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Procédure : 2009/2235(INI)
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A7-0129/2010

Débats :

PV 19/05/2010 - 10
CRE 19/05/2010 - 10

Votes :

PV 20/05/2010 - 7.6
CRE 20/05/2010 - 7.6
Explications de votes

Textes adoptés :

P7_TA(2010)0191

Débats
Mercredi 19 mai 2010 - Strasbourg Edition JO

10. Mise en œuvre des synergies entre les crédits affectés à la recherche et à l’innovation du règlement (CE) n° 1080/2006 relatif au Fonds européen de développement régional et le septième programme-cadre de recherche et de développement - Donner un marché unique aux consommateurs et aux citoyens - Viabilité à long terme des finances publiques dans le contexte de la relance économique - Contribution de la politique de cohésion à la réalisation des objectifs de Lisbonne et de la stratégie Europe 2020 (débat)
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PV
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  Le Président. – L’ordre du jour appelle la discussion commune sur:

– le rapport de Lambert van Nistelrooij, au nom de la commission du développement régional, sur la mise en œuvre des synergies entre les crédits affectés à la recherche et à l’innovation du règlement (CE) n° 1080/2006 relatif au Fonds européen de développement régional et le septième programme-cadre de recherche et de développement dans les villes et les régions, ainsi que dans les États membres et l’Union [2009/2243(INI)] (A7-0138/2010),

– le rapport de Louis Grech, au nom de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, sur «Donner un marché unique aux consommateurs et aux citoyens» [2010/2011(INI)] (A7-0132/2010),

– le rapport de Liem Hoang Ngoc, au nom de la commission des affaires économiques et monétaires, sur la viabilité à long terme des finances publiques dans le contexte de la relance économique [COM(2009/0545 - 2010/2038 (INI))] (A7-0147/2010), et

– le rapport de Ricardo Cortés Lastra, au nom de la commission du développement régional, sur la contribution de la politique de cohésion à la réalisation des objectifs de Lisbonne et de la stratégie UE 2020 [2009/2235(INI)] (A7-0129/2010). <BRK>

 
  
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  Lambert van Nistelrooij, rapporteur.(NL) C’est vraiment un paquet de mesures très cohérent. Après le débat de ce matin sur les mesures d’aide et sur une gouvernance économique et financière plus stricte, plus rigoureuse, nous débattons à présent d’une série de dossiers de fond qui sont importants à l’égard de l’engagement requis dans le cadre de la stratégie UE 2020.

Le Parlement souhaite expressément guider ces propositions de la Commission et, en particulier, du Conseil. Il est inacceptable que le Conseil prenne des décisions en juin sans que nous nous soyons expressément mis d’accord sur certaines questions de fond. Nous parlons ici de direction, mais aussi de mise en œuvre dans un avenir proche. Prenez, par exemple, les projets phares qui, d’ici peu, nécessiteront aussi notre soutien conjoint. Il est donc vraiment important que nous y consacrions suffisamment de temps maintenant.

Bien, alors, le rapport Cortés Lastra et le mien, au nom de la commission du développement régional, concernent la synergie des politiques en vue d’accroître les résultats pour l’Europe. Le plus beau, c’est que nous pouvons faire mieux; en fait, nous devons faire mieux. Nos activités sont plutôt fragmentées dans divers domaines – si l’on considère les événements dans le monde, la concurrence et le genre de choses sur lesquelles nous voulons agir. En résumé: nous devons faire les choses de manière plus intelligente, plus écologique, plus durable et plus inclusive.

Les rapports présentés par la commission des affaires économiques et monétaires concernent aussi la gouvernance et la mise à disposition de moyens financiers suffisants, notamment pour l’éducation. En bref, j’espère que, cet après-midi, nous allons jeter des bases claires pour cette résolution. Je ne sais pas si un vote aura lieu demain, si un consensus sera trouvé sur la gouvernance. Quoi qu’il en soit, je m’attends toutefois à ce que le Parlement puisse adopter une position finale sur la stratégie UE 2020 en juin.

Pour en revenir à mon rapport, il s’agit d’un rapport de mise en œuvre. Nous avons bien observé comment les choses fonctionnent dans le domaine de la recherche et du développement, de la politique régionale et des petites et moyennes entreprises, et je voudrais remercier mes collègues, notamment ceux de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie – la commission qui a une responsabilité commune en vertu de l’article 50 – de nous avoir aidé à obtenir un bon résultat.

Qu’avons-nous établi?

1. En Europe, nous avons une recherche de première classe, mais l’utilisation de cette recherche n’est pas à la hauteur. Les connaissances sont libres; elles voyagent à travers le monde et ne peuvent être gardées pour soi. Bien que nous soyons très bons quand il s’agit d’investir dans la recherche, nous ne sommes pas à la hauteur dans l’utilisation de cette recherche, dans la mise sur le marché des innovations et, par conséquent, dans le maintien d’une production de qualité dans cette partie du monde.

2. Mon rapport note que nous consacrons actuellement un quart des fonds régionaux à l’infrastructure de recherche et à l’innovation. C’est un changement majeur, une priorisation qui a porté ses fruits au cours de la période actuelle, grâce aux initiatives de la Commission. L’earmarking (réservation, allocation) compte parmi les instruments qui se sont montrés efficaces et qui ont aussi incontestablement influencé les priorités dans les régions et les villes. Il contribue à une meilleure visibilité dans l’économie de la connaissance dans laquelle nous évoluons, et à davantage de spécialisation.

3. Dans mon rapport, avec mes collègues, j’ai fait une série de propositions d’améliorations tout au long de la chaîne de recherche/innovation/production afin d’accroître l’efficacité. Nous devons aussi nous rendre compte de l’importance de la dimension territoriale établie dans le traité de Lisbonne. Nous devons nous focaliser sur un certain nombre de domaines afin d’obtenir un effet à grande échelle; nous devons avoir le courage de spécialiser la production dans une région – soit dit en passant, le principe de spécialisation n’est pas nouveau dans l’Union européenne – pour autant que des liens efficaces existent en vue de transmettre ces connaissances (haut débit ou infrastructure traditionnelle). Si l’Union investit de l’argent, il devrait aussi y avoir une coopération entre ...

(Le Président retire la parole à l’orateur)

 
  
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  Liem Hoang Ngoc, rapporteur. – Monsieur le Président, chers collègues, le rapport d’initiative sur lequel nous votons cette semaine revêt une importance symbolique particulière au moment où les marchés ne parviennent pas à évaluer les risques liés à la conjoncture de la zone euro.

Après avoir exigé de sévères politiques d’ajustement budgétaire, voilà qu’ils doutent de la capacité des États membres à relancer leur croissance, et donc à dégager les recettes fiscales nécessaires au paiement des intérêts de la dette. L’évaluation du risque est malheureusement impossible dans un contexte d’incertitude radicale comme celui que subit désormais l’économie mondiale. Celle-ci est d’autant plus importante dans l’Union européenne que le taux d’utilisation des capacités de production est au plus bas.

Au lieu d’investir, les entreprises en viennent à déclasser les machines, car la demande fait défaut malgré les premiers signes de reprise fin 2009. La croissance en viendrait même à se retourner si des mesures restrictives venaient tuer dans l’œuf la reprise. Le premier objectif de notre rapport était précisément de déterminer le moment le plus pertinent pour engager les politiques de sortie de crise. Nous proposions de maintenir les mesures de soutien tant que le taux normal d’utilisation des capacités de production n’était pas atteint. Nous suggérions ainsi d’entériner le principe de politiques budgétaires anticycliques qui se sont affirmées avec succès durant la première phase de la crise en 2008 et 2009, et qui s’inscrivent dans l’esprit de la révision du pacte de stabilité de 2005.

Ces politiques consistent à jouer sur les stabilisateurs automatiques, c’est-à-dire à affecter les excédents du budget primaire au désendettement en haut du cycle, et à permettre aux États membres d’emprunter les ressources nécessaires à la relance en bas du cycle. Nous sommes actuellement en bas du cycle. Certes, les taux d’intérêt se tendent et menacent la soutenabilité de la dette. Si tel était le cas, la Banque centrale européenne avait bien fait d’annoncer qu’elle rachèterait une partie des dettes pour permettre aux États membres de diversifier leurs sources de financement.

Pour autant, outre que cette notion de soutenabilité n’a jamais été définie dans la littérature économique, peut-on affirmer que les primes de risque exigées par les marchés sont justifiées? Non, si l’on considère que le risque est impossible à évaluer sur le marché des dérivés de crédits hypothécaires, tout comme sur le marché de la dette publique. C’est pourquoi nous avions proposé dans notre rapport de porter une certaine attention à l’indicateur de déficit structurel plutôt que de se focaliser.

(Le Président retire la parole à l’orateur)

C’est pourquoi nous avions proposé, dans notre rapport, de porter une certaine attention à l’indicateur de déficit structurel, plutôt que de se focaliser sur le déficit courant dont l’ampleur est due à la dégradation des soldes conjoncturels. Ceci résulte de la crise qui a amenuisé la croissance et les recettes fiscales induites. Ces recettes ont, de surcroît, été taries par des baisses d’impôt qui n’ont pas provoqué le choc escompté sur l’offre.

Notre rapport souhaite délivrer trois recommandations assorties d’indicateurs opérationnels. Premièrement, maintenir des mesures de soutien tant que la reprise n’est pas consolidée. Deuxièmement, surveiller les déficits structurels, qui restent proches de l’équilibre, malgré la dégradation des soldes conjoncturelles afin de donner un signal rassurant aux marchés sur l’état des finances publiques. Troisièmement, évaluer l’efficacité de la dépense fiscale et, en particulier, de certaines baisses d’impôts qui ne sont pas étrangères à la baisse des recettes fiscales.

Malheureusement, pour les libéraux et les conservateurs de la commission des affaires économiques et monétaires, peu importe le bon sens, peu importe l’impact de la crise, peu importe que l’endettement massif soit aussi dû aux plans de sauvetage des banques. Seule compte leur foi aveugle en l’efficience des marchés financiers, seul compte le respect dogmatique d’un pacte de stabilité manifestement caduc. Nul besoin pour eux de créer les outils d’une gouvernance économique indispensable au renforcement de l’Union. Mettre l’Europe au pain sec et à l’eau, avancer à marche forcée vers les critères du pacte sans garantie de réussite, au risque de casser la reprise et tant pis pour la cohésion sociale. Voilà la ligne qu’ils ont défendue en commission des affaires économiques et monétaires. La santé économique de l’Europe s’est, depuis ce vote, encore aggravée. La Banque centrale européenne et la Commission ont enfin accouché d’instruments monétaires et budgétaires qui devraient permettre d’améliorer la gouvernance économique de la zone euro. Mais les marchés ont à nouveau plongé, inquiets des plans d’austérité.

Le Conseil Ecofin a dû se remettre à l’ouvrage ce lundi. Dans ce contexte, les amendements que nous présentons sont somme toute très modérés; nous en présentons de nouveaux. Ils se prononcent en faveur d’une application souple du pacte de stabilité permettant d’éviter une cure d’austérité malvenue. Ils prônent une agence publique de notation pour soustraire les États membres au diktat des marchés. Tels sont les signaux que le Parlement doit lancer. L’heure, Monsieur Othmar, n’est plus à la crispation idéologique; elle n’est pas non plus aux calculs électoraux nationaux à courte vue. L’Europe a besoin de politiques qui soient animées d’une réelle ambition de renforcer l’Union. Si vous et votre groupe ne prenez pas la mesure de cette tâche, si vous n’êtes plus capables de porter l’intérêt général, soyez certains que les citoyens sauront en tirer les conclusions, car l’avenir de la zone euro est désormais en jeu.

 
  
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  Ricardo Cortés Lastra, rapporteur.(ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je voudrais d’abord remercier les rapporteurs fictifs, leurs assistants et le secrétariat de la commission du développement régional pour leurs contributions, ainsi que la direction générale de la politique régionale et la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’égalité des chances de la Commission européenne, le Comité économique et social européen, le Comité des régions, les syndicats et les associations et réseaux régionaux européens de leur coopération.

Lors de la préparation de ce rapport, j’ai rencontré plusieurs associations et institutions régionales, en particulier le Comité des régions, la Conférence des régions maritimes périphériques, l’Assemblée des régions d’Europe, le Réseau de recherche et d’innovation des régions européennes, le Comité économique et social européen et les directions générales de la politique régionale et de l’emploi, des affaires sociales et de l’égalité des chances de la Commission européenne. Je voudrais les remercier tous pour leur disponibilité et leurs contributions intéressantes.

Ayant changé de titre, qui fait à présent référence à la stratégie Europe 2020, l’objectif principal du rapport est de défendre la politique de cohésion en tant que politique forte, bien financée et présente dans toutes les régions de l’Union européenne, ainsi que son rôle clé dans la stratégie Europe 2020.

Le rapport a été adopté à la quasi-unanimité par la commission du développement régional: 40 voix pour, 1 abstention et 1 voix contre.

La première partie du rapport analyse brièvement la contribution de la politique de cohésion à la stratégie de Lisbonne et attire l’attention sur les limites de l’implication des autorités régionales et locales, des acteurs sociaux, économiques et de la société civile dans la stratégie de Lisbonne, ce qui a compliqué son adoption, sa communication et son efficacité. Le rapport préconise aussi la nécessité d’évaluer, non seulement les dépenses réelles, mais aussi le véritable impact.

La deuxième partie concerne les recommandations pour la future stratégie Europe 2020 et souligne l’importance des régions, de la gouvernance multi-niveaux et du principe de partenariat, piliers fondamentaux de la politique de cohésion, qui doivent être intégrés à la stratégie Europe 2020 comme condition préalable nécessaire à la réussite de sa mise en œuvre.

En outre, il est essentiel de renforcer la participation des acteurs sociaux et économiques, ainsi que de ceux de la société civile en général, afin d’éviter que la stratégie soit déconnectée de ses principaux protagonistes et discréditée par ceux-ci.

Cette partie souligne le rôle clé de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation, l’importance de faciliter l’établissement de ce que l’on appelle le «triangle de la connaissance», et la nécessité de soutenir les petites et moyennes entreprises, qui jouent bien souvent un rôle précurseur dans l’innovation.

Cependant, dans le même temps, nous ne devrions pas négliger les besoins des régions et des groupes sociaux qui ont le plus de difficultés. Aussi une certaine flexibilité devrait-elle être autorisée.

En particulier, afin de favoriser l’effet de levier de l’investissement dans la recherche et le développement, dans l’éducation et la formation, nous défendons la nécessité de renforcer les synergies entre les cadres de référence stratégiques nationaux et les programmes de réforme nationaux, ainsi que d’une plus grande coordination et d’une plus grande cohérence entre les différentes politiques européennes, nationales et régionales liées aux objectifs stratégiques.

La Banque européenne d’investissement joue, et doit continuer à jouer, un rôle important, à travers les instruments d’ingénierie financière, de coopération et d’aide, en soutenant les régions et les petites et moyennes entreprises. Cependant, afin de lui faciliter la tâche, ainsi que celle de tous les bénéficiaires, des avancées doivent être réalisées vers une plus grande simplification.

En conclusion, le rapport défend une politique de cohésion solide et bien financée pour l’avenir, une politique de cohésion présente dans toutes les régions d’Europe et qui a un rôle clé à jouer dans la stratégie Europe 2020.

 
  
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  Louis Grech, rapporteur.(MT) Monsieur le Président, en substance, mon rapport est soucieux de protéger le marché intérieur d’un point de vue microéconomique, de considérer le marché comme un projet unique et de prendre le cadre 2012, la stratégie 2020 et la récente crise financière en considération.

Les stratégies et actions censées donner un nouveau souffle au marché unique européen et au marché européen devraient être basées sur un accord pragmatique, vaste et global, couvrant tous les États membres et principalement axé sur les priorités auxquelles les États membres veulent vraiment s’atteler.

L’Europe doit élaborer des stratégies 2020 qui permettront au marché d’être le principal agent de la régénération économique, tout en générant l’approbation des citoyens en protégeant leurs intérêts, des consommateurs en défendant leurs droits, et des petites et moyennes entreprises en leur offrant les bons incitants. Mon rapport propose une série d’initiatives stratégiques législatives et non législatives, axées sur la réhabilitation du marché unique européen. Ces initiatives atteignent leur apogée avec la création du Single Market Act, qui combine une action immédiate (2012) à la vision à long terme de la stratégie 2020.

J’ai aussi présenté des propositions non législatives spécifiques sur l’élaboration de la charte des citoyens, qui définit leurs droits. Il est aussi encourageant pour moi de recevoir des réactions positives du commissaire Barnier et du commissaire Dalli concernant ma proposition relative aux 20 plus grandes frustrations exprimées par les citoyens européens, à la création d’un mécanisme de recours collectif et à une stratégie de communication spécifiquement axée sur les problèmes quotidiens de nos concitoyens.

Nous devons adopter une ligne de pensée politique réellement nouvelle, basée sur la protection des consommateurs et la dimension sociale, qui servira à élaborer les lois et les tâches que l’Union européenne doit entreprendre. De cette manière seulement, nous parviendrons à une économie de marché vraiment sociale, telle qu’elle est définie dans le traité de Lisbonne.

Malheureusement, ces dernières années, le marché unique n’est pas parvenu à convaincre nos concitoyens qu’il représentait leurs intérêts et aspirations. Ce qui est encore plus alarmant, c’est que nos concitoyens et les consommateurs ont un sentiment d’incertitude croissant et manquent de confiance dans le marché. Nous devons accepter le fait que la définition traditionnelle du marché unique comme quelque chose d’uniquement lié à la dimension économique doit être révisée. Nous devons trouver une nouvelle ligne de conduite commune holistique qui intègre pleinement les sentiments de nos concitoyens, des consommateurs et des petites et moyennes entreprises. Pour ce faire, il s’agit de leur offrir un rôle majeur dans la relance du marché unique européen. Chaque effort gaspillé à tenter de justifier le marché unique de manière dogmatique sous-estimera les défis, les incohérences, les intérêts, les croyances divergentes et les perplexités auxquels nous devons faire face.

Le processus d’intégration du marché unique n’est pas irréversible. Sa situation actuelle doit être remise en question. Le marché unique européen risque de devenir extrêmement faible et, par conséquent, de ne plus présenter d’intérêt, en raison des attitudes protectionnistes que la crise a engendrées.

Le marché unique n’est pas une fin en soi, mais un instrument qui doit contribuer de manière significative à une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens européens, afin que, comme Mme Gebhardt l’a dit, «le marché unique œuvre pour les citoyens et pas contre eux».

Pour garantir un marché unique viable et fort, nous devons concilier ce que M. Monti a qualifié, dans son rapport analytique et stimulant, de tensions entre l’intégration du marché et les objectifs sociaux. En définitive, le système prédominant est un système qui parvient à trouver un équilibre entre une économie dynamique et compétitive, qui stimule l’innovation et la création d’emplois et qui offre une protection aux consommateurs, et les garanties sociales et environnementales requises par nos concitoyens. Tout cela dans un esprit de compromis et de solidarité.

Pour finir, Monsieur le Président, je voudrais remercier tous les rapporteurs fictifs et les coordinateurs pour leurs contributions.

 
  
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  Pervenche Berès, auteure. Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, tout d’abord je m’interroge quand même un instant sur notre programmation et sur notre capacité d’organiser nos débats. Je suis très contente de cohabiter dans ce débat avec toutes ces initiatives du Parlement européen, mais j’ai l’impression d’être, comme nous le disons en bon français, dans un «melting pot» dont je ne suis pas sûre qu’il définisse exactement ce qu’est la vision du Parlement européen sur la stratégie 2020. Mais peut-être suis-je trop exigeante.

En revanche, j’espère, Monsieur le Président, que vous partagez avec moi une inquiétude car, en notre nom à tous, vous avez saisi le président Herman von Rompuy, le 10 mai dernier, d’une demande extrêmement importante qui est la suivante.

S’agissant de l’adoption des lignes directrices emploi, cette année, exceptionnellement si j’ose dire, dans le cadre d’un partenariat privilégié entre la Commission et le Parlement européen, et dans un esprit de bonne coopération avec le Conseil, compte tenu du calendrier un peu décalé – normalement les lignes directrices emploi sont publiées à la fin de l’année précédente; cette année, elles ont été publiées à la fin du mois d’avril et nous devrons délibérer sur celles-ci, alors qu’elles nous engagent dans un cycle long pour les années à venir, avant le Conseil européen de printemps – vous aviez bien voulu soutenir, en notre nom à tous, la demande que nous avons adressée au président Herman van Rompuy pour que le Conseil européen laisse au Parlement européen le droit d’exercer ses pouvoirs, au nom même du traité de Lisbonne.

Or, manifestement, ni la Commission, ni le Conseil n’ont aucune intention de tenir compte de cette demande et entendent donc consciemment violer le traité. Je pense que les autorités de cette maison devront prendre leurs responsabilités et en tirer les conséquences.

Sur l’enjeu de ces lignes directrices emploi, qui seront un élément de mise en œuvre de la stratégie 2020, comment ne pas attirer l’attention des autorités sur l’importance qu’elles revêtent à un moment où 17 % des Européens sont en dessous du seuil de pauvreté, sur la base de chiffres de 2007, je le rappelle toujours, c’est-à-dire avant même le déclenchement de la crise, et où 23 millions de nos compatriotes vont se retrouver au chômage.

Une grande inquiétude règne au sein de la commission de l’emploi et des affaires sociales sur deux points. Tout d’abord sur l’objectif de lutte contre la pauvreté, je crois qu’à l’initiative du commissaire László Andor, cet objectif a été inscrit dans la stratégie 2020, et nous nous en réjouissons. Nous ne comprenons pas comment ce point fait l’objet de discussions, d’hésitations, de mises en cause des compétences de l’Union au sein du Conseil, alors même que la lecture claire du Traité indique qu’il s’agit d’un domaine où l’Union européenne a aussi des responsabilités.

Et puis, l’autre inquiétude porte sur l’articulation et la cohérence entre les différentes politiques car, dans cette stratégie 2020, on le voit, la Commission nous dit qu’elle a fondamentalement changé les choses, puisqu’elle a réduit le nombre d’objectifs.

Je crois que le changement fondamental ne peut pas se réduire à une réduction des objectifs. En revanche, ce dont nous sommes convaincus, c’est que cette stratégie 2020 doit tenir compte de la réalité de la situation au sein de l’Union européenne. Et, dans cette situation, ceux qui, aujourd’hui, souffrent le plus de la crise, ceux qui vont être le plus durement frappés par la crise, c’est ceux qui font la richesse même de l’Union européenne.

Or, nous voyons ici ou là se développer des débats qui risqueraient de se retourner contre l’intérêt même des Européens puisqu’ils conduiraient à diminuer l’investissement là où il est le plus nécessaire, c’est-à-dire dans notre capital à long terme: l’éducation, la formation, la santé.

C’est face à cet enjeu que la commission de l’emploi et des affaires sociales appelle les autorités à faire attention à la façon dont les investissements publics pourraient être diminués dans ces domaines, alors même que la faiblesse de la croissance, que la faiblesse de l’initiative de l’investissement privé ne permettent pas d’assurer le relais et donc la reconstruction des finances publiques dans l’immédiat.

Il y a là une question de calendrier qui nous semble tout à fait déterminante, et nous ne pouvons que regretter que les ministres des affaires économiques et monétaires aient pu plaider pour un retrait des mesures non conventionnelles de soutien à l’emploi et à la lutte contre le chômage, alors même que les ministres des affaires sociales n’avaient pas été consultés dans un contexte où nous savons le caractère dramatique d’une situation de l’emploi et des affaires sociales dans notre Union européenne.

 
  
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  Mary Honeyball, auteure.(EN) Monsieur le Président, la stratégie UE 2020 propose une action en vue d’améliorer les performances des systèmes d’éducation, de renforcer l’attrait de l’enseignement supérieur européen, d’ouvrir davantage les programmes de mobilité et de formation aux jeunes, de moderniser les marchés du travail, de stimuler la mobilité de la main-d’œuvre et de développer les aptitudes et les compétences pour accroître la participation au marché du travail.

Elle a reçu l’aval du Conseil européen de printemps, qui a déclaré que les objectifs principaux qui nécessitent une action au niveau européen incluaient une amélioration des conditions pour la recherche et le développement, une amélioration des niveaux d’éducation, une réduction du nombre de jeunes en décrochage scolaire et une augmentation de la participation des jeunes, des travailleurs plus âgés et des travailleurs peu qualifiés au marché du travail.

Cependant, la crise économique mondiale a entraîné des réductions budgétaires dans le secteur de l’éducation dans tous les États membres de l’Union européenne. Par exemple, la Lettonie traverse une profonde crise économique et a dû faire face à de sérieuses réductions budgétaires dans les 34 instituts d’enseignement supérieur du pays, avec la menace d’une réduction de 50 % du budget de l’enseignement supérieur. Les universités irlandaises sont confrontées à une réduction de 6 %, et la Grande-Bretagne n’y échappe pas non plus, puisqu’en Angleterre, le Conseil de financement de l’enseignement supérieur admet que l’enseignement supérieur pourrait connaître une réduction budgétaire qui pourrait atteindre 500 millions d’euros.

Tout ne va cependant pas mal. Certains États membres, tels que la France, s’en sortent bien, mais le problème, c’est que le niveau de financement diffère d’un État membre à l’autre. Pour que la stratégie UE 2020 porte ses fruits, il nous faut une approche forte et coordonnée. Je demande donc à la Commission d’expliquer, premièrement, comment elle entend faire en sorte que les États membres tiennent leurs engagements concernant les objectifs de la stratégie UE 2020 en matière d’éducation, en veillant à ce que ce secteur reçoive une aide et un financement suffisants et ne soit pas oublié dans la course à l’équilibre des comptes à la lumière de la crise économique et, deuxièmement, comment elle entend obtenir des moyens budgétaires supplémentaires pour ces importants programmes et stratégies au niveau européen.

 
  
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  Michel Barnier, membre de la Commission. − Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je voudrais, au nom de la Commission, du président Barroso, dire quelques mots de la stratégie 2020 et faire écho aux rapports très intéressants de M. Grech et de M. Hoang Ngoc; ensuite, mes collègues et amis, Hahn et Andor prendront la parole tour à tour – dans ce débat auquel nous participons – sur les autres questions orales qui touchent à d’autres secteurs: la cohésion, l’emploi, la dimension sociale, la recherche et le développement.

Vous me permettrez, en notre nom à tous les trois, de remercier l’ensemble des rapporteurs et le Parlement pour cette initiative, qui se situe à un moment extrêmement grave et exigeant pour nous tous, celui d’une crise économique, avec les récentes difficultés de l’euro, qui mettent évidemment en exergue l’interdépendance entre tous nos États membres et la nécessité de coordonner les politiques économiques de nos pays. C’est le moment de réagir et d’agir, et le plus possible ensemble, dans un contexte d’incertitude et de crise. Les décisions prises ces derniers jours ont été – nous le pensons – très importantes.

Je ne reviens pas sur le long débat qui a lieu ce matin avec mon collègue Olli Rehn. Il est évident que nous devons mettre en place les instruments d’une coordination renforcée de nos politiques économiques et nous pensons que cette stratégie Europe 2020 est probablement le premier instrument d’une nouvelle politique économique renforcée et coordonnée.

Dans sa proposition concernant cette stratégie, la Commission avait déjà, début mars, insisté sur la nécessité d’assainir nos finances publiques. La crise de l’euro que nous venons de traverser nous prouve à quel point cette position reste pertinente. J’ai pris, comme mon collègue Olli Rehn, bonne note des propositions du rapport de M. Hoang Ngoc sur ces sujets.

Et puis, il y a, Mesdames et Messieurs les députés, un deuxième préalable pour réussir 2020, c’est de remettre notre économie, nos économies en marche sur des bases saines ou assainies. Je pense évidemment à la nécessité de superviser et de réguler le marché financier pour qu’il soit bien au service de l’économie réelle et pas le contraire.

La Commission, sur ces sujets, je vous le promets, tiendra sa feuille de route. D’ici un an, nous aurons mis sur la table l’ensemble des propositions législatives nécessaires pour concrétiser les engagements pris ensemble au G20, autour de quatre grands chantiers: la transparence, la responsabilité, la supervision et la prévention des crises. Au sujet de plusieurs de ces chantiers, qui sont déjà engagés dans le débat législatif, je forme le vœu que le Parlement et le Conseil puissent dépasser rapidement leurs divergences sur des textes en cours de discussion. Je pense au paquet «supervision financière» et au dossier des fonds alternatifs.

Nous devons restaurer la confiance. Nous devons aussi mettre en œuvre tous les moyens pour libérer le potentiel de croissance de notre économie. Ce travail a naturellement de nombreux aspects. Le débat, cet après-midi d’ailleurs, le démontre: la relance du marché intérieur, la politique territoriale au service de toutes les régions, y compris les plus lointaines comme les régions ultrapériphériques, la cohésion, la gouvernance économique, la viabilité des finances publiques, l’emploi, l’enseignement et la recherche.

