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Procédure : 2011/2664(RSP)
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Textes déposés :

RC-B7-0274/2011

Débats :

PV 07/04/2011 - 10.1
CRE 07/04/2011 - 10.1

Votes :

PV 07/04/2011 - 11.1

Textes adoptés :

P7_TA(2011)0157

Compte rendu in extenso des débats
Jeudi 7 avril 2011 - Strasbourg Edition JO

10.1. Le cas d’Ai Weiwei en Chine
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Procès-verbal
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  Le Président. – L’ordre du jour appelle le débat sur six propositions de résolution concernant le cas d’Ai Weiwei en Chine(1).

 
  
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  Guy Verhofstadt, auteur. – (EN) Monsieur le Président, je participe pour la première fois à un débat du jeudi après-midi et je pense pouvoir en tirer quelques leçons à soumettre à la Conférence des Présidents pour rendre la séance plénière plus attractive.

Je me réjouis que ce point ait été mis à l’ordre du jour car le cas de M. Ai Weiwei est plutôt dramatique, dans la mesure où les dernières informations dont nous disposons ne laissent certainement pas penser que les autorités chinoises ont la moindre intention de le libérer. La meilleure chose que nous puissions faire est d’approuver la résolution urgente sur laquelle nous nous sommes mis d’accord avec tous les groupes afin de pouvoir accroître la pression sur les autorités chinoises.

Je dois vous dire que je doute que cette résolution change quoi que ce soit à l’attitude du parti communiste chinois et des autorités chinoises. En fait, nous jouons à un petit jeu, avec les Chinois, sur les droits de l’homme. Nous invoquons les droits de l’homme, ils disent qu’ils ouvriront un dialogue et nous pensons que les choses ont changé. Rien ne changera. Telle est la réalité. Le récipiendaire du prix Nobel n’a pas pu participer à la remise du prix à Oslo. Aujourd’hui, c’est le tour de M. Ai Weiwei, un artiste connu et un des derniers dissidents à avoir eu la possibilité de dire quelque chose.

La seule chose que nous puissions dire se trouve dans une résolution urgente dans laquelle nous déplorons les événements. J’avais espéré toutefois que nous aurions pu demander pourquoi nous devrions continuer à participer à des forums que le parti communiste chinois organise avec nos partis politiques. Je regrette que les autres groupes n’aient pas suffisamment soutenu un accord sur ce point. Nous aurions au moins dû convenir du principe de ne pas continuer à participer à des forums avec le parti communiste chinois, si M. Weiwei et d’autres dissidents n’étaient pas libérés. Pour cette raison au moins, j’espérais le soutien de tous les groupes – avec l’autre amendement déposé par les Verts, même si sa meilleure partie a été retirée. Oui, oui, ils ont déposé un amendement fantastique et ils en ont ensuite retiré la meilleure partie! OK, ce n’est pas leur faute, mais celle d’autres.

(Le Président interrompt l’orateur)

Je prends peut-être une minute de plus que d’habitude, mais pour M. Ai Weiwei cela prendra dix ans de plus, apparemment. Si nous pouvons parler pour quelqu’un qui pourrait rester en prison des années, une minute de plus ce n’est pas beaucoup, Monsieur le Président.

 
  
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  Bernd Posselt (PPE).(DE) Monsieur le Président, je ne connais pas l’assiduité de M. Verhofstadt à nos débats. Je me demande s’il ne devrait pas venir plus souvent car il verrait alors que nos séances sont toujours très attractives. Simplement, il est regrettable que certaines personnes ne viennent pas, mais cela peut changer. Les séances sont extrêmement attractives.

 
  
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  Rui Tavares, auteur.(PT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je me rappelle très nettement la première fois que j’ai vu une œuvre de l’artiste chinois Ai Weiwei. À l’époque, vers 2000, j’enseignais l’histoire de l’art à Lisbonne et j’y ai vu, dans une anthologie d’artistes contemporains, son énorme lustre, aussi grand qu’une pièce, renversé et cassé. C’était à la fois extrêmement beau, un peu poignant, et triste. Cette image reflète aussi, en quelque sorte, une image de la Chine, qui est capable de se montrer somptueuse, riche, développée et capable de se présenter au monde, comme dans la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques. C’est une Chine subtile et pourtant une Chine qui a quelque chose de sérieusement cassé à l’intérieur. Ce quelque chose, c’est la volonté, la liberté d’expression et l’esprit des Chinois eux-mêmes.

Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour débattre du cas de l’artiste Ai Weiwei et nous avons demandé aux autorités chinoises de le libérer, de le laisser parler à son avocat et à sa femme, de porter des accusations à son encontre, s’il en existe des vraies, et non pas d’en inventer sur-le-champ. Nous sommes surtout rassemblés ici pour dire que l’esprit de créativité, d’imagination et l’humour de cet artiste survivra certainement bien plus longtemps que celui de ses geôliers.

 
  
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  Charles Tannock, auteur. – (EN) Monsieur le Président, une fois de plus, nous débattons de la Chine et de l’intolérance de son gouvernement face à la différence d’opinion. Comme nous le savons depuis notre débat du mois dernier concernant le vandalisme du régime communiste dans l’ancienne ville de Kashgar, la Chine essaie vigoureusement de supprimer l’expression culturelle qui ne se conforme pas à ce que les dirigeants communistes jugent approprié.

Ai Weiwei est l’héritier des magnifiques et anciennes traditions artistiques chinoises. Il s’est également servi de ses talents artistiques pour faire prendre conscience du résultat lamentable de la Chine dans le domaine des droits de l’homme et de l’anéantissement de la liberté politique. Clairement, il existe aussi un manque de liberté d’expression en Chine. Comment le régime pourrait-il expliquer autrement l’arrestation de M. Ai pour délits économiques et parce qu’il n’a pas respecté les bonnes procédures de départ pour un voyage à Taiwan? C’est un écran de fumée. En fait, la vraie raison a été livrée plus tard par le journal d’État Global Times dans un éditorial menaçant, qui déclarait que M. Ai paierait le prix de sa résistance.

Nous abhorrons le traitement honteux que le gouvernement chinois inflige à cet illustre artiste. Nous demandons, dans cette Assemblée, sa libération immédiate et nous regrettons une fois encore que la Chine réserve un tel sort extrême à ceux qui osent défendre leurs droits essentiels.

 
  
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  Cristian Dan Preda, auteur.(RO) Monsieur le Président, il y a plus d’un an nous avons parlé ici de l’emprisonnement de Liu Xiaobo. Nous discutons maintenant d’un deuxième signataire de la Charte 08 détenu par les autorités chinoises.

Comme cela a déjà été dit, Ai Weiwei est non seulement un artiste réputé, mais aussi un des plus grands critiques du régime communiste. Il a été arrêté dimanche et il existe peu de chances qu’il soit libéré. En effet, en plus de cela, nous avons vu aujourd’hui que les autorités chinoises ont affirmé que son arrestation reposait sur des bases économiques et non politiques, ce qui est manifestement un mensonge éhonté.

Comme on le sait, Ai Weiwei a été empêché d’assister à la cérémonie de remise du Prix Nobel. Son arrestation fait partie d’une tendance plus diffuse à réprimer les militants des droits de l’homme. Nous avons repris dans notre résolution toute une liste de personnes que Mme Ashton devrait mentionner chaque fois qu’elle en a l’occasion, à mon sens. Je crois que nous devons réévaluer notre dialogue sur les droits de l’homme plus généralement.

 
  
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  Heidi Hautala, auteure. – (EN) Monsieur le Président, ce n’est pas une coïncidence si les mesures de plus en plus répressives contre les journalistes, les dissidents, les militants des droits de l’homme et les avocats chinois ont lieu après ou durant les troubles des révolutions nord-africaines. Le mot «jasmin» a été récemment banni de l’internet chinois.

L’information du jour, qui a été soulignée par M. Preda, est très significative parce que, maintenant, nous voyons comment les dictateurs se copient les uns les autres et comparent leurs notes. Nous voyons que les méthodes utilisées par la Russie contre Khodorkovsky et Lebedev ont servi au Venezuela et au Kazakhstan contre des hommes d’affaires qui ont une influence politique, qui veulent créer des partis d’opposition: ils sont tous punis au nom de délits économiques. La punition pour un délit économique est le nom qu’ils donnent à la répression politique. Il faut savoir que cela ne s’est pas souvent passé en Chine auparavant, il s’agit d’un tournant qui n’augure rien de bon.

