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Débats
Mardi 10 mars 2020 - Bruxelles Edition provisoire

Épidémie de coronavirus, état de la situation et mise en oeuvre d'une réponse européenne coordonnée aux incidences sanitaires, économiques et sociales (débat)
MPphoto
 

  Manon Aubry, au nom du groupe GUE/NGL. – Madame la Présidente, je voudrais tout d’abord exprimer, au nom de notre groupe de la gauche unitaire européenne, toute notre solidarité envers celles et ceux que l’épidémie de coronavirus touche le plus durement. Je pense aux plus vulnérables, aux plus âgés, à ceux que la maladie fragilise déjà et à qui nous devons assurer protection et soins. Je pense évidemment au peuple italien, violemment frappé par l’épidémie, et qui doit recevoir un soutien urgent de l’Union européenne.

Mes chers collègues, les crises mettent la réalité à nu. Elles écartent le superflu pour révéler le vrai visage de notre société, avec ses forces et ses faiblesses. Le coronavirus nous montre à quel point les dogmes du passé nous rendent fragiles, ébranlables, vulnérables, face aux crises que le marché est incapable de traiter.

L’austérité a mis à genoux nos hôpitaux publics. Partout en Europe, les soignants se mobilisent contre le délabrement généralisé de nos systèmes de santé. Et ce sont dans ces hôpitaux, déjà à l’asphyxie, que les médecins témoignent de l’atroce dilemme de devoir choisir entre deux patients, face à la pénurie de matériel et de personnel.

La mondialisation et le libre-échange nous ont privés de notre souveraineté. Le résultat, cela a été dit, est que 80 % des principes actifs de nos médicaments sont dorénavant produits hors d’Europe. Chaque crise mondiale nous met le dos au mur. La pénurie guette et nos étals se retrouvent totalement dépourvus. La dérégulation laisse libre cours à une spéculation sans limite qui touche les biens les plus vitaux. Le prix des gels hydroalcooliques par exemple, a déjà triplé en quelques jours. Il aura donc fallu attendre le coronavirus pour que les libéraux découvrent les ravages de la course au profit et les vertus de l’encadrement du marché.

La financiarisation a confié les rênes de notre économie à l’irrationalité et à l’individualisme, alors que la situation appelle au sang froid, à la pondération et à la coopération. Les cours de la bourse s’affolent et les spéculateurs s’écharpent, ajoutant encore du chaos au chaos. Il faudra bien sûr tirer les leçons de l’incapacité de ce système économique à garantir à nos pays la stabilité, la protection et la résilience. Il faudra apprendre de cette épreuve pour reprendre le pouvoir sur l’argent fou qui nous met tous en danger.

Aujourd’hui, au cœur de la crise, nous sommes bien sûr tous unis. Mais dès demain et tous les jours qui suivront, nous devrons réapprendre à être solidaires.

 
Dernière mise à jour: 23 mars 2020Avis juridique - Politique de confidentialité