Quand on parle d’Europe 2020, de quoi parle-t-on? Je pense que cette stratégie 2020 doit nous permettre de mieux mettre en perspective les politiques économiques de nos États membres afin d’éviter certains déséquilibres voire certaines concurrences à l’avenir; ces déséquilibres, on les a bien perçus dans la crise actuelle. Mais tout en répondant à l’urgence de cette crise, nous devons préparer l’économie à moyen et à long terme. Voilà pourquoi, sur la base des propositions de la Commission, le Conseil européen a adopté cinq objectifs communs: un taux d’emploi de 75 %, 3 % du PIB investis dans la recherche et le développement, mais aussi la limitation du décrochage scolaire, monter à 40 % le nombre de personnes qui disposent d’un diplôme universitaire, ainsi que les objectifs 2020-2020 en matière d’énergie, de changement climatique. Et enfin aussi, la promotion de l’inclusion sociale à travers la lutte contre la pauvreté.

Lors du Conseil européen de juin, il faudra fixer des indicateurs chiffrés pour l’éducation et l’inclusion sociale. Ce travail est en cours dans différentes formations du Conseil concernant ces deux objectifs. Il est très important de bien comprendre que la stratégie 2020 n’est pas seulement une vision. C’est avant tout un programme concret de réformes à mettre en œuvre et voilà pourquoi nous proposons sept initiatives phares dans le cadre de cette stratégie.

Au-delà de ces initiatives phare, des instruments européens, notamment le marché unique, des leviers financiers, des instruments de politique extérieure seront également mobilisés pour supprimer certains blocages. Je voudrais d’ailleurs saluer le rapport de Mario Monti présenté il y a quelques jours, comme je veux rendre hommage au travail intelligent de Louis Grech, qui donne une dimension humaniste et plus concrète, comme je le souhaite moi-même, au marché intérieur.

Il y a aussi, en termes de mise en œuvre, des exigences. Dès lors, des mécanismes de gouvernance plus efficaces ont été proposés, qui engagent à tous les niveaux les États membres, mais aussi la Commission pour le suivi. Europe 2020, c’est également adopter des réformes à mettre en œuvre au sein même des États membres. Ceux-ci devront soumettre des programmes nationaux de réformes d’ici la fin de l’année, de manière coordonnée, avec un programme de stabilité et de convergence, tout en respectant le pacte de stabilité et de croissance. Monsieur Hoang Ngoc, je me permets de préciser que ce pacte, depuis une dizaine d’années, est soutenu par des gouvernements de gauche comme de droite, permettez-moi de le rappeler.

Enfin, la Commission en appelle au Parlement européen pour qu’il joue davantage encore, comme il le fait si bien, son rôle dans cette nouvelle stratégie. En période de crise, nous voulons envoyer des messages clairs aux États membres. C’est le but des lignes directrices intégrées proposées par la Commission. Celles-ci ne seront pas adoptées avant que vous ayez vous-même rendu votre avis. Mais compte tenu de l’urgence, nous devons mettre en place cette stratégie. Il nous faut viser un accord politique à l’occasion du Conseil européen du mois de juin.

Soyons clairs, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président, dans tout le reste du monde, on met déjà en place des stratégies socio-économiques sur le moyen terme. L’Europe ne peut pas rester en repli.

Pour conclure, le Parlement européen joue son rôle, et nous l’en remercions, pour mobiliser les citoyens, notamment au travers des parlements nationaux; j’ai été très impressionné par l’initiative prise par la commission du marché intérieur et son président, Malcolm Harbour, sur la directive «services», qui a réuni parlements nationaux et Parlement européen. Il y a d’autres exemples et c’est un engagement très important.

Pour conclure, je veux confirmer que la Commission jouera, comme vous le souhaitez, son rôle d’une manière volontariste, pour mettre en œuvre cette stratégie et construire avec vous cette nouvelle croissance, que les citoyens attendent, plus qualitative, plus durable et plus juste.

 
  
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  Ivaylo Kalfin, rapporteur pour avis de la commission des budgets. – (BG) Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires, si nous débattions de la stratégie Europe 2020 sans que la crise économique se soit produite, tout irait bien. Le problème, c’est qu’avec la crise économique actuelle et après ce qu’il s’est passé, la stratégie Europe 2020 n’est pas suffisamment ambitieuse et dynamique.

Le problème objet de toutes les questions ces dernières semaines est de savoir si le degré de coordination est suffisant, comme cela a été le cas jusqu’à présent dans les politiques européennes, pour que l’Union européenne progresse. D’après ce que nous pouvons voir, cette coordination est bonne en période de croissance, mais insuffisante en période de crise. Il se peut aussi que de nombreuses autres fonctions doivent être transférées, pas seulement la coordination, mais aussi la prise de décisions au niveau européen, afin que l’Europe puisse se fixer des tâches beaucoup plus ambitieuses et jouer un rôle bien plus important dans cette coordination.

C’est la question fondamentale à laquelle il faut répondre. Sans cela, nous ne pourrons pas non plus présenter correctement le programme 2020. Je pense que, dans les prochaines semaines, nous devrions nous concentrer principalement sur cette question.

 
  
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  Othmar Karas, au nom du groupe PPE.(DE) Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs, je suis très heureux de voir M. Hahn, commissaire à la politique régionale, et M. Barnier, commissaire au marché intérieur, assis côte à côte, parce qu’il est essentiel que nous ne jouions pas sur les divisions entre la politique régionale et le marché intérieur. À la place, nous devrions veiller à ce qu’ils se complètent l’un l’autre et à ce que tous deux soient suffisamment forts pour nous permettre d’atteindre les objectifs d’Europe 2020.

Europe 2020 doit commencer ici et maintenant et ne devrait pas seulement être un catalogue d’objectifs. Europe 2020 est un projet pour la croissance et l’emploi et nous avons besoin de projets concrets, nous avons besoin des instruments, nous avons besoin de la procédure, nous avons besoin de mécanismes de sanction, afin qu’il puisse être mis en œuvre avec succès. Je suis convaincu que nous ne pourrons mettre Europe 2020 en œuvre que si nous sommes prêts, si l’Europe est prête à penser à l’UE en termes d’États-Unis d’Europe. Penser en ces termes et avec chacun d’entre nous apportant une contribution à l’ensemble.

Europe 2020 est synonyme de volonté de créer une union politique. Cela présuppose de renforcer et d’élargir l’union monétaire, de renforcer et d’élargir le marché intérieur, de le désentraver et d’inciter les gens à profiter de la chance que constitue l’Europe, d’utiliser l’Europe et de traverser les frontières. Nous devons créer une union économique qui s’inscrive dans une union politique, ainsi qu’une union sociale. Aucune de ces choses n’est prête et une grande partie d’entre elles n’ont même pas été abordées. Europe 2020 est une Union communautaire, pas une Europe nationaliste ou obstructionniste.

Nous avons donc besoin d’une révision financière, d’une analyse d’impact au niveau européen, d’un Small Business Act en vigueur et, évidemment, de projets européens très spécifiques pour la croissance et l’emploi et l’élargissement des libertés de l’éducation, de la science, de la recherche et de l’innovation en Europe.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  William (The Earl of) Dartmouth (EFD).(EN) Monsieur le Président, je voudrais demander à M. Karas si les États-Unis d’Europe auxquels il a fait référence dans son intervention vont être créés avec ou sans le consentement des peuples de l’Europe.

 
  
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  Othmar Karas (PPE).(DE) Monsieur le Président, tous ceux d’entre nous qui représentent les citoyens européens et sont en contact permanent avec eux ont un seul objectif: collaborer avec les citoyens européens afin de développer l’Europe et de la rendre plus compétitive et afin d’atteindre les objectifs de croissance et d’emploi pour le bien des citoyens européens. Si nous n’agissons pas ensemble pour devenir plus forts et si chacun s’occupe de ses propres intérêts, cette Communauté ne sera pas renforcée, mais bien affaiblie, en cette période de mondialisation croissante. Les citoyens sont nos alliés les plus importants pour atteindre nos objectifs.

 
  
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  Marita Ulvskog, au nom du groupe S&D.(SV) Monsieur le Président, l’Europe dont nous décidons aujourd’hui est aussi celle qui décide de ce à quoi l’Europe ressemblera en 2020. Les décisions que nous refusons de prendre aujourd’hui mèneront à de nouvelles crises. Les décisions que nous prenons aujourd’hui doivent être des décisions à long terme.

C’est un sérieux problème que tant de décisions continuent à manquer de vision et à être guidées par une philosophie de droite qui met les économies en crise au régime strict. C’est aussi un sérieux problème que nous discutions des pensions grecques plutôt que du comportement des grands banquiers et des acteurs des marchés de l’immobilier et financiers. Nous devons remédier à cette situation, autrement l’Europe de 2020 traversera peut-être une crise pire que celle que nous traversons actuellement.

J’encourage la Commission à faire un sérieux effort pour changer le cours des choses, afin que nous abandonnions notre confiance aveugle dans les solutions de marché, que nous régulions les marchés et que nous investissions massivement dans des choses qui sont dans l’intérêt de tous. Cela peut vouloir dire le système de transport, cela peut vouloir dire la fourniture d’énergie, cela peut vouloir dire d’autres solutions importantes là où les États membres ne peuvent pas faire cavaliers seuls et où l’UE et la Commission doivent agir.

J’espère aussi que la Commission est prête à présenter des propositions qui montrent que nous prenons la transition vers une société durable au sérieux. Nous allons, en d’autres termes, restructurer notre industrie afin qu’elle soit compétitive et puisse créer de nouveaux emplois. Nous n’y parviendrons pas en nous persuadant que nous pouvons continuer à suivre la voie habituelle. Cela nécessite aussi un investissement, mais cela pourrait avoir une incidence sur le chiffre actuel de 28 millions de chômeurs enregistrés.

J’encourage aussi la Commission à montrer aux travailleurs de l’UE le respect qui sera requis lors de cette crise économique, afin de les mettre de notre côté en vue de bâtir une société plus forte et meilleure. Pour que nous puissions maîtriser cette crise, il faut des droits syndicaux et il faut que les travailleurs européens soient parties prenantes.

 
  
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  Lena Ek, au nom du groupe ALDE.(EN) Monsieur le Président, j’avais l’habitude de dire que nous traversions une triple crise en Europe, avec les marchés financiers, l’emploi et le climat. Mais maintenant, malheureusement, nous avons une quadruple crise, si l’on ajoute la crise des finances publiques. Elle n’a que trop clairement montré que l’Union européenne avait terriblement besoin de vision. L’intégration européenne s’est, jusqu’ici, focalisée sur la création de nouveaux projets, sans s’assurer qu’ils fonctionnent correctement. Je crois que le temps est à présent venu pour nous de nous occuper de nos problèmes plutôt que de travailler dur en vue d’approfondir les institutions existantes. Les erreurs qui ont été commises peuvent être corrigées et l’Union peut encore œuvrer pour – et avec – ses citoyens.

L’Europe a besoin d’une Union tournée vers l’avenir. Pour moi, la direction à prendre est claire: je veux une Europe ouverte, inclusive et verte. Les propositions phares de la stratégie Europe 2020 de la Commission sont des outils importants en vue de créer cette Europe, à condition que nous puissions les concrétiser. Et, à cet égard, j’ai quelques interrogations.

Premièrement, l’objectif général de la stratégie est de créer une économie plus dynamique et plus compétitive. Dans certains pays, la participation des femmes au marché du travail atteint à peine 40 %, et c’est une honte. Un marché du travail où les hommes et les femmes sont à égalité est une condition préalable si l’on veut stimuler l’emploi et relever les défis démographiques. J’espère que le Conseil et la Commission prennent vraiment au sérieux le fait que, depuis quelques mois, les conclusions du Conseil incluent l’égalité entre hommes et femmes. Une société inclusive a besoin de plus d’emplois. Le chômage est la principale cause de la pauvreté. En Espagne, le chômage des jeunes, qui est de 44 %, est dévastateur.

Nous disposons d’infinies possibilités de créer des emplois verts, mais nos politiques doivent aller dans la même direction. Une Europe éco-énergétique est aussi une force motrice de l’innovation, et l’équivalent énergétique des trains à grande vitesse, des super-réseaux et des réseaux intelligents de haute technologie est nécessaire pour améliorer la compétitivité de l’Europe.

Je dois féliciter la commissaire libérale, Mme Kroes, d’être la première à véritablement présenter une proposition phare claire concernant l’agenda numérique, et je me réjouis d’avoir le même type de matériel approfondi sur le reste des plates-formes phares d’ici juin, afin que nous puissions aussi participer à la prise de décisions.

Mais, Monsieur le Commissaire, nous avons la stratégie de l’UE, qui va dans un sens, et votre proposition budgétaire qui, à dire vrai, va dans un autre sens. Outre les fonds régionaux, les fonds sociaux et le fonds agricole, nous devons rationaliser nos outils communs et les rendre plus cohérents. Nous avons besoin de transparence, et nous avons besoin du même type de statistiques et nous avons besoin de bâtons et de carottes pour que les États membres acceptent non seulement de faire des promesses, mais aussi de les tenir. C’est important pour les citoyens européens et pour nous, au Parlement. Nous devons renforcer le pacte de stabilité et de croissance, et nous soutenons totalement le paquet de mesures du commissaire Rehn.

Pour rétablir la confiance, comme vous l’avez dit, Monsieur le Commissaire, nous avons besoin d’indicateurs sur le reste des propositions phares. Cela rétablirait notre confiance en vous en tant que Commission, et peut-être, si nous pouvons coopérer dans le cadre de la prise de décisions, la confiance des citoyens en nous.

 
  
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  Pascal Canfin, au nom du groupe Verts/ALE. Monsieur le Président, Monsieur Barnier, vous avez mentionné dans votre intervention le rapport de M. Monti, qui vous a été remis il y a quelques jours.

Il y a une dimension très intéressante dans le rapport de M. Monti, c’est l’accent qu’il met sur l’impérieuse nécessité de franchir une étape supplémentaire dans la coopération fiscale entre nous. Il affirme explicitement qu’il faut appliquer les critères du pacte de stabilité, mais que, si on les applique uniquement en jouant sur les dépenses, en coupant dedans, on se dirige vers une récession économique à peu près certaine. Il est donc impératif de jouer sur les deux piliers, et notamment sur le pilier fiscal, pour permettre aux États membres de collecter un certain nombre de recettes supplémentaires sur des facteurs économiques, des acteurs économiques qui ont été de moins en moins taxés au cours des dernières années: les bénéfices des entreprises et le capital, les transactions financières.

Pour ce faire, il est indispensable d’avoir une coordination européenne. C’est la conclusion du rapport de M. Monti qui a été remis il y a deux jours. Or, il n’y a strictement rien sur le sujet dans la stratégie UE 2020 présentée par la Commission. Il n’y a strictement rien sur le sujet dans la communication d’Olli Rehn publiée il y a quelques jours. C’est un des piliers majeurs, c’est une des valeurs ajoutées fondamentales que la Commission européenne peut apporter maintenant. Faire en sorte et ceci fera le lien – Pervenche Berès disait du reste que ce débat avait un petit côté «melting pot» – la coordination fiscale permet de faire le lien entre la stratégie UE 2020, le rapport sur la gouvernance de la zone euro, sur le marché unique et aussi les aspects d’emploi et d’éducation.

On sait très bien en effet que, si l’on adopte le respect des règles du pacte de stabilité – ce qu’il faut faire du reste – mais uniquement en coupant dans les dépenses, alors nous allons vers une régression sociale et une récession économique.

Aussi ma question est-elle très claire: qu’allez-vous, Monsieur Barnier, en tant que représentant de la Commission, mettre sur la table dans les prochaines semaines? Comment allez-vous convaincre vos collègues – si vous en êtes convaincu vous-même – de la nécessité d’un plan d’action, d’un plan de coordination fiscale pour permettre aux États membres de retrouver la capacité de lever de nouvelles recettes sur un certain nombre d’accords?

Quelles sont vos propositions? Vous n’avez pas le droit de rester muet. La Commission a un droit d’initiative, mais elle a aujourd’hui, sur ces sujets, un devoir d’initiative.

 
  
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  Malcolm Harbour, au nom du groupe ECR.(EN) Monsieur le Président, tout d’abord, au nom de mon groupe, je voudrais particulièrement saluer tous les rapports, mais spécialement le rapport de M. Grech, pour lequel j’étais le rapporteur fictif en commission. Je vais faire quelques remarques à ce sujet dans un instant, mais je voudrais juste m’associer à ce que Mme Berès a dit au sujet des multiples aspects du débat de cet après-midi. Mais, d’un autre côté, il s’agit plutôt d’un débat assez vague. Il y a quelques contributions réellement importantes de nombreux collègues, mais, franchement, et je m’adresse ici à la Commission et au commissaire Barnier, cela reflète aussi la nature du document UE 2020. Il contient beaucoup de grandes idées, mais il est très vague et, à ce stade, il est aussi très sous-développé. Il a parlé des sept initiatives phares. Eh bien, nous n’en connaissons pas encore les détails.

La première chose que je voudrais dire est donc: je vous en prie, pouvons-nous faire en sorte que le Conseil n’adopte pas cette proposition en détail lors de sa prochaine réunion en juin, parce qu’elle n’est pas prête à être adoptée? Nous devons y consacrer davantage de temps ensemble afin d’en régler les détails.

Ma deuxième remarque est que je pense que nous devons faire de la relance du marché intérieur une huitième initiative phare. Cela ne compliquera pas les choses outre mesure, parce que cela devrait être l’initiative numéro un. Chers collègues, vous avez entendu M. Grech dire que nous avions le potentiel nécessaire pour créer des emplois, pour encourager l’innovation et pour opérer une transition vers une économie plus durable, mais que nous devions obtenir l’appui des citoyens et des consommateurs à cette proposition.

C’est comme la question qui vient juste d’être posée à M. Karas par le comte de Dartmouth. Les citoyens doivent s’investir dans ce processus mais il est là pour qu’ils le fassent. Ils en tireront les bénéfices. Nous avons cet instrument au potentiel énorme et, en particulier avec des budgets publics qui s’élèvent encore à 16 % de l’économie européenne, pourquoi n’utilisons-nous pas nos budgets des marchés publics pour stimuler l’innovation, pour acheter ces nouvelles technologies, pour encourager les PME à les adopter? C’est la plus grande et l’unique politique sous-développée que nous ayons. Nous avons entendu M. Barnier et M. Grech aujourd’hui, et nous avons apporté une contribution avec le rapport de M. Monti. Nous avons les instruments, mais nous devons les mettre en œuvre.

 
  
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  Gabriele Zimmer, au nom du groupe GUE/NGL.(DE) Monsieur le Président, nous sommes au beau milieu de la crise la plus fondamentale de l’histoire de l’Union européenne et, pourtant, presque toute les décisions relatives à la direction stratégique sont prises au niveau gouvernemental. Le Parlement européen a pu jouer le rôle d’observateur impuissant, mais pas plus.

À diverses reprises, le débat d’aujourd’hui a tourné autour d’aspects précis de la stratégie Europe 2020 pour la croissance et l’emploi, ce qui donne l’impression erronée que nous parlons de l’avenir de l’Europe et de son développement. Nous pourrions peut-être poser des questions orales sur la pertinence politique de la stratégie UE 2020 dans le contexte de l’actuelle crise économique et financière, mais nous ne sommes pas autorisés à faire part de nos demandes d’influer sur cette stratégie et de la modifier, de compenser ses insuffisances ou peut-être même d’en changer les priorités.

Au lieu d’être impliqués dans ces carrefours stratégiques, ce qui s’est produit presque à chaque fois que nous avons débattu de ce sujet ces derniers mois au sein de cette Assemblée, nous nous sommes retrouvés piégés dans le jeu de pouvoir entre les institutions, en dépit, ou peut-être même à cause du traité de Lisbonne. Cela a principalement été au détriment du Parlement européen. Tant la stratégie UE 2020 que, par exemple, les lignes directrices intégrées pour l’emploi, dont le président de la commission de l’emploi a parlé, concernent le Parlement en tant que simple organe à informer ou consulter.

En outre, tous les rapports présentés ici aujourd’hui sont loin de présenter une vue d’ensemble des exigences ou des positions du Parlement européen à l’égard de la stratégie européenne. Nous voulons introduire toute une série de changements spécifiques.

Au cours du dernier mandat parlementaire, le Parlement européen a introduit des demandes spécifiques auprès du Conseil et des États membres concernant la lutte contre la pauvreté, l’introduction d’allocations de revenu minimum et d’un salaire minimum anti-pauvreté dans toute l’UE. Rien de tout cela n’a été intégré à la stratégie. Au contraire: il y a même un risque que des objectifs tels que la lutte contre la pauvreté et la réduction de la pauvreté de 25 % disparaissent même de l’actuel texte de la stratégie, parce qu’ils ne s’accordent pas avec la compétence et les intérêts des États membres ou des gouvernements.

Même les statistiques européennes de l’emploi de ces dix dernières années ont clairement montré que les emplois atypiques et précaires, en particulier, avaient augmenté pour atteindre 60 %. Cependant, la très forte augmentation des emplois atypiques devrait nous inciter à établir, dans la stratégie et dans les lignes directrices, un modèle axé sur des emplois sûrs et qui permettent de sortir de la pauvreté. Maintenant, c’est une exigence fondamentale dont nous nous préoccupons ici.

Cependant, tant que l’Union européenne, les institutions et leurs politiques spécifiques n’envoient pas des signaux à ceux qui sont marginalisés, qui vivent dans la pauvreté ou qui sont sans emploi, ou aux jeunes qui n’ont pas de perspectives d’avenir, nous ne pourrons pas rallier ces groupes à l’idée qu’une Union européenne commune est un projet à l’épreuve du futur. C’est un déficit démocratique que l’actuelle stratégie UE 2020 ne fait rien pour résoudre et nous devrions lutter contre celui-ci avec nos concitoyens.

 
  
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  Bastiaan Belder, au nom du groupe EFD.(NL) Les problèmes que connaissent la Grèce et la zone euro contribuent à une situation grave, qui demande une approche structurelle. La stratégie UE 2020 proposée, qui vise à contribuer à la croissance économique et à l’emploi, tente de fournir cette approche.

La stratégie inclut, avec raison, des finances publiques saines. Cependant, l’initiative ne sera utile que si deux conditions sont remplies. Premièrement, le fonctionnement du pacte de stabilité et de croissance doit être renforcé afin que ce genre de situation ne se reproduise pas. Ce n’est alors pas juste une question de structures et de règles, mais de mentalité. Le point crucial est que les États membres tiennent leurs promesses budgétaires, comme je l’ai souligné lors d’une conférence à Athènes la semaine dernière.

Il faut se réjouir que les États membres se demandent mutuellement des comptes de manière plus intensive dans le contexte du Conseil concernant les réformes structurelles nécessaires pour remettre de l’ordre dans leurs finances publiques. En ce qui me concerne, le renforcement de la coordination économique devrait couvrir ce point.

La deuxième condition sur laquelle je voudrais attirer l’attention est l’inopportunité que l’Union européenne s’intéresse aux domaines des affaires sociales, de l’emploi et de la cohésion sociale. Des objectifs dans ces domaines ne peuvent, à juste titre, pas être imposés au niveau européen. Nous avons vu dans le cas de la stratégie de Lisbonne qu’une telle approche ne fonctionnait pas. Ici aussi, il est vrai que c’est dans la limitation que se révèle le maître; le maître européen.

 
  
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  Barry Madlener (NI).(NL) Nous débattons aujourd’hui de l’économie de l’Europe dans une perspective à long terme, et de la manière de parvenir à une croissance économique durable. Quand l’Europe débat de ce sujet, je ne dors pas aussi facilement, car l’Europe n’a jusqu’à présent pas proposé grand chose. Je rappellerai à cette Assemblée la stratégie de Lisbonne, dans laquelle l’Europe a convenu de devenir l’économie la plus compétitive du monde. Cela s’est avéré un échec total, bien sûr.

Tout ce que l’Union européenne a fait, c’est augmenter la bureaucratie, créer des règles inutiles – en particulier dans mon pays, les Pays-Bas – et engendrer une hausse des impôts, une immigration de masse, de la criminalité et de l’insécurité. En outre, jetons à présent un œil à la liste des pays qui attendent de rejoindre l’UE, avec lesquels nous nous asseyons autour de la table chaque jour: l’Albanie, la Bosnie, la Turquie – tous des pays pauvres, des pays musulmans et, de surcroît, corrompus et criminels – et l’Islande – un État en faillite.

En outre, chaque jour au sein de cette Assemblée, nous entendons des députés du groupe Verts/Alliance libre européenne et du groupe de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, et même du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, dire que nous avons besoin d’une économie verte, que nous devons fournir des milliards d’euros de subventions pour des éoliennes et de l’électricité verte, même si notre industrie est en train de devenir de moins en moins compétitive par rapport à la Chine, aux États-Unis et à l’Inde.

Cela vous surprend que notre économie stagne? Il n’y a qu’une seule recette pour avoir une Europe économiquement forte, et c’est moins de bureaucratie et moins de fonctionnaires à Bruxelles, et aussi moins de bureaucratie dans les États membres, des baisses d’impôts au lieu de hausses, et l’arrêt de l’immigration de masse. Il est clair que la Grèce doit être expulsée de la zone euro. Plaçons-nous devant un miroir, pour une fois, et regardons les députés européens: qu’avez-vous fait, ces dernières années, pour que la Grèce tienne ses engagements en vertu du pacte de stabilité et de croissance? Je connais déjà votre réponse: absolument rien. Vous étiez tous endormis pendant que des pays comme la Grèce, qui ont reçu des milliards de l’Europe chaque année, dilapidaient cet argent et laissaient leur gouvernement échapper à tout contrôle.

Si l’Europe échoue sur ce point, je prédis que mon pays, les Pays-Bas – et aussi l’Allemagne – quitteront la zone euro.

 
  
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  Gunnar Hökmark (PPE).(EN) Monsieur le Président, le paquet de soutien financier qui a été présenté il y a près de deux semaines était une nécessité, mais pas une solution aux problèmes auxquels l’Europe est confrontée. Il faut maintenant agir, prendre des décisions et rétablir la confiance dans les finances publiques. Je dirais que nous avons besoin de discuter de la stratégie 2020, mais que nous avons davantage encore besoin d’une stratégie 2010 qui décrirait l’action qui doit être entreprise aujourd’hui pour renouer avec la croissance, réduire les déficits et créer l’optimisme.

Mais nous ne parviendrons pas à la croissance nécessaire sans rétablir la confiance dans les finances publiques. Sur ce point, les socialistes sont en train d’échouer. Ils défendent les mêmes politiques que celles qui ont mené aux déficits et à la crise en Grèce, en Espagne et au Portugal, ainsi que dans d’autres pays. Le rapporteur, M. Hoang Ngoc, dit que nous devrions prolonger ces politiques et que nous devrions attendre avant de réduire les déficits. Mme Ulvskog, de Suède, propose d’accroître les dépenses. Les socialistes sont devenus une menace pour la prospérité, la reprise et les nouveaux emplois dont l’Europe a besoin. Je peux vous garantir que, là où les socialistes échouent, nous allons, au sein du groupe PPE, nous battre pour l’action qui doit être entreprise: réduction des déficits, rétablissement de la confiance et réformes pour la croissance et de nouveaux emplois. C’est ce dont l’Europe va avoir besoin, et nous serons là pour prendre les décisions difficiles et assumer les responsabilités là où d’autres échouent.

 
  
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  Alejandro Cercas (S&D). - (ES) Monsieur le Président, je dois prendre quelques secondes pour demander à l’orateur précédent d’aller en Grèce demander qui est responsable des problèmes que les travailleurs connaissent actuellement. Ils n’attendent pas le groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens). Non, Monsieur. Ils espèrent un réel changement politique, tel que celui que nous pouvons amener grâce à la stratégie 2020.

Si notre analyse est erronée, nos solutions seront aussi erronées. L’analyse que nous devons faire, c’est que l’Europe souffre énormément de la cupidité, d’un manque de réglementation, d’un manque de gouvernance économique, d’une population insuffisamment éduquée et cohésive, d’un manque de justice sociale, d’une croissance économique faible, d’une croissance de l’emploi faible et de la présence d’énormes groupes de personnes peu qualifiées en dehors du marché du travail.

