acheminement humanitaire, à la fin de l’approvisionnement en armes par les tunnels, la vraie question, aujourd’hui, doit être prospective. Les fondamentaux de la paix sont connus, ils ont été balisés déjà à Taba, à Camp David, à Annapolis. Mme la Commissaire l’a rappelé. Pas tous, bien sûr, mais l’essentiel est sur la table et cela implique des renoncements de part et d’autre. Et, quand je parle de renoncement, je rejoins M. Schulz, qui n’est plus là pour le moment. La question n’est pas de savoir si l’on parlera avec le Hamas, mais comment, sous quelles conditions?

La plupart de mes collègues ont parlé 50 secondes de plus, laissez-moi terminer, Monsieur le Président.

La réponse est celle que fit Yasser Arafat, en mai 1989, il déclarait caduque sa charte liberticide et mortifère. Ce mot-là, d’ailleurs, est entré dans le vocabulaire palestinien. La réconciliation interpalestinienne, d’abord, est à ce prix et notre rôle en tant qu’Union européenne est d’amener les protagonistes palestiniens, israéliens, mais aussi voisins arabes, l’Égypte, la Jordanie, à devenir des partenaires d’un accord de paix durable.

(Applaudissements)

 
  
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  Feleknas Uca (GUE/NGL). - (DE) Monsieur le Président, le dimanche 11 janvier, nous nous sommes rendus dans la ville frontalière de Rafah, dans la bande de Gaza. Celle-ci est complètement bloquée, ce qui signifie que la population civile n’a aucune chance d’échapper aux bombardements quotidiens de l’armée israélienne. Si vous ne l’avez pas vu de vos propres yeux, nous ne pouvez imaginer combien la population de Gaza souffre et combien il est urgent d’arriver à une solution pacifique et définitive au conflit. Nous avons tous été profondément touchés, personnellement, par les immenses souffrances du peuple palestinien, ainsi que par la dévastation.

C’est pourquoi je souhaite réitérer avec la plus grande force que les bombardements israéliens doivent cesser immédiatement, tout comme les tirs de roquettes sur Israël par le Hamas et la contrebande d’armes entre la bande de Gaza et l’Égypte. En outre, les frontières doivent être ouvertes immédiatement pour permettre à l’aide de pénétrer dans la région, aide qui est prête et n’attend qu’une chose: être livrée à la population civile. Nous avons également rencontré des médecins à la frontière prêts à se rendre dans la zone touchée pour fournir une aide, mais ne pouvant pas puisque la frontière est fermée. C’est pourquoi j’en appelle une nouvelle fois à l’ouverture des frontières afin de permettre à l’aide de parvenir dans la zone touchée.

 
  
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  Vladimír Železný (IND/DEM).(CZ) Monsieur le Président, qui ne serait pas sensible aux enfants tués par un missile? C’est un sentiment terrible, mais il ne faut pas se voiler la face. Quels pays européens auraient fait preuve d’autant de retenue qu’Israël et auraient supporté le déferlement de plus de 7 000 missiles depuis des années, susceptibles à tout moment de mettre en péril la vie de plus d’un million de civils?

Toutefois, les habitants de Gaza ne sont pas simplement des victimes innocentes. Ils ont élu librement et démocratiquement, de manière enthousiaste et en connaissance de cause, le Hamas et ont adhéré à sa charte. Lorsqu’ils parlent de libération, ils ne pensent pas à la libération de Gaza, qui est déjà libre, mais à la libération de Tel-Aviv et de Haïfa des juifs, ainsi qu’à la destruction de l’État d’Israël. Quiconque élit des criminels doit logiquement partager leur sort. Surtout lorsque ces criminels se cachent derrière les robes des femmes et les enfants comme s’il s’agissait d’otages, lorsqu’ils tirent des missiles à partir d’écoles et qu’ils transforment des mosquées en énormes dépôts d’armements. Je me souviens du bombardement de Dresde en 1944, lorsque l’aviation britannique a anéanti la ville et tué 92 000 civils, dont la plupart étaient des femmes et des enfants. Ce bombardement n’a pas fait l’objet d’un ressentiment hypocrite. Les Allemands ont librement élu Hitler et ont partagé son sort. Les Gazaouis savaient qui ils élisaient et pourquoi.

Pareillement, une portion significative des fonds européens octroyés à Gaza ont fini aux mains du Hamas. Peut-être est-ce grâce à cela que les Gazaouis, le ventre plein et bien équipés par l’UE, ont pu consacrer toute leur attention au creusage de tunnels de contrebande d’armes de plus en plus mortelles à utiliser contre les civils israéliens. Vous avez dit proportionné?

 
  
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  Gunnar Hökmark (PPE-DE). - (SV) Monsieur le Président, la discussion d’aujourd’hui est caractérisée par deux éléments importants. Premièrement, une écrasante majorité de ce Parlement veut instaurer un cessez-le-feu rapidement. Deuxièmement, une écrasante majorité soutient l’obligation pour toutes les parties concernées d’accepter le droit de l’État d’Israël d’exister dans des frontières pacifiques. Ce préalable est important pour l’Union européenne car c’est un drame auquel nous assistons à Gaza. Chaque victime est un drame, de n’importe quel côté de la frontière. Ne pensons pas que ce drame serait moindre si ceux qui tuent délibérément des civils parvenaient à étendre la portée de leurs roquettes à plus de civils.

C’est également un drame car il entrave la réalisation d’un État palestinien et empêche donc une solution pacifique. Il touche également la communauté internationale car la situation actuelle n’est pas apparue en une nuit, mais s’est développée par le réarmement, la contrebande d’armes et les tirs de roquettes pendant une longue période.

Il est important pour nous de voir que ce n’est pas un drame basé sur le conflit entre les Juifs et les Palestiniens. Je m’oppose fermement à toute personne souhaitant diaboliser une nation. Lorsque j’ai entendu M. Davies essayer de faire porter le chapeau à une nation, j’ai estimé qu’il employait un ton qu’il ne faudrait pas entendre dans ce Parlement. Ce n’est pas un conflit entre les Palestiniens et les Juifs, ce n’est pas un conflit entre Israël et l’Autorité palestinienne, c’est un conflit entre les extrémistes et les forces modérées de la région. Soutenons les forces modérées en affirmant clairement à tous les individus qui prônent la haine et qui veulent éliminer l’État d’Israël qu’ils n’y parviendront pas. Si l’Europe transmet ce message, nous renforcerons également les forces modérées et établirons une meilleure base pour la paix.

 
  
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  Marek Siwiec (PSE). - (PL) Monsieur le Président, je voudrais m’adresser à ceux qui ont fait part de leur déception et fait preuve de démagogie au sein de cette Assemblée. Cette guerre s’inscrit dans une série, chacune présentant des similarités ainsi que des différences. Le conflit dont nous discutons aujourd’hui est un conflit asymétrique.

Pendant trois ans, Israël a été bombardé de missiles artisanaux, et nul, au sein de cette Assemblée, n’a condamné ceux qui les tiraient. Aujourd’hui, nous condamnons Israël, ce qui est facile, puisque c’est un pays membre de l’ONU. Nous pouvons ici blâmer quelqu’un puisqu’il dispose d’autorités. Il dispose d’un gouvernement qui peut être condamné et critiqué. En face, nous avons une organisation terroriste dont l’identité réelle est inconnue, une organisation qui joue avec la vie de personnes innocentes en agissant dans leur dos. Autre élément asymétrique, nous comptons les Palestiniens qui ont malheureusement perdu la vie en étant utilisés comme boucliers humains, sans mentionner le nombre d’Israéliens tués et les milliers d’Israéliens qui vivent sous la menace, car un carnage ne peut être compensé par un autre carnage. Toutefois, le pire au sein de cette Assemblée, c’est l’asymétrie entre la rhétorique et les actes. Il est facile pour nous de parler, mais très difficile de prendre des mesures. Sans présence internationale, ce conflit ne sera jamais résolu.

Enfin, je voudrais m’adresser à ceux qui protestent contre les actions disproportionnées d’Israël. Mesdames et Messieurs, souhaiteriez-vous qu’une organisation terroriste tire 7 000 missiles d’Israël sur Gaza? Est-ce cela la proportionnalité? Il s’agit d’un conflit disproportionné dans lequel le droit est inefficace et nous devrons nous y habituer, autrement nous ne ferons que tourner en rond et utiliserons des mots qui ne reflètent pas la réalité. Les avis exprimés devant la télévision, au chaud au coin du feu ne collent pas à la réalité de ce conflit.

 
  
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  Le Président. − Mesdames et Messieurs, j’insiste vraiment pour que vous respectiez votre temps de parole. Je n’ai jamais interrompu d’orateurs, même lorsque leur temps était écoulé, mais M. Schwarzenberg nous accorde déjà plus de son temps que prévu. Il m’a été rapporté qu’il ne pouvait rester que jusqu’à 17 h 20 au plus tard. Je vous demande de garder à l’esprit le temps que vous avez demandé. Monsieur Morillon, en tant que général, montrez l’exemple.

