Retour au portail Europarl

Choisissez la langue de votre document :

  • bg - български
  • es - español
  • cs - čeština
  • da - dansk
  • de - Deutsch
  • et - eesti keel
  • el - ελληνικά
  • en - English
  • fr - français (sélectionné)
  • ga - Gaeilge
  • hr - hrvatski
  • it - italiano
  • lv - latviešu valoda
  • lt - lietuvių kalba
  • hu - magyar
  • mt - Malti
  • nl - Nederlands
  • pl - polski
  • pt - português
  • ro - română
  • sk - slovenčina
  • sl - slovenščina
  • fi - suomi
  • sv - svenska
 Index 
 Texte intégral 
Débats
Mercredi 15 janvier 2020 - Strasbourg Edition provisoire

Position du Parlement européen concernant la conférence sur l'avenir de l'Europe (débat)
MPphoto
 

  Manon Aubry, au nom du groupe GUE/NGL. – Monsieur le Président, depuis plus d’un mois, les Français manifestent contre la casse de leur retraite. Hier, 1 200 médecins ont remis leur démission pour dénoncer l’état de délabrement général de nos hôpitaux français.

Partout en Europe, les citoyens se mobilisent contre les conséquences de l’austérité, inscrite au cœur des traités de l’Union européenne. Partout, ils refusent cet avenir individualiste où les systèmes de solidarité sont brisés un à un. La conférence sur l’avenir de l’Europe aurait dû répondre à cette formidable envie de changement. Malheureusement, c’est une procédure rabougrie qui nous est proposée à ce stade, tant sur les objectifs que sur la méthode.

Sur les objectifs, l’Union ne peut se contenter d’un ravalement de façade cosmétique. C’est tout l’édifice qui menace actuellement de s’effondrer et c’est donc toute son architecture qu’il faut repenser, c’est-à-dire qu’il faut oser nommer les choses: changer en profondeur les traités de l’Union européenne. Pourquoi ne pas renommer d’ailleurs cette conférence sur l’avenir de l’Europe en conférence sur le changement des traités européens? Le chantier est immense et on ne pourra pas passer à côté si on veut mettre en œuvre un véritable pacte vert européen, social et écologique. Sortir de la logique du libre-échange, privilégier un pacte de progrès solidaire et durable plutôt que de croissance et de compétitivité, faire l’harmonisation sociale par le haut plutôt que le dumping généralisé.

Sur la méthode, rien ne serait plus désastreux qu’une nouvelle usine à gaz faussement démocratique. Le Parlement doit être le seul chef de file, pas la Commission, qui n’a aucune légitimité populaire pour le faire. Qui peut penser que des agoras de citoyens, composées de deux à trois personnes maximum par État membre et sans réel pouvoir d’impulsion sont suffisantes pour garantir une participation effective des citoyens? Qui peut penser qu’on peut regagner la confiance des citoyens et des peuples européens dans les institutions sans entériner les résultats des consultations par référendum ou procédure équivalente? N’apprenons-nous pas de nos échecs? Pourquoi répéter l’erreur de la convention sur l’avenir de l’Europe en 2002, qui a débouché sur l’adoption malheureuse du traité de Lisbonne contre les volontés des peuples européens exprimées par référendum? Depuis des années, la peur du peuple et le mépris de la volonté des citoyens ébranlent l’édifice européen. Il faut répondre à la défiance grandissante envers les institutions européennes en assumant de remettre en cause les règles du jeu. Derrière son titre grandiloquent, la conférence sur l’avenir de l’Europe risque à ce stade d’accoucher d’une souris. Ce n’est pas ce que nous voulons, au nom de notre groupe de la Gauche unitaire européenne. Les citoyens européens méritent mieux: une réforme profonde et radicale au service des peuples et de la planète, s’appuyant sur un véritable processus participatif. Ne gâchons pas une nouvelle fois l’occasion de redonner du sens à l’idéal initial du projet européen.

 
Dernière mise à jour: 27 février 2020Avis juridique - Politique de confidentialité