Monsieur le Président, ces dix prochaines années, l’effort doit viser à accroître le nombre de personnes qui travaillent et à faire en sorte que les gens soient beaucoup mieux préparés, au niveau de l’éducation, pour gagner la bataille de la productivité. L’Europe ne gagnera pas en compétitivité sans remporter la bataille de la productivité. Nous ne gagnerons pas une place dans le monde en baissant les salaires, en détruisant les normes sociales, mais bien en élevant notre niveau de connaissance, en renforçant la solidarité et la cohésion sociale dans notre société. Ce sont nos points forts. Nous devons faire de l’Europe un continent véritablement uni, avec un projet clair, des objectifs clairs, avec une gouvernance économique qui ne nous permettra pas seulement de répondre aux urgences d’aujourd’hui, mais aussi aux difficultés de demain.

Ce sont nos espoirs. Ce sont les espoirs qui ont été forgés par une majorité assez large des membres de la commission de l’emploi et des affaires sociales, qui n’a pas écouté l’appel des sirènes de ceux qui veulent un retour au «chacun pour soi», anéantissant ainsi la solidarité avec tous.

C’est ce que nous espérons, Monsieur le Président: que la stratégie 2020 parvienne à tous les citoyens européens, qui nous demandent plus d’emplois, plus d’emplois de qualité et une gouvernance économique et une consolidation fiscale. La consolidation fiscale est une bonne chose, mais il doit aussi y avoir une consolidation économique et sociale, autrement, nous ne parviendrons à rien.

 
  
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  Michael Theurer (ALDE).(DE) Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs, comme nous l’avons entendu, les marchés financiers doivent être présentés dans un nouveau cadre réglementaire afin qu’à l’avenir, nous puissions éviter les excès qui ont mené à la crise.

Cependant, si nous mettons en évidence les causes sous-jacentes de l’endettement des gouvernements, il apparaît clairement qu’ici au Parlement nous parlons trop de la dette publique et trop peu de la manière dont nous pourrions parvenir à la prospérité et à la croissance. Qu’est-ce qui détermine notre croissance? Notre croissance et notre prospérité dépendent du développement, au sein de l’Union européenne, de produits et de la génération de nouvelles idées qui puissent aussi être vendus sur le marché mondial.

C’est donc une bonne chose qu’un des chapitres de la stratégie 2020 soit consacré à l’Union de l’innovation. Nous devons nous focaliser sur les inventions et sur le renforcement de la recherche et du développement. Il est en outre important que nous renforcions les synergies du financement de la recherche et de la politique de développement régional. Nous pourrions en faire beaucoup plus dans ces domaines. Tout comme les libéraux et le parti démocrate libre allemand (FDP), je préconiserais que nous nous concentrions sur les petites et moyennes entreprises. Nous devrions veiller, en tant qu’UE, à dépenser nos fonds de façon à ce que les PME aient véritablement accès à ces fonds et qu’il y ait un transfert de technologies entre les universités et les établissements d’enseignement supérieur et les PME. Nous devrions encourager les gens à prendre leur destin en main par la responsabilité personnelle et l’auto-initiative. Les gouvernements ne peuvent pas créer des emplois; ceux-ci doivent être créés par l’économie même.

 
  
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  Elisabeth Schroedter (Verts/ALE).(DE) Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs, vous avez clairement admis qu’une transition vers le développement d’une économie verte devait commencer maintenant, parce que le changement climatique allait compromettre les succès économiques de l’UE.

Cependant, ce qui manque dans la stratégie Europe 2020, c’est un lien entre le changement environnemental dans l’économie et une stratégie pour l’emploi verte. Des études ont montré que 8 millions de nouveaux emplois pouvaient être créés par la transition énergétique à elle seule. Dans la stratégie Europe 2020, nous avons donc besoin d’une initiative pour des emplois verts. Cette initiative doit se traduire par des mesures spécifiques et des lignes directrices intégrées. Nous avons donc besoin de cadres juridiques et politiques stables, afin que les investisseurs investissent réellement dans les emplois verts. Cela implique également d’établir des liens entre la recherche et le développement et l’économie, d’encourager les grappes d’innovation et aussi d’avoir la possibilité d’encourager ces grappes dans les régions défavorisées. C’est ce que dit le rapport van Nistelrooij, que je soutiens. Même si je ne soutiens pas ceux qui tentent d’imposer des exigences aux régions à partir d’en haut concernant le programme d’earmarking, l’impulsion donnée par ce rapport et par les propositions faites va néanmoins dans la bonne direction et va contribuer à la création d’emplois verts.

Cependant, dans la stratégie pour l’emploi, nous devons également nous atteler à tracer la voie de la transition vers une économie verte, à emmener les travailleurs avec nous et à les préparer à cette transition. Je m’adresse ici au commissaire Andor. Fondamentalement, la structure des lignes directrices de la politique de l’emploi qui ont été présentées est bonne et équilibrée. Il est particulièrement important d’avoir mis l’accent sur l’éducation en tant que domaine prioritaire indépendant. Ce domaine offre de formidables possibilités de briser le cycle de la pauvreté. Il constitue une pierre angulaire pour une stratégie de l’emploi verte et est donc crucial pour la réussite de la stratégie Europe 2020. Cependant, nous devons aussi améliorer les lignes directrices. Les lignes directrices pour l’emploi ont un rôle clé à jouer, qui est de nous permettre d’exploiter réellement le potentiel des emplois verts.

 
  
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  Konrad Szymański (ECR).(PL) Des conclusions très différentes peuvent être tirées de la faible croissance économique de l’Europe et de l’effondrement causé par la crise. On peut certainement être d’accord avec ceux qui, dans cette Assemblée, préconisent une réduction des charges de concession, d’administration et d’information qui sont générées non seulement par les États membres, mais aussi par l’Union européenne et par ce Parlement. On court cependant le risque d’appliquer un traitement bien pire que la maladie. Une telle mesure qui serait néfaste pour la croissance européenne renforcerait le rôle de l’Union européenne dans le domaine de la coopération et de la coordination fiscales, et de l’harmonisation fiscale qui s’ensuivrait. La concurrence fiscale, comme toute concurrence, est bonne pour les citoyens et pour les marchés. Elle crée la possibilité d’obtenir un meilleur résultat et est un facteur important de notre compétitivité au niveau mondial. Par conséquent, des libertés communes et un marché commun, et le maintien des compétences actuelles de l’Union, devraient être le principe central de la politique économique de l’Union.

 
  
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  Ilda Figueiredo (GUE/NGL).(PT) Monsieur le Président, nous voudrions dire dans ce débat qu’il est temps d’arrêter de faire des jeux de mots et de parler des vrais problèmes que la majorité des femmes et des hommes connaissent dans nos pays, de la souffrance, des plus de 85 millions de personnes qui vivent dans la pauvreté dans une Union européenne qui est l’une des régions les plus riches du monde, dans laquelle des profits scandaleux continuent d’être réalisés sans qu’aucune mesure ne soit prise pour les contrôler. Nous voulons parler de l’insécurité de l’emploi et des maigres salaires des travailleurs, des jeunes et des femmes qui ne trouvent pas d’emploi, des 23 millions de chômeurs. Nous voulons parler des personnes âgées qui se voient refuser une retraite décente et des enfants dont l’avenir est hypothéqué.

Soyons clairs: ce qui est proposé dans la stratégie Europe 2020, c’est la même voie que celle qui existait au début de la crise. La Commission européenne n’a pas voulu analyser les causes de la situation actuelle ou faire quoi que ce soit des conséquences des éléments fondamentaux des politiques qu’elle a suivies en appliquant la stratégie de Lisbonne: la libéralisation des secteurs économiques, notamment les services financiers, et la flexibilité de la main-d’œuvre, appelée flexicurité.

Ce à quoi ils aspirent à présent, c’est ouvrir la voie à de plus grandes concentrations de richesses à l’aide de diverses directives qui vont faciliter la privatisation de secteurs stratégiques de l’économie, et les attaques à l’encontre des services publics qui intéressent les groupes d’intérêt économique dans les domaines de la santé, de la sécurité sociale et de l’éducation et tout ce qui peut générer un profit. Ils préfèrent masquer le fait que seule une rupture avec ces politiques permettrait de changer les choses et que c’est la seule chose qui peut engendrer une avancée sociale. Nous insistons néanmoins sur cette rupture et disons qu’il est temps d’abandonner le pacte de stabilité et de le remplacer par un programme de développement et d’avancées sociales. Ce programme doit avoir comme priorités la production, des services publics de qualité, la création d’emplois assortis de droits, les salaires, des conditions de pension et de retraite décentes, l’inclusion sociale, et une division et une répartition équitables des richesses. Ces priorités nécessiteront une véritable cohésion économique et sociale, avec un renforcement clair du budget de l’Union, de la solidarité, des politiques publiques, et le contrôle de secteurs essentiels de l’économie par l’État.

Nous sommes certains que les travailleurs et la population continueront de se battre pour cela, par exemple, demain en Grèce ou le 29 mai au Portugal; nous tenons à saluer ici leur combat.

 
  
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  William (The Earl of) Dartmouth (EFD).(EN) Monsieur le Président, la stratégie 2020 dit sans doute beaucoup de choses intéressantes, mais, dans le cadre de l’élargissement, d’ici 2020, cinq, mais plus vraisemblablement huit nouveaux pays auront rejoint l’UE. Déjà dans l’UE de 2010, 12 pays sont des contributeurs nets de l’UE. Les 15 autres États membres sont subventionnés.

Il est vraisemblable qu’aucun des nouveaux pays ne sera un contributeur. En 2020, il y aura donc vraisemblablement pas moins de 23 pays qui seront subventionnés. D’ici 2020, l’UE sera donc devenue, en pratique, une union de transfert, qui transfère l’argent des 12 pays contributeurs aux 23 pays subventionnés. Le contribuable britannique est malheureusement et injustement pris dans ce système. Le Royaume-Uni relativement appauvri est le deuxième plus gros contributeur au budget de l’UE.

Lors des dernières élections provinciales en Allemagne, les électeurs de Rhénanie-du-Nord - Westphalie ont dit «non» à leur coalition et ont aussi dit «non» à l’union de transfert. Les électeurs d’autres pays contributeurs vont aussi dire «non» au cours des 10 prochaines années. D’ici 2020, le fossé sera impossible à combler. Il n’est pas dans l’intérêt national du Royaume-Uni que ce soit le chaos économique de l’autre côté de la Manche, mais à moins que l’élargissement ne s’arrête sur-le-champ, c’est le chaos économique qui nous attend. La stratégie 2020 passe donc à côté de l’essentiel.

 
  
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  Krisztina Morvai (NI). (HU) Mesdames et Messieurs, avec tout le respect que je vous dois, je voudrais vous demander si vous ne pensez pas qu’il y a quelque chose d’incroyablement bizarre dans ce qu’il est en train de se passer ici. Pour un débat extrêmement important sur la crise économique et financière qui est à l’origine d’une tragédie pour des millions d’Européens, seulement 40 personnes environ sont présentes. Nous exhortons les opérateurs économiques et les citoyens européens d’économiser l’énergie alors que, ces trois derniers jours, mais c’est le cas à chaque séance plénière, nous pouvons voir, si les caméras le montrent, le gaspillage d’énergie que représente l’éclairage d’une pièce de la taille d’un stade où pas plus de 40 personnes sont présentes, sauf à l’heure des votes. Dans les 27 cabines d’interprétation, il y a 27x3, ce qui fait 81 interprètes simultanés hautement qualifiés qui traduisent pour nous. Pour 40 députés européens, cela fait deux interprètes par personnes. Ne pensez-vous pas qu’il est temps de se regarder dans le miroir et d’arrêter de demander aux retraités, aux pompiers, aux infirmières et aux enseignants de se serrer la ceinture?

 
  
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  Lena Kolarska-Bobińska (PPE).(PL) En période de crise, quand l’intégrité de l’Union européenne est menacée, nous devrions, en soutenant la croissance économique, faire particulièrement attention à la cohésion de l’Union. Nous ne savons pas encore si la crise va creuser les différences entre les diverses régions d’Europe. Les différences historiques dans le niveau de développement des régions pourraient s’amplifier, et nous pourrions assister à l’apparition de nouveaux facteurs de différenciation.

Dans cette situation, ce qui est particulièrement nécessaire, ce sont des mécanismes qui réduisent les différences entre les régions, et la poursuite d’une politique régionale forte est le moyen d’atteindre cet objectif. Il ne serait pas raisonnable, dans cette situation, d’abandonner cette politique et de réduire de manière significative les fonds mis à la disposition des autorités locales et régionales, car cela menacerait sérieusement la stimulation de la croissance économique, mais constituerait aussi une menace pour l’unité de l’Union en tant que telle.

La stratégie Europe 2020 et la politique de cohésion ont toutes deux le même objectif. Elles ont un effet crucial sur la reprise économique et une importance énorme pour la politique de solidarité européenne. Cependant, ce dont nous avons besoin, c’est une meilleure coordination entre elles. Créer de nouveaux fonds thématiques séparés pour répondre aux nouvelles difficultés serait une perte de temps et d’argent et retarderait aussi la réalisation de la stratégie 2020 et la condamnerait au sort du traité de Lisbonne. Nous devons assurer le financement des projets d’infrastructure essentiels et rejeter la renationalisation de la politique régionale.

Pour le moment, nous entendons souvent parler de fortes pressions des gouvernements de certains États membres ainsi que de la Commission européenne en vue de supprimer ou de réduire le budget de la politique régionale. Cependant, le message du Parlement européen dans le rapport dont j’étais la rapporteure fictive est clair. Nous avons besoin d’une politique de cohésion plus forte, pas plus faible. Nous avons besoin d’une véritable solidarité européenne.

 
  
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  Evelyne Gebhardt (S&D).(DE) Monsieur le Président, Monsieur Grech, je voudrais vous féliciter pour l’excellent rapport que vous nous avez présenté ici et qui nous offre une base à partir de laquelle nous allons pouvoir avancer. Je vous remercie aussi d’avoir utilisé une phrase que j’utilise moi-même tout le temps, à savoir que l’économie est là pour les gens et non l’inverse. C’est précisément sur ce principe que la politique de l’Union européenne devrait reposer.

Dans votre rapport, vous soulignez aussi très justement qu’une évaluation adéquate des impacts économiques, sociaux, sur les consommateurs et sur l’environnement du marché intérieur, et les décisions que nous prenons sur le marché intérieur sont particulièrement importantes. C’est précisément ce qui a manqué jusqu’ici ou qui n’a pas été suffisamment montré à nos concitoyens. C’est une approche très importante en vue de souligner les éléments humanistes et holistiques de notre politique, même lorsqu’il s’agit du marché intérieur.

Dans votre rapport, vous dites aussi une chose qui est particulièrement importante pour nous, les sociaux-démocrates, et c’est que la politique sociale devrait être considérée comme un élément central de la politique du marché intérieur et qu’il est particulièrement important de protéger les services d’intérêt économique général. En outre, vous préconisez le développement d’une stratégie en vue d’améliorer la communication des avantages sociaux du marché intérieur.

Si nous considérons ces quelques points seulement, nous nous rendons compte que nous pourrions accomplir beaucoup de choses si seulement la Commission européenne nous donnait son soutien. J’espère aussi beaucoup que la Commission va vraiment saisir la possibilité que lui offre le rapport Grech de mettre les avancées en faveur des citoyens de l’UE sur le devant de la scène. J’insiste très fortement sur cette demande et, comme nous le savons, M. Barnier a déjà accepté de le faire. Si nous abordons le marché intérieur sous cet angle, la politique de l’Union européenne recevra une plus grande approbation et pourra se tourner vers un avenir meilleur.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. EDWARD McMILLAN-SCOTT
Vice-président

 
  
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  Robert Rochefort (ALDE). - Monsieur le Président, je voudrais aussi saisir l’occasion du très intéressant rapport de M. Grech dans ce débat sur la stratégie 2020 pour vous dire qu’il me semble essentiel que, dans cette stratégie d’avenir, nous n’oubliions pas le consommateur.

Quand je regarde le texte de la Commission sur la stratégie 2020, je constate qu’il n’y est quasiment jamais question du consommateur. Dans la période de crise dans laquelle nous sommes, n’oubliez jamais que, bien sûr, l’investissement est la variable clé, mais que la consommation représente de 60 à 70 % de nos produits intérieurs bruts dans les différents pays dont nous sommes issus.

Alors j’aimerais que, dans la stratégie 2020, nous allions plus loin à cet égard. Je rêve d’une Europe devenue pionnière d’une consommation différente, liée au triangle de la connaissance, liée au développement durable, une Europe qui soit capable de développer des conditions de production, des produits qui intéressent le consommateur, qui soient faits avec lui, une Europe qui mise sur la qualité et non plus sur la quantité pour la quantité. Je rêve d’une concurrence renforcée, qui ne soit pas favorable au «discount pour le discount», mais qui soit au service d’une amélioration de la satisfaction des consommateurs.

Alors, Monsieur le Commissaire, ma question est très simple. Allez-vous suggérer au président Barroso, allez–vous, au sein du Collège, mettre en place un groupe destiné à travailler dans ce domaine pour ne plus considérer le consommateur comme une variable d’ajustement, comme quelqu’un qui subit, mais pour le prendre comme un acteur, un acteur à vos côtés, à nos côtés, pour construire cette société de l’avenir dont nous avons vraiment bien besoin?

 
  
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  Emilie Turunen (Verts/ALE).(DA) Monsieur le Président, je voudrais prendre un moment pour parler des aspects sociaux et liés à l’emploi de la stratégie UE 2020 et des efforts de la Commission à cet égard. Je suis sûre que ce n’est un secret pour personne que le groupe Verts/Alliance libre européenne aurait voulu voir une stratégie 2020 beaucoup plus ambitieuse que celle qui se trouve actuellement sur la table, avec une volonté réelle de définir comment l’Europe doit subvenir à ses besoins à l’avenir et avec une volonté de fixer des objectifs sociaux et d’emploi élevés. Cependant, à l’heure actuelle, nous nous trouvons dans une situation dans laquelle les États membres n’ont aucune intention de développer le plan que la Commission a présenté. Au lieu de cela, ils font marche arrière.

Premièrement, en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté: de nombreux États membres ont remis en cause la compétence de l’UE dans la lutte contre la pauvreté et dans l’établissement d’objectifs spécifiques en matière de pauvreté. À cela, je répondrais simplement qu’il existe, à cet égard, une base juridique à de nombreux endroits dans le nouveau traité de Lisbonne, par exemple, à l’article 3 du traité sur l’Union européenne et aux articles 9 et 153 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il suffit donc simplement de mettre les choses en marche. Deuxièmement, d’autres États membres, dont le mien, le Danemark, ont critiqué la définition de la pauvreté. Bien sûr, nous devons proposer une bonne définition. Cependant, ces arguments ne peuvent pas masquer le fait qu’il s’agit d’une seule chose: voulons-nous réellement lutter contre la pauvreté en Europe? C’est sur cette question que porte le véritable débat.

Voulons-nous réduire le nombre de personnes pauvres en Europe, qui s’élève actuellement à 84 millions. Voulons-nous réduire le nombre de travailleurs pauvres, qui sont près de 17 millions? Voulons-nous non seulement que chacun ait un emploi, mais aussi que chacun ait un emploi convenable? Voulons-nous que les jeunes aient accès au marché du travail? Oui, bien sûr, et c’est précisément pourquoi nous avons besoin d’objectifs spécifiques en matière sociale et dans le domaine de l’emploi. L’Europe se trouve actuellement au beau milieu d’une crise économique, mais nous ne devons pas lui permettre de provoquer chez nous un blocage psychologique et de nous empêcher, en nous faisant peur, de fixer des objectifs ambitieux dans ces domaines. Si nous n’avons pas le courage de le faire maintenant, la situation économique en Europe, ainsi que notre cohésion sociale s’en trouveront affaiblies. Par conséquent, Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs, je voudrais vous dire que c’est la volonté politique qui va être cruciale. J’espère que le Parlement et la Commission vont donner l’exemple et encourager vivement les États membres qui hésitent à plutôt se prononcer pour une Europe sociale en 2020. J’espère qu’en tant que commissaires, vous êtes disposés à le faire.

 
  
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  Oldřich Vlasák (ECR). (CS) Nous avons passé toute la journée à discuter de la priorité stratégique souhaitable pour l’Union européenne. Selon moi, cependant, nous aurions d’abord dû poser la question du développement futur souhaitable pour nos concitoyens et pour ceux qui sont concernés au premier chef, à savoir les maires et les conseillers locaux. À cet égard, c’est une grande déception pour moi que le rôle des autorités locales n’apparaisse pas suffisamment dans la stratégie UE 2020. La stratégie mentionne avec justesse la nécessité de renforcer les liens avec les partenaires régionaux et locaux, mais ne dit pas clairement comment le principe de partenariat devrait être appliqué en pratique. En outre, le processus de consultation est volontaire et n’est donc en aucun cas contraignant pour la prise de décisions des États membres. Je peux le confirmer à l’aide d’un exemple concret. Quand la Fédération des municipalités de République tchèque a émis des commentaires au sujet de la position de notre gouvernement à l’égard de la stratégie 2020, non seulement ces commentaires n’ont pas été incorporés, mais la Fédération n’a même pas reçu de véritable réponse quant à la manière dont les commentaires ont été traités.

Si nous voulons éviter de reproduire l’échec de la stratégie de Lisbonne, nous ne devons pas continuer à ignorer la voix des autorités locales, qui font partie de l’administration publique dans tous les États membres et dont le rôle est crucial pour la réalisation des politiques européennes quelles qu’elles soient. Au contraire, une consultation obligatoire des acteurs «d’en dessous» apporterait des observations vitales sur la mise en œuvre correcte, efficiente et efficace des mesures adoptées. Je voudrais donc inviter la Commission à analyser de manière approfondie la méthode de liaison des autorités locales à l’ensemble du processus.

 
  
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  Kyriacos Triantaphyllides (GUE/NGL).(EL) Monsieur le Président, l’actuelle stratégie de Lisbonne a simplement été rebaptisée stratégie Europe 2020. En substance, les propositions de la Commission n’annulent, dans l’ensemble, pas les objectifs actuels, et non seulement ces objectifs n’ont pas été atteints, mais les avancées de ces dix dernières années ont montré que le niveau de vie des citoyens de l’Union européenne avait baissé. Malgré cela, les propositions présentées par la Commission n’incluent pas suffisamment de critères sociaux. Nous posons donc la question suivante: quelle mesure la Commission propose-t-elle pour prévenir l’impunité du marché, les licenciements à volonté et la hausse de l’insécurité de l’emploi? L’implication du Fonds monétaire international n’est-elle pas synonyme de conditions plus onéreuses pour les États membres et la population? Selon nous, si le pacte de stabilité n’est pas remplacé par un pacte visant à atteindre des objectifs sociaux, le nœud coulant que les gens ont autour du cou va encore se resserrer et de plus grands sacrifices seront nécessaires.

 
  
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  Timo Soini (EFD).(FI) Monsieur le Président, quand j’étais étudiant à l’université d’Helsinki dans les années 80, l’Union soviétique était encore forte. Quand il y avait des problèmes là-bas, ils préconisaient davantage de socialisme. Maintenant, je suis un père de famille d’âge moyen ici, dans l’Union européenne, et quand il y a des problèmes ici, nous préconisons davantage d’intégration. Cette philosophie est étonnamment similaire et le résultat sera, lui aussi, le même: cela ne va pas fonctionner.

Prenons appui sur une base d’États-nations. Pour cela, nous devons cuire notre pain avant de le distribuer, comme on dit en Finlande. Créons des emplois et les conditions adéquates. Ce sera la source de notre force. C’est comme cela que nous allons progresser. Nous manquons d’employeurs – non pas d’employés, mais d’employeurs, qui peuvent offrir du travail aux gens.

Les petites entreprises sont cruciales. Nous devrions reporter le débat sur la directive sur le temps de travail des chauffeurs indépendants à la prochaine période de session. Il s’agit d’un exemple typique de situation dans laquelle nous devrions défendre les entrepreneurs indépendants, qui créent de l’emploi, qui font le bien et qui emploient des gens. Nous risquons maintenant cependant de perdre des emplois à cause de décisions administratives. J’adore vraiment l’Europe, même si je n’aime pas l’Union européenne.

 
  
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  Franz Obermayr (NI).(DE) Monsieur le Président, en cette année de coupe du monde, ces dames et ces messieurs du Conseil pourraient tirer une leçon du football, à savoir qu’il n’est pas possible d’avoir un bon match de football avec un arbitre qui surveille chaque joueur. Cependant, un match sans règles, sans arbitre et sans pénalités pour les coups défendus finirait dans le chaos. C’est précisément où nous en sommes actuellement!

Il est grand temps que la stratégie Europe 2020 arrête les spéculateurs des hedge funds. Ceux qui, pendant des années, ont bien gagné leur vie grâce à la spéculation et aux taux d’intérêt exorbitants devraient à présent apporter leur contribution. Ce n’est pas aux petits épargnants, mais bien à ces entreprises, avec leurs profits spéculatifs élevés, que l’on devrait demander de régler la note.

La politique de cohésion ne devrait pas non plus ignorer la crise de l’euro. Outre l’actuel paquet de mesures de sauvetage, la Grèce a, dans le passé, bénéficié de manière disproportionnée des fonds agricoles et régionaux. Sans les changements structurels nécessaires, ces fonds se sont clairement peu à peu écoulés et, malgré des années de financement, le pays s’est retrouvé au bord de la ruine. Je ne vois pas pourquoi nous devrions laisser le robinet des fonds ouvert dans une telle situation. Pourquoi n’écoutons-nous pas le commissaire Rehn, qui a fait la proposition plutôt responsable de supprimer le financement? Enfin, nous ne pouvons pas laisser l’UE dégénérer en une union de transferts. Une économie planifiée au niveau central, ce que certains d’entre vous voudraient voir, n’a pas encore prouvé sa valeur, même si elle vient de Bruxelles.

De quoi avons-nous besoin, alors? D’une politique budgétaire auto-responsable, et si cela ne fonctionne pas, de mécanismes de sanction courageux et efficaces. Tout cela devrait être intégré à la stratégie Europe 2020.

 
  
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  Jean-Paul Gauzès (PPE). - Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, la situation économique et financière de l’Europe justifie pleinement les mesures énergiques qui ont été prises notamment pour stabiliser la zone euro et éviter la mise en cause de notre monnaie commune. L’urgence justifie la démarche empirique qui a été retenue. Il convient toutefois, pour la mise en œuvre des mesures adoptées, de veiller à ce que le Parlement soit, dans le cadre de ses compétences, associé et puisse exercer son contrôle démocratique dans des conditions appropriées.

Il importe en effet de veiller à ce que nos concitoyens ne perdent pas ou retrouvent la confiance dans les institutions politiques, sans laquelle aucune réforme structurelle, aucune acceptation de la nécessaire rigueur ne sera possible.

Face à la crise financière, l’Europe n’est pas restée inactive. On ne le dit pas assez. Dès 2009, nous avons élaboré et adopté une réglementation sur les agences de notation dont les textes d’application seront très prochainement publiés par la Commission européenne. La commission économique de ce Parlement a voté, il y a quelques jours, le paquet relatif à la supervision des activités financières. Lundi dernier, c’est le rapport sur la réglementation des gestionnaires de fonds alternatifs qui a été adopté à une large majorité par la même commission.

Les trilogues sont engagés pour rechercher un accord avec le Conseil. Cet accord doit être obtenu rapidement pour que nos institutions préservent leur crédibilité. Nos concitoyens nous posent souvent la question: «que fait l’Europe?» Nous devons être à la hauteur de leurs attentes.

À cet égard, je voudrais, Monsieur le Commissaire, vous féliciter pour votre détermination et vous encourager à préserver le programme de travail que vous vous êtes fixé, conformément aux engagements pris lors de votre audition. Le calendrier ambitieux, mais indispensable, qui est le vôtre, reçoit notre approbation. Nous serons à vos côtés pour que soit réalisée la régulation des services financiers qui s’impose. Il ne s’agit pas de brimer l’industrie financière, mais de mettre en place les règles qui permettront d’encadrer une activité qui doit l’être, d’assurer une meilleure sécurité des transactions et d’obtenir leur transparence.

 
  
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  Csaba Sándor Tabajdi (S&D). (HU) Messieurs les Commissaires, Mesdames et Messieurs, deux grandes tâches attendent aujourd’hui l’Europe: concevoir une nouvelle stratégie, dont nous sommes actuellement en train de débattre et qui, je pense, prend joliment forme. Cependant, l’Europe est à un tournant si elle ne trouve pas un nouveau modus operandi. Les événements de ces dernières semaines à la suite de la crise grecque – et je marque ici mon désaccord avec M. Gauzès, car, malheureusement, l’Union européenne et les États membres et, en particulier Mme Merkel, ont mis du temps à réagir à cette situation – signifient que l’Europe se trouve à un tournant. Il s’agit d’un tournant extraordinairement dangereux, qui va déterminer si nous allons nous diriger vers la renationalisation, le repli national et l’égoïsme, ou vers le communautarisme. Si nous ne nous dirigeons pas vers le communautarisme, le programme présenté par M. Barnier ne sera pas mis en œuvre et est inutile. Il est très important que nous n’oubliions pas, lorsque nous fixons de nouveaux objectifs, notre politique précédente, la politique de cohésion, la politique agricole commune ou, si je me tourne vers le commissaire Andor, le renouvellement du modèle social européen. Nous sommes à un tournant, chers collègues. Ces dernières semaines l’ont démontré: l’ancien modèle ne fonctionne pas et le modèle actuel ne fonctionne pas correctement. Je suis favorable à ce que la Commission contrôle les budgets nationaux avant qu’ils soient soumis aux parlements des États membres.