 
  
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  Philippe Morillon (ALDE). - Monsieur le Président, un apaisement durable ne pourra s’installer à Gaza que par le déploiement, sous mandat de l’ONU, d’une force multinationale d’interposition. Pour la première fois, Israël semble résigné à cette issue qui a été réclamée à maintes reprises par les Palestiniens. Je ne sais quand cette force pourra intervenir, cela ne pourra être avant qu’un accord ait été trouvé entre les parties au conflit et nous souhaitons tous que ce soit le plus tôt possible. Je sais en revanche que cette mission exigera de ses exécutants la plus totale impartialité. Je crois que l’Union européenne sera alors la mieux placée pour agir et – pourquoi pas, Monsieur le Président Pöttering – dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée?

Elle sera la mieux placée pour agir puisqu’à tort ou à raison, les Américains sont considérés comme ayant pris le parti d’Israël et les Arabes celui des Palestiniens. Ne pensez-vous pas, Monsieur le Président en exercice du Conseil, qu’il conviendrait que nous nous y préparions?

 
  
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  Zbigniew Zaleski (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, un long conflit et une longue occupation engendrent la colère, la rage et la déception quant à l’efficacité des autorités légales, produisant quelque chose de grave que nous appelons l’«effet Hamas». Le refus d’Israël par les Arabes, les islamistes et le Hamas est inacceptable, tout comme l’est l’utilisation d’enfants comme boucliers humains. Il ne faut pas non plus accepter la menace constante sous laquelle vivent les enfants israéliens.

La question est de savoir si, dans ce cercle vicieux d’agressions, les autorités israéliennes sont actuellement capables de tirer les leçons de six années d’histoire dans la région, et d’appliquer la stratégie du scalpel pour créer deux États. Je sais qu’ils craignent la menace d’un voisin agressif et imprévisible qui les arroserait de roquettes, mais dans cette question, la communauté internationale, y compris l’UE, pourrait offrir son aide.

Cette solution risquée est-elle acceptable, aujourd’hui, en Israël? Mais y a-t-il une autre solution? Si c’est le cas, dites-le moi. Il est naïf d’espérer que le Hamas disparaisse de mort naturelle ou qu’il plie face aux bombardements, et il faut donc plus de courage de la part d’Israël. Les puissances occidentales n’ont pas créé deux États en 1948, mais elles doivent le faire maintenant. Notre responsabilité fondamentale ne s’estompe pas. Soyons plus courageux dans le cadre de cette stratégie.

 
  
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  Jelko Kacin (ALDE). - (SL) L’État israélien a ordonné à l’armée de détruire le Hamas à Gaza. Toutefois, l’armée israélienne éradique le Hamas en tuant des Palestiniens à Gaza. Un tiers des victimes sont des enfants et la moitié d’entre elles sont des femmes et des enfants. Il ne s’agit en aucun cas de membres du Hamas.

L’ampleur de la violence militaire est énorme et disproportionnée. Comment instaurer un cessez-le-feu alors qu’aucune des parties ne reconnaît la légitimité de l’autre? L’ennemi doit être perçu non comme l’objet des attaques et des destructions, mais comme un sujet, un partenaire avec lequel un cessez-le-feu est envisageable et qui sera responsable du maintien de la paix à l’avenir. Israël doit reconnaître le Hamas et entamer un dialogue avec lui, et vice versa – le Hamas doit reconnaître Israël. Il n’y a pas d’autre solution. Une paix, quelle qu’elle soit, est meilleure qu’un conflit sanglant.

La violence militaire doit immédiatement céder la place et la priorité à une solution politique. Toutefois, M. Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, essaie encore de redorer sa réputation entachée en refusant un cessez-le-feu.

 
  
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  Jana Hybášková (PPE-DE). - (CS) Monsieur le Président, Madame la Commissaire, permettez-moi de vous féliciter pour le résultat de vos négociations conjointes, les négociations de la troïka en Israël. Contrairement à la presse, nous savons que c’est votre mission qui a poussé le camp israélien à discuter de l’ouverture de couloirs humanitaires et d’un cessez-le-feu quotidien. Je pense que c’est la première fois que les Israéliens acceptent l’Europe en tant que partenaire important et la présidence tchèque en tant que représentante importante.

Hier, malgré une pression énorme de la gauche, le Parlement a adopté une résolution assez exceptionnelle. Même dans des circonstances aussi extrêmes, cette résolution est équilibrée, peut être soutenue par la droite et n’est pas simplement un pamphlet ou une victoire politique pour la gauche. Nous nous sommes gardés de mettre sur un pied d’égalité, même de manière imaginaire, un État existant et un mouvement terroriste. Les objectifs clés demeurent la reconnaissance de l’existence de l’État d’Israël, la cessation de la violence et l’entrée du Hamas dans les accords de l’OLP, de même que l’obligation d’arriver à un cessez-le-feu permanent le plus vite possible.

Toutefois, nous n’avons apporté aucune valeur ajoutée. Les trois principaux représentants israéliens, Barak, Livni et Olmert, ne sont actuellement pas d’accord sur les conditions et garanties liées à la mise en œuvre du cessez-le-feu. C’est clairement l’Égypte qui a les clés en main, à savoir qu’il faut garantir des contrôles des tunnels et de la contrebande acceptables pour elle. Que fait le Conseil en ce moment? Comment procède-t-il dans les négociations avec le camp égyptien sur la mission technique, le contrôle international, la surveillance technique et l’ouverture de l’EU BAM Rafah? Lors de la réunion de ce soir avec l’ambassadeur égyptien, que peuvent demander les députés européens à l’Égypte ou vice versa, comment pouvons-nous contribuer aux négociations avec l’Égypte?

 
  
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  Libor Rouček (PSE). - (CS) Mesdames et Messieurs, je voudrais demander au Conseil et à la Commission d’accentuer leur pression sur les deux parties au conflit afin de mettre fin à la violence continue. Nous avons ici la résolution 1860 du Conseil de sécurité et nous devons respecter ses dispositions. Il est nécessaire d’adopter des garanties assurant le cessez-le-feu à long terme et de permettre l’ouverture d’un couloir humanitaire. Il a été affirmé à maintes reprises qu’une solution militaire était impossible au conflit israélo-palestinien. La paix durable passera inévitablement par la voie des négociations politiques. Il est ici nécessaire pour l’Union européenne, en coopération avec le nouveau gouvernement américain et la Ligue des pays arabes, de jouer un rôle politique plus important que cela n’a été le cas jusqu’ici. Il doit être mis fin à ce conflit de longue date par le biais d’un accord politique basé sur une solution à deux États, permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre ensemble en paix, dans des frontières sûres et internationalement reconnues. Il faut tendre vers un système pacifique de sécurité régionale dans tout le Moyen-Orient.

 
  
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  Ioannis Kasoulides (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, nous débattons d’une nouvelle tragédie humanitaire qui se déroule dans un pays voisin - à côté de mon pays - limitrophe de deux de nos partenaires de la Méditerranée. Hélas, les Palestiniens n’ont pas encore accepté le fait que les attentats-suicides ou les roquettes Kassam ne mettront jamais fin à l’occupation de leurs terres. Israël ne se rend pas compte que cette vaste riposte militaire fait apparaître de nouveaux candidats potentiels aux attentats-suicides, et incite à de nouveaux tirs de Kassam dès la première occasion.

Que deviennent dans cette affaire les civils innocents, les non-combattants, les femmes et les enfants? Personne ne se soucie d’eux. Personne ne se soucie des enfants tués, mutilés, brûlés et traumatisés par centaines - des enfants d’Israël et de Palestine. Depuis notre fauteuil confortable, devant nos postes de télévision, nous avons la nausée devant ce spectacle. Mais que dire des personnes présentes sur le terrain?

Que pouvons-nous faire? Entrer dans le jeu des condamnations n’aide pas les civils. Lancer des appels et adopter des résolutions n’aide pas les civils. Comment passer des paroles aux actes? Le moment est venu de négocier avec les parties intéressées la formation d’une force internationale - comme d’autres collègues l’ont suggéré - pour entrer dans la bande de Gaza avec une force de police importante composée de policiers issus des pays arabes, en vue de former et d’aider une force de police de l’Autorité palestinienne dans le cadre d’un large mandat des Nations unies visant à imposer la loi et l’ordre, et avec une force militaire européenne destinée à mettre fin aux tirs de roquettes et à la contrebande d’armes, et à garantir l’ouverture totale des points de passage. Nous ne pouvons plus laisser le sort des civils entre les mains des deux parties adverses.