Il importe que les députés au Parlement européen évoquent les noms des militants persécutés lorsqu’ils voyagent en Chine et lorsqu’ils rencontrent leurs homologues chinois, qu’ils insistent pour visiter une prison. Nous savons que bon nombre de ceux qui sont persécutés souffrent de terribles tortures dans les prisons Chinoises, parfois dans ce que nous nommons des «geôles noires» qui sont des endroits complètement inconnus.

C’est un rappel à toutes les délégations du Parlement européen: elles peuvent et elles doivent toutes exercer leur droit concernant les droits de l’homme lorsqu’elles se trouvent à l’étranger. Nous demandons la libération immédiate d’Ai Weiwei.

 
  
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  Ana Gomes, auteure.(PT) La disparition d’Ai Weiwei doit être comprise dans le contexte de la répression politique de plus en plus désespérée mise en œuvre par les autorités chinoises. Tout cela est dû à leur peur que l’esprit révolutionnaire du monde arabe ne contamine la société chinoise. L’Union européenne peut cependant faire la différence. Les violations des droits de l’homme par les autorités chinoises doivent constituer un thème constant du dialogue politique avec la Chine et ce dialogue devrait être repensé pour garantir des résultats concrets, notamment la révision des décisions judiciaires qui maintiennent les militants des droits de l’homme en prison.

Les négociations concernant le nouvel accord-cadre ne peuvent laisser de côté la question des droits de l’homme, en assujettissant tout aux intérêts commerciaux. Dans la poursuite de ses intérêts économiques, l’Union européenne, elle-même, a la responsabilité de soutenir les militants comme Ai Weiwei, Liu Xiaobo et Hu Jun, qui se sont battus courageusement pour une réforme politique urgente en Chine, contre l’oppression et pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine a des obligations particulières en matière de droits de l’homme. Celles-ci figurent dans la Charte des Nations unies et lui sont opposables non seulement en ce qui concerne ses ressortissants, mais aussi le reste du monde.

 
  
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  Sari Essayah, au nom du groupe PPE.(FI) Monsieur le Président, je suis très heureuse que nous soyons capables au Parlement européen d’ajouter une violation des droits de l’homme aussi rapidement à la liste des pétitions urgentes.

Comme nous le savons, le cas d’Ai Weiwei ne constitue pas la seule violation grave des droits de l’homme dont le parti communiste chinois se rend continuellement coupable, mais, comme Mme Hautala l’a déjà dit avant moi, le mouvement pour la démocratie en Chine a reçu une nouvelle impulsion grâce aux soulèvements en Afrique du Nord.

Ces dernières semaines, les responsables ont intensifié leur surveillance à l’encontre des critiques du gouvernement et de nombreux dissidents, militants et défenseurs des droits de l’homme ont été soit placés en résidence surveillée soit en garde à vue. Comme Amnesty International l’a dit, l’arrestation d’Ai Weiwei marque un tournant alarmant dans la répression de plus en plus fréquente des dissidents de la part des autorités chinoises. Les intérêts économiques ne doivent pas maintenant masquer la question des droits de l’homme et empêcher l’appel en faveur de la libération immédiate des prisonniers d’opinion.

 
  
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  Rosario Crocetta, au nom du groupe S&D.(IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la justification de Pékin à l’arrestation de l’artiste Ai Weiwei pour délits économiques n’est pas convaincante, tout comme la nécessité de traiter aussi durement un artiste dissident, libre. Elle n’est pas convaincante parce que cette arrestation fait partie d’une série de centaines d’autres arrestations d’opposants et de la répression systématique contre tout signe de dissidence.

À l’heure où le monde arabe se soulève, nous repensons aux images de la cruelle violence, sur la place Tiananmen, faites à de jeunes chinois qui, à l’instar de ceux qui font la révolution du Jasmin aujourd’hui, demandaient la liberté et la démocratie.

La Chine s’est ouverte à l’Occident en termes économiques, sans lier cependant la production au respect de l’environnement et à la sécurité au travail. Elle est incapable d’embrasser la démocratie et le pluralisme sous quelque forme. Ce n’est pas une interférence de notre part dans les affaires intérieures de la Chine, comme l’affirme Pékin, mais l’appel d’hommes et de femmes, de mouvements et de partis qui entendent construire un monde débarrassé de l’intolérance, sur tous les continents.