 
  
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  Carl Haglund (ALDE).(SV) Monsieur le Président, ma contribution concerne le rapport de M. Hoang Ngoc sur la viabilité des finances dans le secteur public. C’est un rapport sur lequel il a été très intéressant de travailler. Le fait est – et le rapporteur l’a aussi indiqué clairement dans son intervention – que, d’un point de vue idéologique, nous avions des opinions assez différentes sur cette question.

À cet égard, il est important de se souvenir de ce qu’il s’est passé en Europe ces dernières semaines, où nous avons une crise économique comme nous en avons rarement vu auparavant. La crise est en grande partie due à l’incapacité des États membres de gérer leurs propres finances et de maintenir l’ordre dans leur propre maison. Il était donc peut-être un peu surprenant que nous ayons des différends idéologiques aussi majeurs sur la question de savoir s’il était vraiment judicieux d’emprunter et de dépenser autant d’argent que ce que de nombreux pays avaient fait ces dernières années.

Comme je l’ai dit, il y avait des différends majeurs sur ces questions, une chose que nous avons également constatée au sein de cette Assemblée. Heureusement, une très large majorité de la commission était aussi d’avis qu’il fallait des mesures plus strictes pour remédier à la situation dans laquelle nous nous trouvions. La Commission a produit de très bonnes propositions ces dernières semaines. Nous avons à présent enfin commencé à prendre des décisions qui vont, en fait, nous conduire à ramener l’ordre dans l’économie européenne. C’est exactement ce dont nous avons besoin.

C’est pourquoi les discussions en commission ont été, pour le moins, palpitantes. Il est important de se souvenir qu’il ne s’agit pas seulement de nos emprunts actuels, mais aussi des défis à venir, tels que la démographie de l’Europe, le vieillissement de sa population, etc. C’est un rapport important, et je pense que nous y avons apporté des modifications positives. Je suis convaincu que la décision à laquelle cette Assemblée va parvenir sera une décision satisfaisante.

 
  
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  Bas Eickhout (Verts/ALE).(NL) La présente discussion sur cette crise a principalement porté sur la discipline budgétaire, et à juste titre, car c’est important. Ce n’est cependant pas tout. Gardons aussi cette crise dans la bonne perspective, qui est que nous sommes, en fait, encore en train de parler d’une crise bancaire

Pendant des années, les banques ont fait de l’argent comme par magie en utilisant des structures opaques et, en 2008, cette bulle a éclaté. Les pays ont alors transformé cette dette privée en dette publique, et c’est le problème avec lequel la Grèce est à présent aux prises: un niveau de dette publique insoutenable. Compte tenu de cela, lorsque nous débattons d’une stratégie 2020, nous devons aussi considérer le rôle des banques. La Commission souffre d’un manque total d’ambition à cet égard. Presque rien n’a été dit au sujet des banques. Ce que cette crise a montré, c’est qu’il fallait faire une distinction claire entre les banques d’épargne et les banques d’investissement. Où est l’ambition de la Commission quand il s’agit d’élaborer des plans pour s’attaquer à cela? C’est ma première remarque.

Cependant, nous devons aussi considérer l’économie de l’avenir. L’économie de l’avenir utilisera efficacement ses ressources naturelles. Ici aussi, la Commission a trop peu d’ambition. Ses objectifs son trop vagues ou trop bas; par exemple, une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, qui est terriblement insuffisante pour encourager l’innovation verte. Comment les entreprises vont-elles recevoir le message qu’elles doivent investir dans les technologies vertes? Nous pensons que les plans de la Commission devraient aussi couvrir cet aspect.

Enfin, en ce qui concerne notre propre budget, lui aussi doit être cohérent avec notre propre stratégie. Cela signifie que les Fonds structurels doivent essentiellement être utilisés pour encourager de nouvelles technologies vertes. Pour l’instant, nous sommes principalement en train de subventionner davantage d’émissions de gaz à effet de serre. Où est l’argent pour l’innovation, et où sont les crédits pour l’agriculture durable dans le budget agricole? Il faut que la Commission soit précise et ambitieuse au lieu de produire des plans vagues. Ce n’est pas comme cela que nous allons résoudre la crise.

 
  
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  Kay Swinburne (ECR).(EN) Monsieur le Président, l’élément central de la stratégie UE 2020 ne devrait pas être les fonds de stabilisation et les renflouements. Ce devrait être une nouvelle stratégie que tous nos pays devraient vouloir suivre pour relancer et redynamiser le marché intérieur de l’UE. Nous devons explorer comment modifier nos économies afin qu’elles soient adaptées à ces difficultés. La seule façon de progresser, c’est de considérer les nouvelles industries via la recherche, le développement et l’innovation. L’UE devrait encourager un nouveau dynamisme économique dans le domaine de la recherche en Europe, créant de nouveaux réseaux d’excellence, des grappes de recherche pour des projets intégrés sur la base de l’innovation dans de nouveaux produits et services, et considérant de nouveaux processus et technologies ainsi que de nouveaux concepts d’entreprise. Nous devrions nous tourner vers les projets existants qui portent leurs fruits et utiliser les liens de l’UE pour trouver de meilleures pratiques.

Dans ma circonscription, je me suis rendue à l’université de Glyndŵr, qui a encouragé les liens directs avec des entreprises de haute technologie dans le nord du pays de Galles, atteignant un taux de placement des diplômés de 90 %, même l’année dernière. Cela a non seulement amélioré les perspectives d’emploi des jeunes, mais a aussi revitalisé toute la région du nord du pays de Galles. Au lieu de se tourner vers les projets de plusieurs milliards de dollars et les solutions miracles, nous devons revenir aux fondements d’une économie prospère. Le sud du pays de Galles possède cinq entreprises de développement pharmaceutique qui disposent de technologies de classe mondiale. Avec un peu d’aide de l’UE, cette grappe d’entreprises de haute technologie pourrait devenir un centre de classe mondiale, tirant toute une économie, qui répond actuellement aux critères de qualification pour les fonds de cohésion, vers un avenir plus radieux. Nous avons besoin de solutions pour œuvrer efficacement pour nos concitoyens.

 
  
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  Jacky Hénin (GUE/NGL). - Monsieur le Président, chers collègues, vous ne l’admettrez pas, mais la réalité est là, flagrante; l’Europe libérale est épuisée. Elle l’est en tant que mythe. Qui peut encore croire à un approfondissement de sa dimension fédérale alors que l’on s’apprête à matraquer les pays les plus endettés au profit des marchés financiers?

Mais elle l’est aussi, et très profondément, dans son projet et son action. Avec les crises qui se sont succédé, la dernière plus puissante que toutes les autres, l’endettement public a explosé. Mais, plus encore, c’est la crédibilité de la zone euro qui a volé en éclat. La situation appelle à de véritables solidarités. Or, le traité de Maastricht exclut toute solidarité entre les pays de la zone euro. Nous trouvons ici le premier paradoxe européen.

L’épuisement de l’Europe peut se constater par ailleurs, dans les négociations à l’OMC et dans la fiction qu’on nous sert de manière régulière, selon laquelle l’Europe nous protégerait de la mondialisation. Loin de constituer un écran et une protection, les directives européennes ont souvent été en avance sur l’OMC. En fait, nous nous sommes ouverts massivement du fait de l’Europe et nous en payons aujourd’hui le prix avec le processus de désindustrialisation et les diverses formes de délocalisation. Pour le bien des peuples, il y a urgence à réorienter la politique européenne.

 
  
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  Mara Bizzotto (EFD).(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, 308 milliards d’euros, c’est le montant total des fonds affectés à la mise en œuvre de la politique de cohésion pour la période 2007-2013. À ce jour, l’Europe a dépensé et, à en juger par les résultats, gaspillé une partie de ces fonds prioritaires établis par Lisbonne. Pour que la stratégie UE 2020 soit une réussite et pour que les montagnes de liquidités qu’il reste à dépenser soient utilisées pour stimuler la croissance économique et soutenir la compétitivité, deux types d’interventions sont nécessaires: une simplification et une révision.

La simplification sera cruciale en vue de démêler l’accès à ces ressources d’une bureaucratie paralysante: les régions, les citoyens et les entreprises veulent pouvoir agir plus librement pour libérer leur potentiel.

Quant à la révision, elle est nécessaire d’urgence, afin de modifier les critères qui définissent comment les fonds sont affectés, en repensant l’esprit général à la base de la politique de cohésion.

Maintenant comme jamais auparavant, notre politique de cohésion doit pouvoir prouver sa force en tant qu’outil de gouvernance à niveaux multiples, en donnant une véritable voix aux problèmes qui touchent notre territoire et, à Bruxelles, en formulant sa réponse longtemps attendue concernant l’avenir de notre modèle économique et social.

Mesdames et Messieurs, il est du devoir de tous ceux qui, comme l’Union européenne, sont responsables de la gestion de telles sommes, d’imposer une supervision rigoureuse des projets subventionnés et de lutter vigoureusement contre le gaspillage. C’est le seul moyen pour que la stratégie UE 2020 soit couronnée de succès en n’étant pas une mauvaise copie d’un mauvais original.

 
  
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  Regina Bastos (PPE).(PT) Monsieur le Président, nous sommes face à une accélération du changement mondial qui a des conséquences désastreuses pour nos systèmes économiques, politiques et sociaux et, par conséquent, pour tous nos concitoyens. Nous sommes actuellement en train d’assister à un affaiblissement sans précédent de la capacité de réaction des États. L’Union européenne doit donc identifier des causes et des alliés communs et agir de manière claire et unie sur la scène mondiale.

Les situations extraordinaires exigent une action conjointe claire. Si nous ne prenons pas les mesures fortes et les responsabilités collectives nécessaires, l’Europe sera vouée à la marginalisation et à l’appauvrissement. Seule une Europe forte qui respecte des règles collectives pourra donner une réponse adéquate à la nouvelle ère.

Des États affaiblis et endettés n’ont pas la capacité de protéger leurs citoyens. Nous devons donc pouvoir regagner la confiance du public, gagner les batailles de la stabilité, de la rigueur budgétaire, de la création d’emplois, de la stabilité de l’union monétaire, de la mondialisation, des choix stratégiques.

Nous devons le faire ou risquer de compromettre notre avenir. L’avenir se gagne en se consacrant à la cohésion sociale, à la paix, à la construction d’un nouveau modèle basé sur les valeurs de liberté, de justice sociale et de responsabilité. Aussi la stratégie 2020 et les lignes directrices intégrées Europe 2020 constituent-elles des éléments essentiels d’un nouveau cycle de croissance et d’emploi en Europe.

Pour les mettre en œuvre et les exécuter correctement, des objectifs quantifiables clairs doivent être fixés pour l’emploi, l’éducation et la réduction de la pauvreté. Il est aussi essentiel que tout soit entrepris pour faciliter la transposition des objectifs nationaux des États membres si l’on veut que la stratégie soit couronnée de succès et correctement mise en œuvre.

 
  
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  Constanze Angela Krehl (S&D).(DE) Monsieur le Président, l’actuelle politique de cohésion a commencé sa vie avec le titre de stratégie de Lisbonne. Cependant, je crois fermement que la politique de cohésion peut apporter, et apportera, une énorme contribution à la stratégie Europe 2020, pas simplement parce que nous disposons d’un budget considérable par rapport à d’autres politiques européennes, mais surtout, parce que la politique de cohésion nous permet d’avoir un développement durable dans nos régions et assure le bon suivi des processus de restructuration et des difficultés dans nos régions.

Cependant, il y a ici un point fondamental que je voudrais clarifier une fois encore, et cela est aussi valable pour notre groupe: notre politique de cohésion ne peut fonctionner que si le développement économique est considéré comme aussi important que le développement social et offre des formations aux travailleurs. En principe, nous devons assumer la responsabilité conjointe des fonds qui sont mis à notre disposition. C’est un peu comme l’ordinateur et les logiciels – l’un ne fonctionne pas sans les autres.

 
  
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  Ramona Nicole Mănescu (ALDE).(RO) Je voudrais commencer par féliciter M. Cortés Lastra pour ses efforts lors de l’élaboration de ce rapport. Ce rapport souligne une fois encore l’importance de la contribution de la politique de cohésion à la réalisation des objectifs de la stratégie UE 2020. Nous devons donc faire en sorte que la place privilégiée que la politique de cohésion octroie aux régions soit reconnue dans le cadre de cette stratégie.

Nous sommes tous conscients du fait que l’efficacité de la mise en œuvre de la stratégie dépendra énormément de la manière dont elle est conçue. Par conséquent, je crois que les autorités locales et régionales doivent être impliquées même dans la phase d’élaboration, afin de garantir que des résultats vraiment efficaces soient obtenus par la suite. Dans le même temps, une meilleure gouvernance à toute une série de niveaux garantit la mise en œuvre efficace de la politique de cohésion au niveau national, régional et local.

En tant que bénéficiaires de ces politiques, je crois que les États membres doivent conserver le rôle clé qu’ils jouent dans le processus décisionnel relatif à la politique de cohésion au sein du Conseil. Enfin, je voudrais saluer la reconnaissance du rôle des Fonds structurels dans la réalisation des objectifs de la stratégie. Je voudrais toutefois attirer votre attention sur le fait, une fois encore, que nous devons éviter le piège d’utiliser, à l’avenir, ces fonds comme moyen de sanctionner les États membres. Je crois qu’une telle mesure irait totalement à l’encontre des véritables objectifs de la politique de cohésion.

 
  
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  François Alfonsi (Verts/ALE). - Monsieur le Président, le mot clé de cette stratégie 2020 est la croissance. Mais qu’on la baptise intelligente, durable ou inclusive, peu importe, une crise est aujourd’hui engagée en Europe, qui ne s’arrêtera pas demain. Les objectifs chiffrés de cette stratégie 2020 – amélioration du taux d’emploi, réduction du taux de pauvreté, etc. – résonnent en fait comme des vœux pieux car il est fait appel au même modèle que la stratégie de Lisbonne qui a échoué.

L’Europe est confrontée à une crise qui appelle un projet beaucoup plus visionnaire et beaucoup plus politique, y compris des idées nouvelles qui font tellement défaut dans cette stratégie 2020.

Je vais insister sur l’une d’entre elles. Ne devrait-on pas se fixer enfin pour objectif de valoriser la diversité culturelle de l’Europe, qui est une valeur fondatrice de l’Union et qui peut mettre à la disposition du développement économique de notre Europe une matière première inégalée ailleurs sur les autres continents, à travers des biens immatériels comme l’économie de la culture, et à travers des biens matériels comme les produits spécifiques des différents terroirs de l’Europe?

Par ailleurs, une vision stratégique presque entièrement tournée vers les États membres est développée. Or, les États, par leurs frontières, par leurs logiques historiques, par leurs administrations centralisées, continuent de figer l’Europe dans un carcan dépassé.

Il faut plus de dimension régionale dans la stratégie future de l’Union européenne. Il faut aussi favoriser des stratégies macrorégionales qui réorganisent les politiques d’aménagement autour des bassins naturels de vie du continent, ces bassins qui sont aussi ses bassins culturels et historiques: la mer Baltique, la Méditerranée occidentale, le Danube, les Alpes, l’arc Atlantique, etc.

Une telle approche se fait jour actuellement, notamment en mer Baltique, mais elle n’est pas reprise dans la stratégie 2020 et elle risque fort d’être étouffée dans l’œuf quand il faudra dégager les moyens de sa mise en œuvre. La stratégie 2020 qui nous est présentée est donc pour nous marquée par une démarche très conventionnelle et très technocratique; elle est sans vision politique.

 
  
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  Zbigniew Ziobro (ECR).(PL) La stratégie UE 2020 est un document censé établir la direction du développement de l’Union au cours des dix prochaines années. Cependant, si nous ne voulons pas que ce document connaisse le même sort que la stratégie de Lisbonne, il doit être plus réaliste et plus proche des ambitions des États membres. Avec cela à l’esprit, nous devrions nous féliciter des amendements à la proposition de la Commission adoptés par le Parlement qui concernent, en particulier, le renforcement du marché commun, la réduction du protectionnisme, la poursuite de la politique de cohésion et l’aide à l’agriculture.

Cependant, et cela doit encore être souligné, il faut avoir une politique climatique plus équitable, autrement dit, d’une manière qui ne signifie pas que, à cause de ses charges excessives, les pays d’Europe centrale et orientale seront toujours les parents pauvres de l’Union européenne.

Enfin, je voudrais souligner que le concept central de la stratégie de l’Union européenne est l’innovation, mais nous ne devrions pas oublier de poursuivre la politique de cohésion et l’aide à l’agriculture, car c’est ce qui permet aux régions plus pauvres de rattraper leur retard de développement.

 
  
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  Mario Borghezio (EFD).(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à mon avis, une politique industrielle qui se focalise exclusivement sur les entreprises qui opèrent au niveau international et qui utilisent des technologies avancées n’est pas le meilleur moyen de réussir. Nous ne devons pas oublier tout le secteur des petites et moyennes entreprises, notamment les producteurs et les détaillants à petite échelle. La politique d’innovation devrait aussi être axée sur eux.

En particulier, cette stratégie devrait garantir des conditions qui placent les petites et moyennes entreprises sur un pied d’égalité avec leurs concurrents à l’extérieur de l’UE, en adoptant des clauses de sauvegarde et des mesures fortes et efficaces pour lutter contre le problème extrêmement sérieux de la contrefaçon, notamment au moyen d’instruments de défense commerciale efficaces. Il est important que la gouvernance de la stratégie Europe 2020 ne soit pas aux mains de la seule Commission, mais se déroule à différents niveaux, dont le niveau national et macrorégional.

Nous devons commencer à formuler une politique et une stratégie axées sur le niveau local et la réalité de la production sur le terrain, et je voudrais souligner ici la nécessité d’être attentifs à la situation de la production en Padanie. En d’autres termes, nous demandons que plus d’attention soit portée à la situation de production réelle sur le terrain, en particulier à la structure des PME, comme je l’ai dit, qui est l’épine dorsale de la production dans tous les pays d’Europe et est, par conséquent, la source d’un véritable espoir pour l’avenir de la production et du développement de l’Union européenne.

 
  
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  Bendt Bendtsen (PPE).(DA) Monsieur le Président, eh bien, notre objectif était de devenir «l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde», mais cela ne s’est pas produit. Les défis qui attendent l’Europe ces prochaines années sont énormes. Les problèmes que nous observons actuellement en Grèce, et que nous allons peut-être aussi bientôt observer dans un certain nombre d’autres pays, sont le résultat de deux choses: le manque de compétitivité en Europe et le fait que nous les Européens avons vécu au-dessus de nos moyens, autrement dit, nous avons dépensé plus d’argent que nous n’en avons gagné et nous avons dépensé plus d’argent que ce que notre productivité peut supporter.

Beaucoup d’économistes aiment rendre l’économie plus compliquée qu’elle ne l’est, mais l’explication est assez simple: les marchés ont simplement perdu confiance et ne croient plus que les pays européens criblés de dettes peuvent rivaliser et assumer leurs responsabilités – c’est la raison de tout cela. Le problème majeur de l’Europe, comme je l’ai dit, est un manque de compétitivité, et c’est le problème auquel la stratégie 2020 est censée s’attaquer. Nous devons accroître notre compétitivité par rapport aux autres pays et les États membres doivent mettre de l’ordre dans leurs économies tout en investissant simultanément dans l’avenir.

En effet, il peut être nécessaire de procéder à des réductions budgétaires dans ce que nous appelons les services sociaux afin d’utiliser l’argent pour l’éducation et la recherche. Les petites et moyennes entreprises sont l’épine dorsale de l’économie européenne. Nous devons donc les prendre au sérieux dans cette stratégie. Elles manquent de capitaux et ont du mal à emprunter de l’argent. Nous devons trouver une solution à ce problème. Beaucoup de petites et moyennes entreprises sont exclues des appels d’offres publics dans les États membres et en particulier quand il s’agit d’appels d’offres européens, où la priorité est donnée aux grandes entreprises.

Enfin, je voudrais dire que les charges administratives sont aussi une chose contre laquelle nous devons lutter à chaque instant. Les règles administratives que nous édictons constituent, bien sûr, une charge plus lourde pour les petites entreprises, qui ont très peu d’employés. Enfin, nous devons aider les petites et moyennes entreprises à entrer sur les marchés des exportations.

 
  
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  Sergio Gaetano Cofferati (S&D).(IT) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je crois que nous courrons tous un sérieux risque de nous focaliser purement sur la crise. Après l’action qui a été entreprise avec la création du fonds visant à défendre l’euro en vue d’aider les pays en difficultés et de mettre un terme à la spéculation, les discussions au sein de cette Assemblée se sont fortement concentrées sur les sujets du renouveau et de la stabilité, négligeant tout le reste. Ce sont des sujets pour les États membres.

Nous avons focalisé si étroitement notre attention que les questions liées au système financier et bancaire et les problèmes connexes de surveillance et de réglementation ont été mis de côté et presque oubliés. Je crois cependant fermement qu’un sens de la perspective est nécessaire dans la formulation de notre politique. Ce n’est pas par accident que le pacte a été nommé «pacte de stabilité et de croissance». Un intitulé encore plus exact aurait été «pacte de stabilité pour la croissance».

Nous devons commencer à parler à nouveau de croissance et de développement. C’est le meilleur moyen de mettre un terme à la spéculation et, à la place, de donner confiance aux véritables investisseurs. Sans propositions relatives à la croissance – je pense à l’uniformité fiscale dont M. Monti a parlé, aux ressources d’investissement, à la mise à disposition d’euro-obligations et aux instruments de cohésion, car la cohésion est un facteur très important pour la compétitivité – il sera difficile de créer ce climat positif, en particulier en ce moment.

 
  
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  Olle Schmidt (ALDE).(SV) Monsieur le Président, ces derniers temps nous ont montré l’importance de finances publiques saines. Il est par conséquent pour le moins curieux que le rapporteur, M. Hoang Ngoc, veuille modérer – et même supprimer – les exigences strictes de respect du pacte de stabilité et de croissance. La vérité est, au contraire, qu’il est essentiel que l’UE s’attèle à présent à mettre sa dette galopante sous contrôle. Autrement, l’avenir pourrait être encore plus terrifiant.

J’ai été député au parlement suédois, le Riksdag, pendant les années 90 et j’étais à la commission des finances quand nos finances publiques se sont effondrées. Je n’en suis pas particulièrement fier, mais c’est vrai: pendant un temps, nous avons eu des taux d’intérêt de 500 %! Ils se dirigeaient vers 2 000 %, ce qui signifie que nous étions bien engagés sur va voie du statut de république bananière, mais même les taux de 500 % n’étaient pas suffisants – notre monnaie s’est effondrée et George Soros a gagné.

Des temps difficiles attendaient les Suédois, mais, Monsieur Hoang Ngoc, nous avons appris une chose, et c’est garder de l’ordre dans nos finances. Cela s’applique aussi à l’Europe – l’ordre apporte stabilité et croissance.

 
  
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  Michail Tremopoulos (Verts/ALE).(EL) Europe est aujourd’hui encore confrontée à une crise pluridimensionnelle, qui touche l’emploi et les bas revenus de manière particulièrement dure. Quand l’Union européenne a démarré, la pauvreté n’existait que là où il n’y avait pas de travail. Aujourd’hui, 9,6 % des Européens sont sans emploi et 8 % des travailleurs vivent de revenus sous le seuil de pauvreté. Quelles sont les perspectives pour 2020?

Cette combinaison de chômage et de pauvreté est exacerbée par la pression créée par la facilité avec laquelle les entreprises peuvent licencier leurs employés. Au niveau européen, il n’existe aucune protection contre le licenciement et la législation nationale est assouplie, comme en Grèce. Tout cela se produit pendant l’Année de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Nous avons donc besoin d’un cadre minimal de mesures de dissuasion contre les licenciements. Des propositions ont été faites. Le point de départ est de considérer les licenciements massifs par des entreprises qui font état de bénéfices dans le même pays comme une pratique abusive. La conséquence logique est de les exclure des subventions européennes et de leur imposer des taxes et des amendes plus élevées, ainsi que le remboursement des financements reçus. La question est: la responsabilité sociétale des entreprises fait-elle partie de leur obligation de fonctionner dans le cadre de la société ou jugent-elles acceptables de se comporter comme des concurrents des travailleurs?

 
  
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  Vicky Ford (ECR).(EN) Monsieur le Président, je salue beaucoup des objectifs de la stratégie UE 2020: l’accent mis sur la croissance emmenée par les entreprises innovantes, sur la croissance durable et sur le plein emploi. Cependant, pour y parvenir, l’UE ne doit pas se contenter de discuter: nous devons agir.

Par exemple, en entreprenant les réformes essentielles des services financiers, nous devons nous souvenir que les entreprises innovantes et ces employeurs ont besoin d’un accès aux capitaux sur les marchés mondiaux. Nos États membres ont aussi besoin d’accéder à ces marchés de capitaux mondiaux et, alors que tous les yeux sont rivés sur le Fonds de stabilisation européen, et sur ses résultats en termes de réduction de la volatilité immédiate, fondamentalement, la confiance à long terme ne sera rétablie que si, en plus de cette croissance ambitieuse, nos déficits sont sous contrôle et les finances publiques elles-mêmes sont considérées comme durables.

 
  
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  Johannes Hahn, membre de la Commission.(DE) Monsieur le Président, je crois que le débat d’aujourd’hui a montré et prouvé que le Parlement pouvait et, en fait, devrait, apporter une contribution significative à l’élaboration de la stratégie. Étant donné mon domaine de compétence, je voudrais remercier MM. van Nistelrooij et Cortés Lastra, en particulier, pour leurs rapports. Je remercie aussi tous ceux qui ont participé de manière intense à ce travail, parce qu’ils joueront un rôle majeur dans l’élaboration de la politique régionale et parce que les deux rapports ont montré à quel point il était important de prendre toutes les régions d’Europe en considération et que la politique régionale pouvait et devait être une politique pour toutes les régions et qu’à l’avenir cela devrait être le cas.

Les deux rapports soulignent, en définitive, l’effet positif de cette mesure. Je voudrais en particulier remercier M. Cortés Lastra pour sa contribution significative et pour avoir souligné ce que la stratégie de Lisbonne avait, en fin de compte, produit, malgré toutes les critiques. Après tout, ce n’est pas simplement l’idée, mais la mise en œuvre du concept d’earmarking qui a suivi qui a eu un impact significatif ici, en particulier dans le domaine de l’innovation et de la recherche.

Mme Schroeder trouve peut-être que la pilule est amère, mais, évidemment, vous devez fixer un objectif. Cependant, les régions qui ont des structures locales et leurs propres développeurs de projets ont eu, et auront à l’avenir, la possibilité de mettre en œuvre leurs propres projets et d’atteindre des objectifs sous un auspice général unique. Bien sûr, nous avons besoin d’orientation et nous devons fixer des priorités, et c’est l’idée derrière l’earmarking. Cependant, nous pouvons accomplir beaucoup de choses à l’aide d’une approche à la fois ascendante et descendante.

En outre, le rapport stratégique que j’ai récemment présenté sur les rapports des 27 États membres concernant l’état de mise en œuvre de l’actuelle période de programmation montre à quel point l’earmarking a, en fait, été durable et judicieux, parce que 63 milliards des 93 milliards d’euros alloués jusqu’à présent ont été dépensés pour les objectifs de Lisbonne, c’est-à-dire pour la recherche, l’innovation, l’investissement dans la formation et, enfin, pour les transports et l’infrastructure, au sens large du terme.

La politique régionale – et le rapport van Nistelrooij le montre très clairement – est une force motrice de l’innovation qui peut faire avancer les choses et rendre la société européenne plus compétitive au niveau mondial et faire en sorte qu’elle le reste. Il a été démontré que sur les plus de 450 programmes opérationnels, seuls 246 s’intéressent à la recherche et à l’innovation. Cela montre très clairement que des orientations telles que la recherche et le développement sont nécessaires et que cela doit rester le cas.