 
  
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  Giulietto Chiesa (PSE). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, un grand personnage italien de l’antifascisme, Piero Gobetti, a affirmé que lorsqu’une partie a totalement raison, il faut être totalement partial pour adopter la position de Salomon. C’est le cas pour Gaza actuellement. J’espère que le Parlement pourra trouver les bons mots pour stopper Israël. Dans le cas contraire, l’histoire, les Palestiniens, l’opinion publique européenne et arabe retiendront cela comme une honte.

Israël bombarde et décime un ghetto. Les fils des habitants exterminés deviennent des exterminateurs. Ce n’est pas une excuse, mais il ne suffit pas de dire non plus qu’Israël a le droit à sa sécurité. Toute personne, si elle le veut, peut s’apercevoir que nul n’est aujourd’hui en mesure de menacer la sécurité ou l’existence d’Israël. Cela apparaît clairement vu l’équilibre des forces en présence; vu le nombre de morts et de blessés; vu le soutien que l’Occident continue d’apporter à Israël. Le seul objectif de ce massacre est d’empêcher la création d’un État palestinien. De cette manière, c’est la paix qui est anéantie. C’est la raison pour laquelle nous devons arrêter Israël.

 
  
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  Stefano Zappalà (PPE-DE). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais remercier le président en exercice du Conseil et le ministre tchèque des affaires étrangères d’être encore parmi nous; au sein de cette Assemblée, nous ne sommes pas habitués à une présence aussi forte que celle de la présidence tchèque aujourd’hui.

Je crois que Mme Muscardini a raison; je conseille à ceux qui ne savent pas ce qui se passe vraiment dans cette région et qui veulent exprimer des avis précis de se rendre sur le terrain, en tant que touristes ou autres. Certains d’entre nous sont allés en Palestine dans différentes circonstances, en tant qu’observateurs pour les élections d’Abu Mazen ou autres, et je crois que pour avoir une idée précise de ce qui se passe, il faut voir la situation par soi-même.

Je pense qu’à travers ces événements, qui remontent à des décennies et ne sont pas uniquement récents, les seuls perdants, c’est nous, dans le monde occidental, car nous n’avons jamais pris ce problème au sérieux et n’avons jamais cherché à le résoudre; nous continuons à le considérer comme un problème entre deux parties opposées.

Je me suis rendu à plusieurs reprises en Palestine et en Israël. Je connais donc la situation, pas parfaitement, mais suffisamment, et je crois qu’en réalité, ce ne sont pas deux, mais trois parties qui sont impliquées. Dans ce cas spécifique, le problème oppose les terroristes à l’État d’Israël et la population palestinienne est prise au milieu et est donc victime. Le Hamas ne représente pas la population palestinienne; il en représente peut-être une section, mais certainement pas l’entièreté.

J’ai un film à ma disposition, et je pense que de nombreux députés l’ont également vu. Il montre toutes les victimes israéliennes, dont des enfants et des personnes de tous âges, les victimes de toutes les roquettes qui ont été et sont encore tirées par le Hamas. Ce n’est pas un hasard s’il y a une grande différence entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.

J’adresse ce message au président en exercice du Conseil et à notre chère commissaire, qui représente l’Europe. Je crois que nous devons aborder la situation de manière appropriée. Je pense que la chose la plus importante aujourd’hui est de renforcer la position d’Abu Mazen; il est le maillon faible de cette situation, avec les Palestiniens, qui ne comptent pas dans cette affaire. Je pense que les vrais perdants, c’est nous tous.

 
  
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  Maria-Eleni Koppa (PSE). - (EL) Monsieur le Président, dans toute l’Europe, l’opinion publique demande une chose à l’Union: qu’elle mette fin au massacre de la population palestinienne. Nous devons condamner la violence aveugle, quelle que soit son origine, mais nous devons être cohérents et reconnaître qu’Israël répond par un terrorisme d’État à très grande échelle. Les représailles asymétriques et le mépris manifeste de tout concept de droit international et humanitaire de la part d’Israël ne peuvent être tolérés.

Il est inacceptable d’utiliser des bombes au phosphore blanc et des armes expérimentales contre des civils et il est inhumain de prendre pour cible des femmes et des enfants innocents. Si cela se produisait en Afrique ou dans n’importe quelle autre région du monde, notre réaction serait immédiate et la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU serait contraignante. Toutefois, quand il s’agit d’Israël, nous nous limitons à des déclarations et à des discussions stériles.

Je crois que nous devons utiliser tous les instruments politiques à notre disposition, dont l’accord d’association, pour persuader Israël de mettre fin à la violence illégale à l’encontre de la population palestinienne et de cesser d’interdire l’accès à l’aide humanitaire.

Nous ne pouvons rester les bras croisés car cela nous rend complices du massacre. La seule solution est le cessez-le-feu immédiat et l’ouverture de couloirs humanitaires vers Gaza, ainsi que l’instauration d’un dialogue avec toutes les parties.

 
  
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  Struan Stevenson (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, les événements tragiques qui se sont produits à Gaza au cours des deux dernières semaines ont valu à Israël des condamnations internationales. Nous avons vu, au cours du débat d’aujourd’hui, des collègues faire la queue pour voir qui pourrait exprimer l’indignation la plus virulente contre l’État juif.

Toutefois, il y a un pays au Moyen-Orient pour qui ce fut exactement le résultat qu’il recherchait: l’Iran fournit depuis des années des missiles, des munitions et d’autres armes sophistiquées au Hamas. Il a financé et formé combattants du Hamas. Son objectif était de provoquer Israël à s’engager dans une guerre terrestre, et le résultat sanglant de celle-ci, avec des photos atroces de morts d’enfants sur les écrans de télévision et dans les journaux du monde entier, constitue le meilleur sergent recruteur pour l’islam fondamentaliste et pour la vision des mollahs iraniens d’un mouvement islamiste mondial uni contre l’Occident.

Le régime fasciste de Téhéran est le principal sponsor de la guerre et de la terreur au Moyen-Orient, et cette issue tragique est exactement ce que Téhéran souhaitait. Il détourne, en Iran, l’attention de la population de la crise économique provoquée par l’effondrement du prix du pétrole, et il détourne l’attention internationale de l’empressement des mollahs à produire une arme nucléaire. L’objectif de l’Iran en matière de politique étrangère est de devenir la puissance régionale dominante au Moyen-Orient. Il veut unir le monde islamique dans une soumission à sa propre vision, austère et troublante, d’une fraternité islamique totalitaire, au sein de laquelle les droits de l’homme, les droits des femmes et la liberté d’expression sont foulés aux pieds. Honteusement, l’Occident n’a rien fait pour dénoncer l’agression iranienne ni pour y faire face. Face aux preuves de plus en plus nombreuses de parrainage du terrorisme par les mollahs, l’Occident a tout fait pour apaiser Téhéran, allant jusqu’à accéder à sa demande cruciale visant à mettre hors jeu le principal mouvement d’opposition iranien, les Moudjahidines du peuple d’Iran, en plaçant celui-ci sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Cela doit cesser.

 
  
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  Richard Howitt (PSE). - (EN) Monsieur le Président, tout d’abord, il va de soi que ce Parlement va soutenir aujourd’hui la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci doit être mise en œuvre sans délai. En tant que l’un des députés ayant réussi à franchir le blocus pour pénétrer dans la bande de Gaza, j’affirme qu’un cessez-le-feu et un retrait ne suffisent pas. Bien sûr, nous voulons une fin aux tirs de roquettes, et que les terroristes cessent leurs opérations, mais il faut un cessez-le-feu et la fin de l’embargo pour que la population de Gaza puisse commencer à vivre sa vie.

Il s’agit d’une question de respect du droit humanitaire international. Human Rights Watch et le Secours islamique m’ont dit que les trois heures par jour de pause sont complètement inadéquates pour faire parvenir l’aide et la distribuer. C’est une question de proportionnalité. Save the Children déclare que le meurtre de 139 enfants depuis le début du conflit (1 271 étant blessés), ne peut se justifier par l’autodéfense.

Je me félicite de la déclaration faite aujourd’hui par l’envoyé de l’Union européenne en Israël, Ramiro Cibrian-Uzal, qui a affirmé que l’UE et Israël avaient actuellement gelé, pour ces raisons, les négociations sur le rehaussement du niveau de leurs relations. C’est ce qu’il fallait faire.

 
  
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  Michael Gahler (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, nous devons tout d’abord arriver à un cessez-le-feu immédiat et permanent de la part des deux parties – le consensus est large à cet égard au sein de cette Assemblée. Toutefois, par après, nous – l’UE et la communauté internationale – ne pourrons laisser le Hamas et Israël décider seuls du destin de la population de la bande de Gaza.

