Proposition de prolongation de l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne (débat)
Michèle Rivasi (Verts/ALE). – Madame la Présidente, Madame la Commissaire, après tout ce que j’ai entendu, j’ai envie de vous demander: combien vous faut-il de morts pour interdire le glyphosate? Parce que quand on écoute l’EFSA, l’EFSA nous dit qu’il n’y a pas de préoccupations critiques. Et puis on passe de l’autre côté de l’Atlantique et on a l’OMS, on a le Centre international de recherche sur le cancer qui disent que le glyphosate est probablement cancérogène pour l’homme. On a plus de 100 000 plaintes aux États-Unis qui ont attaqué le Roundup de Monsanto Bayer. Des milliards d’euros ont été donnés par Monsanto Bayer pour dédommager les victimes. Et en Europe, on n’a pas de problème. En Europe, c’est le business. En Europe, il faut développer l’agriculture, il n’y a pas d’alternative au glyphosate.
Mais de qui se moque-t-on, Madame la Commissaire? Je vous assure qu’il y a un enjeu politique. Si vous montrez que l’Europe n’est pas unie avec la Commission, avec ses agences, pour dire qu’il y a un problème avec le glyphosate – et je préférerais qu’on dise le Roundup, parce que le Roundup, c’est tous les coformulants avec la substance active et c’est souvent 1 000 fois plus nocif avec tous ces coformulants –, si on n’est pas capable de démontrer que la Commission protège d’abord la santé avant de protéger le business, comment va-t-on faire pour avoir des électeurs qui vont voter pour l’Europe?
Il y a un vrai enjeu de confiance. Il faut qu’on défende la santé et pas les lobbys. Et si vous reculez, et je m’adresse aussi aux États membres, si les États membres ne votent pas contre l’utilisation du glyphosate, eh bien, je ne donne pas cher de l’avenir de l’Europe.