Pour cette raison, il était évident, au cours de l’actuelle période de programmation, que nous devions affecter juste 86 milliards d’euros à ce domaine, ce qui est trois fois plus que pour la période 2000-2006. Cependant, nous devons assurer une meilleure coordination, en particulier dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Il n’y a pas de contradiction entre l’excellence, d’une part, et une vaste couverture géographique, d’autre part. Notre objectif doit être de favoriser la circulation des cerveaux, pas la fuite des cerveaux de certaines ou de nombreuses régions vers quelques-unes. Au contraire, nous devons assurer la circulation des connaissances et des personnes impliquées, en particulier lorsqu’il s’agit de recherche, d’innovation et de développement.

L’un des principaux objectifs devrait être, en particulier si l’on considère la prochaine période de programmation, d’opérer une transition entre une approche purement basée sur les performances, c’est-à-dire, la bonne gestion financière, vers une approche et une perspective plus fortes, axées sur les résultats. Cela doit être l’une des avancées majeures d’UE 2020 par rapport à Lisbonne, une avancée qui nous permettra de ventiler les objectifs européens en objectifs nationaux, régionaux et, finalement, locaux et de rendre ainsi les stratégies tangibles, visibles et compréhensibles.

Un dernier commentaire: je conçois la politique régionale comme une politique d’investissement, et j’entends par là d’investissement dans toutes les régions. Enfin, toutes les régions peuvent bénéficier des investissements fructueux réalisés dans les différentes régions, parce que nous ne devons pas oublier que deux tiers des exportations européennes de chaque État membre pris individuellement sont destinés à l’Union européenne, aux 26 autres pays. Cela signifie que si ces pays vont bien, le 27e État membre ira bien aussi. Cela doit être un de nos objectifs. Si aujourd’hui nous parlons aussi de comment faire face à la crise à la crise, alors restructurer le budget ne peut pas être notre seule préoccupation, parce que la croissance constitue aussi un facteur très important. À elle seule, la croissance constituera notre porte de sortie de la crise à long terme, et la politique régionale peut y contribuer de manière significative.

 
  
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  László Andor, membre de la Commission.(EN) Monsieur le Président, il y a cinq plus deux questions qui ont été posées concernant la gouvernance économique et Europe 2020. Je vais faire de mon mieux pour répondre en cinq minutes, et pour ce faire, je vais utiliser l’anglais et non ma langue maternelle.

Chers députés, la première question porte sur la manière dont la Commission entend renforcer le suivi des grandes lignes directrices de la politique économique et dont elle entend assurer le rôle actif des parlements nationaux et du Parlement européen dans le processus multilatéral de surveillance.

En réponse à la première question, je voudrais renvoyer à la communication de la Commission sur Europe 2020, dans laquelle la Commission propose que le Parlement européen joue un rôle important, non seulement en sa capacité de colégislateur, mais aussi en tant que force motrice pour la mobilisation des citoyens et des parlements nationaux. La Commission souligne aussi l’importance d’instaurer un dialogue permanent entre les différents niveaux de gouvernement, notamment les autorités nationales, régionales et locales et les parlements nationaux, ainsi que les partenaires sociaux, et les représentants de la société civile.

La deuxième question concerne le pacte de stabilité et de croissance et les instruments supplémentaires que la Commission pourrait prévoir afin de compléter ce pacte. Je voudrais ici renvoyer à notre communication sur le renforcement de la coordination des politiques économiques, que nous avons adoptée la semaine dernière. Dans cette communication, la Commission fait des propositions concernant le renforcement du respect du pacte de stabilité et une coordination plus approfondie des politiques fiscales. La Commission entend, en particulier, rendre la surveillance budgétaire et la coordination des politiques plus prévisionnelles. En particulier dans la zone euro, une approche plus vaste de l’évaluation des politiques budgétaires semble justifiée, notamment un examen plus approfondi des faiblesses des plans budgétaires nationaux avant leur adoption. En outre, afin de doter les États membres des bonnes mesures d’incitation pour faire face aux déséquilibres fiscaux, le fonctionnement de la procédure de déficit excessif pourrait être amélioré en accélérant les procédures individuelles, en particulier à l’encontre des États membres en situation d’infraction répétée du pacte. La Commission propose aussi de renforcer le cadre de prévention macroéconomique pour les États membres de la zone euro en établissant un cadre de résolution de crise permanent. En vertu du mécanisme proposé, l’UE pourrait émettre une dette pour financer des prêts d’urgence à un membre de la zone euro en détresse.

La troisième question concerne les différences entre deux documents de la Commission: d’une part, la communication sur les finances publiques dans l’UEM 2006 de juin 2006 et, de l’autre, le rapport UEM 10 2008. Les recommandations politiques que nous avons faites en 2006 étaient axées sur les changements engendrés par la réforme du pacte en 2005. Le rapport UEM 10 2008 correspond à ce qui a été écrit à l’époque, par exemple, sur l’importance d’une durabilité à long terme, sur la nécessité d’établir des mesures d’incitation en temps voulu et sur le rôle positif des cadres fiscaux nationaux. En même temps, les enseignements tirés de plus de 10 ans d’UEM et l’impact récent de la crise demandent une évaluation actualisée, mais cohérente. La priorité de la communication de la semaine dernière sur le renforcement de la coordination des politiques économiques est de rendre le pacte plus rigoureux tant au niveau préventif que correctif. La communication contient aussi des propositions détaillées dans le cadre des nouvelles possibilités offertes par le traité de Lisbonne.

Nous proposons de renforcer les dimensions préventive et corrective du cadre du pacte de stabilité et de croissance, d’élargir la surveillance des déséquilibres macroéconomiques et des tendances en matière de compétitivité au sein de la zone euro, d’introduire un «semestre européen» afin de renforcer la coordination des politiques économiques intégrées ex ante et, enfin, de s’atteler à mettre en place un mécanisme de résolution de crises robuste et permanent pour les États membres de la zone euro en détresse fiscale.

La quatrième question porte sur le groupe de travail créé par le Conseil européen en mars 2010 en vue d’améliorer la gouvernance économique dans l’Union. La Commission va coopérer de manière constructive dans l’intérêt de l’Union et dans le respect total de son droit d’initiative. La communication de la semaine dernière constitue déjà une contribution significative au groupe de travail. Dans ce contexte, le Parlement européen est évidemment un protagoniste très important de la réforme de la gouvernance économique de l’UE. Par son travail et ses rapports dans les commissions concernées – les commissions de la crise économique, en particulier – le Parlement apporte déjà de précieuses contributions aux délibérations du groupe de travail.

La cinquième et dernière question concerne la confiance qui doit être rétablie dans les banques et les marchés financiers européens et dans le projet européen en général. Je me contenterai de résumer cela assez rapidement, parce que c’est un sujet vaste. Je pense qu’il y a trois points importants qui doivent être soulignés: premièrement, l’importance de la réglementation financière pour créer un système financier beaucoup plus sûr; deuxièmement, faire en sorte que les règles de stabilité fiscale soient très claires, transparentes et compréhensibles pour tous et troisièmement, rétablir le potentiel de croissance de l’Europe. C’est pourquoi Europe 2020 joue un rôle important dans ce contexte également. Ces éléments sont donc, à mon avis, aussi importants pour le rétablissement de la confiance dans le projet européen.

Cela m’amène aux deux questions sur la stratégie Europe 2020. Conformément aux conclusions du Conseil européen de printemps, en particulier, concernant les grands objectifs de la stratégie Europe 2020, la Commission a commencé à travailler avec les États membres sur l’établissement d’objectifs nationaux qui viendront étayer les grands objectifs. Pour faciliter ce travail, le groupe «Indicateurs» du comité de l’emploi a produit deux approches techniques alternatives qui montrent ce que chaque État membre devrait faire pour faire en sorte que l’UE atteigne l’objectif de 75 % en termes de niveaux d’emploi.

Au cours de la dernière semaine d’avril et de la première semaine de mai, la Commission et la Présidence ont organisé un cycle de discussions bilatérales afin d’échanger des idées initiales sur les objectifs nationaux potentiels pour la stratégie. Ces discussions ont été très fructueuses et nous ont permis de nous faire une première idée de la position des État membres et de comprendre les circonstances économiques très particulières qui sont la caractéristique de chaque État membre. Les réunions bilatérales ont montré que la plupart des États membres soutenaient fortement les grands objectifs et étaient prêts à fixer des objectifs nationaux ambitieux en vue d’atteindre les grands objectifs fixés par le Conseil de printemps. Sur la base de l’issue globale de ces réunions, la Commission va compiler les résultats, qui serviront ensuite de contribution aux diverses configurations du Conseil en mai et en juin. S’il y a des différences entre l’objectif européen et la somme des objectifs nationaux, nous avons l’intention de poursuivre la discussion avec les États membres afin de voir comment une action au niveau national ou européen pourrait rapprocher l’UE des objectifs. Le Conseil européen a dit qu’il réviserait les grands objectifs en juin sur la base de la suite du travail.

Il est particulièrement intéressant d’expliquer l’objectif en matière de pauvreté, si vous me le permettez. Le Conseil de printemps a demandé à la Commission d’aider les États membres à identifier des indicateurs adaptés étayant le grand objectif de l’UE en matière d’inclusion sociale, en particulier, en réduisant la pauvreté. Après avoir entendu les préoccupations des divers États membres, la Commission a présenté une proposition de compromis possible. La proposition est basée sur trois principaux indicateurs européens de pauvreté, à savoir: menace de pauvreté; privation matérielle, et le nombre de ménages sans emploi. Ensemble, ils reflètent la nature à multiples facettes de la pauvreté et le spectre des situations dans les États membres. Alors qu’un certain nombre de délégations ont manifesté leur soutien à la proposition de la Commission au sein du comité de la protection sociale, certaines insistent pour inclure la dimension du marché de l’emploi à l’objectif européen fixé. La Commission étudie activement les solutions possibles.

Concernant la gouvernance, je voudrais vous rassurer, nous faisons grand cas de votre rôle dans la nouvelle stratégie et de votre contribution. Le président Barroso a indiqué clairement qu’impliquer davantage le Parlement dans Europe 2020 était l’une de ses principales préoccupations pour son deuxième mandat. Nous faisons de notre mieux pour faire en sorte que le Parlement dispose de suffisamment de temps pour parvenir à un avis cette année. Je suis personnellement totalement résolu à vous aider par tous les moyens possibles. Nous devons obtenir le concours de toutes les principales institutions de l’UE si nous voulons obtenir l’adhésion politique nécessaire et si nous voulons que la stratégie soit couronnée de succès.

Concernant l’éducation et la formation, qui font l’objet de la seconde question sur Europe 2020, je voudrais juste dire ceci. Déjà au moment du plan de relance de novembre 2008, la Commission a invité les États membres à maintenir l’investissement dans l’éducation et la formation, et nous allons maintenir cette priorité. En général, les États membres ont répondu positivement à la demande d’axer les mesures de relance sur des investissements intelligents dans les ressources de la future croissance. De nombreux gouvernements n’ont réduit ni l’aide aux étudiants ni les inscriptions. Au contraire, de nombreux paquets de relance ont inclus des mesures visant à soutenir une participation accrue à l’enseignement, en particulier l’enseignement supérieur. Malgré la crise, les budgets de l’éducation annoncés pour 2010 sont restés constants ou ont augmenté dans de nombreux États membres. Nous observons cependant des signes de diminutions prévues dans les budgets de l’éducation de certains autres pays.

Nous devrions garder à l’esprit que certains gouvernements avaient déjà prévu – et dans certains cas effectué – des réductions générales dans les budgets publics avant le début de la crise. De telles réductions en nombre important affecteraient l’éducation. D’autres États membres étudient des moyens de diversifier les sources de financement. La Commission va continuer à tenir cette question soigneusement à l’œil. Dans certains pays, les contraintes financières vont seulement faire leur apparition maintenant. Nous allons suivre les budgets nationaux généraux ainsi que l’efficacité des investissements.

Au niveau européen et au sein du cadre financier pluriannuel existant, la Commission a l’intention d’accorder la priorité à l’action en faveur des objectifs d’Europe 2020. Stimuler la relance économique, investir dans la jeunesse de l’Europe et bâtir les infrastructures de demain sont les priorités du projet de budget 2011 que la Commission a récemment adopté. Le soutien à l’initiative phare «Jeunesse en mouvement» est synonyme de renforcement des programmes «apprentissage toute au long de la vie» et «jeunesse en action», ainsi que des actions «Marie Curie» et «Erasmus pour les entrepreneurs».

N’oublions pas que nous intervenons aussi dans ce domaine via les Fonds structurels. Le Fonds social européen, avec un budget de 76 milliards d’euros pour la période 2007-2013, aide les jeunes à passer de l’éducation au monde du travail. Il aide aussi les gens à revenir vers l’éducation pour renouveler et étendre leurs compétences. Environ un tiers des bénéficiaires du Fonds social européen sont des jeunes. Le Fonds alloue aussi 8,3 milliards d’euros, ce qui représente environ 11 % de son budget total, à la réforme des systèmes d’éducation et de formation des États membres.

Tout cela démontre que la stratégie Europe 2020 renforce le concept d’économie de la connaissance et que l’éducation et la formation sont au cœur de celle-ci. Nous veillerons à disposer des ressources nécessaires pour atteindre nos objectifs.

 
  
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  David Casa (PPE). (MT) Il est inquiétant de voir que la crise économique va avoir des répercussions à long terme. À mesure que l’âge de la population augmente, les États membres vont avoir de plus en plus de mal à garantir la durabilité dans le secteur social. Si je peux comprendre qu’il faille diversifier les dépenses publiques afin que l’Europe concrétise sa vision de 2020, je crois aussi que ces dépenses doivent s’inscrire dans une politique fiscale nationale. La chute du taux de natalité et une population vieillissante de plus en plus importante demandent un changement de politique si nous voulons garantir la durabilité fiscale. Il faut, en outre, garder à l’esprit l’augmentation de la demande en matière de pensions et d’assistance médicale.

Concernant les schémas du changement démographique, l’Union européenne a besoin d’une stratégie de nature à encourager les citoyens plus âgés à rester actifs plus longtemps. Il est essentiel que nous envisagions de telles stratégies à la lumière des besoins spécifiques dans les divers États membres. Nous ne pouvons pas employer une politique unique. Chaque cas mérite une attention individuelle. Par conséquent, il est fondamental qu’il y ait davantage de personnes employées sur le marché du travail, et que nous renforcions les possibilités d’accroître le niveau d’emploi. Cela permettra non seulement de réduire la dépendance aux services sociaux, mais aussi d’assurer un nombre plus élevé de contributeurs à ces régimes.

Concernant l’emploi et la formation, il est essentiel que l’Union européenne se concentre sur un emploi actif et inclusif, autrement dit, qui exploite tout le potentiel de ceux qui peuvent travailler, en particulier les femmes, afin de favoriser l’intégration de ceux qui restent le plus à l’écart du monde du travail et de leur fournir tous les outils nécessaires pour les aider à réussir. Monsieur le Commissaire, après avoir été à nos postes respectifs pendant quelques semaines, il est à présent temps de remonter nos manches et de nous mettre au travail afin que ces objectifs soient atteints, ce qui permettra d’accroître l’emploi au sein de l’Union européenne.

 
  
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  Ole Christensen (S&D).(DA) Monsieur le Président, chaque jour, des milliers d’emplois sont perdus en Europe, et la stratégie Europe 2020 est censée être la réponse de l’UE aux futurs défis dans ce domaine et à la question de savoir comment nous pouvons maintenir et renforcer notre compétitivité afin de parvenir à la croissance et de créer davantage d’emplois. Nous devons choisir la voie que nous allons emprunter: allons-nous rivaliser sur la base de bas salaires et de mauvaises conditions de travail ou allons-nous rivaliser sur la base de connaissances et de compétences, d’emplois verts de qualité et de conditions décentes sur le marché du travail?

À cet égard, il est un peu inquiétant de voir la Commission s’intéresser uniquement à la flexibilité dans le modèle de flexicurité. Cela ne mènera à rien. Les gens doivent être en sécurité pour être flexibles. Il doit y avoir une forme ou une autre d’aide de laquelle les gens peuvent vivre s’ils perdent leur emploi. Des formations complémentaires doivent être dispensées afin que les gens puissent parcourir le marché du travail à la recherche des meilleures possibilités d’emploi. Des investissements sont nécessaires dans les États membres, mais il doit s’agir d’investissements qui seront payants à long terme.

La Commission doit en faire plus pour tenter de venir à bout du dumping social. Toute personne qui quitte un pays pour un autre pour un emploi devrait travailler dans les conditions applicables dans son nouveau pays. La Commission doit veiller à ce que tout le monde soit couvert par les règles sur les travailleurs migrants – par les règles en vigueur au niveau de l’UE – et les règles du marché intérieur ne doivent pas primer sur les règles qui régissent les droits des travailleurs.

 
  
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  Marian Harkin (ALDE).(EN) Monsieur le Président, je voudrais juste dire que le débat de cet après-midi reflète la volonté du Parlement, l’insistance, en fait, de participer pleinement au processus. Mon temps étant limité, je voudrais juste faire trois brèves remarques. Je soutiens la déclaration du commissaire Rehn – et, en fait, la déclaration du commissaire Andor aujourd’hui – concernant le contrôle des budgets des États membres. À un moment donné, il semblait que la zone euro et l’UE n’allaient pas parvenir à 2020 en tant qu’entité. Alors, pour faire en sorte non seulement que nous survivions, mais aussi que nous prospérions, il est crucial que les États membres tiennent les engagements pris et les promesses faites. Prendre des précautions après coup a toujours été un exercice inutile.

Deuxièmement, ces 18 derniers mois, les États membres et l’UE se sont focalisés presqu’exclusivement sur la stabilisation des institutions financières. En fait, cela nous a rongés. Cet aspect est, certes, important, mais de très nombreux citoyens ont perdu confiance et se sentent à présent abandonnés. Ils cherchent de l’aide auprès des États membres et attendent de l’UE qu’elle mette en place un cadre propice à la création d’emplois, à l’esprit d’entreprise et à l’aide aux PME, mais il est crucial que ce cadre lie la croissance économique à la création d’emplois décents et à une amélioration du bien-être de tous les citoyens, en particulier ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Enfin, il y a une crise majeure dans le domaine de l’emploi des jeunes. Un document de la Commission publié hier confirme que le taux de chômage des jeunes dans l’UE est de 20 %, soit le double du taux de chômage global prévu. Cette crise est tout aussi réelle et immédiate que la crise économique et, bien que j’aie entendu les commentaires du commissaire sur les initiatives pour les jeunes et que je les salue, il doit y avoir une véritable coordination entre les États membres, et une forte influence sur ceux-ci, afin de traduire ces initiatives en emplois concrets.

 
  
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  Janusz Wojciechowski (ECR).(PL) La stratégie 2020 contient des objectifs ambitieux qu’il est difficile de contester, mais ces objectifs sont définis comme si l’Union européenne était déjà riche, libérée de ses soucis et n’avait qu’à penser à bâtir un avenir prospère. En attendant, nous savons qu’il y a beaucoup de raisons de s’inquiéter et, surtout, qu’il y a beaucoup de différences entre le niveau de développement des pays et régions riches et celui des plus pauvres d’Europe.

Je note avec étonnement que, parmi les priorités de la stratégie, il n’y a pas de place pour le développement de l’agriculture, alors que nous savons, après tout, que d’ici 2050, le monde doit accroître sa production de denrées alimentaires de 70 %, parce qu’il y a de plus en plus de gens dans le monde et que de moins en moins de terres sont consacrées à la production agricole. Il est difficile de comprendre pourquoi le développement de l’agriculture n’est pas considéré comme une priorité dans la stratégie.

L’agriculture est synonyme de sécurité alimentaire, de sécurité écologique, et ces choses sont très importantes pour nous et pour les générations à venir. Je ne puis imaginer une stratégie responsable de développement pour l’Union européenne qui ne se soucie pas du développement de l’agriculture européenne.

 
  
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  Georgios Koumoutsakos (PPE).(EL) Monsieur le Président, avant d’aborder la stratégie 2020, je crois qu’il faut répondre à certaines remarques d’un ou deux députés concernant la position du parti grec de centre-droite sur le mécanisme d’aide à l’économie grecque. Nous devons clarifier certains points. Notre parti ne s’est jamais opposé au mécanisme européen d’aide à la Grèce. Notre parti avait simplement une idée des mesures qui auraient dû être appliquées. Les mesures qui sont actuellement appliquées vont certainement provoquer une récession et une stagflation profondes, et le gouvernement a décidé de ces mesures seul, sans aucune information préalable ni aucun accord avec les autres partis politiques grecs et la société grecque. La majorité au gouvernement a refusé tout accord préalable qui aurait pu aboutir à la large adhésion politique et sociale nécessaire. Je le répète, le parti Nouvelle démocratie ne s’est pas opposé au mécanisme d’aide européen de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. Nous respectons jusqu’au dernier euro de nos partenaires et nous les remercions pour leur aide. C’est pourquoi nous avons, de manière responsable, soutenu un dosage macroéconomique différent, plus efficace. Nous soutenons la nécessité d’une discipline financière stricte et d’une politique de croissance, afin que la Grèce puisse sortir du cercle vicieux de la récession profonde et de l’inflation galopante, avec des conséquences désastreuses pour la société et l’économie grecques et, en fin de compte, un impact négatif sur l’Europe.

En ce qui concerne notre débat sur la crise économique et la stratégie 2020, je crois que le temps est venu de poser des actes précis et d’obtenir des résultats tangibles. Assez de discussions. C’est le sens de mon discours. Restons simples. L’euro est une réussite historique de l’intégration européenne et nous devrions le défendre et le sauver. C’est pourquoi nous avons besoin d’une gouvernance économique et financière forte, parce que, sans cette stratégie 2020, nous risquons d’échouer et de suivre le précédent établi par la stratégie de Lisbonne.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement))

 
  
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  Marc Tarabella (S&D). - Monsieur Koumoutsakos, cher collègue, vous ne manquez pas de toupet! Je viens de vous entendre parler du gouvernement grec qui n’a pas pris la peine de vous consulter ou de consulter les différents partis et la société civile pour prendre des mesures. Je tiens quand même à affirmer que le gouvernement grec actuel n’est absolument pas responsable de la situation. Il est victime des spéculateurs, que je vais dénoncer dans quelques instants, lorsque j’aurai la parole. Mais il est aussi de mon devoir de souligner la responsabilité du gouvernement précédent qui a maquillé les chiffres pendant plusieurs années, et votre parti était au pouvoir pendant deux législatures au moins. J’estime donc que la responsabilité se trouve davantage en Grèce, que la responsabilité politique est celle de votre parti. Avez-vous une réponse à me donner à cette question, Monsieur Koumoutsakos?

 
  
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  Georgios Koumoutsakos (PPE).(EL) Monsieur, votre discours est le résultat d’une mauvaise information. Le gouvernement grec précédent a repris une économie profondément endettée, une économie qui reposait sur des fondations pourries, et ces problèmes, des problèmes chroniques, profondément enracinés depuis plus de 30 ans, ont été mis en évidence et exacerbés par l’énorme crise économique internationale.

Bien sûr, des erreurs ont été commises par le gouvernement précédent, mais des erreurs bien plus graves ont été commises, par faiblesse ou par manque de courage, par l’actuel gouvernement, qui a mis au moins cinq mois de trop pour prendre les mesures nécessaires pour contenir la situation, et la crise du déficit, qui touche tous les pays, comme vous le savez très bien, est ainsi devenue une crise de l’emprunt.

C’est de cette manière que nous en sommes arrivés à la situation extrême que nous connaissons aujourd’hui. C’est la réponse que je vous donne afin de me livrer à l’autocritique, mais c’est là où le dicton ancien «que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre» s’applique.

 
  
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  Edward Scicluna (S&D). (MT) Monsieur le Président, jamais auparavant l’importance de la viabilité à long terme des finances publiques n’avait été mise sur le devant de la scène de manière aussi spectaculaire. Il est facile et naturel de dire «nous vous avions prévenus de ne pas laisser vos déficits et vos dettes partir en vrille» et nous avons toutes les raison de le faire. Cependant, maintenant que de nombreux États membres de l’Union européenne, dont ceux de la zone euro, se retrouvent dans cette situation intenable, nous ne pouvons pas simplement renverser la situation et tenter de le faire aussi vite que possible tout en ignorant la situation économique grave dans laquelle nous nous trouvons.

Il ne s’agit pas d’un appel au report de nos actions dans le domaine des finances publiques. Je ne suggère rien de cela. Cependant, exiger la mise en œuvre de programmes d’austérité sans scrupules dans les pays de l’Union européenne signifierait condamner toute la région européenne à une longue période de faible croissance économique, sinon pire. Nous ne pouvons pas nous permettre de freiner la demande, même dans les pays qui possèdent des excédents, au niveau tant intérieur qu’extérieur, et qui ont les moyens de dépenser plus et pas moins.

Nous devons aider les pays les plus faibles de l’Union européenne à stimuler leurs économies grâce aux exportations et les aider ainsi à stimuler les perspectives de croissance de l’emploi. Ne soyons pas dogmatiques. Cette situation nécessite que nous agissions intelligemment. Elle nécessite aussi un élément de flexibilité dans de nombreux secteurs, en particulier dans la politique économique.

 
  
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  Elizabeth Lynne (ALDE).(EN) Monsieur le Président, nous avons, à juste titre, beaucoup entendu parler de la reprise économique dans la proposition de la Commission relative à la stratégie 2020, mais pas suffisamment, à mon avis, de la pauvreté, et c’est pourquoi j’ai été ravie que vous évoquiez la réduction de la pauvreté dans votre discours.

Nous devons nous souvenir qu’en cas de récession économique, les personnes les plus vulnérables de la société souffrent plus que les autres, et c’est pourquoi nous devons mettre en place des mécanismes pour les protéger. Par exemple, je voudrais voir un objectif visant à réduire de 25 % le nombre de citoyens européens qui vivent dans la pauvreté et à faire en sorte que ceux qui sont actuellement exclus du marché du travail puisse avoir accès à un emploi de qualité, et que nous ayons, en même temps, des objectifs visant à éradiquer le travail non déclaré.

Nous devons aussi veiller à ce que les États membres investissent dans des systèmes de sécurité sociale et de protection sociale et à ce qu’ils garantissent l’accès aux droits, aux ressources et aux services universels. Je voudrais aussi que les États membres se fixent l’objectif de faire en sorte qu’il n’y ait plus de sans-abris dans les rues de l’UE d’ici 2015 et élaborent des stratégies intégrées de lutte contre ce problème.

Dans tous ces domaines, non seulement le Parlement devrait être plus consulté – et j’ai été ravie que vous le mentionniez – mais les ONG qui travaillent dans le domaine également. Quant à la méthode ouverte de coordination dans le domaine social, elle doit être renforcée. Nous savons tous qu’elle a fonctionné aussi bien qu’elle l’a pu, mais je crois qu’elle peut bien fonctionner à l’avenir si les mécanismes adéquats sont mis en place – mais seulement si ces mécanises sont mis en place.

 
  
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  Ryszard Czarnecki (ECR).(PL) La stratégie est adoptée au pire moment, alors que la production industrielle européenne est revenue au niveau des années 90 et que le produit intérieur brut de l’Union européenne a chuté de 4 % l’année dernière. Ce n’est toutefois pas le timing qui est le pire ici. Le pire, c’est que quatre des cinq priorités qui nous ont été présentées comme les principaux chevaux de trait du développement européen peuvent difficilement être traitées comme des mesures européennes, en particulier l’emploi, la recherche et le développement, l’éducation et la lutte contre la pauvreté. En substance, ces domaines n’ont rien de supranational. Ce sont des domaines dont les différents pays sont responsables. On peut dire que seule la politique climatique est un domaine dans lequel nous pouvons prendre une série de mesures au niveau européen. Pour être tout à fait franc, les autres sont des domaines qui relèvent des différents États membres.

 
  
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  Marc Tarabella (S&D). - Monsieur le Président, la stratégie 2020 devrait intégrer les réflexions sur la crise économique et proposer une nouvelle gouvernance plutôt que des tentatives de recollage du système défaillant actuel.

Finissons-en d’abord avec les idées fausses, notamment concernant la Grèce. Ce n’est pas une crise grecque. La Grèce et sa population sont aujourd’hui des victimes d’un système économique et financier de vautours, un système qui a vu les pays du G20 allonger en tout quelques milliers de milliards de dollars en quelques jours pour sauver les banques, mais qui laisse agoniser la Grèce pendant plusieurs mois.

On ne compte plus les sommets internationaux, on allait voir ce qu’on allait voir. On allait enfin réguler la finance et l’Europe n’en finit pas de réfléchir, de discuter, mais les vautours sont toujours là. Aujourd’hui, qu’entend-on partout? Qu’il faut rassurer le marché. Mais qui est le marché? Calmer les spéculateurs comme s’ils étaient des demi-dieux à qui il faut faire des offrandes pour les supplier de nous épargner.