Le Hamas ne tient pas compte des intérêts des habitants de Gaza puisqu’il savait très bien qu’Israël répondrait aux attaques constantes de roquettes – et pas uniquement durant les campagnes électorales. L’année dernière, des enquêtes menées à Gaza ont montré une chute du soutien politique au Hamas en faveur du Fatah. Il semble que le Hamas compte, de manière cynique, sur la rehausse du soutien politique grâce au nombre élevé de victimes palestiniennes, par solidarité avec celles-ci.

Israël, pour sa part, a pratiquement exclusivement à l’esprit les intérêts de ses propres citoyens. Ainsi, les critiques internationales portent principalement sur l’ampleur de ses opérations militaires et son acceptation du grand nombre de victimes civiles.

C’est pourquoi nous, Européens, ne pouvons cesser de négocier un autre cessez-le-feu ni de financer la réparation des infrastructures. Je vois déjà d’ici la lettre rectificative de la commissaire: je suis convaincu qu’elle a déjà fini de l’écrire et qu’elle est prête à la transmettre à la commission des budgets.

Il n’est pas non plus suffisant de garder un œil sur la fermeture par l’Égypte des tunnels de contrebande d’armements à la frontière avec la bande de Gaza. J’appelle tout le Quartet, et notamment la forte composante arabe, à s’engager conjointement à envoyer des troupes, avec un mandat de maintien de la paix, dans la bande de Gaza et la région alentour, dans l’intérêt de la population de Gaza, d’Israël et d’Égypte. En parallèle, le processus de paix en lui-même doit progresser rapidement. Autrement, je crains que nous assistions à une recrudescence de ce type d’incidents, à une plus grande fréquence. Ni les Palestiniens, ni les Israéliens ne méritent cela.

 
  
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  Miguel Angel Martínez Martínez (PSE). - (ES) Monsieur le Président, les membres espagnols du groupe socialiste au Parlement européen assistent avec horreur, douleur et honte aux événements de Gaza, mais s’engagent également à défendre la paix, à protéger ceux qui souffrent le plus et à maintenir la dignité et l’espoir.

Nous sommes horrifiés par les scènes répétées d’enfants et de femmes tués et le cœur brisé par leur souffrance sans fin en raison du bombardement du ghetto qu’est devenu Gaza. Picasso a peint cette horreur dans son tableau Guernica, village rasé par les Junkers de la légion Condor il y a soixante-dix ans.

Nous avons mal devant les souffrances immenses de tant de victimes. Nous avons honte de l’incapacité de tous – nos pays, l’Union européenne et la communauté internationale – à d’abord prévenir et ensuite mettre fin à l’agression criminelle que nous condamnons.

Nous sommes également honteux et indignés à la vue de tant de mensonges, d’ambiguïté et d’inaction, et ce parce que nous savons exactement ce qui se passe, mais que nous n’agissons pas avec la force et la cohérence nécessaires. L’histoire demandera donc une explication à de nombreuses personnes qui ont participé au crime, du moins en raison de leur inaction.

Comme le dit le proverbe, «mieux vaut tard que jamais» et il est essentiel de laisser la porte ouverte à l’espoir. L’Union européenne doit soutenir la résolution tardive du Conseil de sécurité. Toutefois, elle doit veiller à ce qu’elle soit strictement respectée, tout comme notre accord d’association avec Israël doit être scrupuleusement respecté. Celui-ci prévoit sa suspension en cas de comportement tel que celui affiché actuellement.

Par hasard, le Hamas est-il également responsable du silence des médias, que je n’ai entendu personne condamner?

 
  
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  Geoffrey Van Orden (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, je voudrais commencer par exprimer, alors que le conflit fait rage, ma plus profonde sympathie à toutes les personnes innocentes, tant en Israël que dans la bande de Gaza, qui ont souffert au cours des dernières semaines et des derniers mois. Mais nous devons prendre garde à ce que notre humanité naturelle, nos préoccupations entièrement justifiées, ne faussent pas notre perception de la vraie nature de la situation à laquelle nous avons à faire.

À Gaza, le Hamas a créé un fief terroriste: il ne tolère aucune opposition à ses vues, il a assassiné les Palestiniens qui s’y opposaient, il a divisé l’Autorité palestinienne, il a refusé de cesser les attaques terroristes contre des civils israéliens, il a refusé de reconnaître le droit d’Israël à l’existence, il a refusé de reconnaître les accords de paix négociés antérieurement. Je me souviens des paroles de Hanane Ashrawi, il y a trois ans, quand j’avais suivi les élections palestiniennes. Elle prévoyait le règne des forces des ténèbres – nous voyons à quel point elle était dans le vrai!

Nous ne devrions pas être surpris qu’un député du Hamas soit fier de dire que la mort est une «industrie» pour le peuple palestinien. Il faisait référence à l’utilisation des attentats-suicides, et à l’usage délibéré de civils comme boucliers humains pour protéger des cibles militaires potentielles. Utiliser les civils de la sorte constitue bien entendu une violation directe du droit international humanitaire.

Face à un ennemi aussi intraitable, impitoyable et haineux, qu’attendons-nous d’Israël alors que ses citoyens font constamment l’objet d’attaques terroristes? La communauté internationale en fait peu de cas. Quand Israël a entrepris des actions non-violentes, comme l’imposition d’un blocus ou des coupures d’électricité, il a été fustigé. Maintenant qu’il a choisi l’option militaire en réaction à la provocation du Hamas, il endure le fardeau de la réprobation internationale.

La triste réalité est que le peuple palestinien a été bien mal servi, durant de nombreuses années, par ceux qui contrôlent les zones administrées par l’Autorité palestinienne, par la communauté internationale, qui a toléré l’extrémisme et la corruption, et par le monde arabe, qui n’a pratiquement rien fait, pendant toutes ces décennies, pour améliorer ses conditions de vie ou ses perspectives.

Il nous faut un plan Marshall pour le Moyen-Orient. Ce n’est pas seulement de maintien de la paix que les Palestiniens ont besoin, mais d’une bonne administration civile, à l’abri de la corruption. L’administration civile a besoin d’être mise sous tutelle internationale, mais avant toute chose, la chaîne du terrorisme - armes, argent et indulgence politique - doit être rompue.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. VIDAL-QUADRAS
Vice-président

 
  
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  Proinsias De Rossa (PSE). - (EN) Monsieur le Président, je pourrais approuver ce que M. Van Orden dit à propos du Hamas, mais le fait est que rien de ce qu’il dit ne justifie les bombardements de civils par Israël. C’est le point fondamental: il faut arrêter les bombardements, que ce soit ceux du Hamas ou ceux d’Israël.

J’espère que la résolution accompagnant ce débat sera adoptée à une large majorité par cette Assemblée lors du vote de demain, et j’espère qu’elle permettra de renforcer la position de la Commission et du Conseil en vue de faire pression sur Israël et le Hamas pour qu’ils cessent ces tueries. Depuis qu’Israël s’est retiré de Gaza, il en a fait la plus grande prison du monde, et il en a fait, au cours des trois dernières semaines, un abattoir, utilisant illégalement la terreur contre la terreur, tuant des civils, hommes, femmes et enfants, et anéantissant ainsi la possibilité d’une solution viable à deux États.

Il ne peut pas y avoir d’amélioration des relations de l’Europe avec Israël tant que ce pays ne parvient pas à entamer des consultations et des négociations de fond avec ses voisins et avec tous les élus palestiniens, dont le Hamas. Il faut que l’Europe affirme clairement que l’escalade de cette guerre à Gaza sera suivie d’une escalade de notre réaction à cette guerre.

 
  
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  Kinga Gál (PPE-DE). - (HU) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, cher collègues, je trouve cynique le comportement des parties au conflit de Gaza. J’estime qu’il est cynique et inacceptable que le Hamas se serve de la population civile – y compris des enfants – comme bouclier humain. Je considère aussi que la position d’Israël est cynique et inhumaine: sous le prétexte de l’autodéfense, Israël utilise des moyens disproportionnés et abat de nombreux habitants de Gaza, affectant ainsi le plus sévèrement la population civile, dont des enfants.

J’estime qu’il est cynique et mensonger pour une diplomatie étrangère, à quelques exceptions notables, de s’efforcer de sauver les apparences, et même après de si nombreux jours, de ne pas être en mesure d’assurer la protection de la population civile ou des agences d’aide, ni de protéger les enfants, malheureusement.

Je prends la défense des enfants, car aucune fin ne peut justifier les moyens qui ôtent la vie à des innocents de manière non nécessaire. Nous devons considérer toutes les vies d’enfants comme ayant la même valeur, de chaque côté de la frontière. C’est l’axiome fondamental et chaque partie au conflit doit lui accorder la même valeur si nous voulons un jour une véritable paix dans cette région.

L’acceptation des valeurs de respect de la vie humaine, la protection des civils et la promotion de l’aide humanitaire peuvent constituer la base d’un cessez-le-feu durable, d’une paix en Palestine et d’une paix entre la Palestine et Israël.

