Proposition de résolution commune - RC-B5-0664/2000Proposition de résolution commune
RC-B5-0664/2000

PROPOSITION DE RÉSOLUTION COMMUNE

6 septembre 2000

déposée conformément à l'article 50, paragraphe 5, du règlement par
en remplacement des propositions de résolution déposées par les groupes suivants: sur la situation en matière des droits de l’homme en Colombie et la menace qui pèse sur la vie du père franciscain Brendan Forde et sur sa communauté

Procédure : 2000/2603(RSP)
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RC-B5-0664/2000
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RC-B5-0664/2000
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Résolution du Parlement européen sur la situation en matière des droits de l’homme en Colombie et la menace qui pèse sur la vie du père franciscain Brendan Forde et sur sa communauté

Le Parlement européen,

–  vu ses précédentes résolutions sur la Colombie,

–  vu les derniers rapports sur la Colombie de la commission des droits de l’homme des Nations unies,

A.  considérant la mise en marche du processus de paix et rappelant que l’Union européenne soutient fermement les efforts déployés dans ce sens en vue d’aboutir à un accord entre toutes les parties concernées par le conflit,

B.  vivement préoccupé par la violence politique croissante en Colombie,

C.  considérant que les communautés pour la paix de la région d’Uraba ont affirmé leur neutralité dans le conflit politique de Colombie entre la guérilla, les groupes paramilitaires et les forces militaires et que, malgré cela, la communauté pacifique de « La Unión » et la commission intercongrégationnelle pour la justice et la paix, et notamment le père franciscain irlandais Brendan Forde, ont continué à être menacés de mort s’ils ne quittaient pas la région,

D.  constatant que la population civile se trouve sans défense face à la violence,

1.  réaffirme son soutien à une solution pacifique du conflit colombien ainsi qu’au dialogue et aux négociations de paix entre le gouvernement de Colombie et les groupes de guérilla du FARC et de l’ELN;

2.  condamne fermement la violence, quelle que soit son origine, et plus particulièrement le massacre du 8 juillet 2000 dans la communauté pacifique de « La Unión » dans la région d’Uraba, et manifeste sa solidarité à l’égard de toutes les personnes qui travaillent au nom de l’État de droit dans ce pays;

3.  demande aux autorités colombiennes de renforcer la protection des organisations des droits de l’homme et de soutenir leurs activités dans la plus large mesure possible, et plus particulièrement d’engager immédiatement une action en vue d’assurer le respect de la vie et des droits des membres des communautés pacifiques, notamment de « La Unión » et des membres de la commission intercongrégationnelle pour la justice et la paix, y compris du père franciscain Brendan Forde;

4.  se félicite de la décision du gouvernement colombien de mettre en place une commission – et d’en faire partie – chargée de mener une enquête sur le dernier massacre dans « La Unión », le troisième dans cette communauté depuis 1997, en vue de traduire en justice les responsables;

5.  réaffirme qu’il rejette l’utilisation d’armes pour résoudre les problèmes de la société colombienne et invite constamment toutes les parties concernées à poursuivre les négociations pour la paix que le Président Andrés Pastrana mène actuellement avec les mouvements de guérilla du FARC et de l’ELN;

6.  demande à la Commission européenne et aux États membres, en étroit accord avec le Bureau des Nations unies pour les droits de l'homme, de suivre la situation sur l'évolution des droits de l'homme en Colombie et d'en informer le Parlement européen;

7.  s’engage à encourager l’UE à accroître son soutien au Bureau du Haut commissaire pour les droits de l’homme de l’ONU en Colombie ;

8.  estime que l’Union européenne doit continuer à appliquer une stratégie propre, non militariste, pour lutter contre le trafic de drogue, pour que les pays pauvres producteurs de drogue ne soient pas les seuls à devoir affronter ce fléau, mais qu’une collaboration soit instaurée avec les pays qui réceptionnent la drogue, dans la mesure où le commerce international de stupéfiants n’est possible qu’avec la participation des uns et des autres;

9.  charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu’au gouvernement colombien et aux autorités de la communauté pacifique de « La Unión/San José de Apartadó ».