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Débats
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Jeudi 8 juillet 2021 - Strasbourg Edition provisoire

La peine de mort en Arabie saoudite, notamment les cas de Mustafa Hashem al-Darwish et d'Abdullah al-Howaiti
MPphoto
 

  Marc Tarabella, auteur. – Monsieur le Président, Madame la Commissaire, les autorités saoudiennes avaient annoncé un ambitieux programme de réformes des droits humains lié aux plans du prince héritier Mohammed ben Salmane pour moderniser le pays. L’un des engagements clés était d’abolir l’application de la peine de mort pour les mineurs.

Cependant, force est de constater que les autorités saoudiennes ont une nouvelle fois renié leurs promesses. En effet, le 15 juin dernier, Mustafa Hashem al-Darwish, un jeune Saoudien issu de la minorité chiite, a été exécuté après avoir été soumis à la torture et à un procès manifestement inéquitable. Le prochain sur la liste pourrait être Abdullah al-Howaiti. Quelque 40 autres détenus attendent de subir le même sort dans le couloir de la mort en Arabie saoudite, dont des dissidents pacifiques et des personnes qui ont osé critiquer le régime saoudien.

Je m’étonne donc que la droite conservatrice dans cette assemblée, par la voix du groupe ECR, affirme que l’application de la peine de mort en Arabie saoudite est en baisse. Cela va tout à fait à l’encontre des faits, et la seule raison pour laquelle le nombre d’exécutions était inférieur en 2020 par rapport aux années précédentes est due non pas à des réformes du gouvernement, mais bien au COVID, car de nombreux procès ont été reportés. Cette augmentation des exécutions s’inscrit dans un schéma plus large de détérioration de la situation des droits humains en Arabie saoudite, malgré les promesses de réformes. En effet, de nombreuses femmes militantes sont toujours emprisonnées et celles qui ont été libérées, comme Loujain al-Hathloul, sont confrontées à des restrictions arbitraires de leurs droits, notamment celui de voyager.

Ces violations, et bien d’autres d’ailleurs, continuent de se produire parce qu’il n’y a jamais eu de responsabilités établies pour des crimes antérieurs, à l’instar du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018. Tant le rapporteur spécial des Nations unies, Mme Callamard, que les services de renseignements américains avaient établi la responsabilité personnelle du prince héritier Mohammed ben Salmane dans ce meurtre. C’est justement cette impunité qui inspire de nouvelles exactions. Il est donc impératif que l’Union européenne applique son régime mondial de sanctions en matière de droits de l’homme contre les responsables saoudiens. Et les dirigeants des institutions européennes devraient sans doute interagir avec le roi Salmane en tant que chef de l’État, et non conférer une légitimité à Mohammed ben Salmane, en le traitant comme tel à l’instar du comportement de l’administration américaine et de son président Joe Biden.

 
Dernière mise à jour: 30 août 2021Avis juridique - Politique de confidentialité