 
  
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  Gay Mitchell (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, le Hamas a déclenché une vague de terreur sur les citoyens israéliens et a provoqué des représailles. Il semble, vu d’ici, que certains d’entre eux se réjouissent de la mort de nouveaux martyrs civils - y compris d’enfants - et de la publicité que ces morts donnent à leur cause, aussi horrible soit-il, pour des gens sensés, d’accepter une chose pareille.

Je n’ai jamais défendu le terrorisme, pas plus que je ne suis un critique d’Israël, qui dispose d’un droit à la coexistence pacifique dans la région, mais nous serions de pierre si nous n’étions pas bouleversés et ne ressentions pas de honte morale face à ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza. La réaction israélienne est totalement disproportionnée, et la mort de jeunes enfants est particulièrement honteuse.

Je ne me suis pas, à ce jour, opposé à la signature du nouvel accord entre l’UE et Israël. J’approuve le conseil du Dalaï Lama le mois dernier, ici au Parlement, selon lequel la meilleure façon d’influencer la Chine à propos du Tibet est de conserver de bonnes relations avec elle. Je pense que cela s’applique également aux relations entre l’Union européenne et Israël, mais comment pouvons-nous capter son attention pour exprimer le degré de répulsion que nous ressentons face à l’ampleur de ce qui se passe?

Permettez-moi d’ajouter qu’hier, une note sur les besoins humanitaires de la région a été distribuée à ceux d’entre nous qui ont assisté à la réunion conjointe de la commission des affaires étrangères et de la commission du développement. Je demande instamment à la Commission et au Conseil de veiller à ce qu’un paquet global consacré à l’aide humanitaire soit préparé, afin que nous puissions aller là-bas et aider, dès que possible, ces personnes qui souffrent.

 
  
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  Karel Schwarzenberg, président en exercice du Conseil. − (EN) Monsieur le Président, une question qui a été mentionnée au début est celle de savoir si nous devons communiquer avec le Hamas. Je ne pense pas que le temps soit venu de le faire. Au cours des derniers mois, le Hamas a manifestement continué de se comporter comme une organisation terroriste. Aussi longtemps qu’il se comportera ainsi, il ne pourra pas être contacté officiellement par des représentants de l’Union européenne.

Je dois admettre qu’étant un vieil homme, j’ai vu, au cours de ma vie, de nombreuses organisations terroristes évoluer depuis leurs débuts, devenir plus ou moins acceptables, et être finalement acceptées par la communauté internationale. Je l’ai vu en Afrique. Je l’ai vu en Irlande. Je l’ai vu en de nombreux endroits. Cela peut arriver. Mais avant tout, elles doivent cesser d’agir comme des organisations terroristes. Ensuite, je serai prêt à parler avec le Hamas ou avec qui que ce soit d’autre, mais pas tant qu’il n’a pas renoncé à agir en organisation terroriste.

Je pense qu’il est important de préciser cela, parce que l’Union européenne ne peut pas renoncer à ses principes. Il existe des moyens d’entendre leurs idées, il existe des contacts indirects avec des acteurs politiques de la région qui sont eux-mêmes en contact avec eux, ce qui est important et judicieux, mais il n’est pas encore temps, pour l’Union européenne, d’avoir des contacts directs avec le Hamas. Je pense que nous devons être catégoriques sur ce point.

À d’autres égards, il convient de faire l’éloge de l’Égypte pour le rôle important qu’elle a joué au cours des dernières semaines et des derniers jours, et pour ses efforts et son travail acharné en vue d’obtenir un cessez-le-feu, et peut-être même un armistice avec, à l’issue du processus, la paix dans la région. Je sais combien la question est difficile. Nous sommes en permanence en contact avec les Égyptiens. Nous connaissons l’importance du travail qu’ils accomplissent, et je tiens à les féliciter.

Une question portait sur la façon dont nous pouvons apporter une aide dans la région. Tout d’abord, les personnes qui sont sur place vont nous dire clairement de quoi elles ont besoin. Il ne nous appartient pas de décider ce que nous devons leur donner. C’est à elles de nous le demander, et de le demander à l’Union européenne. Beaucoup d’États membres de l’Union européenne ont affirmé leur volonté d’apporter leur aide dans toute la mesure du possible - moyens techniques, envoi de conseillers, préparation des moyens nécessaires - mais cela doit avant tout se faire avec le consentement des États concernés de la région. C’est la première tâche à accomplir.

J’ai entendu une suggestion importante, qui consistait à préparer un plan Marshall pour le Moyen-Orient. Je pense qu’il s’agit d’une très bonne idée et que nous devrions la suivre. Cette région a besoin d’un véritable développement des idées qui ont tant aidé l’Europe après la guerre.

Mme Ferrero-Waldner et d’autres personnes ont mentionné les résultats obtenus par la Commission. Je pense que nous avons accompli beaucoup de choses, et je tiens à féliciter une nouvelle fois Mme Ferrero-Waldner, qui a fait l’essentiel du travail de notre délégation dans le domaine humanitaire, où ce que nous avons réalisé continue de fonctionner aujourd’hui. Mais, soyons bien clairs, même ces négociations très difficiles au Moyen-Orient se basent sur l’approche déjà structurée lors de la visite de notre délégation au Moyen-Orient. Celle-ci traite de la manière d’organiser la paix, et de ce qui est indispensable. Notre plan se fonde sur ce que nous avions alors découvert, et discuté avec nos partenaires.

Il y a eu un débat sur le rehaussement du niveau de nos relations avec Israël. Comme vous le savez, il s’agissait d’une décision prise par le Conseil des ministres de l’Union européenne en juin 2008. Celle-ci ne peut être modifiée que si les ministres de l’Union européenne décident de la modifier. Elle ne peut pas être modifiée d’une autre manière, même par les paroles d’un représentant très respectable de l’Union européenne à Jérusalem. Je reconnais que dans la situation actuelle, il serait prématuré de discuter de la façon d’améliorer nos relations avec Israël et de la question de savoir si un sommet doit se tenir dans un avenir proche. Pour le moment, nous avons vraiment des questions plus urgentes et plus importantes à résoudre. Encore une fois, je tiens à préciser que la décision a été prise par le Conseil des ministres, un point c’est tout.

Que peut-on faire pour arrêter Israël? Soyons francs - très peu de choses. Israël agit comme il agit et, en tant qu’ami de toujours de l’État d’Israël, je le dis aujourd’hui très franchement, je ne suis pas satisfait de ce qu’il est en train de faire. Je pense que sa politique nuit aussi à Israël. Cela étant dit, l’Union européenne a très peu de possibilités à sa disposition, hormis de parler avec une grande clarté et une grande franchise, et de demander à nos partenaires d’arrêter. La solution doit être trouvée par nos partenaires au Moyen-Orient, en Israël, par l’Egypte et par les autres parties concernées. L’Union européenne peut apporter une aide. L’Union européenne peut apporter cette aide en offrant tous les types d’assistance possibles en cas de conclusion d’un cessez-le-feu, afin de réaliser les objectifs visés: la fermeture des points de passage de la contrebande, la fermeture des tunnels, la surveillance du littoral, etc. Elle peut, à de nombreux égards, apporter son aide à la bande de Gaza, par exemple en ce qui concerne la reconstruction, ou la facilitation de l’aide humanitaire. L’Union européenne peut faire tout cela, mais pour être tout à fait honnête, nous n’avons pas le pouvoir, ni les moyens, de dire «stop». Le Parlement pense-t-il donc que nous pouvons envoyer une immense force armée au Moyen-Orient pour arrêter les belligérants? Non, nous n’en avons pas la possibilité, et tant Israël que le Hamas dépendent de puissances extra-européennes. Israël possède de puissants alliés hors d’Europe également. Il y a des limites à nos possibilités d’action. Nous pouvons aider, nous pouvons fournir une assistance, nous pouvons offrir nos bons offices, et nous pouvons nous montrer très engagés. À cet égard, nous avons réalisé beaucoup de choses. Mais il ne faut pas surestimer nos possibilités.

 
  
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  Sajjad Karim (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, Israël déclare qu’il ne fait qu’exercer son droit de légitime défense. Dans ce cas il est tenu de respecter les rudiments des principes de guerre juste, y compris la proportionnalité.

Israël l’ignore de toute évidence, et nous avons absolument tort de faire l’autruche face à cette réalité. L’utilisation du phosphore sur des civils n’est pas compatible avec la revendication de défense de la civilisation.

Il est clair que l’UE ne peut, à elle toute seule, résoudre ce problème. Mais on oublie un élément de taille. Nous avons besoin de la volonté des États-Unis. Leur réponse a été décevante, déséquilibrée et injuste. Le calendrier de ces actions menées par Israël est le fruit d’un calcul stratégique, mais, M. Obama, le 20 janvier approche à grands pas. Le monde attend, et l’UE est un partenaire qui ne demande qu’à apporter son aide!

