Question parlementaire - O-000038/2015Question parlementaire
O-000038/2015

La crise provoquée par Xylella fastidiosa

Question avec demande de réponse orale O-000038/2015
à la Commission
Article 128 du règlement
Czesław Adam Siekierski, au nom de la commission de l'agriculture et du développement rural

Procédure : 2015/2652(RSP)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document :  
O-000038/2015
Textes déposés :
O-000038/2015 (B8-0117/2015)
Votes :
Textes adoptés :

La crise phytosanitaire qui touche les plantations d'oliviers en Europe méridionale, notamment la région des Pouilles, dans le sud de l'Italie, et qui est susceptible de menacer d'autres cultures et régions, a pris des proportions inconnues à ce jour et a des conséquences économiques, environnementales et sociales dramatiques. Parmi les causes à l'origine de la situation actuelle, le foyer d'infection par l'organisme de quarantaine Xylella fastidiosa est considéré comme étant la plus grave. Il ne s'agit malheureusement pas du premier organisme pathogène importé dans l'Union (la sous-espèce pauca de Xylella est entrée en Europe à la suite de l'importation de plantes ornementales) causant la destruction de cultures locales, avec des incidences économiques et environnementales désastreuses. D'autres pathogènes, comme l'organisme responsable de la maladie des taches noires présent sur des agrumes importés d'Afrique du Sud, font également peser une menace considérable sur la production de l'Union.

La méthode d'éradication imposée par la Commission pour enrayer la propagation de l'infection devrait être proportionnée, afin de favoriser la bonne gestion agronomique et la santé végétale, y compris pour ce qui est du choix des moyens les plus appropriés pour lutter contre les vecteurs. L'un des moyens pour atténuer la sensibilité des végétaux aux maladies et prévenir la propagation de celles-ci est de garantir l'équilibre et la biodiversité de l'agroécosystème, qui rendent ce dernier plus résistant à l'invasion de nuisibles. Comme le confirme en outre l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), une analyse rigoureuse des publications scientifiques ne permet pas de conclure à l'utilité de la destruction des arbres une fois que la maladie est déclarée dans une région ni de prouver que cette mesure a une incidence sur le degré d'infection d'autres plantes . Qui plus est, cette mesure ne tient pas compte du grand âge de certains arbres dans des zones spécifiques ni des coûts d'élimination considérables. L'EFSA souligne que, la propagation de Xylella étant très difficile à endiguer une fois qu'elle a infesté une région de production, il convient de donner la priorité aux mesures préventives ciblant les importations. L'Union doit prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la propagation de la maladie. Quelles sont les recherches et les analyses réalisées par la Commission pour résoudre définitivement le problème et empêcher une éventuelle propagation à d'autres régions de l'Union?

Eu égard aux pertes colossales subies par les exploitants à ce jour, comment la Commission entend-elle compenser les coûts additionnels supportés par ceux-ci si la destruction des arbres est utilisée comme mesure d'éradication?

Cette crise confirme, une fois de plus, la nécessité de mettre en place des contrôles phytosanitaires à l'importation dans l'Union pour prévenir l'entrée de produits infectés par Xylella ou d'autres organismes dangereux, comme le parasite responsable de la maladie des taches noires des agrumes.

La Commission est-elle, par conséquent, prête à prendre les mesures qui s'imposent pour prévenir l'importation de produits infectés dans l'Union en renforçant les conditions d'importation depuis des pays tiers et, s'il y a lieu, en limitant les importations dans l'Union aux végétaux provenant de sites de production contrôlés et surveillés exempts d'organismes nuisibles?