Le gouvernement de Pékin devrait regarder ce qui se passe dans le monde pour comprendre que, s’il ne change pas, ce sont les événements historiques et les citoyens chinois qui changeront la Chine.

 
  
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  Kristiina Ojuland, au nom du groupe ALDE.(EN) Monsieur le Président, les rapports concernant la situation inquiétante des droits de l’homme en République populaire de Chine se sont faits de plus en plus fréquents. Cette question figure presque à l’ordre du jour de chaque session de notre Parlement. Comme les cycles habituels de répression, la vague récente dure déjà depuis un moment, ce qui pourrait être le signe d’une lutte de pouvoir entre les réformateurs et les durs au sein du parti communiste.

Le gouvernement Chinois a rendu l’accès aux sites web étrangers plus difficile, il a bloqué le logiciel de chiffrement utilisé pour contourner ce que l’on appelle communément «le grand pare-feu chinois». Le gouvernement chinois a barré l’accès à et intensifié les arrestations, y compris celle d’Ai Weiwei, artiste à la renommée internationale et critique du régime. Il faut une action résolue. J’invite par conséquent la haute représentante, Mme Ashton, à entreprendre une démarche auprès de Pékin. Ai Weiwei doit être libéré maintenant.

 
  
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  Eva Lichtenberger, au nom du groupe Verts/ALE.(DE) Monsieur le Président, Ai Weiwei était – c’est la triste vérité – un des derniers critiques courageux des dirigeants chinois. Son arrestation a été, sans doute, non seulement le point d’orgue de toute une vague d’arrestations d’opposants, mais aussi un message à tous les autres que même la célébrité internationale d’une personne n’empêche pas les autorités chinoises de la renvoyer en prison ou même de la faire disparaître complètement. En même temps, nos représentations sont régulièrement ignorées dans le dialogue sur les droits de l’homme que l’Union européenne mène avec les représentants chinois à tous les niveaux – qui affichent un sourire amical, mais qui, néanmoins, les ignorent et les balayent.

La question qui se pose à nous est de savoir quelle stratégie nous pouvons utiliser en réponse à cela. Je crois que nous devons répondre dans notre propre délégation pour les relations avec la République populaire de Chine et dire très clairement, lors de notre prochaine visite en Chine, que nous voulons rendre également visite à ces opposants, que nous voulons les voir – car, autrement, cela n’a plus de sens de poursuivre notre dialogue sur les droits de l’homme. Nous ne voulons pas continuer à parler à un mur.

 
  
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  Paul Murphy, au nom du groupe GUE/NGL.(EN) Monsieur le Président, je condamne l’arrestation d’Ai Weiwei et je demande sa libération immédiate. Sa détention fait partie de la plus grave répression policière depuis des décennies en Chine. Aussi incroyable que cela puisse paraître, depuis 2008, le budget destiné à la sécurité intérieure de la Chine dépasse le budget militaire. Il atteint aujourd’hui le niveau incroyable de 95 milliards de dollars américains. Il sert à payer un appareil massif de répression étatique, dont plus de 40 000 policiers, occupés uniquement à surveiller la dissidence sur l’internet.

Cette répression s’intensifie parce que le régime craint la contagion de la révolution à partir du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le régime a raison d’avoir peur. Les révolutions qui s’y déroulent montrent que la classe laborieuse en révolte et les pauvres en révolte sont plus forts que les méthodes répressives les plus brutales, que les régimes les plus répressifs.

Il faut une lutte massive, surtout la création d’organisations indépendantes et démocratiques des classes laborieuses. La lutte contre les dictatures doit être liée à la lutte pour un véritable changement socialiste en Chine, grâce auquel les immenses richesses et ressources de la Chine appartiendront démocratiquement au public et l’économie sera démocratiquement planifiée pour relever le niveau de vie de la population ordinaire.

 
  
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  Bernd Posselt (PPE).(DE) Monsieur le Président, comme artiste, Ai Weiwei a donné des visages aux enfants victimes du tremblement de terre du Sichuan. Comme militant des droits de l’homme, il a donné un visage à la Chartre 08. Il donne à présent un visage aux personnes disparues dans les geôles et les prisons chinoises – dont des milliers d’anonymes. Une centaine d’entre elles nous sont connues et nous devons, ici dans cette Assemblée, donner une voix à ces personnes qui se dressent pour les droits de l’homme, mais qui ont été temporairement réduites au silence.