Allez-vous restaurer les valeurs que nous partageons avec vous, ou bien allez-vous laisser cette injustice l’emporter une nouvelle fois? Allez-vous travailler avec nous pour assurer la protection de tous les intéressés? Les Palestiniens vous demandent comment il peut être juste que votre pays demande que de l’aide humanitaire soit envoyée sur le terrain, mais reste silencieux lorsque les bombes pleuvent?

Vous, collègues désireux de briser le Hamas par les seuls moyens militaires: allez voir la bande de Gaza et la Cisjordanie. Réveillez votre humanité la plus élémentaire, et vous verrez pour quelle raison le Hamas se renforce.

Ce n’est pas là le bon moyen d’aider Israël et les Palestiniens. Un cessez-le-feu immédiat n’est qu’un point de départ nécessaire.

 
  
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  Colm Burke (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, il est très clair que les parties au conflit ne parviennent pas à respecter le droit humanitaire international et que la population civile de Gaza paie par conséquent un très lourd tribut. Il doit y avoir un principe de responsabilité en matière de respect du droit international lorsque des principes de la guerre tels que la proportionnalité et la non-discrimination ne sont pas respectés. L’un des préceptes d’une guerre juste prévoit que sa conduite doit être régie par le principe de proportionnalité. La force utilisée doit être proportionnelle au tort subi. Malheureusement, nous avons assisté à un grand degré d’incurie de la part des Israéliens. Tout en reconnaissant le fait que le Hamas a commencé par ses attaques à la roquette contre Israël, la réaction israélienne a été, à mon avis, disproportionnée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: plus de 900 Palestiniens ont été tués, face à un nombre beaucoup plus réduit d’Israéliens. Israël doit prendre conscience de la responsabilité qu’il a de modérer immédiatement son usage de la force en conformité avec le droit international.

D’autre part, il ne faut pas négliger le fait que le Hamas se trouve toujours sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, et refuse toujours de renoncer à sa lutte armée. De plus, le Hamas a toujours refusé de reconnaître le droit d’Israël à l’existence. Hamas ainsi que d’autres groupes armés palestiniens doivent reconnaître que les populations du sud d’Israël ont le droit de vivre sans bombardements.

 
  
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  Nickolay Mladenov (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, tous ceux qui observent le conflit israélo-palestinien pourraient être actuellement tentés de lever les bras au ciel et de hurler au désespoir. Je ne pense pas, toutefois, que nous devions agir de la sorte, car j’estime que le plus grand test pour notre humanité, aujourd’hui, consiste à comprendre vraiment quels sont les enjeux.

Le premier problème est qu’il ne peut y avoir de solution durable à ce conflit sans qu’il soit mis fin au bombardement d’Israël. Le second problème est qu’il ne peut y avoir de solution durable à ce conflit si l’on n’ouvre pas Gaza à l’aide humanitaire. En effet, le président Peres a eu absolument raison de dire que la bande de Gaza devrait être ouverte à l’aide, et non pas fermée pour abriter des roquettes.

Je pense que ce point est fondamental, et tout le monde s’accorde sur ce point. Il ne peut y avoir de retour au statu quo ante, et je pense que là, nous pourrions faire un certain nombre de choses. Tout d’abord, le Parlement peut réunir les deux parties pour qu’elles se parlent; d’autre part, nous devons soutenir la Commission et le Conseil dans leurs efforts et, enfin, nous devrions appuyer fermement la piste égyptienne de négociation, car c’est la seule voie susceptible de mener à une solution et au cessez-le-feu que nous espérons tous en ce moment.

 
  
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  Neena Gill (PSE). - (EN) Monsieur le Président, ce ne sont pas seulement les membres de cette Assemblée qui ont été indignés par l’évolution des événements à Gaza. Les citoyens européens sont également indignés, depuis trop longtemps, par les souffrances de la population de Gaza et par le blocus israélien. À cela viennent s’ajouter les attaques constantes et les terrifiantes agressions militaires israéliennes contre des civils innocents, en particulier des femmes et des enfants. Les appels lancés par la communauté internationale en faveur d’un cessez-le-feu se heurtent à un mur.

Les Palestiniens ont un besoin urgent d’accès à la nourriture, à l’aide médicale et à la sécurité. Israël doit, à tout le moins, respecter les principes du droit international. S’il ne le fait pas, Israël doit perdre tout le soutien qu’il lui reste encore dans la communauté internationale.

Il est regrettable qu’il n’ait été tenu aucun compte de la résolution de l’ONU. Il est également regrettable que l’UE en soit encore à chercher le rôle qu’elle peut jouer. Peut-être pourra-t-elle le trouver si elle prend des mesures plus fortes qu’elle ne l’a fait jusqu’à présent. Il ne suffit pas de mettre «au frigo» l’amélioration des relations. Nous avons des moyens d’action. Nous sommes un partenaire commercial majeur. Nous sommes un important bailleur de fonds dans cette région. Nous sommes donc en mesure d’exercer ce rôle.

 
  
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  Marios Matsakis (ALDE). - (EN) Monsieur le Président, est-il éthiquement acceptable, et est-il excusable en droit international que, dans ses efforts visant à neutraliser les terroristes du Hamas, l’État d’Israël puisse se lancer dans une grande campagne militaire de terreur et de violation flagrante des conventions des Nations unies et des droits de l’homme à l’encontre d’1,5 million de civils innocents pris au piège? Une telle action est-elle conforme à nos valeurs européennes de justice et de démocratie? Le lobby israélien est-il puissant au point d’obliger - de facto - les États-Unis et l’UE à regarder sans réagir les atrocités innommables commises au nom de la lutte contre le terrorisme?

Si la réponse à ces questions est oui, alors nous devrions tous féliciter le courageux gouvernement israélien pour son action dans la bande de Gaza. Si la réponse est non, alors il faut condamner clairement et fermement Israël et prendre rapidement des mesures efficaces à son encontre, y compris des sanctions commerciales, en vue de mettre fin au carnage dans la bande de Gaza, aujourd’hui comme à l’avenir. Je suis fortement en désaccord avec le ministre qui est maintenant parti, et qui disait que nous n’avions en fait que peu de possibilités d’action. Nous pouvons faire beaucoup, et nous le devons.

 
  
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  Christopher Beazley (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, j’ai été élu à cette Assemblée il y a 25 ans. Ceci est probablement le plus important débat auquel j’aie jamais pris part. Madame le Commissaire, j’espère que vous avez écouté très attentivement la commission des affaires étrangères la nuit dernière, et ce Parlement aujourd’hui. J’espère qu’il vous est possible de répondre, dans ce qui est votre débat, et à la différence du président en exercice Schwarzenberg, que l’Union européenne peut, en ces circonstances particulières, exercer un pouvoir moral sur l’agresseur.

Le peuple israélien est un peuple juste et honorable, qui a misérablement souffert à travers les siècles sur ce continent. Il comprendra la recommandation que vous formulez à présent au Conseil des ministres, à savoir que l’UE cesse tout contact avec les autorités israéliennes tant que les bombardements n’auront pas cessé.

 
  
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  Antonio Masip Hidalgo (PSE). - (ES) Monsieur le Président, nous devons appeler Israël, avec toute notre conviction, à cesser le massacre et à permettre aux blessés d’être soignés et aux victimes de recevoir de la nourriture. Il faut dire que cette attitude à l’égard du droit international aura des conséquences pour ses relations avec l’Europe.

Je voudrais féliciter les quelques jeunes volontaires européens qui souffrent avec la population de Gaza, et en particulier Alberto Arce. Ils personnifient les meilleures valeurs de solidarité et de liberté de notre Europe, qui doit agir en en tenant compte dans un conflit si terrible.

 
  
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  Margrete Auken (Verts/ALE). - (DA) Monsieur le Président, je voudrais simplement dire deux choses. Premièrement, je tiens à rappeler à chacun que notre décision stipule expressément et rappelle que nous avons suspendu la relance de nos relations, et j’espère très sincèrement que nous ne continuerons pas comme si rien ne s’était passé uniquement parce que la présidence le préconise. Deuxièmement, Israël n’a à aucun moment fait ce qu’elle avait promis en relation avec les négociations. Aucun cessez-le-feu n’a été instauré car Israël n’a pas levé son blocus au cours de cette période, et j’estime qu’il est de mon devoir d’également mentionner Annapolis, où Israël avait promis de geler les activités de colonisation. Que s’est-il vraiment passé? Il a simplement continué d’accroître le taux de colonisation, qui n’a jamais été aussi rapide depuis Annapolis, et je pense que tant qu’aucun progrès n’est effectué sur le terrain, nous n’obtiendrons jamais que le Hamas agisse conformément aux règles que nous voulons qu’il respecte. Pour cette raison, nous devons veiller à ce qu’Israël respecte sa part du contrat.

