Question parlementaire - E-002334/2025(ASW)Question parlementaire
E-002334/2025(ASW)

Réponse donnée par M. Brunner au nom de la Commission européenne

Le protoxyde d'azote, qui peut être légalement mis sur le marché en tant qu'additif alimentaire[1], est également un produit chimique industriel[2]. Récemment, la Commission a adopté, en vertu du règlement relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges (CLP)[3], un acte délégué[4] en application duquel le protoxyde d'azote sera soumis, d'ici au 1er février 2027, à une classification et à un étiquetage harmonisés en tant que gaz toxique pour la reproduction humaine et le système nerveux.

À la suite de cette classification, il est prévu d'actualiser une restriction en vigueur, qui figure dans le règlement concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques et les restrictions applicables à ces substances (REACH)[5] et qui interdit la mise sur le marché et l'utilisation pour le public, afin qu'elle s'applique également au protoxyde d'azote. Cette démarche ne vise pas les cas d'utilisation de la substance comme une drogue.

Lorsque le protoxyde d'azote sera classé comme médicament, tout problème tenant à son usage inapproprié ou hors AMM devra être signalé, par l'intermédiaire du système de pharmacovigilance national, comme étant un usage détourné[6].

En ce qui concerne le cadre relatif aux drogues illicites, l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA) suit l'évolution de la situation et donne des orientations concernant le protoxyde d'azote sur le marché européen de la drogue[7]. Le protoxyde d'azote ne relève toutefois pas de la notion de «drogue» au sens de la décision-cadre 2004/757/JAI du Conseil[8] relative à la lutte contre le trafic de drogue.

Le protoxyde d'azote ne fait pas non plus l'objet d'une surveillance par le système d'alerte précoce de l'UE sur les nouvelles substances psychoactives. Pour qu'il en soit ainsi, les États membres doivent notifier la substance à l'EUDA et joindre à cette notification des données analytiques[9]. L'EUDA examine ensuite si cette substance remplit les conditions de notification formelle. Toutefois, les usages légitimes du protoxyde d'azote n'en facilitent pas la surveillance dans le système d'alerte précoce de l'UE[10].

Lorsque le règlement CLP s'applique, il conviendrait que le protoxyde d'azote soit revêtu d'une étiquette comportant les éléments obligatoires suivants: pictogrammes, avertissements, mentions de danger et conseils de prudence, par exemple «Danger» et «Risque avéré d'effets graves pour le système nerveux à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée».

Dernière mise à jour: 11 août 2025
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