C’est pourquoi, je dis très clairement que, bien sûr, ces débats et ce dialogue sur les droits de l’homme sont nécessaires. Je comprends ceux qui disent qu’ils ne veulent pas continuer à parler à un mur. Toutefois, si nous cessons de parler à ce mur, alors les dictateurs auront ce qu’ils souhaitent.

Il y a eu un grand réformateur, Zhou Enlai. Zhou Enlai n’était pas un démocrate, mais un patriote chinois et il a ouvert son pays. Nous avons besoin d’un Zhou Enlai démocrate qui organise une ouverture démocratique de son pays. Si le pays ne parvient pas à mettre en œuvre des réformes démocratiques, il finira par revivre les mêmes crises que celles des années 30.

Il y va de l’intérêt chinois de contribuer à une avancée des droits de l’homme et nous devons, par conséquent, soutenir également ces initiatives.

 
  
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  Mitro Repo (S&D).(FI) Monsieur le Président, l’artiste Ai Weiwei, à la renommée internationale, a enrichi la culture et l’art chinois. Au lieu de le récompenser et de le traiter avec respect, la Chine l’a jeté en prison.

Les droits de l’homme ne sont pas seulement un concept européen, ce sont des principes universels qui sous-tendent la dignité humaine. Les représentants du service européen pour l’action extérieure et la délégation de l’Union européenne en Chine doivent insister auprès des autorités chinoises, au plus haut niveau diplomatique, sur le cas d’Ai Weiwei.

Le dialogue avec la Chine sur les droits de l’homme ne peut, cependant, en rester aux discours diplomatiques. Étant donné les violations répétées des droits de l’homme et la dégradation de la situation des droits de l’homme, l’Union européenne doit tirer ses conclusions et revoir ses relations avec la Chine. Le dialogue sur les droits de l’homme ne doit pas consister en paroles creuses, il faut prendre des mesures positives et il doit y avoir un suivi et une discussion dans les deux sens.

De plus, la culture et l’art sont une ressource qui enrichit la société et la fait aller de l’avant, à la fois ici, à l’Ouest, mais aussi à l’Est, au Sud et au Nord.

 
  
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  Seán Kelly (PPE).(EN) Monsieur le Président, la Chine est une énigme. D’une part, elle s’est modernisée et elle a adopté de nombreuses pratiques occidentales, comme nous l’avons vu aux jeux Olympiques, auxquels j’ai eu le privilège d’assister et qui ont été une grande réussite. D’autre part, tout en s’étant occidentalisée sous certains aspects, elle reste archaïque sous d’autres aspects, surtout en ce qui concerne les droits fondamentaux, en particulier la liberté d’opinion. Le cas d’Ai Weiwei en est l’exemple parfait. Voilà un artiste reconnu dans le monde entier, qui est arrêté, le 3 avril, sans raison apparente. Personne n’a eu de ses nouvelles depuis, ce qui est bien sûr absolument inacceptable. Nous demandons aujourd’hui qu’il soit rendu à sa femme, à ses amis et à ses collaborateurs. Car une chose est sûre – et les Chinois devraient en prendre note – on se souviendra et on parlera encore d’Ai Weiwei longtemps après que les responsables de son arrestation seront tombés dans l’oubli.

 
  
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  Peter Jahr (PPE).(DE) Monsieur le Président, je pense que les Chinois se livrent délibérément à une provocation politique ou, pour le dire autrement, à un test politique. Ils testent la force, la résolution et la crédibilité des démocraties. C’est une attaque contre les droits de l’homme. Il est vrai qu’il doit y avoir un dialogue, mais, précisément pour cette raison, nous devons dire clairement à la République populaire de Chine que la coopération économique doit aller de pair avec la démocratisation de ce pays. Nous demandons, par conséquent, la libération d’Ai Weiwei.

Soit dit en passant, quand les dictateurs veulent éviter d’être accusés de procès politiques, ils jouent toujours la carte de la fraude fiscale ou des délits économiques. C’était le cas dans l’ancienne RDA, c’est le cas en Russie et, malheureusement, c’est également le cas en République populaire de Chine. C’est pourquoi j’appuie énergiquement cette résolution.