 
  
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  Peter Šťastný (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, nous avons eu hier une réunion conjointe des délégations pour les relations avec Israël et avec l’Autorité nationale palestinienne, et on peut aisément imaginer l’intensité, l’émotion, les accusations - et les solutions proposées - après 18 jours de guerre à Gaza, et près de 1 000 morts.

Le fait est qu’Israël, après huit années d’attente et après avoir reçu près de 8 000 missiles, qui ont terrorisé un million de citoyens le long des frontières avec la bande de Gaza, a finalement perdu patience. Israël a commencé à assurer la sécurité de ses citoyens, comme c’est son droit le plus strict, et même son devoir. Le Hamas est une organisation terroriste, et est clairement le coupable dans cette affaire. Il est un fardeau pour le peuple palestinien de la bande de Gaza. La solution réside dans un Quartette revigoré, et notamment dans le redoublement des efforts conjoints du nouveau gouvernement américain et d’une Union européenne plus forte et plus intégrée.

Je me félicite de la présidence tchèque, de ses priorités et de son implication active et immédiate dans la région.

 
  
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  Marian-Jean Marinescu (PPE-DE). - (RO) Ce conflit, qui dure depuis très longtemps, trouve ses racines dans des problèmes territoriaux, ainsi que dans des différences culturelles qui sont parfois traitées de manière exagérée. La solution à long terme consiste en un État israélien protégé et sûr, et en un État palestinien viable. Toutefois, cette solution ne pourra être mise en œuvre par le biais d’attaques terroristes ou d’actions militaires.

Pour arriver à des conditions de vie normales, la population palestinienne doit se créer un État fondé sur des institutions démocratiques et l’État de droit, ce qui assurerait son développement économique. Elle doit renoncer aux actes terroristes et s’atteler à instaurer un climat politique normal et à faciliter l’élection de politiciens capables de diriger l’État, qui souhaitent véritablement résoudre ce conflit par la voie de la négociation.

 
  
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  Bairbre de Brún (GUE/NGL). - (GA) Monsieur le Président, je voudrais soutenir ceux qui condamnent les attaques et exprimer ma solidarité envers la population de Gaza.

Le ministre Schwarzenburg affirme que l’Union européenne ne peut faire grand-chose. L’Union européenne devrait abandonner la relance des relations avec Israël et les accords en vigueur devraient être annulés tant qu’Israël ne respecte pas ses obligations au titre du droit international.

Même avant les dernières attaques immorales, nous avons assisté à des années de punition collective de la population palestinienne. L’ampleur et le type des attaques menées à Gaza par une armée moderne contre une population assiégée, déjà faible à la suite de l’isolement et du blocus, sont absolument terribles. Il est faux de rejeter la faute sur cette population. Nous devons affirmer clairement que les victimes les plus touchées sont les individus, les personnes innocentes de Gaza.

 
  
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  Czesław Adam Siekierski (PPE-DE). - (PL) C’est avec une grande douleur que nous assistons à ce qui ce passe dans la bande de Gaza. Nous ne cautionnons pas les méthodes de combat et la provocation du Hamas, mais Israël a choisi des moyens disproportionnés de résoudre ce conflit avec la population palestinienne. Les principes du droit international ont manifestement été violés. Aucune partie au conflit n’est intéressée par la paix avec l’autre partie. Les deux camps ne voient que leur propre intérêt: c’est ce que nous appelons l’égoïsme national.

L’opinion publique internationale est contre la poursuite de cette guerre. L’Union européenne et l’ONU, soutenues par de nombreux pays, devraient intervenir de manière décidée. Il est temps de mettre fin à cette guerre malheureuse. Les troupes israéliennes devraient rallier leur base. Le Hamas doit cesser de tirer des roquettes sur Israël. Nous devons renforcer l’aide humanitaire d’urgence apportée à la population civile et prodiguer des soins aux blessés qui, paraît-il, sont au nombre d’environ 3 000. Nous devons reconstruire le pays et aider la population à revenir à une vie normale. C’est cela que j’attends des dirigeants actuels de l’Union européenne et de la Commission européenne.

 
  
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  Hannes Swoboda (PSE). - (EN) Monsieur le Président, je voudrais simplement vous demander si nous allons encore avoir aujourd’hui notre débat sur le gaz, ou si celui-ci a été supprimé de l’ordre du jour. Nous attendons. Il n’y a pas seulement le Moyen-Orient, mais aussi un débat sur le gaz à l’ordre du jour. A-t-il été supprimé de l’ordre du jour?

 
  
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  Le Président. − C’est le point suivant de l’ordre du jour.

 
  
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  Aurelio Juri (PSE). - (SL) J’ai été déçu par les dernières paroles du ministre des affaires étrangères de la République tchèque, qui préside actuellement le Conseil. Bien sûr, nous pouvons fonder tous nos espoirs sur notre commissaire. Mais le nombre de morts augmente. Si nous continuons de la sorte, dans une semaine, 1 500 personnes auront probablement perdu la vie.

Il est difficile de parler avec le Hamas car il figure sur la liste des organisations terroristes et il est difficile de prendre des mesures à son encontre. Israël, par contre, est notre ami, notre partenaire et un membre important de la communauté internationale. Il doit respecter les décisions internationales, les résolutions des Nations unies et les recommandations de ses amis et partenaires. Dans le cas contraire, ses amis et partenaires doivent pouvoir condamner ses actes et le menacer de sanctions également.

 
  
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  Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission. − (EN) Monsieur le Président, je serai brève, car le débat a été très long. Permettez-moi de dire tout d’abord, en tant que membre du Quartette pour le Moyen-Orient depuis quatre ans maintenant, que l’Union européenne a un rôle à jouer, mais que bien sûr, nous n’avons pas le rôle le plus fort. Cela est parfois frustrant pour nous tous, en particulier en ces moments difficiles où nous souhaiterions obtenir immédiatement un cessez-le-feu viable et durable, comme nous l’avons proposé; malheureusement, celui-ci ne peut pas être atteint aussi rapidement.

Je tiens à vous donner, au moins à titre indicatif, les dernières informations que j’ai reçues aujourd’hui, et qui sont reprises par les médias, à savoir que certaines sources égyptiennes proches des négociations ont signalé que le Hamas réagissait favorablement aux dernières propositions égyptiennes. En tout état de cause, les choses sont en train de bouger. Certes, je ne suis pas sûre que cela soit vraiment confirmé, mais il y aura également une conférence de presse du Hamas ce soir à 20 heures. Espérons que les choses vont aller de l’avant. C’est du moins ce que nous désirons tous.

Deuxièmement, en dépit de toutes les frustrations, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à œuvrer pour la paix. C’est ce que nous allons faire. Je me suis engagée à le faire tant que je serai membre de ce Quartette pour le Moyen-Orient. Nous ne pouvons y parvenir qu’ensemble, et nous devons aussi aider et consolider les efforts palestiniens de réconciliation, car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire disparaître totalement cette anomalie que constitue la bande de Gaza.

Troisièmement, dès qu’il y aura un cessez-le-feu, nous allons faire tout notre possible pour rétablir complètement les services de base à la population, qui ont été si gravement perturbés. Je pense avant tout que ce qui est nécessaire à présent, c’est de mettre un terme à ces destructions et de s’attaquer à la reconstruction, mais aussi de tenter de parvenir à la paix.

Nous avons longuement discuté de ce sujet, et je ne vais donc pas m’étendre plus longtemps, mais c’est mon état d’esprit, et j’espère que c’est le bon moment.

 
  
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  Le Président. − Pour clore la discussion, j’ai reçu une proposition de résolution(1), conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement intérieur. Le débat est clos.

Déclarations écrites (article 142)

 
  
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  Pedro Guerreiro (GUE/NGL), par écrit. (PT) Vu la barbarie à laquelle sont confrontés les Palestiniens dans la bande de Gaza, dénoncée et condamnée dans la récente résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, nous avons les revendications et les demandes suivantes:

- une dénonciation ferme des violations des droits de l’homme et des crimes perpétrés par l’armée israélienne, le terrorisme d’État d’Israël;

- une condamnation claire de l’agression cruelle d’Israël à l’encontre de la population palestinienne, que rien ne peut justifier;

- une cessation de l’agression et du blocus inhumain imposé à la population de la bande de Gaza;

- une aide humanitaire d’urgence à la population palestinienne;

- le retrait des troupes israéliennes de tous les territoires palestiniens occupés;

- le respect par Israël du droit international et des résolutions de l’ONU, la fin de l’occupation, des colonies, du mur de séparation, des assassinats, des détentions, de l’exploitation et des innombrables humiliations infligées à la population palestinienne;

- une paix juste, possible uniquement en respectant le droit inaliénable de la population palestinienne à un État indépendant et souverain, avec les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale.