Combien de temps encore les populations vont-elles subir ce cynisme? Combien de temps encore va-t-on vivre dans l’illusion du marché qui fait la part belle aux financiers mais qui appauvrit les populations? On ne peut accepter que le terrorisme des marchés financiers mette à genoux des pays entiers.

Quand quelqu’un fabrique des faux billets, il risque gros car il touche à un élément de la souveraineté d’un État, à sa monnaie. Par contre, quand un trader spécule sur la dette d’un pays, il ne risque rien. À quand de vraies sanctions pour les criminels en col blanc de la haute finance? Il faut bannir les spéculateurs qui viennent se goinfrer sur le dos des populations, en finir avec ces banques casinos qui jouent avec la vie et l’avenir des citoyens, exiger de l’Europe qu’elle fasse contrôler sérieusement les marchés financiers plutôt que de s’en prendre aux services publics.

Très chers collègues, pour terminer, je pense qu’on s’est assez moqué de nous. On pourra se réunir tous les vendredis en sommet extraordinaire, débloquer des milliards, mais si l’on ne s’attaque pas aux causes du mal, un de ces vendredis, on finira par annoncer que l’Europe est en faillite.

 
  
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  Filiz Hakaeva Hyusmenova (ALDE).(BG) Monsieur le Président, la politique de cohésion européenne a démontré son rôle vital au fil des ans et est devenue une politique clé pour la Communauté. Elle constitue, pour les citoyens européens, un indicateur visible et quantifiable de la solidarité. Son rôle est aussi reconnu à travers son intégration aux objectifs du traité de Lisbonne. Tout cela mérite sa place dans la stratégie Europe 2020.

Dans le projet de stratégie, cette politique n’a pas reçu la place qui lui était due. C’est pourquoi je fais grand cas du rapport sur l’intégration de la politique de cohésion dans les objectifs du traité de Lisbonne et de la stratégie 2020, qui nous offre des lignes directrices inestimables. Nous avons aussi besoin d’une politique de cohésion forte au moment où la crise économique réduit le nombre d’emplois et affaiblit notre compétitivité, mais pour l’avenir également, afin que nous puissions confirmer le statut d’acteur mondial fort de l’Union européenne.

Des points de référence fiables sont nécessaires pour indiquer l’efficacité et l’efficience des moyens investis dans cette politique. Comme le dit le rapport, une évaluation de l’impact des dépenses de la politique de cohésion sur le développement régional est nécessaire, sur la base d’indicateurs spécifiques. Afin de déterminer des indicateurs d’évaluation, la Commission devrait envisager et proposer une définition claire du concept de «cohésion territoriale», parce que c’est précisément ce qui apparaît dans le traité de Lisbonne. Des critères d’évaluation objectifs et précis ne pourront être établis qu’après s’être penché sur la définition de ce concept. Cela constituera une base concrète pour la politique, ainsi que pour les institutions et les citoyens.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. GIANNI PITTELLA
Vice-président

 
  
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  Tamás Deutsch (PPE). (HU) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, tout d’abord, je voudrais féliciter les rapporteurs pour l’excellence de leur travail et remercier les commissaires pour leurs réflexions précieuses et importantes.

Voici quelques années, un excellent ami et mentor me disait que, dans la vie, on finissait toujours par aboutir dans des situations où nous faisions soit partie du problème, soit partie de la solution. À mes yeux, la stratégie UE 2020 est encore et toujours davantage du côté du problème que de la solution. Je pense qu’il est de notre responsabilité partagée de faire davantage de cette stratégie une partie de la solution. Permettez-moi de m’arrêter l’espace d’un instant pour vous demander si le nom même de la stratégie n’est pas lui-même problématique. Dans la grande majorité des langues de l’Union européenne, l’intitulé «stratégie UE 2020» ne veut absolument rien dire. Il est difficile d’imaginer qu’une communauté de plus de 500 millions de citoyens puisse s’identifier à une stratégie, basée sur la notion qu’il suffit de suivre une recette pour résoudre les problèmes qu’ils éprouvent dans leur vie personnelle et dont le nom-même reste immatériel et éloigné de leurs réalités. Cet intitulé peut bien couvrir nombre de significations aux yeux de spécialistes en marketing; le fait est que nous ne parlons pas ici de spécialistes en marketing mais de citoyens européens ordinaires.

Il existe un autre sage dicton hongrois, qui se traduirait en français par: qui trop embrasse mal étreint. À mes yeux, cette stratégie qui demeure une partie du problème tente de beaucoup embrasser mais en vain. La meilleure chose qui puisse arriver est que l’on se contente d’y traiter la problématique principale. À cet égard, permettez-moi de remarquer que, toujours selon moi, c’est le développement régional qu’il convient de renforcer. Le renforcement du développement régional implique l’investissement, la croissance et la création d’emplois, et je pense que le problème le plus sérieux auquel nos concitoyens sont désormais confrontés est le fait qu’ils ont besoin d’emplois et de davantage d’emplois. Voilà les points que je souhaitais soumettre à votre appréciation.

 
  
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  Francesco De Angelis (S&D).(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, le lancement de la stratégie Union européenne 2020 marque en effet la fin de la phase de la stratégie de Lisbonne et, dans le cadre de cette nouvelle stratégie, nous devrons aborder les effets structurels négatifs qui ont résulté, et résultent toujours, de la crise financière, économique et sociale.

Je pense que, pour que la stratégie 2020 soit efficace, elle doit se centrer sur deux volets principaux – le premier reposant sur un système d’évaluation des progrès qui prenne en compte l’utilisation du dispositif de la carotte et du bâton, le second relevant d’une politique vigoureuse d’investissement dans l’infrastructure, en plus bien entendu, des outils de régulation du marché financier et des politiques visant à restaurer le dialogue social et la cohésion sociale.

Les infrastructures sont la pierre angulaire de la relance de la politique d’innovation dans l’industrie, les PME, les consortiums d’usine ou les instituts de recherche, et dans les relations entre ces derniers et les universités et institutions locales. Il convient donc de saluer le rapport de M. van Nistelrooij dans la mesure où, non seulement il fournit une synthèse approfondie du travail réalisé à ce jour dans les États membres, mais il aborde également la question des critères d’harmonisation des instruments financiers et des plans opérationnels d’innovation.

L’harmonisation des règles, procédures et pratiques administratives pour la gestion des projets de l’UE et la simplification, ainsi que la rationalisation, des procédures représentent la solution à laquelle les parties prenantes sur le terrain ainsi que les citoyens aspirent de longue date. Je pense que sur ce point, l’Europe peut et doit faire beaucoup pour promouvoir la croissance, le développement et l’emploi.

 
  
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  Marietje Schaake (ALDE).(EN) Monsieur le Président, tant que nous en sommes à chercher à résoudre la crise économique et financière, je voudrais épingler un déficit important: le déficit en connaissances. À mon grand regret, je dois dire que l’Europe devient de jour en jour un continent plus stupide, quand bien même le savoir est notre ressource la plus fructueuse et la plus riche. L’investissement dans la connaissance n’est pas un investissement à risques.

Les jeunes Européens paient le prix de la crise. Néanmoins, le taux de chômage chez les jeunes croît et les budgets consacrés à l’innovation et à l’éducation sont gelés, voire sacrifiés. Certes, nous devons réduire les budgets, mais faisons-le en adoptant l’attitude du XXIe siècle, car, qu’est-ce qui absorbe la moitié du budget de l’UE actuellement? L’agriculture! Ces montants devraient être octroyés aux jeunes et à leur développement. Et pas seulement à un enseignement traditionnel, mais à un enseignement centré sur les compétences numériques et sur l’entreprenariat, par exemple.

Nous savons que, plus une personne a étudié et moins elle a de chances de perdre son emploi. Et pourtant, les États membres ne prennent pas l’engagement nécessaire visant à promouvoir une économie de la connaissance ambitieuse. C’est ainsi que l’Europe punit la jeune génération d’Européens, en lui refusant l’occasion de développer pleinement ses talents et ses ambitions, mais permet ce faisant, à des pays comme la Chine, l’Inde et les États-Unis, de devenir des destinations plus accueillantes pour les talents, pour la recherche, pour la créativité et pour l’innovation.

Les mesures à court terme auront un coût élevé à long-terme. On ne peut encourager l’entreprenariat, l’excellence et un avenir durable pour l’économie européenne que si l’on consent à investir dans la connaissance, parce que ceux qui jugent que la connaissance est coûteuse ignorent le coût de la stupidité.

Aujourd’hui, Mme la commissaire Kroes a présenté sa vision de l’agenda numérique pour l’Europe, l’un des programmes-phares de l’UE 2020. Il s’agit d’une stratégie à la fois ambitieuse et concrète qui vise à renforcer le marché numérique européen dans une économie mondiale, ainsi qu’à connecter nombre d’Européens à un internet ouvert.

Je pense qu’il est temps désormais de prendre des décisions intelligentes et de faire en sorte que la crise actuelle n’hypothèque pas l’avenir de la jeunesse en faisant peser sur les épaules des jeunes un intérêt qu’ils ne seront jamais en mesure de rembourser.

La Commission appuie-t-elle une approche coordonnée, en prenant ses distances par rapport à une procédure intergouvernementale en matière décisionnelle et en confiant à la Commission et au Parlement un rôle plus fort pour veiller à ce que les États membres respectent leurs engagements?

 
  
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  Thomas Mann (PPE).(DE) Monsieur le Président, la stratégie de Lisbonne n’a enregistré aucun progrès durable. Pourquoi? Les États membres, les partenaires sociaux et de larges pans de la société civile ont été trop peu impliqués, de sorte qu’ils n’avaient nulle conscience d’une responsabilité partagée. La stratégie UE 2020 peut faire la différence. Elle pourrait déboucher sur un succès, Monsieur le Commissaire, si elle inclut également les exclus, ceux qui perdent pied et ne sont généralement représentés par aucun groupe de pression.

Au sein de l’UE, pas même deux tiers des personnes capables de travailler ont un emploi. Moins de la moitié des travailleurs âgés ont un emploi. Quatre-vingt millions d’Européens ne sont pas suffisamment qualifiés et ont de moins en moins d’occasions sur le marché du travail. Nous ne pouvons pas accepter cette situation. Une véritable stratégie orientée vers l’avenir doit développer un volet social. Il convient de réconcilier la croissance qualitative de l’économie et de l’emploi avec l’égalité sociale et avec la durabilité. Monsieur le Commissaire Andor, nous travaillons tous deux sur ce sujet.

En termes concrets, qu’est-ce que cela signifie? Les régimes de sécurité sociale des États membres doivent être adaptés au changement démocratique. Grâce à l’échange de meilleures pratiques dans toute l’Europe, nous pouvons contribuer à cela et nous pouvons apprendre l’un de l’autre et ensemble. Le Fonds social européen – l’un de nos chevaux de bataille – doit être adapté aux nouveaux enjeux pour nous permettre d’être encore plus efficaces sur le terrain. Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation est construit de telle manière que ceux qui risquent de perdre leur emploi soient capables de se retourner. Notre société doit être intégrative et à l’égard des jeunes, notamment en leur fournissant une éducation et des formations appropriées, de manière à favoriser leur épanouissement professionnel et personnel.

En dépit de la consolidation nécessaire des budgets nationaux – ce qui est précisément ce dont nous débattons aujourd’hui – il y a une chose sur laquelle nous ne pouvons économiser: l’investissement dans nos concitoyens – sur les plans économique, durable et social. Le succès ou l’échec de la stratégie UE 2020 se fera à l’aune de ces trois piliers.

 
  
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  Jutta Steinruck (S&D).(DE) Monsieur le Président, Monsieur Mann, j’espère que vous entretenez des contacts réguliers avec votre chancelier, si vous voyez les choses de la même manière que je les vois.

La stratégie UE 2020 représente une véritable occasion de rendre l’Europe plus sociale et nous devons saisir cette possibilité alors même que nombre de propos déplaisants visent l’Europe, laquelle a par ailleurs pris ses distances avec sa population. Nous devons absolument offrir quelque chose de positif à nos concitoyens qui puisse rééquilibrer la situation. S’agissant de la croissance et de l’emploi, il faut que nous arrêtions de mettre les intérêts des citoyens derrière ceux des entreprises. Voilà qui doit constituer la priorité de la stratégie UE 2020 parce que l’Europe a besoin de progrès social.

J’ai déjà fait remarquer cela lundi, lors du débat en commission sur les orientations de la politique en matière d’emploi: nous ne devons pas perdre de vue l’objectif du plein emploi mais nous ne pouvons pas rechercher le plein emploi à n’importe quel coût, parce que nous avons besoin d’emplois de qualité. Nous répétons sans cesse que nous avons besoin d’emplois mais il m’importe qu’il s’agisse d’emplois de qualité, dotés de sécurité sociale, que les travailleurs n’aient pas besoin d’allocations supplémentaires et qu’ils puissent vivre de leur emploi.

La stratégie UE 2020 doit mettre un point final à la nature toujours plus précaire de la vie professionnelle, l’inégalité croissante sur le plan des revenus et la pauvreté en hausse, nombre d’orateurs sont intervenus sur ce sujet. Nous avons besoin d’un marché du travail plus actif, qui couvre plusieurs domaines. Enfin, nos concitoyens attendent des réponses plus précises, très précises en réalité, et non une énième stratégie!

 
  
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  Bogusław Sonik (PPE).(PL) La crise économique qui a secoué notre continent a focalisé notre attention – à juste titre par ailleurs – sur le sauvetage des économies des États membres et l’élaboration d’un mécanisme européen commun destiné à offrir une protection contre l’effondrement économique. Et l’on comprend qu’aujourd’hui l’attention des Européens soit tournée vers l’accroissement de la vitesse du développement et vers la création d’emplois, mais nous ne pouvons, en élaborant une stratégie pour l’Union européenne, nous limiter des années durant au seul débat économique. L’Union européenne ne peut se comporter en homme d’affaires efficace qui déploie toute son énergie à la réussite économique de son entreprise.

La stratégie Europe 2020 devrait faire référence de manière significative au rôle de la culture dans la conquête des objectifs économiques et sociaux qu’elle s’est donnés. Après tout, ces priorités vont influencer la distribution du prochain budget; aussi, efforçons-nous de préserver la possibilité de financer des domaines tels que le développement de l’infrastructure culturelle et la protection du patrimoine culturel à partir du Fonds européen de développement régional. Nous devrions tirer parti de la stratégie Union européenne 2020 pour mettre l’accent sur la nette influence de la culture sur le développement social et économique de l’Union puisque, après tout, c’est son capital intellectuel et ses secteurs créatifs qui ont fait la renommée de l’Europe. C’est dans ces secteurs que nous pouvons établir notre caractère compétitif par rapport à d’autres parties du monde. La créativité exige stimulation et développement dès les plus jeunes années de la vie. Ce n’est qu’alors que nous pourrons tabler de manière significative sur la réorientation de l’Union vers l’innovation, y compris dans les domaines de la technologie moderne.

La politique européenne ne doit pas négliger la culture. Gardons-nous de congédier toutes les propositions visant à accroître son rôle dans la politique de l’Union, sous prétexte que ce serait une compétence des États membres. Aujourd’hui, l’Europe peut s’enorgueillir de projets parmi lesquels la Capitale européenne de la culture, mais c’est un projet qu’ont créé les villes européennes et ce sont ces dernières qui assument la charge principale de ce programme spectaculaire.

Par conséquent j’espère voir de la part de la Commission européenne une plus grande détermination à veiller à ce que la version finale de la stratégie 2020 intègre le volet culturel.

 
  
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  Silvia Costa (S&D).(IT) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, dix ans après l’introduction de la stratégie de Lisbonne, et à la veille de la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020, en pleine crise économique, sociale et de l’emploi, nous savons que nous ne pourrons sortir de la crise, ni poser les fondements d’une croissance nouvelle et durable et d’une nouvelle cohésion sociale, comme vous l’avez dit, si nous ne renforçons pas les mécanismes et instruments que l’Union européenne a à sa disposition pour soutenir l’investissement dans le triangle de la connaissance, éducation, formation et recherche.

Monsieur le Commissaire, vous venez de confirmer qu’en ce qui concerne cet objectif, certains États membres enregistrent de bons résultats, tandis que d’autres moins. Soucieux d’éviter de tomber dans les pièges de la stratégie de Lisbonne, je pense que dans ce domaine, la Commission se doit de renforcer la méthode ouverte de coordination avec les États membres, d’aménager des incitations et des sanctions dans le cadre du Fond social européen et de veiller au suivi des résultats.

Je ne pense pas qu’il soit raisonnable que les gouvernements opèrent une coupe franche de huit milliards d’euros sur trois ans dans le domaine de l’enseignement et des universités ainsi que l’a fait le gouvernement italien, sans réinvestir les économies effectuées dans ces secteurs, sachant que le taux de décrochage scolaire précoce s’élève à 19 %, et que le chômage des jeunes s’élève quant à lui à 25 %.

En conclusion, ne considérez-vous pas opportun de renforcer les pouvoirs juridiques établis dans la directive 2005/36/CE en vue de faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles entre les États membres? Selon le rapport du professeur Monti, moins de trois pour cent des travailleurs européens travaillent dans un autre État membre, et l’une des raisons à cet état de fait semble résider précisément dans la question délicate de la reconnaissance mutuelle des qualifications.

 
  
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  Amalia Sartori (PPE).(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais, moi aussi, émettre une observation sur ce qui s’est passé au cours de la dernière décennie, la décennie 2000-2010, en ce qui concerne la stratégie de Lisbonne. Certes, plusieurs d’entre nous, compte tenu également de ce qui s’est passé jusqu’en 2008-2009, ont manifesté une certaine insatisfaction concernant ses aboutissements. Cela étant, il ne fait pas de doute que cette décennie a donné lieu à des espoirs et des aspirations, et que l’on aura fait beaucoup pour atteindre les objectifs fixés, notamment dans le domaine de l’emploi.

Aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une nouvelle décennie, plus problématique et plus difficile encore et, en ce qui concerne les propositions qui nous ont été faites jusqu’ici, je marque partiellement mon accord, si ce n’est que lorsque je les lis attentivement j’y trouve trop de défauts. Je pourrais discourir longuement sur les principes directeurs de cette proposition mais je me limiterai aux sujets de la croissance et de l’emploi.

Davantage d’emplois, davantage de croissance économique: tels sont les objectifs que nous devons nous assigner, sachant que nous le faisons dans une situation où la dette publique est considérable, où la croissance structurelle est faible et où les taux de chômage sont élevés. Dès lors, les objectifs que nous nous assignons sont trop ambitieux et, dans certains cas, trop inflexibles. Alors, peut-être qu’avec des ambitions plus réservées et davantage de flexibilité, les objectifs en matière de croissance et d’emplois pourront être atteints.

 
  
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  Zita Gurmai (S&D).(EN) Monsieur le Président, tandis que la commissaire Reding, et le président Barroso dans sa lettre aujourd’hui, confirmaient que la Charte des femmes engageait la Commission à promouvoir et garantir l’égalité des genres et les droits des femmes dans tous les domaines politiques, je suis déçue que cela n’ait pas été mis en pratique dans la stratégie Europe 2020. Ne devrions-nous pas faire preuve de plus d’ambition que pour la stratégie de Lisbonne? Négliger 52 % des compétences, des connaissances et de la main-d’œuvre européennes disponibles dans quelque secteur ou à quelque niveau que ce soit équivaudrait à une perte considérable.

Si l’Europe entend exploiter tout son potentiel et sortir de la crise, nous devons nous assurer que le taux d’emploi des femmes atteigne au moins 70 %, ce qu’il convient de voir corroboré dans des statistiques sexospécifiques. Il nous faut également fixer des objectifs spécifiques qui nous permettent de mesurer l’engagement de chaque État membre en ce qui concerne l’égalité des genres et de réaliser des progrès à cet égard.

Comment? Il faut réduire le fossé salarial de 10 % dans chaque État membre. Nous devons réévaluer le secteur de la santé, essentiellement représenté par des femmes, en augmentant les salaires et en améliorant les conditions de travail. Nous devons également revoir à la hausse le secteur des services, dans la mesure où il s’agit d’un secteur de plus en plus important pour notre société vieillissante.

Nous devons augmenter le nombre de femmes aux niveaux décisionnels, notamment dans les positions managériales et exécutives en nous basant sur le modèle norvégien du quota de 40 %. Nous devons encore améliorer l’accessibilité aux femmes des postes en matière de recherche et de développement, ainsi que d’innovation, et les former aux nouveaux emplois verts.

Les États membres ne peuvent négliger d’étendre, d’améliorer et de mettre en œuvre les objectifs de Barcelone dans tous les États membres. Nous avons besoin de l’engagement authentique de l’Union européenne et de tous les États membres en impliquant tout un chacun dans l’édification d’une société intelligente, verte et progressive. Je suis convaincue que notre commissaire, M. Andor, travaillera en ce sens.

 
  
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  Jan Olbrycht (PPE).(PL) Le débat sur la stratégie Europe 2020 doit prendre en considération l’expérience accumulée lors des stratégies précédentes. Nous sommes tous informés des échecs qu’elle a suscités en basant la stratégie sur la responsabilité des États membres dans le cadre de la méthode ouverte de coordination, comme nous savons que les réussites sont issues, entre autres, de la «lisbonnisation» ou de l’inclusion de certains des objectifs de Lisbonne dans la politique de cohésion.

En fonction de quoi nous devons nous demander comment approcher la nouvelle stratégie. Il semble désormais absolument crucial, tout d’abord de montrer clairement que nous gérons des politiques de «traités», ce qui signifie que ces politiques n’ont pas pour objectif une stratégie mais opèrent à long terme: la politique de cohésion en est un exemple. Cela signifie que nous devons mettre en place des politiques individuelles pour mettre en œuvre la stratégie mais ladite stratégie, comme l’expérience nous le montre, ne sera une réussite que si les politiques individuelles fonctionnent en synergie. Toutes les initiatives qui tendent à individualiser les politiques, à répartir les fonds et à diviser les rôles seront vouées à l’échec comme précédemment. C’est pourquoi, nous devons combiner, intégrer et réaliser des actions en synergie.

 
  
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  Liisa Jaakonsaari (S&D).(FI) Monsieur le Président, l’endettement des économies nationales et le vieillissement de la population sont des facteurs qui, conjugués, se révèlent explosifs pour l’Europe. Nous savons par exemple que l’incidence des maladies liées au vieillissement, notamment la maladie d’Alzheimer, devrait doubler au cours des dix prochaines années. Le poids sur les économies nationales sera considérable. Nous ne devons pas pour autant nous laisser aveugler par la dette. Je me souviens que la Roumanie de Ceausescu était un pays non endetté, tout comme l’est la Corée du Nord. Mais il existe aussi la «dette intelligente productive», à savoir une dette intelligente pour autant qu’elle soit investie dans les individus. À cet égard, l’élimination de la pauvreté, par exemple, est un investissement très lucratif pour la société dans la mesure où elle réduit le chômage des jeunes.

Ce que je crains à l’heure actuelle, alors même que les États membres s’apprêtent à réduire leur déficit, c’est le choix des postes où l’on se prépare à réaliser des coupes franches. Dans l’éducation, l’emploi des plus âgés, celui des personnes handicapées, ou ailleurs? Voilà qui ne serait guère sage. C’est pourquoi la stratégie UE 2020 est un document très important et j’appartiens aux rangs de ceux qui disent «plus d’Europe», et non «moins d’Europe». Plus d’Europe signifie aussi quelque chose comme le traitement du mal à la racine: les États membres seront contraints d’atteindre les objectifs énumérés dans cette stratégie UE 2020.

 
  
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  Angelika Niebler (PPE).(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, la stratégie Europe 2020, pour être honnête je ne tiens pas tellement à en parler. Il y a dix ans, nous avons adopté une stratégie, la stratégie de Lisbonne. Si vous regardez la dernière décennie, les résultats sont limités, pour l’exprimer en termes modestes.

Je pense que nous devrions prêter attention à ce qui intéresse réellement nos concitoyens chez eux dans leurs États membres, plutôt que reproduire la même erreur. Ils se demandent si nous serons capables de garantir la stabilité de notre monnaie. Y aura-t-il de l’inflation? Quel enseignement devons-nous tirer des développements de ces deux dernières années, de la crise économique et financière et, actuellement, de la crise monétaire? Allons-nous réellement mettre à l’examen les acteurs des marchés financiers qui ont contribué à la crise?

Je voudrais en appeler particulièrement à la Commission pour, tout d’abord, prendre des mesures afin de garantir une régulation rapide du marché financier et des progrès visibles en Europe en vue d’empêcher, comme cela a été le cas au cours de ces dernières années, que de l’argent soit envoyé de par le monde cinq fois en un seul jour, beaucoup de personnes réalisant des bénéfices sur ces opérations tandis que les pertes sont nationalisées. Je voudrais inviter la Commission à exiger des États membres qu’ils exercent une discipline budgétaire stricte et mettent en œuvre une réglementation appropriée. J’appelle également de mes vœux le renforcement dans les plus brefs délais du pacte de stabilité et de croissance.

Voilà sur quoi nous devrions concentrer nos efforts. J’insiste pour que la Commission prenne les mesures qui s’imposent, mais non comme auparavant, de son propre chef ou après en avoir débattu directement avec les États membres. Au lieu de cela, il convient qu’elle prenne le Parlement au sérieux, en tant que législateur à part égale, parallèlement aux 27 États membres.

 
  
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  Sylvana Rapti (S&D).(EL) Je marque mon accord avec les propos de l’oratrice qui m’a précédée. Le pacte de stabilité doit être appliqué. Néanmoins, il convient d’appliquer un certain nombre d’autres choses avant le pacte de stabilité. Les décideurs de l’Union européenne doivent se doter de réflexes rapides et agir quand la nécessité se fait sentir, parce que si Mme Merkel avait pris sa décision à temps, et si l’Union européenne avait pris à temps la mesure qui s’imposait, nous aurions économisé beaucoup d’argent pour les citoyens de l’Union.

Pour que l’Union européenne soit forte économiquement et compte sur la scène mondiale, elle a besoin de ses citoyens. Nos concitoyens doivent être en bonne santé et éduqués; ils doivent également avoir un emploi. L’Union européenne doit garder à l’esprit ces nécessités lorsqu’elle élabore des programmes à l’horizon 2020, ainsi que des projets en vue du marché unique. Ce dernier doit être centré sur le citoyen et être un marché unique à visage humain.

 
  
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  Arturs Krišjānis Kariņš (PPE).(LV) Merci, Monsieur le Président. Je suis propriétaire d’un chien. Récemment, celui-ci a pris une saucisse sur la table et l’a mangée. La question est la suivante: qui doit-on blâmer? Le chien, pour avoir fait quelque chose qui lui est naturel? Ou moi-même pour n’avoir pas débarrassé et rangé dans le réfrigérateur ladite saucisse après avoir terminé mon repas?

Sur les marchés financiers mondiaux, la valeur de l’euro chute de jour en jour. À qui la faute? Nombre de mes collègues députés pensent que la faute incombe aux spéculateurs, qu’elle revient au marché, pour avoir attaqué l’euro et déprécié sa valeur. Mesdames et Messieurs, je vous propose cette suggestion, à savoir que la faute n’incombe peut-être pas au marché. Au lieu de cela, c’est peut-être le marché qui a mis le doigt sur la faille. La raison sous-jacente à nos difficultés est très simple: les pays européens ont vécu au-delà de leurs moyens bien trop longtemps, dépensant bien plus qu’ils n’étaient capables de gagner. Le marché réagit à cela de la même manière que mon chien a réagi au fumet de la saucisse que j’ai laissée sur la table. Il y a un an et demi, la Lettonie a subi une crise similaire à celle que nous vivons actuellement dans le reste de l’Europe, à savoir: les marchés financier ont attaqué notre monnaie et ont perdu confiance en elle. Au lieu de nous plaindre de cette situation, nous avons corrigé nos indicateurs fondamentaux, nous avons remis en état et mis à niveau nos finances publiques. À mes yeux, si nous voulons que la stratégie 2020 soit une réussite, notre priorité des priorités doit être la nécessité pour les pays européens de contrôler leurs dépenses publiques, afin que leurs revenus correspondent à leurs dépenses. Voilà qui restaurerait la confiance, apaiserait la crise et calmerait les marchés financiers. Merci.

 
  
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  Georgios Stavrakakis (S&D).(EN) Monsieur le Président, nous débattons aujourd’hui, entre autres choses, de deux excellents rapports rédigés par Ricardo Cortés Lastra et Lambert van Nistelrooij. Les deux démontrent clairement l’importance de la contribution de la politique de cohésion en vue d’atteindre les objectifs de la compétitivité et de l’emploi et le rôle significatif que joue l’économie de la connaissance dans la promotion de l’innovation et de la croissance.