 
  
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  Gesine Meissner (ALDE).(DE) Monsieur le Président, je voudrais dire, tout d’abord, que je suis d’accord avec M. Verhofstadt. Il est vraiment honteux que ces débats sur les droits de l’homme, qui sont en fait très importants pour les Européens que nous sommes, qui croient en certaines valeurs, aient toujours lieu le jeudi après-midi quand la plupart des députés sont déjà partis. Je voudrais que cela soit acté une fois de plus. Cela doit changer.

En l’occurrence, nous parlons de la Chine et nous sommes plus ou moins impuissants, comme cela a déjà été dit. Mme Lichtenberger a parlé d’un mur. Monsieur Posselt, je ne crois pas que les Chinois ont vraiment intérêt – comme vous l’avez dit – à contribuer à une avancée dans le domaine des droits de l’homme. Ce n’est apparemment pas dans l’intérêt du gouvernement chinois, même si c’est indubitablement dans l’intérêt du peuple Chinois.

Nous parlons aujourd’hui de nombreuses personnes: on a déjà mentionné Ai Weiwei et Liu Xiaobo. Nous avons souvent débattu, dans le passé, de la manière de faire avancer les droits de l’homme. Il ne s’agit pas simplement de dire à Mme Ashton de parler chaque fois qu’elle le peut des abus en matière de droits de l’homme en Chine. Tous nos ministres des affaires étrangères et tous nos représentants doivent le faire et nous devons nous serrer les coudes. Je pense que c’est la seule manière d’influencer un tant soit peu la Chine. Sans quoi, comme grande puissance économique, la Chine nous jouera les uns contre les autres et nous n’obtiendrons rien du tout. Ce serait une très mauvaise chose, surtout pour les personnes concernées.

 
  
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  Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission. (EN) Monsieur le Président, la détention d’Ai Weiwei, brillant artiste chinois, à l’aéroport de Pékin, le 3 avril, alors qu’il tentait de se rendre à Hong Kong, a suscité, à juste titre, l’inquiétude internationale. La délégation de l’Union européenne en Chine et une déclaration publique ont immédiatement condamné le recours croissant à la détention arbitraire à l’encontre de défenseurs, d’avocats et de militants des droits de l’homme en Chine, et souligné l’inquiétude de l’Union européenne concernant Ai Weiwei.

Pour l’heure, nous ne disposons pas d’informations concernant le sort de M. Ai. Je voudrais souligner aujourd’hui que l’Union européenne considère que la détention arbitraire et la disparition constituent une grave violation des droits de l’homme et qu’elles ne sont acceptables en aucune circonstance. Nous demandons la libération immédiate d’Ai Weiwei.

En outre, comme la résolution présentée à l’Assemblée le dit clairement, la détention d’Ai Weiwei ne représente qu’un des nombreux cas récents de détention arbitraire et de disparition en Chine. Plusieurs éminents avocats chinois, qui assurent souvent la défense dans des affaires concernant les droits de l’homme, ont été arrêtés par la police, depuis février, et on ne les a pas revus.

Les inquiétudes concernant leur sort ont été accrues par la disparition de l’avocat Gao Zhisheng qui est porté disparu depuis plus de deux ans maintenant, hormis une brève réapparition en avril 2010. La haute représentante s’inquiète des rapports qui reposent sur des entrevues avec M. Gao en avril 2010 selon lesquelles, durant le début de sa disparition, il a été détenu au secret dans plusieurs lieux de détention non autorisés et soumis à un traitement inapproprié.

En outre, on rapporte, ces dernières semaines, qu’un nombre important de blogueurs et de militants politiques ont, soit été accusés de délits pénaux, comme de menacer la puissance de l’État, soit été détenus sans accusation.

Je peux assurer votre Assemblée que la vice-présidente et haute représentante, Catherine Ashton, suit les développements de très près et soulèvera la question avec les autorités chinoises à la première occasion et que l’Union européenne fera également connaître son inquiétude aux autorités chinoises lors du prochain cycle du dialogue entre l’Union européenne et la Chine concernant les droits de l’homme, pour lequel nous avons proposé des dates en mai. Permettez-moi d’abonder dans le sens de la déclaration de Mme Meissner selon laquelle ce dont nous avons besoin, c’est d’une voix, d’un message unique, qui provienne non seulement des institutions de l’Union européenne, mais de tous les États membres de l’Union européenne.

 
  
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  Le Président. – Le débat est clos.

Le vote aura lieu sous peu.

 
  

(1)Voir procès-verbal.

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