En Palestine, il y a un colon et un colonisé, un agresseur et une victime, un oppresseur et un oppressé, un exploiteur et un exploité. Israël ne peut continuer à agir en toute impunité!

 
  
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  Tunne Kelam (PPE-DE), par écrit. (EN) La réaction au conflit dans la bande de Gaza doit être plus équilibrée qu’elle ne l’est actuellement. Aucune violence excessive ne doit être excusée, mais nous devons examiner de manière plus approfondie les origines du conflit.

Les négociations avec le Hamas ne sont pas possibles en l’état actuel des choses. Un groupe terroriste qui utilise cyniquement son propre peuple comme bouclier contre les attaques n’est pas intéressé par des négociations portant sur une paix véritable.

En outre, nous devons tenir compte du fait que le Hamas a joué un rôle important dans la chaîne des mouvements terroristes qui conduit au Hezbollah et au régime terroriste de Téhéran. Ainsi, le Hamas doit être considéré comme un élément dans le cadre d’efforts plus larges visant à détruire la fragile stabilité au Moyen-Orient, et à lui substituer des régimes fondamentalistes extrémistes ne reconnaissant par principe aucun droit d’existence à Israël.

En effet, nous devons comprendre que la question de la sécurité d’Israël est également liée à la sécurité de l’UE.

L’UE doit exercer son autorité afin de s’attaquer, avant tout, aux racines de ce conflit. Pour éviter de nouveaux meurtres d’Arabes et d’Israéliens, les partenaires arabes doivent reconnaître sans condition le droit d’Israël à l’existence, et contribuer à arrêter l’infiltration de mouvements extrémistes et d’armes encore plus meurtrières dans cette région.

 
  
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  Eija-Riitta Korhola (PPE-DE), par écrit. (FI) Monsieur le Président, c’est un fait incontestable que la population civile de Gaza et du Sud d’Israël a été privée de son droit à une existence digne de l’être humain. Une agence de presse nous a raconté l’histoire de deux enfants qui voulaient traverser une rue à Gaza. Ils ne regardaient pas à gauche et à droite pour voir si un véhicule arrivait, mais vers le haut car ils craignaient ce qui pouvait venir du ciel.

Il apparaît clairement qu’il y a deux coupables à l’immense crise humanitaire qui touche Gaza. Les actes irresponsables du Hamas en territoire palestinien, la lâcheté avec laquelle il se cache derrière la population civile et la provocation qu’il engendre avec ses attaques de roquettes montrent bien la non-viabilité du gouvernement palestinien. Les attaques d’Israël sur l’enclave palestinienne déjà faible et désespérée sont un autre indice de son indifférence vis-à-vis de ses obligations humanitaires internationales.

Nous devons appeler à ce que les parties mettent fin à cette folie par le biais d’un cessez-le-feu immédiat et permanent. En premier lieu, Israël devrait permettre à l’aide humanitaire de pénétrer dans Gaza, où une amélioration des conditions de vie constituerait également une des voies vers la paix à long terme.

Le Quartet du Moyen-Orient doit faire un geste dans la bonne direction, la nouvelle administration américaine montrant la voie à suivre. L’Égypte a une responsabilité spéciale en raison de ses frontières communes, et son rôle de médiateur avec l’Union nous a empli d’espoir.

L’histoire mondiale montre que la recherche de la paix paie toujours à la fin. Nous ne pouvons abandonner, nous adapter ou nous habituer à l’idée d’un conflit irrésolu, car cela n’existe pas. Selon le prix Nobel de la paix Martti Ahtisaari, la paix est une question de volonté. La communauté internationale pourrait essayer d’encourager et de stimuler cette volonté, mais ce sont les parties concernées qui auront le dernier mot s’agissant d’instaurer une paix durable.

Madame la Commissaire, pouvez-vous transmettre ce message de la part de l’Europe: «Citoyens de terre sainte, montrez que vous voulez la paix»?

 
  
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  Mairead McGuinness (PPE-DE), par écrit. (EN) Il y a quelque chose d’inquiétant dans le fait que le monde est apparemment impuissant à empêcher que les vies d’enfants innocents soient détruites au milieu de cette guerre.

En dépit de toutes les paroles prononcées, il n’y a pas eu de répit dans les bombardements de Gaza, qui, jusqu’ici, ont causé la mort de 139 enfants et en ont blessé 1 271 autres. Hélas, ces chiffres choquants sont encore appelés à augmenter.

Les tirs de roquettes du Hamas sur Israël ont provoqué la réponse souhaitée - des contre-attaques et la perte de vies civiles, ainsi qu’un renforcement des positions.

Je déplore que des civils innocents soient utilisés comme boucliers humains. Cela doit cesser.

Je ne cherche pas à désigner un responsable plutôt qu’un autre - il y a eu des fautes des deux côtés, mais je souligne la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et effectif.

Celui-ci est essentiel pour permettre sans tarder un accès sans entrave de l’assistance humanitaire et de l’aide à la bande de Gaza.

Si seulement l’humanité pouvait réaliser la futilité de telles guerres.

Chaque image des morts de Gaza enflamme le monde arabe, et je suis inquiète, car le principe fondamental du processus de paix au Moyen-Orient est en train de disparaître: il s’agit de la solution «à deux États», un État palestinien indépendant coexistant dans la paix avec Israël. Il incombe à la communauté internationale de redoubler d’efforts pour trouver une solution.

 
  
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  Esko Seppänen (GUE/NGL), par écrit. (FI) Nous assistons tous au massacre de masse de civils perpétré par les soldats israéliens à Gaza. Nous, ou plus précisément de nombreux députés de droite, assistons à ce qui se passe. Cela ne pourrait se produire sans l’apathie de l’élite de droite des États-Unis et de l’UE, qui fournit également des armes aux tueurs de civils.

Il est temps que nous envisagions de durcir nos relations diplomatiques avec les génocidaires et les épurateurs ethniques.

 
  
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  Csaba Sógor (PPE-DE), par écrit. (HU) La situation au Moyen-Orient me rend anxieux. Que faut-il pour atteindre la paix? Combien de victimes civiles faudra-t-il avant d’arriver à un véritable cessez-le-feu? En Bosnie-et-Herzégovine, il a fallu au moins 10 000 victimes pour entamer les négociations de paix, pour que les forces de maintien de la paix arrivent sur place et pour commencer le désarmement.

Il y a quelques jours, nous avons commémoré la destruction de Nagyenyed (Aiud). Il y a 160 ans, plusieurs milliers de civils innocents, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés dans cette ville de Transylvanie et ses environs. Depuis lors, il n’est pas possible de se souvenir de ces victimes avec la population majoritaire.

Le moment viendra peut-être où les Israéliens et les Palestiniens ne se souviendront pas seulement de leurs victimes, mais uniront leurs forces pour bâtir une paix et un avenir durables.

Jusque là, la tâche de l’Union européenne est de montrer un exemple responsable. Nous avons beaucoup à faire pour instaurer la paix en Europe également. Nous avons besoin d’une coopération entre les majorités et les minorités, sur un pied d’égalité. Enfin, nous devons nous rassembler pour commémorer les victimes. Il reste beaucoup à faire dans l’UE en matière de respect des droits des individus et des minorités.

 
  
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  Andrzej Jan Szejna (PSE), par écrit. (PL) Lors de la session plénière de janvier, le Parlement européen a adopté une résolution sur le conflit dans la bande de Gaza demandant aux deux parties d’instaurer un cessez-le-feu immédiat et durable et de cesser les activités militaires (les opérations militaires israéliennes et les tirs de roquettes du Hamas), qui empêchent depuis un certain temps l’aide et l’assistance humanitaire d’arriver jusqu’aux citoyens du territoire où se déroulent les opérations.

Ce conflit a déjà fait des milliers de victimes, dont des civils, femmes et enfants, qui souffrent depuis près de trois semaines. Nous assistons à une pénurie des biens de première nécessité tels que l’eau potable et la nourriture. Les installations de l’ONU ont été attaquées.

La résolution appelle au respect du droit international, qui permettrait de résoudre le conflit en cours. Israël est notre ami et a le droit de se défendre en tant qu’État, mais il faut affirmer fermement et souligner que dans ce cas, les moyens qu’il utilise sont fortement disproportionnés. Israël doit parler avec le Hamas pour négocier, puisque les autres méthodes utilisées jusqu’ici n’ont pas fonctionné.

L’Union européenne est également confrontée à une tâche difficile: elle doit trouver des mécanismes conduisant au dialogue et à une entente entre les parties de sorte à arriver à mettre fin au conflit de manière permanente le plus rapidement possible.

 
  

(1) Voir procès-verbal

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