À différents égards, la stratégie Europe 2020 est similaire à la stratégie de Lisbonne, tout en s’efforçant de se centrer sur ses objectifs et de les embrasser plus étroitement. Il y a néanmoins un domaine – assez significatif – qui reste flou, à savoir le mécanisme de concrétisation. Cette dernière est laissée aux soins des États membres et à l’évaluation par les pairs, avec le contrôle de la Commission.

Il me semble que nous n’avons pas suffisamment tiré d’enseignements de l’expérience de la faible concrétisation de la stratégie de Lisbonne. Je presse la Commission de déposer des propositions aptes à renforcer le mécanisme de concrétisation de la stratégie Europe 2020 afin de veiller à ce qu’à ses objectifs correspondent non des mots mais des actions.

 
  
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  Georgios Papanikolaou (PPE).(EL) La stratégie de Lisbonne a établi des objectifs ambitieux mais l’Europe n’a pas réussi à les mettre en œuvre. Nous nous tournons vers une nouvelle stratégie pour la décennie qui s’ouvre, soyons réalistes, sur un contexte exceptionnellement difficile et fâcheux. Nous convenons tous qu’il importe de placer toutes les priorités sur le triangle du développement «éducation, recherche, innovation», et qu’il s’agit là du meilleur investissement que nous puissions consentir si nous entendons sortir de la crise et regarder l’avenir de l’Europe avec optimisme.

Il importe d’insister sur le fait que cette stratégie doit être mise en œuvre dans un environnement de solidarité et dans un contexte de coopération étroite entre les États membres. À cet égard et pour éviter toute méprise, je voudrais préciser que le mécanisme de soutien à la Grèce, en dépit des retards, est une preuve de cette solidarité, et vous ne devriez pas douter du fait que nous le reconnaissions.

Dans la nouvelle démocratie, dans notre parti de centre-droit en Grèce, nous avons clairement signifié que nous respections l’argent des autres peuples européens qui participent au mécanisme de soutien. Néanmoins, parallèlement aux sacrifices demandés, qui doivent être équitablement répartis, et sur ce point nous nous sommes montrés critiques en certains endroits, parallèlement aux coupes requises dans les dépenses afin d’alléger la dette et de réduire le déficit, il importe également d’élaborer des initiatives en matière de croissance, susceptibles de sortir le pays de la récession; or, de ces initiatives, nous n’en avons pas encore vu la substance. C’est la seule manière pour nous, en Grèce, d’être en mesure d’atteindre les objectifs ambitieux de la stratégie Europe 2020, seule manière également pour nous de sortir renforcés de cette crise.

(L’orateur accepte de répondre, LE MOMENT VENU, à une question «carton bleu» (article 149, paragraphe 8, du règlement)

 
  
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  Derek Vaughan (S&D).(EN) Monsieur le Président, j’ai été moi-même témoin de l’importance de la politique de cohésion pour le pays de Galles et c’est pourquoi je salue le rapport de M. Lastra sur la politique de cohésion et l’Europe 2020. Nombre de projets concernant le pays de Galles bénéficieront aux individus et aux communautés. Je ne doute pas que les fonds structurels contribueront à nous aider à atteindre les objectifs 2020. Néanmoins, je voudrais faire les remarques suivantes.

La stratégie 2020, le cinquième rapport de cohésion et le budget doivent être alignés. À l’avenir, les fonds structurels doivent être financés adéquatement; ils ne doivent pas être renationalisés et le statut transitionnel devrait être octroyé aux régions qui ne ressortissent pas au statut de convergence.

Si nous pouvons atteindre ces objectifs, je suis convaincu que la politique de cohésion nous aidera à concrétiser 2020. Je voudrais également que la stratégie EU 2020 soit aussi une réalité pour tous les individus et les citoyens d’Europe.

 
  
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  Sylvana Rapti (S&D).(EL) Je voudrais saisir cette occasion et embrayer sur les propos du député et compatriote grec qui m’a précédée, M. Papanikolaou, du groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens), pour préciser ceci que je considère extrêmement important en ces temps de crise, notamment en Grèce:

La Grèce ne prend pas de l’argent à d’autres pays. Les États membres de l’Union européenne empruntent à un faible taux d’intérêt, alimentent le mécanisme en argent et, au moyen de ce dernier, prêtent cet argent à la Grèce à un taux d’intérêt plus élevé. Nous ne prenons pas l’argent des autres pays.

 
  
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  Georgios Papanikolaou (PPE).(EL) Vous avez tout à fait raison, Madame Rapti. Bien entendu, si l’actuel gouvernement grec n’avait pas tergiversé pendant six mois, les besoins de financement de la Grèce ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui et le pays pourrait plus facilement lever des fonds sur les marchés.

 
  
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  Thomas Ulmer (PPE).(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, Mme Niebler a déjà précisé nombre de choses qui me préoccupent personnellement. Je me soucie énormément de notre avenir au sein de l’Europe. Je ne peux pas passer simplement au point suivant sans évoquer la crise.

L’un de nos objectifs principaux, l’euro et sa grande stabilité monétaire, risque de s’effondrer complètement. On ne peut espérer viser la prospérité et l’emploi sans monnaie stable. Nous parlons de l’Europe 2020 mais ne savons même pas à quoi ressemblera l’Europe en 2011. Nous débattons de la viande collée avec de la thrombine et, sans transition, des temps de conduite des routiers indépendants, comme si les problèmes majeurs de l’Europe allaient se résoudre d’eux-mêmes.

Il nous faut envoyer rapidement des signaux forts sur les thèmes de la régulation, de l’organisation et de la réduction des déficits, à la fois dans les finances publiques et dans le secteur bancaire. Permettez-moi de vous donner deux exemples. Il nous faut des définitions claires et des sanctions sévères pour les États qui ne respectent pas les règles en matière de déficits, notamment au moyen du retrait d’une partie de leurs financements. Il faut des règles claires pour les banques, qui pourraient consister en l’interdiction des contrats d’échange sur défaut de crédit, ou des exigences en matière de garantie et de dépôt de celles-ci contre des valeurs nominales correspondantes. Permettez-moi également de rapporter les propos d’un maire allemand célèbre, qui, durant nombre d’années, fut président de l’association allemande des villes et municipalités: celui qui ne dépense pas l’argent qu’il ne possède pas n’est pas pour autant un épargnant!

 
  
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  Kerstin Westphal (S&D).(DE) Monsieur le Président, je voudrais revenir sur le rapport de M. Cortés Lastra, un rapport que j’estime très bon. En effet, la politique de cohésion est actuellement le meilleur instrument permettant de mobiliser des investissements en faveur de la croissance et de l’emploi. Néanmoins, je voudrais à nouveau souligner l’importance des villes et des municipalités parce qu’elles joueront un rôle essentiel pour la conquête des objectifs de la stratégie EU 2020.

Quatre Européens sur cinq vivent en environnement urbain. Les villes et les municipalités sont le moteur de la croissance économique en Europe. Dans le même temps, elles éprouvent nombre de problèmes particulièrement aigus. Les mots essentiels ici sont: intégration sociale, environnement et transport, notamment, mais également changement démographique. C’est pourquoi les villes et les municipalités ont un rôle particulier à jouer en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

En outre, les villes et municipalités européennes sont des acteurs essentiels sur les plans de l’innovation, de la recherche et de l’éducation et, par conséquent, elles jouent un rôle fondamental dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne et de la stratégie EU 2020. Il convient de prendre tout cela en considération lors de la mise en œuvre de ces stratégies et tout au long du remodelage de la future politique de cohésion.

 
  
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  Raffaele Baldassarre (PPE).(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, ces deux dernières années ont fait des millions de sans-emplois, ont été la cause d’un accroissement de la dette nationale sous laquelle nous ploierons encore longtemps, et ont accentué la pression sur notre cohésion sociale, provoquant par ailleurs de nouvelles déchirures.

Nous devons réagir de manière incisive et opportune et, pour éviter les erreurs de jugement dont la stratégie de Lisbonne a eu à souffrir, Europe 2020 doit se montrer extrêmement réaliste dans ses objectifs, et équilibrée dans les buts qu’elle s’assigne. Trois me semblent prioritaires, Monsieur le Commissaire. Le premier est sans aucun doute une monnaie stable et des budgets nationaux stables également, lesquels, pour autant, ne doivent pas être séparés du développement et de la croissance économique. Il nous faut investir dans la recherche et l’innovation pour rendre nos industries d’autant plus compétitives grâce à des produits de qualité supérieure. Nous devons soutenir les PME et les nouveaux secteurs, notamment l’IT et l’énergie durable et, bien entendu, notre infrastructure. Rehaussons, certes, le niveau général d’éducation, mais, au premier chef, nous devons accorder l’offre en formations aux besoins du marché du travail et de la production. Il demeurer paradoxal que les entreprises continuent de rechercher des spécialistes que le marché n’est pas en mesure de leur fournir. À l’évidence, chaque objectif devrait être relié au contexte national mais dans le cadre d’une stratégie européenne plus large.

Je conclurai en précisant que la crise grecque et la crise économique et de l’emploi dans toute l’Europe témoignent de ceci: pour maintenir la cohésion sociale, le développement et la stabilité des budgets nationaux, nous avons besoin d’une gouvernance économique forte à l’échelon européen, de manière à permettre aux institutions européennes, notamment au Parlement, de prendre des mesures efficaces et préventives.

 
  
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  Damien Abad (PPE). - Monsieur le Président, chers collègues, nous sommes tous d’accord en fait sur les grands objectifs de la stratégie Europe 2020 et, si nous sommes tous d’accord sur les objectifs, nous devons désormais nous donner les moyens de les mettre en œuvre. Or, les moyens de les mettre en œuvre passent notamment par la mise en place d’un gouvernement économique de l’Union.

Pour que ces belles paroles et ces grands objectifs deviennent des réalités et évitent à nouveau, je dirais, cette sorte de désenchantement collectif de la stratégie de Lisbonne, il faut se donner absolument les moyens d’agir. C’est dans ce sens d’ailleurs que je soutiens pleinement la proposition de la Commission visant à établir un contrôle a priori, au niveau européen, des budgets nationaux, avec un bémol cependant, à savoir la nécessité d’associer les parlements nationaux et le Parlement européen à ce mécanisme de contrôle.

Mais je voudrais dire un mot plus précisément sur la crise et les jeunes. Je pense que les jeunes ont été une des principales victimes de cette crise, et que nous devons saisir l’occasion qui nous est donnée pour remettre les jeunes au cœur de cette stratégie Europe 2020.

Tout d’abord, la stratégie Europe 2020 doit être une stratégie inclusive. La mobilité, qui est la traduction concrète de la liberté de circulation au sein de l’Union européenne, doit devenir une réalité pour tous les jeunes, et pas exclusivement pour les jeunes étudiants. Et c’est en sens que j’espère avoir le soutien de la Commission pour proposer une extension des programmes européens de mobilité en faveur des jeunes apprentis.

En outre, je crois aussi que cette stratégie doit promouvoir une jeunesse compétente afin de lutter contre le fléau du chômage des jeunes et, nous le savons tous, la transition des études au premier emploi constitue un des défis majeurs que doivent affronter les jeunes. Eh bien, c’est en renforçant leurs compétences, par exemple à travers une meilleure orientation des fonds européens en faveur des politiques de la jeunesse, que nous avancerons sur ce chantier.

Enfin, si tous les jeunes Européens doivent avoir accès à la mobilité et au renforcement des compétences, c’est parce que nous avons besoin avant tout d’une jeunesse innovante. Ce sont les jeunes qui, aujourd’hui, vont créer la croissance et l’innovation de demain. C’est pour cela que je voudrais que cette stratégie Europe 2020 n’oublie pas le volet jeunesse.

 
  
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  Rosa Estaràs Ferragut (PPE). (ES) Monsieur le Président, en 2000, nous avons approuvé le programme de Lisbonne et ses objectifs très ambitieux. Certains de ces objectifs ont été remplis, ce qui n’est pas le cas de la majorité. Il ne fait aucun doute que les fonds régionaux ont contribué à la stratégie de Lisbonne.

Pendant dix ans, nous avons été secoués par la pire crise économique jamais connue. Je pense que cette dernière nous a permis d’identifier, dans cette nouvelle stratégie 2020, les points où nous avons commis des erreurs, et nous a placés en mesure de nous améliorer en vue d’aboutir à de meilleurs résultats.

Tout d’abord, nous avons appris le caractère fondamental de la coordination entre tous les niveaux de gouvernance, comme l’a clairement établi dans son rapport M. Cortés Lastra. Nous avons également appris que la contribution aux fonds régionaux est essentielle pour rencontrer les objectifs que nous proposons.

Nous pensons que la combinaison d’actions spécifiques à tous les échelons – Union européenne, État, région, pouvoirs publics locaux – est une nécessité absolue. Si nous œuvrons ensemble, nous serons plus forts. Il importe également d’intégrer dans la stratégie Europe 2020 une politique de cohésion couvrant des aspects économiques, sociaux et territoriaux.

Je voudrais également formuler une observation en ce qui concerne la question de la politique de cohésion, à savoir que les procédures bureaucratiques devraient être plus flexibles et plus efficaces. En outre, dans le secteur du handicap, cette différence devra être prise en considération d’une manière ou d’un autre.

Enfin, je voudrais souligner le rôle important qu’ont à jouer les régions, les villes et les municipalités d’Europe, et notamment la nécessité d’accorder une attention accrue aux régions qui présentent des besoins spécifiques, à savoir, les régions montagneuses, les régions côtières ou les îles.

En résumé, si nous voulons réussir, nous devrons être capables de compter sur les régions, les villes et les municipalités d’Europe, ainsi que sur une politique de cohésion revue et corrigée qui respecte la nouvelle donne.

 
  
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  Petru Constantin Luhan (PPE).(RO) L’Europe 2020 doit être une Europe pour les citoyens et veiller à satisfaire les besoins de ces derniers. Selon moi, cette approche doit impérativement constituer la base de cette stratégie. Dans le nouveau cadre européen, il importe que nous continuions de promouvoir le développement et les objectifs déjà établis dont les résultats concrets doivent faire l’objet d’un contrôle de manière à générer un impact positif. Je pense plus particulièrement aux investissements dans toutes sortes d’infrastructures qui nous permettront d’être beaucoup plus compétitifs d’un point de vue économique.

Nous devons nous atteler à poursuivre des politiques de cohésion aux niveaux économique, territorial et social, de manière à réduire les disparités entre les régions et à établir une plateforme de développement économique équilibrée, comme le précise également le traité de Lisbonne.

Europe 2020 doit être une Europe d’action mondiale qui pourra voir réellement le jour, pour autant que l’Union européenne puisse se prévaloir d’un niveau commun de développement susceptible de renforcer la capacité des acteurs locaux et régionaux à relever les défis mondiaux.

Europe 2020 est une Europe où les régions se développent en fonction de leur potentiel spécifique et exploitent l’aspect régional de la recherche, du développement et de l’innovation pour promouvoir leur développement économique et accroître leur taux d’emploi.

 
  
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  Richard Seeber (PPE).(DE) Monsieur le Président, lorsque nous parlons de l’Europe 2020, nous évoquons d’abord et avant tout l’avenir de notre continent: où désirons-nous aller? Quel genre de vie nos concitoyens seront-ils en mesure de vivre?

À mes yeux, nous devons d’abord et avant tout analyser la situation actuelle de manière à nous permettre de dégager les bons outils afin d’atteindre nos objectifs. Il importe également de distinguer entre la cause et l’effet. Quels sont les principaux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui? Je pense que l’un d’eux est certainement le vieillissement de nos sociétés européennes. Hélas, jusqu’ici nous n’avons pas encore été capables de rendre l’Europe suffisamment attractive vis-à-vis de nos concitoyens, ne fût-ce que pour les encourager à fonder une famille et à avoir des enfants. Cela signifie que nous allons au-devant d’une pression énorme sur les budgets publics, tant nos régimes de retraite risquent d’être sous-financés.

Ensuite, nos déficits publics sont déjà élevés. Conformément à la théorie classique de Keynes, nous avons englouti énormément d’argent dans la crise. Désormais, il est temps d’économiser. Néanmoins, cela signifie également que notre monnaie sera mise sous pression. Nous en voyons des signes dans la crise grecque actuelle et, ici, nous sommes tous confrontés à notre échec, celui de ne pas avoir réussi à rendre notre économie suffisamment compétitive pour générer la croissance économique qui nous aurait permis de gérer ces déficits publics abyssaux.

Ici, en Europe, nous possédons des règles régissant ces domaines, notamment le pacte de stabilité et de croissance mais, malheureusement, personne ne s’y conforme. C’est l’un des problèmes majeurs. Nous créons de nouvelles règles mais je pense qu’il serait parfois nettement plus bénéfique d’appliquer les règles déjà en vigueur de manière à ce qu’elles puissent déployer leur plein effet. C’est pourquoi je prie la Commission en particulier de créer un climat de rigueur qui nous permettrait d’aboutir aux objectifs que nous nous sommes fixés.

 
  
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  Sabine Verheyen (PPE).(DE) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, je voudrais rebondir sur ce que M. Seeber vient de dire. Si nous voulons vraiment mener à bien les objectifs de l’agenda 2020, nous devons d’abord nous occuper des affaires en cours.

Nous avons besoin d’une régulation forte du marché financier, une régulation qui bénéficierait d’être davantage axée sur le contrôle et la réglementation des conduites dans ces secteurs. Néanmoins, il nous faut également balayer devant notre porte, en d’autres termes, nous assurer que nous possédons des mécanismes de contrôle efficaces en ce qui concerne la manière dont l’argent des fonds structurels est dépensé et la manière de poursuivre sur la voie du développement. Nous devons également impliquer davantage les pouvoirs publics locaux et régionaux dans nos structures et nos programmes parce que, en fin de compte, ce sont eux à qui il incombe de mettre en œuvre les missions sur le terrain, et de préciser quelles tâches doivent être menées à bon port en vue d’aboutir aux objectifs que nous nous sommes assignés à juste titre. Néanmoins, établir des objectifs sans se préoccuper avec fermeté et rigueur de l’état des lieux et des tâches à finaliser, et sans analyser ce qui doit impérativement être fait au préalable n’a guère de sens à mes yeux.

Comme l’a indiqué plus tôt M. Ulmer, nous passons de point en point dans l’ordre du jour et débattons des affaires quotidiennes de cette Assemblée, qu’il s’agisse de sécurité alimentaire ou de quoi que ce soit d’autre, sans savoir réellement ce qui est prioritaire. Or, c’est ce qui devrait constituer notre point de départ. Nous devons d’abord nous préoccuper de maîtriser notre situation financière et de veiller à ce que chacun adhère aux règles. Nous devons également nous assurer que le Parlement, et en particulier la Commission, appliquent plus rigoureusement les mécanismes de contrôle mis à leur disposition par le passé, et nous devons avoir davantage voix au chapitre en ce qui concerne ce qui se passe dans certains États membres.

 
  
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  Seán Kelly (PPE). (GA) Monsieur le Président, je suis fier de pouvoir m’exprimer dans ce débat relatif à la stratégie 2020 et voici les points que je voudrais défendre.

(EN) Je trouve désolant, voire déprimant, d’entendre les orateurs, à Strasbourg ou à Bruxelles, parler l’un après l’autre de l’échec de la stratégie de Lisbonne. Il ne s’agit pas d’un échec et si c’en était un, je ne pense pas que 67 % du peuple irlandais auraient voté en faveur du traité de Lisbonne en octobre dernier. Nous y avons décelé nombre de bénéfices, notamment à l’échelon régional, ainsi que le commissaire l’a indiqué. Néanmoins, il reste un certain nombre de points qui continuent de me préoccuper.

Tout d’abord, quel rôle joue la présidence tournante de six mois dans tout cela? Je vois tous les pays défiler et mettre l’accent sur leurs priorités pour les six mois à venir, au lieu de se situer dans les objectifs généraux établis annuellement pour les dix années à venir. Je pense que c’est un point très important. Aucune équipe de football ne change de dirigeant tous les six mois, chacun arrivant avec une nouvelle série d’objectifs auxquels l’on ne peut espérer aboutir dans un délai aussi court.

Ensuite, je salue les instruments qui permettent désormais aux membres d’être à la hauteur de leurs responsabilités et les soumet à une sanction s’ils ne le sont pas. «Tout doux, tout doux», cet air ne fonctionne plus. Si vous faites partie de l’équipe et que vous jouez mal, soit vous êtes éliminé, soit vous êtes prié d’améliorer votre jeu. Et c’est ce qu’il nous incombe de faire.

Enfin, je voudrais dire que je salue également la suggestion de confier aux régions et aux villes davantage d’autonomie dans la gestion du processus.

 
  
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  Sophie Auconie (PPE). - Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le 9 mai dernier, l’Union européenne a donné une réponse ferme aux marchés financiers, à l’initiative des ministres de l’économie et des finances. Le Parlement européen, bien qu’il soit soumis à des procédures parlementaires plus longues, ne doit pas être condamné à l’inaction.

Je pense que ce Parlement, et nous, les députés, avons trois rôles essentiels à jouer. Premièrement, appuyer de tout notre poids les gouvernements et la Commission dans les initiatives prises récemment. Deuxièmement, nous mettre dès maintenant au travail pour trouver les solutions qui nous permettront à moyen et à long terme de sortir de la crise et de favoriser un modèle de croissance véritablement dynamique au service de l’économie réelle. C’est là tout l’enjeu à la fois de la stratégie de l’UE 2020 et des objectifs prioritaires que nous assignerons aux Fonds structurels européens pour la période 2014–2020.

Et là, Sharon, j’aurais envie de vous dire que la stratégie de Lisbonne, si elle est en quelque sorte un échec, c’est parce qu’elle a été conçue il y a quelques années alors que la conjoncture n’était pas celle qu’elle est aujourd’hui. Et donc ce qui condamne cette stratégie, c’est qu’elle n’est pas flexible, qu’elle ne s’adapte pas à la conjoncture. C’est le problème des stratégies. Par conséquent, cette stratégie 2020, elle sera d’autant plus forte si elle a la capacité de s’adapter à une conjoncture.

Enfin, et c’est le plus important à mon sens, expliquer sur le terrain ce qui se passe au niveau européen et trouver l’assentiment de l’opinion publique. Les citoyens européens se sont réveillés le lundi 10 mai dans une nouvelle Europe. Cette métamorphose, ils ne l’ont pas actée. Personne ne peut déjà en mesurer les conséquences à long terme. Cette métamorphose ne saurait produire ses fruits si elle ne trouve pas ses racines démocratiques. Nous étions unis dans la diversité, aujourd’hui, nous devons être unis dans l’adversité.

(Applaudissements)

 
  
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  Antonio Cancian (PPE).(IT) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs, j’ai beaucoup écouté aujourd’hui et ce fût très instructif, mais permettez-moi d’attirer votre attention sur un sujet que je considère important. À mes yeux, nous ne réussirons pas en situant toute cette stratégie dans le contexte d’un marché qui, actuellement, fonctionne de travers, est l’objet de spéculations permanentes et vit une crise profonde. Débattant de l’Europe 2020, nous devons garder cela à l’esprit.

Je voudrais diviser la discussion en deux parties: tout d’abord, le marché doit être au service de l’économie réelle et non l’inverse; ensuite, je pense que l’Europe doit être la locomotive de cette économie. En ce qui concerne la première partie, il en a été beaucoup discuté et il est grand temps que nous dressions une protection contre un tel marché, de manière à ce que nous n’ayons à dépendre de personne; mais ce qui importe est la locomotive, et pour que la locomotive puisse tirer le train, il lui faut des ressources.

Ayons le courage de modifier ce budget, ayons le courage d’assumer la responsabilité de créer un fonds suffisant qui puisse fonctionner en tant que protection financière, un fonds qui permette aux réseaux TFR-T, RTE-E et E-TEN de continuer à fonctionner. C’est la locomotive que nous devons mettre en place et, pour tirer l’économie réelle, nous avons également besoin du secteur privé, au moyen du mécanisme du PPP. Voilà ce qu’il convient de faire, Monsieur le Commissaire, et nous devons nous y atteler sans plus attendre parce que la crise n’est pas finie; elle ne nous lâche pas et c’est maintenant que nous devons nous donner cette forte impulsion .

 
  
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  Diogo Feio (PPE).(PT) Monsieur le Président, un débat sur la stratégie Europe 2020 nous conduit tout naturellement à endosser l’idée d’une meilleure coordination des différentes politiques nationales, de plus d’Europe et de l’acceptation de la nécessité de procéder à des réformes structurelles de manière à aménager les conditions de la croissance pour notre économie. Néanmoins, si nous voulons atteindre les objectifs de l’Europe 2020, nous devons encore passer par la stratégie 2010 et, sur ce sujet, je voudrais attirer votre attention sur l’équilibre nécessaire entre les politiques de consolidation budgétaire et la nécessité d’éviter de retomber dans la récession.

Je suis ressortissant portugais et la proposition qui est faite actuellement est d’augmenter la fiscalité. Fondamentalement, la voie que les États membres devraient choisir est celle de la réduction drastique des dépenses publiques: se doter de régimes fiscaux compétitifs et procéder à des réformes structurelles de manière à nous permettre d’atteindre la croissance nécessaire.

Si nous devons penser à long et moyen terme, nous ne devons pas pour autant évacuer le court terme. Commençons par encourager dès maintenant l’existence d’entreprises créatives. Nous devons nous engager vis-à-vis des universités et de la recherche et du développement, c’est quelque chose qui s’avère désormais parfaitement clair. Si nous entendons atteindre 2020, nous devons traverser 2010 sains et saufs.

Je voudrais désormais laisser derrière moi cette préoccupation. À l’évidence, nous avons le pacte de stabilité mais il existe également le pacte de croissance et le mot clé pour nos économies dans le proche avenir est: «croissance».

 
  
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  Veronica Lope Fontagné (PPE). (ES) Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, la stratégie 2020 qui s’annonce doit permettre à l’Union européenne de corriger les lacunes de la stratégie de Lisbonne pour autant que nous désirions vraiment créer un espace compétitif, cohérent d’un point de vue économique, social et territorial.

En dépit du fait que les postulats de la désormais défunte stratégie de Lisbonne sont, eux, toujours d’actualité, je voudrais remarquer que l’une des raisons pour lesquelles elle a perdu en force réside dans l’excessive complexité de sa structure, notamment son manque de précision dans la définition des responsabilités et des tâches incombant à l’Union européenne ainsi qu’à d’autres niveaux de gouvernement, notamment régional et local.

Les pouvoirs publics régionaux et locaux doivent être inclus dans la conception et la mise en œuvre de politiques si nous voulons que la stratégie 2020 porte quelques fruits à moyen terme.

Nos régions et nos villes sont des acteurs essentiels du développement et de la mise en œuvre d’une grande partie de l’investissement public de l’UE en matière de croissance et d’emploi.

L’octroi de ressources politiques régionales devient donc un facteur essentiel en ce qui concerne la conformité aux objectifs européens que nous sommes en train de déterminer. Je voudrais faire remarquer que les ressources investies de 2000 à 2006 à travers le Fonds européen de développement régional ont permis la création de 1 400 000 emplois dans l’Union européenne, ainsi que l’aménagement de plus de 2 000 km d’autoroute.

Je terminerai en épinglant une fois encore le caractère précieux de la politique régionale européenne concernant des objectifs stratégiques tels que la croissance et l’emploi. La cohésion économique, sociale et territoriale représente un objectif fondamental garanti par les Traités.

 
  
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  Joachim Zeller (PPE).(DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je voudrais adresser mes félicitations toutes particulières aux visiteurs de notre Parlement qui ont suivi ce débat sur l’un des sujets clés de l’Union européenne pour ces dix prochaines années, plus attentivement et plus massivement que nombre de nos députés.

Ce débat, nous le menons de manière par trop technocratique. J’ai grandi dans un pays où la société était organisée en fonction de plans pluriannuels. Ce pays, la République démocratique allemande, n’existe plus. C’est la raison pour laquelle je réserve un certain scepticisme vis-à-vis des programmes qui mêlent les stratégies, les objectifs et les codes d’économie planifiée s’étendant sur une longue période, et dont la mise en œuvre est déléguée à d’autres. Peu importe les décisions que nous prenons pour l’Union européenne dans le cadre de la stratégie Europe 2020, ce sont les États membres, les gouvernements et parlements nationaux, ainsi que les pouvoirs publics régionaux et locaux qui devront in fine se charger de la responsabilité de la mise en œuvre. Le malaise vis-à-vis de telles procédures est particulièrement évident.

Une Europe «top-down» ne peut pas fonctionner. Une Europe unie ne peut fonctionner que si nous continuons de la bâtir conjointement avec les institutions nationales et régionales et avec le concours des citoyens. La Commission a trop rapidement abandonné la stratégie de Lisbonne, sans mener d’analyse approfondie sur les raisons pour lesquelles les objectifs n’ont pas été atteints. C’est pourquoi il ne relève vraisemblablement d’aucune coïncidence qu’aujourd’hui au Parlement, les rapports et les questions ont été considérés en bloc sous l’intitulé «EU 2020», quand bien même chaque point mérite de faire l’objet d’un débat à part entière. Il y a au moins deux points sur lesquels la politique européenne a enregistré des succès à ce jour: la création d’un marché intérieur et les politiques structurelles et de cohésion. Néanmoins, la stratégie EU 2020 indique que la politique de cohésion ne pourra qu’endosser un rôle de soutien vis-à-vis de la conquête des objectifs. Nous nous trouvons face à une contradiction. Nous n’avons pas besoin de plus d’économie planifiée dans l’Union européenne; d’autres ont échoué sur ce point avant nous.

Avant de confronter les États membres à une liste de codes d’économie planifiée, dont personne ne sait à ce jour comment il convient d’y satisfaire, et gardant à l’esprit les incertitudes et les turbulences des marchés économiques et financiers, actuellement et dans un passé pas si lointain, leur impact sur les emplois et la situation sociale qui prévaut dans les États membres, il nous faut désormais un débat en profondeur sur les réussites de l’Union européenne, sur les objectifs communs sur lesquels nous concentrer, notamment en termes de pacte avec les régions de l’UE et sur la manière dont nous pouvons créer davantage de communauté sans violer le principe de subsidiarité.

Si nous réussissons sur ce point, ce débat pourrait et devrait culminer sur un stratégie globale. Néanmoins, ce débat – comme nous en avons été le témoin aujourd’hui – n’a fait que commencer et nous, membres de l’Union européenne, devrions en être les leaders.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE Mme DIANA WALLIS
Vice-présidente

 
  
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  Csaba Sógor (PPE). (HU) Monsieur le Commissaire, je pense que le principe directeur de tout plan ou stratégie de développement européen doit être de bâtir une Europe qui agisse comme une région véritablement unifiée au service des citoyens européens. Nous avons beaucoup parlé des dimensions économiques et sociales de la stratégie Europe 2020. Toutefois, l’Union européenne d’aujourd’hui représente davantage que cela. L’UE n’est pas simplement une communauté d’intérêts mais aussi de valeurs, c’est ce qui lui procure sa puissance économique et son influence politique. Si, d’ici la fin de la décennie, nous souhaitons réellement créer une Europe avec davantage de réussite et de compétitivité, nous devons être extrêmement attentifs à garantir que nos valeurs communes reçoivent le respect qui leur est dû, qu’elles soient renforcées et appliquées. Nous devons également nous concentrer sur une meilleure harmonisation des politiques des États membres en matière d’enseignement, sur la réduction des disparités régionales et la poursuite du processus d’élargissement, ainsi que sur la protection des droits fondamentaux et des droits des minorités, pour ne mentionner qu’un petit nombre des politiques basées sur des valeurs européennes. La croissance économique et l’amélioration des conditions de vie des citoyens ne sont pas envisageables sans de telles politiques basées sur des valeurs.

 
  
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  Frédéric Daerden (S&D). - Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la stratégie 2020 est globale et recouvre beaucoup de sujets, comme en témoigne le débat de cet après-midi. Je souhaiterais simplement insister sur deux aspects particuliers.

Tout d’abord, au niveau de la dimension sociale de cette stratégie, je soutiens pleinement Mme Berès dans son interpellation de la Commission, notamment concernant l’établissement d’objectifs chiffrés en matière de réduction de la pauvreté pour cette stratégie qui est, pour moi, une ligne rouge. Par ailleurs, le principe du revenu minimum en Europe, pour atteindre ces objectifs, me semble évident et doit être concrétisé.

Ensuite, deuxièmement, la cohérence du budget de l’Union européenne avec cette stratégie. Aucun signe n’est actuellement donné par le Conseil ou la Commission quant à une volonté de revoir notre cadre financier pluriannuel pour la période en cours, qui a pourtant montré ses limites. Cependant, si nous ne l’adaptons pas aux nouveaux défis de la stratégie, nous courons collectivement un grand risque. Ni le budget de l’Union européenne – car trop limité –, ni les budgets publics nationaux ne seront capables de lancer les investissements nécessaires pour soutenir les différentes initiatives phares de la stratégie 2020.

 
  
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  Andrew Henry William Brons (NI).(EN) Madame la Présidente, à la page 9 du document sur la stratégie Europe 2020, il est dit: «L’Europe dispose de nombreux atouts: nous pouvons compter sur le talent et la créativité de notre population». Il n’est bien entendu pas question d’affirmer que les autres populations sont moins talentueuses ou créatives – ce serait terriblement inamical et presque certainement injuste – mais la population de l’Europe y reçoit certainement des éloges particuliers.

Dans une autre partie, le texte déplore le fait que l’Europe possède une population vieillissante. Bien entendu, cela peut être principalement attribué à des taux de natalité en chute libre, bien que le document ne le dise pas. Les États nations devraient probablement encourager, autant que les États le peuvent, une augmentation des taux de natalité de leur population. Cela redresserait certainement l’équilibre de la population. En outre, cela pourrait même engendrer une augmentation au moins proportionnelle du nombre de ces personnes talentueuses et créatives qui sont si nécessaires au développement économique et culturel. Je ne veux pas ternir le document de la Commission en reliant des sections à l’aide d’arguments raisonnés, mais je n’ai pas dépassé le temps qui m’était imparti!

 
  
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  Czesław Adam Siekierski (PPE).(PL) La stratégie Europe 2020 ne peut pas faire plus que ce que nous disons ici, aujourd’hui. Il n’est pas possible d’en faire autant pour moins de 1 % du PIB, parce qu’il s’agit de la valeur du budget européen. Montrons ce que nous pouvons faire et affichons les objectifs pour lesquels les fonds seront attribués à partir du budget de l’Union européenne.

Disons clairement qu’il n’y a pas assez de réalisme dans nos attentes concernant la stratégie Europe 2020, il y a trop de choses à faire et trop d’espoir à faire naître, et le rôle des États membres n’a pas encore été défini. Une augmentation de l’emploi, une réduction de la pauvreté, l’enseignement et, par-dessus tout, la croissance économique, constituent les priorités principales qui devraient être mises en avant dans la situation présente, où nous nous trouvons dans une crise et devrions prendre des mesures pour raviver l’économie, car c’est le problème numéro un de la stratégie Europe 2020: redonner vie à l’économie aujourd’hui.

 
  
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  Vasilica Viorica Dăncilă (S&D).(RO) La politique de cohésion de l’UE a permis, et permet toujours, de créer une synergie entre la recherche et les politiques d’innovation. Elle a également mis l’accent sur le rôle de la cohésion territoriale.

Je pense que les régions doivent se spécialiser dans les développements intelligents et verts et définir pour elles-mêmes une série de priorités d’innovation sur base des objectifs de l’UE et de leurs besoins, ainsi qu’orienter les ressources communautaires vers les priorités qui auront été identifiées. Dans le même temps, elles doivent promouvoir des modèles de réussite dans l’optique du triangle de la connaissance et des relations entre entreprises, centres de recherche, universités et pouvoirs publics, en particulier celles qui sont établies au moyen de partenariats public-privé.

Je crois également que l’échange de connaissances au sein des groupes régionaux peut être facilité par les fonds structurels également, car les politiques européennes sont constamment orientées vers le développement durable, en présentant des résultats tangibles au niveau régional. Tous ces éléments représentent le lien concret qui permettra d’atteindre la cohésion territoriale au sein de l’Union européenne.

 
  
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  Iosif Matula (PPE).(RO) Je souhaite féliciter les rapporteurs de cette journée, en particulier M. van Nistelrooij, pour l’excellent rapport présenté. La recherche et le développement nous fourniront les solutions à prendre en compte à l’avenir lorsque nous réussirons à aborder les défis majeurs auxquels nous faisons face, qu’il s’agisse de la grave crise économique ou d’atteindre les objectifs à long terme de la stratégie 2020. Grâce à l’élan fourni par la politique de cohésion, dont le but est d’encourager l’innovation et l’entreprenariat et de développer une économie de la connaissance, la recherche et le développement doivent être envisagés sous deux angles.

Sur la base d’une approche descendante, la recherche et le développement constitueront les domaines principaux qui permettront de définir des solutions pour surmonter les problèmes auxquels nous sommes confrontés ainsi que pour stimuler la croissance économique et le développement durable. Il est tout aussi important que l’innovation sorte des laboratoires et des centres de recherche et qu’elle soit projetée à un niveau qui corresponde aux besoins des citoyens européens aussi précisément que possible. Nous devons encourager les économies locales et régionales à améliorer leur capacité à innover et à définir pour elles-mêmes les solutions les plus efficaces dans le cadre d’une approche ascendante, en utilisant par conséquent le potentiel régional et local.

 
  
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  Silvia-Adriana Ţicău (S&D).(RO) L’Union européenne fait actuellement face à une crise économique, financière et sociale. La politique de désindustrialisation poursuivie ces dernières années a provoqué la perte de millions d’emplois, la délocalisation de l’industrie européenne vers des pays tiers et un taux de chômage de 10 %, qui s’élève même à 20 % chez les jeunes, mettant ainsi en danger la compétitivité de l’UE.

Je crois que l’Union européenne a besoin de réaliser d’énormes investissements dans les infrastructures du transport et de l’énergie, dans l’agriculture, la santé, l’éducation et la recherche mais, par-dessus tout, dans le développement économique durable. Le développement de la production industrielle et, par extension, la création d’emplois dans l’UE nécessite d’investir dans la modernisation des sociétés européennes de sorte que ces développements puissent mener à une production plus verte. Dans les 10 prochaines années, l’efficacité énergétique doit être notre première priorité.

Par ailleurs, la population de l’UE vieillit et le taux de natalité est en baisse, tandis que le fort taux de chômage affecte la durabilité des régimes de pension. Je pense qu’il est temps que l’Union européenne défende ses principes et ses biens fondamentaux, et le plus grand bien que possède l’UE réside dans ses 500 millions de citoyens européens.

 
  
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  Angelika Werthmann (NI).(DE) Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, nous parlons de la stratégie Europe 2020 et de ses priorités. Nous devons tirer une leçon de la crise grecque: il nous faut agir et non réagir.

Une politique budgétaire coordonnée et surveillée, ainsi qu’un contrôle et une régulation du marché financier, sont indispensables. Pour le bien de nos concitoyens, nous devons être attentifs aux investissements dans la croissance et l’emploi, afin de réduire le chômage et de créer et garantir des emplois. Cela signifie également de renforcer le secteur de l’éducation et d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, qui constituent les pierres angulaires d’une économie de marché sociale durable et d’une économie durable et plus consciente de l’environnement.

 
  
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  Anna Záborská (PPE). (SK) La stratégie 2020 et la stratégie de Lisbonne ont un point commun: la certitude que l’économie doit être gérée. La recette de la Commission, «la concurrence ou la crise», demeure malheureusement inchangée. La stratégie 2020 indique qu’un accès facile au crédit et une réflexion à court terme ont engendré le comportement qui a mené à une croissance sans support et des déséquilibres majeurs.

Cependant, un peu plus loin dans le texte de la stratégie, il est indiqué que la Commission cherchera à améliorer l’accès au capital et à rendre l’accès à la finance plus simple pour les petites et moyennes entreprises. Le texte autorise à nouveau un meilleur accès au crédit, ce qui entraînera encore la spéculation et une croissance sans support.

En 1991, le premier ministre malaisien de l’époque a annoncé le projet Vision 2020, ou Vavasan 2020 en malais. Selon celui-ci, la Malaisie devait rattraper la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon d’ici 2020. Mesdames et Messieurs, les économies planifiées ne fonctionnent pas, ainsi que peuvent le confirmer tous nos collègues en provenance des nouveaux États membres, y compris le commissaire.

 
  
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  László Andor, membre de la Commission.(EN) Madame la Présidente, cette discussion d’aujourd’hui sur la stratégie Europe 2020 s’est révélée extrêmement intéressante et utile pour nous, la Commission, comme l’était la discussion de ce matin sur la gouvernance économique. Je tiens à vous remercier pour cette occasion et pour tous les messages que vous avez envoyés concernant cette stratégie. Au nom de la Commission, je remercie tout particulièrement M. van Nistelrooij, M. Grech, M. Cortés Lastra et M. Hoang Ngoc pour leurs rapports.

Je suis prêt à poursuivre une discussion sur plusieurs détails, et même sur des nuances concernant la stratégie Europe 2020. Toutefois, pour l’instant, permettez-moi de limiter mes réponses à certains aspects fondamentaux de la discussion avec quelques remarques de conclusion.

Tout d’abord, je souhaite une fois de plus insister sur l’importance de la forte implication du Parlement européen dans les différentes prochaines étapes liées à la stratégie Europe 2020: premièrement, l’opinion du Parlement européen sur les lignes directrices intégrées; deuxièmement, dans une étape ultérieure, le rôle du PE en tant que colégislateur sur diverses propositions à effectuer dans le cadre des initiatives phares; et sans oublier, troisièmement, le prochain cadre financier pluriannuel pour s’assurer que les futurs budgets de l’UE reflètent mieux les priorités établies pour l’Union européenne à travers la stratégie Europe 2020.

Permettez-moi également d’être clair quant aux objectifs de la stratégie. Ils sont composés de deux volets. En tout premier lieu, elle constitue un pilier essentiel de la réponse de l’Union à la crise actuelle. Il s’agit d’un outil fondamental pour renforcer la coordination de la politique économique au sein de l’UE-27 et, bien entendu, de la zone euro. Mais au-delà de cet objectif à court terme, cette nouvelle stratégie est sur le point de pourvoir l’Europe d’une stratégie – en fait, comme Michel Barnier l’a souligné dans son discours d’ouverture, un programme d’action – pour permettre à l’Union européenne de sortir de la crise économique en restaurant la croissance économique et en garantissant que cette croissance se traduise par des emplois meilleurs et plus nombreux.

Mais nous devons viser un type différent de création d’emploi que par le passé, plus durable, non seulement au niveau écologique mais durable également du point de vue économique, social et financier. Elle est sur le point de remettre sur pied une Union européenne compétitive, capable d’assurer la durabilité de son modèle social unique – une UE compétitive qui est à la pointe au niveau mondial en termes de lutte contre le changement climatique, une UE qui investit davantage dans sa population à travers une éducation meilleure et plus répandue et, enfin, une UE qui renforce la cohésion sociale en combattant la pauvreté.

Bien sûr, comme souligné dans les conclusions de la Commission au cours du débat de ce matin, ce retour à une forte croissance n’est possible que si nous nous assurons que dans les années qui viennent, nos États membres entreprennent la consolidation fiscale nécessaire, en tenant compte de leur point de départ respectif, en ne sapant pas une fragile reprise et en se penchant sur les dépenses en même temps que sur les revenus. Il s’agit là d’éléments très importants.

Je voudrais insister une fois de plus sur l’importance et la complexité des problèmes fiscaux qui sont actuellement à l’ordre du jour, mais je voudrais également attirer votre attention sur le fait que cette crise économique et financière est beaucoup plus complexe que de simplement parler de déficits budgétaires. Aux sources de la crise, vous découvrirez un dysfonctionnement fondamental du secteur financier, à commencer par le secteur bancaire, dont la rectification est également essentielle si nous désirons entamer une reprise durable après cette situation. Nous devons également aborder d’autres causes de la récente récession – comme le manque de politique industrielle et, dans une certaine mesure, le manque de réussite totale de nos anciennes stratégies – afin d’atteindre une croissance économique basée sur les connaissances et d’étendre cette croissance à chaque région, chaque recoin de l’Union européenne.

C’est la raison pour laquelle nous devons intensifier nos efforts en termes de gouvernance économique, intensifier nos efforts au niveau de la régulation financière et également forger une meilleure cohésion économique, sociale et territoriale.

Dans l’ensemble, je crois fermement qu’il n’y a pas d’autre choix pour l’Europe que d’appliquer cette stratégie et de l’appliquer très rapidement. Si l’Europe ne retrouve pas le chemin de la croissance, elle connaîtra le déclin économique et, par conséquent, le déclin politique également. Tandis que nous débattons autour de cette stratégie, la plupart de nos principaux partenaires commerciaux ont non seulement mis en place des stratégies de développement économique et social à long terme étalées sur 10 ans, mais ils sont déjà en train de les appliquer.

Mais, s’il y a une leçon à tirer de la crise économique actuelle et de la précédente, la stratégie de Lisbonne – et je suis d’accord avec M. Kelly pour dire que cette stratégie de Lisbonne est souvent exposée à de vives critiques – c’est que les décisions de réformes sont essentielles pour réussir. Il est dès lors urgent de lancer Europe 2020 à l’occasion du Conseil européen de juin, et de faire en sorte que tant l’UE que ses États membres entament la mise en œuvre immédiatement après.

À ce stade, je tiens également à remercier la Présidence espagnole pour les efforts qu’elle a entrepris afin de rassembler les États membres ainsi que pour son soutien à cette stratégie dans les derniers mois et, je n’en doute pas, dans les semaines qui viennent. Il ne faut pas remettre cela à plus tard, compte tenu de la situation économique actuelle et de la crise que nous traversons pour l’instant. Nous devons aux citoyens de leur fournir des solutions pour sortir de la crise actuelle et améliorer la coordination des politiques économiques, tout en préparant un retour à une croissance intelligente, durable et économique globale. En agissant ensemble de manière coordonnée, nous disposerons du poids nécessaire pour réussir au niveau mondial également. La Commission compte sur le soutien du Parlement pour garantir que la stratégie Europe 2020 puisse être lancée rapidement et avec succès.

 
  
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  Lambert van Nistelrooij, rapporteur.(NL) Dans la continuité du débat, je tiens à exprimer ma gratitude pour votre soutien envers mon rapport. Je souhaite faire deux commentaires supplémentaires; soulever quelques points à propos de la gouvernance économique et sociale à court terme. L’aspect financier a attiré suffisamment l’attention et a été placé au centre de nos priorités. Nous avons également pu discuter du moyen terme cet après-midi et nous avons pu faire quelques commentaires à ce sujet.

Nous reprendrons tout dans une résolution du Parlement dont nous discuterons dans cette Chambre avant le sommet de juin.

Je désire effectuer deux remarques supplémentaires: une à propos de la gouvernance. Il a été demandé à qui appartient réellement cette stratégie. L’une des erreurs de Lisbonne a été que les parties décentralisées – les communes, les régions, nos partenaires – n’ont pas suffisamment été impliqués dans le processus. Par conséquent, je propose un pacte territorial avec les régions, les petites villes et les grandes villes, en plus de l’accord au Conseil avec les États membres et la Commission. Sinon, cela arrivera de nouveau et nous parlerons des régions plutôt qu’avec les régions, nos partenaires.

Si ces choses n’atteignent pas nos concitoyens cette fois-ci, je suis certain de ceci, c’est que l’on peut certes décorer le navire, mais que bientôt il n’y aura plus de navire à décorer. La participation à la stratégie de Lisbonne et à la stratégie UE 2020 devrait être rendue plus intéressante. En effet, c’est possible en disant, quand il s’agit de fournir des subsides, de l’encouragement, que ceux qui prennent des risques, qui fournissent également un financement, peuvent participer. L’ensemble est bien trop plat. Dès lors, j’invite la Commission à conclure un pacte territorial avec les régions, les petites villes et les grandes villes.

Enfin, la politique intégrée, en particulier entre les secteurs, est essentielle; la fragmentation de toutes sortes de nouvelles structures de financement n’a aucune conséquence positive et ne nous aidera pas à boucler cet agenda. Mon rapport traite de la synergie entre la recherche, le développement, l’innovation, la production et l’emploi en Europe. Nous devons lutter contre la fragmentation, et je prie donc instamment le commissaire Andor de conserver le Fonds social européen intact dans les régulations et de ne pas le diviser comme il a été souvent suggéré dans cette assemblée.

 
  
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  Louis Grech, rapporteur.(MT) Avec le peu de temps qu’il me reste, j’aimerais répondre aux commentaires de certains de mes collègues députés concernant mon rapport.

Je suis d’accord avec Malcolm Harbour en ce sens qu’il ne semble pas y avoir beaucoup de volonté d’envisager le marché unique comme outil fondamental dans la stratégie 2020, qui n’est toujours pas correctement définie et développée. C’est une véritable honte, compte tenu qu’un marché unique qui adopte une perspective plus large et plus holistique peut figurer parmi les meilleures – sinon être la meilleure – initiatives pour procurer aux citoyens européens une meilleure qualité de vie au sein de la stratégie de l’Union.

Evelyne Gebhardt a également raison quand elle dit qu’aujourd’hui il est évident que le marché unique, dans le cadre fixé pour la stratégie 2020, nécessite une nouvelle impulsion qui demande une forte prise d’autorité de la part de toutes les institutions de l’Union, en particulier du côté de la Commission, de sorte que le marché unique puisse une fois de plus restaurer la confiance et le crédit chez nos concitoyens.

Pour conclure, Madame la Présidente, nous devons veiller à ce que le nouvel agenda 2020 ne devienne pas trop ambitieux et trop chargé, car cela mènera vers un agenda rempli de priorités et où finalement rien n’est mis en œuvre, comme cela s’est passé la dernière fois.

 
  
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  Liem Hoang Ngoc, rapporteur. − Madame la Présidente, mes chers collègues, deux tabous sont tombés au cours de ces dernières semaines. Le premier, c’est que la Banque centrale peut désormais monétiser les dettes souveraines. Le deuxième tabou qui est tombé, c’est que l’on peut désormais financer, par l’emprunt, des dépenses communautaires, et cela se fait notamment à l’occasion de la création des fonds de stabilisation et de soutien.

Il est un troisième tabou qui n’est malheureusement pas tombé, c’est celui du pacte de stabilité, dont certains ici demandent dogmatiquement le renforcement. Messieurs les commissaires, nous autres les socialistes sommes favorables au fédéralisme. Nous sommes favorables à la coordination des politiques budgétaires. Mais si la coordination des politiques budgétaires, c’est la mise sous tutelle des parlements pour mettre leurs peuples au pain sec et à l’eau, alors j’ai peur que ce ne soit là la belle idée européenne qui finisse par prendre l’eau elle-même. Telle est la véritable menace qui pèse aujourd’hui sur nos têtes.

Les plans d’austérité, Messieurs les Commissaires, en Grèce, en Espagne, au Portugal et en France, n’ont aucune chance d’aboutir. Je vous demande d’en prendre conscience.

 
  
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  Ricardo Cortés Lastra, rapporteur.(ES) Madame la Présidente, je tiens à remercier tous mes collègues députés pour leurs contributions et pour le climat de critique constructive qui a régné au cours de cet important débat .

Ce rapport sur l’apport de la politique de cohésion aux objectifs de Lisbonne et de la stratégie Europe 2020 représente l’une des contributions fondamentales du Parlement européen à la future stratégie Europe 2020 pour la croissance et l’emploi, l’une des priorités de la Présidence espagnole.

Le rapport met en avant la création d’emplois, la construction d’une économie durable, l’éducation et la formation pour encourager le développement, l’emploi et la compétitivité, ainsi que le rôle clé des investissements dans la recherche et le développement, en gardant à l’esprit la nécessité d’adopter des mesures spécifiques pour les régions possédant des handicaps naturels.

Toutefois, il ne sera pas possible de réussir à mettre en œuvre la stratégie Europe 2020 sans la participation et l’entière approbation des autorités régionales et locales, ainsi que de la société civile.

Non seulement les régions contribuent au cofinancement de projets, mais elles sont également capables de mieux évaluer les besoins des citoyens et des petites et moyennes entreprises en raison de leur proximité, tout en étant dans une position permettant d’établir des liens directs avec les universités et les centres d’innovation, favorisant ainsi le triangle de la connaissance.

Dans ce contexte, la politique de cohésion n’est pas simplement une source d’allocations financières stables, mais elle représente également un outil puissant pour le développement économique de toutes les régions européennes.

Ses objectifs consistant à supprimer les disparités existantes entre les régions et à mettre en place une cohésion économique, sociale et territoriale, avec également ses principes de base d’objectifs intégrés, de gouvernance multi-niveaux et de collaboration authentique, sont tous des éléments essentiels du succès de la stratégie Europe 2020.

 
  
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  La Présidente. – Le sujet est clos.

Le vote aura lieu demain (jeudi 20 mai 2010).

Déclarations écrites (article 149)

 
  
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  Cristian Silviu Buşoi (ALDE), par écrit.(RO) Les principes de la stratégie Europe 2020 sont essentiels pour dynamiser la compétitivité de l’économie européenne. Les réformes structurelles sont la clé pour sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons. Les solutions déployées jusqu’à présent pour sortir de la crise n’ont pas visé les causes qui nous ont mis dans cette situation. Les causes de la crise ne peuvent être éliminées qu’à travers des réformes structurelles. Nous devons être plus attentifs à la capacité d’innovation de nos économies, car c’est là que résidera la clé de la compétitivité de l’UE dans la période qui s’annonce. Nous devons adopter une approche coordonnée pour l’utilisation des fonds affectés à l’innovation et au développement régional. L’innovation doit faire partie du développement régional. L’innovation était un objectif de la stratégie de Lisbonne mais, malheureusement, ce n’est resté qu’un principe sur papier. Il y a eu de très larges variations au niveau du progrès réalisé par les États membres et l’objectif général n’a pas été atteint. C’est la raison pour laquelle je prie instamment tous les États membres de faire preuve de sens des responsabilités et de respecter les engagements qu’ils prennent également. La Commission devrait également jouer un rôle plus actif dans la coordination de la mise en œuvre de cette stratégie afin d’éviter qu’elle n’échoue de manière aussi désastreuse que la stratégie de Lisbonne.

 
  
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  Alain Cadec (PPE), par écrit. – La stratégie UE 2020 proposée par la Commission européenne pour stimuler la croissance et l’emploi dans l’Union européenne met l’accent sur la recherche et l’innovation. Divers instruments apportent déjà un soutien important aux projets menés dans ces domaines: les Fonds structurels, le septième programme-cadre pour la recherche et le développement et le programme-cadre pour l’innovation et la compétitivité. Ces différents programmes constituent un financement de 86 milliards d’euros pour la période 2007–2013. La stratégie UE 2020 insiste par ailleurs sur l’interdépendance entre les différentes politiques de l’Union européenne. Dans un souci d’efficacité, il est donc essentiel de trouver des synergies entre les différents instruments. Je salue à ce titre l’importance qu’accorde le rapporteur au rôle qu’une politique régionale forte et correctement financée joue dans la réalisation des objectifs de la stratégie UE 2020. Je partage également l’opinion du rapporteur selon laquelle les possibilités existantes de synergies en matière de financement ne sont pas toujours bien connues des bénéficiaires potentiels. Il me semble donc essentiel d’améliorer la communication, par exemple sur le modèle du Guide pratique des opportunités de financement de l’Union européenne pour la recherche et le développement.

 
  
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  Elżbieta Katarzyna Łukacijewska (PPE), par écrit.(PL) Dans le contexte des discussions sur l’utilisation efficace de tous les fonds alloués par l’Union européenne pour la recherche et l’innovation, nous devons aborder le problème de la promotion appropriée de solutions innovantes qui apparaissent dans chaque État membre.

Il arrive souvent qu’à la suite d’un mauvais échange d’informations, les investissements soient réalisés dans des projets de recherche qui ont déjà été effectués par des scientifiques dans l’un des États membres. Il s’agit d’un gaspillage de l’argent de l’UE, ce que nous ne pouvons permettre en période de crise économique. Il faut davantage mettre l’accent sur l’amélioration de la communication et sur le soutien à l’acquisition par l’Union européenne de nouvelles technologies existantes, ce qui permettra également un appui financier supplémentaire pour les entreprises innovantes.

Il est également essentiel de financer des projets immatériels comme la formation et la dissémination des connaissances concernant l’importance de l’innovation pour la croissance économique, une meilleure information des entités locales sur les programmes disponibles et également la flexibilité dans la définition des conditions pour attribuer le soutien, de sorte que les pays qui présentent actuellement un niveau peu élevé d’innovation puissent, par le développement du secteur concerné, contribuer à la création d’un avantage concurrentiel de l’Union européenne à l’échelle mondiale.

Il est également primordial de créer des stimulants à l’investissement dans les centres de recherche locaux. Les petites et moyennes entreprises ne peuvent pas se permettre de le faire, tandis que les grandes entreprises internationales ne souhaitent pas les utiliser, ce qui accentue les disparités des niveaux d’innovation entre les États membres et l’Union européenne.

 
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